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٩(͡๏̯͡๏)۶ Sur le Fil du Rasoir ☆ Evénement #88
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« Serez vous prêt à venir flotter en bas avec notre Clown ? »

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 A Time Traveller always needs companions ₪ ANATOLE & ?

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Ellie Sandman


« On flotte tous en bas ! »


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________________________________________ Sam 18 Juin 2016 - 14:12

« A Time Traveller always needs companions. »
...


Fermer les yeux était devenu dangereux. De façon hasardeuse, il se pouvait que je sois transportée à une autre époque. Etait-ce véritablement essentiel que je cligne des yeux ou pouvais-je m'en empêcher ? Après tout, mon métabolisme ne nécessitait peut-être pas que mes pupilles soient humidifiées. Hélas, j'aurais dû me poser cette question avant de me retrouver de nouveau dans le passé. J'avais réussi par le plus grand des hasards à quitter l'Egypte Ancienne en compagnie d'Anatole. Je ne me l'expliquais pas. Nous avions à peine savouré notre retour dans le présent pendant quelques minutes que j'avais de nouveau disparu dans le Temps. Comme happée dans ce cercle infernal. Je n'avais même pas eu l'occasion de trouver Elliot afin de lui demander comment il s'y prenait pour voyager et trouver son ancrage. Il était de nouveau trop tard, ou trop tôt, à en croire les costumes des gens qui m'environnaient.

Je voyais un peu flou, à demi aveuglée par le Sable Noir qui circulait à l'intérieur de mes veines. Ma main gauche pulsait terriblement. Je la serrai contre moi tandis que de l'autre, je tapotai la paroi juste à côté. Je finis par m'appuyer tout contre en exhalant un soupir. Mon esprit était entièrement embrumé par ce brusque voyage inattendu, mais je trouvais la force de cacher mon aura à n'importe quel dieu présent en cette époque qui aurait pu sentir ma présence. Mieux valait éviter d'être de nouveau confrontée à Hadès ou Aphrodite.

Je sentis mes jambes se dérober sous moi, alors que les chairs de ma main semblaient s'ouvrir en deux. Au même instant, plusieurs silhouettes imprécises se précipitèrent vers moi et quelqu'un me soutint, passant une main dans mon dos.

"Mademoiselle !" fit une voix d'homme, et je sentis une odeur violente de vieux tabac gris.

"Elle a perdu connaissance. Des sels, vite !" pressa un autre.

"Je crois... qu'elle est déjà revenue à elle." estima un troisième.

Quelqu'un saisit doucement ma main douloureuse plaquée contre ma poitrine et décrispa mes doigts un à un, avec beaucoup de patience. Je clignai des yeux, sentant que le Sable Noir se calmait à l'intérieur de moi, qu'il retournait dans sa tanière, tout au bout de mes phalanges. Ma vision redevint nette et je m'aperçus que je me trouvais dans un vaste salon qui sentait fortement le tabac. De la fumée s'en échappait et montait au plafond, jusqu'au lustre de cristal. Un peu plus loin, à côté de l'âtre d'une cheminée d'aspect royale, plusieurs fauteuils capitonnés étaient rassemblés. Des hommes y étaient assis, m'observant d'un air curieux et réprobateur. Trois autres se trouvaient autour de moi, portant des costumes guindés, des moustaches et des favoris. L'un d'entre eux, qui semblait aussi le plus jeune -puisque imberbe- était celui qui avait ma main dans les siennes, et m'observait d'un air intrigué.

"Que diable faites-vous ici, mademoiselle ?"
s'écria le plus vieux, sa moustache frémissant de mécontentement. "Ce salon littéraire n'est pas autorisé aux femmes !"

"Voyons mon oncle, vous allez l'affoler. Cette demoiselle a sans doute toutes ses raisons pour se présenter ici." déclara le jeune homme sans me lâcher des yeux. "De plus, étant donné sa faible condition, le mieux est qu'elle se repose pour l'instant."

L'oncle en question grommela quelques paroles dans sa barbe avant de retourner vers l'âtre de la cheminée. Il demanda tout de même si j'étais connue de quelqu'un dans la salle, ce à quoi les autres hommes répondirent évidemment par la négative. Voilà qui me mettait dans une situation délicate. On allait forcément me poser des questions auxquelles je n'avais aucune réponse. J'ignorais où et quand je me trouvais.

Je voulus m'écarter du jeune homme mais il prit mon geste pour de l'exubérance dûe à mon malaise et me serra étroitement contre lui pour m'emmener jusqu'à un sofa, à l'autre bout de la salle. Je pris sur moi afin de ne pas l'assommer pour son impertinence. Voilà un joli coquin qui profitait de la faiblesse d'une femme pour s'approcher d'elle de façon indécente.

Sans trop y croire, je cherchai Anatole des yeux. Visiblement, cette fois-ci, j'avais voyagé seule. Mes allées et venues dans le Temps étaient vraiment hasardeuses.

Le jeune coquin m'incita à m'asseoir sur le sofa, ce que je fis avec réticence. Il resta fort heureusement debout, m'observant sans se départir de son air intrigué, la tête penchée. Ses cheveux légèrement bouclés tombaient sur son front un peu large. Je remarquai qu'il fixait plus particulièrement ma gorge. Fronçant les sourcils, je baissai les yeux et découvris que j'arborai un collier de corail en perles rouges. Aimait-il ce genre de bijoux ? Je réalisai que je portais une robe bleu marine à la jupe ample, sans doute amplifiée par une crinoline. Je battis des cils, chamboulée. Ma tenue avait-elle changé d'elle-même pendant mon voyage dans le temps ? Etait-ce une bonne chose ? Cela voulait-il dire que mon esprit s'accordait de lui-même à l'époque dans laquelle j'arrivais ? C'était assurément un net progrès. Pourtant, je ne parvenais pas à en être satisfaite. J'aurais préféré trouver un moyen de retourner dans le présent et de ne plus le quitter.

"Quand j'avais onze ans, je me suis embarqué à bord d'un long-courrier en partance pour les Indes."
déclara le coquin sans aucun à-propos. "Mon père m'a rattrapé et m'a rudement tancé. Tout ce que je souhaitais, c'était rapporter un collier de corail à ma cousine Caroline."

Son regard se fit plus pétillant tandis qu'il fixait le collier à mon cou. Je déglutis avec peine, songeant que j'étais tombée sur un fétichiste à l'esprit fragile. Je lisais dans ses yeux une instabilité émotionnelle à peine voilée par la rigueur imposée à son époque. Par tous les dieux... il s'agissait sûrement d'un tueur en série. Même si je ne risquais rien, je n'avais guère envie d'être la lubie d'un esprit dérangé.

"Puis-je connaître votre nom, mademoiselle ?" demanda-t-il avec une politesse étudiée, plaçant les mains dans son dos.

Devais-je lui dire mon véritable nom ? C'était peut-être trop dangereux, mieux valait inventer. Je trouvais au hasard et balbutiai :

"Helena..."

Pourquoi ne me venait-il rien en tête aux moments les plus importants ? Si j'avais pu, je me serais donnée des gifles. Helena me faisait forcément penser à Neil, mais il n'était sûrement pas judicieux d'avoir choisi ce patronyme. Je laissai mon nom de famille en suspens, ce qui parut étonner le jeune homme. Puis, il s'en contenta puisqu'il répéta d'un air pensif :

"Helena. Un prénom véritablement charmant. Dans ce cas, pour vous, je ne serai que Jules."

Cette façon de procéder me laissa quelque peu perplexe. N'était-ce pas une sorte de chantage, de ne pas me révéler toute son identité tant que je ne l'aurais pas fait moi-même ? Son regard pétilla alors que dans son dos, les autres messieurs s'impatientaient :

"Monsieur Verne." dit l'un d'eux d'un ton las et pompeux. "Pourriez-vous cesser de faire les beaux yeux et nous honorer de votre présence ?"

"C'est pour cette raison que les bonnes femmes ne sont pas admises dans ce salon !" grommela le fameux oncle à travers sa moustache. "Elles nuisent à notre concentration !"

Le jeune homme esquissa un sourire embarrassé à mon égard, avant de laisser échapper :

"Je suis démasqué ! Me permettriez-vous de vous raccompagner ?"

Je n'avais pu articuler un mot. Dès l'instant où son identité m'avait été révélée, le jeune coquin s'était transformé sous mes yeux en un écrivain de génie et de talent. Un de mes préférés avec George Sand. Il ne pouvait s'agir de lui. Toutes les photographies le montraient comme un vieil homme au visage ouvert et bienveillant. J'avais oublié qu'avant d'être un vieillard, il avait été un jeune homme. Nous devions donc être dans le courant des années 1840 ou 1850.

"Je... je..." balbutiai-je.

Il eut un petit sourire et me prit la main pour m'inciter à me lever. Il me guida jusqu'au dehors, jusque dans Paris qui était pratiquement désert en cette heure avancée de la nuit.

"Peut-être qu'un jour, vous me raconterez ce qui vous a amenée ici, si la bonne fortune veut que nos chemins se recroisent." dit-il avant de m'indiquer une voiture à cheval. "Elle vous conduira où vous voudrez."

Très gentleman malgré ce que j'avais cru au départ, il me laissa monter seule et retourna à l'intérieur de l'imposante demeure. J'ignorais où je me rendais mais ce que je venais de vivre était sans doute l'expérience la plus bouleversante qui soit.


***

Il me parut bientôt évident que j'étais condamnée à vivre dans Paris en 1848 pendant une période indéterminée. Je m'étais concentrée des jours entiers afin de retourner dans le présent, bien entendu sans succès. Quelque chose bloquait le processus. Aussi je commençais à m'habituer à la vie en ce temps-là. J'y étais bien obligée. Je vivais dans une mansarde, dans un quartier éloigné du centre. Le but était d'attirer l'attention le moins possible, afin de ne pas perturber le cours du Temps.

Puis, il devint très vite urgent d'aérer mon esprit. J'avais l'impression d'étouffer parmi tous ces gens si obtus, sans parler de la révolution qui soulevait la capitale. En effet, le gouvernement encore instable sentait un peu trop la poudre. La compagnie des livres ne me suffisait plus. J'avais soif de discussions intellectuelles. Bercée par ma rencontre avec Jules Verne, et très tentée (vilement) par la perspective de rencontrer d'autres auteurs illustres que j'admirais, je me rendis plusieurs fois dans des salons littéraires (tenus cette fois par des dames, afin d'éviter un impair supplémentaire). Je restais discrète à chaque fois, n'élevait jamais la voix, et ce même lorsque le jeune homme que j'avais rencontré quelques semaines plus tôt reparut dans le salon de Madame de Barrère. Son regard resta focalisé sur moi pendant toute la soirée, ce qui me rendit extrêmement mal à l'aise.

"Mademoiselle Mystère est donc une femme du monde." me lança-t-il alors que je tentais de m'éclipser discrètement.

"Que me voulez-vous ?" répliquai-je un peu effrontément. "Laissez-moi en paix."

Je jetai un coup d'oeil au salon qui se vidait de ses occupants, tandis que monsieur Verne restait face à moi.

"Hélas, je suis un véritable acharné en ce qui concerne les énigmes les plus nébuleuses. Et vous Mademoiselle, êtes un mystère que j'aimerais résoudre."

"Je ne vous en donne pas la permission."
dis-je farouchement.

"Je la prendrai tout de même."
rétorqua-t-il avec un air espiègle. "Mais ne voyez pas mes insistances comme une façon de vous courtiser. Bien au contraire, j'aimerais juste comprendre comment vous êtes apparue de nulle part cette nuit-là, dans le salon de mon oncle."

J'entrouvris la bouche, soufflée par cette révélation, ce qui accentua le sourire triomphant de Jules. Il s'avança d'un pas tandis que je reculais contre le mur.

"Je ne l'explique pas, et je déteste ne pas comprendre."
dit-il, une ride soucieuse barrant son front. "Si les autres l'ont vu, ils l'ont vite oublié car les gens préfèrent occulter ce qu'ils ne comprennent pas. Ce qui n'est pas mon cas. Je ne vous interrogerai pas jusqu'à ce que vous me révéliez votre secret, soyez rassurée. Je souhaite simplement être votre ami."

Je n'avais pas spécialement confiance, mais je songeais qu'il ne pourrait répéter ces propos à qui que ce soit sans être traité de fou. Ce qui nous mettait tous deux dans la confidence. Et, d'une certaine façon, partager ce secret avec lui -Jules Verne !- me grisait d'une manière tout à fait inappropriée.

Le temps passa et même si j'essayais toujours de retourner à mon époque, la compagnie du jeune homme rendait mon isolement moins pénible. Il était un passionné de Shakespeare, Dumas et Hugo. Nous passâmes des journées entières à lire des romans l'un après l'autre. Jules n'était pas encore arrivé au moment de sa vie où il écrirait ses oeuvres majeures, aussi lorsqu'il me demandait mon avis sur ses pièces de théâtre, j'évitais le plus possible d'être négative, car même si elles étaient de qualité inférieure, il s'agissait tout de même de récits inédits.

Alors que nous étions de plus en plus proches, les gens du monde commençaient à pépier à mon sujet. Le mystère entourant ma naissance et ma famille était de plus en plus épais. J'avais inventé une famille lointaine en Angleterre qui avait trouvé la mort, me laissant orpheline. Cependant, cela ne suffisait plus aux gens. Je devenais étrange, trop énigmatique et secrète. Ce qui, au contraire, poussait la curiosité de Jules Verne à son paroxysme.

"J'avais promis à mon père que je ne voyagerai plus qu'en rêve, mais avec vous, Mademoiselle Mystère, je pourrais aller au bout du monde !" disait-il parfois en plaisantant.

Peu à peu, je m'aperçus qu'il parlait sérieusement. Hélas, il faut toujours qu'une relation évolue d'une façon qui ne convient jamais aux deux parties. Je voyais très bien que ses yeux m'observaient avec un peu trop d'intensité, comme s'il espérait quelque chose de ma part...

Exactement comme Anatole. Excellent... j'avais troqué un amoureux transi contre un autre. Pourquoi moi ? Pourquoi ?

Cela faisait six mois que j'étais en 1848 et je me sentais coupable. J'aurais dû ne pas m'approcher des salons littéraires ni de Jules Verne. Peut-être avais-je irrémédiablement changé le cours du temps ? Peut-être avais-je tout fissuré ? Je m'étais montrée faible. Je n'avais pas respecté mon principal engagement, à savoir : ne pas me faire remarquer. Pourtant, ma culpabilité était amoindrie par le sentiment de bien-être qui m'habitait constamment. J'étais bien à cette époque, baignant parmi les lettres des grands auteurs. Lily et tous les autres me manquaient terriblement, mais je savais que tôt ou tard, un battement de paupières allait me ramener dans le présent. Il en avait toujours été ainsi, même si je devais reconnaître que ce voyage était le plus long que j'avais fait jusqu'à maintenant.

Ce soir-là, j'avais été traîné de force dans un bal organisé par l'oncle de Jules. D'après mon ami, il aurait été de très mauvais ton de ne pas y assister. En plus, l'oncle en question commençait à m'apprécier, ce qui me semblait saugrenu étant donné ses réflexions incessantes sur les femmes en général. Pourtant, j'avais accepté de venir de mauvaise grâce. Je préférais infiniment l'ambiance des salons littéraires à la frivolité des bals.

J'avais fait un effort en mettant une robe de mousseline bleu pâle, même si je me sentais parfaitement ridicule. Je faisais des efforts constamment pour ne pas enfiler des pantalons, ce qui était beaucoup plus pratique -mais aurait choqué la bonne société pour au moins un demi-siècle.

Jules alla me trouver une demi-heure après mon arrivée. Il se balançait d'avant en arrière d'un air anxieux qui ne lui ressemblait pas. Je fronçai les sourcils mais lui souris, rassurée de trouver un visage familier parmi cette foule de dentelles et de rubans.

"Me feriez-vous l'honneur de danser avec moi ?"
demanda-t-il, faussement pompeux mais surtout taquin.

"Vous savez très bien que je ne danse pas, cher Jules."
répondis-je d'un ton entendu quoique amusé. "En revanche, je suis en mesure de vous donner des fourmis dans les jambes !"

Enhardie, j'attendis que les musiciens aient fini leur morceau avant de m'avancer vers le grand piano et d'y prendre place. J'avais bien l'intention de montrer mes progrès. En l'espace de six mois, j'avais eu le temps d'étudier le solfège, surtout qu'avant mon départ dans le passé, Anatole m'avait donnée des cours de piano.

Un peu nerveuse, je posai mes doigts sur le clavier, inspirai à fond, et entamai la Grande Valse Brillante de Chopin. Les couples commencèrent alors à tourner sur le plancher, malgré quelques fausses notes et mauvais tempo. Je me remémorai dans ma tête les "un, deux, trois..." afin de ne pas trop briser le rythme de la valse. Même si je ne dansais jamais -par peur d'être trop maladroite- je puisais dans la musique tout ce qu'il y avait de puissant et remuai la tête selon la mélodie, les yeux fermés.

Je ne jouais pas la valse en entier car je n'en connaissais pas toutes les subtilités. Quelques applaudissements retentirent et je me levai du tabouret pour faire une rapide révérence et m'éclipser. Jules ne modéra pas son enthousiasme. Il fut le dernier à s'arrêter d'applaudir. Le rose me monta aux joues.

"C'était médiocre. Cela ne mérite pas tant d'égards."

"Ce n'était pas mauvais non plus." rétorqua-t-il avec un sourire. "Bien, que dois-je faire pour obtenir une entrevue en privé avec vous, chère Helena ?"

Je fronçai les sourcils, me demandant ce qui lui prenait. Nous nous voyions de plus en plus souvent seul à seule -ce qui bien entendu, nourrissait les commérages des gens du monde. Nous nous en moquions bien entendu, mais quelque chose dans son attitude de ce soir-là m'intriguait.

Mes yeux s'écarquillèrent alors que dans la foule, plus loin que les danseurs, je crus entrevoir un visage connu.

"Anatole...?" fis-je, éberluée.

"Anatole ?"
répéta Jules en se tournant pour voir à son tour. "Qui est Anat...?"

Je ne laissai pas poursuivre et attrapant mes jupes, m'élançait vers la piste pour traverser la foule de danseurs. Tant bien que mal, j'arrivai de l'autre côté où m'attendait effectivement Anatole, vêtu d'un costume similaire à ceux des autres.

"Que... comment...?"

Les mots me manquaient. Il était là. Cela voulait-il dire qu'il avait passé six mois dans le passé, comme moi ? Dans ce cas, comment se faisait-il que je n'avais pas perçu son aura ?

J'étais tellement surprise que je restais plantée devant lui, la bouche entrouverte et le souffle court.

"J'ai... fait des progrès au piano, comme tu as pu le constater." dis-je, avant de secouer la tête, consternée par la platitude de mes paroles.

Je me retournai en sentant la présence de Jules, qui nous avait rejoint. Son regard était voilé par quelque chose tandis qu'il fixait Anatole. Complètement dépassée par la situation, je décidai de faire les présentations :

"Jules, je vous présente Anatole Cassini. Anatole, voici... monsieur Jules Verne."

Le rose me monta de nouveau aux joues tandis que je baissai les yeux sur mes jupes. Oh, que m'arrivait-il ? Pourquoi me sentais-je aussi gênée subitement ?

"Comment as-tu fait pour venir ?"
demandai-je, trop curieuse et impatiente de savoir, même si nous n'étions pas seuls mais je me doutais qu'Anatole trouverait le moyen de s'expliquer sans éveiller les soupçons.

L'atmosphère me semblait de plus en plus oppressante, curieusement...


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il faut connaître l'enfer. »
Ça me fait penser à un vieux dicton. Il paraît qu’il est de Dante.
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Anatole Cassini


« Courir ou se faire ramollir ! »


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________________________________________ Lun 27 Juin 2016 - 10:45



Je n'oublierai jamais ton visage

« Je n'oublierai jamais ton coeur
Qui m'a donné que du bonheur »




    « La nature est une oeuvre d'art mais Dieu est le seul artiste qui existe et l'homme n'est qu'un arrangeur de mauvais goût. » lis-je à la dame assise à mes côtés, tenant dans mes mains le dit journal. « C'est tellement profond et réaliste. Peut-être que vous auriez dû accentuer le mot Nature en y mettant un N majuscule. L'homme est bien en dessous d'elle et sans doute même dieu. »

    Je ne jugeai jamais les autres, car je n'aimais pas qu'on me juge. Et à dire vrai, j'avais sans doute peur de ce que l'on pourrait dire de moi. En lisant le nouveau feuilleton dans le Journal des débats, j'avais été bluffé par le style d'écriture et la vitesse à laquelle mon amie pouvait écrire quelque chose d'aussi juste, droit et intéressant. Elle ne survolait pas les relations entre ses personnages, la situation politique dans laquelle ils vivaient ou encore leur façon de vivre. Elle entrait directement dans leurs têtes et en sortait leurs paroles, leur façon de faire, leur manière de comprendre la vie, tel qu'ils la voyaient.

    « Vous ne croyez pas en dieu ? »

    « Je crois en la vie et je crois aux hommes, même si je dois bien l'admettre que certains ont très mauvais goûts. Mais rien nous empêche de les guider pour leur montrer ce que la Nature a de plus beau à offrir. »

    « Un doux rêveur. » dit-elle en laissant échapper un petit sourire, qui en fit naître un autre aux coins de mes lèvres.

    « J'en ai connu une, une fois. Mais je ne suis qu'un aventurier qui me laisse porter par les rêves des autres. »

    « Bien entendu... la jeune femme. » répondit-elle en faisant allusion à la dame de mes pensées que j'avais longuement évoqué avec elle. « Mon roman a le don de choqué les gens. Les relations d'abord maternelles, puis amoureuses qui lient François à Madeleine, relations quasi incestueuses, je dois bien l'admettre, ne sont pas au goût de ces hommes en qui vous croyez tant. »

    « Vous avez cessé de rêver ? » demandai-je à la dame, qui au lieu de me répondre, détourna son regard pour contempler le paysage au loin. Il faisait merveilleusement beau et un magnifique soleil resplendissait dans le ciel. Il n'y avait pas un seul nuage pour troubler le tableau qu'était le ciel bleu.

    « Le bonheur des peuples est-il une utopie, un idéal inaccessible ? »

    Ce n'était pas une question, car elle n'attendait pas de réponses. On se trouvait à une époque où la Révolution avait marquée son véritable échec. C'était ce qui l'avait poussée à arrêter d'être une militante et qui avait amorcé le début des désillusions pour la dame. J'avais entendu dire que quelques mois auparavant, un des compositeurs de talents que j'appréciai beaucoup, Frédéric Chopin, avait mis un terme à leur relation, en jugeant peut-être trop attentivement mon amie. Elle avait congédiée sa fille et son gendre suite à des soucis de famille, et Chopin avait écouté toutes les calomnies rapportés par Solange, la fille de la dame qui se tenait à côté de moi.

    « Dix années à se faire confiance pour finalement se rendre compte qu'on ne peut jamais vraiment croire aux autres, ni même se laisser porter par l'amour. C'est un monde d'hommes, monsieur Cassini. Un monde où les femmes naissent, vivent et meurent. Et quand elles souhaitent laisser une chance à ce monde, il faut qu'elles se fassent passer pour un homme, afin d'arriver à quelque chose. Vous n'avez qu'à me regarder pour comprendre. »

    C'était comme si elle pouvait lire dans mes pensées, ou si j'étais entré dans les siennes. Elle comprenait mieux que personne ce qu'était la vie, ce qu'était l'amour. Elle avait écrit tellement de choses magnifiques, et voilà qu'aujourd'hui elle perdait tout espoir.

    « Un très grand homme a écrit : "J'ai peine à croire qu'en perdant ceux qu'on aime on conserve son âme entière." Mais il nous reste suffisamment d'âme pour continuer à vivre, à être heureux et à se satisfaire du monde. »

    « Si je ne m'abuse, ce même auteur a écrit : "La vie est une longue blessure qui s'endort rarement, et ne guérit jamais." »

    Je sentais qu'elle souffrait de cette perte. Pourtant Chopin n'était pas mort, elle avait encore l'espoir d'un jour pouvoir le retrouver, tout comme je savais que tôt ou tard, au détour d'une ruelle, je pourrai très bien tomber sur Ellie, qui m'attendrait, me tendrait la main et me proposerait de rentrer chez nous.

    « "La solitude est bonne, et les hommes ne valent pas un regret." » dis-je pour citer une nouvelle fois ce grand homme. Car toutes ces citations émanaient du même auteur.

    « "L'amour, c'est l'amitié portée jusqu'à l'enthousiasme." »

    « Vous étiez son amie, son âme soeur et son amour ? »

    « "Mieux vaut ne pas se hâter de déclarer son amour avant d'être certain que cet amour ne soit partagé." » me répondit-elle du tac au tac. Elle avait une réponse à toutes mes questions et elle se cachait souvent derrière des citations.

    « Il n'y a rien d'impossible quand on s'aime. » dis-je avant de la voir ouvrir sa bouche pour me répondre quelque chose, avant de se raviser.

    « J'aime beaucoup cette citation. Mais de qui est-elle ? »

    Je l'avais touchée ? J'avais réussi à captiver ses émotions ? Comment pouvait-on croire autant à l'amour et se laisser aller à penser qu'il n'en est plus rien aujourd'hui ? Que l'amour nous a, à jamais quitté ? On a sans doute beau faire, les années s'accumulent et on est tous saisi par l'immense vide qui se creuse au sein même de notre âme, quand quelqu'un nous quitte, que l'histoire s'arrête. Une morne et incommensurable tristesse qui emplit notre maison, notre jardin, nos prairies, les lieux où on se rendait avec l'être aimé. Derrière chaque porte qu'on ouvre, on s'attend sans doute à le voir. Au détour de chaque allée, on se demande où il peut-être, ce qu'il fait, pourquoi ne vient-il pas nous chercher. Pourquoi ne vient-elle pas ? Le soir surtout, sur la terrasse, le long d'une avenue du pavillon, qand l'ombre se fait sous les incertaines lueurs de la lune, on se figure qu'elle va enfin apparaître, cherchant un papillon ou une fleur préférée, voir un roman caché quelque part dans le jardin. Une attente atroce qu'on sait vaine. Alors l'effroi d cette implacable absence nous glace. Notre coeur se serre d'angoisse et de regrets, dans la désespérance de l'impitoyable néant où s'est englouti un être si précieux.

    « Je vous la donne. Faites en bon usage. » lui dis-je avec un petit sourire se voulant rassurant. Nos deux âmes se trouvaient égarées, perdues, désespérées, mais elles finiraient bien par retrouver le droit chemin.




    Je savais que les quelques notes qui se jouaient et qui montaient jusqu'à mes oreilles, allaient sans doute faire chavirer son coeur une nouvelle fois. Mais elle avait beaucoup changée ces six derniers mois et elle avait pris sur elle, reprenant même goût à vivre. Elle écrivait, passait des heures sans s'arrêter de mettre sur papier ses plus folles et belles pensées. Elle tentait une nouvelle fois de capturer le monde, les pensées des autres, leur façon de vivre, l'état d'esprit dans lequel ils étaient. On sortait beaucoup, pour les voir évoluer, pour les voir vivre et on vivait à leurs côtés. J'avais passé six des plus beaux mois de ma vie, à contempler une âme se reconstruire petit à petit. Comme quoi en amour, tout était possible, même quand cet amour était uniquement de l'amitié et qu'il était question de l'amour pour la vie, pour la Nature, pour chaque chose qu'elle a créée.

    La musique s'était stoppée et la foule avait acclamée le compositeur, qui n'en était pas un. Elle avait simplement repris la même gestuelle que la personne qui lui avait appris à jouer et qui lui même l'avait prise à la personne qui l'avait composée. C'était une façon de faire vivre une oeuvre, de laisser à l'auteur un héritage qui sera lui aussi capable de voyager à travers le temps. Tandis que je regardais la foule se réjouir, les yeux de l'artiste s'écarquillèrent en croisant les miens. Un nom fut prononcé, puis prenant ses jupes dans ses mains, elle se dirigea vers moi. Je m'y trouvais enfin, au détour de cette ruelle.

    « J'ai... fait des progrès au piano, comme tu as pu le constater. »

    « Une véritable artiste. » murmurai-je pour qu'elle soit la seule à pouvoir m'entendre, tandis qu'un homme nous avait rejoins.

    « Jules, je vous présente Anatole Cassini. Anatole, voici... monsieur Jules Verne. »

    "La vie est une longue blessure qui s'endort rarement, et ne guérit jamais." pensais-je, en me remémorant les paroles de mon amie. Peut-être qu'elle avait raison sur ce point là. On a beau attendre que le jour vienne, quand il arrive, la vie nous réserve toujours des surprises. Mais je gardais mon sourire, n'en montrant rien, tandis qu'une dame m'avait rejoins.

    « Enchanté. » dis-je à monsieur Vernes, avant de me tourner vers mon amie qui venait tout juste de nous rejoindre. « Permettez moi de vous présenter Ellie Sandman. » dis-je en voyant un petit sourire se dessiner sur le visage d'Aurore, de son vrai nom. Elle savait de qui il était question, car je lui avais souvent parlé d'elle, voir peut-être même tous les jours. « Ainsi que son ami, monsieur Jules Verne. Je crois qu'il est auteur lui aussi. »

    Je ne comptais pas lui commenter ses oeuvres, car je venais d'en terminer une et elle ne m'avait pas laissée un très bon souvenir. Je savais qu'il était l'auteur préféré d'Ellie et je comprenais un peu mieux ce qu'on faisait à cette époque. Elle ne contrôlait pas le voyage temporel, mais le destin faisait bien les choses, n'est ce pas ?

    « Je vous présente monsieur George Sand. »
    dis-je avec un petit sourire, cachant ma peine. Un petit regard vers Ellie, m'indiqua qu'elle ne savait pas quoi répondre face à cette présentation à laquelle elle venait d’assister. Ellie avait deux grands auteurs qui partageaient ses rêves. Jules était l'un d'eux, et mon amie, George, en était un autre. Je l'avais présentée en tant que monsieur, car elle avait dû prendre un nom d'emprunt, masculin, afin de se faire publier et accepter chez les hommes. Mais c'était plus une marque de respect que je lui avais témoigné, qu'autre chose.

    « Je vous apporte quelque chose à boire, George ? » demandai-je à la dame, avant de m'éloigner, suivi de très près par Jules et laissant Ellie converser tranquillement avec son second auteur préféré.

    « Vous écrivez du théâtre, c'est bien ça ? »

    « D'où connaissez-vous mademoiselle Helena ? » me répondit-elle en occultant totalement ma question.

    « Vous voulez dire Ellie ? A moins qu'elle ne vous a pas donnée son véritable prénom. Sans doute un manque de confiance de sa part. Vous savez ce que c'est, n'est ce pas ? On ne peut pas faire confiance aux hommes qui prétendent être nos amis. »

    Il avait sans doute prétendu être le siens, pour qu'elle se laisse si facilement amadouer.

    « Je suis son ami, mon chers monsieur. Et je ne sais toujours pas qui vous êtes. »

    « Je suis son ami. » lui répondis-je du tac au tac.

    « Elle ne m'a jamais parlée de vous. »

    « Elle ne vous a non plus pas donnée son véritable prénom. »
    dis-je avec un petit sourire. Il n'avait pas su quoi répondre et on avait pris un verre pour nous et la personne qui nous accompagnait. De retour auprès de George et d'Ellie, j'avais donné le premier verre à la jeune femme, avant de donner le second à la dame. Puis, je m'étais tourné vers Jules, afin de prendre un verre. Ce n'était sans doute pas pour moi qu'il l'avait pris et il comptait l'offrir à Ellie, mais c'était déjà fait. Du coup autant me l'approprier.

    « Vous avez pu faire connaissance ? »

    « C'est une jeune femme tout a fait charmante. On pourrait se revoir si vous le souhaitez. J'ai une maison à la campagne. Venez donc prendre un thé, un de ces jours. Anatole se fera une joie de vous montrer le chemin. N'est ce pas, mon ami ? »

    Je lui avais adressé mon plus beau des sourires, tandis que Jules était sur le point d'ouvrir la bouche, sans doute pour savoir si il était lui aussi invité.

    « Et si vous me parliez de votre dernière pièce, monsieur Vernes. Il paraît que vous écrivez. »

    Voilà de quoi l'amener à l'écart. J'adorais cette femme.

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________________________________________ Mer 29 Juin 2016 - 13:19

« L'amour, c'est l'amitié portée jusqu'à l'enthousiasme. »
...


Anatole m'avait prise au dépourvu en révélant mon véritable nom. Je désapprouvai en silence, me contentant de lui lancer un regard mécontent. Il avait le don de me rendre heureuse et de me contrarier dans le même laps de temps. Même si j'étais extrêmement contente de l'avoir retrouvé, j'éprouvais une once de rancoeur envers lui, car il me dévoilait ainsi devant mon ami Jules, presque sans pudeur. D'un autre côté, il ne pouvait pas deviner que j'avais voulu garder mon nom secret. Je baissai les yeux, sentant le regard intrigué de Jules peser sur moi.

Une dame entre deux âges nous avait rejointe. Elle avait une allure assez surprenante pour une personne normalement issue de la bonne société. Je remarquai que certains convives l'observaient d'un oeil méprisant ou curieux. Lorsque Anatole me la présenta par son nom d'auteur, je manquai de m'évanouir. Je l'aurais fait si j'étais véritablement née dans les années 1800. Heureusement, ma constitution me permettait de surmonter mon émoi. J'aurais peut-être eu besoin d'un éventail et jetai des coups d'oeil plein d'envie à celui qu'une jeune femme agitait à seulement un mètre de moi. En tendant le bras, j'aurais pu m'en saisir mais je risquais de faire un scandale, aussi je m'abstins.

Le rouge me montait aux joues tandis que je tentais de respirer calmement, la bouche entrouverte. Anatole en profita pour s'éloigner en compagnie de Jules. Ils me laissaient l'occasion de converser avec une de mes auteurs préférés. L'occasion était trop belle mais comme à mon habitude quand j'étais trop bouleversée, je ne parvins pas à articuler un seul mot. Je restais face à George Sand, presque au garde-à-vous, les mains cramponnées dans les replis de ma jupe. Je n'osais pas non plus croiser son regard, de peur de la dévisager, de la mettre mal à l'aise ou pire, de l'agacer.

Aussi j'observais avec un faux grand intérêt Jules et Anatole qui s'éloignaient en quête de rafraîchissements.

"Il est beau garçon, n'est-ce pas ?" lança George Sand sans aucun à propos.

Je clignai des yeux et tournai la tête vers elle. Elle me fixait d'un air malicieux, avant de désigner du menton les deux jeunes hommes.

"Je... suppose." bafouillai-je, prise au dépourvu.

"Je parle d'Anatole, bien entendu." précisa-t-elle avec un sourire qui en disait long. "Lequel a votre préférence ?"

"Aucun." répondis-je presque farouchement, car je n'allais pas entrer dans ce petit jeu. "Ils sont mes amis et cela est amplement suffisant."

"Il est bon d'avoir des amis. Cependant, il est impératif d'avoir des amis très... bons."

Je clignai des yeux de plus belle alors que je rougissais de plus en plus. Grands dieux... sous-entendait-elle vraiment ce que j'avais compris ? J'avais lu énormément de romans de George Sand et je connaissais aussi la femme qui se cachait derrière le patronyme masculin. Elle avait eu de nombreux amants et ne s'en était jamais cachée, au grand dam de la "bonne" société. Malgré tout, son franc-parler me désarçonnait totalement. Depuis des mois, j'étais habituée à un langage raffiné et courtois qui me charmait beaucoup. Ce changement radical me faisait perdre tous mes repères.

"N'ayez aucune crainte, ma petite. Je ne cache pas qu'Anatole m'inspire énormément à des choses légères, mais quoi que vous ayez pu entendre à mon sujet, je ne volerai jamais une bien aimée à son promis. Il ne parle que de vous. L'amour, c'est l'amitié portée jusqu'à l'enthousiasme. S'il est votre ami, je gage qu'il devienne bien davantage avant la fin de l'année."

"Je... je je je..."

Voilà que je bafouillais. C'était incroyablement humiliant. Se retrouver ainsi, à court de mots, face à l'une de mes auteurs favoris. Il faut dire que je m'attendais à converser sur un autre sujet avec elle. Anatole avait dû lui raconter tant d'idioties à mon sujet, des choses entièrement fausses ou il avait dû les enjoliver afin de donner plus de substance à sa rêverie. Quelle horreur.

"Vous vous méprenez, jamais je..."

"A moins que votre coeur ne batte pour ce jeune monsieur plein d'arrogance."
me coupa-t-elle abruptement pour fixer Jules qui conversait plus loin avec Anatole.

Curieusement, mon sang se glaça dans mes veines à cette appellation.

"Si vous appreniez à le connaître, vous sauriez qu'il n'est arrogant en aucun cas." le défendis-je aussitôt. "Il est simplement un peu fantasque. Cela est dû au fait qu'il écrit du théâtre."

J'étais soufflée de découvrir que George Sand et Jules Verne ne s'entendaient pas. Il est vrai qu'ils avaient tous deux des styles de vie et littéraires très différents et s'ils étaient des rêveurs, ils ne partageaient pas les mêmes utopies.

Le regard de la dame se fit encore plus espiègle en se plantant dans le mien. Gênée, je détournai les yeux et essayai de me concentrer sur la musique jouée par le pianiste et les violonistes.

"Je trouve pourtant qu'il a bien des manières pour un monsieur issu d'une classe modeste, comme peut en témoigner son gilet quelque peu élimé et sa cravate fanée." fit remarquer George d'un ton entendu.

"Il est curieux qu'une personne aussi libérale que vous se focalise sur des détails ouvertement futiles." observai-je non sans une pointe d'agacement.

Peut-être était-elle une auteure que j'admirais, mais si elle s'attaquait à mon amie, je ne pouvais faire autrement que de monter au front. Son regard pétilla et un mince sourire étira ses lèvres rehaussées de rouge -elle les avait peintes, ce qui était extrêmement choquant pour l'époque.

"Vous êtes une brave petite." déclara-t-elle d'un air profondément appréciateur. "Vous avez entièrement raison : je méprise la mode au moins autant que les royalistes. C'était uniquement une façon de tester votre attachement."

J'hésitais à être impressionnée par son ingéniosité ou profondément irritée. En tous les cas, cette rencontre était au-delà de toutes mes espérances. J'avais l'impression de vivre un rêve éveillé. Parler librement à George Sand au milieu d'un bal du XIXème siècle, avec Jules Verne à quelques mètres, c'était inespéré !

"Votre interprétation de la Grande Valse Brillante était très touchante. Cela m'a ramenée des années en arrière."

Un voile de nostalgie passa dans les yeux noirs de George alors qu'elle venait de changer de sujet. J'entrouvris la bouche, peinée de m'apercevoir qu'interpréter une valse de Chopin avait été très maladroit de ma part. Ils avaient été très proches pendant une dizaine d'années avant de se séparer douloureusement. Le compositeur allait mourir un an plus tard, sans que jamais plus ils ne se revoient. Je me mordis les lèvres et dis :

"Je suis désolée. Si j'avais su que vous étiez là, jamais je n'aurais..."

"Ne vous excusez pas d'être une artiste, mademoiselle. Il ne faut jamais être navré de rêver et de faire rêver les autres. La douleur fait partie intégrante de l'art. Sans tout ce qu'il a enduré, Frédéric n'aurait pu inventer de telles sonates ou nocturnes. Il en va de même pour moi. Beaucoup de mes récentes altercations m'ont permises d'étoffer mon roman actuel. L'avez-vous lu ? Anatole m'a dit que vous aimiez beaucoup mes histoires."

Grand moment extrêmement difficile. Je pris une profonde inspiration, me donnant le temps de réfléchir à la réponse adéquate. Il ne fallait pas que je commette un impair en évoquant un livre qui n'était pas encore paru ou écrit. Mentalement, je tentai de me souvenir de l'ordre de parution de ses ouvrages, ce qui était pratiquement impossible. Je décidai donc de hocher la tête et d'agrémenter le tout d'un sourire.

"Je les ai toutes dévorées." avouai-je en m'apercevant un peu tard que ce genre de phrases n'avait pas sa place à une telle époque.

George haussa un sourcil agréablement surpris.

"Vous êtes une jeune femme absolument moderne, mademoiselle. Je comprends ce qui l'attire chez vous."

J'aurais aimé lui demander de qui elle parlait précisément, mais à cet instant, elle pivota vers Jules et Anatole qui revenaient, boissons en mains.

« Vous avez pu faire connaissance ? » demanda Anatole.

« C'est une jeune femme tout a fait charmante. On pourrait se revoir si vous le souhaitez. J'ai une maison à la campagne. Venez donc prendre un thé, un de ces jours. Anatole se fera une joie de vous montrer le chemin. N'est ce pas, mon ami ? »

Il répondit par un grand sourire alors que Jules, à côté, semblait profondément irrité qu'il lui ait pris son verre. Avec un sourire, je lui tendis ma coupe qu'il refusa résolument. Quelque chose restait figé au fond de ses yeux, une sorte d'agacement teinté d'interrogations. L'effroi me saisit. Que lui avait donc raconté Anatole ?

« Et si vous me parliez de votre dernière pièce, monsieur Verne. Il paraît que vous écrivez. »
demanda George assez froidement.

"Je n'ai pas la prétention d'être un auteur, même si j'apprécie le calme d'esprit que cela implique."

George eut un petit rictus qu'elle cacha derrière un sourire poli. Jules le remarqua pourtant et fronça les sourcils avant de redresser la tête d'un air hautain.

"Il est question d'un voyage en ballon, mais je ne sais encore quelle direction emprunter."
poursuivit-il d'un ton pincé.

"Vous m'avez l'air d'une vraie girouette, en effet." répliqua George, cinglante.

J'écarquillai les yeux, stupéfaite par l'affrontement verbal qui se déroulait devant moi, et lançai ensuite un regard réprobateur à Anatole, car j'étais persuadée qu'il n'était pas innocent dans cette histoire.

"C'en est assez, il me semble." articula Jules d'un ton dans lequel on percevait une colère maîtrisée.

Puis, il se tourna brusquement vers moi et demanda d'une voix cassante qui me rendit encore plus perplexe :

"Mademoiselle Sandman, accepteriez-vous de m'accompagner sur la terrasse ? J'ai à vous parler en privé."

Un peu désorientée, j’acquiesçai. Jules se détourna aussitôt des deux autres pour se diriger résolument vers la terrasse, fendant quelques groupes de convives occupés à discuter. Il ouvrit ensuite l'une des portes vitrées et attendit que je le rejoigne, raide comme un piquet. J'interrogeai Anatole et George du regard, m'excusai et m'éloignai d'eux. Je me rendis jusqu'à Jules, mes mains moites cramponnées à mes jupes. Jamais ma crinoline ne m'avait entravée à ce point tandis que je m'avançais. Je m'attendais au pire.

Jules ne m'accorda pas un regard tandis qu'il ouvrait obligeamment la porte afin que je passe la première. M'armant de courage, je la franchis et pénétrai sur la terrasse déserte. Seules les lumières venant de l'intérieur éclaboussaient les pavés de clarté orangée. Je fis quelques pas jusqu'à la rambarde en pierre et observai Paris endormie, faiblement illuminée par les étoiles et le croissant de lune.

J'entendis la porte se refermer et des pas venir vers moi. Je retins mon souffle. Qu'avait donc raconté Anatole ? J'espérais qu'il n'avait rien révélé à Jules concernant nos "sauts" dans le temps, car rien n'aurait pu davantage changé le futur de cet auteur que cette connaissance.

Mes mains gantées vinrent se poser contre le bord du balcon. La brise fraîche provoquait des frissons le long de mon échine, à moins que ça ne soit la peur ? Je préparais mentalement des réponses aux questions qu'il risquait de me poser, même si aucune ne me semblait adaptée à son seuil de compréhension. H.G Wells n'écrirait pas sa Machine à explorer le temps avant une quarantaine d'années, par conséquent, comment expliquer l'inexplicable ? Comment pourrait-il l'envisager sans me prendre pour une folle ou pire, une menteuse ? Je ne pourrais supporter de lire la déception ou la peine dans ses yeux.

J'aurais aimé lui dire tout ce que j'avais sur le coeur, mais je n'osais pas aborder le sujet la première. Je sentais sa présence derrière moi tandis que je contemplais les étoiles en quête de réconfort. Mon corset m'oppressait plus que jamais, mais ce n'était rien en comparaison de l'attente d'une déchirure entre Jules et moi.

"Mademoiselle, j'ai une question importante à vous soumettre, mais je ne sais comment la formuler."

Je me raidis et déglutis avec peine. Le chapitre de la vérité allait s'ouvrir.


crackle bones

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« Pour atteindre le paradis,
il faut connaître l'enfer. »
Ça me fait penser à un vieux dicton. Il paraît qu’il est de Dante.
« Souviens-toi de cette nuit, c’est la promesse de l’infini ».
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________________________________________ Jeu 30 Juin 2016 - 12:04

« Nos étoiles contraires. »
...


La montre à gousset se trouvait dans la poche intérieure de mon veston depuis le mois d'août. Octobre débutait à peine, pourtant chaque jour durant, je me confortais dans l'idée que c'était elle. Elle et personne d'autre. J'avais cru être épris par deux fois dans ma vie, tout d'abord de ma cousine Caroline pour laquelle je m'étais embarqué à bord d'un long-courrier afin de lui ramener un collier de corail. L'autre était beaucoup plus récente. Il s'agissait d'Herminie, dont les parents avaient préféré un époux plus fortuné (et de dix ans son aîné). Mademoiselle Mystère était entrée dans ma vie alors que je n'en espérais plus rien, désillusionné par mes déceptions amoureuses, les obligations envers mon père de devenir avocat, et mes vains essais en poésie et théâtre.

Elle avait tout bousculé en faisant fi des convenances. Elle croyait en moi, ce qui était nouveau dans mon cercle de connaissances. De surcroit, elle m'avait apporté son soutien lors de l'examen pour la seconde année de droit. Cette demoiselle était-elle une fée ou un ange, égarée sur cette terre ? Un orage l'avait-il faite chuter du ciel ? Sa vie toute entière était une énigme qu'il me tardait de résoudre. Elle était si cultivée et intelligente ! Que Dieu me pardonne mais dans ses raisonnements extrêmement poussés et ingénieux, on aurait dit un homme. Durant ces six mois passés en sa compagnie, elle était demeurée silencieuse sur sa famille, précisant seulement qu'ils avaient tous trouvé la mort en Angleterre. Jamais quelqu'un ne s'était montré aussi extravagant et mystérieux. Toute son existence était auréolée de mystère. Aucun chaperon, ni domestique, elle se déplaçait seule dans tout Paris ou uniquement en ma compagnie. Les commérages allaient bon train sur son compte mais je ne leur prêtais aucun crédit. Personne ne pouvait lui enlever sa lumière. Elle était si différente des autres.

Depuis ce soir-là, elle avait désormais un nom, ainsi qu'un diminutif des plus charmants. Elle avait également un ami surgi de nulle part et fort beau de sa personne, qui usait de son surnom à n'en plus finir, comme pour me provoquer. Il va sans dire que son comportement, ainsi que celui de la baronne Dudevant étaient des plus désagréables. Si j'avais eu quelque titre moi aussi, je n'aurais pas hésité à répliquer une phrase de bon ton. Cependant, ma modeste condition ne m'autorisait pas à répondre à une dame du monde, peu importait sa vie libertine et scandaleuse. Aussi avais-je préféré m'éloigner plutôt que de m'échauffer.

En refermant la porte de la terrasse, je pris pleinement conscience de cet instant. Elle se tenait devant le balcon, la tête levée vers les étoiles. Ses cheveux rassemblés en un chignon élégant dénudait sa nuque d'une façon particulièrement indécente. Quelques petites mèches folles s'en étaient échappées. J'aurais tant voulu y glisser mes doigts...

Je me retins, plaçant les mains dans mon dos et m'avançant ensuite vers elle d'un pas raide. Je la dépassai d'une bonne tête, aussi une fois derrière elle, je pouvais apercevoir ses mains tapoter nerveusement le rebord du balcon, ses gants en dentelle les rendant encore plus gracieuses et fines. Savait-elle ce que j'allais lui demander ? Elle semblait fébrile et perdue.

"Mademoiselle, j'ai une question importante à vous soumettre, mais je ne sais comment la formuler." déclarai-je, la gorge sèche.

Elle frémit légèrement.

"Avez-vous froid ? Je peux vous apporter mon manteau si vous le souhaitez."
dis-je aussitôt.

"Non, ne vous donnez pas cette peine. Je suis très bien."
répondit-elle sans se retourner pourtant. "Etait-ce là votre question ?"

Une note d'espoir pointait dans sa voix. J'eus un petit sourire amusé.

"Hélas non. Il va vous falloir répondre à mon interrogation."

Comme elle ne daignait toujours pas se retourner, je me déplaçai de quelques centimètres sur la gauche en pas chassés et m'arrêtai juste à ses côtés. Là, je levai les yeux à mon tour pour contempler l'astre nocturne et la voûte mouchetée d'étoiles.

"C'est merveilleux, n'est-ce pas ? L'univers, l'infini ! Savez-vous qu'il ne faudrait que quatre-vingt dix sept heures et vingt minutes de trajet pour se rendre de la terre à la lune ?"

Elle pouffa légèrement avant de tourner la tête juste assez pour croiser mon regard, mais cela était plus que suffisant pour faire battre mon coeur. Je lui décochai une expression flamboyante avant de reprendre sur un ton faussement scientifique :

"Cela est une estimation bien entendu. J'ai fait ce calcul en imaginant un module en métal capable d'envoyer des hommes à travers l'espace. Autant dire que ce calcul ne repose que sur les fantaisies d'un étudiant en droit s'ennuyant bien trop en étudiant son... droit."

Comment devenir avocat dans un pays qui changeait de régime politique à presque chaque décennie ? Nul ne semblait d'accord et je n'étais ni suffisamment républicain, ni trop peu conservateur pour convenir à qui que ce fut. Mon avenir me semblait chaque jour plus incertain, cependant, avec elle à mes côtés, le futur ne me paraissait plus si lointain et inaccessible. Il existait une percée à l'horizon.

"Ce trajet direct de la terre à la lune me semble fort prometteur." déclara la jeune femme sans cesser de sourire.

"Vous êtes trop bonne. Je ne suis pas certain que je mérite tant d'égards. Je ne fais que raconter des histoires improbables qui n'intéressent personne." dis-je en regardant mes souliers.

Le sarcasme qui s'était perçu dans la voix de la baronne Dudevant avait piqué mon orgueil et semé le doute en moi. Même si je n'appréciais nullement cet écrivain de romans champêtres, elle avait un avantage non négligeable sur moi : elle était reconnue en tant qu'artiste. Tout ce que je pouvais espérer, c'était réussir le dernier examen et devenir avocat. Adieu mes rêves d'aventure et d'horizons lointains. Ne voyager qu'en rêve serait interdit une fois le droit irrémédiablement ancré dans ma tête.

Sa main gantée se posa sur mon avant-bras et j'expirai légèrement. Un petit nuage de buée s'échappa de ma bouche dans l'air frais de la nuit.

"Je suis profondément intéressée."
m'assura-t-elle en plongeant son regard dans le mien. "N'abandonnez jamais."

Ses encouragements adorables m'arrachèrent un sourire emprunté. Alors, je me remémorai un poème que j'avais écrit pour elle, sans jamais oser le lui faire lire.

Celle que j'aime a de grands yeux
Sous de vertes prunelles ;
Celle que j'aime sous les cieux
Est la belle des belles.
Elle dore, embellit mes jours,
Oh ! si j'étais à même,
Mon Dieu, je voudrais voir toujours
Celle que j'aime.


"Dois-je vous appeler Helena ou Ellie ?" demandai-je, troublé par les questions qui n'avaient pas quitté mon esprit.

Sa main quitta mon bras et je m'en voulus aussitôt. Elle parut hésiter sur le choix de sa réponse.

"Pour moi, vous serez toujours Mademoiselle Mystère." dis-je à sa place avec un sourire entendu.

Celle que j'aime est douce à voir,
Il est doux de l'entendre ;
Sa vue au coeur fixe l'espoir
Que sa voix fait comprendre.
Son amour sera-t-il pour moi,
Pour moi seul, pour moi-même ?
Si j'aime, c'est que je la vois
Celle que j'aime.


Elle répondit à mon sourire avant de passer une main dans ses cheveux, sans oser trop les décoiffer. Malgré tout, une mèche supplémentaire s'échappa de son chignon.

"Il y a tant de choses que vous ignorez à mon sujet." dit-elle d'un ton navré, le regard fuyant. "Je voudrais... j'aimerais tant pouvoir tout vous dire, je vous l'assure, mais c'est si difficile de..."

"Un jour, vous me raconterez tout." la coupai-je en pivotant résolument vers elle.

Je m'étais approché et à présent, je ne savais que faire. J'avais simplement cherché à la rassurer. Ne pas la brusquer. Elle avait tout le temps de me dire ce qui la rendait d'humeur si chagrine et tourmentée.

Celle que j'aime, hélas ! hélas !
A son tour m'aime-t-elle ?
Je ne sais ; je ne lui dis pas
Que son oeil étincelle.
Est-ce pour moi qu'il brille ainsi ?
Félicité suprême !...
Ailleurs l'enflamme-t-elle aussi,
Celle que j'aime ?


Je ne pouvais oublier l'irruption de ce monsieur Cassini. Son ombre planait au-dessus de nos têtes. L'histoire allait-elle se répéter pour la troisième fois consécutive ? Celle que j'aime allait-elle m'être une fois encore arrachée ? Helena n'était pas comme toutes les autres dont je m'étais amouraché. Elle était unique. Je voulais croire à son attachement. Son regard, son attitude ne pouvaient mentir.

Si trompant ma naïveté
Par son hypocrisie,
Elle se sert de sa beauté
Pour me briser ma vie !
Son coeur peut-il être si noir ?
Oh ! non ; c'est un blasphème !
Un blasphème !... il ne faut que voir
Celle que j'aime.


Masquant difficilement mon anxiété, je plaçai de nouveau mes mains dans mon dos et me tournant vers Paris endormie, je demandai d'une voix faussement désinvolte :

"Ce monsieur Cassini est un bon ami à vous, à ce que j'ai cru comprendre. Le connaissez-vous depuis longtemps ?"

"Cela fait quatre questions en tout, alors que vous ne m'en aviez promis qu'une seule."
fit remarquer Helena d'un ton ironique.

Je secouai légèrement la tête avec un sourire. Tout était si facile entre nous. Elle avait le don de détendre l'atmosphère comme personne.

"Je le connais depuis plus longtemps que vous, c'est certain. Il se trouve que nous avons vécu des choses difficiles ensemble, ce qui nous a forcément rapprochés."

Je songeai à la mort de ses proches. Sans doute que monsieur Cassini l'avait aidée à surmonter son deuil avant son départ de l'Angleterre. Un homme charmant et serviable, j'en avais bien peur... Il me fallait découvrir le degré de son attachement au plus vite.

Malgré le froid de plus en plus mordant, je portai une main au foulard noué en cravate autour de mon cou et le desserrai quelque peu.

"Est-il venu à Paris pour affaires ?"
demandai-je en sentant ma bouche devenir très sèche.

Je priai mentalement pour que le motif ne soit pas d'ordre affectif, même si je n'avais que peu d'espoir.

"Exactement."
répondit Helena en levant le doigt en l'air comme pour bien appuyer ce fait. "Il a une agence maritime à Douvres et doit régler quelques soucis dans la capitale. Il repartira sans doute bientôt."

Quelque chose obscurcit alors son regard qui s'abîma dans la contemplation du vide. Puis, après quelques secondes, ses yeux s'animèrent de nouveau et elle captura mon regard telle une rescapée d'un naufrage s'accrochant à un récif. A quoi pensait-elle ? Pourquoi semblait-elle si peinée et perdue ? Je me promis de tout faire pour lui rendre le sourire.

Je restai un moment à la contempler, sentant curieusement les aiguilles de ma montre à gousset, rangée près de mon coeur, battre dans ma cage thoracique.

Je sus que c'était le bon moment. Il n'en existerait peut-être plus jamais d'autre.

"Je... je ne sais comment..." balbutiai-je, un sourire rêveur accroché aux lèvres. "Je vous aime, Helena."

Ses yeux s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise et elle recula d'un pas. La dernière strophe de mon poème me revint en plein visage, telle une gifle :

Non, non, amour, amour à nous
Car en te faisant femme,
Dieu, je lui rends grâce à genoux,
Te donna de mon âme.
Accours ! je m'attache à tes pas
Dans mon ardeur extrême...
Peut-être, elle ne m'aime pas,
Celle que j'aime.


Hélas, j'étais allé trop loin pour reculer. Je devais trouver le courage... Ses yeux ne pouvaient me mentir. Tous ces moments passés ensemble à parler de livres et d'évasion...! Aucune femme n'avait élevé mon esprit aussi haut. Sa présence était un véritable cadeau.

"Pardonnez ma hardiesse." repris-je vaillamment. "Mais étant donné que vous n'avez plus aucun parent vivant, nul ne peut s'opposer à notre union. Je suis issu de condition modeste, mais je vous promets de vous chérir comme une reine."

Je glissai la main à l'intérieur de mon veston. A cet instant, Helena laissa échapper un couinement et leva les mains en avant, comme pour se protéger d'une attaque.

"Non ! Non, ne faites pas ça !"

Une bien curieuse façon de protester. Un peu blessé, mais trop aveuglé par l'amour qui me portait, je poursuivis mon geste et sortis la montre à gousset de ma poche. Helena allait protester de nouveau mais apercevant le petit objet, elle en resta stupéfaite. Il n'était pas celui auquel elle s'attendait. J'en profitai pour lui saisir doucement la main et y glisser la montre dorée.

"Prenez-la comme une promesse d'engagement. Je trouverai l'argent nécessaire pour vous offrir la plus belle bague de l'univers."

Ses yeux brillaient comme les étoiles au-dessus de nos têtes. Je ne savais pas si elle se retenait de pleurer car elle était trop émue ou trop peinée.

"Non... Vous... non..."
parvint-elle seulement à balbutier.

La petite montre tremblait dans sa main gantée. Ma mâchoire se contracta et je serrai les dents. Je ne pouvais croire qu'elle était sur le point de refuser ma demande. Elle trouva enfin le courage d'articuler, d'une bien jolie façon :

"C'est une ombre et une pensée que vous aimez."

"Je ne peux croire que vous n'éprouviez rien à mon égard."
dis-je en m'approchant si près d'elle que nos souffles s'entremêlèrent. "Dites-le moi. Dites que vous ne m'aimez pas et je m'effacerai de votre vie."

Je m'aperçus un peu tard que je la serrais dans mes bras. Mes mains pressaient son dos, mes doigts devinaient les reliefs de son corset. C'était bien trop pour qu'un esprit garde sa raison intacte.

"Dites-le, Helena." prononçai-je d'une voix rauque, tout en penchant la tête vers elle.

Son souffle haletant se mêlait au mien.

"Lâchez-moi..." ordonna-t-elle dans un murmure.

Je m'exécutai aussitôt, pour poser un genou à terre devant elle. Désarçonnée par ma réaction, elle s'écria :

"Relevez-vous ! Vous êtes ridicule !"

"Il n'est pas ridicule de montrer son attachement à quelqu'un."
répliquai-je du tac au tac.

Elle pivota sur ses talons et s'en alla à grands pas vers la porte.

"Vous ne l'avez pas dit !"
lançai-je d'un ton amusé en sautant sur mes pieds.

"Je n'ai pas dit quoi ?"

"Que vous ne m'aimiez pas !"

Mademoiselle Mystère se retourna juste assez pour me regarder d'un air à la fois indigné et fuyant avant d'ouvrir la porte et de retourner à l'intérieur.

Pour ma part, je m'appuyai contre la rambarde du balcon et renversant la tête vers les étoiles, je ne pus réprimer un sourire jusqu'aux oreilles.

... Elle avait gardé ma montre à gousset.


crackle bones

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I was in a complete fascination all day. You dazzled me. There is nothing in the world so bright and delicate. You have absorbed me. I have a sensation at the present moment as if I was dissolving.
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Anatole Cassini


« Courir ou se faire ramollir ! »


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________________________________________ Lun 11 Juil 2016 - 11:57



Je n'oublierai jamais ton visage

« Je n'oublierai jamais ton coeur
Qui m'a donné que du bonheur »




    « Si vous laissez trop longtemps seule, ce petit bout de femme, elle finira par vous échapper. »

    George n'avait pas tord. Ellie avait suivie Jules au dehors, dès qu'il le lui avait demandé, et ils étaient désormais seuls sur le balcon. Allez savoir ce qu'il avait d'aussi important à lui dire. J'avais ma petite idée sur la question. Cet homme lui faisait la cour et elle ne s'en rendait même pas compte, ou alors ça ne lui déplaisait pas. Je me reconnaissais beaucoup en lui. Aussi paumé en sentiments et désespéré de ne pas être écouté.

    « Dois-je en conclure qu'il faut que je l'attache à moi et que je l'empêche d'engager la conversation avec d'autres messieurs ? » répondis-je avec un petit sourire, tandis que George se contenta de secouer la tête de gauche à droite. Elle savait que j'avais compris ce qu'elle voulait dire par là, mais je n'étais pas sûr de comprendre moi même ce que je devais réellement faire pour attirer son attention sans la brusquer ou la braquer comme à mon habitude. « Je ne pense pas avoir cerné correctement ce que représente l'amour en réalité. »

    « Il faut juger les sentiments par des actes plus que des paroles. » me répondit-elle du tac au tac. Est ce que cette charmante demoiselle avait réponse à tout ?

    « Les actes ne sont pas toujours visibles. » affirmai-je.

    « Dans ce cas là, il ne vous reste plus qu'à les rendre visibles pour elle. »

    Un petit sourire amusé avait rempli les traits de mon visage. Elle avait réellement une répartie impressionnante, même si elle voyait certaines choses, tel que l'amour, bien trop facilement. Pourtant ce n'était pas le genre de femmes à avoir eu une vie des plus faciles dans ce domaine là. Doit-on forcément passer par la souffrance pour arriver à trouver le grand amour ?

    « Un grand amour rend léger tous les maux qui nous semblent trop lourds à porter seul. » ajouta t'elle. « Vous semblez soucieux, même si vous ne le montrez pas. Il n'y a qu'en sa présence que je peux découvrir l'homme qui se cache sous cette carapace. Bien plus confiant, sûr de lui, appétissant. »

    « Appétissant ? » répondis-je immédiatement. Elle hocha la tête avec un grand sourire. « Développez, je vous prie. »

    « Appétissant dans le sens où vous avez absolument tout ce qu'il faut pour être aimé et aimer en retour. Vous connaissez la vie et son sens mieux que personne et vous la vivez telle qu'elle doit être vécue. J'ai une théorie. »

    « Contez la moi, s'il vous plaît. »

    « Je vais le faire. » dit-elle en faisant quelque pas dans la salle et en me prenant le bras. C'était un geste tellement féminin que je ne lui connaissais pas. Elle s'était toujours montrée très distante depuis ma venue, même si en réalité elle était très proche par la pensée. C'était une femme qui vous écoutait attentivement et qui se souvenait de la moindre petite parole que vous lui aviez prononcé.

    « L'homme est un animal. » commença t'elle, tandis que je plissai les yeux. « Il a été transformé par la raison et indissolublement uni à l'humanité. Il n'est pas seulement sensation, sentiment ou encore connaissance. C'est une trinité indivisible de ces trois choses. »

    Je me rendais compte que j'étais plutôt d'accord avec elle. L'homme représentait bien ces trois choses à mes yeux. Il pouvait aussi bien ressentir les choses, que les exprimaient par des sentiments ou encore user de ses connaissances afin de tenter de les comprendre.

    « L'Homme est immortel. » dit-elle en poursuivant son explication. « A la mort, l'âme ne fait que de se retremper en Dieu, se plonge dans l'oubli avant chaque nouvelle renaissance dans l'humanité. »

    « Un peu comme si on devait renouveler la vie en continue ? » demandai-je, tandis qu'elle se contenta de continuer à marcher à mes côtés.

    « Il y a un cycle de renaissances et à chaque incarnation l'homme se perfectionne. »

    On nous proposa un verre, qu'on refusa poliment. Je buvais déjà les paroles de la dame qui m'accompagnait et ils me suffisaient amplement.

    « Dois-je poursuivre ? »

    « Bien sûr ! »
    m'exclamai-je peut être un peu trop précipitamment, ce qui eu pour effet de la faire sourire.

    « Durant son incarnation, chaque être humain doit progresser indéfiniment, en communication complète avec la nature et avec ses semblables. » Elle m'intéressait de plus en plus. « L'homme ne peut pas vivre sans société, sans famille, sans propriété, mais il faut combattre les abus de ces trois institutions qui empêchent l'homme de progresser indéfiniment. »

    « Ce que vous tentez de me faire comprendre, c'est qu'un homme naît pour évoluer et meurt avant de revenir sous une autre forme et de poursuivre son évolution d'une autre manière ? Et est ce qu'il y a une limite à cette évolution ? »

    « Le progrès de l'humanité est infini et continu. Les religions sont incomplètes, car elles séparent le corps et l'âme, l'esprit et la matière. Or Dieu est partout, dans le matériel comme dans le spirituel. Il est aussi bien en moi qu'en vous. L'homme trouvera son statut lorsqu'il comprendra qu'il ne faut pas attendre le royaume de Dieu en dehors de ce monde, après la mort, mais tenter d'élever et sanctifier la vie charnelle et le labeur terrestre. »

    Je ne pu m'empêcher d'afficher un immense sourire tout en la regardant. Ce qui la troubla un peu. Pensait-elle que je me moquais d'elle ?

    « Il y a une chose qui est forte intéressante dans vos propos. » dis-je, tandis qu'elle m'observait toujours, attendant d'entendre à son tour ma théorie. « Beaucoup pensent que vous vous faites passer pour un homme afin de leur ressembler et d'être acceptée. Mais en réalité, vous êtes l'Homme et ce sont les hommes qui tentent de vous ressembler, de vous comprendre et d'être accepté par vous. » ajoutai-je en marquant un temps d'arrêt. « Vous traversez tous les rêves. Vous souriez à tous, vous croyez en tous. Votre jugement sur le monde peut parfois s'égarer, mais vous êtes une véritable artiste qui cerne mieux que quiconque l'humanité dont vous me parlez. Vous faites preuve d'une force d'esprit et d'un talent presque inouïs. A mes yeux vous êtes quelqu'un qu'on ne peut oublier, qui ne disparaîtra jamais. Et sans doute la preuve que cette évolution dont vous parlez est réelle. Mais vous en êtes bien plus avancée que n'importe lequel d'entre nous. »

    Je ne savais pas si j'avais touché la femme, l'homme ou l'artiste. Mais j'espérais avoir atteint son âme, car c'était ce que son regard me faisait penser.

    « Vous êtes bien plus appétissante que moi. » conclu-je en la voyant sourire et ne pouvant s'empêcher de rire. Mais je sentais qu'elle aussi gardait sa carapace bien fermée et ne laissait pas réellement transparaître la peine qui se trouvait en dessous.

    « Pourquoi vous n'allez pas lui dire ce que vous m'avez conté ? C'est à elle qu'il faut ouvrir votre coeur, votre âme et votre esprit. »

    « Dois-je en conclure que si je vous demandais de m'épouser, vous refuseriez ? »

    Elle sourie une nouvelle fois.

    « L'amitié, c'est une sorte d'amour aussi. Immense et sublime en de certains moments. » Elle avait entièrement raison, pensai-je. « Je doute trouver un jour meilleur ami que vous. » ajouta t'elle en me faisant frisonner. C'était bien au delà du compliment que j'aurai pu espérer avoir.

    On fut coupé par Ellie au loin qui avait quittée d'un pas paniqué le balcon. J'avais adressé un regard à George, qui me le rendit en me faisant comprendre que ma place n'était plus à ses côtés. Quelque pas m'éloignèrent d'elle, pour me ramener auprès de la jeune femme qui s'était assise sur une banquette, à l'écart du monde. Je la sentais nerveuse, bien plus qu'elle ne l'avait jamais été. Il avait donc dû aller bien au delà de ce qu'il aurait pu se permettre. Elle tenait dans sa main une montre à gousset que je ne me souvenais pas l'avoir vue porter. Ca devait lui appartenir. Un présent, un gage, une promesse ? J'hésitai quelques instants, avant de m'asseoir à ses côtés et de fixer le mur tandis qu'elle observait le sol.

    J'aurai voulu lui dire tant de choses, mais les mots ne venaient pas. Peut-être qu'il fallait mieux simplement rester à côté d'elle, en parfait ami. Elle devait ne plus trop savoir où elle en était et c'était sans doute la première fois qu'elle éprouvait une déroute pareille. Les voyages dans le temps rongeaient les gens de l'intérieur. Ils ne s'en prenaient pas seulement à leur corps et à leur esprit, mais aussi à leur âme et je savais à quel point cela pouvait faire mal.

    « Voulez vous permettre à quelqu'un qui vous admire et qui vous aime, de prendre votre main dans les siennes et de vous dire que son coeur est à vous ? » pensai-je. Mais une déclaration de plus aujourd'hui et j'étais sûr de la perdre pour toujours. Je ne l'avais pas regardée, je ne lui avais pas pris la main. J'étais simplement resté là, à ma place, à ses côtés le temps qu'il fallait pour que son coeur arrête de saigner.

    Trois jours avaient passés, avant que je la retrouve devant l'écurie où je lui avais donné rendez vous. Une ballade en cheval lui changerait les idées. Je ne savais pas si elle avait revue Jules depuis. Je lui avais proposé de venir loger chez George, comme cette dernière me l'avait gentiment proposée, mais elle avait refusée. Du coup je lui avais laissé le temps de reprendre ses esprits et j'avais glissé ce matin même, une lettre sous la porte de là où elle logeait, attendant de savoir si elle viendrait ou pas me retrouver ici même.

    « J'ai repéré un endroit où on pourra chevaucher sans se faire déranger. C'est un peu plus à l'Est, dans cette direction. » dis-je en indiquant une clairière au loin. « George m'a également demandée de t'inviter dans sa demeure pour le dîner. Si cela te convient. »


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« Le passé fini toujours par nous rattraper... »
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________________________________________ Ven 15 Juil 2016 - 1:07

« Some legends are told. Some turn to dust or to gold. »

But you'll remember me. Remember me for centuries...


La campagne était plus que bienvenue après ces derniers jours passés dans la tourmente incessante. Depuis ce fameux bal, je n'avais pas quitté la mansarde que j'occupais dans les bas quartiers de Paris. Fort heureusement, nul ne connaissait son emplacement. Personne ne pouvait donc venir m'importuner. Je n'osais plus arpenter les rues menant aux salons littéraires. Je craignais de rencontrer quelqu'un de ma connaissance, ou pire encore : le voir lui.

Ces derniers jours, j'étais abîmée dans une sorte de contemplation silencieuse. J'étais assise sur le rebord de la fenêtre, les jambes ramenées contre moi, et j'observais la vie à travers la minuscule lucarne. C'était tout ce que j'aurais dû faire depuis mon arrivée en cette époque : regarder et rester cachée en attendant mon retour dans le présent. Au lieu de cela, j'avais exploré et bouleversé le cours du Temps.

La montre à gousset de Jules ne me quittait plus. Je la gardais toujours en main ou la portais en sautoir, cachée sous mon corsage. Je n'avais pu me résoudre à la lui rendre, car j'avais craint de le croiser. Qu'aurais-je pu lui dire ? Comment lui expliquer ? Non, le mieux était de devenir un souvenir et une pensée pour lui. Il allait sans doute souffrir de mon absence, mais il finirait par m'oublier. Il le fallait. De toutes façons, il n'existait aucune autre solution. J'étais résolue à ne plus jamais le revoir.

Un froissement de papier sur le plancher.

Je battis des cils et détachai mon regard de la vitre pour le poser sur le pas de ma porte. Une lettre venait d'être glissée en dessous. Prestement, je sautai sur mes pieds et ouvris le panneau de bois. Personne dans le couloir ni l'escalier. Aucun bruit. Alors, je refermai la porte et décachetai l'enveloppe pour lire le message à l'intérieur. Il s'agissait d'une invitation d'Anatole de le rejoindre chez madame Sand. Mon coeur s'emballa à la perspective de changer d'air. Ce cher Anatole... comment faisait-il pour toujours me retrouver, où que je me cache ? Avait-il un sixième sens comme Neil ?

Sans réfléchir plus avant, je revêtis ma tenue de cavalière -omettant volontairement le corset que j'avais abandonné depuis plusieurs jours déjà- posai un chapeau haut de forme légèrement plus étroit que ceux des messieurs, et piquai une épingle à l'intérieur afin qu'il ne chute pas. Après quoi, j'enfilai des bottines et des gants et apparus directement dans le domaine de madame Sand. Pour une fois, je négligeais le trajet le plus long, craignant de faire de mauvaises rencontres. Je ne souhaitais plus bouleverser le passé. D'ailleurs, j'espérais convaincre Anatole de se réfugier dans un endroit désert jusqu'à ce que nous retournions à notre époque. Je lui en demandais tant... J'étais coupable de voler son Temps et non contente de ce méfait, j'étais sur le point de lui demander de se séquestrer volontairement durant une période indéterminée, pour le salut de l'humanité. Je n'étais qu'un démon.

Il m'avait donnée rendez-vous devant l'écurie. Je l'attendais sagement en caressant une jument blanche. Caresser les chevaux avait pour effet de calmer un peu mon anxiété, je l'avais déjà remarqué. Le jeune homme arriva quelques minutes plus tard, vêtu d'une tenue du XIXème siècle beaucoup plus décontractée que celle qu'il portait au bal. Il me proposa une promenade dans le domaine de madame Sand, et m'apprit qu'elle souhaitait nous inviter à dîner. Mon regard brilla de liesse à cette perspective, mais bientôt, il se voila. J'attendis d'être montée sur ma jument et que nous nous soyons un peu éloignés pour dire :

"Anatole... je pense qu'il serait préférable que nous devenions des fantômes."

Piteuse entrée en matière. Je rentrai la tête dans les épaules et passai la langue sur mes lèvres, mais poursuivis, imperturbable :

"C'est beaucoup trop dangereux de demeurer en cette époque et de côtoyer le peuple du passé. A chaque instant, nous bouleversons le cours naturel du Temps. Si ça se trouve, le présent ne ressemble déjà plus à celui que nous avons connu. Je crois qu'il faut... nous isoler jusqu'à notre délivrance."

Je n'avais pas regardé Anatole en prononçant ces paroles, me butant à fixer l'horizon, les arbres du parc envahis par le brouillard. Je reconnaissais là la campagne de Nohant décrite avec passion par George Sand. Le soleil caressant, les champs au loin que les paysans travaillaient sans relâche, l'herbe verdoyante. La Nature. J'inspirai profondément et ajoutai en baissant la tête :

"Nous ne sommes pas à notre place ici. Je sais que c'est terrible de t'imposer un emprisonnement volontaire, mais c'est la seule solution que j'ai trouvée pour empêcher une déchirure temporelle. Je voudrais aller dîner avec madame Sand, et jouir de l'ambiance de cette époque dans laquelle nous avons la chance de vivre, mais il faut que nous soyons raisonnables. Nous avons fait plus de mal que de bien en étant ici. Nous devons trouver un endroit inhabité et nous y cacher jusqu'à ce que..."

Jusqu'à ce que mon pouvoir daigne fonctionner. En espérant qu'il se manifeste avant qu'Anatole ne meure de vieillesse. Cela pouvait prendre des jours comme des années entières. Après tout, six mois s'étaient écoulés depuis le dernier voyage. C'était une torture que je souhaitais lui imposer.

Je serrai fortement les rênes dans mes mains mais me décrispai en sentant ma jument s'ébrouer. Elle poussa un léger hennissement, aussi je flattai son encolure pour la calmer. Elle ressentait mon anxiété.

Je restai silencieuse quelques instants. Mes pensées chaotiques allaient et venaient dans mon esprit, tel un ressac incessant. C'était une souffrance perpétuelle. L'une de mes mains avait quitté les rênes pour se poser contre mon corsage, en dessous duquel battait le tic tac de la montre à gousset.

"Il me manque."
avouai-je à demi-mot, les yeux baissés.

Anatole m'avait-il entendue ? J'espérais que non. Je stoppai ma jument et en descendis rapidement.

"Je... j'ai besoin d'être seule." dis-je d'un ton fuyant alors que je l'avais déjà été des journées entières. "Je... je ne sais plus où j'en suis."

Je passai une main sur ma joue, le souffle saccadé. Je fermai les yeux et me mordis les lèvres. Il fallait que je le formule à voix haute, car c'était bien trop dur de me taire. Cela me rongeait de l'intérieur.

"Il... il m'a demandée en mariage." murmurai-je, les yeux toujours fermés.

Je savais que cette information risquait de faire de la peine à Anatole, mais il était la seule personne au monde à qui je pouvais me confier à l'heure actuelle. Une fois de plus, j'agissais égoïstement. J'aurais dû garder ce secret pour moi.

Le vent ne soufflait plus sur mon visage. Quelque chose avait changé dans l'air. Une odeur de cire chaude et de parfum capiteux me parvinrent bientôt aux narines. Il me semblait que la nuit était brusquement tombée.

Je soulevai les paupières et m'aperçus que j'avais changé de lieu. Je me trouvais dans une chambre élégante, dotée d'un lit à baldaquin à côté duquel brûlait la flamme d'une unique chandelle. Les rideaux de velours pourpre étaient tirés. Je ne reconnaissais pas l'endroit. Perdue, je pivotai sur moi-même.

"Anatole ?" appelai-je, sachant déjà qu'il ne me répondrait pas.

M'étais-je téléportée sans m'en rendre compte ? Ce genre d'erreurs ne m'arrivait plus. S'il y avait bien une de mes capacités que je contrôlais, c'était celle-ci. Alors, que s'était-il passé ?

Je m'approchai d'une commode laquée sur laquelle était posée une revue composée de feuilles souples. Sur sa couverture s'étalaient en lettres d'imprimerie : "Maître Zacharius ou l'Horloger qui avait perdu son âme". Il s'agissait d'un conte fantastique de Jules Verne. Un frisson parcourut mon échine. Quel que soit cet endroit, il était lié à cet homme que je tentais tant bien que mal de fuir.

Bientôt, des bruits de pas précipités me parvinrent depuis le couloir. Prise au dépourvu, je me plaquai contre le mur qui faisait face au lit, me retrouvant encastrée entre une armoire imposante et la commode.

La porte s'ouvrit violemment et des gloussements retentirent, suivis par un râle étrange. Un homme et une femme entrèrent, étroitement serrés l'un contre l'autre. Ils s'embrassaient à pleine bouche d'une façon particulièrement choquante. La femme, de nature affriolante, avait le dos de sa robe presque entièrement déboutonné tandis que l'homme entreprenait déjà de délacer son corset. Son autre main soulevait déjà le bas de sa jupe, dévoilant sa crinoline souple. Ils se jetèrent sur le lit avec fougue, la femme poussant un nouveau gloussement, et l'homme s'éloigna de sa promise juste assez pour enlever sa veste avant de fondre de nouveau sur elle, tout en se délestant de sa cravate blanche.

Je me serais téléportée ailleurs si je n'étais pas tétanisée par cette scène, car l'homme visiblement très épris n'était autre que...

"... Jules ?"

Un espèce de bégaiement ignoble s'était échappé de ma bouche. Suffoquée, je ne parvenais même plus à cligner des yeux. J'étais toujours plaquée contre le mur et j'aurais aimé me fondre dedans.

L'homme s'écarta de la femme qui laissa échapper une exclamation à mi-chemin entre le miaulement et l'indignation en me voyant. Il était trop tard pour disparaître, à présent. Jules se redressa lentement, son regard magnétique plongé dans le mien. Quelque chose avait changé chez lui, même s'il était difficile de l'apercevoir à la lumière de la chandelle. Seuls ses yeux perçaient dans la pénombre, me transperçaient. Je frémis en me mordant les lèvres jusqu'au sang. Il était si peu naturel de le voir dans ce... genre de situation. Sa cravate défaite pendait de chaque côté de son cou, et sa chemise sortait de son pantalon. Plus qu'être choquée, j'étais profondément... peinée.

"Pourquoi ?" aurais-je aimé demandé, mais je n'en avais pas le courage.

Il continua de s'approcher lentement de moi, d'une démarche que je jugeais méfiante. Qu'avait-il ?

"Helena... est-ce bien vous ?" demanda-t-il abruptement.

Je parvins seulement à hocher la tête de façon compulsive. Je ne m'étais pas détachée de ma ridicule cachette, serrée entre l'armoire et la commode.

Tandis qu'il était à un mètre de moi, je remarquai ses favoris plus longs, quelques rides au coin de ses yeux. Une expression plus dure au fond des pupilles. Mon sang se glaça dans mes veines. J'avais compris. C'était parfaitement limpide. Je ne m'étais pas seulement téléportée dans l'espace. J'avais fait un bond dans le temps.

"Attends-moi dehors, Estelle." lança-t-il à la femme sur le lit, après quelques instants de silence.

Elle voulut rétorquer mais il coupa court à ses protestations. Agacée, elle attrapa ses jupes et sauta en bas du lit avant de porter les mains dans son dos pour tenir sa robe ouverte et sortir. Elle ferma la porte derrière elle.

"C'est... absolument inouï." dit-il en me contemplant, en se gardant pourtant de paraître émerveillé. "Vous êtes aussi belle qu'à notre première rencontre. Et cette robe de cavalière... vous l'avez portée lors de nos vacances à Nantes, dans ma famille."

Je sentis mes joues s'empourprer. Il se souvenait de la tenue que j'arborais, alors que cela s'était passé tellement d'années en arrière pour lui. J'aurais aimé connaître la date exacte, mais je craignais de le perturber davantage.

"Comment... Comment avez-vous...?"

Les mots lui manquaient. J'étais dans le même cas. Pourtant, je lui devais une explication, même si je n'étais pas certaine qu'il soit en mesure de comprendre.

"Je franchis certaines portes dans le Temps, qui me permettent d'aller dans le passé ou le futur." expliquai-je prudemment, tout en l'observant d'un oeil anxieux. "Je conçois que cela doit être difficile à envisager pour vous, mais sachez que je ne contrôle pas mes allées et venues."

A ma grande surprise, il eut une réaction des plus pondérées. Assurément, il était différent des autres. Son esprit clairvoyant avait des siècles d'avance sur son époque.

"C'est pour cette raison que vous avez disparu ?" enchaina-t-il abruptement.

Un bref instant, la lumière que j'avais vue tant de fois dans ses yeux brilla de nouveau. Instinctivement, je portai une main contre mon corsage en dessous duquel se cachait un tic tac, juste à côté de mon coeur.

Jules remarqua mon geste et sans prévenir, porta la main à mon cou. Je frémis en sentant ses doigts effleurer ma peau. Complètement déroutée, je le laissai se saisir de la chaîne sur laquelle était passée la montre à gousset. Le petit objet doré alla se réfugier dans la main de l'homme, dont le pouce la caressa. Le front plissé, il observait la montre.

"Vous l'avez gardée."

Un sourire furtif se dessina sur ses lèvres avant de disparaître. Le regard terne, il releva la tête et déclara d'un ton désenchanté :

"Je me suis marié."

Pour la seconde fois, je hochai la tête en silence. Je le savais, je savais très bien que Jules Verne avait une épouse et un fils.

"Vous ne me devez aucune explication." articulai-je, la gorge serrée. "C'est tout à fait naturel que..."

"Cela fait onze ans, Helena." dit-il en lâchant la montre qui tomba contre mon corsage, me semblant aussi lourde que du plomb. "Onze ans que je suis sans nouvelle de vous ! Qu'aurais-je dû faire ?"

Il se détourna brusquement de moi et passa une main dans ses cheveux. Il regardait le lit en partie défait d'un oeil vide. Il n'avait plus l'air de savoir que faire ni comment poursuivre sa vie. Je me sentais si misérable et coupable de son sort...

"Pour moi, cela ne fait que quelques jours."
murmurai-je, navrée.

Un soupir s'échappa de sa gorge, à la fois empli de rage contenue et d'impuissance. Au bout de ses manches, ses poings se serrèrent.

Je me détachai enfin du mur pour esquisser un pas vers lui. Il secoua brièvement la tête et déclara d'un ton désabusé :

"Je dois vous sembler bien misérable, je me trompe ? Ma vie est un véritable désastre. Je ne trouve d'intérêt que dans l'écriture. Au moins une chose pour laquelle je suis fait. Vous aviez parfaitement raison à mon sujet."

Il croisa mon regard et un faible sourire empreint de douceur transparut sur son visage. Les petites rides au coin de ses yeux tressautaient nerveusement.

Brusquement, je me rappelai que sa femme s'appelait Honorine. Je l'avais lu quelque part. Or, la femme qui partageait cette chambre avec lui se nommait Estelle. Quelque chose manquait de cohérence.

"Il ne s'agit pas de votre épouse, n'est-ce pas ?" demandai-je d'une voix feutrée.

Le regard de Jules changea du tout au tout. Subitement, il perdit sa lumière et sa douceur. Ses sourcils se froncèrent, prenant l'expression que j'avais vue sur le visage de son père, quelques années -mois- plus tôt.

"Etes-vous en train de me juger, Helena ? Cela serait extrêmement malvenu de la part d'une demoiselle qui bondit dans le temps avec l'arrogance d'arborer une jeunesse éclatante ! D'ailleurs, est-ce votre véritable prénom ?"

"Non... vous le savez bien." répondis-je, déroutée. "Je m'appelle Ellie et..."

"Non, justement Mademoiselle, je ne sais rien du tout, car vous avez été suffisamment fine pour me mystifier !" répliqua-t-il sèchement. "Vous m'avez abusé des mois durant pour disparaître sans préambule, et voilà que vous vous permettez de me donner la leçon sur la façon de vivre mon existence ? Ceci est un peu fort."

Il noua sa cravate d'un geste rageur et reprit :

"Si vous avez un peu d'estime pour moi, ne reparaissez plus. Ouvrez donc la porte sur un autre Temps que le mien !"

Ma gorge se serra. Depuis plusieurs minutes, je sentais mes yeux s'emplir de larmes que je tentais de retenir. Je m'étais de nouveau collée dos au mur, les mains dans le dos. Le regard de Jules était incendiaire, furieux.

Je le soutins une seconde encore. Puis, je pris une grande inspiration chevrotante, avant de disparaître.

Je ne le vis pas fixer le vide à l'endroit exact où je m'étais trouvée, ni lever la main pour toucher le mur, la bouche entrouverte, à la fois perplexe et ému. Ni même articuler, dans un souffle chaviré :

"Je regrette tellement Helena. Oh, si vous saviez..."

Je réapparus dans la rue, immobile au milieu d'une foule qui m'ignorait. Je sentais la montre à gousset tirer sur ma nuque, comme si elle devenait de plus en plus lourde. Soudain, j'aperçus un visage connu.

Je me précipitai vers Anatole et sans réfléchir, m'agrippai à lui. Mes bras autour de son cou, je nichai ma tête contre sa chemise et laissai mes larmes couler. J'avais fermé les yeux sur le monde.

"Il... il m'a parlée d'une si méchante façon !" dis-je entre deux sanglots incontrôlables. "Il était avec une femme et... il... je sais qu'il est un homme mais... il..."

Pourquoi étais-je si bouleversée ? La douleur m'oppressait la poitrine. Je savais pourquoi. Je ne voulais simplement pas le reconnaître.

Je hoquetai plusieurs fois et pressai davantage mon visage contre la chemise d'Anatole, la mouillant de larmes. Mes doigts s'agrippaient à son vêtement. Je me sentais si sotte. Si idiote de pleurer une chose qui n'avait jamais existé.

"Il est infidèle." articulai-je en respirant plusieurs fois pour me calmer. "C'est ça qui me peine le plus. Oui, voilà pourquoi je pleure. Je suis révoltée pour sa femme, car il est marié à présent. Nous sommes en 1859 et il est marié."

Je tentais de m'en persuader tandis que j'essuyais mes yeux avec mes doigts. Je fis de mon mieux pour me calmer. Malgré tout, mon visage se tordit en une grimace et mon front heurta bientôt de nouveau la chemise d'Anatole.

"Miséricorde..." sanglotai-je tandis que mes larmes gouttaient à présent sur nos souliers.

Je n'arrivais pas à contrôler les spasmes qui m'agitaient.


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« Pour atteindre le paradis,
il faut connaître l'enfer. »
Ça me fait penser à un vieux dicton. Il paraît qu’il est de Dante.
« Souviens-toi de cette nuit, c’est la promesse de l’infini ».
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Anatole Cassini


« Courir ou se faire ramollir ! »


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________________________________________ Mer 20 Juil 2016 - 11:46



Je n'oublierai jamais ton visage

« Je n'oublierai jamais ton coeur
Qui m'a donné que du bonheur »





    « Cassandre... » murmurai-je à la jeune femme qui était en pleine discussion avec diverses personnes. Elle s'était tournée, m'avait observée et constatant que je n'allais pas bien, elle s'était excusée auprès des gens avec lesquels elle entretenait une conversation et elle m'avait suivie en dehors de chez Granny. Je l'avais attirée jusqu'à une ruelle à l'arrière de l'auberge où les oreilles indiscrètes ne pourraient pas surprendre notre conversation. « Je l'ai perdue. » avouai-je.

    Le regard de la jeune femme était plein d'interrogations, de questionnements au sujet de ce que je voulais dire. Mais elle avait très vite compris à quoi je faisais référence, sans doute parce que j'apportai plus d'importance à Ellie qu'à n'importe qui d'autre dans ce monde.

    « Ca s'est passé comment ? Vous étiez dans le temps ? A quelle époque ? »

    Elle était aussi inquiète que moi et j'avais posé une main sur la sienne pour la calmer.

    « On était dans une ruelle, à proximité de chez Jules Verne et... »

    Le souvenir refaisait surface dans ma tête...

    « Il est infidèle. »
    articulait Ellie en respirant plusieurs fois pour se calmer. « C'est ça qui me peine le plus. Oui, voilà pourquoi je pleure. Je suis révoltée pour sa femme, car il est marié à présent. Nous sommes en 1859 et il est marié. »

    J'avais de suite compris de qui elle parlait. On avait voyagé une nouvelle fois, nous retrouvons plusieurs années après, un peu moins pour moi. Je l'avais attendu et chaque jour, je passais devant la demeure de Jules Verne, le voyant amener de nouvelles conquêtes chez lui. Je ne supportais pas cet homme, tout comme je pouvais le comprendre. On avait disparu tant d'années et il ne pouvait pas attendre une ombre pour le restant de ses jours. Mais comment avait-il pu remplacer quelqu'un comme elle ?

    Ce soir là, je m'étais trouvé au bon moment, au bon endroit et Ellie m'avait surpris en sortant de chez Jules Verne, pensant sans doute que j'étais apparu ici, avec elle, juste en bas de ces marches. Elle était venue vers moi, épongée sa peine sur ma chemise. Je m'étais contenté de passer une main dans son dos pour ne pas la brusquer et la laisser faire comme bon lui semblait.

    « Miséricorde... » avait-elle sangloté tandis que des larmes coulaient sur nos souliers. J'avais sortit un mouchoir en tissus offert par George Sand, que je lui avais donné pour qu'elle puisse essuyer ses larmes et mieux voir. On était resté là plusieurs instants avant que je la prenne dans mes bras. Juste un petit câlin entre amis. Je partageais sa peine, je souffrais autant qu'elle de la voir souffrir. Puis, alors que j'allais lui proposer de m'accompagner chez George Sand pour reprendre ses esprits et se reposer, il était apparu.

    « 1859. Il faut que j'y retourne ! »
    ordonnai-je un peu trop précipitamment à Cassandre, qui n'était pas responsable de ce qui était arrivé, mais qui pourrait sans doute m'aider à y remédier. « Pardonne moi. Je ne voulais pas me montrer brusque. » dis-je en tentant de me calmer. Elle avait posée une de ses mains sur mon bras et elle l'avait passée de haut en bas pour tenter de me détendre.

    « On va trouver une solution. Je te le promet. »

    Je l'espérais vraiment. Chaque minute, chaque heure, chaque journée passée ici était un véritable supplice. Je restai enfermé dans sa chambre, je réfléchissais à des solutions, j'attendais son retour. Puis, je sortais, je marchais, je me changeais les idées, je réfléchissais encore. Le temps était une notion que je ne comprenais que trop peu, que je n'arrivais pas à amadouer. Il était volatile, instable et incontrôlable. Plus il passait, plus je sentais le poids de son absence. Cassandre était venue me voir tous les jours. Personne avait été avertis de cette absence et personne avait posé de questions. Le temps pour certains était long, pour d'autres bien trop court pour s'inquiéter.

    « Je ne peux pas voyager dans le temps, tu le sais. Et tu sais aussi que je ferai n'importe quoi pour la retrouver. Mais cette solution n'est pas la bonne. » m'affirma t'elle, tandis que pour ma part j'étais déjà convaincu que ça serait la meilleure des solutions.

    « Je n'ai pas plus le choix que toi, Cassandre. »

    « Une personne m'a dit un jour qu'on a toujours le choix. Ce n'est pas le hasard qui prend les décisions, mais les hommes, conscient des risques que cela implique et faisant au mieux pour limiter les dégâts. Est ce que tu trouves vraiment que c'est faire au mieux ? »

    J'étais sans doute la personne la plus tetue qu'elle avait rencontrée, faisant toujours ce qu'il fallait pour l'être encore plus et n'écoutant que mes propres conseils. Ce n'était pas ma faute si ils s'avéraient très souvent justes.

    « Je t'en supplie, réfléchis y encore un peu avant de te lancer dans ça et d'aller le voir. Tu ne sais pas ce que cela pourrait impliquer comme conséquences. »

    J'avais déjà pris ma décision. Quittant Neil, je m'étais dirigé vers un autre lieu de Storybrooke, bien éloigné du parc où on se trouvait. J'avais franchis le seuil de la porte, longé le long couloir et j'étais arrivé devant une pancarte indiquant qu'il fallait attendre ici que notre âme soit purifiée. Un petit rictus s'était dessiné aux coins de mes lèvres. Une boule de poils géante était venue m'accueillir, m'annonçant que cela allait bientôt débuter. Mais elle avait été interrompu par une personne pas très heureuse de me voir débarquer ici. Il ne savait pas encore que si j'aurai pu faire autrement, je ne serai jamais venu jusqu'à lui.

    « Il faut que tu m'aides. Ellie est bloquée dans une ligne de temps. Tu dois aller la chercher, Elliot. »

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« Le passé fini toujours par nous rattraper... »
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Jules Verne


« Murmure leur
qu'ils floodent trop ! »


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________________________________________ Mer 20 Juil 2016 - 17:16

« Tout ce que nous voyons ou paraissons n'est-il qu'un rêve dans un rêve? »
...


Je restai un long moment à contempler le mur, la main tendue dans le vide. Elle s'était volatilisée comme dans un rêve. Je ne savais jamais si j'étais éveillé lorsqu'elle m'apparaissait. Elle venait définitivement de l'empire des anges. Ma bien-aimée, ma perdue...

"Je vous demande pardon, Helena..."
murmurai-je une fois encore.

Je l'avais blessée profondément et cela me peinait. Comment avais-je pu lui faire du mal ? Onze années s'étaient écoulées et pourtant, elle avait gardé sa fraîcheur des jours heureux où nous vivions dans l'insouciance la plus complète. Que n'aurais-je donné pour retrouver cette époque révolue...

"Où est-elle ?"

La voix d'Estelle me parvint subitement, m'arrachant à ma douleur. Elle me fit basculer dans ma désillusion coutumière. En me tournant vers elle, je vis ses formes voluptueuses, les traits fins et harmonieux de son visage. Oui, elle était belle, mais elle n'était pas elle. Pendant trop d'années j'avais souhaité la remplacer, combler le vide qu'elle avait causé dans ma vie. Combien de femmes avait-il fallu ? Avec le temps, j'avais songé que le mariage était la meilleure solution. J'avais fini par ne plus croire en son retour. J'avais eu tort, et j'en prenais pleinement conscience, mais trop tard. Où était-elle, à présent ? Je l'avais fait fuir pour toujours.

"Qui est cette fille, Jules ?"
insista la jeune femme avec une colère contenue.

"Pas maintenant, Estelle."

Je balayai ses futures paroles d'un revers de main, lassé et agacé par son comportement. Elle émit une sorte d'exclamation outrée.

"Elle nous attendait dans la chambre et tu veux que je reporte ceci à plus tard ? Quand souhaites-tu que nous en discutions ? Au souper, peut-être ? Ou préfères-tu que j'aille raconter à ta femme que tu collectionnes les maîtresses ?"

"Cours donc lui dire !"
m'écriai-je en me précipitant vers elle, mes yeux glacés plongés dans les siens. "Je n'ai pas épousé une sotte, elle doit sans doute déjà tout savoir de mes infidélités ! Mais elle ne veut pas perdre le peu de sécurité que notre mariage lui procure ! Elle sait où est sa place !"

Estelle soutenait mon regard, se retenant de me gifler ou de pleurer. Finalement, elle déclara d'un ton méprisant :

"Vous êtes bien décevant, monsieur Jules Verne. Je vous prie de sortir de chez moi."

Je restai immobile quelques secondes, la tête basse, et marmonnai finalement :

"J'aurais fait de toi une héroïne."

"Je crois que la place est déjà prise."
répliqua-t-elle, acerbe.

Je remis ma veste, ramassai mon chapeau que je gardai en main, et sortis de chez elle. Je n'étais personne hormis un pauvre hère incapable de travailler correctement en Bourse, incapable de subvenir aux besoins de sa femme, incapable de la rendre heureuse...

Les épaules basses, je marchai dans la rue, quand une vision m'arracha à ma sinistre introspection. Helena pleurait dans les bras d'Anatole Cassini. Elle tamponnait ses yeux avec un mouchoir brodé. Oubliant tout le reste, je me précipitai vers eux. Elle s'était un peu éloignée d'Anatole et recula de quelques pas en me voyant.

"Helena, je vous en prie !"

A mesure que j'avançais à grands pas, je m'aperçus que le sol se craquelait autour de nous. Pourtant -cela était très curieux- je ne perdais pas l'équilibre. Tout restait stable alors que le décor se modelait d'une façon nouvelle. En l'espace de quelques secondes, nous étions au milieu d'une prairie verdoyante. Seuls.

Elle cligna des yeux, hébétée.

"Cela se passe donc ainsi quand vous vous volatilisez ?"
demandai-je, le souffle court à la perspective d'avoir voyagé sans avoir bougé.

"Je... je ne comprends pas. Je ne vous ai pas touché !" balbutia-t-elle, la voix encore humide. "Et où est Anatole ?"

"Avons-nous fait un bond dans le temps ? Il n'y a eu aucune porte, pourtant..." dis-je en observant de tous côtés, même si l'idée saugrenue d'une porte au milieu d'une prairie me faisait doucement sourire.

"Voyez-vous Anatole ?" insista-t-elle, sa voix se brisant sur la dernière syllabe.

"Non, cessez donc de penser à lui." dis-je en m'avançant d'un pas vers elle.

Cette fois-ci, elle ne recula pas. Elle tordait le mouchoir dans sa main, qui portait les initiales G.S. Ses yeux allaient de tous côtés, cherchant son ami dans cette étendue d'herbe.

"Vous m'avez emmené avec vous."
déclarai-je d'un ton ému en serrant ses petites mains dans les miennes, effleurant le mouchoir à mon tour. "Je... je pense que cela est suffisamment éloquent. Helena... Ellie, je suis désolé si je vous ai peiné. Je vous demande pardon de ne pas vous avoir attendue. Sachez que mon attachement pour vous est toujours intact et je ne souffrirai pas une seconde de plus d'être marié à Honorine. Malgré le scandale qu'un divorce engendrera, je saurai m'en moquer si vous acceptez davantage qu'une montre à gousset, cette fois..."

Mon regard dévoué était plongé dans le sien et l'espace d'un instant, je crus qu'elle allait accepter, mais elle chercha brusquement à libérer ses mains des miennes.

"Lâchez-moi !"
fit-elle tandis que je tenais bon.

Des larmes emplirent de nouveau ses yeux. Je ne voulais pas la laisser. Je ne pouvais tout simplement pas. Je ne souhaitais plus qu'elle m'échappe.

"Je vous promets de vous suivre, qu'importe le lieu ou l'époque."
énonçai-je, la gorge serrée en voyant une larme rouler sur sa joue.

"Je veux retourner chez moi !" fit-elle en respirant par saccades. "Je le veux ! Je n'en peux plus..."

Elle me repoussa si vivement que je manquai de chuter au sol. Quelle force prodigieuse devait-elle avoir... Comment cela était-ce possible ? Mademoiselle Mystère ne finirait donc jamais de me surprendre...

Elle plaqua une main contre son corsage, là où la montre se balançait. J'entendis alors le tic tac, clair et distinct contre sa poitrine.

J'eus comme une absence durant quelques secondes, comme hypnotisé par ce petit bruit.

Puis je discernai les contours d'une rue et des arbres qui la bordaient. Un haut bâtiment métallique, le tout baignant dans une clarté surnaturelle. Une odeur lourde mais diffuse parvint bientôt à mes narines. Un parfum de pétrole qui embaumait l'air à des kilomètres à la ronde...


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Elliot Sandman


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________________________________________ Mer 20 Juil 2016 - 17:25


« Vas-y supplie-moi, j'adore ça. »

Visiblement, Anatole croyait que c'était la fête du slip.

"Je comprends. Tu as trouvé le paradis en Amérique, tu as un bon appartement, et une bonne vie. La moitié des dieux te protège et tu n'avais pas besoin d'un ami comme moi. Mais maintenant, tu viens me voir et tu demandes : "Elliot Sandman, rendez-moi un service". Mais tu ne le demandes pas avec respect. Tu n'offres pas l'amitié. Tu ne penses même pas à m'appeler "Le Boss". Au lieu de cela, tu viens chez moi le jour du mariage de mon Pouet et tu me demandes d'aller sauver Ellie."

J'avais volontairement forcé l'accent italien même si bizarrement, dans ma bouche, ça sonnait plus comme de l'espagnol au rabais. Je n'avais jamais été très doué pour imiter le Parrain, même si je connaissais cette réplique par coeur. J'avais toujours su qu'elle me servirait un jour. J'avais eu raison.

En voyant Anatole débouler dans mon Lasergame -grâce aux caméras de surveillance- j'avais travaillé mon apparence. J'avais fait apparaître un bureau en chêne sombre ainsi qu'un large fauteuil dans lequel j'étais assis. La pièce avait été rapidement et sobrement redécoré. Quand il avait passé la porte de mon bureau improvisé, j'avais les coudes sur la table, le menton posé sur mes mains jointes, l'air scrutateur. Et la réplique du Parrain avait fusé. Magistrale.

Anatole parut désarçonné par ma vivacité d'esprit. Eh oui. Petit tu es doué, très doué. Mais dans mon métier tu ne seras jamais que le second.

"Parlons sérieusement : tu me payes combien ?"
demandai-je sans me départir de mon expression intraitable.

Je puisais mon enseignement dans l'attitude de Maverick, un gamin de douze ans qui était un crack dans les jeux vidéo. Il avait même conquis le coeur de ma fille, ce qui n'était pas rien. Il ne demandait jamais rien sans rien, et il avait bien raison.

"Non parce que tu vois, je m'en fiche qu'Ellie soit bloquée quelque part. Elle va forcément revenir un jour ou l'autre. Et le fait que tu sois loin d'elle renforce ton amour, non ? Ca le teste, ça fouette le corps et l'esprit, ça fait du bien, quoi !"

Sans prévenir, je me téléportai derrière lui et lui tapotai l'épaule d'un air faussement compatissant.

"Et puis entre nous, c'est bien fait pour elle. Elle n'avait qu'à pas me copier. On pourrait croire qu'Ellie est la plus intelligente de nous deux, mais c'est pas vrai. La preuve : elle fait mumuse dans le Temps alors que c'est super dangereux. Je le sais que trop bien."

Je tapotai de nouveau son épaule et retournai m'asseoir dans mon fauteuil. C'est qu'il était confortable, en plus ! Pourquoi je n'avais jamais pensé à en avoir un comme ça ?

"En fait, même si tu me donnais un truc conséquent, je refuserais quand même."
réalisai-je en pensant à l'insigne de shérif qu'il m'avait offerte et qui était introuvable. "Je ne touche plus au Temps. Je me retiens même d'aller voir l'enfance de Cassie alors c'est pas pour..."

Je me tus avant de dire un truc complètement tarte et passai une main sur mon visage. Je n'allais pas me justifier face à ce type. Non, j'avais le droit de refuser. Point barre.

"Tu veux un Tropico ?"

Quelque part dans le Lasergame, un "Cocoooo !" retentit. Il s'agissait d'un perroquet que j'avais créé et qui hurlait "Coco" dès que le mot "Tropico" était prononcé dans l'enceinte du bâtiment. Oui, parfois, je me sentais très seul et en panne d'imagination.

Brusquement, quelque chose attira mon attention sur l'écran de l'ordinateur, posé sur le bureau devant moi. La caméra extérieure y était reliée.

"Qu'est-ce que tu m'as raconté comme délire ? Ellie est juste là, dehors ! T'es pas du genre à paniquer un peu trop facilement ? Faut prendre du Xanax."
fis-je en fronçant les sourcils.

Avait-il cherché à m'entuber pour que je lui offre un voyage dans le passé gratis ? Je plissai des yeux mais Anatole avait déjà tourné les talons pour sortir.

"M'attends pas, surtout !" grommelai-je en me levant de mon fauteuil.

Je le rattrapai, préférant faire la course plutôt que de tricher en me téléportant, même si ça aurait été tellement plus facile. C'est qu'il courait vite en plus, ce c*n ! Dans le couloir, je croisai Pouet qui essayait tant bien que mal de sortir dehors, sentant la présence de quelqu'un à câliner de toute urgence. Je l'étreignis rapidement pour le calmer et rejoignis Anatole à l'extérieur en prenant garde de verrouiller la porte derrière moi. Je savais qu'Ellie n'aimait pas être câlinée par la peluche orange.

En me retournant, je la vis enfin, toujours aussi petite même si elle était grande. Je louchai sur son chapeau posé de travers sur sa tête, ainsi que sur sa robe d'un autre temps. Elle semblait avoir pleuré. Je n'eus pas le temps de l'observer davantage qu'elle me sauta au cou.

"Elliot !"

"Oui... c'est moi..." balbutiai-je, à moitié étranglé.

Ellie venait de me câliner ! Ellie ! Etait-elle malade ? Son attitude me coupa le souffle.

"Oh, tu m'as tellement manqué !" dit-elle en me lâchant finalement, souriant et pleurant à la fois.

"Et toi tu es devenue super émotive..." fis-je en la fixant d'un air effrayé. "Ca fait seulement quelques jours que t'es pas là, faut pas te mettre dans cet état."

"Pour moi, ça fait la moitié d'une année." me révéla-t-elle en reniflant. "Anatole, tu es là aussi !"

Elle esquissa un geste, les bras ouverts, et finalement ne l'étreignit pas, ce qui m'arracha un sourire satisfait. A la place, elle lui rendit un mouchoir en tissu, le genre de truc super vieux que plus personne n'utilise de nos jours.

"Ainsi donc, vous êtes Elliot."

Une voix inconnue attira mon attention et je remarquai alors le type en chemise de soie et pantalon ridicule. Je haussai un sourcil. C'était quoi, ça ?

"Mademoiselle votre soeur m'a beaucoup parlé de vous. Permettez-moi de me présenter : je suis Jules Verne." dit le mec avec un sourire trop sympa pour être honnête.

Ma méfiance s'effaça bientôt alors que mon regard s'éclairait. Son nom me disait quelque chose et maintenant je savais pour quelle raison. ça sonnait comme un truc poussiéreux mais classe en même temps.

"Oh mais bien sûr, Jules Verne !" fis-je en serrant chaleureusement la main qu'il me tendait. "J'ai adoré Voyage au Centre de la Terre !"

Ellie parut surprise que je connaisse ce classique. Histoire de me la péter davantage, j'ajoutai :

"Ca doit être génial de bosser avec Brendan Fraser, il a l'air trop cool comme acteur ! Wouah, être réalisateur, ça doit être sensationnel !"

Jules sembla hésitant alors qu'Ellie glissait à l'oreille d'Anatole, même si j'avais l'ouïe suffisamment fine pour entendre :

"Il faut qu'on fasse quelque chose... C'est une catastrophe."

Oui, effectivement, c'était du joli de ramener un réalisateur d'une autre époque dans le présent ! D'ailleurs, ce Jules devait être très vieux de nos jours pour avoir filmé le film avec Brendan, vu la tenue qu'il portait actuellement. Je n'avais jamais été très doué en repères historiques.

"Vous me payez combien pour que je le ramène à son époque ?" fis-je avec un grand sourire à Ellie et Anatole.

Ils allaient devoir chercher gros comme compensation, car je ne me déplacerai pas dans le passé pour des clopinettes. Ou alors, on pouvait très bien garder Jules Verne ici. Et puis tant pis. Ca serait toujours moins dangereux que de le ramener. En plus il avait l'air tellement émerveillé d'être là que ça aurait été cruel de le faire partir.

"Le futur..." murmura Jules Verne d'un ton enthousiaste. "Il ne peut s'agir que du futur."

Il observait mon tee-shirt sur lequel il était écrit "Nous ne voulons pas disparaître sans nous battre !" d'un oeil très intrigué. Il s'attarda sur la date qui figurait en bas (4.07.96) et demanda :

"Nous sommes donc en 1896 ! Absolument inouï !"

Je pivotai vers Ellie en écarquillant les yeux. Il datait de quelle année ce type, exactement ? Le cinéma existait déjà en 1800 et des brouettes ? Ma "soeur" se massait le poignet gauche en masquant difficilement une grimace de douleur. C'était de plus en plus bizarre.
.

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Anatole Cassini


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________________________________________ Jeu 21 Juil 2016 - 10:02

&
présentent...


  • Un rp rempli d'interrogations !
    "Que diable faites-vous ici, mademoiselle ?"


Un voyage dans l'espace...
"Ce trajet direct de la terre à la lune me semble fort prometteur."

...dans le temps...
"Cela fait onze ans, Helena."

...et l'incompréhension !
"Pour moi, cela ne fait que quelques jours."

Un rp avec des miracles...
"Voyez-vous Anatole ?"

Des révélations surprenantes :
"Ainsi donc, vous êtes Elliot."
  • Des publicités cachées...
    "Tu veux un Tropico ?"


Des propositions salaces...
"Parlons sérieusement : tu me payes combien ?"

50 Nuances d'Ellie...
"Lâchez-moi !"
"Dites-le, Helena."
"Lâchez-moi..."
"Vous ne l'avez pas dit !"
"Je suis profondément intéressée."

  • Des scènes choquantes jamais vues à ce jour !
    "Il... il m'a parlée d'une si méchante façon !"


Un dialogue écrit par les plus grands !
"Anatole ?"
"Ellie ?"
"Jules, c'est vous ?"
"Elliot ?"
"Cassandre."




Anatole Cassini
Ellie Sandman
Jules Verne
George Sand

Elliot Sandman
Neil Sandman

Prochainement..
Marcel Pagnol
Jean Dujardin
Vivienne Ducouloir
Marc De Lacuisine

Un rp qui fait voyager dans toutes les pièces de la maison !

Et pour la première fois à l'écran :
Coco le Tropico !




Et maintenant la suite...

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