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٩(͡๏̯͡๏)۶ Sur le Fil du Rasoir ☆ Evénement #88
Une mission de Balthazar Graves - Ouverture : 22 novembre 2017
« Serez vous prêt à venir flotter en bas avec notre Clown ? »

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 We are the Dreamers of Dreams ₪ JULES

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Ellie Sandman


« On flotte tous en bas ! »


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________________________________________ Lun 4 Juil 2016 - 12:45

« We are the Dreamers of Dreams. »

Ce moment se situe pendant la période où Ellie était piégée dans le passé.
Nous sommes en août 1848 et cela fait trois mois qu'elle se trouve en cette année.


Le port de Nantes était fort ensoleillé et accueillant, ce jour-là. L'air était lourd et chaud. Les dames s'abritaient sous des ombrelles afin de protéger leur teint de lait. Quelques voiliers et navires de plaisance se déplaçaient au loin, sur la mer lisse comme un miroir. Ce paysage était incroyablement différent de celui de Paris, moins dynamique et nettement plus reposant.

Quand Jules m'avait proposée de l'accompagner chez ses parents, j'avais accepté sans réfléchir. Il aimait retourner dans la maison de son enfance de temps à autre, lorsque Paris devenait trop oppressante. J'avais donc fait la rencontre de sa mère et de son père, ainsi que de son frère. Le déjeuner avait été particulièrement austère, en particulier en raison de la tension qu'il existait entre Jules et son père. Les conversations avaient été principalement orientées vers les études de droit et l'impatience de Pierre Verne à ce que son fils devienne avocat au plus vite. Jules avait passé la majorité du repas à répondre à demi mot et à fixer ostensiblement le fond de son assiette. Je n'étais pas sans savoir qu'il rêvait en secret de se consacrer à l'écriture, mais qu'il n'osait en parler à son père. En voyant le personnage froid et distant qu'il était, je comprenais parfaitement sa crainte.

Madame Verne, en comparaison, était une femme chaleureuse et souriante, qui préparait d'excellents petits plats. Elle avait une seule domestique pour l'aider, étant donné leur modeste condition, mais elle ne s'en plaignait nullement. Paul, le frère de Jules, il était des plus charmants. Quant à ses trois petites soeurs, elles étaient adorables. La dernière d'entre elles, Marie, n'avait pas six ans mais tentait de diriger à la baguette toute la famille.

Après le repas, il fut convenu d'une promenade sur la plage. Monsieur et Madame Verne préfèrèrent rester à l'ombre de leur terrasse. J'aidai à habiller les benjamines et attachai les rubans de leurs chapeaux. La petite Marie s'obstina à le nouer elle-même et ne voulut pas que je le lui ajuste.

"Je suis fort jolie ainsi !"
assura-t-elle d'un ton hautain.

"Assurément, mademoiselle." répondis-je en me retenant de rire.

"Marie, ne sois pas aussi fière ! C'est extrêmement mal élevé d'être trop imbue de sa propre personne !" la réprimanda Madame Verne.

La fillette fit une moue boudeuse en se dandinant sur elle-même puis une fois que sa mère eut le dos tourné, elle lui tira la langue. Je me retins une fois de plus de rire et me composai une expression réprobatrice.

"J'ai tout vu." lui dis-je à voix basse.

Elle écarquilla les yeux.

"Il ne faut rien dire !"

"Seulement si tu me promets de ne pas recommencer."

"Promis juré craché !"

Elle voulut cracher par terre mais sa salive resta collée sur le bout de son menton. M'armant de patience, je cherchai un mouchoir et pris celui que Jules me tendait. Il semblait surgir de nulle part. Je le remerciai et m'agenouillai devant la petite Marie pour essuyer son menton. Après quoi je me relevai et époussetai mes jupes. La fillette sortit en trombe dans la rue, suivie par ses soeurs.

"Elle recommencera." dit Jules d'un ton fataliste. "On lui excuse tout parce qu'elle est petite."

"Aviez-vous le même traitement de faveur étant enfant ?" demandai-je, vivement intriguée.

Il prit une attitude lointaine et fronça les sourcils.

"Etant l'aîné d'une famille de cinq enfants, je vous laisse répondre vous-même à la question."

"Oh, ne sois pas si morne, Jules !" lança Paul en descendant l'escalier d'un pas rapide. "On dirait que tu as vécu au bagne ! Ne t'ai-je jamais soutenu ?"

"Qu'aurais-je fait sans toi ?" répliqua-t-il en levant les yeux au ciel avec un sourire. "Sans tes pleurs, tes caprices, tes..."

"Tu en faisais tout autant." glissa Paul d'un ton taquin.

"Entièrement faux. J'étais un bébé irréprochable."

Jules appuya sa dernière phrase d'un petit élèvement de menton altier, qui n'était pas sans rappeler celui de sa soeur Marie. Je me mordis les lèvres mais ne parvins pas à masquer mon sourire. Paul tapota vigoureusement son épaule.

"Bien entendu. Irréprochable en tous points, surtout le jour où notre mère t'a surpris, perché sur le buffet, en train de casser méthodiquement les flûtes de champagne de ses noces !"

Il ouvrit de grands yeux faussement choqués et pivota vers lui.

"Nous avions convenus de ne jamais raconter cette histoire à personne."

"J'avais cru comprendre que mademoiselle Helena faisait presque partie de la famille."
fit Paul en me jetant un coup d'oeil complice.

Puis il sortit à son tour, les pans de sa redingote volant derrière lui. Un petit silence embarrassé tomba sur nous, ponctué de regards timides. Je finis par attraper mon chapeau et par pivoter vers le miroir mural afin de le nouer sous mon menton. Mes doigts étaient fébriles, car j'étais anxieuse à l'idée de les faire attendre. Une fois prête, je passai à côté de Jules qui m'offrait son bras. Je posai la main dessus et nous sortîmes dehors. La chaleur était moins accablante sur la plage, que nous rejoignimes après une centaine de mètres. Au début de la promenade, nous marchâmes en groupe, les fillettes courant devant nous. Puis, peu à peu, Paul prit de la distance et entraîna ses soeurs un peu plus loin, me laissant seule en compagnie de Jules. Il resta silencieux quelques instants pendant lesquels je profitai du roulement des vagues s'écrasant sur le sable, puis il demanda d'un ton soucieux :

"Qu'avez-vous ? Je vois bien que vous êtes d'humeur chagrine."

"Ce n'est rien. C'est juste que... ma famille me manque. Et le fait de rencontrer la vôtre me fait me souvenir de la mienne." répondis-je, les yeux rivés sur le bout de mes jupes.

Mes pieds s'enfonçaient dans le sable et mes jupons allaient forcément se salir, mais je n'en avais que faire. J'avais eu l'initiative de quitter le chemin de palissandres afin de marcher directement sur la plage, ce qui était bien plus agréable. Hélas, mes bottines gênaient ma progression. Je m'arrêtai donc et m'appuyai contre un rocher afin de les enlever. Jules fixa mes pieds nus quelques secondes, avant de cligner des yeux et de les relever. Sans doute avais-je bousculé les conventions une fois de plus. Une demoiselle devait-elle vraiment garder les pieds enfermés dans des instruments de torture par une si belle journée d'été ? Ce n'était pas concevable.

Les trois soeurs et Paul nous distançaient de plus en plus. Ce dernier les poursuivait et elles poussaient des cris aussi stridents que ceux des mouettes. C'était si revigorant de voir ces gens s'amuser en toute insouciance... Je songeai de nouveau à mes proches, restés dans un autre espace temps. Les souvenirs me revinrent en plein coeur. J'enfouis mes pieds dans le sable, me focalisant sur cette sensation dans l'espoir d'occulter le reste.

"Parlez-moi de votre famille." me proposa Jules.

Je levai les yeux vers lui et croisai son regard plein de douceur. Il ne voulait pas savoir par pure curiosité, il espérait m'aider à aller mieux. Sa gentillesse me causa une souffrance supplémentaire car plus que jamais j'avais l'impression de lui mentir. Je ne pouvais lui dire la vérité. Il allait falloir que je ruse, ce qui me répugnait plus que tout.

"Je les ai tous perdus." déclarai-je d'un ton fuyant. "C'est très dur car je suis... j'étais très proche d'eux. Pas de tous mais certains me manquent infiniment."

J'avais beaucoup de mal à parler d'eux au passé, puisqu'ils appartenaient au futur. Jusqu'à maintenant, j'étais persuadée de les revoir prochainement, mais les jours passaient et aucun voyage dans le temps ne se profilait à l'horizon. Cela faisait près de trois mois déjà, trois mois sans aucune douleur dans ma main gauche, comme si le Sable Noir avait disparu de mon organisme... Allais-je vraiment rester prisonnière de cette époque ? Je n'allais pas mourir, mais si je devais attendre de traverser toutes les époques pour revoir ceux que j'aimais... Cela allait être une peine infinie.

"J'ai un frère jumeau : Elliot."
dis-je après un instant de réflexion sur la façon d'expliquer les choses au mieux. "Il me rappelle un peu votre frère. Il est... il était très fantasque et pas toujours très prudent."

Je lançai un coup d'oeil à Paul qui au loin, avait attrapé Marie par la taille et la portait au-dessus de sa tête pour la faire tourner. La fillette levait les bras comme si elle cherchait à voler, les yeux émerveillés et un sourire jusqu'aux oreilles. Les deux autres petites filles sautillaient dans le sable autour d'eux, impatientes que ça soit leur tour. Jules eut un petit rire devant ce charmant tableau.

"Il était marié à Lily, elle était plus pour moi qu'une demi-soeur... beaucoup plus." poursuivis-je d'un ton éteint.

Il était étrange de parler d'elle en ces termes, comme si cela la rendait différente à mes yeux. Je préférai enchaîner sur quelqu'un d'autre plutôt que de tomber dans une situation très gênante.

"J'avais aussi une meilleure amie qui s'appelait Neil."

"Neil. Voilà un prénom des plus curieux." intervint Jules sans aucun jugement.

"C'est le diminutif d'Hélène." précisai-je sans réfléchir.

"Ainsi, elle se nommait presque comme vous."

Oh... Je hochai la tête en me mordant l'intérieur des joues. J'avais oublié un instant qu'il croyait que je m'appelais Helena.

"Mes parents portaient des noms qui vont sans doute vous paraître encore plus étranges." enchaînai-je abruptement.

Hadès et Aphrodite, songeai-je.

"Judah et Aryana."

"Ainsi, vous avez des origines juives."
en conclut Jules tout naturellement. "L'énigme de Mademoiselle Mystère n'en est que plus nébuleuse. Comment faites-vous pour épaissir le mystère en me dévoilant pourtant des parts de votre vie ?"

"C'est un secret." murmurai-je avant de sourire.

Il y répondit en secouant lentement la tête, tout autant amusé qu'intrigué. Ses yeux pétillaient de malice et d'intensité.

"Et j'avais aussi une demi-soeur, Apolline. Par certains côtés, elle ressemble à votre petite Marie."

Un nouveau petit silence tomba entre nous. Je détournai le regard, m'abîmant dans la contemplation de l'océan caressé par le soleil ardent.

"Ils vivront toujours auprès de vous, même si vous ne les voyez pas. Que Dieu les garde." déclara Jules avec bonté. "Je ne peux imaginer la dimension de cette tragédie, mais je suis au moins sûr d'une chose : vous aurez toujours mon soutien, et votre place au sein de ma famille."

Il s'était écarté du rocher pour se planter devant moi. Là, le regard plongé dans le mien, il m'avait semblé manqué de paroles quelques secondes. Sa bouche avait remué dans le silence le plus total alors que la brise soudaine avait détaché quelques mèches de ma coiffure. Sa main s'était égarée à l'intérieur de son gilet pour se saisir de sa montre. Puis, il avait comme renoncé à un dessein qui m'était inconnu. A la place, sa main cueillit une mèche rebelle, malmenée par le vent léger, et la plaça derrière mon oreille. Un léger frisson me traversa à ce contact furtif. Il s'éclaircit la gorge et sans un mot, étendit le bras pour m'inviter à reprendre la promenade.

Ses paroles m'avaient beaucoup touchées, cependant j'étais incapable d'articuler un son. Il était bon de me considérer comme sa soeur. Je n'en espérais pas tant. Malgré tout, je me sentais bien trop embarrassée pour essayer de m'intégrer au sein de la fratrie. J'y avais pas ma place, en définitive.

Tandis que nous rattrapions Paul et les petites filles, mon coeur se gonfla d'un espoir nouveau qui m'était inconnu et que je ne parvins pas à identifier. Une drôle de légèreté dans ma poitrine, que mon corset n'oppressait nullement.

"Mon frère ne vous a pas trop ennuyée avec ses monologues lyriques sur la mer ? J'ai failli le noyer à plusieurs reprises quand il lui prend l'envie de faire son Shakespeare !" me lança Paul d'un ton malicieux.

Jules lui décocha un regard oblique.

"Non, il a su garder la tête hors de l'eau, avec moi."
dis-je en souriant. "Mais je serais très inspirée de les entendre."

"Oh, non !" se plaignirent les trois soeurs en plaquant leurs mains sur leurs oreilles de concert.

"Merci bien, mesdemoiselles !" grommela Jules, piqué à vif. "Malgré tout, je vais quand même le faire alors si vous ne voulez rien entendre, le mieux que vous avez à faire est de courir le plus loin possible !"

Les trois chipies ne se firent pas prier et détalèrent. Jules prit une grande inspiration et débuta ainsi :

"Aucun peintre, aussi grand qu'il soit, ne pourra jamais reproduire sur une toile toutes les beautés de la mer. Comment le pourrait-il ? La mer n'a véritablement pas de couleur propre. Elle n'est qu'une vaste réverbération du ciel ! Est-elle bleue ? ce n'est pas avec du bleu qu'on peut la peindre ! Est-elle verte ? ce n'est pas avec du vert ! On la saisirait plutôt dans ses fureurs, quand elle est sombre, livide, méchante, lorsqu'il semble que le ciel y mélange tous les nuages qu'il tient en suspension au-dessus d'elle ! Ah, mademoiselle Mystère, plus je le vois, plus je le trouve sublime, cet océan !Océan ! Ce mot dit tout ! C'est l'immensité ! Il recouvre à des profondeurs insondables des prairies sans bornes, et près desquelles les nôtres sont désertes ! a dit Darwin. Que sont, en face de lui, les plus vastes continents ? de simples îles qu'il entoure de ses eaux. Il couvre les quatre cinquièmes du globe ! Par une sorte de circulation incessante, il..."

"Oui c'est très bien." coupa Paul d'un ton appliqué comme on parle à un enfant qui vient de dessiner un arc-en-ciel pour la dixième fois. "Allons circuler ailleurs. Tu as fait un très beau discours et tu as même cité Darwin. Maintenant... tais-toi, s'il te plaît."

J'éclatai de rire alors que Jules affichait une moue faussement irritée. Son frère le saisit par les épaules en s'esclaffant et s'éloigna ensuite, ouvrant la marche vers la maison.

"C'était très éloquent." lui dis-je.

Il baissa les yeux vers moi, peu sûr de lui, et resta plongé dans le silence jusqu'au retour au port.


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« Pour atteindre le paradis,
il faut connaître l'enfer. »
Ça me fait penser à un vieux dicton. Il paraît qu’il est de Dante.
« Souviens-toi de cette nuit, c’est la promesse de l’infini ».
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Jules Verne


« Murmure leur
qu'ils floodent trop ! »


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________________________________________ Mer 6 Juil 2016 - 22:27

« Tout ce que nous voyons ou paraissons
n'est qu'un rêve dans un rêve. »
...


Depuis trois jours maintenant, je me laissais porter par l'insouciance et la légèreté de la vie à Nantes. Mon père demandait fréquemment par des piques bien ajustées si je comptais reprendre bientôt la route pour Paris. Il craignait que cette courte période d'oisiveté ne ternisse mon apprentissage du droit. A chaque fois, je lui assurais que rien ne pouvait briser mon intérêt pour les lois fondamentales de notre beau pays, qui m'ouvriraient assurément les portes des plus éminents cabinets politiques. Hélas, il n'était pas dupe. Il considérait que j'étais un fainéant doté d'excellentes capacités dont je ne me servais pas. Depuis toujours, il avait fait cas de ma supériorité intellectuelle sur mon frère, qui se traduisait par un désir presque maladif de me voir "réussir" dans le monde. Réussir étant un mot à la définition très vaste et hasardeuse. Bien des fois, j'aurais préféré embarquer sur un bateau et devenir marin comme Paul, plutôt que de réciter par coeur des lois et les répéter tels des sonnets.

Aussi, je profitais sans le cacher de ce retour dans la maison de mon enfance. Père s'absentait longtemps en journée à cause de son travail, ce qui me permettait de jouir d'une tranquillité de plusieurs heures. Mon temps était partagé entre les moments passés avec mes soeurs, Helena et ma mère, et Paul également, avant qu'il ne s'embarque à bord d'un navire. Il était parti le matin même, et déjà son absence me pesait. Depuis toujours, nous étions très proches. Je passais le reste de mon temps à coucher sur papier quelques idées toutes plus fantasques les unes que les autres. Des morceaux d'histoires racontant un trajet sur la lune, sans cohérence aucune ni personnages. La plupart de mes rêveries était alimentée par les lectures que j'avais partagée récemment avec Mademoiselle Mystère, et qui me tenaient particulièrement à coeur. Elle avait été étonnante d'attention et de curiosité.

Ce soir-là, elle était occupée à lire une histoire à mes soeurs, dans leur chambre. C'était une habitude qu'elle avait prise et qui ravissait les petites. Marie elle-même en était captivée, alors qu'il avait toujours été ardu de l'intéresser à la lecture.

Je ne sais quelle folie hasardeuse m'inspira à entrer dans la chambre de la jeune femme en son absence. Elle occupait la pièce réservée aux amis et n'en avait changée que quelques détails. L'armoire était entrouverte et laissait apercevoir quelques morceaux d'étoffe bleue ou verte ainsi que quelques dentelles de ses jupons. Je détournai vivement les yeux, me sentant brusquement inopportun en un tel lieu. Mieux valait que je sorte aussi vite que j'étais entré. Comment expliquer ma présence si Helena venait à arriver ? Si elle me surprenait ici ? Quelle explication aurais-je pu donner à part d'être particulièrement inconvenant ?

Mon embarras fut balayé sitôt que mon regard tomba sur une petite pile de livres, posée à côté d'une lampe à huile, sur la commode. Il s'agissait des ouvrages que Helena avaient emmenés avec elle dans sa malle. Je me penchai légèrement et posai l'index contre la tranche, parcourant les titres des différents livres.

Le Voyage fait au monde de la Lune par Dominique Gonzalès, aventurier espagnol (roman écrit par un certain Jean Baudoin en 1649) côtoyait sans vergogne La Pluralité des Mondes de Fontenelle. Des ouvrages parlant et rêvant de la Lune avant que la science moderne ne balaye quelques fantasmagories et inexactitudes. Helena et moi avions passé des heures à lire ces auteurs et à débattre avec animation, nos avis divergeant sans cesse au moins autant que la rotation de l'astre des nuits.

Puis, mon index s'arrêta au niveau des oeuvres d'Edgar Allan Poe, génie excentrique du début du siècle. Mon coeur s'emballa alors que j'apprenais que Mademoiselle Mystère comptait un exemplaire des Aventures d'Arthur Gordon Pym, l'un de mes romans préférés. Elle possédait également La Chute de la maison Usher ainsi que le Corbeau.

"TOUT ce que nous voyons ou paraissons n'est qu'un rêve dans un rêve." murmurai-je d'un ton frissonnant alors que mon doigt terminait de caresser la tranche des ouvrages.

J'en étais là de mes pensées, ponctuée par cette citation de Poe, alors que mes yeux étaient attirés par un livre tout autre, qui gisait au fond de la malle vide. Je m'en saisis, intrigué par sa présence éloignée des autres. Il s'agissait du Retour du Roi, écrit par un certain J.R.R Tolkien. Je n'avais jamais entendu parlé de cet auteur. Vivement intrigué, je me retins de lire le résumé et à la place, ouvris le roman à la première page sur laquelle était notée ces quelques lignes :

« Trois Anneaux pour les rois elfes sous le ciel,
Sept pour les seigneurs nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les hommes mortels destinés au trépas,
Un Anneau pour le Seigneur ténébreux sur son sombre trône,
Au pays de Mordor où s'étendent les ombres
Un Anneau pour les gouverner tous
Un Anneau pour les trouver
Un Anneau pour les amener tous,
Et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s'étendent les ombres. »


Que signifiait donc ce poème étrange ? Il était joliment écrit, en tous cas. Je tournai quelques pages et débutai le premier chapitre qui se nommait "Minas Tirith". Il était question d'un personnage appelé Pippin qui arrivait dans une cité déchue, accompagné par un magicien du nom de Gandalf. Je ne saisissais pas tous les termes employés, comme Númenor ou Gondor. S'agissait-il d'une langue inconnue ? J'avais appris le latin et certains mots me le rappelaient, tout en étant très différents. Je restai plongé quelques instants dans la lecture de cet ouvrage, à la fois fasciné et dérouté par son contenu. Je ne pus en lire que deux ou trois pages avant qu'une petite quinte de toux ne me fasse sursauter.

L'air perdu, je pivotai sur mes pieds pour découvrir Helena dans l'embrasure de la porte. Elle avait les bras croisés et les sourcils froncés.

"Puis-je savoir en quel honneur vous vous permettez de visiter ma chambre, monsieur ?"

Je refermai le livre d'un geste sec mais le gardai en main, cherchant dans mon esprit embrumé par ma récente lecture une explication crédible. Il ne m'en vint aucune. Je serais resté muet comme un sot si elle n'avait pas subitement écarquillé les yeux en s'écriant :

"Oh non, non, non ! C'est pas l'heure !"

Elle se précipita vers moi, les mains en avant et voulus se saisir du livre que je tenais. Par réflexe et par jeu, je le levai au-dessus de ma tête, ce qui l'empêchait de l'atteindre.

"Doit-il y avoir une heure pour lire un roman de fiction ?"
demandai-je, amusé par sa réaction.

"Non, bien sûr que non ! C'est juste que... il est trop tôt pour celui-ci."

Elle essaya de sautiller pour le récupérer mais cessa très vite, pour se contenter de me fixer d'un oeil réprobateur.

"Pourtant, je me sens vivement intrigué par l'écriture de ce monsieur Tolkien."
appuyai-je en lui tournant le dos pour ouvrir de nouveau le roman.

Elle tenta de nouveau de me le reprendre et j'étouffai un petit rire... qui s'acheva en grognement de douleur lorsqu'elle plaqua ses mains sur la couverture pour refermer l'ouvrage dans un claquement sonore, tout ceci sur mes doigts. Elle en profita pour récupérer son bien qu'elle garda serré contre son coeur, sans doute dans le cas où il me viendrait à l'idée de le lui voler. Je lui lançai un regard indigné auquel elle répondit par une moue embarrassée.

"Je vous demande pardon pour vos doigts, mais il vous est impossible de lire ce roman maintenant."
dit-elle, intransigeante malgré tout. "D'ailleurs, où l'avez-vous trouvé ? Je croyais l'avoir laissé dans ma malle."

"Il s'y trouvait."
avouai-je à mi-mot.

Elle entrouvrit la bouche, soufflée par mon impolitesse. Je me sentais moi-même terriblement mal d'avoir fouillé dans ses affaires.

"Je vous prie de bien vouloir m'excuser." dis-je, sincère.

Elle ne répondit rien, se contentant de soupirer. Puis, elle fit quelques pas pour me contourner et laissa tomber le livre au fond de la malle, là où était semblait-il, sa juste place.

"Je ne les accepterais que si vous me promettez de ne plus fouiller dans mes affaires."
dit-elle en croisant les bras.

Elle se mordait les lèvres. Elle le faisait à chaque fois qu'elle était nerveuse. Ses yeux ne cherchaient plus à capturer mon regard. Je m'aperçus que je l'avais blessée. Pire encore, que j'avais trahi sa confiance.

"Plus jamais je ne reproduirai cette erreur, soyez-en assurée."
dis-je avec une sincérité sans pareille.

Je plongeai mon regard dans le sien mais il se déroba de nouveau.

Ce qui m'a amené dans votre chambre... comment vous l'expliquer ? Cet après-midi déjà, alors que nous nous promenions sur la plage, je voulais vous demander... mais l'instant s'est volatilisé aussi vite qu'il est venu. Ce soir, j'ai voulu croire que l'occasion se représenterait. J'ai eu tort.

Je ne prononçais aucune de ces paroles, les gardant enfermées dans ma tête. A la place, je m'inclinai légèrement, très raide, devant elle, avant de sortir de la chambre.

Juste avant de partir, je jetai un coup d'oeil au fond de la malle, qui était désormais vide. Je n'eus pas l'occasion de vérifier, si bien que le doute persista dans mon esprit plusieurs heures encore. Mademoiselle Mystère avait-elle des talents de prestidigitateur ? Cette énigme de plus me laissa rêveur. Allongé sur mon lit, les yeux rivés au plafond, je me laissai emporter par le tourbillon de mes pensées.

J'espérais qu'Helena ne m'en voudrait pas longtemps. Douce Helena, dont l'esprit fertile était nourri par l'écriture de Poe et de ce mystérieux Tolkien !

"TOUT ce que nous voyons ou paraissons n'est qu'un rêve dans un rêve."
murmurai-je, en écho à mes propres réflexions.

Et Mademoiselle Mystère était l'incarnation du plus beau songe qu'il m'était donné de voir.


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