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٩(͡๏̯͡๏)۶ Le Péché Divin ☆ Evénement Divin #29
Une mission de Neil Sandman - Ouverture : 18 octobre 2017
« Après avoir péché, il faut expier... quel que soit le prix à payer ! »

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Sandy Ness


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________________________________________ Mar 9 Mai 2017 - 21:34



Hello Sadness, my old friend...

« Sandy, je vais être franche ». A ces quelques mots, j’avais rentré la tête dans les épaules, comme si j’allais prendre un coup. C’était un réflexe que j’avais l’habitude de prendre avec Colère. Il me frappait souvent, parce que beaucoup de choses chez moi l’énervaient. Mon nez qui coule, mes yeux qui pleurent, mes lunettes de travers, mes gémissements de désespoir… Et quand Colère était énervé, il n’hésitait pas à gros coup de poing bourru. J’avais régulièrement un gros bleu sur l’épaule. Les deux épaules, même. Ça dépendait de quel côté il était quand je commençais à pleurer.

Dégoût voulait être franche avec moi. Je m’attendais au pire. Ça allait être le pire. C’était obligé. Elle se rendait enfin compte que je ne lui apportais rien. Que je n’étais rien de plus qu’un gros boulet tremblotant accroché à sa cheville parfaite, qu’elle devait traîner depuis trop longtemps et qui la tirait vers le bas. Elle voulait que je quitte la maison de Madame Aphrodite. Que je quitte notre famille. Notre famille… non. Leur famille. Ce n’était plus la mienne. Je n’avais plus le droit d’en faire partie. Je devais prendre l’habitude de dire ça, maintenant. Est-ce que ça voulait dire que je devrai trouver un nouvel endroit où vivre ? Mais comment j’allais faire, sans argent ? Est-ce que je devais travailler ? Peut-être que le sans-abri à côté de la poste accepterait de m’accueillir dans son carton. Il fouillait les poubelles pour se nourrir, mais il me laisserait sûrement de bon cœur quelques restes. Il avait l’air un peu malade, avec son visage creusé, ses cernes violets et ses lèvres craquelées. Et puis il était sale, aussi. Une odeur forte se dégageait toujours de son manteau déchiré. Mais je pourrai m’y habituer. Je pourrai me faire à la faim, aux longues semaines sans prendre de douches et à la peur que m’inspirerait mon reflet dans les vitrines des magasins devant lesquels je m’endormirai, sur un carton aplatis, en attendant que les propriétaires appellent la police pour me faire fuir.

Mais… et si même le sans-abri ne voulait pas de moi ? Qu’il me jetait une boîte de conserve nettoyée à coups de langue affamée en pleine tête ? Que ce que je ferai ? Je ne pouvais pas vivre toute seule. Jamais je n’avais été confrontée au reste du monde sans les autres émotions. Je ne savais pas comment faire. J'étais incapable de survivre. La survie… Elle n’aurait plus aucun sens pour moi. A quoi bon lutter ? A quoi bon… tenir bon ? Le mieux, peut-être, ça serait de rejoindre ce cimetière. De m’allonger dans une tombe fraichement creusée. Et attendre qu’une pelleteuse me recouvre de terre. Je mourrai très probablement asphyxiée, étouffée par des tonnes de boues et de petits cailloux. Ma chair et mes organes seront rongés par des asticots et des insectes bien trop nombreux pour les nommer, faisant de mon cadavre pourrissant leur nouveau restaurant pour les prochains mois, voire même années. Je serai alors utile à quelque chose. Peut-être que c’était ça, le seul et unique but de ma vie. Nourrir les insectes. Et c’était une bien noble cause.

Même pas une seconde ne s’était écoulée depuis que Dégoût avait prononcé cette phrase terrifiante. Et pourtant, je cherchais déjà du regard quel emplacement était vide, afin de le remplir de mon corps qui tremblait férocement sans même que je ne m’en rende compte. Je me balançais inconsciemment d’avant en arrière sur le bord du banc, trop terrifiée par la suite pour écouter ce que Deborah avait donc à me dire. Je savais, ce qu’elle allait dire. Ce qu’elle allait finalement m’avouer. Je n’étais pas une émotion nécessaire. Elle devait se séparer de moi. Je lui avais mis bien trop souvent la honte. Ce n’était plus supportable. Il fallait bien que ça se termine, de toute façon. J’avais été chanceuse pendant assez longtemps. Mais ça, je ne m’en rendais compte que maintenant. De la chance que j’avais eue. Pourquoi il fallait que j’en ai conscience qu’au début de la fin ?

- Un psy.

Dans un souffle, j’acquiesçais lentement d’un mouvement de la tête. J’essayais d’assimiler ce qu’elle avait dit. Pas qu’elle voulait que j’aille me faire enterrer vivante. Non. Que j’aille voir un psy. Que je devienne un psy. Qu’on ne m’oublierait pas. Les mots montèrent jusqu’à mon cerveau perpétuellement plongé dans un bain de liquide lacrymal, et je fus parcourue d’un gros sanglot hoquetant. Je plaquais mon poing fermé contre mes lèvres, en retenant mes larmes, pour me concentrer sur les rangées de tombes que Dégoût observait. J’avais très envie de pleurer. Très très très envie même. Si je ne m’étais pas contenue, je serai tombée du banc pour m’étaler aux pieds de la dégoûtée, la tête enfouie dans l’herbe pour tenter d’étouffer mes pleurs. A morver sur le bout de ses chaussures, les doigts s’enfonçant dans la terre, à m’agiter comme un ver de terre grotesque prêt à laisser le sol m’aspirer pour être hors de la vue de Dégoût. Mais réussi à tout bloquer. Le soulagement et l’angoisse. Les sanglots et les beuglements. Je me contentais d’être prise de hoquets féroces, les paupières gonflées de larmes retenues.

- Je viens juste parce que j’aime cet endroit. C’est toujours très calme. Et très joli. Toutes ces pierres tombales, ces caveaux, ces plaques de marbres… Et ces bouquets de fleurs par centaine. C’est si beau… Et triste, aussi. Très triste. Tous les jours, des gens viennent pleurer leurs proches. Ils se recueillent, leur parlent, se confient...Alors qu’ils sont six pieds sous terre. Qu’ils ne répondront jamais.

Je reniflais, en essuyant la larme qui roulait sur ma joue du dos de la main. Le monde des morts était comme vivant, ici. Tout était gris mais pourtant coloré. Dans le silence résonnait les échos de sanglot et de regrets exprimés à voix haute. C’était un lieu à part. Un lieu où mon cœur devenait lourd dans ma poitrine, mais où je revenais quand même sans arrêt. Parce que je savais qu’ici était ma place. Avec les veuves aux yeux gonflés et les enfants qui grandiront sans parents. Parmi les femmes habillées de noir et les hommes ravalant leurs larmes. Tandis que moi, je les regarderai, observant leur désespoir, assise sur mon banc, peu importe qu’il fasse beau ou qu’il neige. En fait… je me… nourrirai de leur malheur ? C’était pour ça que je venais, alors ? Pour profiter du chagrin d’innocents ? J’étais… j’étais un monstre !

- Je prends plaisir à venir dans un cimetière ! Je suis diabolique ! Une envoyée des émotions de Satan ! Pourquoi est-ce que tu aides quelqu’un qui aime regarder les gens pleurer leurs morts ? Tu devrais m’abandonner ici ! M’enterrer vivante ! Me… me donner un coup de pelle sur la tête et m’enterrer vivante ! Je suis… la pire des persoooooonnes !

D’un bond étonnement vif, je me levais du banc pour trottiner entre les tombes, les bras rebondissement mollement contre mes côtés. Je ne savais pas courir correctement. J’étais une limace. Une… grosse limace… dégoûtante… méchante… sadique… aussi terrible que Scar balançant Mufasa de la falaise. Je devais me trouver un trou vide de tout cercueil, pour m’y glisser et disparaître à jamais.

Les yeux floutés par l’humidité de mes sanglots, je ne vis pas la grosse plaque de marbre cuivrée posée à même le sol, juste devant moi. Mon pied frappa violemment le rebord, et je m’effondrais, en laissant échapper un ridicule cri de peur. Je m’étalais de tout mon long au milieu de bouquets de fleurs démesurés, des pétales essayant de s’engouffrer dans ma bouche grande ouverte et mes narines. Je venais… de profaner une tombe. De perturber le repos éternel de quelqu’un. Je n’étais même plus la pire des personnes. J’étais encore pire que ça. La lune venait de me fermer ces portes. Jamais Riley et Joie ne voudraient m’accueillir parmi elles après ce drame !

Sous le choc, tremblotante, je me relevais avec difficulté, en agrippant une aile nacrée représentant un cygne, le cou courbé élégamment, pour m’aider à soulever mon propre corps. Que ce qu’une statue pareille faisait là ? Elle était immense. Plus grande que moi, en tout cas. La tête de l’animal arrivait au-dessus de ma tête, comme si elle menaçait de me donner des coups de bec. Je m’en éloignais dès que mes jambes arrêtèrent un peu de trembler, et que je réussi à me tenir debout. Je n’aimais pas les cygnes. Ceux de Madame Aphrodite n’arrêtaient pas de me pincer les fesses dès que j’essayais de me balader dans le jardin. Ils devaient sentir à quel point j’étais une terrible personne. Les animaux avaient le flair pour savoir qui méritent une punition. Je comprenais mieux maintenant, pourquoi un tel acharnement envers ma triste personne. Ils savaient qu’un jour je profanerai une tombe. Que je prendrai un plaisir pervers à me délecter du malheur des autres. Ils avaient vu mon futur. Ils étaient finalement bien plus évolués que nous.

- Je voulais pas… Je voulais pas manquer de respect aux morts ! Je suis juste… tombéééeeeee ! C’est parce que je suis une bigleuseeee ! Et une empotéeeeee ! Et…un gros bouleeeeet !

Je m’accrochais de nouveau à la statue de cygne blanc, en passant mes bras autour de son cou cette fois. Je perdais l’équilibre. Je perdais pieds. Et ma santé mentale, aussi. Parce que j’avais cru lire, en jolies lettres toutes en courbes et dorées, le nom complet de Madame Aphrodite inscrit sur le dos de l’animal. Mais ce n’était pas possible. Madame Aphrodite était toujours en vie. Je l’avais vu très récemment. Il y a moins de 24 heures, même. Je n’avais été invité à aucun enterrement. Dégoût ne m’avait préparé psychologiquement à aucune cérémonie funèbre. Même Colère ne la pleurait pas alors qu’il était secrètement amoureux d’elle. Ou plutôt qu’il la « désirait ». Mais je n’étais pas vraiment certaine de la définition.

A moins que… Dégoût n’avait rien voulu me dire. Ou alors que madame Aphrodite venait tout juste de mourir et que personne ne nous avait prévenus parce que nous n’étions finalement pas des personnes importantes dans sa vie. Mais si elle était morte… Que ce qui s’était passé ? Son fer à lisser avait pris feu et brûlé ses beaux cheveux en même temps que sa chair parfaite ? Ses cygnes avaient fini par la dévorer ? Son parfum l’avait asphyxiée ? Non. Non non non. Madame Aphrodite n’était pas morte. Elle faisait du shopping ou alors elle était à la maison. Mais elle n’était pas dans une tombe, enterrée sous un gros cygne. Elle n’était pas un œuf mort à couver. Elle n’était pas… non. Si ? Non. Je posais sur Dégoût un regard vide, pendant que mon cerveau englué de morve essayait de comprendre. Elle n’était quand même pas…


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________________________________________ Mar 9 Mai 2017 - 23:58

Dieu merci, je n'étais pas dans la tête de Tristesse. Mais je la connaissais suffisamment pour imaginer ce qui pouvait bien s'y passer pendant que je parlais. Elle psychotait, ce qui arrivait souvent à Jaspeur aussi et ne me surprenait plus. Si je me concentrais, je pouvais sans doute entendre les rouages de ses méninges qui s'entrechoquaient à la recherche du scénario le plus déprimant. Il faut dire que le lieu se prêtait particulièrement à l'exercice.
Heureusement, elle écouta tout de même mes sages conseils... qui ne suscitèrent qu'une malheureuse répétition avant qu'elle n'embraye sur le désespoir à l'état pur. Pas de doute, Sandy avait l'art et la manière pour rendre les échanges palpitants et joyeux. Même moi, qui suis pourtant excessivement exigeante, je respirai plus la joie de vivre qu'elle. Croyez-le ou pas.
Je l'écoutai pourtant, les yeux rivés devant moi, absorbant chaque parole désespérée qui sortait de sa bouche. Encore et encore. Inlassablement. Il faudrait qu'elle fasse un véritable travail sur elle-même si elle voulait parvenir à quelque chose, en psychologie ou avant. Je persistais et signais : Sandy avait besoin d'un professionnel de la dépression. Et ce n'était pas moi.
Tout comme elle n'était pas Usain Bolt, ce qui ne l'empêcha pas d'essayer de l'imiter d'un pas mollasson mais étonnamment vite la concernant. J'écarquillai les yeux avant de me lever gracieusement pour la suivre. Vu son allure et son manque d'exercice, je n'avais pas spécialement besoin d'accélérer. La tristesse l'épuiserait rapidement.
Ou alors la maladresse aurait raison d'elle et de son élan.
Ce qui fut le cas. Je soupirai, observant le spectacle désolant d'une Sandy étalée sur une tombe. Grotesque et pathétique.
Mais elle avait choisi une jolie tombe de cygne que je ne pus m'empêcher d'admirer. La personne qui l'avait faite mander avait du goût, c'était certain. La sculpture était élégante et raffinée et me rappela les cygnes près du manoir. De gracieuses créatures, les cygnes. Elégantes et farouches. Les cygnes doivent prendre de l'élan en courant sur l'eau avant de décoller. Ne me demandez pas comment je le sais. Je le sais, c'est tout. Peut-être que des fois je fais attention aux documentaires animaliers que Sandy et Jaspeur aiment tant. Ou alors c'est le talent inné. Je préfère d'ailleurs cette explication.
- Oh oui, Tristesse, songeai-je alors que ses gémissements me parvenaient aux oreilles. Tu es un vrai boulet. Et un tas d'autres choses.
Des choses sur lesquelles nous reviendrons une autre fois. Un phénomène à la fois, s'il vous plaît. Quand il s'agit de Tristesse, c'est bien assez. L(urgence actuelle était de la décrocher de ce cygne avant qu'elle ne lui casse une aile en y abattant tout le poids de son chagrin avant de lui sortir ma petite répartie bien pensée.
- Je ne suis pas contre le coup de pelle sur la tête, admis-je lentement en arrivant à sa hauteur avant d'aviser le nom gravé sur la tombe.
Aryana Cloud-Sandman.
Ah.
Finalement nous avions un plus gros problème et mon sermon devrait attendre. Fantastique.
Toute à sa dépression, Sandy remarqua à peine que je l'éloignais délicatement mais fermement du cygne afin de le préserver. Ce n'est pas tous les jours qu'une tombe est d'aussi bon goût. Mieux vaudrait la préserver, pour le plaisir visuel de tous et surtout pour le mien.
Voilà, un souci de réglé.
Sandy était prostrée loin de la merveille.
- Aryana va bien, économise ta bile. C'est une tombe vide et une longue histoire. Tu demanderas les détails à l'intéressée si tu veux tout savoir, moi je n'ai pas pour politique de divulguer les affaires d'autrui. Sache simplement qu'elle est passée pour morte à une époque, avant notre arrivée, mais qu'elle ne l'est pas. Elle a dû se régénérer ou un truc comme ça. Tu vois, elle ne peut pas t'abandonner. C'est une déesse, elle est au-dessus de ça.
J'avais eu connaissance de ce détail par hasard. Je savais que les dieux se régénéraient et possédaient quantité de pouvoirs et je savais aussi que Connard Williams n'avait pas toujours la classe de les utiliser, contrairement à Aphrodite.
Dans l'absolu, je me doutais que les dieux n'étaient pas absolument immortels, cela paraissait logique. Mais je n'en savais pas plus et Sandy n'avait pas besoin de connaître ce détail. Ce serait trop pour son petit cœur, tout comme pour celui de Jaspeur. Eux deux étaient comme des enfants qu'il faut préserver des horreurs de la vie. Pour leur bien et celui de ma patience.
Et si je te donnais ce coup de pelle dont tu parlais avant ? Comme ça peut-être que tu arrêterais de dire des bêtises plus grosses que toi. Heureusement pour toi, je n'ai pas de pelle. Oh je pourrais emprunter celle du fossoyeur mais elle doit être pleine de terre et ça abîmerait ma manucure. Tu es stupide, Tristesse. Pas toujours mais là tout de suite, tu l'es. Tu vaux mieux que ça. Pleure moins et connecte plus tes neurones. Tu ne viens pas ici pour te repaitre du malheur des autres, tu viens ici parce que tu es touchée par leur douleur, parce que tu te sens concernée. Ca s'appelle l'empathie. Et je parie que c'était inscrit dans un de tes bouquins.
Je secouai la tête. J'étais Dégoût mais je devais expliquer la tristesse à la principale intéressée. Où va le monde ? Sans. Déconner.
- Et Aphrodite est tout ce qu'il y a de plus vivant, serinai-je avec conviction. Je sui Dégoût, pas Cruauté. Je te l'aurais dit s'il lui était arrivé quelque chose. Je suis déçue que tu puisses imaginer le contraire, poursuivis-je tranquillement. J'y aurais mis les formes et la délicatesse et cela aurait sans doute pris une demie-journée et trois évanouissements - de toi - mais je te l'aurais dit. Personne ne va mourir au manoir. Sinon je le tue une seconde fois, conclus-je, menaçante. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de rester ici, ton cœur a l'air d'avoir assez ressenti de tristesse pour la semaine.

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Sandy Ness


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________________________________________ Jeu 18 Mai 2017 - 16:20



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Oh oui , Dégoût. Explose moi le crâne avec une pelle. Broie sans aucune hésitation ma boîte crânienne. Laisse mon ridicule petit cerveau tomber au sol comme un gros tas de gelé dégoûtant. Et après, regarde mon corps s’agiter de spams jusqu’à ce que la vie me quitte.

Ça ne me gênait pas. Bien au contraire. J’étais persuadée que c’était ça, mon véritable destin. Une fin qui ferait mal. Une fin ridicule et violente. Exactement comme ma vie l’avait été. Si je devais mourir, je préférai que ça soit de la main de la Dégoûtée. Elle seule était la plus apte à m’ôter la vie. Et puis je l’ aimais. Je l’aimais vraiment très fort. Alors je ne lui en voudrai pas. Je me contenterai de fermer les yeux pour ne pas voir la pelle soulevée derrière ma tête. Mais je prendrai quand même le temps de regarder une dernière fois Dégoût, pour me souvenir d’elle. De ses cheveux toujours parfaitement coiffés. De ses yeux jamais humides. Et surtout de son expression de dégoût qui la caractérisait tant. Adieu, mon émotion verte préférée. Que ma mort soit un soulagement pour toi.

- C’est vrai. Je suis stupide. Très stupide. Vraiment très très très stupide, même. Je le suis tout le temps. Je n’ai pas la même intelligence que toi. C’est pour ça que je ne serai jamais psy. Ou médecin. Parce que je suis triste. Et stupide. Je ne peux pas réussir.

Ne pas pleurer. Je ne devais surtout pas me mettre à pleurer. Même si ma poitrine avait l’air de se gonfler de douleur et que mon cœur était compressé de tristesse. Parce que je ne comprenais pas pour Dégoût continuait à croire en moi. Et aussi un peu parce que maintenant je savais que Madame Aphrodite était bien vivante. C’était un soulagement, mais je ne pouvais quand même pas m’empêcher d’imaginer ce que serait devenue la vie sans la déesse. Elle était comme le soleil de notre maison. Toujours très jolie. Et puis elle avait des yeux mélancoliques. J’aurai pu rester des heures à plonger mon regard dans le sien et à essayer de découvrir tous les malheurs qu’elle avait connus. Parce que j’étais sûre qu’elle avait beaucoup souffert dans sa vie. Qu’elle aussi, elle avait mal au cœur. Mais elle au moins, elle savait se contenir. Elle ne pleurait pas tout le temps pour un oui ou par un non. Elle ne s’effondrait pas à n’importe quel moment. Madame Aphrodite, elle, aurait pu devenir psy. Ou médecin. C’était en elle que devait croire Dégoût. Pas en moi. Pas en la pauvre émotion sans volonté que j’étais.

- Un jour Peur va mourir. Et Colère aussi. Et puis… toi. Parce qu’on n’est pas immortels. Ni éternels. J’espère que quand ce jour-là arrivera, je serai déjà partie depuis longtemps. Parce que je veux pas vivre sans Peur, Colère ou toi. Je ne pourrai jamais ! Je serai toute seule et… et ça je pourrai jamais le supporter ! Je vous aime trop !

Je me laissais tomber par terre, assise contre une tombe, le visage enfoui dans les mains. Je ne voulais pas pleurer, mais c’était plus fort que moi. Parce que j’imaginais leurs noms gravés sur des pierres tombales, six pieds sous terre, étant lentement réduits à l’état d’ossements et de tas de poussières. Et ça… ça m’était trop insupportable.

- Je peux plus, Dégoût. J’y arrive plus ! C’est trop dur de faire semblant ! De faire comme si j’étais une vraie personne qui s’appelle Sandy, qui veut devenir médecin et qui ne pleure pas tout le temps ! Je suis triste. Si triste. Sans arrêt. Quand je me lève le matin, quand je me couche le soir. Au petit déjeuner, au goûter, au dîner. Quand il fait beau ou quand il fait gris. Je peux pas être autre chose que ça. Et je m’en veux… tellement ! Parce que je voulais faire des efforts ! Je voulais vraiment te montrer que j’avais changé ! Mais tout gâché, comme d’habitude ! J’ai trahi ta confiance ! Je devrais partir, loin, très loin ! Dans un monde lointain où ma tristesse n’embêtera plus jamais personne ! Et plus jamais vous ne me verrez ! Tu pourras trouver une nouvelle Sandy, qui elle aime porter des jolies vêtements, qui ne morve pas et qui ne te met pas la honte à la bibliothèque ! Tu.. Tu mérites mieux que… que çaaaaa !

En larmes, je fis un geste de la main tremblant pour lui montrer la pitoyable petite chose dégoûtante que j’étais. Je m’en voulais. Je m’en voulais tellement ! De ne pas avoir réussi à devenir Sandy Ness. Mais surtout, là maintenant, d’avoir pu douter d’elle. J’étais la pire des personnes pour avoir osé penser qu’elle m’avait caché la mort de Madame Aryana ! Honte sur moi pour l’éternité ! Je méritais d’être punie, de subir les foudres d’une colère divine ou même de me faire emporter par des morts aux bras décharnés sortant de terre pour que je sois enfin jugée.

- Tu devrais… rentrer à la maison. Ou aller t’acheter de nouveaux vêtements. Moi je vais juste… rester ici. Je ne t’embêterai plus. Plus jamais.

Je fermais les yeux et laissais dodeliner ma tête sur mon épaule, en me recroquevillant sur moi-même. J’aurai aimé disparaître pour de bon. Que le sol s’ouvre sous mes pieds et m’entraîne en Enfer, là où serait ma vraie place. Là où j’aurai enfin une véritable raison de pleurer. Et puis comme ça quand Dégoût mourrait à son tour, elle ne me croiserait pas au Paradis des Dégoûtées.


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________________________________________ Jeu 18 Mai 2017 - 20:59

Je levai les yeux au ciel, me demandant si Patience n'était pas mon second prénom. Parce que je faisais VRAIMENT preuve de beaucoup de patience avec Tristesse et les larmoiements sempiternels.
- Quand tu parles comme ça, oui, tu l'es particulièrement.
Ma langue et mes paroles claquèrent durement. De nouveau, j'éprouvas l'irrésistible envie de secouer Tristesse très fort, des fois que cela lui remette le cerveau à l'endroit. Elle me désespérait du fond du cœur - parce que oui, j'en ai un, comme tout le monde. Mais je ne pouvais pas le lui dire sous peine qu'elle se complaise dans tout ce désespoir. Alors je devais mettre ma casquette de méchante, parce qu'il n'y aurait que ça qui lui ferait un peu de bien.
- Mais pour ta gouverne, la tristesse n'a jamais empêché personne de réussir, ajoutai-je, le visage fermé. Tu crois vraiment que Van Gogh respirait la joie de vivre ? Absolument pas. C'était un dépressif chronique ou quelque chose comme ça qui pensait, en plus, qu'il était n'avait aucun talent. Van Gogh. Le plus grand peintre de tous les temps. Désolée Sandy mais ta tristesse et tes impressions ne sont pas des excuses suffisantes pour ne pas essayer. C'est bête, mais c'est comme ça.
Je n'étais pas certaine qu'elle ait conscience que je fasse tout cela pour son bien et je m'en fichais. Je ne m'appelais pas Bisounours. Ca ne me dérangeait pas de ne pas être appréciée ou d'avoir l'air hautain. D'ailleurs, hautaine, je savais particulièrement bien l'être. Je n'aimais pas les gens qui s'inventaient des excuses par peur de sortir de la médiocrité et d'être enfin quelqu'un. Sandy pouvait probablement berner pas mal de monde mais moi, elle ne m'aurait pas. Elle allait faire quelque chose de sa vie, point final.
Après une énième séance de psychanalyse de ma part, le comble étant que je ne croyais pas vraiment en cette discipline. Mais je savais que les gens - les autres - avaient parfois besoin de déballer leurs noirs secrets et leurs pensées les plus intimes à des inconnus qui, de temps en temps, leur faisaient du bien. Je n'étais pas une inconnue et je doutais que Tristesse ait vraiment des secrets, mais je ferai sans doute l'affaire. C'était certes fatigant mais c'était aussi intéressant de comprendre comment son drôle de cerveau fonctionnait.
Et que pouvais-je attendre d'autre que la mort ? Nous étions dans un cimetière, après tout. Le genre d'endroit où naissaient des pensées encore plus sombres dans sa petite tête bleue. Je n'aurais jamais dû la laisser faire. Même si c'était agréable de savoir qu'elle ne pouvait littéralement pas vivre sans moi. Je n'étais pas faite pour les effusions de sentiments. Genre, pas du tout. D'un autre côté, c'était difficile de rester de marbre face à sa détresse et je me laissai tomber gracieusement contre la tombe où elle était affalée. J'allais essayer, tâcher de dire quelque chose de gentil et compatissant - si tant est que mon cerveau sache produire cette émotion - quand Sandy explose, déversant non pas des larmes mais ce qu'elle pensait vraiment, comme un trop plein de désespoir.
Une fois l'orage passé, elle m'invita de sa petite voix triste à l'abandonner ici, dans l'attente sans doute d'une mort lente et douloureuse. Mais c'était mal me connaître. Je ne lâche jamais l'affaire quand je sais que j'ai raison et, tenez-vous bien, je n'ai jamais tort. Et je me décourage difficilement, même si Tristesse plaçait la barre particulièrement haut.
- Je peux pas te laisser dépérir ici, lâchai-je abruptement pour la tirer de son état végétatif. T'aimerais bien mais c'est comme ça. Désolée, ajoutai-je sans en penser un seul mot. Je n'irai pas jusqu'à dire que je t'aime parce qu'on ne dit pas ces choses-là mais disons que j'apprécie ta présence déprimante dans notre vie à tous et qu'accessoirement j'ai raison : tu deviendras quelqu'un, même si ça me prend un millénaire. Et puisque pour le moment aucune de nous n'est morte, il va falloir que tu rentres à la maison avec moi. De toute façon je n'ai pas de haricot magique pour te permettre de partir très loin là où la tristesse n'embête personne. Si tu veux déprimer, c'est d'accord, déprime. Mais on pourrait aller faire ça devant un chocolat chaud, en regardant sur Google les toiles déprimantes de Van Gogh et en écoutant la soundtrack de Titanic.
L'instant d'après, j'étais à nouveau debout, occupée à épousseter mes jolis vêtements.
- Ca a l'air d'un fabuleux programme, non ? De la déprime, du chocolat, plus de déprime, de la chaleur et toute ta réserve de Kleenex à portée de main.
Il y avait naturellement un plan génial derrière cette proposition. Lui montrer le génie d'un déprimé, espérer un électrochoc de sa part éventuellement lui asséner un coup de pelle ou de vase si vraiment elle me déprimait trop. De toute façon j'avais donné ses pulls les plus moches aux bonnes œuvres. C'était au moins une victoire qu'elle ne pourrait pas m'enlever.
- Tu viens Tristesse ?

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Sandy Ness


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________________________________________ Mer 7 Juin 2017 - 23:20



Hello Sadness, my old friend...

La vie était une tragédie. Elle était douloureuse, parsemée d’embûches et attirait tous les malheurs du monde. Quel était l’intérêt de la vivre, alors ? Qui voulait souffrir ? Avoir mal ? Les gens n’aimaient pas la Tristesse. Car elle leur rappelait qu’ils allaient vivre dans la douleur et les larmes amères. Je les comprenais. Moi-même, je ne m’aimais pas. Je me détestais. Parce que j’étais cette pauvre petite chose gluante et collante qui souillait des tombes de sa morve et de ses pleurs. Je n’avais aucun respect pour les morts. Absolument aucun. Pourtant je ne faisais même pas exprès. Je me contentais… d’être moi. Et voilà d’où venait le problème. J’étais condamnée à errer sur terre, à vivre une vie pleine de malheur et de désespoir, en traînant mon propre boulet qui était aussi ma propre personne. Être ou ne pas être… Telle est la question !

- Van Gogh était un artiste maudit. Mais il était doué. Vraiment très très doué. Alors que moi je ne sais pas du tout peindre. Je ne sais pas dessiner non plus. Ni écrire de jolies histoires. Je n’ai aucun talent artistique, Dégoût. Tu ne peux pas me comparer à un peintre parfait ! C’est honteux pour lui !

Je plaquais mes mains sur mes joues, horrifiée par ses propos. Van Gogh. Tristesse. Tristesse. Van Gogh. J’aurai préféré que lui reste en vie et que moi je finisse six pieds sous terre. Il le méritait plus que moi. Même si il avait été très triste toute sa vie. Il avait su en tirer quelque chose, lui au moins. Alors que ma déprimante personne… à grimacer et m’étaler au sol comme l’invertébré gélatineux que j’étais, j’aurai pu m’essayer plutôt au théâtre contemporain. Mais je me voyais déjà d’avance, sur scène, devant un public composé d’une personne, à fondre en larmes et à me moucher dans les rideaux…. Rien qu’à visualiser la scène, j’avais déjà envie de soulever une plaque de marbre pour me glisser dans une tombe et m’allonger auprès d’un mort qui lui n’en aurait jamais assez de mes sanglots éternels.

- T-Tu me donnes ton approbation ? J’ai… j’ai le droit de dé-déprimer ?

Mes yeux s’ouvrirent en grand derrière mes lunettes, lui offrant sûrement un effet loupe sur mes globes oculaires bleus et globuleux. Je pensais qu’elle ne voulait plus que je déprime. Ou que je pleurs. Ou que j’exprime n’importe quelle autre de mes attributions de triste émotion. Parce qu’il fallait que je sois Sandy Ness. La fille qui me ressemblait beaucoup mais qui n’était pas vraiment moi. Cette personne dont le nez jamais ne coulait, et qui portait de jolies pulls brillants et pas tous déformés. Elle ne la préférait pas ? Moi, je la détestais, cette Sandy. Parce que j’étais jalouse d’elle et de ses grands yeux jamais humides. J’aurai aimé lui ressembler. Être vraiment… elle. Mais le naturel me retombait toujours dessus comme une centaine de boîtes de Kleenex en édition limitée et métalliques. Et comme ça faisait mal, je faisais ce que je savais faire le mieux. Broyer du noir et trempé mon pull de larmes et de morve fluide et transparente. J'étais douée pour ça. Là était mon talent. Ce n'était pas la peinture, la psychanalyse ou le sens relationnel. C'était plutôt ma capacité à vider mon nez bouché et à former des centaines de mouchoirs usagers en une pile froissée tout autour de mon lit. Comme si j'essayais de bâtir un mur immense pour empêcher ma tristesse de contaminer le reste du monde. À moins que ça ne soit plutôt pour que le monde ne me contamine pas...

- J'ai-j'aime beaucoup ton programme. On pourra aussi man-manger des Petits-Lu's ?

Pour accompagner mon désespoir, quoi de mieux que des biscuits secs et sans saveur ? Ils reflétaient bien qui j'étais. À quoi ressemblait à ma vie. Pas d'explosion sur la langue, juste une pâte grumeleuse et jaunâtre qui a l'aspect de vomi. Son programme me plaisait vraiment beaucoup. Mais je ne voulais pas non plus recevoir toute sa gentillesse sur un plateau d'argent. Je devais me rappeler ce que j'étais. Quelle misérable invention j'étais. Comme ces petits gâteaux sans aucun goût et plein de beurre transformé.

Avec difficulté, je réussis à me remettre debout. Je tanguais, manquant d'équilibre, comme le mât d'un bateau secoué dans tout les sens par une tempête agressive. Dégoût personnifiait cette tempête. Sauf qu'elle n'était pas aussi agressive. Mais plutôt un peu autoritaire. Et toujours terriblement classe. Comment faisait-elle pour accepter de se voir au côté d'une loque pareille ? D'une souillon à la lèvre supérieure luisante de morve ? Des pétales fanées de fleurs déposées pour les morts accrochées dans la masse grotesque qu'était ma chevelure brune et mal coiffée ? À sa place, je m'aurais abandonné. Je serais partie et je ne me serais jamais retournée. Mais elle, elle était trop gentille. Je ne la méritais pas. Tellement pas.

- Merci... Dégoût.

Je m'étais arrêtée devant elle, la tête penchée, le nez vers le sol, à me tenir les mains et à me dandiner comme les cygnes de madame Aphrodite. Je n'osais pas la regarder. Je ne me sentais plus digne de croiser son regard. Mais je voulais qu'elle sache que malgré mes plaintes et mes gémissements, je lui en étais terriblement reconnaissante. Et bien plus encore. Parce qu'elle tenait à moi, alors que je n'étais qu'une tâche gluante collant à sa classe naturelle. J'étais un chewing-gum morveux collé à la semelle de sa chaussure. Mais elle n'essayait pas de me décoller. Ce qui prouvait bien à quel point elle était supérieur à tous.


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________________________________________ Jeu 8 Juin 2017 - 23:09

J'avais changé de tactique et l'air baba de Sandy me signifiait que j'avais eu raison. Celle-là, pour le coup, elle ne l'avait pas vu venir.
Plutôt que d'entrer dans son jeu et m'évertuer à lui démontrer par A + B que j'avais raison et qu'elle avait tort, j'avais préféré céder du terrain cette fois-ci pour en conquérir davantage une prochaine fois. Il s'agissait là d'un plan savamment étudié dont elle ne voyait que l'avantage immédiat : pouvoir déprimer de tout son soûl.
Oui, j'étais un génie. Et j'allais réussir.
Je confirmai d'un hochement de tête : elle avait le droit de déprimer. La décision était actée, entérinée et validée. C'était sa journée mais ce ne serait pas ma fête pour autant.
- Et oui, on pourra manger des petits lus, acquiesçai-je d'une voix redevenue douce sans pour autant être tendre.
Du moins, elle pourrait manger des petits lus. Je n'étais pas certaine d'en avoir envie, tout comme je n'étais pas certaine du nombre de calories que ces gâteaux déposeraient sur ses fesses qui ne rentreraient peut-être plus dans un taille basse taille 34. J'aurais pu vous dire que ça ne regardait qu'elle, mais c'était faux. Ca me regardait moi aussi. J'aurais aussi pu lui demander si ses pleurs lui permettaient d'éliminer et si oui combien mais je n'avais pas envie de me lancer dans un débat stérile qui aurait fini en larmoiements sur les injustices subies par les personnes atteintes d'obésité.
Me focaliser sur la musique apaisante de Titanic et sur le chocolat Le Nôtre que nous avions fait venir de France. Voilà ce que je devais faire, songeai-je, résolue, alors qu'un ultime effort hissait Tristesse sur ses jambes déprimantes.
Je la jaugeai, les lèvres pincées, mais ne fit aucun commentaire, ne desserrant les dents que pour lui signifier qu'il n'y avait pas de quoi me remercier. Tout était parfaitement calculé. Qu'elle le croit ou non, j'avais les choses parfaitement en main et ce ne serait pas demain la veille qu'elle m'appellerait Gentillesse. Oh que non.
J'attrapai néanmoins l'une de ses mains moites dans la mienne et grimaçai. Par chance, personne ne verrait que je tenais une main moite. A moins que ce quelqu'un se promène avec un microscope et décide de zoomer sur nous mais c'était peu probable. L'honneur était sauf. Ou presque. Je n'avais certes rien dit mais je n'avais pas manqué de remarquer l'allure débraillée de Tristesse. Par chance - là encore mais que voulez-vous, c'est sans doute le karma - les cimetières sont peu fréquentés.
- Allez en route, déclarai-je. On a un programme chargé, très chère. Ta journée spéciale déprimée n'est pas encore finie. Si tu es sage, on poussera peut-être même jusqu'au visionnage complet de Titanic, ajoutai-je sans lui préciser que ce visionnage aurait plus pour but de faire plaisir à mes yeux qu'à ses canaux lacrymaux.
Mais avait-elle besoin de le savoir, au fond ? Absolument pas.
Nous nous mîmes donc en route pour la maison, elle persuadée de m'avoir acquise à sa cause et moi satisfaite par mon génie machiavélique.

Fin

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