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 Scarlet, ou Chroniques d'une chasseuse de monstres aimant le pourpre

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________________________________________ Sam 24 Oct 2015 - 18:56

Si vous me demandez ce qu’il m’était passé par la tête le jour où j’ai décidé de passer l’école de chasse, je ne pourrais pas vous répondre. La haine serait un sentiment moteur mais il n’y avait pas que ça à mon sens. Le fait sans doute de pouvoir aussi prouver que j’étais capable me débrouiller face à plus fort que moi. Quand je vois mon parcours depuis cette Arène à ma situation de maintenant, je me dis que tout n’est pas si mal. J’ai une famille maintenant. Elle fait quelques bêtises de temps en temps, je suis parfois obligée de les reprendre lors de leurs disputes, mais nous sous sommes unit aussi longtemps que notre amitié durera. Pourtant, il n’en avait pas toujours été ainsi.

Mon histoire commence à l’accueil de l’école de chasse. J’avais seize ans à l’époque mais je n’étais pas encore officiellement émancipée. Et en tant que Sargrüls, je devais attendre encore deux ans avant de pouvoir enfin ne plus être prise en charge par le gouvernement. Bien sûr, les autres, c’est-à-dire les Hardts ou les autres carnassiers avaient le droit à des traitements de faveur malgré le fait que c’était illégal. Si vous venez des autres mondes, comme la Forêt Enchantée, vous ne devez pas connaître les différentes races que j’ai exposée. Il s’agit en réalité de nom pour désigner les hybrides vivant dans tout Scarlet. Les Hardts sont des homme-lions, possède une force physique immense et une bestialité incroyable. Moi, Sargrüls, suis une simple souris. Généralement, nous sommes assignés à des postes comme ceux de marchands car nous sommes trop fragiles pour être soldat ou chasseur. Chaque race possède des domaines précis de capacité dont le gouvernement se charge d'en financer les structures. Il tient à ce que tout être vivant et pensant de Scarlet lui soit utile et désigne donc des secteurs à chacune des races. Bien sûr, libre à certains de faire leur vie dans d'autres secteurs. Toutefois, ces changements sont assez rare. Surtout en ce qui concerne les Sargrülls qui n'osent pas sortir dans des plaines hostiles sans aucun garde du corps de peur de mourir par la première bête venue. Vous ne pouvez donc qu’imaginer la tête du Zdrän (un singe) quand je suis venu m’inscrire au concours d’admission des chasseurs. Il me jeta un regard sévère comme si je venais d’entrer dans un sanctuaire sacré. Pour autant, il me répondit calmement sans pour autant prendre soin de ne pas briser mes espoirs. De ma petite taille, je ne pouvais que me sentir inférieure par rapport à lui. De plus, tout dans son physique démontrait une vieillesse. Un passage dur et froid du temps qui passait, n'ayant que faire de notre petitesse face à lui. Il avait une longue barbe blanche et un pelage tendant vers cette même couleur. Dans tous les cas, je ne comptais pas laisser passer cette chance. Je voulais débuter l’apprentissage de la chasse le plus vite possible et personne ne pouvait m’en empêcher.

-Vous ne pouvez pas vous inscrire à ce concours Lady Mjyrn.

Je lui ait jeté un regard dubitatif avant de me reprendre. Il ne fallait surtout pas provoquer un scandale sinon je ruinais mes chances d’être admise. C’est pourquoi j’avais tenté une manœuvre pour l’amadouer.

-Je n’ai plus de parents pour s’occuper de moi. Je pensais donc pouvoir m’inscrire avant mes dix-huit ans.

Oui. Je n’avais plus de parents depuis que des monstres avaient détruits une bonne partie de mon village. Et la luxueuse maison de mes parents avec. En réalité, j’aurais pu me relever si les dits monstres ne s’en était pas prit à une bonne partie des habitants du coin. Nous n’avions pas les protections nécessaires pour les contrer. Quelqu’un était censé les installer sous les frais du gouvernement mais il était trop tard. Des Atrosquams ont infectés les villageois pour qu’ils meurent finalement dans d’atroces souffrances. J’ai moi-même faillit mourir. Puis il ne me restait plus rien. Je n’avais que faire des richesses que je pouvais posséder. Je n’avais plus rien. J’étais une petit fille de dix ans ne sachant que faire dans ce monde. Et la chasse me semblait être une bonne idée. Me rendre utile aux autres, en soutenant par là même une cause de l’état. Les monstres était un problème de Scarlet depuis des lustres à tel point que l’Etat a créé un véritable réseau de chasseurs spécialisé dans la traque et l’élimination des monstres. Ce n’est que depuis soixante-dix-huit ans qu’une guilde officielle a été créée et avec elle une école. Voilà en résumé ce que m’offrait la vie à ce moment et mes résolutions pour parvenir à devenir chasseuse. Des excuses pitoyables pour finalement prendre ma revanche et assouvir une soif cachée de violence dont je n'avais pleinement pas conscience. Seulement, je me rappelle que le Zdrän n’entendait pas me laisser passer du tout.

-Vous êtes trop jeune pour que je vous envoie passer ce concours. Savez-vous combien de jeunes meurt parce qu’il n’ont pas voulu respecter la loi?

Oui je le savais. Récemment, j’ai entendu parler d’un jeune Hardts de quinze ans que tous le monde donnait vainqueur au concours face à un dragon de la pluie, un Meldjrd. Seulement, étant trop sûr de lui, celui-ci pensait pouvoir percer les écailles du dragons de ses seules griffes. Technique classique pour tenter de toucher son point faible qui est sa poche d'eau, arme essentielle au monstre. Grossière erreur lui ayant coûté la vie. L’officier l’ayant laissé passé en connaissance de cause fut tout de suite démit de ses fonctions pour faute grave et dut payer une somme colossale à la famille. Mais à l’époque, tout était différent. En tant que Sargrüls, j’étais considérée comme faible. Ce jour-là, je pensais que ce Zdrän était comme tous les autres hybrides. Imbu de lui-même et pensant que la place des Sargrüls ne sont pas sur le champ de batailles mais plutôt au sein de banques, de tavernes ou de magasins. Bref, dans un endroit fait pour leur faible carrure. J’avais donc adressé à l’officier un regard noir, tentant de trouver une solution pour qu’il accepte ma candidature. Seulement, d’une manière calme et posée, il continua de me parler.

-Vous êtes trop jeune Lady Mjyrn. Donc je vous suggère de remettre ce dossier d’inscription deux ans. En attendant, ne revenez plus ici.

Son ton sec mais posé m’avait empêché de rétorquer quoi que ce soit. Il avait raison et je le savais. Toutefois, je voulais pas abandonner mon projet. J’ai donc pensé tout de suite à m’inscrire auprès d’autres écoles de chasses dans les quatre coins de la ville. Seulement, ce singe avait fait parvenir des messages à toutes les écoles afin de ne pas me laisser passer. "Sérieusement? Pour une simple souris?" Me disais-je tant j’étais têtue et bornée. J’avais fait tous le tour de la ville pour rien et je devais presque me résigner. Mais bien sûr, le singe ne me connaissait pas encore assez.


Chez mon amie Brinilei -une Xerxei très sympathique rencontrée lors de mes journées en ville il y a maintenant cinq ans- je lui expose ma journée tandis qu’elle m’écoute d’une oreille très attentive. Mon caractère de chien, elle le supportait jour et nuit grâce à sa patience à toute épreuve. Etonnante d’ailleurs étant donné que les autres membres de sa race était capable de m’étriper juste à cause de mes plaintes. Elle tripotait son arc, le frottait, le lustrait au point que je me demandais bel et bien comment elle pouvait le faire briller plus. Brinilei, de tout son physique de femme-lièvre s’étendit sur son lit laissant voir ainsi sa grande taille. Un point qui m’aurait été très utile pour la chasse mais qui pour l’heure, n’est pas un de mes traits physique.

Ayant finit ma plainte, Brini prit la peine de s’assoir et me fit un de ses sourires qui signifait: “Il te faut être patiente Mairyelle.” J’ai poussé un soupir. J’ai rejoint mon amie à ses côtés et elle me prit dans ses bras. C’est ça l’avantage de Brini. Elle a beau savoir que je possède une fortune colossale, elle ne m’a jamais considérée comme différente et m’a traitée avec respect. J’ai souvent passée la nuit dans son logement en ville bien que miteux et fort différent de la chambre qui aurait pu m’attendre si j’étais restée au village. C’est sans doute ça qui a brisé la glace entre nous. Du moins je suppose.

-Je vais montrer à ce vieux singe ce que je sais faire!

-Doucement. Tu ne sais pas ce qui t’attend là-bas. Et puis, si c’est la loi, je ne vois pas comment tu peux changer ça.

Certes. J’avais entendu des rumeurs à l’époque sur le style de l’examen et je pensais pouvoir prévenir une bonne partie des dangers. Mon entrainement et ma préparation pour ce jour consistait surtout à l'utilisation de bombes, à l'esquive et à des frappes rapides mais précises. Je ne me faisais pas d'illusions, aux vues de mon physique plutôt frèle, je ne pouvais surtout pas résister à des assauts violents sans me casser un bras ou une jambe. Car même si les organisateurs des concours droguaient les monstres pour qu'ils soient plus faciles à vaincre, ils se gardaient toutefois de donner le moindre indice sur la façon de vaincre les monstres. Ce n'est qu'en ayant regardé minutieusement chaque combat qu'un candidat pouvait prétendre à passer le concours. Mais personne ne semblait vouloir me laisser ma chance. Donc en ce qui concerne la loi, j’avais presque envie d’aller voir les préfets pour la changer! Seulement, ils m’auraient prit pour ce que je suis, c’est-à-dire une Sargrüls. Et j’étais convaincue que ce Zdrän faisait de même avec moi. Ils ne pensaient pas que je pouvais devenir chasseuse du fait de ma race. Il n’y a qu’avec l’argent que je pouvais espérer passer. Mais cette méthode me répugnait au plus haut point et j’avais vite chassée cette idée de mon esprit. Corrompre un fonctionnaire pouvait me coûter très cher et j’en avais conscience. Mais c’était tellement tentant à l’époque.

Mais l’argent dans ce monde ne sert qu’à s’offrir des chasseurs. Ceci est la seule chose utile que je voudrais me payer et payer à Brinilei. Sinon, laissez tomber. Certains d’entre vous pourraient me prendre pour une folle de ne pas profiter de toute cette fortune. Seulement, je n’en voyais pas l’intérêt. Mes parents n’étaient plus là. Cette simple réalité m’empêchait de vouloir faire n’importe quoi de leur héritage. La seule chose que j’ai fait, c’était de m’arranger pour céder l’héritage à Brinilei si je venais à mourir. Elle ne le savait pas car je voulais être sûre qu’elle ne tenterait pas quoi que ce soit contre moi. Du moins au départ. J’avais une confiance totale en elle à ce moment-là. Et j’étais donc préparée au fait de mourir lors du concours d’admission. Je m’en moquais. Mon seul regret était finalement de laisser ma meilleure amie seule. Je ne lui avais jamais avoué ce genre de choses à l’époque, sans doute parce que je pensais qu’elle le savait. Qu’elle était littéralement capable de lire en moi comme dans un livre ouvert.

J’ai jeté un oeil sur Brini et vit à quel point je l’étouffais. Me reculant légèrement, je reprit mes esprits et déclara qu’il était temps de faire à manger. Que ceci m’aiderait à trouver une solution. Brini prit la peine de m’accompagner dans la cuisine et m’aida dans la confection d’une tentacule de calamar en sauce. Les sauces n’étaient pas mon fort. Par contre, Brini se débrouillait très bien même si à nous deux nous ne pouvions pas rivaliser avec les chefs d’auberge les plus réputés de tout Scarlet. Pour le moment. Au bout d’une petite heure, nous obtînmes un plat à l’allure satisfaisante puis nous sommes passés à table. Faisant une petite prière, je pris ensuite un morceau de tentacule que j’ai par la suite croqué à pleines dents. Pas de doute, je n’ai toujours vu personne pouvant rivaliser avec Brini en ce qui concerne les sauces. J’avais souvent insisté auprès de Brini pour qu’elle essaye d’acheter un restaurant ou qu’elle se fasse engager afin de faire des cours de cuisine. Mais apparemment, elle ne se sentait pas capable de gérer à la fois ses petites parties de chasses dans la forêt (illégales mais comme elle ne ciblait que du petit gibier, on pouvait en conclure qu’elle ne risquait pas grand chose.) et ses cours. Un mauvais emploi du temps que j’ai toujours contesté mais j’ai vite lâchée l’affaire.

Le repas finit, je m’aperçut que Brini ne s’était pas contentée de faire la sauce mais m’avais aussi préparé un petit encas fort sympathique.

-Je te connais, tu vas chercher à rentrer par tous les moyens au concours. Alors prends-ça tu en auras besoin le jour J.

-Merci, finissais-je par dire en essayant d’imaginer ma vie quand je serais enfin à l’école de chasse. A ce moment, je n’avais pas encore comprit ce que tout ceci impliquait. Et si j’avais mieux cerné le comportement de ma meilleure amie quant à ses talents culinaires, j’aurais sans doute réfléchit. Je prends le sac avec le plat en bois dedans puis sortit d’ici. Je devais trouver une solution d’ici quelques jours. Une dizaine d’élèves passaient chaque jours passer des tests. Je devais réunir mon matériel à tout prix puis trouver un moyen d’entrer dans l’arène sans me faire repérer. Une fois entrée, je pourrais passer pour un candidat libre et non inscrit puis passer le concours. L’heure du spectacle devait commencer à ce moment-là.

Je m’imaginais déjà triomphante, acclamée par la foule qui n’arriverait pas à croire qu’une Sargrülls ait pu réussir l’examen ainsi. Oui, j’avais une tendance à rêver qui aurait pu m’être fatale de nombreuses fois. Toutefois, j’y percevait aussi la volonté de percer dans le domaine que je voulais atteindre depuis des années. Rien ne m’interdisais d’atteindre mon but.



Sous le soleil de l'Eté dernier, j’ai parcouru les rues de la capitale à la recherche du matériel nécessaire pour battre les monstres de l’arène. Du matériel que je n’avais pas encore testé, mais j’avais une certaine connaissance théorique sur comment les utiliser. Mon entrainement consistait surtout à des méthodes pour garder mon corps en forme et le muscler assez pour esquiver certaines attaques. J'avais finit par ressentir d'ailleurs des sensations nouvelles aux jambes à force de pratiquer tant et si bien que j'arrivais à courir et esquiver d'une manière plus fluide et rapide. Donc j’étais presque sûre de mon coup. Le seul inconvénient de cette période d’achat était sûrement le regard intrigué des commerçant qui ne voyaient pas à quoi pourrait me servir des bâtons de bambou ou des silex et de la poudre. Il n’était pas rare que certains achètent de tels objets habituellement chers pour ensuite les revendre à prix d’or au plus offrant. Des riches généralement. Qui utilisaient ses objets dans des buts obscur et parfois très glauque. Ne me demandez pas plus de précision, ce n’étaient que des rumeurs colportées sur eux et je pense qu’elles étaient totalement infondées tellement des théories allaient loin. Cannibalisme, torture ou autre.

Ayant eu tout le matériel qu’il me fallait, je suis allée me détendre un petit moment au temple profitant de la douce lumière du soleil. Le temple n’était plus un lieu de prière depuis bien longtemps mais il avait n’avait pas perdu son côté serein et apaisant. Je me souviens des moments passés assis sur un banc à admirer les vitraux avec mes parents, puis ensuite avec Brinilei. A réfléchir sur le sens de ces multiples races représentées et chassant pour sauver le peuple. Je leur trouvait un aspect des plus charismatique, fascinant voire même hypnotisant. Alors certes, j’avais une haine à assouvir, mais d’un côté, ces chasseurs étaient toute une partie de mon imaginaire. Ils étaient un rêve que j’aimais toucher du doigt en ces lieux. Ces races, mâles ou femelles représentées venait tout droit des siècles derniers. A l’époque où l’Etat ne prenait pas en charge les chasses et que des héros se dressaient contre la menace des monstres. Je les admiraient, je voulais peut-être, au fond de moi faire partie de la légende. Oublier ma haine et aller bien plus loin.

Pendant de longues heures, rien ne pouvait me retirer du calme de ces lieux. Bientôt, la lumière douce du soleil fut remplacée par une lumière orange pâle. Seuls quelques un des prêtres qui officiaient encore en ces lieux se prosternait devant des cierges tout en priant le dieu de la chasse, Ylvaïn de nous apporter le salut et de donner le repos éternel aux âmes des chasseurs morts dans l’exercice de leurs fonctions. Plus loin, la statue de l’épouse du dieu, Aeneria habillée d’une simple tunique et tenant avec elle son enfant. Les Zdräns en sont particulièrement fiers car cet enfant porte certes des attributs des humains des autres contrées, mais aussi une queue de singe. Dans son histoire, Aeneria était au départ une femme simple, paysanne des contrées extérieure à Scarlet. Puis, Ylvaïn, l’ayant vu depuis sa forêt noire s’est éprit d’elle et, pour lui montrer sa gratitude en a fait une véritable déesse et lui a donné des responsabilités. De part son physique de singe, l’enfant qui naquit par la suite fut un homme-singe. Mais Aeneria ne s’est pas contentée d’être l’épouse du dieu de la chasse. La légende racontait qu’elle aidait son mari en accueillant avec ses servantes les âmes des chasseurs morts au combat. Les chasseurs ne s'étant pas mariés pouvaient épouser l'une des multiples servantes de la déesse tandis que les chasseuses là servaient pour l'éternité. Pour moi, c’était un honneur de faire partie des noms inscrit au pied de l’autel où siègent les cierges. Les chasseurs donnaient leurs vies pour sauver la population et éviter des drames comme ceux que j’ai subit dans mon enfance. Je vous le dit toujours, ce sont pour moi des héros que nous devons respecter et admirer pour leur abnégation. L’aspect religieux qui découlait de la chasse, bien que sacré importait moins à mes yeux. En réalité, j’assistais aux office des prêtres pour la simple et bonne raison que ceux-ci étaient des plus apaisant. Comme si ces dieux n’étaient que de simples humains ayant exagérés les faits pour pousser les habitants de Scarlet à se battre contre la menace constante des monstres. D’ailleurs, je pense que cette religion correspondait totalement à ce schéma. Certes, il s’agissait d’un mensonge, mais il a eu néanmoins le mérite d’apporter l’envie à tous le continent d’agir. Ce respect et cette vision des chasseurs étaient toutefois bien loin de la réalité. Seulement, cette naïveté encore présente en moi à cette époque n’allait que me desservir. Peut-être que je savais au fond de moi la vérité qui prenait de plus en forme mais que je ne voulais pas l’admettre.

Quand les rayons de la lune parvinrent à mes paupières fermées depuis quelques dizaines de minutes, j’ai comprit qu’il était temps de rentrer. Brini aurait été capable de s’inquiéter pour des broutilles et je ne voulais en aucun cas l’ennuyer. Elle avait eu soin de m’héberger, je ne pouvais donc pas me permettre de lui causer du soucis inutilement. Prenant une grande inspiration, je me suis levé du banc en plein milieu de la cour couverte du temple puis suivit le long de la rue principale en pleine nuit, mes achats dans un sac de voyages en tissus. Bien que la ville est plus agréables à parcourir de jour, de nuit, son spectacle restait tout de même saisissant, surtout en plein été. C’est dans ces moments que vous pouvez admirer la capitale endormie, voir ses bâtiments de pierre, de granit, ou de marbre briller sous les flammes éclairant les rues pavées. Voir cet aspect à la fois chaleureux et fantomatique qui la caractérise si bien. Un aspect apaisant garantissant une tranquillité pourrais-t-on penser. Et effectivement, bien que des activités louches s’effectuaient à la barbe du gouvernement, les habitants n’étaient pas des plus inquiets concernant leur vie. J’en faisais partie. Rares étaient les moments où l’on affichait des avis de recherches concernant la présence de dangereux criminels. Je ne pouvais pas l’expliquer mais, même les adeptes des activités illégales semblaient vouloir respecter la tranquillité de cette ville. Mais allait-elle durer? Cette question me revenait toujours au bout d’un moment, quand je veillais tard dans la nuit au temple ou dans des auberges. Elle me revenait et une fois bien en place, des idées noires surgissaient pour mieux m’effrayer. Toutefois, comme un songe, cette peur partait. Je l’oubliais pour mieux y repenser quelques jours plus tard. Dans la même situation. Y repenser et voir la ville dans la nuit comme un lieu où les plus sombres dessins s’y dessinent. Vous connaissez ceci? Cette paranoïa qui vous saisit alors qu’au fond de vous, vous pensez que ce ne sont que des histoires qui ne n’arrive qu’aux autres. Et pourtant…

J’avais donc longé le temple, essayant de visualiser le mieux possible les coins et recoins de l’arène et qu’elle seront mes plans d’attaques selon les monstres. Car le concours consiste bel et bien à affronter un seul monstre dans une des arènes d’entrainement des multiples écoles de chasses éparpillées dans la capitale. Celle-ci sont faite d’un minerai résistant aux chocs pour assurer la sécurité du public durant les batailles qui peuvent parfois durer des dizaines de minutes. Soit grâce au plan minutieux du candidat soit à cause du sadisme du monstre qui peut faire durer l’agonie pendant des dizaines de minutes. Généralement, les officiers ont pour ordre de sortir le monstre et de passer au prochain combat pour éviter le plus de victimes possible. Mais parfois, certains monstres sont vicieux et piège totalement leur proie afin qu’aucune aide ne soit possible. C’est ce qui était arrivé au Hardts quand il affronté le Meldjrd. Il est l’un des monstres sur lequel je ne voulais pas tomber. Pour un débutant, il n’y a, à mon sens, rien de pire. Malin, fourbe et surtout indestructible avec ses écailles. C'est pour cela que malgré l'insistance de certains, frapper les écailles du monstre est inutile et expose l'attaquant à une sévère contre-attaque pouvant être fatal. C'était à croire que même drogué, le dragon conservait encore une bonne partie de ses capacités. Son corps fabrique naturellement de l’eau qu’il peut faire bouillir ou refroidir au maximum à sa guise. Et sa seule faiblesse réside en son long corps longiligne au niveau justement de sa réserve d’eau. Non seulement ceci neutralise ses jets d’eau, mais en plus de ça, il saigne abondamment. Seulement, dans la pratique, c’est une autre paire de manche. Le Hardts s'est fait tué très lentement. D'abord, le Meldjrd l'a arrosé d'eau gelée puis à alterné avec de l'eau bouillante, provoquant un terrible chaud et froid. Il a ensuite bloqué toutes les issues où les gardes passaient pour sauver les candidats, puis à déchiré membre par membre son opposant. On comprends mieux pourquoi personne n’avait réussi à passer ce monstre en l’achevant. La drogue ne fait que ralentir en réalité sa force, certaines de ses capacités de réflexion et ses réflexes. Le peu de survivants face à lui était admis pour “effort honorable”. Mais au fond d’eux, ils sentaient leur honneur bafoué. Et quiconque voulant aller à l’école de chasse pour vaincre pouvait comprendre ce sentiment. Mais en tant que Sargrülls, je ne pouvais pas m’en sortir avec une telle mention. Si je ne battais pas le monstre que l’on me donnait à affronter, je n’aurais jamais été admise. Mais j’allais vaincre. Oui, la souris deviendra la chasseuse.



Brini dormait déjà quand j’étais retournée chez elle. Je me suis donc directement endormie comme une masse sur mon lit (qui se résumait à un grand drap, un matelas de paille et un oreiller) et partit au pays des rêves sans perdre de temps. Je ne sais pas de quoi j’ai bien pu rêver cette nuit là. Des rues de la capitale? De victoires grandioses? Ou bien de la gueule profonde du Meldjrd. Oui, ceci me semblait plus logique. Mais je n’en su rien du tout. Je me suis réveillé avec un énorme sentiment de vide sans forcément en comprendre la provenance. Le visage de Brinilei devant moi. Son pelage couleur noisette avec ses cheveux blonds comme les blés. Pourquoi n’arrivait-elle pas à trouver un Xerxei malgré sa douceur et son corps de déesse était pour moi un mystère. Mais ce n’était nullement le sujet de mes pensées sur le moment où nous prîmes notre petit-déjeuner. Je songeais à la manière dont je vais infiltrer l’arène et me faire passer pour un candidat libre. Je ne pouvais décemment pas entrer par la grande porte. Je serais obligée de révéler mon identité et ce vieux singe m’aurait de suite repérée étant donné les directives qu’il avait adressées à mon égard. Donc je devais me débrouiller pour passer dans la file d’attente sans me faire repérer. Et dans ce cas, il faut à tout prix que je prenne des vêtements qui me permettront de me cacher dans la masse. Brini tentait tant bien que mal de m’accrocher un sourire mais je n’avais pas la tête à ça. Je devais trouver un moyen de rentrer. Ceci était la seule chose qui importait sur le moment.

-Mairy? Je vais aller chasser ce matin. Tu as envie de quelque chose en particulier? C’est la saison des calamars mais je pense que tu voudrais varier les plats non?

-Oui oui, disais-je en réfléchissant à mon plan. Je m’imaginais bien remonter la bâtisse en comptant sur mon agilité mais restait toujours le problème de la manière de passer inaperçue aux yeux des gardes. En réalité, je n’écoutais presque rien des dires de Brini. Non pas que je m’en moquais, mais la question des victuailles me semblait tellement futile par rapport à l’idée de passer ce fichu concours! Brini, dans toute sa douceur ne fit rien pour me contrarier et se contenta de pousser un soupir signifiant “Je te laisse, tu es irrécupérable.” Je ne l’avais jamais remerciée pour cette patience qu’elle m’avait manifestée depuis que nous nous sommes rencontrées. Une patience dont je ne soupçonnais la préciosité pour une Sargrülls au mauvais caractère comme moi.

Notre petit-déjeuner terminé, je pris de suite la direction de ma chambre pour récupérer mes affaires et partir en reconnaissance près de l’arène. En notant la position des gardes, je voulais m’assurer que je puisse bien grimper dans un lieu sombre pour mieux m’infiltrer parmi les candidats. Quand j’annoncerais mon nom, je n’aurais qu’à annoncer un faux nom pour mieux tromper le vieux singe. Tout ce plan fonctionnait dans ma tête et je pensais qu’il allait marcher facilement. Pour le moment, je devais patienter. C’est pourquoi je n’ai pas prit mes affaires et prévoyant de suivre les combats pour mieux voir l’état des lieux.

Je pris le temps de prendre quelque chose à manger sur la route chez un marchand puis, habillée comme une civile des plus normale (c’est-à-dire, une veste de cuir ayant subit les affres du temps, une chemise blanche pour femme que Brini me prête parfois étant donné que notre buste est formé de la même manière et un pantalon de cuir aux multiples poches), je me suis avancé vers la grande porte afin d’entrer en tant que visiteur. Je repérais quatre soldats lourdement armés (des Hardts) Disposés de telle sorte que leur lance peuvent trancher tout ce qui était au creux constituant l’entrée. Le fronton était fort décoré par des inscriptions s’étant légèrement effacée étant donné la vieillerie qu’était le bâtiment. “HONNEUR ET FIERTE.” Je voyais toujours cette inscription comme une volonté de montrer le caractère noble de la mission des chasseurs. Que tous les sacrifices en valaient la peine. J’en étais profondément convaincue. Je fus enfermée dans mon monde de pensées jusqu’à ce qu’un groupe me bouscule et me fasse tomber par terre. Pestant contre eux, je vis de suite à leur tenue et la façon dont ils se déplaçaient qu’il s’agissait de soldat. Mais le regard meurtrier que m’adressa l’un d’entre eux me figea en un instant. Quelque chose n’allait pas. Je sentais vibrer en moi des paroles me disant de fuir. Pourtant, je suis restée là, en train de regarder ce soldat entrer au sein de l’arène sous l’approbation de dizaines de personnes. C’est alors que je le reconnu. Ce symbole d’un lion pourfendant une bête dans des teintes rouges et orangées. Heyrion au Coeur Ardent aussi appelé le Conquérant. Un chasseur impitoyable donnant des cours à ceux ayant brillamment réussi le concours. Contrairement aux autres Hardts, son physique est plus mince et moins imposant, mais ceci ne signifiait pas que sa force était moindre. La vérité me parut évidente. Je savais qu’il serait là lors de mon passage. Que son regard assassin balaiera la salle. Il fallait à tout prix que je n’éprouve aucune peur. Mais ceci m’était impossible. Il m’avait regardé et dès cet instant, je prit ma réussite au concours comme un défi que m’a adressé ce grand chasseur. Un défi que j’avais peur de ne pas pouvoir réaliser. Un défi qui me disait “Tu sais ce que tu as à faire. Mais tu n’y arriveras pas. Et tu le sais bien.” Bien vite, j’ai secoué la tête. Non. J’allais y arriver. J’allais accomplir ce pour quoi je voulais vivre. Et ce n’était pas un vieux singe ou un lion qui allaient m’en empêcher.

J’ai de suite prit la poudre d’escampette en passant par une autre rue tout en observant les gardes. En étant discrète bien évidemment. Après quelques dizaines de minutes de repérage, j’ai pu voir les trois portes principales, avec quelques ouvertures difficiles d’accès à cause de l’étroitesse du passage. En plus de cela, il fallait pouvoir grimper aux murs discrètement, ce qui n’était pas simple étant donné le passage régulier des gardes. Mais je n’avais pas le choix. C’était soit ça, soit tenter sa chance dans un an. Etant donné ma patience, il n’était pas question d’attendre une année de plus.

Après une heure passée à estimer quels étaient les passages les plus faciles d’accès pour moi, j’avais enfin un plan en tête, et une marche à suivre. Les gardes mettent environ cinq minutes pour passer devant chacun des trous. Ce qui veut donc dire que je dois effectuer des sauts assez haut pour atteindre et me faufiler dans les interstices présentes depuis que le temps a fait ses ravages. Le regard d’Heyrion me revint en mémoire d’un coup provoquant en moi un frisson très désagréable. “Pourquoi est-ce qu'il me fait autant paniquer? Allez, tu dois contrôler tout ça... Tu peux le faire.” me disais-je. Mais étais-je réellement sûre de cela? Avait-il le droit de me tuer s’il me voyait en train de tromper tous le monde? Ceci paraissait tellement absurde que mon esprit hurla un “NON” catégorique à cette question. Mais une partie, une minuscule y croyait encore tant et si bien que j’en étais effrayée. Contrairement au Zdrän d’hier, Heyrion est un prédateur. Et le prédateur est doué quand il sait faire naître la peur dans l’esprit d’un individu. Une vérité démontrant toujours pourquoi la chaîne alimentaire existe.


Finalement, j’avais décidé de tenter ma chance demain matin. Mon matériel était prêt à être utilisé et je ressassais mon plan encore et encore dans ma tête -qui consistait surtout à user des bombes et à aveugler le monstre à coups de lance. Toujours penser au moment présent. Suis-je capable de vaincre un monstre? Peut-être pas. Vais-je réussir le concours? Oui. Cette réponse était évidente car je n’avais pas le choix. Il fallait que je réussisse. Mais une peur se maintenait en moi. A l’époque, je me demandais tous le temps si les Hardts ou autres prédateurs ressentais la peur. Brini m’a avoué une fois l’avoir ressentie. Surtout quand elle chassait dans certains coins de la forêt. Elle avait peur de ce qui pouvait sortir de l’ombre des buissons, des arbres, c’est pourquoi elle souhaitait ne jamais rester longtemps pour ne pas risquer sa vie. En tant que lièvre, ou souris, tout ceci est normal. Mais les prédateurs? Que ressentaient-ils à l’idée d’affronter des dragons ou autres créatures immenses? Cet Hardts mort à cause du Maldjrd, qu’avait-il ressenti avant qu’un jet d’eau ne l’ébouillante sévèrement? Que ses membres lui soient arrachés un à un? Ne pas connaitre les réponses à ces questions m’angoissait sans que je ne sache réellement pourquoi.

Dans ce genre de situation, Brinilei arrivait à toujours à rester assez longtemps avec moi pour ressortir tout le courage que j’avais en réserve. Et cette soirée-là ne fut pas une exception. Elle m’avait étreinte dans ses bras puis caressée le dos doucement, à sa manière. Cette façon de faire ne marchait jamais avec n’importe qui. Or, je ne considérais pas Brini comme n’importe qui. Notre relation était bien trop profonde pour que je risque de la briser d’une quelconque manière.

-Tu n’as jamais eu autant peur depuis que je te connais. Tu as peur d’échouer?

-Je ne sais pas comment exprimer tout ça. J’ai l’impression qu’un vide énorme se créé de seconde en seconde.

Là encore, je n’arrivais pas du tout à l’expliquer. Quelque chose d’important me manque en moi. J’étais pourtant sur le point d’entamer une toute nouvelle vie à accomplir ce à quoi je pensais être destinée et empêcher les monstres de commettre plus de mal qu’il ne le fallait au sein de Scarlet. Pourtant non. Il me manquait quelque chose.

-C’est normal. Si jamais tu remportes cet examen, tout un monde s’ouvrira à toi, mais tout sera différent. Mais c’est ce que tu souhaites non? Depuis bien des années je t’entends parler, toi, Mairyelle Mjyrn, l’auto-proclamée Cauchemar des Monstres! Tu es comme ces gens qui font du théâtre. Tu as le trac ma bonne dame!

Elle releva alors ma tête avec ses mains douces. Puis elle donna deux légères claques avec ses deux mains. Cette méthode, je l’utilisais souvent pour me réveiller. Mais ici, c'était pour me forcer à me reprendre et aller de l'avant. Je le voyais dans ses yeux. Il me suffisait de la regarder pour le comprendre. Je lui ait fait un sourire puis je l'ai alors étreinte de toutes mes forces. Je voulais garder un contact entre elle et moi. Elle, la seule amie que j'avais au monde. Mais là encore, je ne comprenais pas encore les sacrifices que je m'apprêtait à faire.

Nous avons finalement mangé en paix. J'étais rassurée et prête. Que ce soit durant le repas ou durant la nuit, j'imaginais quoi faire selon le type de monstre que j'aurais à affronter. Mais peu importe ce que je m'imaginais. Tout sera très difficile. Seulement, aucun candidat ne peut le savoir avant de passer ses examens. Et je n'étais pas une exception.


Je n'avais dormit que quelques heures. J'étais décidément trop excitée pour dormir. J'avais donc passé le plus clair de mon temps à réviser mon équipement. Il me sera précieux face à tout ces monstres. Puis, une fois tout mon équipement vu et revu, j'ai alors eu une idée. Et si j'allais à l'arène? Je pourrais m'introduire au sein de l'arène là où personne ne pourra me voir. Je me suis maudit de ne pas avoir eu cette idée plus tôt. J'ai alors laissé un mot à Brini sur une table puis je me suis habillée pour sortir, mon équipement dans un sac de cuir usé depuis des listées. J'ai ensuite enfilée un minimum de protection. N'importe quoi pouvant m'empêcher de me faire embrocher très facilement, comme cotte de maille. Le bruit risquait d'attirer les regards mais je pensais pouvoir être assez discrète au moins pour parvenir à destination. J'ai donc marché doucement dans les rues pavées de la capitale. Seule et effrayée par les bruits étranges qui peuplent la capitale durant la nuit. Mais il fallait que je tienne pas compte de tout ça si je voulais réussir mon concours.

L'arène, toujours fière malgré le peu de lumière l'éclairant. Cette obscurité m'a ainsi servit à me faufiler à l'intérieur d'une brèche au nez des gardiens. J'ai sauté de manière à pouvoir atteindre la fissure avec ma main. Puis j'ai fait passer mon sac de manière à ce qu'il puisse faire le moins de bruit possible. Dieu merci, les gardes n'avaient rien remarqué tant et si bien que j'ai pu ensuite atteindre une pièce calme. Je n'avais plus qu'à me faire discrète dans l'ombre et attendre sur le sol froid et sombre de la pièce. Des tonneaux et des sacs de nourriture étaient disposés ça et là devant moi. J'avais faim. C'est alors que me vint l'idée de manger l'encas que m'avait offert Brini hier. J'ai ouvert le petit sac, puis découvrit les fameux beignets de poulpe en sauce dont ma meilleure amie en faisait souvent les mérites. Souriant face à autant de tendresse de sa part, j'ai consommé sans attendre le beignet, sentant une énergie nouvelle s'emparer en moi. Je voulais dès à présent vaincre. Me battre pour obtenir cette place dans l'école de chasse.

J'ai attendu encore quelques heures. Peu de personnes étaient passées dans la pièce, ce qui était bon signe pour moi. Je n'avais nullement envie d'expliquer ma présence à l'un des gardes, ni mentir en prétendant faire partie du personnel de l'arène. A chaque fois que je voyais quelqu'un approcher, je me recouvrais de plus belle avec un sac de toile puis tentait de rester le plus immobile possible. En réalité, ma plus grande peur était de faire de nouveau face à Heyrion. Son regard perçant me hantait toujours et rien que d'y penser, j'en avais des frissons. Cette envie de tuer. Tout ceci n'annonçait rien de bon pour quiconque aurait osé le défier. Plus j'attendais, plus j'avais peur qu'il me fasse sortir de mon sac de toile sentant les oignons puis m'exécute simplement en un seul coup de son épée dorée. Elle avait un éclat tellement meurtrier quand il la portait. "Non, n'y pense pas Mairy, tu n'as pas à avoir peur de lui tant que tu restes discrète!" m'étais morigéné pendant tout le temps où j'étais cachée.

A bout d'une attente insoutenable, je fis connaissance avec les premiers rayons de soleil de cette journée très importante. Constatant un afflux très important de personne dans la pièce, je me suis éclipsée en mettant ma cape afin de ne pas me faire remarquer. Le personnel était quasi-composée de Sargrülls, une souris de plus ou de moins ne les dérangerait pas le moins du monde. Toutefois, j'ai crains qu'avec le bruit de mon équipement je ne sois obligée de l'abandonner dans un coin. Sinon, un garde me remarquerait forcément. Mais non. Tous le monde était tellement occupés avec les préparatifs du concours que je suis passée inaperçue parmi les foules. Après avoir arpenté les couloirs de pierre de l'arène, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais. La salle des candidats libres. Elle consistait en un vestiaire où les candidats pouvaient réfléchir à leur stratégie de chasse. Il s'agissait aussi pour certains l'endroit permettant d'éliminer certains concurrents un peu trop gênant et risquant de leur faire de l'ombre. Il n'y avait qu'un seul garde dans la pièce et il ne cherchait nullement à vérifier l'identité de chacun. Il comptait juste le nombre de candidats afin d'avoir tout juste le nombre de monstre nécessaire pour le concours.

Je me suis donc faufilée à l'intérieur de la pièce, puis trouvant un placard vide, je m'y suis introduit avec tout mon attirail. Bien, tout se passait comme prévu. Du moins c'est ce que je pensais. Au bout d'une dizaine de minutes, une dizaine de jeunes personnes sont venues dans les vestiaires sous la surveillance d'un Rhygorn dont la corne nasale menaçante dissuaderait n'importe qui de tricher. Sa masse muscle imposante y étais aussi surement pour quelque chose. La vue limitée que m'offrait une fente dans la porte du placard me donnait la chair de poule. Beaucoup moins qu'Heyrion mais tout de même.

C'est alors que vint l'un de ces fameux moments auxquels on ne s'attend pas. Celui qui détruit petit à petit un plan bien préparé, une situation qui était jusqu'à lors à notre avantage. Un Hardts regardait d'un œil mauvais un Zdrän présent près du placard où je m'étais cachée. Cette lueur dans ses yeux ne m'indiquait rien de bon quand à ses intentions. Avait-il repéré un quelconque danger chez ce Zdrän? Étaient-ils ennemis à la base? Je n'en savais rien du tout. Mais la suite des événements ne me plut pas du tout. Etant sûrement le plus fort du groupe, le lion plaqua une chaise présente contre le cou du singe qui cria un instant avant de tomber à terre. S'il était encore vivant, il n'avait plus longtemps à vivre. Je me souvenais bien du regard de la victime. Son regard emplit de douleur et de peur comme un cochon que l'on voudrait égorger. Et du craquement de ses os sous la force du choc.

Le Rhygorn se précipita vers le singe et appela de suite un médecin en urgence. Des infirmiers avec une civière l'emportèrent tandis que le lion clamait son innocence de vive voix en prétendant qu'il n'avait aucune preuve qu'il l'avait bel et bien frappé dans une intention meurtrière. Reconnaissant n'avoir rien vu, le garde fut obligé de capituler et de laisser l'agresseur en paix. Dès cet instant, il était né en moi une envie d'aller régler son compte à ce Hardts. "Non non non non non non! Et non!" me disais-je tandis que je me retenais de crier sur le garde. Enfin si, j'ai commencé, et j'ai dû continuer à râler la main devant la bouche pour éviter un quelconque soucis. Je ne pouvais plus sortir du placard sans me faire repérer et en plus de ça, je risquais de rater mon tour! "Reste calme, reste calme. Reste calme!" me répétais-je sans cesse pour ne pas faire un seul faux mouvement. Je devais attendre. Encore.

J'entendais les autres passer leur tour. La foule était tellement nombreuse que je pouvais l'entendre acclamer ou être dégouté par le spectacle qui s'offrait sous leurs yeux. Les bruits des monstres en train de se battre, leur cri de douleur ou de rage était quelque chose d'assez insolite rythmant les cri de la foule mêlée aux tremblements de l'arène. Mais tout ce spectacle m'était interdit car le garde était resté devant le placard. Je devais donc patienter, et surtout, m'empêcher de parler au risque de faire rater ma couverture. Et croyez-moi, quand on possède un mauvais caractère come le mien, ceci est des plus compliqués. Je n'aimais pas du tout l'odeur due à la sueur dans ma cachette et en plus de ça, je devais sans cesse adopter une position fort inconfortable. J'avais très mal et en plus des fourmis me couraient partout dans les jambes. Je maudissais le destin de ne pas vouloir me laisser faire ce que je souhaitais faire.

Après une attente interminable, je remarquais le fait qu'ils allaient bientôt terminer le concours. Les derniers candidats semblaient être prêt à passer et je n'avais toujours pas de plan pour sortir d'ici. Comme un coup porté par le désespoir, j'ai donné un coup de tête dans la porte. Au même moment le garde s'est déplacé en avant. J'ai alors chuté par terre, faisant tomber plein d'armes et d'autres matériels par terre. J'étais furieuse. Mon plan tombait à l'eau, Brini allait être très déçue et pire encore : je ne pourrais pas accomplir mon rêve. Le garde se retourna et ne laissa aucune once d'étonnement passer sur sa mine renfrognée. Je pensais même lire de l'agacement. "Je suis fichue. Il va me mettre à la porte." me disais-je, mes coudes légèrement égratignés. Je baissais la tête, m'attendant à une question embarrassante.
-Vous avez été enfermée je suppose, dit-il d'une voix grave et posée.
Je n'en revenais pas du tout. J'allais croire que ma tête à été touchée dans ma chute mais ce n'était pas un rêve. Le destin me laisse une chance de convaincre les autres qu'une Sargrüls peut devenir chasseuse de monstre. Je me relève tandis qu'il m'indique l'entrée de l'arène.
-Vous passerez après le prochain combat. Puis-je avoir votre nom?
-Scarlet
-Très bien, Lady Scarlet, si vous voulez bien me suivre.
Il ouvrit une lourde porte en bois donnant accès à un sombre couloir de pierre. La faible lueur des flammes ne suffisait pas pour tout éclairer tant et si bien que je n'ai cessé d'avoir le ventre noué en pensant au combat. Il s'agissait de la première fois où je risquais ma vie. Mais ceci en valait la peine. J'en étais sûr. Le Rhygorn ne m'accordait aucun regard. Mais sa présence m'apaisait quelque peu sans que je ne sache pourquoi. Peut-être parce qu'il était le seul à pouvoir rivaliser avec le Hardts de toute à l'heure? Son pas lourd, ses muscles. Ils ne seront plus là quand je devrais faire face à un monstre voulant ma mort. J'ai hésité un instant à continuer. J'avais du mal à respirer et j'étais presque prête à tout dégobiller sur le sol de pierre du couloir. Et c'est finalement ce qu'il s'est passé. Le repas de ma chère Brini a éclaboussé les pierres pavées. D'un seul bras, le garde m'a empêché de tomber. "Encore une dizaine de minute et tout sera finit." me chuchote-t-il. Refusant de passer une minute de plus pour une faible, j'ai doucement reprit mes esprits. J'ai avancé doucement vers l'extérieur du tunnel, le pas hésitant. Je voulais pourtant le réussir ce test. Mais la peur me saisissait de tout mon être et je croyais être dans une sorte de cauchemar qui prendrait fin dans quelques secondes.

La lumière du soleil me frappa d'un coup et je voyais la foule en train de regarder le centre de l'arène où gisait le corps d'un sanglier géant à demi-mort tandis qu'un Tjrg (un tigre) armé jusqu'aux dents laissait la foule l'acclamer comme s'il venait de faire le plus dur. Mais j'étais trop impressionnée et apeurée pour faire remarquer que les sangliers géants n'étaient les proies les plus difficiles. Dans son cône de fer doré, un autre Rhygorn annonça la fin du combat et en quelques minutes, par un habile mécanisme, le sanglier fut évacué de l'arène. Il fut bien sûr achevé afin d'être sûr qu'il ne pourra faire aucun mal aux spectateurs. Ceux-ci étaient séparés du centre de l'arène par une grille recouvrant aussi la partie à ciel ouvert pour éviter aux monstres aviens de s'enfuir. Cette grille étant quasi-indestructible, il n'y eut plus d'accident de ce type depuis au moins quarante-sept ans.

Je me suis alors avancé et j'ai attendu que l'on m'annonce. Je cherchais pendant ce cours laps de temps Brini mais aussi ce vieux singe. Brini se trouvait sur l'aile gauche et m'avait repérée. Elle me fit signe ce qui, en un sens me rassura. Ma meilleure amie était là pour moi et je ne voulais pas la décevoir. Ce qui me ramena à la réalité fut les paroles du Rhygorn qui annonçait les candidats. "Nous n'avons plus de monstres en réserve, tu aurais dû mieux compter!" Hurla le garde à son collègue qui tenta de se justifier. Finalement, nous dûmes attendre une dizaine de minute avant qu'une décision soit prise. Pendant ce temps, je ne cessais de ressentir la peur dans toute sa splendeur. Sur quel monstre pouvais-je tomber s'il n'en avait plus en réserve? Je ne savais pas pourquoi mais j'avais une très mauvais pressentiment. Finalement, lorsque le Rhygorn reçut enfin les informations nécessaires, il m'annonça:

-Lady Scarlet, affrontera dans ce dernier combat... Un Meldjrd.

Je n'ai pas pu parler pendant le long moment où le combat s'apprêtait à commencer. Qui aurait pu être confiant en cette situation? Je ne pensais pas avoir affaire dès le début avec ce genre de monstre. Quelles étaient les probabilités de tomber dessus? Alors que la lourde porte en fer s'élevait, le dragon donnait des coups de tête répétés tant il devait être pressé de sortir de sa prison. Lorsqu'il fut enfin totalement libre de ses mouvements, les rayons du soleil purent frapper avec élégance ses écailles aux multiples nuances de vert et de bleu donnant un spectacle saisissant. Si l'on était dans les gradins. Tout ce que je voyais à cet instant précis fut ses crocs disposé en deux rangées de douze. Un grand espace était disposé entre les deux rangées permettant sans doute de laisser passer les jets d'eau. A peine avais-je le temps de me remettre de mes émotions qu'un jet d'eau me frappa au torse et me projeta quelques mètres plus loin. Mon sac fit un vol plané pour finit finalement à proximité de sa queue, battant violemment le sol et l'envoyant définitivement loin de ma position. Je fis une roulade sur le côté pour esquiver un autre jet d'eau qui cette fois-ci fut bouillante. Les éclaboussures m'avait atteinte, me laissant échapper un cri de douleur se mêlant à ma peur de finir déchiquetée par le dragon. Je me suis relevée puis enfuie sans savoir où j'allais. J'étais totalement désorientée et je pensais plus à sauver ma peau qu'à attaquer ce monstre beaucoup plus fort que moi. En réalité, j'étais loin de passer pour la chasseuse des légendes que j'admirais auparavant. Je n'étais qu'un maillon faible de le chaîne alimentaire.

Courant le long du mur, le dragon siffla avec sa langue de serpent puis, dans une vitesse digne d'un prédateur, il me coupa la route avec sa queue tandis que la lumière reflétée par ses écailles m'aveugla un instant. Un instant trop long qui faillit me coûter très cher. Le monstre tenta une morsure directe que j'ai esquivé. Avec difficulté, mais je l'avais fait. Je me maudissais d'être trop faible pour tenter quoi que ce soit et de ne pas avoir garder mon sac sous la main. Il était mon seul espoir pour tenter une attaque contre cette chose fourbe qui ne me laissera aucune chance. Mais en plus du dragon, j'entendais la foule pester contre le combat qu'ils jugeaient trop mou. Les insultes contre les Sargrülls pleuvaient et c'est ainsi qu'une partie du public s'en alla, gêné d'être la cible de quolibets odieux. Tout ceci formait une tension en moi qui devenait de plus en plus lourde et étouffante. "Si je ne m'étais présentée, ils ne seraient pas partis. Je vais encore les ridiculiser." me disais-je après avoir esquivé une nouvelle fois la gueule puante du dragon, encore plus en colère en voyant que ses coups ne faisaient pas mouche. Je voyais ce spectacle pitoyable depuis le haut du mur, en train de me reposer. J'avais honte. Je me révulsais.

Lorsqu'il tenta d'abattre son corps fin mais imposant sur moi j'eu une réaction due surement à ma peur de mourir. Ma peur face à autant de personne rêvant sans doute de me voir achevée, les os et la cervelle broyée. Je me détestais. Comment avais-je pu être aussi prétentieuse? J'infligeais un spectacle pitoyable, ne mettant pas du tout les Sargrülls en valeur. Mon saut soudain me permit d'atteindre une zone à l'ombre dans l'architecture même de l'arène. Je voulais m'enfuir. Voire remonter le temps et m'empêcher d'avoir une telle idée. Le Dragon de la pluie débutait sa traque pour mieux me dévorer et recracher les os. Cette idée même me terrifiait autant que le regard glacial d'Heyrion le Conquérant. Je tremblais de tout mes membres. Pitoyable. J'étais pitoyable.

Entendant les huées du public, j'attendais quelque chose. Qu'une idée me vienne. Que quelqu'un vienne me chercher. "Faites quelque chose! N'importe quoi je vous en prie!" hurlais-je dans ma tête. Finalement, je restais quelques minutes ainsi, attendant. Attendant... Ma peur. Ma peur était tout à fait compréhensible. Elle n'était nullement irrationnelle. Je n'en avais pas conscience, mais lorsque mon regard vit mon sac de cuir, couvert de poussière et ne servant à rien, quelque chose de nouveau se formait en moi. Et sans réfléchir, lorsque le dragon fut à l'autre bout de l'arène, je suis partie récupérer mon sac. J'ai sauté. Un saut que personne n'avait pu espérer chez une Sargrülls. Mes jambes me poussèrent violemment dans les airs et je du faire une roulade pour me réceptionner. Malheureusement, je fit un mouvement de travers ce qui me fit rouler sur le sol. Je sentis la douleur me frapper partout tandis que des dizaines de bleus se seront formés si je m'en sortais vivante. Mon esprit ne pensais plus qu'à une chose: récupérer ce sac.

Le Meldjrd ne manqua pas de me remarquer. C'est pourquoi il lança un jet d'eau que je pu esquiver in extremis. Le sac était maintenant à ma porté. D'un saut, je fus de nouveau près d'une poutre soutenant l'arène, dans une zone d'ombre. J'ai alors sortit tout mon attirail, une énergie nouvelle s'emparant de moi. Je répétais machinalement ma préparation exécutées pendant tellement longtemps que j'aurais pu en rêver la nuit. Je n'avais qu'une idée en tête: "Le battre!"
Ma cape enlevée, je dévoilais ainsi toutes mes armes. Une lance rétractile, des bombes faites maison et mes morceau de bambou servant de lance-flammes grâce à un système combinant une friction de la poudre avec des silex. Ma ceintures de cuir servait à tout porter afin d'être libre de mes mouvements. Je n'avais que quatre bombes, il me fallait donc ne pas gaspiller mes ressources. D'un saut, je pu prendre d'assaut la zone du corps correspondant à sa poche d'eau. Je voulais percer ses défenses tout en lui enlevant une arme très précieuse.
Seulement, mes petits bras ne suffirent pas à percer les écailles du monstre qui me repoussait de plus belle par un mouvement gracieux de son corps longiligne. J'ai aussi soupçonné le fait que ses écailles sont définitivement trop solides pour que des novices tels que les candidats passant le concours puisse les transpercer. Rejetée en arrière, je me suis redressée comme si j'avais effectué ce genre de manœuvre depuis toujours, puis, la rage au ventre, j'ai de nouveau effectué un saut pour me cacher, au grand damne du public. J'attendais de nouveau un instant pour frapper. Une fureur sourde m'habitait sans que j'en ai parfaitement conscience. Mon esprit n'était fixé que sur un seul but : vaincre ce monstre par tous les moyens. Je me suis ainsi attaqué à ce mastodonte pendant plusieurs minutes, esquivant comme un diable et supportant les coups le plus possible. Pourtant, une évidence refusait de s'imposer en moi. Jamais je ne pourrais l'avoir avec des attaques directes dans sa poche d'eau. Ce n'était pas sa faiblesse.

Le combat dura plus longtemps que prévu. Ma rage continuait encore de faire taire la douleur en moi, mais elle ne fera pas effet éternellement. J'ai étudié les mouvements du dragon dans l'arène. J'arrivais à prévoir au minimum ses attaques mais me prenait tout de même des coups qui m'épuisaient. Je n'avais sûrement rien d'héroïque ainsi, mais telle était la réalité. Le chasseur est loin d'être le prédateur. Il est la proie. Celle qui est presque sans défense face à la nature et qui n'a que son intelligence pour compenser. Si j'en avais usé dès le début, je n'aurais pas eu autant de mal à vaincre le dragon car la solution coulait de source une fois que je vis mes bombes tomber par terre. Un éclair de génie me traversa et j'eu une idée. Fatiguée, je savais que ce serait ma dernière chance avant de finir déchiquetée, ou ébouillantée par un jet d'eau.

Le dragon siffla pendant un instant, me fixant avec son regard vicieux et calculateur et lança un jet d'eau très chaude, éclatant cette fois-ci le sol par la violence du jet. Mais peu m'importait. Je voulais le vaincre à tout prix et goûter à la victoire face à ce monde où la chaîne alimentaire a décidé que j'étais dans les maillons les plus faibles.Assouvir ma soif de violence à l'encontre de ces monstres qui m'ont presque tout prit. Cette fois-ci, je devais attendre qu'il attaque pour vérifier ma théorie puis ensuite passer à l'attaque. Si jamais ceci ne marchait pas du tout, j'étais fichue. Je continue d'esquiver les jets par de grands sauts tout en prenant soin d'éviter les coups de son corps longiligne. Le Meldjrd ne voulait toujours pas me frapper avec sa gueule et me tenait à distance afin de ne me laisser aucune opportunité d'attaquer sa tête. Comme s'il pouvait lire dans mes pensées et savait ce que je m'apprêtais à faire. Pendant un instant, il fut plus rapide que moi et le bout de sa queue me trancha à l'abdomen en plein saut. Je fis une courte chute sur le sol et à ce moment, me croyant à sa merci, le dragon plongea sur moi, ses crocs acérés près à me mordre. J'ai alors en quelques minutes repliée ma lance, mon doigt sur le bouton de déploiement de l'arme. Ma lance n'était plus qu'un puzzle de bois avec une pointe en acier.

J'ai alors attendu pendant quelques secondes. Quelques petites secondes, courtes mais cruciales. Ma main a alors plongé dans l'interstice, le trou énorme séparant ses rangées de dents pour laisser passer les jets d'eau. Je sentais la chaleur de l'eau, le sang couler sur ma tenue et la rendre écarlate, mais j'ai tout de même déployé mon arme et la lame transperça de l'intérieur la gueule du monstre, me laissant amplement de temps pour accomplir la suite de mon plan. Il saignait, donc, je pouvais le tuer. Cette logique froide mais simple était suffisante pour moi. J'ai alors allumé et jeté mes bombes dans sa gueule tandis qu'il cherchait à se défaire de mon arme. Il fut toutefois plus rapide que prévu. Donnant un coup de tête, il me repoussa contre le mur avec force. J'échappai un petit cri en sentant quelques os casser à cause du choc. M'accrochant à son museau, j'ai alors faillit tomber quand le dragon fit un rapide mouvement de la tête vers le haut.
Je fis alors une pirouette en avant, l'adrénaline m'empêchant d'avoir pleinement conscience des dégâts que m'avais causé le dragon de la pluie à mon égard. J'ai pu m'assoir sur sa tête mais l'instabilité était telle que j'hésitais à sortir mon morceau de bambou. "C'est pas encore bon. Faut que j'arrive à approcher sa gueule." me disais-je tout essayant de me maintenir sur son crane et que ses écailles déchiraient mon pantalon.
-Hey! Ce n'est pas un rodéo la Sargrülls! Tue la bête si tu en es capable! me criaient certains dans le public. Je voyais dans la foule certaines souris. Certaines souris qui avaient quitté l'arène un quart d'heure plus tôt. Ils me regardaient avec appréhension comme s'ils n'arrivaient pas à croire que j'étais en train de tenir tête à l'un de ces monstres dont on racontait les carnages depuis des années. Et au milieu d'eux, il y avait Brini. Ma meilleure amie.

Le monstre a finalement réussi à se débarrasser de la lance qui fut brisée en plusieurs morceau. Avec force, il me rejeta, réveillant encore mieux les douleurs que j'avais à cause de mes os cassés. Ca faisait mal, mais j'étais plus que jamais déterminée à le vaincre. Je me suis alors accrochée à sa gueule, tirant mon morceau de bambou de ma ceinture. "Prends ça!" dis-je en tirant sur la corde. A peine les silex furent-ils en contact qu'un immense jet de flammes pénétra dans son corps. L'effet fut quasi immédiat. Le feu fit irruption tout le long de sa trachée, faisant réagir les bombes chargées de poudre. Le souffle de l'explosion me projeta contre le mur et m'acheva définitivement. Je ne savais pas du tout si j'avais remporté la victoire. Tout ce que j'entendais, c'était des cris d'exclamation mêlés à des hurlements inhumain provenant du dragon. Je pouvais presque ressentir sa souffrance tandis que tout devint noir autour de moi, et que je sentais mon corps tomber par terre.

Lorsque je me suis réveillé, la lumière des bougies scintillait dans la chambre de l'infirmerie. J'étais recouverte d'un drap blanc sur un lit de bois où l'on avait disposé un matelas de paille très confortable. On m'avait déshabillé et mit à la place une tunique de soie blanche et douce. En regardant par-dessous, je pouvais voir les bandages sur mon abdomen. Quand j'ai tenté de bouger mon bras droit, je ressentis une douleur vive qui m'empêchait de le bouger correctement. Je me suis alors souvenu du bruit d'os cassé lors du combat. La sensation qui était en moi fut fort étrange. Je n'en revenais pas d'être en vie. De n'avoir seulement qu'un bras et quelques côtes cassées. Tout ceci me semblait totalement irréaliste après tout ce que j'avais subi dans l'arène. Je ressentais pour la première fois ce qu'était le sentiment de mettre sa vie en jeu. De se donner à fond pendant un combat. J'en avais des frissons.

Un garde était devant la porte. Il s'agissait du Rhygorn de toute à l'heure. Lorsqu'il m'entendit pester contre la douleur, il se retourna et s'approcha de moi de plus belle, son équipement faisant un bruit très fort. Je me souviens avoir eu des maux de crâne assez vifs sur le coup et j'ai failli dire au garde d'arrêter de bouger et de l'envoyer balader. Mais j'étais trop faibles pour faire remarquer quoi que ce soit. J'attendais qu'on me dise quelque chose. Que j'ai été recalée, ou admise. L'idée me vint que mon identité avait sûrement été découverte. Surtout si le Zdrän s'en était mêlé. Je suis tout à coup devenue paniquée, et le silence du Rhygorn ne me rassurait pas le moins du monde. Sa réaction fut pourtant des plus étonnantes. "La première de la classe est donc réveillée?" J'ai cru sérieusement que j'étais morte et que ceci n'était rien de plus qu'un passage dans un autre monde. J'allais sérieusement lui dire qu'il avait perdu la tête pour me dire une chose pareille. D'une manière plus osée, mais j'allais le faire. Toutefois, il ne m'en laissa pas le temps. "Vous les avez tous impressionné. Le Meldjrd n'est pas mort, mais il a été sérieusement assommé. On avait jamais vu ça dans un seul concours." "Je ne l'ai donc pas tué" fut la seule réaction que j'ai pu avoir dans mon état. Même en étant vivante et en ayant vaincu, j'avais cette déception de ne pas avoir été assez forte pour aller jusqu'au bout.

"J'aimerais que tout ce que tu as vécu, tu en fasse un souvenir inoubliable." Je tourne la tête sur mon oreiller pour le regarder. Pourquoi me disait-il tout ceci? Je continuais de me demander s'il n'avait pas quelques problèmes. "Pourquoi se souvenir d'une demi-victoire?" répondis-je tout bas. "Tu as ressenti une peur authentique quand tu l'as combattu. Tu savais que tu pouvais mourir à chaque instant. Mais elle ne t'a pas paralysée. Elle est devenue un moteur. Un moteur qui t'as donné la volonté de vaincre, de te relever." Je le scrutais, mes pensées étant très confuses. Il était sincère quand il me parlait. Je ne savais pas quoi répondre. Mais la dernière phrase qu'il put me dire fut celle qui me toucha le plus. "Ne pense pas être désavantagée en tant que Sargrülls. En tout temps, il n'existe personne qui ne soit pas tombé à terre et n'ai pas mordu la poussière. Seuls les gagnants se relèvent. Les perdants restent définitivement à terre." Une gagnante. J'étais devenue une gagnante à ses yeux. Ceci n'était qu'un simple compliment, et pourtant, il m'avait marqué à vie. Marqué au fer rouge.

Je ne pu sortir de ma chambre d'hôpital au bout d'un mois. Le vieux singe et Heyrion semblait furieux que la sécurité ait autant fauté aujourd'hui. Mais comme me cessait de me dire le Rhygorn, il n'avait pas d'autre choix que de me laisser entrer dans l'école de chasse après ce que je venais de faire. Il me restait à peine deux mois pour me remettre en jambe, préparer mes affaires et partir à l'école de chasse. J'allais vaincre et je voulais dès maintenant entrer dans la légende des grands chasseurs. Ainsi était mon destin.
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Scarlet, ou Chroniques d'une chasseuse de monstres aimant le pourpre





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