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٩(͡๏̯͡๏)۶ Ombres & Poussières ☆ Evénement #89
Une mission de Nora - Ouverture : 7 janvier 2018
« Dans la poussière des mots naissent les rêves. »

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 Les Esprits Criminels à Storybrooke [Fe]

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Anastasia Romanov


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________________________________________ Mar 2 Jan 2018 - 23:59

Chercher son courrier. En voilà une action banale, commune, quotidienne. Un petit quelque chose qu'on fait machinalement, presque sans s'en rendre compte, la plupart du temps pour ne recevoir que des publicités inutiles et des facteurs - utiles, pour le coup. Et parfois, plus rarement, des lettres. En ce début du mois de janvier, tandis qu'elle sortait en quatrième vitesse sans avoir pris la peine de mettre une veste pour chercher le courrier, c'est exactement ce qu'Anastasia trouva dans sa boîte aux lettres.
La jeune femme scanna rapidement les diverses lettres, s'assurant que rien n'était adressé à Dimitri, avant de s'en retourner à son bureau. Ce matin, il y avait une lettre toute simple, sans cachet de la poste, qui lui était adressée. Mais Anya ne s'en préoccupa pas immédiatement, laissant le courrier traîner sur un coin de son bureau, coincé entre une publicité pour le Comic Burger et des coupons de réduction pour un magasin de jardinage que personne dans la maison ne fréquentait jamais.
Ce n'est que plus tard dans la journée, alors qu'Anastasia posait une tasse de thé brûlant sur ce même coin de bureau, qu'elle se souvint de la lettre à son attention. Déplaçant légèrement la tasse, la jeune femme s'en saisit et, fronçant les sourcils, étudiant plus attentivement l'adresse inscrite en capitales :

PRINCESSE ANASTASIA NICOLAIEVNA ROMANOV
LA MAISON PRES DE LA FORET
STORYBROOKE

A en juger par l'absence de timbre et de cachet de la poste, le courrier avait directement été déposé dans la boîte. Anastasia le retourna, cherchant une adresse d'expéditeur : en vain. Elle se décida alors à ouvrir le courrier, tout en se demandant qui pouvait bien lui écrire. Car s'il n'était pas surprenant qu'on connaisse son identité, c'était un peu plus étonnant que quelqu'un s'en serve.
L'espace d'un instant, elle songea à appeler Dimitri, des fois que, puis se ravisa. Un courrier n'allait assurément pas lui sauter à la gorge et son presque mari avait sans doute mieux à faire.
Forte de cette conclusion, Anya déchira l'enveloppe sans autre forme de procès et vit tomber une bien étrange missive russe sur son bureau :

Chère Princesse.

J'espère que tu profites bien de ton petit bonheur et qu'Abigaëlle va bien. Pense aussi à profiter de ta chance pendant qu'elle te sourit encore. Ca pourrait tourner. Je dis ça, je dis rien.

A. I.

PS : j'ai sorti le chien.
PPS : la prochaine fois ce sera autre chose.
PPPS : et je t'ai emprunté deux trois trucs.

Anya se figea puis relut la lettre plusieurs fois. Ensuite, elle appela Hoover, en vain. Inquiète, Anastasia parcourut précipitamment la maison, les yeux écarquillés. Son bouvier bernois la lâchait rarement d'une semelle. Et quand elle s'éloignait, c'était toujours pour garder Abigaëlle, qui était seule auprès de son père.
Arrivée à leur hauteur, Anastasia ralentit le pas, s'efforçant de retrouver une respiration normale et priant pour ne pas avoir les joues en feu. Elle n'aimait pas quand Dimitri essayait de la profiler. Instinctivement, la jeune femme avait glissé la lettre dans la poche arrière de son jean. Ses méninges tournaient à plein régime. Mille idées se bousculaient dans son esprit.
- Je sors faire un tour, déclara-t-elle finalement avec assurance et détermination. J... J'en ai pour un moment.
La jeune femme s'approcha des deux amours de sa vie pour les embrasser fila sans demander son reste, marchant d'un pas vif jusqu'au poste de police. Il fallait bien commencer quelque part, non ? Le chemin avait été long et ses pas précipités, si bien qu'Anastasia arriva essoufflée. Elle ne s'accorda cependant que quelques instants de répit avant de pousser la porte du bâtiment, son regard bleu acier scannant le lieu - étonnamment désertique - à la recherche d'une personne bien précise.
Elle aurait espéré qu'ils porteraient des badges ou une plaque avec leur nom bien visible mais ce n'était pas le cas. Cependant, l'endroit ne grouillait pas de femmes, c'est pourquoi Anya se dirigea vers la seule qu'elle avait aperçu. Avec un peu de chance c'était bien Robyn Candy, la nouvelle shérif, la femme de la situation.
- Hum... Bonjour ? Je cherche une personne compétente parce que je crois qu'il y a un nouveau psychopathe à Storybrooke.
Ca c'est de l'introduction, se réprimanda la jeune femme mentalement avant de poursuivre, en forçant un sourire décontracté sur ses lèvres :
- Vous êtes Robyn Candy ? Je veux dire... Je sais pas si c'est au shérif de prendre en charge ces affaires là mais... vous savez quoi ? Je vais vous montrer, ce sera plus simple.
Sur ces mots, Anastasia sortit la lettre de la poche arrière de son jean, la déplia et la tendit en direction de la jeune femme.
- C'est peut-être moi qui me fais des idées mais... au cas où. J'ai reçu ça et... Oh je prétends pas m'y connaitre plus que ça mais.... Vous voyez les points en fin de phrase ? C'est... disons que c'est particulier comme style. On dirait une rage contenue envers... eh bien envers moi, manifestement. A. I, je ne sais pas qui c'est mais cette personne me connait suffisamment pour glisser des détails de ma vie personnelle dans son courrier. Et il n'y a pas de cachet de la poste donc le courrier a été déposé chez moi. Ce qui veut dire que la personne sait où je vis. Vous voyez comment elle écrit le terme "princesse" ? La calligraphie n'est pas la même, on dirait que toute la rage de cette personne - probablement une femme d'après les tracés même si ce n'est pas fiable à 100 % - se concentre là dedans. Alors que franchement, y a pas de quoi. Et puis... ma chienne Hoover a disparu.
Anya se mordit la lèvre. Elle avait débité son discours sans presque aucune pause. Pendant tout son trajet, elle s'était repassé inlassablement le courrier dans sa tête, si bien qu'elle le connaissait à présent par cœur. Son instinct lui intimait de se méfier. Mais elle ne voulait pas embêter Dimitri avec un vague pressentiment et des considérations linguistiques.
La rouquine se pinça l'arête du nez et tâcha de faire le vide dans son esprit.
- Désolée, je suis juste traductrice, je m'emballe peut-être.

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________________________________________ Mar 9 Jan 2018 - 14:40


Les flics recrutent ! Engagez vous

Enfin, je commençais à m'habituer au rythme de la vie de shérif. C'était plutôt tranquille, en fait. Il s'était jamais rien passé de vraiment très grave. Quelques histoires de vol, de gonzesses un peu trop éméchées en train de danser à poil dans une aire de jeux pour enfants et de chats coincés dans arbres ou sur un balcon. Ouais, apparemment les animaux cons étaient plus uniquement réservés aux pompiers. J'avais un peu l'impression de piquer leur boulot.

C'était calme, donc. Je pouvais bosser à la pâtisserie sans problème, me faire des pauses oréos sans être dérangées toutes les trente secondes et surtout éviter d'utiliser ce flingue à la con qu'on m'avait refourgué alors que je savais pas du tout l'utiliser. Comment Jack avait pu me confier ce truc méga dangereux sans se poser de questions ?

Mais, assise dans mon siège en faux cuir qui faisait mal aux fesses, derrière un bureau où se battaient en duel une assiette de donuts et une pile de papiers que j'avais la flemme de lire, je cogitais. Parce que ouais, ça m'arrivait. Pour l'instant, la ville se tenait tranquille. Mais pour combien de temps encore ? À un moment, ça allait finir par se déchaîner. C'était comme ça, à Storybrooke. Le monde pétait un câble, un vilain dieu se prenait pour le roi du monde et il pleuvait des grenouilles. Quand ça arriverait, que ce que j'allais faire ? Les membres de la police se comptaient sur les doigts de la main. Y avait moi, plus deux personnes que j'avais repêché à mon arrivée au poste de shérif. Les autres s'étaient cassés. Ce qui était pas un problème, vu que je m'en foutais sévère. Mais être un peu plus... Juste un peu... Au cas-où... ça pourrait être pas mal. Je trouvais que c'était une bonne piste à creuser. La question, c'était comment faire ? Fallait que je dépose une petite annonce sur Pôle Emploi ? Que je fasse passer aux intéressés un casting ? J'étais obligée de prendre que des flics ? Pourquoi personne m'avait laissé de manuel, bordel !

Une rouquine – Pour pas changer – me repêcha de mes pensées. Elle avait l'air paniquée et son débit de parole était tel que j'avais quasi rien capté. À part que les emmerdes étaient enfin en train de se réveiller.

- OK.

Je papillonnais des cils pour chasser l'expression confuse qui l'aurait pas rassuré. J'étais shérif depuis plus de deux semaines, maintenant. J'étais supposée être prête à m'occuper de n'importe quelle situation !

- Pour résumer. Vous avez reçu cette lettre. Vous vous sentez menacée. Et quelqu'un a volé votre chien.

Eh bah dit donc. Je pinçais les lèvres avec un air songeur, tout en relisant la lettre. J'imprégnais pas la totalité des mots, trop paniquée à l'idée de passer encore pour une loseuse, mais je fis l'effort de rien laisser paraître. Le but du jeu, maintenant, c'était de passer pour une pro.

- Je vais être sincère. Ouais, vous vous êtes bien emballée. Et surtout, vous avez vu plus de détails que moi ! Tout ce que je vois dans cette lettre, c'est que la personne a un sacré problème pour kidnapper votre chien. À part ça...

Je haussais les épaules, en laissant la fin de ma phrase en suspent. Bah quoi ? J'avais été pro. La sincérité, ça a du bon parfois. Je cherchais pas à l'arnaquer.

- Il ressemble à quoi votre chien ? Hoover, c'est ça ? Je peux déjà essayer de contacter le refuge pour savoir si quelqu'un l'a déposé là bas pour X raison. Ensuite, vous avez des ennemis en particulier ? Genre un ex chelou ou une voisine jalouse ?

C'était peut être cliché comme suppositions, mais j'utilisais comme je pouvais ma maigre connaissance en enquête policière. J'avais regardé Hot Fuzz, ça comptait non ?

- Et dans la lettre y a bien marqué que la personne vous a prit autre chose. Vous avez vu si il vous manquait des trucs à la maison ? Ah et pour finir... Je croyais que les traductrices ça faisait que traduire ? Genre comme un site à la Reverso. C'est normal que vous ayez analysé toute la lettre et tout ?

Ça avait été impressionnant à entendre, toute son analyse sur la ponctuation et tout. J'étais pas contre quelques trucs et astuces, au cas où je me retrouverai un jour face à un cas similaire. Même si de base, c'était elle qui avait besoin d'aide.



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Anastasia Romanov


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________________________________________ Mar 9 Jan 2018 - 23:30

- Oui... c'est ça, acquiesça Anastasia après le résumé de la jeune femme derrière son bureau.
C'était aussi succinct que les résumés dont Dimitri la régalait la plupart du temps mais Anya garda cette réflexion pour elle car ça n'intéressait probablement pas le reste du monde. Elle s'était aussi bien gardée de s'attarder sur l'air un peu rêveur de la jeune femme en face d'elle qu'elle avait peut-être interrompue dans une intense réflexion, en fin de compte. Ou une intense rêverie, mais la rouquine ne comptait pas demander confirmation. Après tout, elle avait affaire à une pro, qui n'était pas dans ce poste par hasard. Et les policiers savaient quoi faire dans pareille situation, c'était l'évidence même.
Non ?
Anastasia observait attentivement la jeune femme, scrutant la moindre réaction, ce qui n'était pas chose facile. Elle se trouva bientôt piquée dans son orgueil quand elle lui annonça qu'elle s'emballait, avec ses grandes théories linguistiques. Anya ne voulait pas être un cliché. Elle ne voulait pas être la maman en panique qui débarquait au pote ou à l'hôpital pour le moindre pet ou regard de travers. Elle tenait à sa fille, c'était certain, et avait déjà dû affronter bien des ennuis pour maintenir sa petite famille au complet et à flot. Elle tenait aussi à sa tranquillité et ne cherchait ni la publicité, ni l'attention, ni les ennuis, surtout. Anastasia n'avait pas souvenir d'avoir un jour pu énerver une personne du nom de A. I. - pas suffisamment du moins pour mériter des menaces, un vol et un kidnapping d'animal. Mais ce que son orgueil appréciait le moins, en fin de compte, s'était de s'entendre dire tout ça dans un lieu public, heureusement suffisamment désert pour que ça ne fasse pas le tour de la ville.
D'ailleurs, était-ce normal que ce soit aussi calme ? Maintenant qu'elle y prêtait un peu attention, Anya ne pouvait que noter les effectifs réduits. Et bien qu'habitante d'une petite ville du Maine, elle trouvait cela surprenant, d'autant que leur petite ville était particulièrement sujette aux grands ennuis. Là encore, elle se contenta de noter ses observations, continuant d'accuser le coup silencieusement de la sincérité de la jeune femme.
Finalement, elle se concentra sur les questions qui allaient permettre de faire avancer l'enquête.
- Hoover, c'est ça. C'est un bouvier bernois, elle a quelque chose comme deux ans et demi. Haute comme ça, ajouta la rouquine en mesurant mentalement sa fidèle compagne avant d'abaisser sa main au niveau correspondant. J'ai eu un ennemi, autrefois. Raspoutine. C'est un peu compliqué entre nous mais disons qu'on est sur la bonne voie pour s'entendre. Et de toute façon pourquoi signerait-il A. I ?
Aux yeux de la princesse, ça n'avait aucun sens. Elle poursuivit sans ajouter cette remarque mental :
- Autrement, je vois pas. Non. J'essaye de pas me faire remarquer et de ne pas m'attirer d'ennuis mais...
Soudain aux aguets, Anya s'assura que personne ne les écoutait puis baissa la voix et se pencha vers son interlocutrice :
- Je fais partie de la Magic League, c'est une organisation pour protéger la magie dans le monde réel. Vous pensez que ça a pu m'attirer des ennuis ? Je sais même pas si je suis sensée parler de ce truc-là ou pas. Pas de voisins et pas d'ex non plus, reprit-elle avec un volume normal.
Par chance, elle n'était pas obligée d'en dire plus et d'avouer publiquement qu'elle n'avait connu qu'un seul homme. Non pas que ce soit honteux. Anastasia état très satisfaite de sa vie intime et justement, elle tenait à ce qu'elle reste dans le domaine du privé.
- Je n'ai pas spécialement fouillé ma maison mais rien ne m'a sauté aux yeux. Je... je ne vois pas ce qu'on pourrait me voler. Enfin, à part Hoover, manifestement. Je veux dire... On est pas très riches, on ce qu'il nous faut et pas plus. Je... attendez. J'ai été une princesse. Si on m'a pris quelque chose, c'est forcément lié à ça, c'est logique. Il faudrait vérifier... On peut aller voir, si vous voulez ? Vous savez, pour traduire, il faut analyser les mots alors... j'imagine qu'on développe quelques compétences à ce niveau-là, ajouta Anya en haussant simplement les épaules.Je ne sais pas... En fait, ça m'a paru évident, toutes ces choses que j'ai vues dans la lettre. Mais vous avez peut-être raison, si ça se trouve, je m'emballe.
Anya aurait presque espéré que ce soit le cas. Cela voudrait dire que les choses étaient normales et qu'aucun taré ne lui en voulait. Mais ce pressentiment anxiogène ne la quittait pas.
- Vous allez sans doute trouver ça bizarre mais... J'ai véritablement le sentiment qu'il se passe quelque chose. Et s'il n'y avait que moi passe encore mais... il y a Abigaëlle.
A la mention de sa fille, un sourire tendre se peignit sur les lèvres d'Anastasia.

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________________________________________ Mar 16 Jan 2018 - 19:31


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Elle avait encore réussi à me perdre. Ça faisait trop d'informations d'un coup. Tout en l'écoutant, j'entrepris de fouiller les tiroirs de mon bureau pour essayer de trouver un stylo et le bloc-note avec le logo de la police imprimé en bas de chaque pages qu'on m'avait refilé à mon arrivée. Jusqu'ici, il m'avait jamais servi. Du coup, j'avais absolument aucune idée de où il pouvait avoir été mis. Je l'avais quand même pas balancé à la poubelle ? Et merde. J'avais un doute maintenant.

Je le retrouvais finalement dans la corbeille casée à mes pieds, au milieu des paquets d'oréos vides et des feuilles de papiers froissées sur lesquelles avaient été gribouillées des début d'idées et des parties solitaires de morpion. Ça se voyait qu'à ce bureau j'étais vachement productive et que je me faisais pas du tout chier en général ?

Pendant que la mademoiselle continuait à me donner des infos, je pris des notes avec un stylo bic au bout mâchouillé repêché dans le tiroir du bas. Y avait beaucoup à prendre en compte. Selon ce que j'étais en train d'écrire, fallait que je fasse un avis de recherche pour un bouvier bernois femelle plutôt imposante, que j'interroge un certain Raspoutine qui était rangé dans la catégorie "ennemi" mais plus vraiment de la rousse et qu'elle était une princesse. Ah et aussi qu'elle faisait parti d'une association visant à protéger la magie. Parce que c'est bien connu, la magie a besoin qu'on la défende. Le tout faisait d'elle une véritable affaire sur laquelle véritablement bosser. Eh bah putain. Je pensais que ce jour arriverait jamais.

- Vous dîtes faire parti d'une organisation qui a l'air plutôt du genre secrète vu la petite voix que vous avez prise pour m'en parler. Vous vous en êtes déjà prise à quelqu'un ? Genre à un ennemi de la magie ? Parce que si ça se trouve, vous vous êtes faîtes d'autres ennemis que ce Raspoutine.

Le nom de ce dernier m'était étrangement familier, d'ailleurs. Raspoutine... c'était pas le nom d'un plat québécois, à la base ? Avec des frites, du fromage et une sauce dégueulasse à la couleur bizarre ? Si ça se trouve, dans une autre vie, la personne que j'avais en face de moi avait été une québécoise aux papilles agressées.

- Je trouve pas ça bizarre. Vaut mieux être prudente et en alerte, surtout si il se passe vraiment quelque chose et que Hoover a été kidnappée. Peut être que vous êtes juste sacrément parano et du genre à vous faire des films pour rien. Mais vous avez de la chance, c'est mon boulot de vérifier ça.

Je lui adressais un sourire, en me levant de mon fauteuil. J'arrachais la page griffonnée de mon calepin, la fourrait dans la poche arrière de mon pantalon et récupérais mon flingue rangé dans son étui pour l'accrocher à ma ceinture, à côté de mon insigne. Lui et moi, c'était pas du tout l'amour fou. Moins j'avais utilisé, mieux je me portais. Mais le pointer vers quelqu'un sans même avoir l'intention de tirer, ça faisait toujours son petit effet.

- On va se rendre au refuge et ensuite on ira chez vous. Une petite inspection des lieux, ça serait pas mal. Et puis comme ça vous me direz si il vous manque des trucs.

Normalement, y avait pas de papiers à remplir pour ce genre d'intervention. Normalement, hein. Dans l'étagère d'une autre pièce se trouvait tout un tas de formulaires pour tout un tas de choses différentes. Ah et fallait aussi peut être écrire un rapport à la fin, mais j'étais pas sûre non plus. Bon, on allait d'abord enquêter et ensuite je penserai à la paperasse. Sinon on allait pas retrouver son chien avant trois mois.

- Juste... C'est qui Abigaëlle ? Un élément important à prendre en compte dans les recherches ?

Je m'étais arrêtée sur le pas de la porte pour me tourner vers la rousse, une main sur l'encadrement. Ce détail là, je l'avais pas noté sur mon bout de papier. J'arrivais pas à savoir si c'était une vraie personne ou un espèce de nom de code.

- Ah et si je pouvais avoir votre nom, ça serait cool. À moins que vous préfériez que je vous appelle la Rousse ou Princesse. C'est comme vous voulez. Mais ça serait mieux je pense de connaître votre prénom.

De mon côté, pas la peine de me présenter. Elle avait l'air d'être au courant de mon identité complète. Putain, c'était chelou de quitter l'anonymat le plus complet et de se retrouver avec mon nom gravé sur une plaque dorée, exposé au reste du monde. Les gens dans la rue me reconnaissaient désormais comme le shérif Candy, et plus la pâtissière grossière à la batte.

- Autre choix. Vous habitez à côté ? Ou faut qu'on y aille en bagnole ? Parce qu'on peut soit partir à pied, soit prendre ma voiture, soit le van réservé aux flics.

Valait mieux lui demander. Je conduisais comme une dingue. J'avais jamais eu d'accidents, mais ça pouvait faire flipper. Surtout que ma voiture, c'était celle de course que j'avais ramené de Sugar Rush. Couverte de chocolat et de bonbecs, fabriquée avec du matériel 100% d'origine pâtissière. Le van était plus costaud, avec plus de place. Mais putain, que ce qu'il était moche. Blanc, manquant d'âme, avec l'aspect d'un véhicule appartenant à un trafiquant de drogue chelou ou un kidnappeur de chien. Je comptais le faire repeindre aux couleurs de la police pour qu'il fasse plus sérieux. J'avais juste pas encore eu le temps. Et je savais toujours pas quand j'en aurai.



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________________________________________ Mer 17 Jan 2018 - 0:02

La question de la shérif surprit Anastasia qui resta silencieusement concentrée quelques instants. Elle se repassait tous les souvenirs qu'elle avait de la Magic League, des fois que. Mais elle n'avait pas l'impression que ce soit réellement utile. Ou peut-être que si ?
Anya se mordit la lèvre puis se lança finalement :
- Je suis partie en mission en Russie avec des gens d'ici, on a... sauvé le monde ? Je sais pas trop. Vous savez c'était un peu comme dans les jeux vidéos. On a battu le boss final qui était un genre d'armée de supervilains, comme dans les BD et on est rentrés. Honnêtement, s'il devait y avoir représailles eh bien... déjà, ces supervilains ne connaissent pas vraiment notre identité et je pense pas qu'ils décideraient de me voler des choses. C'est pas le profil, ajouta Anastasia.
Elle ne s'était pas formalisée de la remarque sur sa potentielle paranoïa car, au fond, c'était peut-être vrai. En devenant maman, Anya était aussi devenue plus vigilante, comme tout parent normalement constitué, de son point de vue, du moins. Elle préféra également ne pas remettre cette histoire d'instinct sur le devant de la scène, juste au cas où. De toute façon, le shériff Candy avait décidée de l'aider et c'était, au fond, tout ce qu'elle voulait entendre - pour l'instant. Il fallait à tout prix qu'Anastasia connaisse le fin mot de cette histoire de kidnapping de chienne et de lettre mystérieuse. Quel que soit ce fin mot, d'ailleurs.
Anya la gratifia d'un sourire reconnaissant. Elle avait presque craint qu'on la traite simplement de folle ou, pire, qu'on lui rappelle les errements peu glorieux de Dimitri (car des Russes dans le Maine, ça ne courrait pas non plus les rues, pas suffisamment pour que quelqu'un d'un peu au courant fasse le lien). Alors était heureuse de trouver exactement qu'elle espérait : de l'aide.
Puis elle acquiesça face au plan du shérif et lui emboîta le pas. Les deux femmes avaient déjà fait quelques mètres sans qu'Anya ne sache trop quoi dire de plus quand Robyn rompit le silence. Et sa question manqua presque de faire glousser la rouquine. Puis elle se rappela que ce qui était évident à ses yeux ne l'étaient pas forcément à ceux des autres.
- C'est ma fille. Elle a un peu plus de deux ans. De mon point de vue c'est un élément capital et son importance dépasse largement l'enquête en cours, ajouta la jeune femme dont les lèvres s'étaient étirés en un sourire vraiment très large et très tendre. Si quelqu'un la menace, il est primordial d'annihiler cette menace. Et la personne, A.I. parlait d'elle dans sa lettre. Moi ça m'inquiète. Sans cette mention... Je ne suis pas sûre que je serais venue.
Le sourire d'Anastasia avait fait place à un visage plus fermé sur lequel on pouvait discerner de l'inquiétude mais aussi, et surtout, de la détermination.
- Et donc moi c'est Anastasia Romanov. Mais vous pouvez m'appeler Anya, précisa la rouquine comme elle le faisait quasiment toujours lors de ces événements que sont les présentations formelles. Je dois vous appeler shérif Candy ? hasarda-t-elle ensuite afin de se faire une idée du degré d'intimité, ou plutôt de proximité, qu'elle voulait instaurer.
- J'habite à l'orée des bois. On y sera plus rapidement en voiture, je pense. Van ou voiture, c'est vous le chauffeur donc c'est vous qui voyez.
Les questions du shérif étaient aussi pertinentes que pragmatiques. Anya aimait bien cette fille. Elle n'avait pas l'air de s'encombrer de chichis.
Robyn choisit sa voiture personnelle qui était haute en couleurs.
- J'aime bien ! commenta Anya. Et ça vient de quelqu'un qui ne s'intéresse pas aux voitures, crut-elle bon de préciser. Abigaëlle adorerait aussi, ajouta-t-elle enfin, comme une réflexion personnelle qu'elle aurait pu garder muette.
Avec la conduite sportive de Robyn, il ne fallut pas bien longtemps pour arriver au refuge, ce lieu par lequel Dimitri devait souvent passé, à voir le nombre de chiens qu'ils avaient à la maison. D'aucuns ne manqueraient pas de dire que c'était surprenant avec tant de chiens de s'apercevoir que l'un avait disparu. Mais Hoover n'était pas n'importe quelle chienne. Elle était une véritable compagne et avait aidée sa propriétaire à traverser bien des épreuves. Anya aimait son calme flegmatique, son air soucieux quand elle était triste ou inquiète, sa façon de veiller sur Abigaëlle. Elle savait que Hoover n'aurait jamais laissé Abigaëlle. D'ailleurs, elle dormait toujours sur le pas de la porte de sa chambre, alors même que ce n'était pas un chien de garde. Anastasia se sentit l'envie de partager ces informations, qu'elle trouvait utiles, et s'empressa d'en combiner un résumé concis le temps du trajet.
A leur arrivée au refuge, elle remarqua beaucoup d'animaux mais rien qui ne ressemblait à Hoover.
- Je peux peut-être regarder sur mon portable si j'ai une photo ? hasarda la rouquine.

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