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Sandy Ness


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________________________________________ Mar 11 Avr 2017 - 11:58



My name is Ness. Sandy Ness.

Ça faisait quelque temps maintenant que j’étais devenue quelqu’un d’autre. Une nouvelle personne au prénom moins long mais plus compliqué. Une Sandy dont le nom de famille avait une certaine ressemblance avec un monstre se cachant des touristes au fond d’un Loch écossais. Une Sandy Ness qui essayait de ne plus être trop triste. Une ancienne Tristesse qui devait sortir en cachette pour pouvoir pleurer en toute liberté. Dehors… Je n’avais jamais aimé ce monde extérieur. Et je ne l’aimais toujours pas. Mais je n’avais pas le choix, si je voulais que Dégoût continue à m’aimer et être tout le temps gentille avec moi. Pardon. Je voulais dire Deborah. Je ne devais plus oublier son prénom. Ni le mien.

Le lendemain de la fameuse sortie où l’ancienne émotion verte m’avait plus ou moins forcée à me renommer, j’avais complètement oublié ce qu’il s’était passé la veille. Ma migraine m’avait rendue nauséeuse, dans le flou. Je pensais que c’était juste un cauchemar très réaliste. Jamais je n’aurai été boire un chocolat chaud servi dans une tasse sûrement mal nettoyée par un plongeur mal payé alors qu’il travaille dans des conditions misérables, la peau abîmée par des liquides vaisselles non adaptés aux peaux sensibles et la mousse parfumée lui brûlant les yeux au point de lui abîmer la vue. Mais Dégoût m’avait confirmé que ce n’était pas un cauchemar. J’étais devenue Sandy Ness. Une émotion 2.0 qui ne porte plus des pulls trop grands et qui grattent. Une ancienne Tristesse qui n’était pas nulle. Qui pourrait, un jour, avoir la classe. Qui était une grande personne et qui ne pleurait pas pour un rien toutes les deux minutes. Colère avait brûlé de joie en apprenant la nouvelle. Mais moi… je regrettai presque.

J’étais coincée, maintenant. J’avais comme signé un contrat, en m’asseyant dans ce café avec… Deborah. Je l’étais encore plus alors que j’essayais d’enfiler un pantalon bien trop collant qui bloquait au niveau de mes cuisses. C’était la Dégoûtée qui m’avait choisi ce vêtement. C’était pareil pour le haut bleu sans manche que je portais déjà. Elle avait même acheté le soutien-gorge qui me faisait mal à la poitrine. En m’habillant comme elle le voulait, j’avais mal partout. Devenir classe, c’était bien trop douloureux. Les boutons des pantalons me rentraient dans le ventre, les bijoux n’arrêtaient pas de m’égratigner la peau… Je subissais. Mais je ne me plaignais pas. Jamais. Quand je ne pouvais plus le supporter, je disais à Dég… Deborah que j’allais chercher du travail. Alors qu’en réalité, je me cachais derrière une poubelle dans une ruelle malodorante où les rats étaient obligés de manger des chats pour survivre. Pendant que les rongeurs grignotaient des cadavres, je pleurais. Je vidais mes canaux lacrymaux, me mouchais dans un de mes vieux pulls que j’avais réussi à sauver de la déchetterie et braillais jusqu’à ne plus avoir de voix. Je pleurais parce que j’avais mal, parce que la vie était injuste, parce Riley me manquait toujours autant, parce que les infos me brisaient le cœur, parce que certaines nouvelles séries me détruisaient, parce que j’avais appris que les arbres mourraient en hiver ou que le gaspillage était toujours un fléau. C’était comme avant. Tout était trop douloureux. Tout faisait aussi mal. Mais je devais juste me contenir. Ne pas craquer devant les autres. Même si pour ça je devais me planter les ongles dans la cuisse jusqu’à ce que je commence à saigner. Je ne pouvais plus être la Tristesse, alors j’avais tout remplacé par la Peine.

- De… Borah !

A peine elle avait tapoté à la porte de ma chambre que je m’étais précipitée pour lui ouvrir. J’avais failli tomber mais j’avais réussi à me rattraper de justesse à l’encadrement de la porte. Mon pantalon n’était pas encore totalement enfilé, il m’empêchait de courir.

- Tu vois, je suis ponctuelle ! Et j’ai même mis le haut que tu aimes bien parce qu’il fait ressortir mes yeux ! Il fait un peu frais dehors, mais pourtant je n’ai même pas mis de pull !

Je faisais des gros efforts juste pour elle. Est-ce qu’elle s’en rendait compte ? Sûrement, sinon elle ne m’aurait jamais proposé de venir avec la moi à la bibliothèque pour découvrir ce que j’aime faire quand je ne suis pas occupée à pleurer ou à déprimer dans ma chambre. Jamais encore elle ne s’était intéressée à ce que j’aimais. Ça voulait dire que Sandy Ness lui plaisait alors, non ? J’espérais. J’espérais très fort. Sinon mes jambes allaient finir par ne plus pouvoir me porter et j’allais me mettre à sangloter à ses pieds, en utilisant le haut qu’elle appréciait tant comme un mouchoir improvisé. Mais ça n’allait pas arriver. Je n’étais pas toute seule, et puis j’avais promis. Sandy tient ses promesses.


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________________________________________ Mar 11 Avr 2017 - 17:58

Avant, Tristesse n'ouvrait pas la porte de sa chambre et y frapper était plus une simple formalité pour s'annoncer qu'une véritable demande. Avant, elle n'entendait de toute façon pas quand quelqu'un - généralement moi ou Jaspeur, quand il s'inquiétait de savoir si elle était toujours vivante - frappait car avant elle était bien trop occupée à pleurer sous une tonne de couvertures humides pour écouter - et donc entendre - qui frappait. Mais ça c'était avant. Maintenant elle ne me faisait plus perdre mon précieux temps et venait ouvrir - avec toute la non élégance dont elle était capable.
Cette fois ne manqua pas à la règle et je pinçai les lèvres sans rien dire. A défaut de décemment le porter, elle portait l'un des pantalons que je lui avais fait acheté dans l'optique de revoir totalement son look. Il lui allait bien. Sa maladresse, bien que touchante dans le cercle très restreint du manoir, était un accessoire dont nous aurions pu nous passer.
Je dodelinai légèrement de la tête en l'écoutant. Effectivement, ce haut sublimait ses jolis yeux tristes, en plus de mettre sa silhouette en valeur sans trop la dévoiler. Le moins c'est le plus. Ce n'est pas toujours vrai, mais ça l'est particulièrement concernant les appâts des femmes. Sandy, en l'occurrence, avait toutes les clés en main pour devenir une femme sublime que tous les hommes désireraient et que toutes les femmes envieraient. Elle disposait même de la clé de voûte nécessaire à cette ascension sociale : MOI.
- Tu es très jolie, commentai-je finalement, sincère, après l'avoir détaillée des pieds à la tête. J'ai bien fait de t'acheter ça, ajoutai-je pour ne pas m'enfermer dans une spirale de bons sentiments.
J'avais certes un cœur mais je ne l'ouvrai pas plus que nécessaire. Un compliment par ci, une parole gentille par là, le tout allègrement saupoudré de sarcasme et de mon élégance que personne ne pouvait égaler, voilà ce qui m'avait amenée où j'en étais.
Et avant que ce moment ne devienne gênant, j'entrainai Sandy à ma suite. Passant devant le salon où Colère lisait son journal et Jaspeur jouait aux échecs en se rongeant les épaules, je les hélai pour prévenir de notre départ. Colère, fidèle à son manque de manières, beugla quelques insultes d'encouragement tandis que Jaspeur tenta sans doute de nous parer à l'apocalypse. Mais je n'écoutais pas. D'ailleurs, j'avais déjà claqué la porte de notre étage.

La bibliothèque de Storybrooke ne payait pas vraiment de mine. Comme bien des choses dans cette ville, elle aurait mérité un ravalement de façade complet mais je ne m'étais pas encore improvisée décoratrice d'intérieur. J'avais, en outre, suffisamment à faire avec l'aspect extérieur des habitants de la ville et je ne pouvais pas, aux dernières nouvelles, me décupler. Les bâtiments attendraient.
- Nous y voilà, commentai-je sur la volée de marches qui menaient à l'entrée de la bibliothèque. A toi de jouer ma grande. Montre moi donc ce qui te fascine tant ici-bas...

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________________________________________ Mer 12 Avr 2017 - 14:49



My name is Ness. Sandy Ness.

Jolie. J’étais jolie. Elle me trouvait jolie. Parce que mes vêtements, eux, étaient jolis. Mais est-ce qu’elle aurait dit la même chose si j’avais porté un bas de pyjama et un pull troué ? Si je n’avais pas été chez le coiffeur pour qu’on taille ma frange ? Si je n’avais pas changé de lunettes pour un modèle moins voyant et plus élégant ? J’étais persuadée que non. Tout était question de look. D’attitude. J’étais devenue comme la Sandy de « Grease ». Réduite à porter des vêtements trop serrés autour de mes hanches, qui me compressaient ma poitrine quasi inexistante, et tout ça pour plaire au reste du monde qui préférait les cheveux gominés en arrière et les vestes en cuir. Dégoût était mon Danny. Sauf que jamais nous n’allions faire un numéro musicale ensemble.

Mais je voulais quand même bien croire que ces vêtements m’allaient bien. Ils allaient bien à Sandy, en tout cas. Mieux que les jupes colorées à enfiler par-dessus des collants bleus foncés. Je ne comprenais toujours pas pourquoi je devais parfois en porter à la place de pantalons alors que je ne pouvais même pas me laisser tomber, les jambes écartées, sans que ça soit considéré comme étant ultra vulgaire. Deborah était devenue presque aussi rouge que Colère, la seule et unique fois où c’était arrivé. Maintenant, quand je portais des jupes, je n’avais plus du tout le droit de desserrer les cuisses.

Pour aller à la bibliothèque, j’aurai aimé porter quelque chose d’ample et de confortable. C’était plus agréable pour s’écrouler à moitié sur une table ou s’allonger à même le sol dans un rayon isolé. Mes pulls accrochaient la poussière et attrapaient parfois au passage quelques toiles d’araignées, mais j’aimais ça. Parce que c’était un peu lugubre. Et triste, aussi. Les gens délaissaient les livres, préféraient des liseuses ou simplement s’abonnaient à Netflix. Les bibliothécaires un jour devraient disparaitre. Des personnes passionnées allaient perdre leur travail à cause de ça. Fini les livres. Les romans à l’eau de rose. L’odeur de moisie qui s’élève quand on tourne les pages. Fini les encyclopédies en plusieurs volumes. Les vieux textes écrits en latin. J’allais perdre mon endroit préféré au monde. Il arrivait en troisième place, juste après ma chambre. Le premier resterait toujours le Quartier Général. Même si j’avais dû lui dire adieu. Comme j’allais devoir le faire pour la Bibliothèque et…

Je clignais plusieurs fois des yeux, en prenant une grande inspiration sifflante par le nez. Nous étions arrivées devant les portes de l’établissement. Deborah me fixait, en affichant une petite pointe d’impatience qui ne la quittait jamais vraiment. Elle m’attendait. Moi qui hésitait à m’accrocher aux poignées métalliques de la grande porte en pleurant mon amour et mon désespoir à l’idée qu’un jour tout ceci disparaisse et devienne un supermarché. Ou une boucherie. Ça serait un endroit monstrueux, en tout cas. Un lieu de surconsommation où le gâchis règne. Où on mange des produits pleins de pesticides et de matière animale cachée dans des aliments à première vue innocents. Où écraser des petites vieilles avec des caddies n’est même plus considérer comme un crime. Quand cet endroit remplacerait cette bibliothèque… plus jamais je ne sortirai de ma chambre.

- Tu es déjà venue ici ? Ou tu passes toujours ton temps libre dans les magasins à relooker des gens qui en ont besoin ?

Elle n’avait sûrement pas l’habitude d’être entourée de tellement de livres. On venait d’entrer dans le bâtiment, et les gros volumes nous menaçaient, entassés sur des étagères. Si ils nous tombaient tous dessus, on mourrait très probablement, écrasés par des tonnes de livres qui écraseraient nos os et éclateraient nos crânes. Si je devais mourir prochainement, j’aimerai que ça soit de cette façon. Les pages jaunies s’imprégneraient de mes dernières larmes, s’imbiberaient de mon sang et recouvrirait mon cadavre au squelette déstructuré. Je fusionnais presque avec eux. Je deviendrai… un livre.

- Mon rayon préféré, c’est celui-là.

Je m’engouffrais entre deux étagères trop hautes pour en voir le sommet, en essayant de ne pas trop me dandiner pour que Deborah ne me reprenne pas. C’était mal, selon elle, de ressembler à un canard.

- J’aime bien savoir comment marche le corps des autres êtres humains. Je connaissais bien celui de Riley, mais personne n’est pareil. Même si nous sommes tous constitués de chair, de peau, de muscles, de poils, de cellules, d’intestins, de parties génitales, de cheveux, de cœur et même… de canaux lacrymaux.

J’avais murmuré ces derniers mots, en pressant contre ma poitrine un énorme exemplaire d’une encyclopédie sur les maladies et les troubles mentaux. C’était important, de pleurer. Je ne devais plus me laisser emporter par mes émotions, mais les livres situés dans le rayon « médecine » de la bibliothèque municipale disaient tous que c’était important de se laisser aller. Ce n’était pas mal du tout. C’était comme si on interdisait à Deborah d’être dégoûtée même si elle venait de feuilleter un livre illustré d’images en couleur traitant des malformations génétiques au fil des siècles. Le bras grisâtre sortant du torse de cet homme comme un fantôme japonais dans un film d’horreur dégoûterait n’importe qui. Même si moi, je commençais à me faire le film de la vie de cet homme et… et ça avait l’air si tragique et détestable que… que…


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________________________________________ Mer 12 Avr 2017 - 17:39

Pour le moment, le moins que l'on puisse dire, c'était que Sandy ne bougeait pas des masses, probablement perdue dans la contemplation des briques ternes qui s'empilaient pour former le bâtiment abritant la bibliothèque. Cela dit, nous étions déjà dans l'entrée. Et pas le moindre pleur à l'horizon, croyez-le ou pas. J'observai l'endroit silencieux sans desserrer les dents. Oui. Ce lieu avait définitivement besoin d'un relooking. Mais comme je n'étais pas là pour ça, je reposai bien vite mon regard sur Tristesse et sourit légèrement, satisfaite.
Depuis quelques temps, sortir avec elle était plus plaisant et surtout moins gênant. Les gens ne la dévisageaient plus toutes les trente secondes. On pouvait même considérer qu'elle était enfin sortable.
Mais fidèle à elle-même, en un sens :
- Tu es déjà venue ici ? Ou tu passes toujours ton temps libre dans les magasins à relooker des gens qui en ont besoin ?
Posant une main délicate sur son épaule, je répondis, blasée :
- Sandy, Sandy... Il faut vraiment que tu élargisses tes horizons. Certes, j'ai beaucoup de travail dans cette ville mais tout de même ! L'élégance, ça se cultive. Ma vie ne gravite pas uniquement autour des vêtements. L'élégance et la finesse, très chère, ça se cultive aussi autrement. Ca peut même se cultiver en lisant. Dans un meilleur endroit que celui-ci de préférence, mais ça peut, commentai-je en observant une nouvelle fois la bibliothèque, espérant secrètement qu'elle rougissait de honte en étant aussi peu avenante. Pour te répondre : non, je ne viens pas ici en principe. Ce n'est pas... disons que ça ne rentre pas dans mes critères de standing, conclus-je pour lui éviter une explication trop longue.
Maintenant que les choses étaient mises à place, je pouvais la suivre, le menton relevé et l'œil perçant. J'étais curieuse d'apercevoir le look de la bibliothécaire. La question du jour serait de savoir si elle matchait le reste de son environnement ou pas. Mais pour l'heure, nous étions dans le rayon préféré de Sany et c'est sur ce dernier que se posa mon regard aiguisé.
Contre toute attente, ce furent mes oreilles qui furent agressées. Au final, les étagères n'étaient pas si horribles et j'avais même aperçu de jolis dictionnaires anatomiques. Si seulement Sandy avait pu se taire, songeai-je, les yeux au ciel, alors qu'elle parlait de poils et d'autres choses.
Comme si je ne savais pas ce qui composait un corps humain ! Comme si je n'avais pas aussi vécu dedans ! Autant passer les détails pour éviter un débat stérile voire pire : un débat larmoyant dans lequel nous regretterions notre quartier cérébral et notre console d'émotion. N'allez pas croire qu'il ne me manquait pas. Rien ne pourrait jamais plus me satisfaire que d'être la Dégoût de Riley. Mais j'avançais.
J'avais ouvert un ouvrage au hasard, pour me distraire de ce qu'elle racontait, mais j'avais mal pioché et aussitôt refermé l'œuvre médicale, la bouche pincée et l'air particulièrement las. Je le reposai aussitôt pour me tourner vers l'émotion bleue prête à défaillir.
- Tes lectures sont particulièrement glauques, commentai-je, sans appel. Oh et... un petit secret entre nous : les gens civilisés ne disent pas "poil" ou "parties génitales" dans un lieu public.
Je battis des cils et lui offris mon plus beau sourire.
- C'est fou ce qu'on s'amuse dans ton monde, Tristesse, ironisai-je un peu en caressant la tranche des livres à ma portée. Tu dois savoir tellement de choses sur notre fonctionnement, petite geek. A tous hasards... tu lis aussi d'autres choses ? Des fictions ?

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________________________________________ Jeu 13 Avr 2017 - 11:11



My name is Ness. Sandy Ness.

Pourquoi il ne fallait pas parler de poils ou de parties génitales en public ? On avait toutes les deux un utérus. Normalement. Peut-être que moi je n’en avais pas ? Je n’avais jamais eu l’occasion de vérifier. Mais en tout cas, j’avais lu dans mes livres que toutes les femmes avaient un utérus. Et autre chose aussi, mais ça je ne pouvais pas du tout en parler en public. Sauf celles ayant une malformation comme on pouvait en trouver dans le volume que Deborah s’était empressée de refermer. Riley aussi en avait. Elle aurait pu avoir des mini-Riley un jour. On serait devenu des émotions-parents. Joie aurait sûrement voulu que ça soit une fille et qu’on l’appelle Joy. Elle aurait porté beaucoup de bleu et de jaune. Même si Dégoût n’aurait pas approuvé.

Comme elle ne semblait pas approuver mes lectures. Mes épaules s’affaissèrent, alors qu’elle avait déjà hâte de changer de rayon. Je n’avais même pas encore eu le temps de lui montrer un manuel d’étudiant en médecine où se trouvaient à l’intérieur des gros plans de cerveaux tranchés et extraient de leur boîte crânienne. C’était à ça que notre quartier général ressemblait, vu de l’extérieur. Une grosse masse rose et grisâtre. Un énorme chewing-gum prémâché et roulé en boule. Le principal organe du système nerveux, recouvert de liquide et tremblotant, comme si constitué de gelée…

- Je ne trouve pas ces livres glauques. Ils sont très intéressants. J’apprends beaucoup de choses grâce à eux.

Tout en rangeant la pile de livres que j’avais prévu de lui passer pour qu’elle puisse les consulter, je rentrais la tête entre les épaules, un peu dépitée. Il allait falloir que j’arrête de lire « Le Manuel de l’autopsie » pour devenir vraiment Sandy ? C’était un de mes livres préférés, je ne voulais pas ne plus avoir le droit de l’emprunter à la bibliothèque. Personne d’autre ne le lirait, à part les rares personnes rêvant secrètement de devenir médecin légiste et de scier un fémur avec un outil chirurgical ressemblant beaucoup à une petite scie à métaux.

- O-Oui. J’aime beaucoup… les pièces de théâtre. Et la poésie. Et les récits moyenâgeux. « Comme les Chevaliers de la Table Ronde ». Ou « Yvain ou le chevalier au lion ». Un peu de tragédies grecques, aussi. J’ai lu « Les Métamorphoses », d’Ovide. C’est comme de la poésie, mais écrite en latin.

Je me tortillais sur place, en tirant sur les manches de mon haut. Même si elles étaient courtes. Pas comme mes pulls, qui avalaient mes mains et qui permettaient d’y stocker plusieurs paquets de mouchoirs. Je ne pouvais plus faire ça, maintenant. Je ne pouvais même pas en mettre dans les poches de mon pantalon. Il était si serré et pressé contre mes jambes que la forme d’un paquet de kleenex serait facile à deviner.

- J’aime bien… les romances qui finissent mal. C’est si… triste. Et dramatique. Le garçon meurt. La fille meurt. Ou même les deux. Ils ne vivront jamais heureux. Ne fonderont jamais une famille. Ne vivront pas leur amour au grand jour. Ils souffriront pour l’éternité si ils ne se retrouvent pas dans l’au-delà. Et moi ça me… fait beaucoup de peine pour … eux.

Respirer. Je devais respirer. Les larmes commençaient à me monter aux yeux. Ma vue se brouillait pendant que je m’appuyais contre une étagère, la joue plaquée contre un livre tellement ancien que des pleurs l’abîmerait. Il fallait que je sois forte. Que je ne pense pas à Roméo et Juliette. Ou à Lancelot, Guenièvre et Arthur. C’était juste que…Qu’ils avaient tellement soufferts, et tout ça… par Amour. C’était beau. Et mélancolique. Et dramatique. Et désespéré. Et douloureux et…

- S-si tu ve-veux, il y a… un rayon sur la mode. Là-bas.

Toujours accrochée à l’étagère, je tendis un bras vers un rayon un peu plus au fond, à l’’aveuglette, les yeux fermés. Mon corps tout entier était secoué comme si j’avais le hoquet. Je ne pleurais pas, mais j’essayais de me contenir. Sinon j’allais me repasser les vers d’un poème de Louise Ackermann et je ne pourrai pas empêcher mes larmes d’utiliser les pages de mes livres préférés comme des mouchoirs improvisés.


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________________________________________ Jeu 13 Avr 2017 - 12:03

Dieu merci, à défaut d'avoir une utilité visuelle, ces livres avaient une utilité cérébrale ! J'osais espérer, oui, qu'ils servaient à autre chose qu'à dégoûter les innocents lecteurs aux pupilles fragiles. Mais c'était tout aussi bien si Sandy remballait tous ces chouettes ouvrages et gardait ses passions glauques pour elle et elle seule. Ou elle et ses amis geeks qui aiment déterrer les cadavres, allez donc savoir ce qui peut passer par la tête des gens ! Bien que je n'étais pas certaine que Sandy ait déjà des amis. Elle avait un semblant de style. C'était déjà pas mal. Peut-être que l'étape "se faire des amis" serait bientôt franchie, qui sait ? Pour l'heure, elle avait cependant l'air de préférer la compagnie de livres horriblement illustrés, Le Manuel de l'autopsie en tête, à en juger la façon dont elle l'avait serré avant de le remettre à sa place initiale (et non pas sa juste place qui aurait été dans une poubelle ou un coffre fort bien loin de mes iris sensibles).
Tout ceci me donnait cependant une idée que je gardais sous le coude, pour plus tard, quand nous serions loin des guides pour devenir le parfait petit éventreur et tacher ses vêtements de sang.
Pour le moment, Sandy la mal à l'aise se dandinait comme un canard dépourvu de toute once d'élégance en m'expliquant ses goûts littéraires normaux. Tout aurait été tellement si bien si elle ne s'était pas crue obligée de m'expliquer à quel point les histoires tristes étaient... tristes (vous l'aviez pas vue venir celle-là, hein ?) et dramatique. Mais ce qui était véritablement dramatique ici, c'était son hypersensibilité maladive et sa propension phénoménale à morver pour tout et pour rien. C'était le talent, sans doute. Une forme de talent, du moins. Une chose était sûre : la personne qui avait un jour décidé qu'elle incarnerait la Tristesse ne s'y était pas trompée. Cette personne avait eu le coup d'œil et l'intuition d'une vie.
- S-si tu ve-veux, il y a… un rayon sur la mode. Là-bas, parvint-elle à articuler entre deux spasmes bruyants.
A vu de nez, les livres de mode de la bibliothèque n'avaient pas été actualisés depuis trois décennies - comme le reste de l'établissement, d'ailleurs - et je doutais de trouver quelque chose de véritablement intéressant dans ce rayon et m'apprêtais à affronter les pantalons pattes d'éléphant et les perruques afros de toutes les couleurs. Pourtant, je pris la direction qu'indiquait la main tremblante de Sandy.
- Je vais aller voir ça, oui. Le temps que Miss Dépression 2017 termine sa tragédie grecque et se ressaisisse un peu. Tiens, t'en auras plus besoin que moi, manifestement, soupirai-je en tendant un mouchoir brodé "Dégoût, parce que je le vaux bien" pour le poser dans sa petite main triste.
Je n'étais pas dupe. Il faudrait faire bouiller trois fois ce mouchoir avant de pouvoir le réutiliser comme accessoire de mode mais c'était un prix que j'étais prête à payer.
Faisant claquer mes talons sur le linoléum de la bibliothèque, je m'avançais avec panache dans le rayon mode. J'attrapai un premier ouvrage que je consultais la bouche pincée avant de le jeter par dessus mon épaule avec désinvolture. Comme je m'y attendais, ces livres n'étaient pas du tout à la page. Je feuilletais néanmoins un autre livre puis encore un autre et encore un autre et fit à chaque fois le même constat : rien n'était à ma hauteur. Rien, rien, rien et rien.
Je pris alors la décision qui s'imposait : empilant l'intégralité du rayonnage dans les bras d'un petit intello aussi coincé que boutonneux, je m'avançais vers le bureau de la bibliothécaire, mon stagiaire d'un jour derrière moi. Il laissa bruyamment tomber les ouvrages devant la femme tandis que je croisai les bras, toisant les livres d'un air méprisant :
- Je vous conseille de les brûler. Rapidement, de préférence. Sauf si vous tenez vraiment à ce que cet... endroit respire le XXe siècle à jamais. Auquel cas, je peux rien pour vous.
Sans attendre de réponse de sa part (qu'aurait-elle à répondre de toute façon ? elle avait de la chance que je n'appelle pas la police et n'avait plus qu'à s'exécuter, même une crétine dans son genre en était capable) je tournai les talons pour retrouver Tristesse dans son rayon préféré. Elle avait l'air calmé - autant qu'elle pouvait l'être face à la tristesse de ce monde en général et de ce lieu en particulier.
- J'ai fait ma bonne action du jour, fanfaronnai-je une fois à sa hauteur. Tu veux me montrer toutes ces belles histoires tristes ou tu préfères écouter la nouvelle bonne idée de Deborah ? Non, ne réponds pas, je connais déjà la réponse. Tu veux écouter la nouvelle bonne idée de Deborah et... je dois dire que tu as bien raison.
Je marquai une pause afin de sublimer mon effet théâtral puis repris :
- Et si Miss Dépression 2017 - c'est toi - devenait médecin ? Comme ça tu pourrais continuer de regarder tous ces... jolis petits livres que tu aimes tant sans avoir l'air d'une psychopathe. Je suis même sûre que tu pourrais être bien payée d'ici... 9 ou 10 ans. Tu pourrais soigner des gentils petits bébés ou écouter les problèmes des gens et pleurer avec eux...

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________________________________________ Lun 24 Avr 2017 - 11:56



My name is Ness. Sandy Ness.

Un mouchoir. Dans ma paume. Tout doux. Encore tout blanc. Tout beau. Immaculé de toute morve et de magma gluant verdâtre. Il était sec et délicat comme du coton. Son contact était agréable entre mes doigts tremblotant. Doucement, je le portais jusqu’à mon visage pour le frotter contre ma joue. Il sentait même bon. Comme si il avait été lavé dans une lessive à l’odeur de Dégoût.

J’avais envie de plonger mon nez dedans, les yeux fermés, et de laisser le fluide épais s’extraire de mes narines pour se déposer sur le tissu brodé. Il n’était pas comme les mouchoirs que je me faisais livrer par boîte de cinquante. Est-ce que c’était parce qu’il appartenait à Dégoût ? Il était spécial… grâce à elle ? Ou ma peau était juste trop abimée par les mouchoirs papiers et réclamait la douceur du tissu pour que je m’essuie le nez désormais ?

Toujours accrochée à l’étagère, la tête dodelinant sur mon épaule droite, je m’essuyais les yeux pour écraser les larmes rebelles qui tenaient tête à ma volonté de ne plus pleurer, en reniflant bruyamment. Chaque inspiration par le nez que je prenais pour empêcher la morve de couler était accompagnée d’un petit bruit de trompette bouchée. J’étais tellement bruyante que la bibliothécaire m’envoya un regard obscur de derrière son bureau. Je rentrais la tête entre les épaules, en laissant échapper un petit gémissement de gêne. Je ne devais pas faire de bruit à la bibliothèque. C’était très malpoli. Je le savais, pourtant. Mais parce que j’étais incapable de maîtriser ma tristesse, la bibliothécaire n’allait plus vouloir que je vienne. Elle allait me donner un avertissement. Appeler la police pour qu’on m’emmène en prison. Définir un périmètre de sécurité autour du bâtiment que je ne pourrai plus jamais franchir. Brûler mes livres préférés devant moi pour me faire du mal. Interdire l’accès à la bibliothèque pour les petites émotions trop tristes qui pleurent trop fort. Alors je serai obligée de télécharger illégalement des livres en format PDF. Je devrai payer des amendes. Sauf que je ne travaillais pas. Alors je retournerai en prison. Et plus longtemps, cette fois. Là-bas, des femmes violentes et très musclées me tatoueraient de force, m’obligeraient à manger des mégots de cigarette encore brûlants et me feraient faire de la musculation parce que ça les ferait rire. Comme mes muscles n’étaient pas très développés et que je n’étais pas sportive, je mourrai très probablement, écrasée par une barre d’altère trop lourde. Les cannibales de la prison dévoreront mon corps pour s’en débarrasser, et jamais personne ne se souviendrait de moi. Même pas les gardiens. Ni mon avocat. « Sandy qui ? » Voilà ce qu’ils répondront quand quelqu’un retrouvera mon dossier salit par des tâches de gras et des gouttes de tabasco après qu’il est servi de set de table pour un menu de fast food.

J’étais prête à me laisser glisser au sol de désespoir, les bras en croix, à attendre que la police vienne m’embarquer, quand Deborah fut enfin de retour. Je l’avais presque oublié. Son visage était de plus en plus flou, dans mon esprit, au fur et à mesure que les jours passés derrière les barreaux s’allongeaient et…

- M-Moi ? M-M-Médecin ?

J’en restais bouche bée. Dégoût avait toujours des nouvelles bonnes idées. Sauf quand ça me concernait. Elle tenait bon, mais je savais, tout au fond de mon cœur englué de morve et de larmes, que jamais les étapes de ma vie seraient parsemées de bonnes idées. Elle aurait dû lâcher l’affaire, avec moi. Laisser les policiers armés de boucliers et de matraques me plaquer au sol et me hurler dessus pendant que je serai incapable de retenir mes beuglements de terreur.

- Mais quand on est médecin… on doit soigner des vies. Les empêcher de mourir. Il ne faut pas se tromper et découper sans faire exprès une artère importante pour la survie du patient. Je ne veux pas tuer par accident quelqu’un. Parce qu’après il faudra prévenir sa famille. Et ils me blâmeront pour sa mort. Je ne serai même pas invitée à l’enterrement. Et comme je ne pourrai jamais me remettre de mon erreur, je devrai me suicider en avalant pleins de médicaments. Ou… en me pendant avec une blouse. Ou alors en me jetant du haut du toit de l’hôpital et…

C’était si facile à imaginer. La chute. Mon corps mou qui s’écrase sur le bitume du parking. Ou alors sur une voiture. C’était si simple de ressentir ma mort prochaine que j’avais dû m’asseoir par terre, jambes tendues et dos appuyé contre le pied d’une étagère. Les épaisses reliures de livres trop rarement consultés me maintenaient la tête, que je rejetais en arrière pour essayer de maîtriser la trajectoire de mes larmes qui commençaient à couler silencieusement. La bibliothécaire nous regardait depuis tout à l’heure. Je ne devais surtout pas faire de bruit. Pas un seul sanglot non maîtrisé…

- Che ne cherai pach un bonch medchechin.

Je ne voulais pas pleurer. J’avais promis de ne pas pleurer. Alors je me mordais très fort la langue. Ça marchait, souvent. Parfois, je la mordais tellement que je saignais et que j’avais du mal à parler pendant plusieurs jours. Mais je préférai avoir très mal que de beaucoup pleurer.

- Mais elle met du sang partout !

La bibliothécaire avait quitté son bureau pour se précipiter vers nous, en panique. Elle avait un gros rouleau de sopalin à motif à la main, qui allait sûrement lui servir à nettoyer les gouttes de sang que je postillonnais à chaque mot prononcé. J’avais mordu ma langue un peu beaucoup trop fort, une fois encore…

- Vous vous croyez où ? Vous voulez que je vous interdise l’accès à la bibliothèque à vie ?

Elle jeta à Dégoût un regard mi méprisant, mi scandalisé. C’était ma faute. Elle voulait interdire à Deborah de revenir un jour. Je ne voulais pas qu’elle soit punie à cause de moi. Non. Elle ne méritait tellement pas…

- Pichtié ! Laichez la…

Je n’avais pas pu terminer mes supplications. Du sang avait jailli de ma bouche pour atterrir sur les vêtements de la femme, qui poussa un cri de dégoût et me repoussa violemment. Je m’étalais de tout mon long au sol, mes lunettes s’éjectant de mon nez pendant ma petite chute. Voilà que je voyais flou… Que le sang remplissait ma bouche… Que des larmes brûlantes se mirent à couler le long de mes joues, pendant que j’entendais la bibliothécaire pousser un nouveau cri. Est-ce que j’allais mourir ? J’avais un traumatisme crânien, n’est-ce pas ?


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________________________________________ Lun 24 Avr 2017 - 15:53

Si c'était étonnant ? Non, pas vraiment. Pas du tout, même. Absolument pas. Bienvenue au pays de la normalité, dans le département désespoir et désolation.
Ce qui aurait pu être étonnant eut été que Tristesse saute de joie ou s'énerve ou encore qu'elle s'enthousiasme de ma nouvelle bonne idée. Mais qu'elle doute, la lèvre inférieure tremblante et les yeux plein de larmes, ça, c'était incroyablement normal.
Rappelez-moi pourquoi je laissais Sandy exprimer ses angoisses qui, de toute façon ne changeait jamais, en plus d'être déprimantes et insolubles sans plusieurs années de thérapie ? Sans doute parce que j'étais trop gentille avec elle. C'est tout moi, ça. Au lieu de la secouer plusieurs fois par jour comme un prunier, je la laissais déblatérer des âneries dramatiques sur un futur potentiel qui n'arriverait jamais.
- Il va vraiment falloir que tu apprennes à positiver, commentai-je platement. Pas à t'exciter comme une folle furieuse mais juste à voir le bon côté des choses. Il en va de ta survie. Et probablement de la mienne, ajoutai-je plus pour moi que pour elle.
Mon regard la suivit au sol où elle s'était laissée choir. Je la dominais à présent de mon mètre soixante-dix, les mains sur les hanches et la bouche pincée de plus en plus fort à mesure que Sandy se donnait en spectacle quand soudain la voix de la bibliothécaire interrompit mon pincement de lèvres progressif, accourant avec du sopalin pour Tristesse.
Et flûte. Voilà qu'en plus de pleurer, elle saignait.
Une giclée plus tard, la situation était hors de contrôle. Le karma, sans doute. Il n'appréciait pas que je sois si supérieure à tout le monde alors il me mettait des bâtons dans les roues. Ou plutôt : des taches de sang et une mégère en colère dans les pattes. Extra. Parfait. Super Dégoût devait une fois de plus sauver les meubles. Et le peu de dignité de Tristesse. Et la situation. Plus tout le reste.
Et puisque Tristesse était déjà dans un état lamentable, blessée et incapable d'agir ne serait-ce qu'en levant le petit doigt, je m'occupais de la véritable adversaire : la bibliothécaire.
- Pitié, ne faites pas semblant. Ca se saurait si cet endroit en était encore au stade où chaque tâche compte. Ou alors vous avez besoin de nouvelles lunettes à cause de l'âge que votre anti-rides bas de gamme peine à dissimuler. Au choix. Toujours est-il qu'un peu de sang, de poussière ou de boue en plus par ci ou par là ça ne fera pas vraiment de différence.
Comme pour prouver mes dires, je passai nonchalamment un doigt le long de l'étagère pour y laisser une trainée nette de non poussière avant d'essuyer ce même doigt sur la tranche d'un livre.
- Si j'étais vous je prendrais ce morceau de sopalin pour essuyer le sang avant qu'il ne sèche et ensuite j'irais en chercher un second avant de m'exiler aux toilettes pour pleurer avec un peu de dignité sur votre pauvre petite vie. C'est juste un conseil. Quant à nous, repris-je en me tournant vers Sandy pour la relever et replacer ses lunettes correctement, nous n'avons plus rien à faire ici et reviendrons quand cet endroit sera décent pour nous accueillir.
J'entraînais Sandy à l'extérieur où j'inspirai un grand coup, soulagée. Je n'avais pas adressé un seul regard de plus à la bibliothécaire et n'avais aucune idée de sa réaction. Mais je pouvais parfaitement l'imaginer : le regard coït, la bouche bée, le dos figé. J'espérais que les autres utilisateurs de l'endroit nous avaient vu. Non : j'espérais qu'ils m'avaient vue et qu'ils enviaient mon assurance.
- T'en fais pas, dis-je à l'attention de Sandy. Elle peut pas t'interdire de venir bouquiner tes manuels de médecine. Parce que si elle le fait... bye-bye sa réputation. Je suis sûre qu'elle en a conscience, ajoutai-je avec un sourire mesquin au coin des lèvres. On reviendra emprunter des livres une autre fois ou alors on te commandera ce dont tu as besoin si tu te décides à suivre ma nouvelle bonne idée. Tu ne voudrais pas posséder tous ces livres plutôt que de les emprunter ? On ne sait même pas qui a bien pu mettre ses doigts dessus avant. Ou autre chose, si on a de la chance, ironisai-je, dégoûtée. Tu pourrais te constituer une bibliothèque. Ce serait... un peu comme avant. Et utile pour ton inclusion sociale ici, ne perdons pas cet objectif de vue.
Nous fîmes quelques pas pour nous éloigner du bâtiment puis je repris :
- Alors Sandy. Qu'est ce que tu aimerais me montrer d'autre ? C'est ta journée aujourd'hui. On va où tu veux.

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________________________________________ Mar 25 Avr 2017 - 15:12



Adieu, monde cruel... *argh*

Je ne valais pas le coup d’être sauvée. Il valait mieux que Dégoût me laisse là et qu’elle s’en aille. La confrontation ne servirait à rien, le combat était déjà perdu d’avance. Que ce qu’on pouvait faire face à une bibliothécaire énervée et couverte de mon sang, telle Carrie au bal du diable tuant ses petits camarades à coup de pouvoirs télékinésiques, trempée de sang de porc après une mauvaise farce traumatisante. Je méritais sa colère. Qu’elle n’hésite pas à me brûler dans une voiture, je ne pourrai pas lui en vouloir. Mais Deborah devait rester en vie. Elle n’avait pas à finir comme moi à cause de mes pleurnicheries. Elle avait encore tant de mimiques dégoûtées à faire, tant de gens à juger en battant des cils… J’avais déjà perdu Riley et Joie. Si une autre émotion devait aller à son tour sur la lune, alors je voulais être la seule à monter à bord de la fusée.

- Parch, Dégouch… Parch et ne te rechourne pas…

Ma main se leva mollement vers l’émotion, cherchant à la repousser. Mais mon bras était bien trop faible pour tenir trop longtemps en l’air. Il retomba au sol,  pendant qu’un long gémissement d’agoni s’échappait de mes lèvres presque closes. Mes larmes se mélangeaient à la salive et au sang qui coulaient lentement le long de mon menton, dans une traînée rosâtre et mousseuse. Je devais être en train de faire une hémorragie interne. Ou même externe. Je me vidais de mon sang, lentement, douloureusement. Ma langue était peut être abîmée. Presque arrachée à cause de mes dents qui l’avaient déchiquetée. Jamais plus je ne pourrai parler. Mais ce n’était pas grave. Parce que j’allais mourir. Parler ne serait plus une nécessité. La seule importance, maintenant, c’était de savoir quelles fleurs allaient être déposées sur ma tombe. J’espérai qu’elles seraient bleues. Des roses bleus foncées, presque noires. Pour rappeler ma couleur d’origine, teintée de ténèbres désespérées…

Il faisait froid, tout à coup. Mon corps se mit à grelotter. Quelque chose m’entraînait dans la lumière. Une lueur blanche m’enveloppa, me réchauffant tout doucement. C’était comme si elle me tenait par la main pour m’emmener… ailleurs. Même si elle m’aveuglait, son contact était aussi doux que celui du mouchoir de Dégoût que je serais toujours dans mon poing. Dégoût… Est-ce qu’elle allait bien ? Oui. Elle était la plus forte de nous tous. Elle serait capable de vaincre la menace bibliothécaire. Pourquoi j’avais douté d’elle ? J’étais si bête ! Si stupide ! Je n’avais pas à douter. Tout irait bien pour elle. Tout irait bien pour moi aussi, maintenant. Il me restait juste à suivre la lumière. A monter jusqu’à la lune et…

- Cha… rechputation ?

J’ouvris de grands yeux perdus, en fixant Dégoût qui affichait un sourire aussi effrayant que celui de Colère avant qu’il ne mette le feu à mon tas de Kleenex parfumé à la pêche. Elle ne voulait quand même pas incendier la bibliothèque ? Ou alors j’étais en Enfer et je me retrouvais avec la Dégoût diabolique à corne aimant mettre le feu aux gens ? Non, elle était trop gentille avec moi. La Dégoût diabolique n’aurait jamais essayé de faire des efforts avec la triste Tristesse se laissant emporter par la mort. Mon hémorragie était guérie ? Peut-être que j’avais des dons de guérison insoupçonnés, et qu’en réalité on avait déjà tenté de me tuer plusieurs fois mais que je revenais sans arrêt à la vie… Je comprenais mieux certaines choses, maintenant… Depuis combien de temps je laissais traîner mes mouchoirs usagés alors qu’on cherchait, en vain, à se débarrasser de moi ? Peut-être même que, déjà, j’avais tenté de me suicider en me pendant avec un pull ou en enfonçant dans ma gorge des dizaines de mouchoirs en papier jusqu’à finir étouffée. Mais qu’à chaque fois… une force supérieure m’avait empêché de rejoindre Riley et Joie. Qui était-elle ? Est-ce que c’était pour me punir ? Ou parce que j’avais encore mon rôle à jouer dans ce monde qui n’aimait pas autant que moi le bleu ?

J’essayais de parler un peu plus, mais du sang en grande quantité s’écoula de la commissure de mes lèvres, me forçant à plaquer le mouchoir de tissus à l’odeur de Dégoût contre la bouche pour tenter de stopper le liquide épais et à l’odeur forte. J’avais dû garder la bouche close trop longtemps, et le sang s’était accumulé à l’intérieur. Le barrage venait de céder.

- Tuch… Tu vois ! Je ne peux pas devenir médecin ! Je finirai avec du sang partout et mes patients aussi ! Je ne veux pas… les charcuteeeeer !

Je rejetais la tête en arrière, le visage déformé par une grimace qui révélait mes dents teintées de rouge et le fond de ma gorge enflée à force de renifler sans arrêt. J’aurai aimé que Dégoût ait raison ! Que Médecin Sandy soit une bonne idée ! Mais non ! Avec moi, les idées ne pouvaient qu’être très tristes et impossible à réaliser !

-J-je… je vais t’emmener… ailleurs. Dans un endroit que j’aime beaucoup… p-pour être au calme.

D’un reniflement, je ravalais mes sanglots et la morve qui s’apprêtaient à couler à leur tour pour rejoindre la fontaine de sang qui continuait à s’échapper de mes lèvres. Je me mis en marche, d’un pas mollasson et démotivé. Je n’avais plus envie qu’on se balade. Je voulais rentrer à la maison. Monter dans ma chambre. Ouvrir mon placard. Rentrer dans ce placard. Fermer la porte derrière moi. Puis me rouler en boule et pleurer toutes les larmes de mon corps au milieu des vêtements et des boîtes de chaussures que je n’ouvrais jamais. Des araignées me tiendraient compagnie et tisseraient leur toile dans mes cheveux. La poussière me rendrait allergique alors j’éternuerai sans arrêt. Mais je ne sortirai pas.

Il ne fallait pas longtemps avant d’arriver au fameux endroit. Le chemin fut silencieux, parfois entrecoupé de hoquet et de fin de sanglots qui me donnaient l’air de faire une attaque. Je passais les hautes grilles sinistres et m’avançais sur un chemin protégé par des arbres lugubres et tordus. J’allais m’asseoir sur un banc, pour fixer les rangées de tombes toutes bien alignées et couvertes de bouquets de fleurs régulièrement remplacées par des proches emplis de regrets amers et ayant sûrement dépensés leur salaire chez le fleuriste.

- Quand je mourrai, c’est ici que je veux être enterrée. Et j’aimerai bien que vous soyez enterrés ici aussi. Comme ça, même dans la mort, on sera tous réunis. Et peut-être que quelqu’un viendra fleurir nos tombes. Quelqu’un qui nous aimait vraiment beaucoup. Et à qui on manquera énormément. Et qui pleurera en repensant à nous. A tous ces bons moments partagés. à tes regards dégoûtés. Aux excès de colère de Colère. Aux crises cardiaques de Peur. A mes mouchoirs usagés. Ça voudra dire que quelqu’un… ne nous oubliera pas.

Je m’essuyais les yeux du dos de la main, en tremblant sous le coup de l’émotion. Est-ce que quelqu’un se rappellerait de moi ? Ou alors est-ce qu’on allait m’oublier et je disparaitrais à mon tour comme Bing Bong avait disparu dans le cœur et l’imagination de Riley ? Et si je n’étais même pas enterrée ? Que je me retrouvais dans la fosse commune, à côtoyer les cadavres des mal-aimés et des oubliés ? Et si…. On ne venait même pas fleurir ma tombe ? Que j’étais la seule plaque de marbre sans bouquet posé dessus ? Même si j’étais morte, mon squelette pleurerait. Ça serait sûrement de la poussière, mais je ne pourrai pas m’en empêcher quand même. Parce que ça voudrait dire que je ne manquerai vraiment à personne. Même pas… à Dégoût…


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________________________________________ Mar 25 Avr 2017 - 17:32

Une chose de plus était certaine : jamais plus je ne toucherai à ce mouchoir. Même décontaminé, je ne voulais plus que mes doigts délicats soient en contact avec. Tant pis, songeai-je, stoïque. J'avais bien fait d'en faire broder vingt trois.
Mais j'aurais peut-être dû faire broder la bouche de Tristesse également, à la réflexion. Cela m'aurait évité de l'écouter ressasser sans cesse la même chose : le sang, les morts, la désolation. Etait-il, oui ou non, possible d'implanter un peu de glamour dans sa tête ? Juste un petit peu ? Un tout tout petit peu ?
Et, plus urgent, pouvait-elle éviter de me montrer ses dents ensanglantées ? En plus d'être gênant, ça devenait carrément dégueulasse...
- Fais-donc, Miss Dépression. Emmène moi ailleurs, j'ai tellement hâte, annonçai-je platement en observant mes cuticules et ma manucure.
Dieu merci, mes mains restaient parfaites en toutes circonstances. Au moins quelque chose d'agréable à regarder...
J'emboîtai le pas à Tristesse mais dû bientôt ralentir pour ne pas la perdre. Sandy se trainait plus qu'autre chose mais je ne dis rien. Il y avait bien assez de sang comme ça sûr elle, pas la peine d'en rajouter. Elle n'avait qu'à pleurer, ce serait toujours un cran au-dessus de l'hémoglobine.
Quant à moi, j'observai un silence calculé et une démarche mesurée. Au final, nous ne marchâmes pas très longtemps...
... pour arriver au cimetière.
Sans. Déconner.
Je ne pus retenir ma mâchoire qui s'affaissait et mes yeux qui s'agrandissaient sous la stupeur.
Pourquoi je n'avais pas deviné, en fait ? J'aurais dû deviner. J'étais suffisamment intelligente pour deviner.
Sandy s'était assise sur un banc, le vague à l'âme et le regard vide. Reprenant mon flegme légendaire, je la rejoignis et m'assis à côté d'elle, fixant à présent les tombes que ses yeux embués fixaient également.
Y avait-il situation plus pathétique et grotesque ? Assurément que non, c'était une question rhétorique, mais merci d'avoir allumer vos neurones pour moi.
Je n'étais pas assise depuis trois secondes qu'elle rouvrait la bouche pour me faire partager ses pensées lugubres. Quand elle eut fini, elle essuya ses yeux d'un revers de main.
- Tu as utilisé mon seul mouchoir, tu vas devoir te contenter de ce que tu as, commentai-je, affligée mais résignée, un mouvement du menton dans sa direction.
De toute façon l'endroit été désert. Personne ne nous verrait. Accessoirement, je devais parer au plus urgent qui, pour une fois, n'était pas le style de Tristesse. Comme quoi tout arrive.
- Très vraiment une déprimée congénitale, hein ? repris-je en tournant le regard dans sa direction, espérant croiser ses yeux embués. Tu sais, je prends note de ce que tu me dis. Même quand c'est glauque. Ou déprimant. Ou stupide. Si tu veux une concession ici, ça me va très bien. Mais pas tout de suite. Et tant qu'à faire, au meilleur emplacement qui soit. Puisqu'apparemment nous serons amenées à passer l'éternité cote à cote, j'ai besoin que l'endroit soit à mon image, c'est-à-dire parfait. Je te l'accorde, Storybrooke craint franchement. Mais on va avoir une belle et longue vie, que ça te plaise ou non. Il est clair qu'un jour je manquerai à tous ces pauvres gens et que ce sera aussi ton cas. Sandy, je vais être franche, annonçai-je après une pause. Tu as besoin d'un psy. D'un bon psy. Et peut-être de prendre des calmants ou de regarder des feel good movies. Et ensuite peut-être que tu pourrais devenir docteur en psychologie. Comme ça tu ne charcuterais personne et mes yeux n'auraient plus à supporter le sang dégoulinant de ta bouche. Ou d'ailleurs. Tu pourrais écouter les malheurs des uns et des autres à longueur de journée et les aider à les résoudre tout en ayant des honoraires astronomiques que tes patients seraient ravis de payer. Tu n'aurais même pas besoin de faire semblant de compatir. Mais au final les gens se sentiraient mieux parce qu'ils auraient morver avec toi pendant une heure. Et ils ne t'oublieraient pas.
Comment oublier cette petite boule de déprime ? Même si je le voulais, je ne pourrais pas.
Mon regard se porta à nouveau sous les tombes devant nous.
- Tu connais quelqu'un ici ? Un des morts, je veux dire, ou tu viens par pure charité chrétienne ?

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