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Jules Verne


« Murmure leur
qu'ils floodent trop ! »


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________________________________________ Jeu 16 Fév 2017 - 22:30

« Le monde est plein de polissons. »

Je vous ai apporté des bonbons.

De nos jours, trouver du travail était extrêmement compliqué. Etant donné que j'avais essuyé un refus d'une maison d'édition, je devais rebondir tout en persévérant dans l'écriture, car telle était ma vocation. Ma précédente existence avait été couronnée d'un succès littéraire indiscutable, il en serait de même pour celle-ci. Peut-être cela serait plus difficile, mais je n'abandonnerai jamais.

Cependant, la précarité de ma situation actuelle exigeait que je trouve un emploi alimentaire au plus vite. Je ne supportais plus de vivre aux crochets des Sandman. Elliot était un ami précieux et sa gentillesse infinie, ainsi que celle de sa femme ; mais en tant qu'homme, il était temps de reprendre les rênes de mon existence. J'avais beaucoup trop honte de vivre à leurs dépens, alors que j'avais désormais cent quatre-vingt neuf ans. J'avais l'âge d'être leur aïeul et bien souvent, l'écart se creusait entre eux et moi. J'avais beau m'intéresser à toutes les inventions modernes et les gadgets prodigieux, je me sentais dépassé par les merveilles impalpables de l'Internet, les curiosités de la télévision et de la haute technologie. J'espérais qu'en gagnant ma vie, je serai enfin en mesure de vivre seul, dans ma propre maison, et retrouver le calme d'antan. Tout en souhaitant ne pas vivre en dehors du progrès, car rien ne me serait plus pénible, même si le boucan incessant de ce siècle m'épuisait par moments.

Je m'étais donc rendu jusqu'à la chambre d'Apolline, qui était occupée à manger un oeuf en chocolat, allongée sur son lit. Pourtant, ce n'était pas encore Pâques. Quand je disais que les subtilités du XXIème m'échappaient totalement...

"Puis-je te poser une question ?" demandai-je en restant dans l'encadrement de la porte ouverte, car je trouvais inconvenant d'entrer dans la chambre d'une jeune fille.

"Ouais, vas-y !" m'encouragea-t-elle avec un sourire, et je m'aperçus que les coins de sa bouche étaient tachés de chocolat.

Elle était adorable. Son enthousiasme était communicatif.

"Comment s'y prend-on pour trouver du travail, de nos jours ?"
questionnai-je en plaçant les mains dans mon dos.

Elle fronça les sourcils, mastiqua ce qu'elle avait en bouche et répondit :

"Il faut que tu fasses un CV et une lettre de motivation, et que tu l'apportes là où tu veux être embauché. Mais après j'en sais pas plus. J'ai eu un cours là-dessus. Je peux te le passer, si tu veux."

J'acquiesçai, vivement intéressé. La jeune fille se leva d'un bond, fouilla un moment dans les méandres de ses affaires scolaires très mal rangées, puis me tendit une double feuille imprimée.

"Tout est là !" dit-elle d'une voix chantante.

Je la remerciai chaleureusement avant de prendre congés.

"Attends, j'ai un truc pour toi ! C'est la surprise de mon Kinder !"

Je ne compris pas un traître mot de sa phrase, mais je pris délicatement les petites pièces en plastique colorées qu'elle fit tomber au creux de ma paume.

"C'est un petit avion à assembler !" expliqua-t-elle, rayonnante. "Comme je sais que tu aimes tout ce qui vole !"

C'était entièrement vrai, tout ce qui vole : les ballons, les jupes des dames... Un sourire traversa mon visage alors que je remerciai de plus belle la jeune fille et retournai dans ma chambre. Tout d'abord, je lus avec application le cours sur les curriculum vitae et les lettres de motivation. Puis, je cherchai l'inspiration en assemblant le petit avion en plastique. Il était disproportionné mais si réaliste ! La précision des jeux modernes me surprendrait toujours.

Je rédigeai ensuite, durant les heures suivantes, une lettre de motivation des plus éloquentes et inspirées, avant de lister tous mes romans sur le curriculum vitae. J'avais choisi de tout écrire à la plume et à l'encre, afin de montrer toute ma détermination. Cela me semblait nettement plus honorable que d'utiliser un vulgaire stylo bille. C'était tout de même mon existence artistique que je couchais sur papier.

Une fois ma tâche achevée, je me rendis jusqu'au salon et empruntai discrètement le téléphone de Lily afin d'appeler mademoiselle Robyn. Parmi mon cercle de connaissances, elle était la seule dont le métier me semblait le plus abordable. J'adorais les gâteaux, du moins j'aimais les manger, cela ne devait donc pas être difficile de les confectionner.

Je n'avais pas imaginé qu'utiliser un écran tactile s'avèrerait aussi compliqué. Comment les gens faisaient-ils pour donner l'impression que cela soit d'une facilité déconcertante ? Je me bagarrais un moment avec ce petit monstre de composants électroniques, jusqu'à prononcer quelques jurons qui auraient mortifié ma pauvre mère.

"Espèce de fils de chien !"

J'étais sur le point d'abandonner quand j'entendis une voix à l'intérieur de l'appareil.

"Tu parles mal toi, dis donc ! Va apprendre la politesse et rends ce portable à Lily. C'est la petite brune aux grandes oreilles à qui tu l'as piqué, si jamais tu vois pas qui c'est."

Hélas, je n'avais pas pensé à garder l'appareil proche, donc je n'entendis pas bien ce qui se disait. J'approchai aussitôt le téléphone de ma bouche et balbutiai maladroitement :

"Allô ? Il y a quelqu'un ?"

Avant de le plaquer contre mon oreille pour écouter.

"Mais oui y a quelqu'un, putain ! Tu m'as bousillé l'oreille, abruti ! T'es con ou quoi ?"

En tous les cas, avec ce langage "châtié", impossible de nier qu'il s'agissait de mademoiselle Robyn. Je fronçai les sourcils d'un air pincé et m'appliquai à répondre à un niveau sonore moins élevé :

"Pardonnez-moi. Je ne sais pas très bien utiliser le téléphone. C'est Jules Verne à l'appareil."

Je marquai une pause et ajoutai d'un ton plus enjoué, me souvenant des convenances :

"Comment allez-vous, très chère ?"

Il y eut un petit silence.

"... Jules ?"

Sa voix était stupéfaite. J'en percevais le subtil tremblement, qui s'accentua tandis qu'elle poursuivait :

"Mais... que... Tu... Pourquoi t'appelles ? C'est Lily ? Y a un truc qui va pas ?"

Elle semblait de plus en plus anxieuse. Mon devoir était de l'apaiser au plus vite. Sa gentilesse pour Lily était louable et m'arracha un sourire attendri.

"Rassurez-vous, elle va très bien. J'ai simplement emprunté son téléphone pour vous appeler. Pourrais-je m'entretenir avec vous en privé ?"

Je choisis mes mots avec soin et achevai :

"Il s'agit d'une demande particulière."

Nouveau silence, beaucoup plus prononcé cette fois. Elle sembla se ressaisir et déclara :

"Euh... excuse-moi. Tu veux qu'on... se voit ? Quand ? Je suis à la pâtisserie aujourd'hui, donc si tu veux passer..."

Etait-ce une invitation ? Ravi que cela soit si facile -car j'avais préparé tout un argumentaire au cas où- je répliquai d'un ton enjoué :

"Merveilleux, le lieu est parfaitement adapté. Permettez-moi de vous rejoindre afin que nous discutions plus avant. Choisissez l'horaire qui vous convient."

"C'est toi qui choisis. J'y suis toute la journée, donc il te reste plus qu'à venir."

Cette phrase provoqua un étrange frisson le long de mon échine. Très curieux. Je remuai les épaules et déclarai :

"Je viens de suite, dans ce cas. A tout à l'heure, mademoiselle."

J'éloignai le téléphone de mon oreille et l'observai un long moment sans trouver la façon de raccrocher. A l'époque, c'était beaucoup plus simple. Je finis par poser l'appareil sur la table de la cuisine sans rien faire de plus.

Puis, j'entrepris de revêtir une tenue convenable pour un entretien d'embauche. Je trouvai sans mal, car j'avais l'habitude de soigner mes entrées. Je m'habillai d'un pantalon droit ainsi que d'une chemise blanche par-dessus laquelle j'enfilai un veston sans manche -auquel il manquait une montre à son gousset, hélas plus personne n'en portait. Comme il faisait encore frais dehors, je pris mon manteau qui rappelait un peu la coupe redingote. Je n'oubliai pas mes documents et sortis dans le froid de l'hiver.

Je traversai une partie de la ville, demandant mon chemin de temps à autre à quelque passant car il m'arrivait encore de me perdre dans Storybrooke. J'arrivai sans encombre jusqu'à la pâtisserie dont les vitrines étaient encore plus alléchantes que la dernière fois, si c'était possible. Devant cette dernière était garée une voiture étrange, dont la carrosserie brillait comme du sucre glace. Divers bonbons la parsemaient. C'était à se demander comment elle pouvait fonctionner. Y avait-il un véritable moteur sous ces kilogrammes de confiseries ? J'aurais tant aimé vérifier, mais ma curiosité naturelle devait demeurer insatisfaite.

Quoi qu'il en soit, un sourire rêveur traversa mon visage tandis que je passai la porte. La sonnette retentit dans toute la boutique alors que mille odeurs délicieuses parvenaient à mes narines. J'inspirai profondément et m'avançai vers le comptoir. La pâtisserie semblait déserte. J'attendis quelques minutes, posant mes affaires sur le-dit comptoir, et me décidai hardiment à me rendre dans l'arrière boutique. Je pouvais me montrer patient en certaines circonstances, mais elles étaient très rares.

"Mademoiselle ? C'est Jules. Où êtes-vous ?" demandai-je en avançant dans la pièce qui servait à entreposer la farine, le sucre et les divers autres ingrédients utiles à la préparation des gâteaux.

Personne. Je poussai mes recherches plus loin, et finalement trouvai une porte fermée. Me souvenant qu'il s'agissait des commodités, j'en déduisis que la jeune femme avait sans doute ressenti le besoin de se soulager.

"Mademoiselle ?" fis-je en toquant doucement contre la porte. "Je voulais juste vous prévenir que je suis arrivé, mais ne vous précipitez pas. Terminez tranquillement."

Que racontais-je donc ? Je secouai la tête et me redressai, réalisant que je n'allais décemment pas attendre derrière la porte. C'est alors que la sonnette de l'entrée retentit de nouveau.

"Oh, vous avez un client ! Dois-je aller le recevoir ?"

Etait-ce une bonne initiative pour un futur employé ? Sans aucun doute ! Persuadé de déjà accomplir parfaitement mon travail, je rebroussai chemin à grands pas et me stoppai derrière le comptoir, un sourire aimable aux lèvres... qui s'estompa quelque peu en reconnaissant Robyn. Elle venait d'entrer dans sa pâtisserie avec une pile de cartons encombrants dans les bras. Je restai quelques secondes indécis, puis reprenant mes esprits, je fis le tour du comptoir pour me précipiter vers elle et lui prendre les cartons.

"Vous allez vous casser le dos, voyons !" dis-je d'un ton réprobateur.

J'allai les poser sur le comptoir en laissant échapper un petit grognement. Qu'avait-elle mis là-dedans ? Des briques ?

Je me tournai de nouveau vers la jeune femme et la regardai un moment en souriant, avant de me souvenir de la raison de ma venue. Je pivotai vers le comptoir, attrapai la bonbonne en verre remplie de berlingots multicolores que je lui tendis.

"Je vous ai apporté des bonbons parce que les fleurs c'est périssable."
expliquai-je avec un sourire charmant et malicieux.

Et puis les bonbons, c'est tellement bon ! Bien que les fleurs soient plus présentables ! achevai-je mentalement.

Je fredonnai le reste des paroles de Jacques Brel dans ma tête. Un artiste indiscutable. J'appréciais beaucoup sa musique, tout comme les messieurs Trenet et Cabrel. Robyn avait-elle reconnu la citation ? Peu probable. Elle était bien trop américaine, ce qui faisait son charme si particulier.

"Je sais que vous aimez les bonbons. Vous en aviez quelques uns parsemés dans les cheveux, la dernière fois. J'ai également apporté ceci."

A tâtons, je cherchai les feuilles pour les lui donner.

"Il s'agit d'une lettre de motivation, ainsi que de mon curriculum vitae. Je crains avoir réalisé trop de choses durant ma vie pour que cela tienne sur une seule page."

J'eus un petit rire. Effectivement, si la lettre se tenait sur un recto-verso, le curriculum en revanche s'étalait sur une bonne dizaine de pages. Avec plus de quatre-vingt romans à mon actif, une quinzaine de pièces de théâtre, sans mentionner la courte période où j'avais exercé en tant qu'agent de change, j'avais eu de quoi noircir des pages entières. Le cours d'Apolline stipulait qu'il ne fallait rien omettre sur un "CV" afin de garantir ses chances d'embauche.

"Je souhaite travailler pour vous." annonçai-je en plaçant les mains dans mon dos afin de me redresser, prenant un air des plus sérieux. "En attendant d'être édité comme autrefois, j'ai besoin de retrouver mon indépendance et une situation pécuniaire satisfaisante. J'ai de suite pensé à votre pâtisserie."

J'étais impatient de commencer. Je frottai mes mains l'une contre l'autre avec conviction. Brusquement, un doute me saisit : si Robyn se tenait devant moi, cela voulait donc dire que j'avais conversé avec une porte fermée, quelques minutes auparavant ? Mieux ne valait pas l'évoquer. Nul n'avait besoin de savoir.


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________________________________________ Ven 3 Mar 2017 - 23:56





Tu sais que t'es un peu dingue?

Quand le numéro de Lily s'était affiché sur l'écran de mon portable, j'avais failli renverser le saladier où reposait une pâte à cookies colorée de rose et parsemée de pépites de chocolat au lait que j'étais entrain de poser distraitement sur le plan de travail. Mon téléphone était toujours sur mode vibreur, au cas où. Je préférai être déconcentrée par le vrombissement de l'appareil que de louper un événement hyper important ou une situation d'urgence. Je recevais quasi jamais de coup de fil, de toute façon. Ni même de texto, d'ailleurs. La plupart du temps, c'était juste Nora qui me demandait quelques trucs. Et je préférai que ça se passe comme ça. J'aurai pété un câble à force d'être harcelée toutes les trente secondes, à devoir subir l'espèce de sonnerie merdique installée par défaut que j'arrivai pas à changer pour autre chose de moins... pourri. Apparemment, y aurait moyen de mettre la musique de son choix à la place. Voir même d'enregistrer une voix ou un truc du genre. Peut être qu'Alexis ou Anatole sauraient comment faire pour modifier cette merde ? J'aurai pas été contre pour mettre à la place « Hooked on a feeling ».

Recevoir un appel, du coup, c'était presque exceptionnel. Alors quand en plus il était de Lily... C'était un événement. J'avais pas hésité à abandonner mon saladier pour me jeter sur mon portable comme une sauvage, mes doigts recouverts d'un mélange de sucre, de farine et d’œufs tout collant tapotant fébrilement sur la touche numérique verte qui était apparue sur l'écran pour pouvoir répondre.

Le portable collé à l'oreille et le cœur battant la chamade, j'avais attendu d'entendre la petite voix aiguë de Lily. Voix que j'avais pas entendu depuis longtemps. Ou trop longtemps, plutôt. Elle et moi, on s'était plus ou moins réconciliées à Noël. Je dis plus ou moins parce que j'avais encore parfois un petit doute. Alors ouais, on se voyait de temps en temps, surtout quand je ramenais Candy pour qu'il passe la semaine au zoo. Mais à côté de ça... bah y avait pas de grands changements. J'avais pas vraiment l'impression que les choses s'étaient arrangées à ce point là, en fait. J'aurai pas été dans tout mes états juste parce que je recevais un coup de fil de sa part, si tout était redevenu rose bonbon entre nous.

Tout ça en plus, pour qu'au final, ça soit même pas elle. Fausse joie. Mon état fébrile et surexcité était retombée comme un soufflet. Je me disais aussi que c'était trop beau pour être vrai... Mais tout ça avait été remplacé par la stupéfaction et le choc quand je m'étais rendue compte que la personne que j'avais au bout du fil était... Jules Verne ?

J'en étais restée sans voix, incapable de vraiment assimiler ce qui était entrain de se passer. Jules. C'était Jules. Au téléphone. Il s'était pas trompé de numéro. Il demandait à venir me voir. Putain. C'était quoi ces conneries ? Sérieux. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il voulait qu'on s'entretienne, je cite, « en privé » ? ça aurait logique de demander mais non, bien entendu, mon cerveau avait à peine réussi à sortir deux lignes cohérentes, alors que j'avais été obligée de m'appuyer contre le plan de travail tellement mon corps tout entier tremblait un peu trop violemment.

Quand il avait fini par raccrocher, j'avais fermé les yeux, histoire de me ressaisir un peu. Mes joues me brûlaient, tout comme mon oreille et la paume de ma main qui avait trop serrée le téléphone au fur et à mesure de la conversation. Je détestais téléphoner. Ça me mettait toujours mal à l'aise, me donnait presque l'impression d'être une petite fille ne sachant pas s'exprimer correctement et cherchant ses mots entre deux bafouillements. Je pouvais pas voir l'autre. Et l'autre ne pouvait pas me voir. C'était pas le même rapport de force. Y avait plus que les mots qui avaient leur importance. J'étais pas douée pour ça. Mon truc à moi c'était plutôt de réagir physiquement, de serrer les poings et de garder le silence. On pouvait pas faire ça, au téléphone. Alors du coup là... je m'étais sentie minuscule, face à la voix tellement plus adulte et grave de Jules, qui en plus de savoir écrire, maîtrisait aussi l'art de la conversation. Il devait téléphoner super souvent lui.

En attendant qu'il arrive, j'avais entrepris de tout bien nettoyer ma cuisine et la boutique. J'étais pas du genre manique, ma chambre était même du genre plutôt bordélique, mais ma pâtisserie était toujours immaculée et parfaitement rangée. C'était obligatoire, niveau hygiène. Et en plus de ça, ça avait tendance à me déstresser. J'aimais que tout soit bien à sa place, que ce soit beau et juste comme il faut. C'était la seule chose dans ma vie que j'arrivai encore à contrôler.

Après avoir mis aux fours plusieurs plaques de cuisson où étaient étalés une trentaine de cookies rosés tous bien ronds, et être passée vite fait au bureau de tabac acheter une barre chocolatée Mars, j'étais allée chercher ma dernière commande, que j'avais laissé dans ma voiture. Sur le siège passager était posé une pile de cartons que j'avais reçu le matin même, directement à la maison. Y avait tout un tas de nouveaux moules et de colorants alimentaires naturels dedans. Je les avais commandé trois jours plutôt, sur un site spécialisé en pâtisserie, en pleine nuit alors que j'arrivai pas à dormir. Les insomnies arrêtaient pas, depuis que j'étais revenue de mon dernier « voyage ». Du coup, j'en profitais pour inventer de nouvelles recettes. Je notais tout dans un cahier de brouillon, où étaient griffonnés des croquis mal dessinés et des idées balancées sur le papier un peu au hasard. J'écrivais tout ce qui me passait par la tête. Y avait des trucs vraiment merdiques, mais parfois je me surprenais. Je voulais innover un peu. Proposer de nouvelles formes de gâteaux, mélanger de nouvelles saveurs. Ça m'occupait et surtout ça me faisait penser à autre chose. Pile ce qu'il me fallait.

Les cartons dans les bras, j'étais retournée dans la boutique, avec quelques difficultés pour y voir correctement. J'avais peut être vu un peu trop grand. C'était pour ça d'ailleurs que j'avais légèrement sursauté quand la voix de Jules s'était fait entendre. Il était déjà là ? Bordel, je l'avais même pas vu entrer, et pourtant je m'étais pas beaucoup éloignée ! C'était un ninja le mec ou quoi ?

Avant même que je puisse répliquer quoi que ce soit, il avait récupéré mes cartons et entreprit d'aller les poser le comptoir tout seul, comme un grand. On aurait pu se partager la pile, hein. Quoi que j'étais pas la mieux placée pour critiquer, j'avais rien dis non plus. J'étais trop occupée à essayer de luter contre le malaise qui se ramenait en force alors que je me rendais compte que oui, Jules Verne était bien là. Putain. On avait beau avoir failli crever ensemble et tout, je pouvais pas m'empêcher de me rendre compte que ça allait vraiment être une discussion... privée. Y avait personne d'autre de présent. Et j'aimais pas ça. Je lui faisais pas encore assez confiance pour être totalement à l'aise. C'était un peu un pote, un compagnon de galère, mais pas un ami.

- Euh... merci.

Il avait apporté des berlingots. C'était sympa. Mais pourquoi fallait qu'il m'offre quelque chose ? Et surtout... des bonbons. Pour le coup, je crois que j'aurai préféré des fleurs. La vue des sucreries avait tendance à me rappeler Sugar Rush. Ce qui me plongeait dans la mélancolie et la déprime plus efficacement qu'une pub triste diffusée au Super Bawl. Mais j'allais pas le lui dire ça. Je me contentais juste de prendre poliment la bonbonne qu'il me tendait, en essayant de pas trop fixer les berlingots colorés qui attiraient un peu trop le regard. J'allais ressembler à un chien battu sinon.

- Que... quoi ? T'as emmené un CV ? Et une lettre de motivation ? Tu déconnes ?

Un petit rire nerveux m'avait échappé, alors que j'avais entre les mains ses papiers qu'il avait l'air tout fier de me donner. Putain. Il était sérieux. Il avait ramené tout un dossier limite, parce qu'il voulait bosser dans ma pâtisserie. Waouh. Il cesserait jamais de me surprendre en fait.

J'essayais de reprendre mon sérieux, en faisant défiler les pages de son CV que je parcourus rapidement. Il avait vraiment noté tout les bouquins qu'il avait écrit ? J'étais pas sûre que ça soit nécessaire mais bon. Tout en continuant à lire, je passais derrière le comptoir sur lequel je déposais la bonbonne puis, au bout d'un moment, la pile de feuilles. Croisant les bras, je reportais toute mon attention sur Jules qui avait presque l'air de frétiller d'impatience.

- Alors ton CV est... super impressionnant. Bon je crois que j'ai lu aucun de tes bouquins, m'en veut pas trop. Mais t'as l'air d'avoir été un auteur hyper prolifique. Le truc... c'est que t'as passé quasi toute ta vie à écrire des livres. T'as aucune expérience dans le domaine de la pâtisserie, ou même de la restauration. Je vais être sincère : ça pose problème. Si je dois embaucher quelqu'un, faut que ça soit une personne qui s'y connaisse un peu. Je pourrai toujours essayer de t'apprendre mais... en ce moment, j'ai pas le temps.

Et pas l'envie. Et pas la patience. Et pas le plaisir de le faire. C'était compliqué. Je recherchai la compagnie autant que je la fuyais. Je ressentais le besoin de m'isoler, d'être seule avec moi-même. Je me sentais pas de devoir tout apprendre à Jules. J'étais pas au top de ma forme pour ça.

- Peut être que tu sais cuisiner ? Ou même faire quelques gâteaux ? Si t'es intéressé et motivé, on peut toujours faire une journée d'essai. Voir un peu plus. Histoire de voir comment tu te débrouilles.

Je fuyais un peu son regard, de peur de voir la déception ou pire la colère sur son visage. J'avais pas envie d'entrer en conflit avec lui. Mais là ce qui me demandait, c'était pas rien. Ma pâtisserie était sacrée. Je pouvais pas laisser n'importe qui y toucher, on va dire. Si quelque chose se passait mal... J'allais péter un câble, ça je le savais d'avance.

- Mais je comprends pas pourquoi tu veux bosser ici, par contre. Tu serais plus à ta place dans une librairie, non ? Voir même à la bibliothèque. Vu que ton truc c'est les bouquins, tout ça. Je suis pas sûre que t'es envie de m'avoir comme patronne en plus. Quand ça concerne la pâtisserie je peux devenir encore plus chiante que d'habitude.

L'idée me faisait presque marrer. J'avais pris un ton amusé, en tout cas. Même si c'était la vérité. Si il bossait ici, je serai intransigeante. Voir même violente. On plaisante pas avec la pâtisserie ! Et puis faut penser à la pression, à la précision, connaître les produits, savoir renseigner les clients, utiliser la caisse... Est-ce que pour un mec paumé comme Jules, ça irait ?

- Je t'abandonne trente secondes, faut que je vérifie la cuisson de mes cookies. Tu verras, ils sont pires que des gamins à surveiller.

Avec un soupire, je pivotais pour me diriger vers l'arrière boutique, ma jupe se gonflant légèrement sous le mouvement. C'était pas un tutu, pourtant. Mais je trouvais ça chiant. Si j'avais su en plus, j'aurai porté quelque chose de plus sérieux que ça. J'avais bien un leggins en dessous, mais je préférai aller bosser en jean et débardeur, en général. Je portais juste cette jupe pour faire plaisir à Sir Simon, qui s'était extasié devant quand il l'avait trouvé au fond de mon placard. J'avais complètement zappé que j'avais ce machin.

- Tu veux venir voir ?

J'avais fais demi tour pour me pencher par l'encadrement de la porte et faire un petit signe de la tête à Jules. Si il se montrait curieux, ça pourrait être un plus. Les cookies se vendent super bien, en plus. Y a plutôt intérêt à savoir maîtriser la recette et surtout la cuisson du coup.


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________________________________________ Jeu 9 Mar 2017 - 19:59

« Si tu veux m'essayer... »

Sans jurer toujours. Juste pour y goûter. Sans parler d'amour.

Robyn n'avait lu aucun de mes livres, vraiment ? La déception dut se lire sur mon visage à cet instant, car je lui avais offert le manuscrit du Requiem des Oubliés à Noël et j'avais espéré qu'elle en avait apprécié les passages la concernant. J'avais dépeint sa bravoure ainsi que son caractère enfantin, en omettant certains jurons bien trop colorés. Apprendre qu'elle ne l'avait pas même survolé m'emplit d'un sentiment de frustration. Décidément, l'éditeur avait peut-être raison : mes histoires n'intéressaient plus les gens de ce siècle. J'étais un auteur d'un autre temps, résigné à vivre d'autre chose que de ma plume. Cette constatation me donna l'impression d'avoir avalé une immense pierre qui élut domicile quelque part dans mon ventre. Terrible fatalité d'apprendre que l'on n'est plus bon à rien. Pourtant, je voulais être utile à vivre et à rêver...

De plus, j'avais la désagréable sensation que la demoiselle ne semblait pas encline à me fournir du travail. Ses paroles annonçaient déjà un refus. J'aurais pu protester, prétendre que j'avais été commis en cuisine dans mon jeune temps ou assistant boulanger, mais ce mensonge ne m'aurait aucunement rendu service. La vérité éclaterait tôt ou tard.

Une lueur d'espoir éclaira mes pupilles alors qu'elle me proposait une journée d'essai. J'ignorais ce que cela représentait mais je hochai vigoureusement la tête.

"Vous avez tout loisir de m'essayer, j'en serais enchanté."
approuvai-je avec un sourire. "Je ne connais peut-être pas grand-chose à l'art de pâtisser, mais je suis motivé et l'effort ne m'effraye pas."

Elle évoqua la possibilité de travailler au milieu des livres. Mon expression enjouée se ternit et je répondis évasivement, tout en faisant un pas vers elle tout en contemplant mes chaussures :

"J'ai proposé mon aide à Anatole pour m'occuper des ouvrages de la bibliothèque scolaire mais il ne m'a pas donné de réponse favorable."

Un tic agacé crispa brièvement le coin de mes yeux, qui disparut bien vite alors que je relevai la tête pour croiser le regard de Robyn. Elle me proposa de l'accompagner afin de vérifier la cuisson des cookies. Je lui emboitai le pas tout naturellement, mes yeux se baissant machinalement sur le bas de sa jupe courte qui voletait à chacun de ses pas. Quelle curieuse idée de porter un pantalon moulant en dessous. Il ne cachait en rien ses courbes préoccupantes. Je ne comprenais pas du tout l'intérêt de cacher les jambes sans les cacher. La mode était devenue si étrange ! Bien que très libérale par d'autres côtés. Parfois, il m'arrivait d'être agréablement surpris par la légèreté avec laquelle certaines femmes se vêtaient. Je ne pus m'empêcher de penser que cette tenue allait à ravir à la demoiselle. Je faillis lui en faire le compliment mais me ravisai, m'apercevant qu'elle s'était arrêtée devant le four et qu'elle m'observait. Aussitôt, je levai les yeux afin qu'il n'y ait pas de malentendu.

Je m'approchai davantage pour regarder les fameux cookies à l'intérieur, tous alignés comme de petits soldats sucrés prêts à partir sur le champ de bataille de nos estomacs. J'ouvris de grands yeux gourmands puis les posant sur la demoiselle, je suggérai avec espièglerie :

"La cuisson est terminée, il me semble."

Je me tournai ensuite à la recherche de gants insensibles à la chaleur. Je finis par les trouver. Je les enfilai adroitement et entrepris de sortir les plaques du four. Je ne savais trop où les poser. Je restai un petit moment à observer la pièce, avant de trouver une échelle en métal sur laquelle je fis coulisser les différentes plaques, une à une. Je renouvelai l'opération jusqu'à ce qu'elles soient toutes sur l'échelle. Puis, joliment fier de ma prouesse, je pivotai vers Robyn, portant toujours les gants épais qui couvraient mes bras jusqu'aux coudes.

"Ai-je réussi l'essai ? Suis-je embauché ?" demandai-je.

J'étais persuadé de l'effet positif qu'avait eu cette expérience sur la jeune femme. Elle devait être impressionnée de me voir me débrouiller si facilement.

"Je pourrais m'occuper de la cuisson des pâtisseries, pendant que vous les façonnerez. Nous formerions une bonne équipe."
repris-je d'un ton entendu.

De toutes façons, il n'y avait pas à discuter. L'emploi du conditionnel était presque inutile. Je n'avais pas besoin de son approbation : je savais que j'avais réussi remarquablement.

Je lui lançai un regard ravi mais soudain, une expression indécise apparut sur mon visage.

"Oh, il me semble avoir oublié un détail lors de l'essai." dis-je en tapotant mon menton du bout du doigt. "Veuillez me pardonner. Je reprends l'exercice."

J'enlevai mon manteau que je posai au coin du plan de travail. Après quoi je sortis de la pièce, attendis quelques secondes, puis entrai à grands pas décidés. Avisant le plan de travail, je pris une grande inspiration et fis le chemin qui me restait à parcourir jusqu'à Robyn. Là, je lui pris la main et l'entraînai doucement vers le plan de travail. Je la sentais très raide, elle me fixait comme si elle hésitait à me frapper pour me repousser. Pourtant, je n'avais encore rien fait. En analysant son regard, j'eus une hésitation. Etait-ce la bonne méthode afin d'obtenir du travail ? Elliot m'avait certifié que cela fonctionnait, mais j'avais quelques doutes.

"Me permettez-vous de...?"

Je n'achevai pas ma phrase, plongeant mon regard dans le sien sans ciller. Elle avait l'expression interrogatrice des femmes qui redoutent la suite tout en l'espérant avec ardeur. Encouragé par cet accord tacite, je la saisis par la taille et la fis pivoter pour l'asseoir sur le plan de travail, sans préambule. Mes mains effleurèrent sa jupe avant que je ne les enlève précipitamment.

"Me permettez-vous de poursuivre l'entretien plus avant ?" demandai-je tout en baissant les yeux vers ses lèvres.

Un étrange fourmillement parcourut mon échine, mélange d'inquiétude et de... désir. Je détournai vite le regard pour le poser sur le balai que j'attrapai d'un geste si vif que je manquai de me cogner avec le manche.

"Je ne redoute nullement les corvées ! Je peux vous le montrer en balayant toute la farine sur le sol."

Ma première intention n'était pas celle-ci, mais je ne pouvais décemment pas me comporter ainsi uniquement pour obtenir un emploi. Je trouvais cela rabaissant, à la fois pour elle et pour moi. Par contre, en d'autres circonstances, je n'aurais pas hésité. Tant pis si je n'étais pas embauché, au final. Si le monde du travail devenait tellement vulgaire, je serais sans le sou avant la fin de l'année. En tous les cas, je me refusais certaines choses par nécessité : j'avais des principes.

Je commençai à passer le balai rigoureusement, les yeux focalisés sur le sol alors que la brosse soulevait des nuages de farine, de sucre et miettes. Mes pensées étaient en désordre et j'espérais y faire également le ménage par ce biais. A la fin de mon ouvrage, j'avais été si minutieux que le sol donnait l'impression d'avoir été lustré. M'arrêtant enfin, je m'appuyai contre le manche de mon balai et me résolus à tourner la tête vers Robyn :

"Voyez... je suis apte à tous les... travaux."
dis-je en masquant difficilement ma respiration essoufflée.

Tout compte fait, l'autre activité aurait été moins éprouvante. Quoique...
En tous les cas, cela aurait été nettement plus agréable que de se démener sur le sol.


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________________________________________ Lun 20 Mar 2017 - 0:16





Elu passeur de balai de l'année !

Toujours assise sur le plan de travail, j'observais Jules passer le balai comme si sa vie en dépendait. Il se débrouillait vachement bien. Si il pouvait commencer à faire la vaisselle aussi, ça serait super. Absolument parfait. Qu'il continue les initiatives, comme quand il avait retiré les cookies du four ou qu'il avait décidé de nettoyer le sol. C'était que je voulais voir et surtout que j'attendais d'un employé. Qu'il passe le balai. Qu'il s'occupe tout seul comme un grand. Qu'il... putain, mais pourquoi il avait ça ? Ce truc là. J'essayais de penser à autre chose, de me focaliser sur ce balai qui soulevait des tonnes de farine du sol, mais c'était impossible. J'arrivais pas à faire autre chose que me repasser cette scène que j'arrivais pas à expliquer. Mais putain, que ce qu'il s'était passé ?

- C'est... excellent. Je crois que le sol a jamais été aussi propre. C'est excellent. Vraiment... excellent.

Je hochais la tête en continue, comme un de ces chiens moches que les gens aiment bien installer à l'arrière de leur voiture. En m'en rendant compte, je me figeais aussitôt et agrippais le rebord du plan de travail. Fallait que je le calme. Que j'arrête de réfléchir et surtout de me faire des films. Jules m'avait juste assise là pour me prouver qu'il était super doué avec un balai. Fallait pas que je sois dans ses pattes, c'est tout. Voilà. C'est tout. Hum.

- Donc tu sais passer le balai. Bon point pour toi. C'est un truc qu'on doit faire souvent. Passer le balai, je veux dire. Genre cinq fois par jour, voir même plus. La farine ça se fout partout, t'en auras pleins les fringues à chaque fois. Faudra pas que tu mettes du noir, d'ailleurs. L'idéal, ça serait de porter un tablier. Je dois en avoir un qui traîne mais je pense qu'il est beaucoup trop petit pour toi. Sinon porte une tenue moche ou que t'aimes pas. Je m'en fous de ta façon de t'habiller. Si les clients te critiquent, t'as le droit de les envoyer bouler sans problème. Ils ont l'habitude.

C'était à ça qu'on reconnaissait les fidèles, d'ailleurs. Même après s'être fait engueuler, ils revenaient encore. Et puis y avait ceux qui partaient en pleurant, qui gueulaient qu'ils allaient porter plainte, qu'ils allaient pousser tout le monde à boycotter ma pâtisserie... Mais la plupart du temps, ceux là revenaient aussi. L'appel du cupcake cœur coulant au caramel était plus fort que tout.

- Je dis ça mais t'excites pas encore hein, t'es pas encore embauché. Il faudra bien plus qu'un coup de balai et un plaque de cuisson retirée du four pour me prouver que t'es apte à survivre dans cet environnement.

Avec sérieux, j'osais lever les yeux vers son visage. Je les détournais presque aussitôt. Merde. Mes joues commençaient à me chauffer. J'étais quand même pas entrain de rougir ? Putain ! C'était pas sérieux ça ! Y avait pas de raison pour que je me mette à surchauffer ! Son visage s'était déjà trouvé très proche du mien, je l'avais même embrassé. Y avait pas mort d'homme ! Merde quoi ! J'allais potentiellement être sa boss, valait mieux que je me laisse pas distraire par quoi que ce soit. Parce qu'il y avait vraiment rien de distrayant ! Et puis que ce que je foutais encore sur ce foutu plan de travail ?

Je pris un peu d'élan et en descendis, puis lissais ma jupe nerveusement en me concentrant sur le sol tellement propre que je le reconnaissais à peine. J'avais l'habitude des miettes, des pépites de chocolat écrasés, du sucre en poudre qui croustille comme du sable sous les semelles des chaussures. Quand je nettoyais, en général, ça redevenait sale une minute après. C'était ça aussi, les joies de la pâtisserie. Vivre dans un monde sucré, en ayant le visage aussi poudré que celui de Marie-Antoinette à cause de la farine qui voletait partout. Tout le temps. Et en assez grande quantité pour que mes fringues noires ressortent blanches après avoir passé une heure dans la cuisine.

- Bon.

Je claquais mes mains l'une contre l'autre, en essayant d'avoir l'air motivée. Ou au moins un peu enjouée. C'était pas gagné, mais il allait falloir faire avec. Valait mieux commencer à faire quelque chose, sinon j'allais continuer à repasser la même scène dans mon esprit confus et je risquais de paniquer pour rien. Du coup je deviendrai méchante, je gueulerai un bon coup, lui enverrai quelques cookies dessus, alors qu'il n'y avait pas de raison. C'était moi qui... imaginais des choses. Fallait que je continue à penser comme ça.

- Est-ce que t'as déjà fais des muffins ? Ou est-ce que t'en as au moins déjà mangé ? Parce que c'est ce qu'on va faire maintenant. Des muffins aux mars. C'est pas trop difficile, faut juste savoir mélanger des ingrédients dans un saladier. Si tu sais passer le balai, alors ça aussi tu vas savoir le faire.

C'était totalement ironique ce que je venais de dire. Ça allait me rester, le coup du balai. Faut dire que Jules Verne qui passe le balai, c'était plutôt original. Et assez inattendu. J'aurai plutôt pensé qu'il chipoterait pour faire le ménage. Mais non. Même pas. C'était de sa propre initiative. Surprenant. Vraiment.

- Je te laisse aller chercher la farine et le sucre. Ils sont dans les étagères là bas.

D'un geste de la main, je lui indiquais l'endroit, pendant que je plaçais sur le plan de travail un grand saladier métallique, bientôt rejoint d'un fouet, d'un doseur, d'un gros couteau et d'une planche à découper. J'allais récupérer dans la réserve un paquet de mars et un sachet de levure, que je déposais à côté des ustensiles. Manquait encore les œufs, mais ça c'était dans le frigo, avec une plaquette de beurre demi sel.

- T'es à l'aise avec les couteaux ? J'ai besoin que tu me coupes en morceaux les barres de mars. Idéalement, faudrait qu'ils fassent cinq centimètres de large. Sinon essaie juste de faire en sorte qu'ils aient à peu prêt la même taille. À moins que tu préfères faire la pâte ? T'as le choix. Mais choisi ce que tu penses pouvoir le mieux maîtriser parce que si tu te loupes, tu pourras aller t'inscrire au Pôle Emploi. Et je t'aiderai même pas.

Je pointais vers lui le fouet, comme si c'était une arme. Ouais, je le menaçais. Mais fallait qu'il comprenne que c'était très sérieux. Et qu'il pouvait pas faire n'importe quoi.

- D'ailleurs, si tu veux bosser ici, vaudra mieux que t'évites de m'asseoir sur le plan de travail. Ou ce genre de choses.

Voilà. J'en avais parlé. Mes joues recommençaient à surchauffer et j'avais du mal à croiser son regard mais au moins, c'était dit. C'était clair. Plus de malentendu. Y en aurait plus. C'était sûrement rien du tout, cette histoire de plan de travail. C'était pour ça que je m'énervais pas. Je voulais pas m'énerver. Surtout que c'était sûrement juste moi qui me la jouais parano. Mais au moins ça se reproduirait plus. Il était prévenu. Y avait pas de raison pour que ça redevienne super spé. Et que...

Une sonnerie retentit, me faisant sursauter. Je fis tomber dans le saladier le fouet que j'arrêtais pas de faire tourner dans ma main sans m'en rendre compte. Sauver par le gong. Merci la clientèle !

- On va garder les muffins pour plus tard du coup. C'est l'occasion de voir comment tu débrouilles avec les clients. Passe le premier et fais une tête de charmeur, j'entends des voix de gonzesses.

Pendant qu'il rejoignait la boutique, je me lavais les mains rapidement et les essuyais dans un torchon, en prenant de grandes inspirations pour essayer de me calmer. Fallait pas que je sois trop rouge, ça risquait de jaser à mort sinon. Déjà que la cliente présente était limite entrain de s'extasier devant Jules...

- Vous me rappelez mon ex-mari, paix à son âme. Il était aussi grand que vous, mais moins bien bâti. Quand il était jeune, on peut dire qu'il était plutôt musclé. Pas trop, juste assez pour qu'il soit rangé dans la catégorie des "bien bâtis". Dans tout les sens du terme. Malheureusement au bout d'un certain âge, ça s'affaisse, vous savez ? Mais vous, vous avez encore le temps, avant de penser à ce genre de choses.

La grand-mère le dévorait du regard. Il aurait été un fondant au chocolat que ça aurait été pareil. À noter : mes pâtisseries étaient pas plus appétissantes que Jules Verne. Ça me posait problème ça.

- En tout cas, c'est un plaisir de vous rencontrer monsieur...

Elle roucoulait tellement qu'elle risquait de se transformer en pigeon à tout moment. Je levais les yeux au ciel. Comment il faisait pour faire fantasmer les petites vieilles ? Ça prouvait bien qu'il était un vieux en fait.

- Monsieur que-ce-que-vous-voulez. Il est en apprentissage, du coup ça serait bien que vous vous dépêchiez de commander pour qu'on puisse retourner pâtisser. Ça sera plus intéressant pour lui.

Je m'étais rapprochée pour faire face à la vieille qui n'avait pas l'air de faire attention à moi. J'étais obligée d'intervenir là. Si Jules devenait la nouvelle attraction des grands-mères, ça allait être la merde. La pâtisserie risquait devenir leur nouveau lieu de rendez-vous et il était hors de question que ça empeste le parfum vieillot et le chat. Il pouvait pas faire la gueule comme tout le monde et éviter de faire un numéro de charme involontaire aux petites vieilles ? Fallait vraiment qu'il apprenne à s'adapter à la clientèle.


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________________________________________ Sam 25 Mar 2017 - 18:59

« Il était une fois... »

Une vieille dame, son dentier, une pâtissière et beaucoup d'embarras.

Je n'avais pas la prétention de connaître mademoiselle Candy, cependant je devais admettre que son comportement était de plus en plus étrange. Sans doute avais-je commis un impair en la perchant sur le plan de travail ? Avait-elle compris mon but premier en m'exécutant ? Je la soupçonnais d'avoir moins de candeur que je ne l'aurais cru. A moins qu'elle n'ait été profondément impressionnée par mon coup de balai expressif ? Je ne savais qu'en penser. Cela était-il fâcheux ? Autrefois, je n'aurais pas tant tergiversé. Je connaissais le coeur féminin bibliquement et toutes les failles par lesquelles insinuer un irrésistible compliment. Hélas, ce siècle bouleversait mes habitudes et mes convictions. Ce que je n'aurais hésité à accomplir en mon époque devenait un véritable défi dans celle-ci. Chaque décision, chaque acte menait à une nouvelle difficulté imprévue.

Que se serait-il passé si au lieu d'attraper le balai, j'avais décidé d'aller au bout de mon entreprise ? Je m'interrogeais car en réalité, j'ignorais le dénouement de cette éventualité. Comment se faisait-il que je réfléchisse autant sur une question aussi futile ? A l'époque, je ne donnais pas tant d'importance à ce genre de choses. Ce vingt et unième siècle avait déjà un effet néfaste sur mon cerveau. Etait-ce dû à la pollution ambiante ?

J'avais baissé les yeux sur ma tenue lorsque Robyn avait évoqué un changement vestimentaire indispensable.

"Je vous remercie pour la considération que vous portez à mes habits, mais j'ai évidemment l'intention d'adopter un style vestimentaire plus rudimentaire, en adéquation avec les travaux de cuisine. Ce que je porte aujourd'hui est d'ordre purement esthétique."

Oui, je reconnaissais sans aucune réserve que la façon de me vêtir reflétait mon bon goût et l'élégance d'un siècle révolu. Parfois, je me sentais incroyablement moderne de porter un accoutrement de l'époque présente. D'ailleurs, Elliot et la petite Apolline m'avaient fréquemment emmené faire ce qui s'appelait le "shopping".

Pendant ce temps, Robyn était enfin descendue de son perchoir. Elle me proposa de confectionner des muffins et j'esquissai aussitôt un grand sourire enthousiaste.

"Des muffins en mars ! Justement, nous sommes en mars, c'est absolument parfait !"
approuvai-je en omettant une nuance importante sans m'en apercevoir.

J'allai me quérir de la farine et du sucre à grands pas avant de revenir pour déposer mon fardeau sur le plan de travail. Pendant ce temps, Robyn avait amené des ustensiles ainsi que le reste des ingrédients. Je lus sur un emballage de barres chocolatées le mot "Mars". Aussitôt, les précédentes paroles de la jeune femme me parurent plus claires. Cesserai-je un jour de paraître hors de propos la grande majorité du temps ?

Couper les barres chocolatées en morceaux avec le couteau. Faire la pâte. S'inscrire à Pôle Emploi. Ne plus asseoir Robyn sur le plan de travail.

A mesure qu'elle parlait, je dressai une liste mentale des choses primordiales. Lorsque je ne comprenais pas certains termes, comme le nébuleux Pôle Emploi -s'agissait-il d'un pôle se rapprochant de l'Arctique ou de l'Antarctique ? En avait-on découvert un troisième, bien que cela soit improbable ?- je préférais tout retenir par coeur, afin de me documenter ensuite. Cependant, ce qui figurait en dernier sur la liste me sembla instantanément prioritaire. Je baissai les yeux vers Robyn dont les joues avaient pris une délicate couleur cramoisie. Son regard semblait fuyant. Oh, elle éprouvait de l'embarras. Je réfléchis à la meilleure façon de la mettre à l'aise. Devais-je la rassurer en lui promettant que jamais plus je ne donnerais d'autre fonction au plan de travail que celle de confectionner des pâtisseries ? Etait-ce seulement utile d'apporter une précision aussi ridicule ? En détaillant la jeune femme à la dérobée, je me résolus à ne pas mentir, car je ne pouvais rien promettre.

La sonnerie de la boutique retentit jusqu'ici. La jeune femme sursauta et j'eus un léger sourire exubérant, à la fois amusé par sa réaction mais surtout enthousiasmé à l'idée d'aller accueillir une cliente. Je m'élançai d'un pas hardi jusqu'au comptoir que je dépassai allègrement pour me retrouver face à une dame âgée qui sentait un parfum entêtant et la naphtaline. Je la saluai en inclinant brièvement la tête -j'avais troqué mes révérences contre ce moyen plus passepartout- et lui adressai un grand sourire aimable. Elle fut instantanément séduite. C'était bien trop facile. Robyn allait être ravie de la voir "charmée" si rapidement.

La vieille dame était fort charmante. Dans la minute qui suivit, elle mentionna son défunt mari. D'après elle, je lui ressemblais. Lorsqu'elle parla du fait que le corps avait tendance à s'affaisser, je fus contraint d'acquiéscer, fataliste, en songeant que j'aurais dû faire davantage d'exercice à l'époque, afin de me maintenir en bonne santé (la blessure à la jambe n'avait pas aidé en ce sens). On ne m'y reprendrait plus ! Pour cette nouvelle existence, j'avais hâte de monter de nouveau à cheval et de parcourir de longues distances. Il n'existait rien de meilleur !

Sans que j'en comprenne la raison, Robyn surgit subitement et coupa notre conversation, alors que j'allais me présenter. S'agissait-il d'une méprise ou éprouvait-elle de la jalousie ? Elle se planta devant la vieille dame comme pour la toiser ou la mettre au défi de rester plus longtemps. Cette perspective m'arracha un sourire amusé. Il y eut un bref duel de regards entre les deux donzelles avant que la vieille dame ne pose de nouveau les yeux sur moi, en demandant d'un ton plaintif :

"Est-ce que vous auriez un gobelet, mon petit ?"

Je supposai qu'elle souffrait de la gorge, aussi je m'empressai d'aller lui remplir un verre d'eau dans l'atelier, depuis l'évier. J'eus une brève pensée reconnaissante pour l'eau courante qui était une véritable révolution, même si pour le reste du monde entier, cela était devenu "banal" et ordinaire. Heureux les insouciants hommes du présent...!

Je retournai ensuite dans la boutique et lui tendis gentiment le verre. J'eus beaucoup de difficulté à garder une expression affable quand elle enleva son dentier pour le placer dans le récipient transparent. Malgré tout, je me félicitai de ne pas avoir bougé, car pour une obscure raison, elle n'avait pas saisi le verre. Je le tenais toujours, avec la prothèse dentaire qui avait coulé au fond tel un navire naufragé d'un très vieil acabit.

"J'avais quelque chose coincé entre les dents et ça me gênait." expliqua la vieille dame d'un ton légèrement différent, causé par l'absence de dentition dans sa bouche. "Il faut le remuer, voyons ! Remuez, remuez !"

Sans prévenir, elle plaqua sa main autour de la mienne, toujours crispée autour du verre, et agita ce dernier. Je frissonnai et masquai une grimace de dégoût alors que je sentais le liquide éclabousser ma peau. Il faut savoir rester professionnel en toutes circonstances. J'espérais que cela allait faire grande impression auprès de Robyn.

"Vous avez beaucoup de sang-froid ! C'est bien ça, chez un grand gaillard tel que vous !"
approuva la vieille dame en caressant brièvement ma main avant de la lâcher.

"J'ai une certaine expérience dans le domaine des dentiers."
dis-je d'un ton crispé.

"Oh, vraiment ?"
s'étonna-t-elle.

"Ma femme en avait un, dans les dernières années de sa vie." poursuivis-je tout en écartant les doigts un à un du verre, ne le tenant plus que par le pouce et l'index.

La vieille dame battit des cils, à la fois intriguée et déconcertée, et je m'aperçus tardivement de ma maladresse. Afin d'éviter un impair supplémentaire, je proférai un mensonge discutable :

"Elle a été touchée par une terrible maladie qui lui a fait perdre toutes ses dents. Malgré son... jeune âge, elle a été contrainte de porter un dentier. Hélas, la maladie l'a tout de même emportée."

J'étais plutôt doué pour inventer de belles ou de tragiques histoires. Autrefois, ce talent de conteur m'avait valu de nombreuses conquêtes. A présent, le but n'était radicalement pas celui-ci, même si la vieille dame buvait mes paroles aussi bien que les jouvencelles de l'époque. A croire que les moeurs n'avaient pas tant changé que cela, tout compte fait. Cette constatation m'emplit d'une confiance nouvelle et je posai un bref regard perçant sur Robyn. J'en étais à me demander si ce genre d'histoires pourrait la faire chavirer quand la vieille dame déclara d'un ton attristé :

"Oh, comme je vous plaint, mon petit ! Si jeune et déjà si bouleversé par le deuil de votre bien-aimée ! J'ai exactement ce qu'il vous faut pour vous consoler !"

Son regard était à la fois cajoleur et profondément compatissant. Je préférai garder mes distances avec le verre et le dentier entre nous. Mon charme agissait peut-être un peu trop fortement, à mesure que les minutes s'écoulaient.

"Chaque samedi, je vais à mon club de bingo. J'adore remuer les bouboules du bingo ! Nous sommes plusieurs amies à nous réunir. Vous pourriez venir, une fois !" proposa-t-elle avec un grand sourire.

"Je vous promets d'y réfléchir." dis-je en pivotant vers le comptoir pour poser ENFIN le verre contenant le dentier de l'horreur.

J'observai Robyn du coin de l'oeil, qui jugeait chacun de mes faits et gestes. Je devais me montrer irréprochable. Il s'agissait d'un défi que je devais réussir.

"Avez-vous fait votre choix ?" demandai-je aimablement tout en sortant mon mouchoir afin d'essuyer ma main mouillée.

La vieille dame me fixa un certain temps, comme pour répondre positivement à ma question, et j'avalai ma salive assez raidement. Elle s'approcha ensuite d'un présentoir chargé d'éclairs à différents parfums.

"Je vais prendre trois éclairs à la vanille et deux au café. Il faudrait me les pré-découper."

"Nous pouvons les pré-macher également, si vous le souhaitez."
laissai-je échapper sur le ton de la plaisanterie.

"Oh, vous feriez ça ?" fit-elle, émerveillée, en battant de nouveau des cils.

Je n'attendais pas autant d'ardeur pour une telle blague. Indécis, je tournai la tête vers Robyn et préférai prendre les devants en répondant :

"Non."

La vieille dame ne parut pas déçue outre mesure. Alors que j'étais occupé à découper chaque éclair en trois morceaux, elle observa d'autres présentoirs, sans trouver sa convenance.

"Vous avez des biscuits secs ?"

Je venais de terminer de disposer les morceaux d'éclairs dans une boîte cartonnée. Sans lever les yeux de mon ouvrage, je déclarai prudemment :

"Il me semble que cela soit une mauvaise idée avec votre dentier."

"Ne vous en faites pas, je les suce !"
répliqua-t-elle du tac au tac.

Je m'étranglai avec ma salive sous le coup de la surprise. La femme resta parfaitement impassible, alors que je m'interrogeai sérieusement sur le sens profond de ses paroles.

"Vous ne sucez pas, vous ?"
demanda-t-elle en tournant la tête vers Robyn.

Oh, misère... Je décidai de venir au secours de la demoiselle en revenant à la conversation initiale.

"Combien de biscuits secs voulez-vous ?"

Je me retenais de rire à grand-peine. Je me précipitai vers le présentoir surmonté de biscuits parsemés de sucre rose et jaune, muni d'un sachet en papier et d'une pince argentée dans mon autre main. La vieille dame remit posément son dentier et réclama trois cent grammes de biscuits. Je plaçai le sachet en papier sur la balance juste derrière le comptoir et une fois le poids atteint, encaissai le tout.

"Il va falloir que quelqu'un emmène tout ça jusqu'à ma voiture." déclara-t-elle en observant la boîte cartonnée ainsi que le sachet posés sur le comptoir comme si c'était au-dessus de ses forces.

Je me proposai aussitôt, attrapant galamment les emballages pour les porter au dehors, à sa suite. Une fois dans la rue, je m'aperçus qu'aucune voiture n'était garée au bord du trottoir, hormis le véhicule très particulier de mademoiselle Candy. Je cherchai de tous côtés, bien dépité.

"Je n'ai plus de voiture depuis que Norbert est mort."
dit la vieille dame en tapant sa main sur son front comme si elle s'en souvenait seulement maintenant. "Vous seriez un ange en me portant tout ça chez moi."

"Où est-ce, chez vous ?"

"Juste là." fit-elle en désignant une petite maison proprette au bout de la rue.

J'esquissai un pas avant de me raviser, me rappelant les nombreux sous-entendus de la vieille dame. Certes, elle était charmante, mais mieux valait rester prudent. Entrer dans son antre était une très mauvaise idée.

"Oh, que vous êtes gentil, mon petit. Je vais vous donner une pièce, tenez."

La diablesse savait entourlouper pour obtenir du résultat. Ainsi, elle était déjà occupée à fouiller dans son porte-monnaie, afin de ne me laisser aucune possibilité de rétractation. Elle me tendit un billet de dix dollars et je fus flatté de tant d'égards.

"Vous êtes trop bonne."
dis-je avant de toussoter.

Loin de moi l'idée de l'encourager. Cette histoire prenait des proportions inquiétantes. Les yeux de la vieille dame pétillèrent.

"Je ne puis aller chez vous. Comme l'a dit mademoiselle Candy, je suis en apprentissage. Quitter mon poste de travail serait considéré comme une démission."

Elle sembla déçue mais resta souriante malgré tout.

"Vous êtes si méritant ! Gardez tout de même ma petite pièce. Ce n'est pas grand-chose, mais ça mettra du beurre dans les épinards !" dit-elle en tapotant mon bras et en s'y attardant un peu trop.

Je fronçai les sourcils sans comprendre le rapport avec la matière grasse et le légume vert. Elle me prit les paquets des bras et les souleva sans aucun effort -il faut préciser que ce n'était vraiment pas lourd.

"Si vous changez d'avis, je suis ouverte à toute heure du jour et de la nuit." précisa-t-elle avec un clin d'oeil. "Et n'oubliez pas le bingo, chaque samedi à la maison de retraite ! On s'y fait des tas d'amis !"

Je la remerciai une dernière fois avant de retourner en vitesse à l'intérieur de la pâtisserie. Je m'adossai contre la porte fermée et poussai un profond soupir de soulagement. Puis, je me redressai en me souvenant que Robyn était toujours là. Je pliai le billet de dix dollars avec application dans ma main avant de le ranger dans la poche intérieure de mon veston. J'étais certain que la jeune femme l'avait vu. Il était important qu'elle remarque que les clients m'appréciaient.

"Je resterai à la vente pendant que vous pâtisserez."
déclarai-je d'un ton décidé en m'avançant dans la boutique.

De cette façon, vous n'aurez plus à craindre de vous retrouver assise sur le plan de travail. songeai-je, mais je me gardai bien de le dire car je ne souhaitais pas l'embarrasser de nouveau.

"Je pense que notre duo sera beaucoup plus efficace ainsi. Si la fantaisie vous en dit, je serais ravi d'apprendre la confection de certains gâteaux. J'aime mettre la main à la pâte !"

J'agrémentai ma dernière phrase d'un sourire espiègle.

"Je déjeune à heure fixe. Je me lève tôt et je consacre mes après-midi à me documenter sur ce siècle et ses inventions. Il faudra donc revoir les heures d'ouverture de votre boutique car je ne répondrai plus de rien à partir de quinze heures."

J'estimais qu'il était temps de nous organiser convenablement, afin que l'atmosphère de travail soit des plus agréables.

J'avançai davantage vers le comptoir sur lequel je passai un doigt, jouant avec quelques miettes. Puis je demandai sans détour :

"De quoi s'agissait-il, juste avant ?"

Face à son expression indécise, je crus bon de préciser :

"A moins que je me trompe -et je ne me trompe jamais- vous avez fait une petite scène de jalousie à la vieille dame, lors de son arrivée. Ce n'est guère professionnel."

Je fis une moue faussement réprobatrice avant de me tourner vers elle et de m'approcher. Elle avait une trace de farine sur la joue. Comment avait-elle fait pour se salir en si peu de temps ? Avait-elle débuté la pâte des muffins le temps que je porte les paquets de la vieille dame au dehors ? Tout naturellement, je levai la main et essuyai sa joue doucement, avant de ramener une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Après quoi, je lui souris et me détournai.

Oui, je profitais légèrement de la situation afin d'obtenir les horaires de travail qui me convenaient. Peut-être aurais-je dû me sentir coupable ? En tous les cas, mon geste inapproprié n'avait rien à voir avec les cheveux de Robyn qui étaient très soyeux, encore moins sa peau douce. Je m'étais à peine attardé sur ces détails... préoccupants malgré tout. Peut-être voulais-je simplement voir une nouvelle rougeur lui monter au visage ? Cela lui allait plutôt bien au teint, tout bien réfléchi.


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________________________________________ Mer 5 Avr 2017 - 23:31





Hum hum...

Non mais elle se croyait sur Meetic la petite vieille ou quoi ? Je m'attendais presque à ce qu'elle simule un arrêt cardiaque juste pour que Jules lui fasse du bouche-à-bouche. Beurk. Valait mieux que je bloque mon esprit et que j'évite d'imaginer la scène. C'était bien trop dégueulasse, j'avais pas envie de faire des cauchemars et de devoir consulter un psy jusqu'à ce que je devienne un fossile juste bon à intéresser les archéologues comme c'était son cas à elle. Et aussi un peu au tombeur de ces vieilles dames.

Voilà qu'il se précipitait d'ailleurs pour la secourir, dans toute sa flamboyant galanterie. Si il revenait pas, est-ce que j'appelais les flics tout de suite ou j'attendais un peu ? Il allait devoir perdre l'habitude d'être trop gentil avec les clientes. Ok, il pouvait admirer leur dentier, mais pas se barrer de la boutique dès qu'une grand-mère se mettrait à battre de ses faux cils, les bajoues tremblotantes et le mode couguar desséchée activé. On était pas livreurs, non plus.

Pendant que la porte se fermait derrière Jules et sa nouvelle copine, je retournais à mes muffins. Tout le monde avait pas le temps de batifoler. Attrapant des barres de Mars, j'entrepris de les retirer de leur sachet noir individuel. Je les disposais sur la planche à découper, les une contre les autres, avant de les délaisser pour ajouter un tas de farine dans le doseur. Un nuage blanchâtre me vola au visage tandis que je vidais le paquet, et je dû me tourner légèrement pour éviter de ressembler à un fantôme de mauvaise qualité. Même si j'aurai pu faire croire à Sir Simon que j'étais une revenante. Il aurait été tellement content, ça aurait été plaisant qu'il se fasse avoir. Ça lui apprendrait à venir mâter sous la douche.

J'allais casser quelques œufs dans le saladier, mais je m'interrompis en entendant la sonnerie résonner bruyamment dans toute la boutique. Tout en essuyant mes mains dans un torchon, je me dirigeais derrière le comptoir. D'où je pu admirer l'image de Jules... qui avait eu un pourboire ? Sérieusement ? Il lui avait fait un strip-tease ou quoi ?

- Je commence à me demander si c'est une bonne idée que tu t'occupes de la clientèle. Y a des chances qu'un jour des petites vieilles te kidnappent et te forcent à leur prémâcher leurs biscuits.

Ma bouche se tordit en une grimace dégoûtée, pendant que je luttais avec mon cerveau pour éviter de penser à des petits gâteaux prémâchés. J'avais dis ça sur le ton de l'humour, mais je commençais à me dire que finalement, ça pourrait peut être vraiment arriver. Le passé de ces petites grands-mères est toujours vachement louche. C'est pas possible qu'elles soient toutes la Mère Grand du petit chaperon rouge.

Euh... Par contre, il se foutait de moi ? Lui aussi il disait ça pour déconner, non ? Il s'imaginait quand même pas que j'allais revoir mes horaires juste pour que sa petite personne puisse aller faire des siestes à quinze heures ? Aux dernières nouvelles c'était moi la patronne hein. Les règles, c'était moi qui les fixais !

- Que... Quoi ?

Je bafouillais, en clignant des yeux. Je comprenais pas, là. Une crise de jalousie. Où est-ce qu'il avait vu que j'étais jalouse ? Jalouse de quoi, d'ailleurs ? Ou de qui ? Non mais n'importe quoi ! Il se foutait de ma gueule, c'était pas possible autrement. Fallait que je m'habitue à son humour douteux, à ses plaisanteries à la con et même pas drôle. Que je...

J'allais répliquer quelque chose. Lui faire comprendre qui était le boss, ici. Que si la boutique fermait à dix neuf heures, bah il avait plutôt intérêt à rester jusqu'à dix neuf heures. Que le balai, il allait pas se passer tout les seuls. Que c'était pas des souries qui faisaient le ménage, tout les jours. J'allais le lui dire, tout ça. Ma bouche s'était ouverte... mais rien n'était sortie. Aucun son. J'étais juste restée là, avec une tête de poisson rouge. Et les joues de la même couleur, aussi. Enfin d'abord, j'étais sûrement devenue toute blanche. Et après, j'étais passée au cramoisie. Ma peau me brûlait. Mon visage tout entier éprouvait quelque chose se rapprochant des différentes étapes de la fièvre. Du froid, du chaud, et une sensation toute bizarre qui donne l'impression qu'on vient de se prendre quatre bonnes grosses gifles. J'aurai préféré que ce soit ça. Qu'on me foute des baffes.

Sans que je sache vraiment trop comment, je m'étais retrouvée enfermée dans les toilettes. La porte était close derrière moi, et je m'appuyais contre elle, la main serrée autour de la poignée. J'avais chaud. J'étouffais. Et me retrouver dans une aussi petite pièce, ça aidait pas. Mais c'était ça ou je jetais Jules dehors, je claquais la porte derrière lui et je le menaçais avec un couteau de derrière la vitrine.

Non mais que ce qu'il lui avait pris ? Il était con ou quoi ? Je lui avais dis pleins de fois. Je voulais pas qu'on me touche. Je voulais pas qu'on... m'essuie la joue. Qu'on me remette les cheveux derrière l'oreille. Je voulais pas qu'on me porte, qu'on me câline, qu'on me prenne la main, qu'on me foute sur un putain de plan de travail. Je voulais pas de tout ça. Je voulais rien. Rien de rien.

Parce que c'était Jules. C'était pas Anatole. Ou Hypérion. Ou voir même Apollon. C'était pas mon meilleur ami, mon pote, mon coloc. C'était... un type. Un mec dont je comprenais pas tout. Et j'aimais pas ça. Pas savoir comment réagir. Si il se moquait de moi. Ce que ça voulait dire. On était pas assez proches pour qu'il se permette ce genre de choses. Et on s'était trop souvent foutu de moi pour que je puisse tout comprendre à chaque fois.

Après avoir pris quelques grandes inspirations tremblantes pour essayer de me calmer, je finis par ouvrir timidement la porte. Même si j'avais envie de rester là encore un peu. J'étais la boss. Fallait pas que je l'oublie. J'étais plus une gamine, j'étais capable de me montrer mâture. Et responsable. Et capable de faire taire mon trop plein d'émotions et de malaise.

Je sortie donc des toilettes, les joues très probablement toujours aussi rouges tomates, pour me diriger comme si il ne s'était rien passé vers l'évier de la cuisine, où je me lavais les mains dans le plus grand des calmes. J'étais trèèèès calme. Très professionnelles. J'allais pouvoir retourner à mes muffins aux mars, faire ensuite quelques tartelettes au sucre et...

- Finalement, je pense que c'est une mauvaise idée que tu bosses ici.

J'avais pivoté brusquement vers Jules, les mains encore trempées que j'essuyais sur ma jupe. J'avais laissé le torchon sur le comptoir. Et je me voyais pas vraiment bousculer l'ex écrivain pour aller le chercher, en foutant de l'eau partout sur mon passage.

- Je crois pas qu'on soit compatibles pour travailler ensemble. T'y mets de la bonne volonté, c'est pas le problème. Mais... je le sens pas. T'es trop... toi même pour que ça fonctionne. Te vexes pas hein, mais t'es un peu diva sur les bords. Mon boulot c'est quasi toute ma vie, je compte pas les heures. Et j'attends de mon employé qu'il soit quasi aussi investi que je le suis. T'as pas l'air de pouvoir l'être. Tu devrais te reconvertir en mec de compagnie pour les vieilles, dans les maisons de retraite. Alors là, je suis sûre que t'aurais plein de succès ! Ou tu pourrais leur faire la lecture. Ce genre de choses. Tu pourrais exprimer tout ton... potentiel. Ici, tu vas te lasser trop vite. Et ça m'étonnerait que tu supportes l'autorité. Ou que moi je te supporte quasiment tout les jours de la semaine.

Surtout si c'était pour être accusée de jalousie envers une mamie. J'allais pas le relever, ça. Hors de question que je me laisse prendre à son petit jeu à la con !

- Et puis clairement, dire à sa patronne qu'elle est jalouse des clientes, ça se fait pas. Y a des limites, quand même !

Et merde. J'avais pas pu la retenir, celle là. Mais fallait quand même que je rétablisse la vérité. J'avais aucune raison d'être jalouse de sa dulcinée au dentier et qui aime quand on bave sur ses biscuits. Je tenais juste à ma réputation de pâtissière trop conne que les clientes supportent pas. Ça avait rien à voir.

- Mais... en tout cas... je peux harceler Anatole pour qu'il accepte de te laisser bosser avec lui. Vous avez tout les deux une passion pour Ellie, ça devrait vous rapprocher !

J'avais pas pu m'empêcher de lever les yeux au ciel en mentionnant le prénom de la double féminine d'Elliot. J'approuvais pas sa relation tordue avec Anatole. Elle devenait une gamine la plupart du temps, c'était carrément glauque. Mais qui j'étais pour m'opposer aux histoires de cœur de mon coloc ?


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qu'ils floodent trop ! »


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________________________________________ Mer 12 Avr 2017 - 17:25

« Il y a quelque chose dans son regard... »

De toutes les passions, la seule vraiment respectable
me parait être... la gourmandise.

Ah, les femmes et leur psychologie si nuancée et changeante ! Certaines sont telle la marée, indomptables et tumultueuses ! Robyn était l'une d'entre elles, à la fois sauvage et farouche, fragile et forte, femme et enfant. Quelque chose l'avait déroutée et contrainte à prendre congé dans la pièce des commodités. Cela dura un certain temps, si bien que je me retins d'aller m'enquérir de son état. Peut-être était-elle souffrante ? Ou l'avais-je embarrassée d'une quelconque façon ? Je ne voyais pas ce que j'avais pu accomplir qui aurait été susceptible de la mettre mal à l'aise. Nous commencions à nous connaître et j'appréciais sa compagnie.

Je m'étais rendu dans l'atelier, appuyé contre le plan de travail, remuant un petit tas de farine entre mes doigts. Comme j'avais trouvé le temps long, je m'étais amusé à aplatir la poudre blanche puis à y tracer des lettres du bout de l'index. J'avais tout d'abord écrit le mot "Jules", puis les chiffres "2017" qui me semblaient si futuristes et extraordinaires. J'avais poursuivi mon passe-temps en dessinant un voilier assez sommairement -sur le même schéma que les bateaux en papier. Enfin, j'avais hésité puis balayé tout ceci pour aplanir de nouveau la farine et dessiner une silhouette féminine qui me rappelait celle de Robyn, en n'omettant nullement ses formes voluptueuses. Je m'amusai à noter son prénom juste en bas du croquis.

La jeune femme revint finalement, alors que je ne l'attendais plus. Je me redressai d'un bond et balayai rapidement la farine sur la table avant de pivoter vers elle avec un grand sourire crispé. J'espérais qu'elle n'avait pas vu les dessins sinon elle aurait pu se méprendre, mais je constatai qu'elle m'ignorait ouvertement. Les joues toujours cramoisies, elle se dirigea vers l'évier pour se laver les mains. Après quoi, elle se lança dans un monologue fort inspiré dans lequel elle m'annonça qu'elle ne me voulait pas comme employé. J'accueillis cette nouvelle en fronçant les sourcils, plutôt contrarié. Jusqu'à maintenant, j'avais prouvé mon habilité et mon savoir-faire dans son entreprise, aussi je ne comprenais pas les raisons qui la poussaient à refuser ma présence. Le mot "Diva" me crispa légèrement mais en parfait gentleman, je la laissai terminer son argumentaire. Elle avait assurément employé son temps dans les commodités à planifier mon "renvoi". Voilà ce qui lui avait pris tellement de temps !

Une fois qu'elle eut finie de parler, je m'approchai d'elle à grands pas, le visage fermé. Je lus de l'indécision dans son regard, mêlé d'une sorte d'angoisse incompréhensible, mais je passai près d'elle sans m'en soucier, effleurant volontairement sa cuisse au passage. Puis, je me stoppai face à l'évier pour me laver les mains à mon tour. Elles étaient couvertes de farine, après tout. Je sentais la nervosité de la jeune femme dans mon dos. Qu'avait-elle donc ? Mon charme en était-il la cause ? Elle était la seule à réagir ainsi. De toute mon existence, je n'avais connu personne qui se montrait aussi perturbé pour si peu. Etait-ce simplement le fait d'avoir refusé ma candidature ? Décidément, je me sentais le devoir de la rassurer une fois de plus.

Je fermai le robinet d'arrivée d'eau et secouai mes mains dans l'évier afin de les sécher sommairement.

"Je vous prie de m'excuser pour mes paroles déplacées."
déclarai-je tout en fixant le petit espace carrelé juste au-dessus de l'évier. "Je ne sais pas toujours ce qui se dit ou ne se dit pas, de nos jours. Et puis... c'était juste pour plaisanter. Loin de moi l'idée de vous insulter. Je n'oserais jamais."

Je faisais allusion à la boutade concernant la "crise" de jalousie qu'elle avait faite en rapport avec la vieille dame. J'aurais pu préciser que son comportement n'avait pas été exemplaire non plus face à sa cliente, mais je préférai me taire. Inutile d'envenimer la situation.

Je pivotai sur mes pieds pour me retrouver face à Robyn, qui avait observé une distance de sécurité de trois bons mètres. Décidément, j'allais finir par croire que je lui faisais peur !

"Ne vous donnez pas la peine de parler à Anatole, il m'a déjà répondu par la négative."
déclarai-je en faisant quelques pas incertains. "De toutes les façons, je n'aimerais pas travailler en sa compagnie. Il est quelqu'un que je supporte, pas que j'apprécie."

Je posai les yeux sur la jeune femme avec un peu trop d'intensité, avant de les détourner et d'ajouter, les bras ballants :

"Ne vous inquiétez donc pas pour moi. Je trouverai un emploi. Un Verne ne demeure jamais inactif bien longtemps ! J'ai beaucoup de projets. Je compte faire l'acquisition d'une maison ainsi que d'un bateau de plaisance, tout du moins dès que j'aurai une rentrée d'argent régulière. Les voyages en mer me manquent beaucoup. Enfin, ceux qui ne s'achèvent pas par une tempête doublée d'un naufrage !"

J'eus un petit rire en faisant allusion à notre périple dans le monde des contes, à bord d'une pirogue peu maniable. J'avais l'impression d'avoir détendu quelque peu l'atmosphère. Le visage de Robyn avait repris une couleur normale depuis quelques minutes, ce qui était une bonne chose.

Brusquement, mon regard tomba sur le plan de travail juste à côté d'elle et je remarquai que le dessin était encore en partie visible, ainsi que le prénom écrit dans la farine. Je me précipitai vers elle et sans réfléchir, l'attrapai par les épaules pour la faire pivoter de sorte à ce qu'elle soit dos à la table.

"Vous aviez la lumière dans les yeux, vous risquiez de vous les abimer."
dis-je précipitamment. "Il ne faut jamais sous-estimer les dégâts causés par le rayonnement solaire. Cela en a rendu plus d'un aveugle."

Aurais-je pu trouver une explication plus ridicule ? Malgré tout, cela était assez cohérent : la nuit étant en train de tomber, le soleil couchant dardait ses derniers rayons à travers la vitre et droit sur elle. A présent qu'elle lui tournait le dos, sa chevelure blonde semblait s'enflammer dans l'or mourant de l'astre des jours.

Et... ce fut à mon tour d'être ébloui. Je plissai des yeux et me penchai vers elle pour me protéger de toute cette lumière, mais étant donné qu'elle était beaucoup plus petite que moi, je me retrouvai le dos courbé, mon visage à seulement quelques centimètres du sien. Nos souffles se mélangèrent un bref instant avant que je ne déclare, d'un ton rauque :

"Vous me plaisez, Robyn."

Au départ, j'avais songé à demander des précisions sur ce qu'elle appelait une "diva", car je n'avais pas l'impression d'être une cantatrice de grand talent, encore moins une personne au comportement hystérique qui fatigue son entourage par ses exigences répétées. Quel mal y avait-il de savoir précisément ce qu'on voulait dans la vie ? Ou même qui...?

J'aurais pu exiger des explications, mais je m'aperçus brusquement que je n'en avais cure. J'aimais cette façon qu'elle avait de rougir à la moindre contrariété, de me provoquer en refusant mes services au sein de sa pâtisserie, ou d'être jalouse d'une pauvre vieille dame. A tout bien réfléchir, c'était sans doute ce dernier élément qui venait de me faire prendre conscience de son possible attachement à mon égard. Et qui avait poussé mon introspection sur des sentiers imprévus.

"Je pense qu'il n'existe aucune autre alternative. Il y a quelque chose chez vous qui me désarme et m'intrigue." poursuivis-je d'un ton plus doux sans m'éloigner d'elle. "J'aimerais comprendre de quoi il s'agit. Voudriez-vous m'y aider ?"

Je baissai un instant les yeux vers sa bouche tremblante, hésitant à la capturer d'un baiser, mais repensant à sa réaction quand je lui avais simplement effleuré la joue, je résistai à la tentation. C'était tout de même insensé ! A notre seconde rencontre, la jeune femme s'était jetée sur moi pour m'embrasser, et voilà que je décidai de la ménager.

"Un restaurant. Vous. Moi. Maintenant."

Ma voix était légèrement plus autoritaire, sans me départir d'une certaine douceur. Un dîner me semblait être le moyen le plus efficace de démêler cet imbroglio d'émotions contraires.

Un sourire mutin décrispa les traits de mon visage et je m'écartai enfin d'elle. Je fis le tour du plan de travail pour récupérer mon manteau, l'enfilai et en profitai pour balayer la farine avec ma manche, sans en avoir l'air. Puis je l'époussetai avant de retourner vers Robyn tout en lui offrant mon bras.

"Si vous êtes prête, nous pouvons y aller." proposai-je, enthousiaste.

Je m'étais placé de sorte à faire barrage si l'envie lui prenait de vouloir s'exiler de nouveau dans les commodités. Cette fois-ci, elle n'avait aucune raison de refuser ou de se montrer embarrassée : je l'avais respectée de toutes les façons possibles et de surcroit, je n'avais rien dit de répréhensible. Au contraire, je me montrais ingénieux et bon perdant, alors que j'aurais pu me sentir offensé d'avoir été refusé au sein de sa pâtisserie.

"Un dîner, c'est tout ce que je demande." repris-je en ouvrant de grands yeux implorants, tel un chien réclamant une friandise. "Ensuite, je vous laisse en paix. Vous ne me verrez plus."

C'était de bonne guerre, n'est-ce pas ?


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________________________________________ Mar 18 Avr 2017 - 0:58





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J'étais surprise qu'il s'excuse. Je m'étais attendue à ce qu'il monte sur ses grands chevaux, qu'il me dise qu'on renvoie pas Jules Verne comme ça, que j'étais qu'une femme donc je devais la fermer et le laisser gérer... Ou plutôt, j'aurai bien aimé qu'il me dise tout ça. J'aurai pu lui gueuler un bon coup dessus, lui foutre mon pied au cul et claquer violemment la porte derrière lui en lui faisant des doigts d'honneur de derrière la vitrine. Ça aurait été tellement plus facile. Et y aurait eu tout de suite moins de malaise.

Parce que là, c'était limite si j'avais pas envie de sortir discretos le rouleau à pâtisserie, juste au cas où. Un petit coup sur la tête et peut être qu'il se souviendrait plus de tout ce qui s'était passé, avec un peu de chance ! Ou alors il aurait une telle bosse qu'il pourrait plus sortir de chez lui et qu'il lâcherait l'affaire concernant la pâtisserie. J'aurai pas besoin de vraiment le « renvoyer », comme ça. Il allait presque me faire culpabiliser de pas le garder. Mais je me sentais pas de bosser au quotidien avec lui. Si je commençais à devenir parano dans ma propre pâtisserie, j'allais finir par buguer complètement, grimper dans ma voiture de course et plus jamais revenir. Et ça, je pouvais pas me le permettre.

Un peu plus à l'aise au fur et à mesure que Jules parlait d'autre chose, j'allais lui poser quelques questions pour être sûre qu'il aurait moyen de trouver un autre boulot, histoire de pas le lâcher comme ça dans la nature, quand il avait fait exactement ce que je ne voulais pas qu'il fasse. Il venait de passer la distance de sécurité. D'entrer dans ma zone. Alors que, justement, j'essayais de laisser autant d'espace possible entre nous sans que ça soit non plus trop bizarre et hyper malpoli. Je m'en foutais de ma vue, en plus ! Le soleil me gênait même pas, sinon je me serai un peu décalé pour me mettre dans l'ombre. Mais non, fallait que ça soit de nouveau Malaise Land...

- Jules...

J'allais lui dire de me lâcher et de se pousser. Qu'il me laisse respirer. Qu'il arrête de s'incruster dans mon espace personnel où je voulais pas de lui. Mais il s'était tout à coup penché vers moi, sûrement aveuglé par le soleil dont il avait essayé de me protéger. Et le reste de mes paroles était resté coincé dans ma gorge, alors que mon visage était levé vers le sien, qui était beaucoup, mais alors vraiment beaucoup trop proche. Pendant une demie seconde, j'avais arrêté de respirer. J'étais trop occupée à essayer de comprendre ce qu'allait être la suite.

Et putain. De nouveau, mon cœur avait raté un battement. Mes yeux s'étaient écarquillés et ma mâchoire s'était décrochée. J'arrivais pas à capter ce qu'il venait de dire. Ce qu'il était en train de me dire. Mais... il était con ou quoi ? Que ce qu'il foutait ? Que ce qu'il racontait ? C'était quoi ces conneries ? Pourquoi ? Pourquoi il faisait ça ? Me disait ça ? C'était quoi l'intérêt ? C'était quoi le but, sérieux ? « Vous me plaisez, Robyn ». Ah ah, excellent ! On me l'avait jamais faite, celle là ! Il était désespéré à ce point là ou quoi ?

- Je...

J'étais encore incapable d'articuler une phrase complète. Merveilleux. Fallait vraiment qu'il continue à parler ? À me regarder avec ses yeux interrogateurs, comme si il attendant une réponse ? Je n'avais rien à dire. Rien à répondre. J'aurai dû m'écarter de lui. Quitter la pâtisserie. Faire quelque chose. Au moins baisser la tête ! Au lieu de le fixer comme une poisson rouge, en clignant à peine des yeux.

- Tu veux... qu'on aille au restaurant.

Ah bah voilà ! J'avais enfin réussi à prononcer quelques mots de manière intelligible ! Quand il s'était écarté, d'accord. Mais c'était déjà bien. Je me tenais toujours à la même place, les bras le long du corps, en me demandant ce que je foutais encore là. Pourquoi ? Pourquoi je lui en avais pas foutu une ? Pourquoi je m'étais pas cassé ? Je devenais plus conne en vieillissant ou quoi ?

- Je comprends pas trop l'intérêt, en fait. Je vois vraiment pas en quoi c'est une bonne idée d'aller se faire un restau après ce qu'il vient de se passer.

Mais que ce qui s'était passé, en fait ? Pas grand chose. Il venait juste de sortir une connerie pas possible. Grosse comme une maison. Le pire truc qu'il m'avait jamais dit. « Vous me plaisez, Robyn ». Hilarant. Je savais qu'il avait le sens de l'humour, mais pas à ce point.

- D'accord. On dîne vite fait, et après on oublie toute cette histoire et on en reparle plus jamais !

Je secouais la tête pour essayer de remettre mes idées en place, et en prenant un air qui se voulait sévère. Un petit peu. Dans le genre je suis sérieuse, on arrête les conneries après. Parce que j'étais vraiment sérieuse. Je voulais tout oublier. Plus jamais en reparler. Jamais. Et si pour ça, fallait passer par l'épreuve du restaurant... j'avais survécu à pleins de machins, c'était pas ça qui allait me tuer ! Je voulais avoir confiance en Jules. En son sens de l'honneur ou truc du même genre. On se faisait une petite bouffe, et puis après il me foutait la paix. C'était carrément loyal comme plan !

- Passe devant, je vais fermer la porte à clé derrière toi.

Derrière nous, plutôt. Mais je tenais vraiment à ce qu'il passe le premier. Je venais peut être d'accepter l'invitation à aller dîner en sa compagnie, mais j'avais pas pour autant envie de m'accrocher à son bras. On allait arrêter les rapprochements, sinon j'allais vraiment finir par aller chercher un bon gros rouleau à pâtisserie et m'en servir pour définir un périmètre de sécurité. Y a des limites à respecter, quand même.

- Je repasserai tout à l'heure pour tout ranger. Ou alors je viendrai plus tôt demain matin. On a pas laissé trop de bordel encore, donc ça va. Mais j'aime pas partir en sachant qu'il y a de la farine qui traîne un peu partout.

Maintenant qu'on était dehors, je pouvais enfin fermer la pâtisserie. Mais j'avais pas envie. La clé à la main, j'eus une hésitation. Et si finalement je restais pour tout nettoyer ? Pour faire quelques gâteaux en avance ? J'avais pas prévu de partir si tôt. J'avais encore pleins de choses à faire. Rester, ça serait la meilleure des idées. Je pourrai rester toute seule, profiter du calme, tout oublier...

Je pris une profonde inspiration et finalement tournais la clé dans la serrure. Maintenant que j'avais dis oui et que j'étais dehors, ça aurait été salaud de ma part de me dégonfler. J'étais pas une gamine. Je survivrai à Jules Verne. J'allais sûrement devenir toute rouge de nouveau, devoir me coltiner d'autres remarques à la con et avec un peu de chance, ça serait pas trop un supplice.

- Tu sais au moins où tu veux qu'on aille ? Je suis très desserts, ça serait bien un restau où y a du choix niveau sucré.

J'avais envie d'oréos. Ou d'un dessert à base d'oréos. Quelque chose de familier. Que j'adorais. Qui me donnerait envie de rester jusqu'au bout. Genre un milkshake oréo et nutella. Ou une glace vanille et oréo. Ou un cheesecake oréo. N'importe quoi avec des oréos, en fait. Jules en avait déjà goûté, au moins ? Je me souvenais plus si je lui en avais donné un jour ou pas. Sinon, faudrait qu'il commande un truc du genre. Ou alors il serait plutôt dessert sophistiqué ?

- Je peux pas.

On allait arriver au coin de la rue. Si je me tournais, je pouvais encore voir la pâtisserie. Mais j'avais dû m'arrêter. Je tremblais comme une dingue. Mon corps tout entier refusait d'aller plus loin. Je pouvais pas.

- J'y arriverai pas. Je peux pas. Faire semblant. C'est trop pour moi.

Je secouais la tête, en fermant les yeux.Je voulais pas voir Jules. Je voulais pas aller au restaurant avec lui. Je voulais pas lui parler. Je voulais pas... je voulais rien. Rien du tout.

- Pourquoi t'as dis ça, Jules ? Je t'aimais bien. Vraiment bien. On aurait pu devenir des potes. T'aurais pu avoir autant d'importance que les autres pour moi. Mais maintenant c'est plus possible. Je sais pas pourquoi t'as sorti ces conneries, et j'ai même pas envie de savoir. Je supporte pas ça. C'est n'importe quoi.

Je passais une main sur mon visage, en me mordant la lèvre pour essayer de me calmer. Mes yeux commençaient à me piquer. J'allais quand même pas pleurnicher, putain ? C'était déjà assez ridicule comme ça. Tout était ridicule. J'étais ridicule. Je partais en vrille, là.

- Je me sens pas bien. Je vais juste... rentrer.

À la maison ? À la pâtisserie ? Je savais pas encore. Je voulais juste trouver un coin pour pouvoir m'insulter copieusement, me demander ce qui s'était vraiment passé et surtout pourquoi ces quelques mots prononcés par Jules Verne me mettaient dans un tel état. C'était pas comme si j'avais pas l'habitude d'entendre n'importe quoi.


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Jules Verne


« Murmure leur
qu'ils floodent trop ! »


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________________________________________ Ven 21 Avr 2017 - 18:01

« Au milieu des ombres et des instants troublés,
des tensions, des barbelés »

Il y a nos regards et nos armes braquées : les raisons de se trouver

Je ne savais si je devais me sentir coupable d'avoir si habilement orchestré mon piège. Mademoiselle Candy venait de tomber dedans. Je lui avais promis de la laisser en paix si en contrepartie elle acceptait de m'accompagner au restaurant. Chose qui bien entendu, n'était pas compatible avec le fait de ne plus jamais voir quelqu'un, car lors d'un dîner, nous faisions plus ample connaissance et il en résultait une bien meilleure relation ensuite. Que pouvions-nous contre les forces d'attraction ? Robyn finirait par s'en apercevoir, elle aussi. Elle me semblait de plus en plus nerveuse à mesure que les minutes passaient.

Tout en traversant la boutique, je jetai un coup d'oeil méfiant par-dessus mon épaule ; la jeune femme m'avait demandé de passer en premier pour sortir, mais je n'étais pas dupe : j'étais tout à fait capable de rebrousser chemin si jamais il lui venait l'idée de s'enfermer dans l'atelier. Cependant, elle m'emboîta le pas, arborant son expression faussement sévère qui gonflait ses joues d'une façon des plus adorables. Cela me conforta dans l'idée qu'elle était ravie par le dîner qui s'annonçait, même si elle était trop fière pour le montrer. Cet entrain me suffisait amplement.

Fermer la boutique fut toute une affaire. Elle parut hésiter, les yeux dans le vague, avant de trouver le courage d'insérer la serrure dans la porte. Lorsqu'elle me demanda où nous allions nous restaurer, j'ouvris la bouche mais aucun son n'en sortit. Peut-être aurais-je dû y réfléchir au préalable ? Je ne vivais pas depuis suffisamment longtemps à Storybrooke pour connaître les bonnes adresses. J'enfouis les mains dans les poches de mon long manteau tout en tanguant légèrement d'avant en arrière, bien embarrassé. Je devais nous donner une destination, et vite ! car je lisais déjà une hésitation plus grande dans les yeux de Robyn. Chaque seconde me séparait davantage d'elle. Pourquoi se montrait-elle si difficile à satisfaire ?

"Voyons où le vent nous portera !" proposai-je avec un sourire légèrement crispé. "Je suis persuadé qu'une enseigne chaleureuse nous incitera à découvrir son menu."

Nous nous étions mis en marche dans la rue pratiquement déserte, sans destination précise. Une fois arrivés au bout de l'allée, Robyn s'immobilisa. Je remarquai que son corps était parcouru de tremblements incontrôlables. Que lui arrivait-il ? Devais-je héler un taxi ? J'enveloppai la rue d'un regard désemparé. Nous n'étions pas à Paris ou dans une métropole, ce genre de véhicules était plutôt rare.

"J'y arriverai pas. Je peux pas. Faire semblant. C'est trop pour moi."

Je fronçai les sourcils sans comprendre. Faire... semblant ? A quel propos ? Je voulus lui préciser qu'il s'agissait seulement d'un dîner mais elle enchaîna avec davantage de détermination et de froideur. Je me redressai et enfouis de nouveau les mains dans mes poches, me composant une expression neutre afin de ne pas dévoiler ma déception. Elle s'entêta, s'embrouilla un peu avec ses principes avant de se mordre les lèvres. Elle battit plusieurs fois des cils et ses yeux brillèrent avant qu'elle ne les détourne. Elle semblait véritablement chamboulée. Etais-je le seul en cause ? A travers la fragilité qu'elle tentait de me cacher, je commençais à entrevoir le mal causé par quelqu'un d'autre. Je décidai de ne pas poser de questions. Les femmes tiennent à leur jardin secret, qu'elles entretiennent jalousement pour que l'on y cueille les plus jolies fleurs. Un jour, peut-être, Robyn me raconterait.

En attendant, je pris le parti d'arborer un visage ouvert et souriant, tandis que je déclarai d'un ton léger :

" 'Devenir potes', quelle idée saugrenue ! Il n'y a que les jeunes du XXIème siècle pour penser qu'une amitié homme-femme est envisageable. Certaines choses restent immuables. Deux représentants du sexe opposé ne peuvent établir de relation platonique durable. Au fond, nous sommes régis par nos instincts les plus primitifs : notre besoin de communiquer, de se nourrir, de dormir, de..."

Je croisai son regard et préférai me taire. Etait-ce une impression ou tremblait-elle de plus en plus ? Je me rendis compte seulement à cet instant que le vent était frais dans la nuit naissante, et que j'étais épargné de ses assauts grâce au manteau qui me couvrait. En revanche, la jeune femme n'avait rien sur le dos. Il me sembla tout naturel de l'ôter afin de lui tendre avec un sourire courtois. Comme elle ne sembla pas comprendre, j'émis une petite exclamation amusée du bout des lèvres et le plaçai sur ses épaules. Ainsi, elle aurait plus chaud.

Elle le retira aussitôt et me le rendit.

"Mais vous grelottez ! Vous n'avez rien sur le dos." objectai-je. "Si vous attrapez un rhume de poitrine, il ne faudra pas vous plaindre ensuite."

"C'est pas grave. Je survivrai au nez qui coule et à la fièvre." répliqua-t-elle en croisant les bras.

Obstination, ton nom est femme.

Je joignis les mains tout en tenant le manteau, déclarant d'un ton mécontent :

"Très bien, comme il vous plaira."

Comme il me semblait inconvenant de remettre le manteau et d'avoir chaud alors que la jeune femme subirait le froid, je le gardai replié sur mon bras.

"Si t'attrape un rhume de poitrine, faudra pas te plaindre ensuite."
lança-t-elle innocemment.

Je lui décochai un regard stupéfait, avant de sourire, sincèrement amusé par sa répartie.

"Voyons, je ne peux pas contracter cette maladie. Je n'expose pas ma gorge autant que la vôtre. Et je n'ai pas autant de... rhumes que vous."

Ma voix taquine devint brusquement incertaine alors que mes yeux se posaient sur le décolleté de la jeune femme. Avant de remonter aussi sec. Avais-je vraiment dit le mot "rhumes" pour qualifier les formes de Robyn ? C'était bien la première fois que je me montrais aussi étourdi, et surtout aussi peu éloquent. Tout compte fait, peut-être étais-je sujet à quelque refroidissement ?

"Je vous raccompagne jusque chez vous." lançai-je à brûle-pourpoint. "Oublions le dîner pour ce soir. Vous êtes souffrante. La plus sage décision est de rentrer vous mettre au chaud."

Ragaillardi par cet objectif, je repris la route. La demoiselle m'emboîta le pas de mauvaise grâce. Sans doute se sentait-elle nerveuse à l'idée que j'entre chez elle ? Curieusement, j'éprouvais une certaine exaltation, et cela n'avait rien à voir avec le fait que j'aimais découvrir les demeures des autres. Pas cette fois, en tous cas.

Je savais à quel endroit elle habitait car Ellie m'avait donné l'adresse d'Anatole, quelques temps plus tôt -je ne me souvenais plus de la raison. Dès qu'il était question d'Anatole, la jeune femme trouvait tous les subterfuges du monde pour ne pas avouer son inclination. Quoi qu'il en soit, j'avais appris que le jeune homme vivait avec quatre jeunes femmes (dont la fameuse Vaiana de Motunui), et je trouvais cette colocation des plus scandaleuses. Décidément, cet individu -bien qu'il ait obtenu ma sympathie- avait des moeurs beaucoup trop légères. Je devais avouer que j'enviais beaucoup sa situation, en réalité. J'aspirais à quitter la demeure d'Elliot et Lily car je ne m'y sentais pas chez moi. De plus, je craignais de les déranger. Plusieurs fois, j'avais failli demander à Anatole comment il avait réussi à obtenir une colocation aussi audacieuse et diablement intéressante, mais je m'étais retenu de poser la question. Cela me semblait inconvenant.

Nous arrivâmes enfin devant la demeure de mademoiselle Candy, qui se dressait, austère et imposante, dans la nuit parsemée d'étoiles. L'on aurait dit un manoir hanté, comme ceux que l'on pouvait trouver dans les romans de Bram Stoker ou de Edgar Allan Poe. Vivement inspiré par l'aspect gothique des lieux, je rehaussai le manteau sur mon bras et récitai d'un ton pensif :

"Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »"

Je jetai ensuite un coup d'oeil complice en direction de Robyn. Elle était si immobile qu'elle semblait faite de glace.

"Le Corbeau, d'Edgar Allan Poe. C'est l'auteur dont vous m'avez offert le livre, à Noël. L'un de mes écrivains préférés avec monsieur Hugo. Je pensais que vous auriez reconnu..."

Ma citation avait jeté un froid au lieu de détendre l'atmosphère. Bien désappointé, je désignai la porte d'entrée à Robyn.

"Après vous, très chère."

J'attendis qu'elle passe l'ouverture pour pénétrer à mon tour dans la demeure vétuste. J'aimais l'ambiance qui s'en dégageait, un mélange d'ancien et de neuf.

"Voyez, je ne suis pas un monstre." fis-je remarquer à la jeune femme avec un sourire. "Je n'ai pas besoin d'invitation pour entrer quelque part."

Je faisais allusion au mythe du vampire, puisque je me sentais d'humeur romanesque, mais je m'aperçus trop tard que ma phrase pouvait être mal interprétée.

"Je n'en oublie pas les convenances pour autant."
ajoutai-je précipitamment. " 'Welcome' étant écrit sur le tapis de l'entrée, j'ai pris cela comme une invitation. Votre tapis est bien trop accueillant."

Voilà que je jetais la faute sur la carpette ! Secouant légèrement la tête, je fermai la porte et frottai mes mains l'une contre l'autre. A l'intérieur, il régnait une chaleur agréable. A première vue, il n'y avait personne. Le rez-de-chaussée était silencieux.

"Bien. Je vais donc... prendre congé."
dis-je avec une moue empruntée.

Je cherchai une raison afin de rester mais n'en trouvai aucune. J'avais raccompagné Robyn jusqu'à chez elle, j'avais été jusqu'au bout de ma promesse. Le moment était venu de la quitter, même si je n'en avais aucune envie. J'appréciais sa compagnie et cette façon qu'elle avait de me provoquer en me repoussant sans cesse. C'était un jeu auquel je n'avais plus joué depuis des siècles.

Je croisai son regard, esquissai un sourire avant de saisir sa main, de me pencher et de l'effleurer du bout des lèvres, en signe d'adieu. Alors que je me redressai, une odeur surprenante et particulière s'insinua dans mes narines. Une fragrance qui me parut nocive, agressive pour les poumons.

Me laissant guider par mon instinct, je me dirigeai vers la pièce qui me semblait être la cuisine. Ce que j'y découvris me laissa sans voix : l'un des brûleurs de la cuisinière était allumé, mais sans aucun feu, et une sorte d'ectoplasme remuait juste au-dessus, tout en marmonnant :

"Adieu, monde cruel !"

Sacrebleu ! Cette demeure était bel et bien hantée ! Mon visage perdit toute couleur. Je trouvai malgré tout le courage de lever la main vers la cuisinière et d'éteindre le bouton alimentant l'arrivée de gaz, avant de reculer précipitamment et de fermer la porte de la cuisine. Il me sembla entendre des mots comme :

"Ne vous gênez pas, surtout ! Et le respect des morts, dans tout ça ?"

Les cheveux dressés sur la tête, je retournai dans le salon, à l'extrême opposé de l'autre pièce qui abritait un revenant. J'avais vu beaucoup de choses depuis quelques temps, mais admettre que les fantômes existaient, c'était un peu fort !

"Vous... C'est... un..."

Je ne parvenais pas à formuler une phrase cohérente. Mes pensées s'entrechoquaient. Etant donné le calme de Robyn, cela devait faire partie des choses ordinaires de son existence, ce qui creusa un écart supplémentaire entre nous. Ce qui lui semblait normal ne le serait jamais pour moi.

Me sentant bien trop déstabilisé, je décidai de m'asseoir quelques instants au bord du canapé, avant de plaquer les mains sur mon visage. Je restai ainsi plusieurs secondes, le temps de calmer mes palpitations cardiaques, et me redressant, je déclarai d'un ton désenchanté, fixant un tricot abandonné sur la table basse :

"J'ai cru... J'ai cru retrouver le parfum des jours passés en votre compagnie. C'était si bon de se laisser porter par l'insouciance. J'ai failli en oublier où nous étions en réalité."

Par moments, Storybrooke m'apparaissait comme un véritable enfer. Je me sentais entouré de diablotins piégés dans des boîtes qui pouvaient s'ouvrir à tous moments, révélant des merveilles ou des horreurs auxquelles je n'entendais rien. Durant le moment passé en compagnie de Robyn, tout avait semblé différent. Maîtrisé. Limpide. Reposant. Je n'avais été qu'un homme et elle une femme. Goûter à ce bonheur aussi dérisoire et simple n'avait pas de prix. Je ne voulais pas que cet instant s'éloigne, mais déjà il n'était plus.

Mes épaules s'affaissèrent dans un soupir.

"Pourrais-je abuser de votre gentillesse encore un peu ?"
demandai-je en levant les yeux vers la jeune femme. "Auriez-vous quelque alcool susceptible de me rendre un peu plus joyeux ? Un verre suffira, juste de quoi avoir un regain d'optimisme."

Qu'importe ce qu'elle penserait de moi. Je n'avais pas le coeur à lui expliquer les émotions contraires qu'elle avait fait naître. Elle ne voulait pas écouter. Cela ne l'intéressait pas et elle en avait tout à fait le droit. Dès que j'en trouverai le courage, je partirai.

Baissant de nouveau les yeux vers mes mains jointes, reposant sur mes genoux, je déclarai dans un souffle :

"Ce n'était pas des absurdités, ce que je vous ai dit dans la pâtisserie. C'était sincère."

A ce moment-là, quand nous nous trouvions dans la rue, Robyn avait considéré que je me moquais d'elle et je souhaitais rétablir la vérité. J'ignorais si la jeune femme avait entendu mes paroles. En tous les cas, une chose était certaine : je ne jouais plus.


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________________________________________ Lun 24 Avr 2017 - 0:42





Who you gonna call?

J'aurai préféré retourner à la pâtisserie. J'aurai eu que quelques pas à faire, et Jules aurait pas eu besoin de me raccompagner. Je me serai cachée derrière le comptoir et j'aurai manger quelques gâteaux, jusqu'à m'endormir d'épuisement, assommée par une migraine monstrueuse et une overdose de sucre. C'était un super plan qui me plaisait bien.

Alors pourquoi j'avais suivi Jules jusqu'à chez moi ? J'avais même pas protesté ni rien. Je m'étais contentée de traîner des pieds derrière lui, en frissonnant à cause du froid, rêvant d'un chocolat chaud et de quelques oréos pour me remonter le moral. J'aurai pu faire ça à la pâtisserie. J'étais pas obligée de rentrer à la maison. Alors bordel, pourquoi j'avais rien dis ?

Et puis comment ça se faisait qu'il connaissait l'adresse de la coloc ? Quelqu'un lui avait refilé ? Il allait falloir que j'ai une conversation avec les autres. Ou que je rajoute au ligne au règlement. « Merci de pas donner notre adresse à n'importe qui. Même si c'est un écrivain mort mais plus mort ». J'aimais bien l'idée qu'on soit un peu isolés du reste du monde, qu'on nous foute la paix. Les ennuis frappaient très rarement à notre porte. En général, ils préféraient passer à la pâtisserie avant. À croire qu'en plus du panneau « entrée » accroché à la poignée de la porte, y avait marqué « Ici les emmerdes commencent. Prenez un éclair au chocolat, mettez vous à l'aise ».

Mais une fois arrivée devant ma maison... Les tremblements se calmèrent aussitôt. J'avais pas vraiment froid. C'était plutôt que j'étais contrariée. Un trop plein d'émotions. Trop de n'importe quoi. Ça faisait longtemps que j'avais pas eu le droit un cocktail de ce genre. Et putain, que ce que ça me manquait pas.

Je pensais que Jules allait se contenter de me laisser devant ma porte, mais non. Il comprenait pas que j'avais plus envie de le voir ? Tout ce que je voulais là maintenant, c'était rentrer chez moi. Toute seule. Pas qu'il me récite des histoires qui mettent plus mal à l'aise qu'autre chose. Surtout que j'avais pas reconnu le texte. Et ça me faisait me sentir mal. J'aurai dû reconnaître l'auteur ? J'avais à peine eu le temps de le lire, ce bouquin. On avait failli crever avant que je puisse le terminer. Si je le lui avais offert à Noël, c'était uniquement parce qu'il avait l'air d'aimer ce livre. Pas parce qu'on partageait la même passion pour les romans.

Mais... Pourquoi il entrait ? Je m'étais retournée pour lui dire rapidement au revoir et presque lui fermer la porte au nez, mais il était à l'intérieur. Je lui avais même pas proposé pourtant ! C'était quoi ce bordel ? Il me parlait du paillasson, en plus. C'était moi qui bugguait totalement ou ce qu'il disait était n'importe nawak ?

Je l'aurai bien envoyé balader avec toute ma classe habituelle, mais je me contentais de le regarder avec de grands yeux presque apeurés. C'était pas qu'il me faisait peur, hein. Mais... si, en fait. Il me faisait flipper. Pas parce que je pensais qu'il était un monstre. Pour autre chose qui me terrifiait bien plus. J'aurai préféré qu'il soit un vrai monstre. Il m'aurait suffit de sortir Lucille. Là... j'avais même pas d'armes pour me défendre. J'étais incapable de le faire fuir. Alors je me contentais de rester immobile, pendant qu'il me faisait un baise-main qui fit remonter un frisson le long de mon bras. Je fermais les yeux, en cherchant à dégager ma main... Mais il l'avait déjà lâché.

Il était pas parti, non. Il prenait ses aises, allait dans la cuisine. Ma cuisine. Mon domaine. Mon coin à moi que je partageais déjà à peine avec le reste de ma coloc. Il allait falloir qu'il arrête ses conneries maintenant, le Jules Verne ! Il pouvait me traumatiser autant qu'il voulait, par contre il avait pas le droit de se penser chez lui alors qu'il était même pas le bienvenu !

Les poings serrés et d'un pas déterminé, je me dirigeais vers la cuisine, prête à l'engueuler. Voir même à péter un câble, si besoin. C'est ce que j'aurai fais, hein. J'étais prête à remplacer le malaise et la douleur pour une bonne vieille rage qui casse tout sur son passage. Le problème, c'était que quand j'arrivai dans la cuisine, Jules en sorti à toute vitesse. Quoi ? Que ce qu'il lui arrivait ? Il avait vu un fantôme ?

- Quel grossier personnage !

Ah ouais. Il avait vu un fantôme. Ça devait être son tout premier, vu la gueule qu'il tirait. Il avait l'air tellement mal que j'étais à deux doigts d'appeler les pompiers au cas où. Il allait quand même pas s'évanouir ?

-Je vais voir ce que j'ai.

Sa rencontre avec Sir Simon l'avait vraiment secoué. Je l'avais encore jamais vu dans cet état. C'était assez surprenant, d'ailleurs. Pour un type qui était mort, puis revenu à la vie, tout ça pour débarquer dans un monde où les dieux sont tout puissants... J'aurai pensé que rencontrer un fantôme, ça lui ferait aucun effet. Comme quoi.

Me dirigeant de nouveau vers la cuisine, je me figeais quelques secondes à ses dernières paroles pendant que les battements de mon cœur s'accéléraient. Pour me remettre en marche quasi aussitôt. J'avais pas envie de me lancer dans un débat ou une engueulade, là tout de suite. J'allais me contenter d'être sympa et lui trouver de quoi se remettre de ses émotions.

- Que ce que cet homme fait encore ici ? Il devrait être balancé dehors, à la merci des loups !

Je levais les yeux au ciel, sans faire attention à Sir Simon qui flottait au dessus du plan de travail, en jetant des regards noirs au salon. Il avait toujours pas compris que plus personne se faisait de bouffer par des meutes de loups depuis longtemps. En même temps, il était toujours persuadé qu'on était en hiver, donc bon.... Il était pas encore vraiment à la page niveau actualité. Faudrait qu'on le force à regarder les infos.

- Ferme-la et surtout fous lui la paix. T'as pas intérêt à aller traîner dans le salon. Compris ?

Je posais un regard menaçant sur le fantôme, qui prit une expression boudeuse tout en s'élevant vers le plafond pour disparaître. Il allait sûrement aller se cacher dans la tuyauterie d'une douche, en attendant que quelqu'un vienne se laver. Ou alors sous un lit. C'était sa nouvelle grande passion : attendre qu'on soit endormie pour passer à travers le matelas et nous regarder ronfler. C'était toujours hyper agréable d'entendre les hurlements d'un charmant coloc se réveillant tout juste et se retrouvant face au visage décomposé d'un fantôme hilare.

Fouillant les placards, je réussi à trouver une bouteille de rhum à peine entamée, que je sortie avec un verre de moutarde décoré d'un dessin star wars. Je savais pas encore qui collectionnait ce genre de verres, mais on commençait à en avoir pleins de ce style. La bouteille sous le bras, un verre à la main et une assiette dans l'autre, je retournais dans le salon et déposais tout ça sur la table basse, face à Jules. Je m'asseyais en tailleur dans un fauteuil, aussi face à lui, et posais les mains sur mes genoux.

- On est pas méga fan de l'alcool ici. Mais si ça te tente, y a du rhum. Je m'en sers pour faire des crêpes seulement. Et je t'ai ramené des cupcakes au chocolat blanc. Si jamais t'as la dalle.

Il avait l'air de bien aimer les pâtisseries en général. Le frigo était toujours plein de gâteaux que je ramenais du boulot ou que je confectionnais pour mes colocs pendant mon temps libre. Ça me rassurait d'avoir une réserve de bouffe sucrée même à la maison.

- Le fantôme que t'as vu dans la cuisine... Il s'appelle Sir Simon. Il est... spécial. Un peu chiant. Et trop collant. Oh et super méga pervers aussi. Son truc favori, c'est de mâter les gens sous la douche. On dirait pas comme ça pourtant, il fait tellement coincer... Enfin bref. Il est pas méchant. Il pète juste des câbles de temps en temps, où il essaie de se suicider alors qu'il est déjà mort. Mais sinon, à part ça, il est vachement sympa. Il fait vraiment parti de la coloc, en fait. Celui dont il faut se méfier, c'est de son pote le singe à cymbale qui vit dans la cave. C'est à cause de lui qu'on va jamais là bas, il a tendance à essayer de nous foutre dans la machine à laver. Et je sais pas du tout pourquoi cette obsession.

Mouais... c'était peut être pas la meilleure chose à dire pour le rassurer. Il risquait rien, mais les revenants avaient l'air de bien le faire flipper. C'était peut être pareil pour les peluches machiavéliques ?

Je me penchais pour attraper un cupcake, que je gardais à la main, sans vraiment oser mordre dedans. Que ce que je faisais ? Pourquoi je l'invitais à manger un bout alors qu'à la base je voulais pas qu'il reste une minute de plus ? J'étais beaucoup trop conne.

- T'en avais jamais vu ? Des fantômes ?

Autant lui faire la conversation le temps qu'il se remette de tout ça. Sinon ça allait juste être de longs silences bien gênants et une folle envie de le laisser tout seul dans le salon pour aller m'enfermer dans ma chambre. J'étais pas une peste à ce point là.

- Je veux dire... t'as rencontré des dieux. T'as survécu à des aventures de malades. T'es revenu à la vie, et pourtant t'es même pas un zombi. Je trouve ça encore plus dingue qu'un fantôme ! Et dis toi que t'as eu de la chance, il s'est pas montré en version demi décapité. Il adore faire ça au facteur quand il sonne pour nous faire signer un colis.

Je dépliais mes jambes, en affichant un petit air amusé. Ça faisait peur à Jules. Je pouvais comprendre. Mais Sir Simon était comme un membre de ma famille un peu spé. Toutes les conneries qu'il pouvait faire, c'était souvent plus drôle qu'autre chose. Sauf le matage dans la salle de bain. Pour ça, fallait trouver une solution. J'avais pas particulièrement envie qu'un fantôme me reluque quand je suis à poil. Ni quelqu'un d'autre d'ailleurs.

- Tu pensais vraiment ce que t'as dis ? Tout à l'heure ?

Voilà. Je l'avais demandé. J'avais pas forcément envie de connaître la réponse. Mais j'avais beau me concentrer sur l'odeur de chocolat blanc et penser aux histoires farfelues de mon coloc fantomatique, ses mots de tout à l'heure étaient restés dans un coin de ma tête.

- J'ai pas l'habitude. Qu'on soit sincère avec moi.

Je me mordis l'intérieur des joues, en me focalisant sur le cupcake que j'avais toujours à la main. À force de le manipuler, le glaçage commençait à fondre. J'allais en avoir partout sur les doigts. Ça me donnerait une bonne excuse pour m'échapper et aller me cacher dans la cuisine.

- T'as dis que l'amitié homme-femme, ça existait pas. Crois moi, tu te trompes. Ça existe, et pour de vrai. J'ai des amis qui sont des mecs, et y absolument rien d'ambigu entre eux et moi. On est pas tous obligé se jeter les uns sur les autres comme des animaux, hein. C'était juste... de l'amitié. Une super relation. Qui nécessite pas... de passer au stade au dessus un jour où l'autre.

C'était logique ce que je disais, au moins ? Je commençais à avoir un doute. Je savais même pas si j'arrivai à lui faire comprendre ce que j'avais en tête. C'est à dire rien du tout.

- On pourrait peut-être... être amis, non ? Je t'aime bien, Jules. Même si...

Tu me perturbes. Tu me fais rougir quasi à chaque fois qu'on se voit. Tu me fais presque bugguer. Même si tu sais pas ce que tu dis.

- Enfin voilà quoi.

J'étais incapable de croiser son regard. J'aimais pas parler. Dire sincèrement ce que je pensais. C'était jamais facile de savoir vraiment à qui on se confiait. Je me penchais pour reposer finalement le cupcake sur l'assiette sans même y avoir touché. Ma main était toute collante. Merveilleux.

- Je reviens. Je me suis foutu du glaçage partout, c'est génial.

Avec un soupire agacé, je me levais de mon fauteuil et m'enfuis dans la cuisine. J'ouvris le robinet et laissais couler l'eau, en m'appuyant contre l'évier, les yeux fermés. Je commençais à fatiguer. La journée avait commencé normalement, pourtant. Pourquoi tout était parti à ce point en vrille ? J'aurai pas pu deviner que ça se terminerait avec Jules dans mon salon, censé répondre à une demande d'amitié qui aurait pu être celle d'une enfant de cinq ans ?


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