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 De battre, mon coeur s'est arrêté ◈ EULALIE

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Balthazar Graves


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________________________________________ Dim 8 Avr 2018 - 20:50


De battre mon coeur s'est arrêté.
“Ta prison est en toi. Le poison est en toi.”


Sa mémoire avait une odeur de cendres. Il en était ainsi depuis qu'il connaissait cette fille. La petite peste. Il ne s'en était pas rendu compte de suite. Ces choses-là prennent du temps. On ne s'aperçoit pas toujours lorsqu'on est pris au piège, surtout lorsqu'il est particulièrement bien agencé. L'amazone avait embrasé ses sens, éveillé ce qui sommeillait depuis trop longtemps en lui. Il ne s'agissait pas de la joie, ni d'une quelconque félicité absurde. Non, c'était autre chose. Quelque chose qu'il aurait préféré ne plus jamais montrer à qui que ce soit. Une émotion qu'il pensait avoir tué.

Alors qu'il était à demi perdu dans une inconscience proche de la mort, il ne voyait qu'une chevelure rousse flamboyante danser devant lui, inaccessible. Il tendait la main mais la petite peste s'éloignait dans un éclat de rire moqueur. Son obsession. Sa dangereuse addiction.

Puis les crampes. La fièvre. La douleur. Le retour du cauchemar. La chevelure auburn. Les rires narquois. Le sommeil de plomb. L'agitation mentale. Suivie d'un grand vide.

Balthazar souleva les paupières, en proie à la confusion. Il observa les murs nus et immaculés d'un oeil absent. Son ouïe s'affina à mesure qu'il se réveillait ; il entendit bientôt les bips réguliers signalant que son coeur était relié à une machine. Il remua les doigts, sentant un objet accroché au bout de son index. Il laissa échapper un léger grognement et remua dans les couvertures. Il était allongé sur le dos, dans un lit d'hôpital. Tournant la tête vers la gauche, il constata que son bras était perfusé. Un liquide transparent s'écoulait depuis une poche reliée au cathéter. Il observa quelques secondes ce dernier, à demi hypnotisé par son sang qui se mélangeait au liquide dans le point d'arrivée.

Peu à peu, il se remémora ce qui était arrivé. Il comprenait mieux la raison pour laquelle la petite peste avait hanté ses rêves agités et flous. Elle était à l'origine de son admission à l'hôpital. Il ne se souvenait plus comment il y était arrivé. Il avait sans doute perdu connaissance chez lui, après avoir mangé un plat que la ravissante idiote lui avait préparé.

Plus jamais, songea-t-il sombrement tout en se redressant un peu dans le lit.

Il sentait que ses forces revenaient, petit à petit, même s'il éprouvait encore le besoin de rester allongé, pour l'instant. Il aurait dû se méfier d'Eulalie, depuis le début. Elle cuisinait aussi mal qu'elle faisait le ménage. Après avoir frappé l'aspirateur au point de l'aplatir, elle avait sûrement décidé de supprimer le barbier.

D'ailleurs, quand on parle de l'amazone...

Il remarqua qu'elle l'observait à travers la vitre du couloir. Il ignorait si elle pouvait l'entendre de là où elle se trouvait, mais il supposa que c'était le cas puisqu'elle était supérieure en tout, sauf en jugeotte.

"La prochaine fois, utilise du cyanure." lança-t-il, revêche. "C'est plus efficace comme méthode."

Il remua dans les couvertures, attendant qu'elle vienne à lui. Que faisait-elle ici ? Venait-elle admirer son oeuvre ?

Sa présence le rendait inexplicablement nerveux. Ce n'était pas dû au fait qu'il craignait qu'elle s'en prenne de nouveau à lui -au contraire, il aurait apprécié qu'elle le délivre enfin. Non, c'était pour une toute autre raison. Depuis la fameuse nuit à New York. Malgré lui, il se souvint une fois encore de la façon dont elle l'avait embrassé, avec une tendresse infinie. Il ne parvenait pas à oublier, malgré tous ses efforts. Cela avait été bien trop différent, trop surprenant. Il avait été bousculé jusque dans les fondements de son être. Et puis, elle s'en était allée. Elle n'avait plus voulu aucun contact. Il avait très bien compris ce qui s'était passé : elle avait pris la mesure de la personne qu'il était et elle n'avait plus voulu de lui. Il l'acceptait. Il avait même trouvé qu'elle avait mis du temps à le comprendre. Sans doute en raison de sa jeunesse. De sa candeur.

Depuis, chaque souvenir d'elle avait un goût de cendres dans sa bouche. Elle était devenue une souffrance supplémentaire dont il aurait très bien pu se passer. Mais dont il ne parvenait pas à s'extraire. Il s'était habitué à sa présence chez lui, et bien qu'il n'ait plus tenté aucun rapprochement, il avait retrouvé un comportement odieux auquel elle semblait fort bien s'accommoder. Restait donc la sempiternelle question : pourquoi habitait-elle avec lui ? Elle devait sûrement trouver l'appartement à sa convenance. Ou alors elle appréciait de le rendre fou, ce qui était une très mauvaise idée dont elle risquait de se repentir un jour... A moins qu'elle lui ait menti et qu'elle continue de le surveiller à son insu.

Il captura les questions qui dansaient dans son esprit et les relégua au second plan pour tapoter le matelas de sa main.

"Approche..."
articula-t-il à l'adresse d'Eulalie.

Comme elle ne semblait pas décidée, il poursuivit d'un ton sirupeux :

"Comment te sens-tu après ta première tentative d'assassinat ?"

La porte de la chambre était ouverte et il y avait du passage dans le couloir. Il ne tenait qu'à l'amazone de rendre cette conversation privée. Lui, en tous cas, n'avait rien à cacher.

"Tu apprends redoutablement vite..."
reconnut-il avec une moue presque charmée. "Tu t'entraînes sur moi avant d'empoisonner... Comment s'appelle-t-il déjà ?"

Il ne se souvenait plus du nom de celui qu'elle était destinée à tuer. Ce n'était pas important, de toutes façons. Si elle l'avait mis dans la confidence, il aurait pu l'aider à peaufiner son meurtre, et il n'aurait pas échoué. Mais il supposait que l'amusement de la petite peste en aurait été amoindri. Ce n'est pas drôle de prévenir sa victime avant de la tuer.

Il promena un regard désabusé sur la chambre terne et triste, trop blanche à son goût.

"La dernière fois que je suis venu ici, j'ai aussi failli mourir. La troisième, je ne me réveillerais peut-être pas."

Il était dubitatif. Puis, il joignit les mains sur son ventre qu'il observa, alors que la douleur de la perfusion à son bras plié distillait une agréable source d'adrénaline dans son corps. Il ne se sentait vivant qu'à travers la souffrance. Celle des autres ou la sienne.

"J'aurais aimé que tu ne me rates pas." laissa-t-il échapper d'un ton sec.

Il leva ensuite les yeux vers Eulalie avec l'ombre d'un rictus mélancolique et narquois à la fois. La vie s'accrochait à lui d'une façon un peu trop ironique.

Il en voulait à l'amazone. Pas d'avoir tenté de le tuer, mais d'avoir échoué. De battre, son coeur s'était arrêté à cause d'elle. Pourtant, il en entendait le bip régulier, mais il s'agissait d'un mensonge. Il mourait chaque seconde davantage dès qu'il pensait à elle, dès qu'il réprimait un geste pour la toucher. Elle l'avait achevé de la pire des façons. Survivre était un terrible supplice.
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________________________________________ Mar 10 Avr 2018 - 9:03


If brokenness is a work of art...
...surely this must be my masterpiece.


Je ne m'étais pas attendue à ce que les premières paroles qu'il prononce en se réveillant soient celles-ci. Je n'avais rien anticipé, à dire vrai, trop préoccupée par le simple fait qu'il ouvre les yeux. J'encaissais chacune de ses accusations sans dire un mot, consciente de les mériter, même si je ne les imaginais pas de cette ampleur. Il me pensait vraiment capable d'une telle chose ? Bien évidemment. J'étais créée pour tuer. Je ne savais faire que ça. Non, je ne savais même pas le faire correctement, d'après ses dires. Sa dernière réplique me procura une sensation désagréable. Lancinante. Insupportable. Comme si mon cœur se mettait à saigner de l'intérieur.

Je baissais les yeux, trouvant plus aisé de ne pas faire face à son regard, et serrais mes bras contre ma poitrine. Qu'étais-je supposée répondre ? Il me détestait. Il en était arrivé au point où il désirait que je lui donne la mort. A moins que ce ne soit encore l'une de ses attaques verbales cyniques dont je ne captais pas la subtilité. Je n'étais pas en mesure de faire la différence à l'instant. Il n'arrivait même pas à m'énerver. Je ne pouvais pas lui en vouloir de penser de telles choses. Mes lèvres se pincèrent, un certain soulagement se mêlant à toute cette crainte qui ne m'avait pas quitté durant un temps m'ayant semblé interminable.

Je finis par me décider à faire demi-tour, quittant sa chambre l'espace de quelques secondes. J'attrapais l'énorme sac que j'avais laissé traîner dans le couloir, avant de refermer la porte d'un geste brusque en revenant dans cette pièce. J'hésitais, sans jamais lui adresser un coup d’œil, me contentant de le poser sur la chaise qui se trouvait dans un coin.

« Ils ont dit que tu sortirais vite. » annonçais-je finalement. « Je ne savais pas qui je devais prévenir que tu es ici alors... je n'ai prévenu personne. »

Je ne prêtais pas grande attention à ses fréquentations. J'ignorais l'identité de ses clients, la place qu'ils occupaient pour lui ou ceux dont il appréciait la compagnie. Je ne m'étais jamais attardée sur ces détails.

« Je n'ai pas pu emmener le chat. J'ai pensé que ça te ferait du bien de le voir, mais je n'en ai pas eu le droit. A la place, j'ai cherché des fleurs, sauf que je n'ai rien trouvé qui ne fasse pas trop... J'ai pris un cactus. C'est bien, non ? »

Je lâchais un soupir et sortais du sac le spécimen miniature. Il n'était pas très grand, ça se vendait partout maintenant, de toutes les tailles. J'avais hésité avec le modèle géant mais il n'aurait pas été des plus adaptés, certainement.

« Ça pique et c'est... joli. » ajoutais-je, les sourcils froncés, observant mon achat d'un œil nouveau.

Il était normal de ramener quelque chose aux malades, encore plus lorsqu'on était la cause de leur mal-être, n'est-ce pas ? Je ne tentais là que de correspondre aux usages, aux clichés même, posant la plante sans y accorder plus d'attention. De fausses tulipes auraient sans doute aussi bien fait l'affaire.

« J'ai des chocolats. Le chocolat remonte le moral. Je les ai acheté, ils ne risquent pas de te tuer. Normalement. »

Je secouais la tête, extirpant une à une les diverses boîtes que j'avais amené avec moi. Toutes les saveurs s'y trouvaient, des plus basiques aux plus insolites – qui avait eu l'idée de mettre des morceaux d'oranges dans du chocolat un jour ?

« J'ai ramené tous mes Harry Potter. Je ne sais pas si tu lis ou si tu connais. J'ai pensé que ça pourrait peut-être t'occuper et... »

Mes mains se crispèrent sur la reliure d'un des bouquins, le lâchant avant que je ne me retourne soudainement dans sa direction.

« Et je l'ai pris aussi, même si c'est interdit. »

Je marquais une hésitation, ma main s'approchant inconsciemment de la poche de ma veste. Il était préférable que je ne dévoile pas un tel objet à la vue de tous. En le laissant ici de la sorte, je me montrais plus discrète. Je crois. Je ne savais même pas pourquoi je l'avais apporté. Il ne lui servirait à rien dans un tel endroit.

Je le regardais finalement, remarquant qu'il était comme avant. Plus affaibli qu'habituellement, évidemment, mais aucun changement profond à vue d’œil. Il avait toujours ce regard capable de me faire frémir. Je ne l'avais pas trop abîmé par ma bêtise. Je ne pouvais pas deviner ce que ça lui ferait, je n'avais pas été sensible à l'empoisonnement, plus résistante que lui à ces choses-là. Il y avait toutes ces machines, aussi, et ces écrans dont je n'arrivais pas à définir l'utilité ou le fonctionnement. Leurs bruits étaient dérangeants et déstabilisants.

Me trouver dans cette pièce me semblait maintenant insensé. J'avais besoin de m'assurer que son état s'améliorait de mes propres yeux, sans doute. Je me sentais responsable, après tout. Les médecins m'avaient affirmé qu'il se porterait à merveille à chacune de mes interrogations. Apollon aussi. Il était resté un moment après l'avoir amené alors que je lui avais fait promettre de ne rien dire à Hypérion. Je ne voulais pas que le Titan s'imagine que j'ai pu agir intentionnellement. Ce n'était pas calculé. Je n'avais pas souhaité que les choses se déroulent ainsi.

J'esquissais un pas vers la sortie qui se transforma en un pas vers lui. Et un autre. Jusqu'à arriver assez près pour m'asseoir tout au bord de ce lit, ma tête à peine tournée vers lui.

« Si j'avais voulu te tuer, j'aurai opté pour l'étranglement ou une décapitation à l'épée. »

Je n'aurais également pas pris le risque de le rater... Ma gorge se serra et je m'interrogeais sur les raisons me poussant à faire ce genre de précisions. Je n'appréciais pas ce sujet de conversation. L'idée de mettre fin à son existence ne m'avait pas effleuré l'esprit depuis longtemps. Ça ne m'intéressait plus.

Il va s'en sortir. Arrête d'y penser. Tout va bien se passer. Je me répétais inlassablement ces mots, sans qu'aucun ne semble assez convaincant pour me défaire de cette anxiété agaçante. Mon regard dévia sur ce qu'on lui avait planté dans le bras. J'y portais ma main sans oser y toucher, sans oser le toucher.

« Est-ce que c'est douloureux ? »

Il avait l'air de souffrir. Qu'il se montre détestable à mon égard était une chose que je supportais aisément au quotidien. J'avais finis par apprivoiser la légère douleur constante que cela pouvait m'apporter, c'était le prix à payer pour continuer à vivre chez lui. Je me demandais pourquoi il acceptait encore ma présence. J'aurai préféré qu'il me force à m'en aller, de n'importe quelle manière, plutôt que de me laisser ainsi m'habituer... Mais l'entendre dire ces choses-là sur lui-même m'était plus difficile à entendre, inexplicablement. Je me mordais l'intérieur des joues jusqu'au sang, ne supportant pas ce sentiment.

« Pourquoi est-ce que tu veux mourir ? »

Oh, je savais que ce n'était pas que de la culpabilité. C'était de l'inquiétude.
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________________________________________ Sam 14 Avr 2018 - 22:51


De battre mon coeur s'est arrêté.
“Ta prison est en toi. Le poison est en toi.”


« Pourquoi est-ce que tu veux mourir ? »

Cette question qu'elle avait posée, et qui risquait d'en soulever beaucoup d'autres. Balthazar la redoutait tout autant qu'il l'espérait depuis qu'il connaissait l'amazone. Inconsciemment, bien sûr. Jamais il n'aurait admis vouloir se confier à quelqu'un, encore moins à une écervelée comme elle. Cependant, chaque journée passée en sa compagnie le ramenait inexplicablement vers les heures les plus sombres de son passé. Il y replongeait sans le vouloir. Continuellement. Comment parvenait-elle à provoquer une telle fissure dans son esprit déséquilibré ? Il s'interrogeait encore et encore sans jamais trouver de réponse satisfaisante.

"J'ai fait... d'horribles choses."
reconnut-il enfin dans un murmure lugubre.

Il ne culpabilisait pas pour tous ses crimes, seulement pour quelques uns, couronné par un seul : le plus abject de tous. Celui qui l'empêchait de trouver le sommeil chaque nuit. Dès qu'il fermait les yeux, elle était là, à son chevet. Debout à côté de lui, à simplement le fixer avec froideur et mépris. Une expression qu'il n'aurait jamais voulu voir sur ses traits angéliques. Sa chère Lucy... Ses autres victimes le toisaient avec la même lueur réprobatrice et glaciale, mais nul n'avait autant d'impact sur lui.

Il passa une main sur ses yeux, cherchant à fermer les paupières sur tout ceci, en vain.

"Plus tu vivras, plus tu commettras des erreurs. Il arrive un moment où elles sont trop lourdes à supporter." soupira-t-il, résigné.

Il arrive un moment où l'on veut juste déposer son fardeau. Basculer dans le néant. Subir son châtiment, peut-être. Et disparaître...

Balthazar se redressa un peu plus dans le lit, retira le témoin du monitoring cardiaque à son doigt car le bip incessant l'agaçait, et se souvenant de son autre question, il marmonna :

"La douleur physique s'oublie vite."

Il appréciait sa franchise concernant la façon dont elle s'y prendrait pour le tuer. Il avait esquissé un léger rictus à ce moment-là, presque amusé.

"La décapitation."
dit-il en hochant légèrement la tête. "Plus artistique."

La lame de son épée étant sans doute diablement aiguisée, il l'imagina fendre l'air dans un sifflement gracieux. Sa tête roulerait au sol dans un flot de liquide écarlate pendant que son corps basculerait de côté, la chemise imbibée de vermeil. Il songea que ce serait là une fin bien trop douce et magistrale pour lui. Encore un peu confus, il posa un regard absent sur la collection d'objets que la petite peste avait apportée. Tant de choses... Pourquoi se donnait-elle tant de mal ? Un cactus, plusieurs livres, du chocolat, mais surtout...

Il leva la main et la posa contre le coeur de la jeune femme, à l'emplacement exact où elle avait sous-entendu que son bien le plus précieux demeurait. Le rasoir était dans la poche avant de sa veste en cuir marron. Il la sentit légèrement frémir, à moins que ce soit un effet de son imagination. Il n'avait plus esquissé aucun geste envers elle depuis plus d'un mois. Cette brusque proximité ne le troubla pas outre mesure. Il s'y était préparé. Et de toutes façons, il s'agissait seulement de ses doigts contre du cuir. Malgré tout, il crut entendre le coeur de l'amazone battre de façon précipité dans sa paume. Instinctivement, il pressa davantage sa main contre le vêtement, ressentant les contours du rasoir entremêlés de pulsations cardiaques.

Il resta quelques secondes encore, immobile, avant de s'animer et d'enlever sa main. Il s'éclaircit la gorge, plus embarrassé qu'il ne l'aurait voulu.

"Garde-le pour l'instant." dit-il d'un ton sec. "Personne ne peut savoir qu'il est là sauf si..."

... on fait ce que je viens de faire, acheva-t-il mentalement.

"Remets tout dans le sac." ordonna-t-il brusquement.

Sans davantage d'explications, il se pencha sur sa perfusion, ôta le sparadrap qui la retenait à son bras et, la mâchoire serrée, entreprit d'enlever le cathéter. Il sentit l'aiguille quitter lentement sa chair à mesure que le sang maculait les draps. Il émit un léger grognement mais ne s'arrêta que lorsqu'il fut "libre". Il détestait être retenu par quoi que ce soit. Et il ne supportait plus l'hôpital, puisqu'il était trop vivant pour faire le mort. Une fois fait, il déchira un bout de drap pour le presser contre son bras ouvert. Puis il braqua un regard glacial sur Eulalie.

"Je sors."
décida-t-il, catégorique.

Il la défiait de l'en empêcher, même s'il se doutait que si elle avait en tête de l'enchaîner au lit, elle le ferait. Il se leva et se sentit étrangement robuste, malgré ses jambes en coton. L'impression était étrange, déroutante. Ce fut seulement à cet instant, en baissant les yeux, qu'il remarqua son curieux accoutrement. Il portait un pyjama gris sur lequel était imprimé un bonhomme au sourire jovial. Il était écrit "Mr. Happy". Son pantalon, plus sombre, était tout bonnement ridicule, maculé du même dessin se répétant à l'infini. Le barbier émit un soupir agacé, à la limite de l'indignation, et jeta un coup d'oeil incendiaire à Eulalie. Ce n'était pas difficile de savoir qui l'avait habillé ainsi.

"Donne-moi de vrais vêtements."

Il s'appuya contre le lit, se sentant envahi par un léger vertige et cligna des yeux.

"Ceux que j'avais en arrivant."
insista-t-il, intransigeant.

Elle ne les avait pas jetés, tout de même ! Il nourrissait un sérieux doute à ce sujet. Elle était capable de tout. Impossible de savoir ce qui pouvait passer dans sa petite tête. Il suffisait de voir le pyjama qu'il portait.

La douleur ne s'atténuait pas à son bras, et le sang avait traversé le bout de drap. Il jura et en attrapa une autre extrémité pour l'appuyer contre sa plaie.

"Une clope. Ca par contre, tu n'en as pas apporté."
fit-il remarquer, acariâtre. "Un cactus, ça ne se fume pas."

A présent, il lui en voulait. Il aurait préféré qu'elle l'achève plutôt qu'elle l'habille de cette façon pendant son inconscience. Il avait la désagréable impression de n'être qu'un jouet entre ses mains. Il avait respecté sa décision alors pourquoi changeait-elle les règles en cours de jeu ? Pourquoi en profitait-elle pour se moquer de lui ? Désormais, il portait un regard mauvais sur les objets qu'elle lui avait apportés. Une façon de plus de lui faire croire qu'il avait de l'importance, alors qu'il n'en avait aucune. De rage, il attrapa la poche suspendue près du lit et voulut la jeter au sol, mais il fut de nouveau pris de vertiges et il tituba. Ce simple geste provoqua une douleur aiguë à son bras et il grimaça avant de plaquer de nouveau le drap tout contre. Quel spectacle il devait donner...

"Fais-moi sortir d'ici..." dit-il d'un ton plus lisse, cette fois-ci. "Tu m'as fait entrer. Tu peux me faire sortir..."

La douleur faisait briller des larmes dans ses yeux. Ca serait peut-être une façon de l'émouvoir. Qui sait ?
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________________________________________ Lun 16 Avr 2018 - 11:01


I wish somebody would've told me
that I'd end up so caught up in need of your demons.


Je n'avais pas voulu l'interrompre, le laissant exprimer son désir de s'en aller. J'avais envisagé une telle réaction de sa part. Mais il n'avait pas vraiment le choix, n'est-ce pas ? Je m'étais levée du lit face à son agitation. J'hésitais à céder à sa demande, mais il ne tenait même pas correctement sur ses jambes.

« Tu fais n'importe quoi. » soupirais-je en me rapprochant.

J'attrapais son bras pour le forcer à s'asseoir, tentant de ne pas être trop brusque pour ne pas aggraver sa douleur. Il n'était clairement pas en état de lutter ou pas assez pour que je le ressente. Je copiais son geste, déchirant un autre bout de ce drap qui ne ressemblait plus à rien et retirais sa propre main de son bras. Si mon cœur s'était emballé rien qu'en sentant son contact sur mes vêtements, ça ne s'arrangeait pas maintenant que j'engageais cette approche plus directe. Un peu maladroitement, je serrais le morceau de tissu à l'endroit où il avait retiré non sans acharnement cette monstrueuse aiguille. Ce n'était pas la plus esthétique des manières de faire, mais ça le comprimerait assez pour stopper ce léger saignement.

« C'est mieux. »

Je le lâchais finalement et observais mon œuvre avec satisfaction, mon attention déviant sur le pyjama qu'il portait. Et qui ne lui plaisait pas, si j'en croyais le regard qu'il m'avait lancé en le découvrant.

« Tu pourrais me remercier, c'était ça ou une de leurs blouses hideuses, comme les horreurs qu'on voit à la télé et qui ne se ferment pas derrière. »

J'affichais une moue malgré tout ennuyée. Monsieur Grincheux aurait été plus adapté. Sauf que j'avais prévu d'offrir celui-là à Apollon, qui m'en voulait toujours affreusement de ne pas lui avoir fait de cadeau à Noël. Je devrais trouver une autre idée, maintenant. Je n'avais pas réfléchi lorsque l'on m'avait demandé de ramener quelque chose pour l'habiller. Je n'allais quand même pas fouiller dans sa chambre à la recherche de ce qui lui plairait le plus. Je faisais juste... J'essayais de faire de mon mieux.

Il n'avait qu'à pas être inconscient pendant tout ce temps, il aurait pu choisir sa tenue lui-même ! Je ne pouvais pas penser à chaque petit détail en mesure de le contrarier. Il n'était jamais satisfait de quoi que ce soit, de toute façon. Même le pauvre cactus avait eu le droit à des reproches. Je tentais de retenir mon regard insistant, ne pouvant m'empêcher de le détailler dans cet accoutrement radicalement opposé à ce qu'il portait habituellement.

« Je ne sais pas où sont tes autres vêtements. C'est une infirmière qui s'est occupée de ça. »

J'eus l'étrange impression d'avoir soudainement chaud, secouant la tête en sentant mes joues se rosir. Bien sûr que non, je n'avais pas profité qu'il soit assommé pour le toucher ou observer la scène, ça aurait été déplacé de ma part. Et trop frustrant.

Je me retournais brusquement, me dirigeant vers l'unique placard de la pièce sans grande conviction. C'était l'endroit logique où ranger ses habits, non ? Je ne mettais pas longtemps à les trouver, ne cherchant même pas à m'en emparer avec délicatesse, animée d'un certain agacement.

« Qu'est-ce qui s'est passé ici ? »

« Rien. Tout va bien. »

La réponse avait été instinctive, sur la défensive, s'échappant naturellement avant même que je ne réalise que quelqu'un venait de rentrer dans la pièce. Je clignais des yeux à plusieurs reprises en direction du nouveau venu. Un médecin. C'était facile à deviner, en raison de sa blouse blanche (fermée derrière, celle-là) et de ce calepin qu'il feuilletait distraitement. Je jetais un coup d’œil rapide aux tâches de sang clairement visibles sur le lit. Puis à tout ce que je tenais dans mes bras. Et au bras de Balthazar. C'était totalement crédible.

« Encore un qui essaye de s'enfuir parce qu'il a pas d'assurance... » grommela simplement l'homme en levant les yeux au ciel.

Une assu-quoi ? Qu'est-ce que c'était ?

« Votre copine a payé les factures, pas la peine de vous angoisser comme ça. »

Quelle copine ? Je me rappelais avoir donner de l'argent à la réception, parce que tout service était payant dans cette ville.

« Je suis sa cousine. »

J'avais sifflé plus que prononcé ces mots qui m'irritaient plus que je ne voulais l'admettre. Il avait été le premier à user d'un tel mensonge, autant continuer sur cette voie. Le médecin ne m'adressa pas un regard, claquant sa langue contre son palet d'une manière insupportable. Est-ce qu'on lui avait déjà dit qu'il ressemblait à une version plus jeune du monsieur de la pub pour le café ? Sans doute.

« On va vous garder en observation un moment. C'est pas très intelligent d'avoir retirer ça, je vais devoir appeler des collègues pour le remettre maintenant. »

« Il veut partir. »

« On a pas toujours ce qu'on veut dans la vie, mademoiselle. »

Je fermais ma bouche aussi vite que je l'avais ouverte, serrant un peu plus les vêtements que je tenais contre moi, me crispant au rire de ce supposé docteur. J'étais bien placée pour le savoir.

« Bon. »

Le bruit des feuilles claquant me fit serrer les dents. Je n'aimais pas cette personne.

« Maintenant que vous êtes réveillé, je devais vous demander si vous vouliez porter plainte. »

Mes yeux s'écarquillèrent et je tournais brusquement la tête en direction de Balthazar. Porter plainte ? Je connaissais ce terme, maintenant que j'avais un travail qui nécessitait cette connaissance. Et ça menait en prison, ces choses-là, non ? Peut-être pas tout le temps.

« Contre le traiteur. » jugea-t-il de préciser face à l'absence de réponse.

Je me mis à tousser de manière compulsive, étouffée par ma propre respiration, avant de déposer trop bruyamment les bouts de tissus que je tenais à côté du barbier.

« Je suis de la police. Je m'en occupe. » lâchais-je soudainement en appuyant un regard accusateur en direction de cet homme.

Il haussa les épaules, à priori peu concerné par ce sujet, avant de marmonner qu'il ne fallait pas que l'on bouge, je crois. Je n'étais pas sûre. Je me détendis légèrement à son départ, lâchant un soupir relativement parlant. Je n'étais pas sûre, mais je pensais même avoir murmuré un léger 'imbécile' que je n'avais pas réussi à contrôler.

« Je suis désolée. Je ne voulais pas te faire entrer ici... Je voulais juste... »

C'était la deuxième fois que je me ridiculisais en excuses face à lui. Je baissais la tête avant de soupirer. Je voulais juste lui faire plaisir. J'étais incapable de le dire à haute voix. J'en étais incapable et ça ne servait plus à rien d'essayer. Oui, j'avais voulu faire un repas correct par moi-même mais j'étais dotée d'autant de technique qu'un enfant de cinq ans. Et d'autant de patience qu'un de trois. Ça avait été une véritable catastrophe. Et j'avais peut-être légèrement commandé quelque chose pour compenser le désastre que j'avais fais, histoire qu'il puisse... juste manger. Il ne mangeait jamais rien. Ce n'était pas une bonne chose. Il préférait la viande saignante. Je le savais. Mais il aurait sans doute été mieux qu'il n'avale rien. J'avais tout mélangé, j'avais tout raté, ça devait être avarié ou mal cuit, je n'en avais pas la moindre idée. Le traiteur n'y était pour rien. Il n'y avait que ma bêtise qui était responsable.

« Si tu veux sortir, on va sortir. »

Je lui devais bien ça. Je me pinçais les lèvres, prenant sa chemise entre mes mains, ressentant quelques difficultés à garder une respiration stable. On pouvait toujours voler un fauteuil roulant si il n'arrivait pas à marcher. Et des médicaments, ils pourraient s'avérer utiles.

« Déshabille-toi. »

Je levais enfin mes yeux vers lui, sentant ma poitrine se serrer en croisant les siens. Mes doigts s'accrochèrent plus fort à ce vêtement, ces simples mots me remémoraient trop de choses à la fois. Et me mettaient beaucoup trop mal à l'aise.

« Tu tiens à peine debout. Je vais t'aider. »

Il avait l'air de pâlir à vu d’œil, je n'avais pas envie de le laisser se débrouiller seul, mais je ne savais pas si j'étais capable de m'imposer ce rapprochement supplémentaire... Est-ce que je ne parlais que du fait de l'habiller ? Je me rappelais de ses mots. De ses erreurs lourdes à porter. Je connaissais d'autres personnes qui avaient fait des choses horribles. Elles étaient toutes entourées et loin d'être au bord du suicide. Il n'y avait pas de raisons pour que ce soit son cas.
black pumpkin

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