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٩(͡๏̯͡๏)۶ Magic League, chapitre III ☆ Evénement #98
Une mission de Dyson Walters - Ouverture : septembre 2018
« La Chute des Héros ! »

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Sebastian Dust


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________________________________________ Mar 8 Mai 2018 - 23:18






Strike me once, I'm gonna strike back twice

« Les sorcières, ça m'exaspère »


« Et ça, où est-ce que ça va aller ? » Demanda Adèle, désignant un nouveau carton, son carnet et son stylo en main prête à cocher la bonne case.

Sebastian releva la tête, son air fatigué se posant sur l’objet concerné et… Après un soupir, il laissa les lettres dorées donner la réponse, se penchant pour terminer de scotcher le dernier carton. Adele s’était gentiment proposée pour l’aider lors de son déménagement et il devait bien avouer que son côté cartésien et organisé était le bienvenu. Lui-même ne se serait jamais lancé là-dedans seul et aurais sans doute fait pas mal de boulettes ; c’était la première fois qu’il déménageait après tout ! Il avait toujours vécu dans cette maison, d’aussi loin que ses souvenirs le portaient, et la quitter laissait un terrible étau dans son torse maintenant qu’il la découvrait vidée de tous ses meubles. Les murs, les fenêtres, le plancher, tout prenait une autre dimension quand on n’avait plus rien pour y décorer ou l’enjoliver… Et pourtant il le sentait au fond de ses tripes, c’était la bonne décision à prendre.

Il y avait tellement de souvenirs dans cette maison, tellement de moments bons comme mauvais, tellement d’éclats de rires et de crises de larme, tellement de quiétude et d’intenses colère… Tout était passé entre ces murs qui, pourtant, avaient eu des années de vide et de tranquillité intense. S’il avait su que tout deviendrait aussi vivant, Sab aurait rit silencieusement d’une telle idée. Il y avait eut Arthur aussi, Evangeline lors de son arrivée, quelques habitants intempestifs désirés ou non et, à la fin, il y avait même eu Louise… A son souvenir, son cœur se serra davantage et il du prendre une inspiration pour se maîtriser. Ne pas serrer les poings. Ne pas pleurer. Continuer à faire comme si de rien était et espérer que ça finirait par passer. Ou pas. Jamais vraiment. Jamais complètement.

Comment est-ce qu’on pouvait continuer à vivre quand la femme que vous aimiez avait explosé dans vos bras ? Parfois il se le demandait. Et ce n’étaient pas les efforts de Dyson pour le garder un peu hors de l’eau qui lui réchauffait le cœur suffisamment. Sebastian n’avait jamais exprimé d’émotions aussi violentes et négatives et il avait bien du mal à s’en remettre… Quitter la maison était un moyen comme un autre d’espérer passer à autre chose. De tenter de mener à bien ce projet qu’ils avaient entamé et de laisser les meilleurs souvenirs là où ils devaient être : derrière lui. Il ne pourrait pas oublier Louise, il en était incapable, mais il pouvait apaiser un peu cette réalité. Tenter, du moins.

Il fit voleter les derniers cartons dans la camionnette garée non loin du perron et Adèle hocha plusieurs fois la tête en pointant les uns puis les autres de son stylo. Elle griffonna quelque chose sur son bloc et accola deux post-it sur le côté de ce qui fut son canapé, désormais recouvert d’un drap et chargé. La faisant patienter en bas, il grimpa aux étages pour vérifier qu’il n’avait rien oublié… Repassant dans les différentes pièces remplies de souvenirs, lourdes de sentiments, y compris ce grenier où le sable avait arrêté d’évoluer pour le laisser aujourd’hui tout aussi vide que le reste. Il ne restait plus rien. Nulle part. Toute trace effacée. Tout symbole emporté. Les tableaux étaient enveloppés, emballés, à l’abri avec le chevalet et tout le matériel de peinture de Louise. L’odeur de la térébenthine flottait encore, comme le vent au niveau du toit qu’il n’avait pas eu le cœur de réparer. Une porte à refermer. Puis une autre. Une par une.

« Sebastian ? » L’interpella Adèle au bas des escaliers, tandis qu’il les descendait doucement. « Nous devons y aller. Avez-vous tout ce qu’il vous faut ? Je peux revérifier le contenu de la camionnette mais cela nécessiterait de tout ressortir alors, je vous propose de faire confiance à la liste de ce carnet si vous n’y voyez pas d’inconvénients ? Avez vous bien les clefs de votre maison ? Ce serait dommage d’arriver et de ne pas pouvoir ouvrir la porte… »

Il eut un sourire, lui posant une main sur l’épaule pour l’apaiser et hocha la tête. Il aimait beaucoup Adèle, sa simplicité débordante et sa gentillesse dégoulinante mettaient du baume au cœur à n’importe qui. Surtout à lui. Le marchand de sable la suivit sur le perron, s’assurant que le Nifleur n’avait pas encore décidé de se planquer quelque part, puis il claqua la porte pour la dernière fois. Tourna la clef. Verrouilla l’entrée. Et se dirigea vers le véhicule qui contenait désormais tout ce qui représentait son chez-lui.

Ils roulèrent une trentaine de minutes avant d’arriver devant la nouvelle maison qu’il allait occuper… il avait bien tenté de faire comprendre qu’il n’avait absolument pas besoin de tout cet espace mais Joanne Kennedy et Adèle ne lui avaient absolument pas laissé le choix : cette maison était pour lui, à point c’était tout. Et peu importait la surface qu’elle occupait, peu importait le prix qu’elle avait coûté et peu importe qu’il n’ait pas assez d’affaires pour la remplir… Voilà qu’il logeait dans une maison de briques rouges fournies avec plus d’espace que sa précédente.

Il poussa un soupir désabusé en se garant dans l’allée, esquissant pourtant un sourire lorsqu’il reconnu la silhouette de Dyson. Le jeune homme avait tenu à venir l’aider, même s’il aurait préféré ne pas le déranger ; il lui avait dit être très occupé ces derniers temps… ça se voyait.

Il lui serra amicalement la main, esquissant un sourire encourageant.

« Sebastian. J'espère que vous allez bien ? »

Le sourire crispé de Dyson et sa poignée de main l’intriguèrent. Le gardien pencha la tête sur le côté, fronçant les sourcils. Depuis quand le toon le vouvoyait-il ? Il ouvrit la bouche mais la referma sans trop savoir quoi lui répondre.

« Moi ? Niquel, tout va bien, je suis totalement là pour vous. »

Sa voix avait émit un léger trémolo à la fin, comme s’il s’efforçait de garder contenance mais que quelque chose n’allait pas. Une forme de compassion tamisée ? Ou bien… ?

« Vous ? »

« Non, pas moi. » Répondit le toon en fronçant les sourcils, n’ayant pas l’air de comprendre.

« Dyson… Pourquoi est-ce que tu me vouvoie ? »

« Je quoi ? Ah bah, parce que... » Il fit mine de tousser, se raclant la gorge. « Ça va ? »

D’accord, clairement, quelque chose n’allait pas. Le marchand de sable avait toujours connu un Dyson assuré et emballé par tout ce qui lui arrivait. Cette fois… Ce n’était clairement pas son état normal. Cette distance lui fit mal malgré lui.

« … Quelque chose ne va pas ? »

« Non rien, j’étais encore un peu triste pour… euh… » Il se gratta la tête, mal à l’aise. « … Non rien. »

Ah. Pour Mugman, c’était ça ? Sebastian se mordit l’intérieur de la joue de ne pas y avoir songé… Heureusement, Adèle s’approcha d’eux et adressa un de ses éternels grand sourire à Dyson.

« Oh, Sebastian, un de vos amis ? Enchanté, je suis Adèle, et vous ? Vous venez nous aider pour le déménagement ? C’est tellement gentil de votre part ! Vous avez déjà déménagé ? J’ai tenté d’organiser un peu convenablement la camionnette mais peut-être que je m’y suis mal prise ou… » Elle se tapota le menton, songeuse. « … Oh vous êtes un ami de Sebastian ?! »

Dyson haussa un sourcil, étonné, son regard passant de la jeune femme au gardien. Après quelques instants, il fini par sourire.

« Je m'appelle Dyson, enchanté Adèle. »

« Parfait, Dyson ! Allons-y ! Ce déménagement ne va pas se faire seul ! »

Ils venaient de terminer de disposer les meubles qu’il possédait à l’aide du sable doré lorsque l’un des téléphones d’Adèle sonna, résonnant dans le nouveau salon. Après avoir remercié le toon pour son aide, lui souhaitant bonne chance pour cette grande chose qu'il se devait d'accomplir, Sab ouvrit un carton pour en extraire quelques livres. Il pouvait enfin les réorganiser sur les nouvelles étagères... Seulement, le ton de son invitée lui fit relever la tête. Celle-ci avait levé la main et l’agitait dans sa direction, portant soudain sa paume sur son cœur en poussant un léger cri.

« Grand dieu ! Monsieur Adam, soyez assuré, nous venons immédiatement ! »

Nous ? Le marchand de sable fronça les sourcils, se remettant d’aplomb sur ses jambes. Que se passait-il ? Adèle raccrocha et, prenant une grande inspiration, elle vint saisir son poignet dans une moue compatissante mais alarmée.

« Sebastian… Nous devons partir, miss Evie a disparue. »

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Moïra Castillo


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________________________________________ Sam 12 Mai 2018 - 16:10


Don't fear the witches child.


Moïra poussa un soupir. Un long, franc et agacé soupir. Depuis la fin de sa mission au lac des souvenirs, elle s’ennuyait prodigieusement. Rien. Pas la moindre petite étincelle d’innocence à traquer, pas le moindre éclair de douleur à savourer comme un sirupeux breuvage. Rien. Absolument rien. Certes, il y avait Sebastian, sur qui elle gardait un œil constant. Ce pauvre coeur était brisé au-delà du concevable et constituait pour Moïra une véritable cure de jouvence, même si Nicolas lui avait déconseillé de trop s’approcher des amis de Dyson. Il avait encore besoin d’elle pour leur projet, et être tuée au combat n’était pas envisageable. Elle lui avait bien rit au nez en lui assurant que si ces Toons dégénérés l’approchaient, c’était plutôt à eux de craindre son courroux mais rien n’y eue fait, Nicolas insista pour qu’elle ne s’approche plus d’eux pour l’heure. Soit. En attendant, tout cela était d’un prodigieux ennui.


Il restait Silly, cet adorable et tendre Silly, petite chose pétrie dans l’innocence même, et dont le coeur pulsait entre douleur et amour. Ô cieux, comme elle aurait aimé faire de lui sa petite chose attitrée, son inépuisable source de candeur ! Mais quelque chose lui disait que Calamity n’apprécierait pas qu’elle se lance dans un tel projet. Quoi que. Elle pouvait aussi faire partie de l’initiation. Moïra savait être très généreuse et partageuse quand il s’agissait de plaisir…


Pour l’heure, elle poussa un énième soupir, soupesant les herbes qu’elle avait en main. Heureusement qu’elle conservait son pouvoir de téléportation, sinon elle aurait été contrainte d’aller acheter ses herbes magiques au supermarché du coin de la rue. Rien qu’à cette idée, elle fit claquer sa langue, mécontente. Quel monde de rustre était-ce là ! Même à Wastebrooke, elle avait toujours été entouré d’une aura, de cette fumée de cigare et de sauge qui brûlait sans cesse dans les airs, d’une réputation qui faisait d’elle la femme la plus dangereuse des bas-fonds. Moïra Castillo, la seule et unique. Directrice du Wasted Rose. Chef de pègre et audacieuse joueuse de carte. Elle en avait corrompu plus d’un, avec son charme ravageur et elle en avait détruit tout autant… Mais ici à Storybrooke, c’était comme si l’anonymat était de mise. Peu importait qui vous pouviez avoir été avant, ici vous n’étiez qu’une étrangeté de plus ! Moïra détestait ça. Pire que cela, elle le haïssait de tous ses pores.


Elle, anonyme ? Elle était Moïra Castillo, la plus grande sorcière du monde, la sorcière noire la plus dangereuse et la plus forte de toutes ! Même Hortensia, chère à son coeur, ne l’égalait pas. Alors, non, elle refusait clairement et totalement cet anonymat forcé, cette masse égarée et galeuse qui l’entourait et qui la pensait des leurs. Elle n’était pas des moutons qui peuplaient cette ville en attendait leur sort. Elle était le loup qui les gavait de persil et de romarin en attendant de les rôtir.


Satisfaite à cette pensée, elle ramassa d’autres pousses de belladone, avant de couper quelques bourgeons de passiflore et de camomille. Son frère recommençait à montrer des faiblesses à combattre la douleur, et il n’était jamais inutile d’avoir sous la main quelques potions sédatives. C’était même une obligation dans ce bas monde ! Se relevant, elle épousseta sa robe longue du plat de la main, rangeant ses trouvailles dans une besace tressée, avant de se téléporter à nouveau en ville. L’odeur d’essence lui prit le nez et elle pinça les lèvres, peu satisfaite, et pressée de retourner à son appartement -son antre. Elle n’avait cependant pas le choix quand à sa destination immédiate: le supermarché du coin. Son frère avait de nouveau terminé son whisky lors de sa dernière transformation et elle comptait le lui faire regretter ! On ne terminait certainement pas son whisky pur malte sans conséquences ! Frère, ou pas frère ! Avec un demi-sourire amusé, mais pincé, elle prit la première bouteille en plastique qui lui tomba sous la main, s’apprêtant à aller payer quand elle entra.


Moïra l’aurait reconnue entre mille autre. Les étoiles ne pouvaient pas se cacher parmi les humains, c’était impossible. Il émanait toujours d’elles quelque chose de… Chaud. De lumineux. D’incroyablement candide et de stupidement souriant. Celle-ci ne faisait pas exception. Accompagné d’une vieille femme rondelette, elle se tenait légèrement courbée, ses longs cheveux lumineux tombant sur son épaule avec la grâce du divin et la beauté des cieux. Elle portait des frusques simples, pourtant tous les hommes tournaient les yeux vers elle, happés par son aura céleste. Elle était adorable, douce comme un jour de printemps et belle comme le soleil.


Moïra n’en revenait tout simplement pas. Comment est-ce qu’une étoile avait pu atterrir ici ? Quand, comment ? Pourquoi ne l’avait-elle pas rencontré plus tôt ? Comment avait-elle pu passé à côté de son aura angélique et évident ? Cette fille avait littéralement des rayons qui lui sortait du corps ! Un sourire mauvais s’étira sur son visage, et Moïra se téléporta rapidement chez elle, déposant toutes ses affaires sur la première table venue, bouteille comprise. Son frère se mit à coasser en la voyant, mais elle lui fit fermer son bec en un mouvement de main.


-Une étoile, Alec, te rends-tu compte ?! Avec une étoile je pourrais obtenir un pouvoir bien plus grand que celui que j’ai aujourd’hui ! Je pourrais m’en servir pour Nicolas, pour notre cause, oh ! Même pour détruire cet imbécile de Dyson et le descendant de Picsou!


Rien qu’à prononcer son nom, elle eue un rictus, écartant deux bouteilles de son petit établit pour saisir un flacon, emplit d’une poudre ressemblant vaguement à de la poussière. Sans un mot de plus, elle s’évapora à nouveau, revenant dans le même magasin pour revenir traquer la blonde, qui, par miracle, se trouvait seule devant une armoire de glace. Mordillant son pouce, elle semblait en intense réflexion et Moïra s’approcha d’elle sans un mot.


-Mademoiselle?


La jeune fille se tourna vers elle, et Moïra souffla sa poudre grise vers elle, la faisant cligner des yeux et tousser quelques secondes. L’instant d’après, elle avait les yeux vides.


-Quel est votre nom?


-Evangeline, dit-elle, d’une voix absente, mais d’une voix adorable !


-Très bien Evangeline. Vous voulez bien me suivre un instant?


La jeune femme hocha la tête, et Moïra lui prit le bras, la guidant simplement vers l’extérieur du magasin, avant de disparaître dans un voile de fumée…. 

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________________________________________ Mar 26 Juin 2018 - 11:38






Strike me once, I'm gonna strike back twice

« Les sorcières, ça m'exaspère »


Qu’Evangeline disparaisse, ça pouvait arriver. Elle était aussi tête en l’air et cœur sur les nuages que son frère et il n’était pas rare de la voir vagabonder à des mètres de distance de l’endroit où elle devrait se trouver… Mais qu’elle s’évapore littéralement alors qu’elle se trouvait en compagnie de Mrs Samovar et, qu’en plus, elle abandonne son panier d’achats en plein milieu d’un rayon, ça… C’était nouveau. Intriguant. Et quelque peu inquiétant, si on omettait le regard particulièrement fermé d’Adam lorsqu’Adèle et Sebastian arrivèrent au château. Déjà qu’au naturel il n’avait pas l’air commode, cette fois-ci il dépassait toutes les statistiques et conditions, les bras croisés et d’étranges promesses meurtrières inscrites jusqu’au fond de son regard. Le marchand de sable ne se souvenait pas l’avoir déjà vu ainsi et il eut une petite moue désolée, essoufflé de s’être dépêché et rattrapant de justesse le Nifleur qui avait décidé que partir à l’aventure était une excellente idée. Oui, mais non. L’aventure attendrait et lui resterait sagement dans cette poche ! Il lui tapota la tête pour l’obliger à rentrer et grimpa les marches du parvis pour enfin se retrouver à l’intérieur.

Adèle se précipita en direction de Mrs Samovar, installée sur l’un des canapés et s’éventant tant bien que mal avec la paume de sa main. Toujours aussi efficace, la jeune femme extirpa un éventail de son sac à main et commença à lui faire de l’air, tandis que Jamie apparaissait pour tendre un verre d’eau à la vielle dame dans tous ses états. Sab lui adressa un petit sourire un peu triste, passant une main dans ses cheveux roux sans trop savoir quoi faire. Heureusement, il y avait des gens plus bavards que lui pour l’occasion et il les laissa volontiers prendre la parole en premier.

« Ohlalala, Miss Samovar, que d’émotions ! Racontez-nous donc, que s’est-il passé ? Où est passée miss Evangeline ? Tenez, un peu d’air et d’eau, remettez-vous ma chère ! »

Elle insista pour qu’elle boive au moins une gorgée et la vieille dame déglutit péniblement, visiblement dans une lutte intérieure pour ne pas se mettre à pleurer. Eux qui l’avaient toujours connu très digne et fière, voilà qu’elle leur donnait l’envie de la serrer dans leurs bras comme elle l’avait tant fait pour certains. Miss Samovar releva ses yeux clairs en direction du gardien, laissant un silence planer comme si elle s’excusait mentalement auprès de lui. Elle avait failli à sa tâche de surveillance et de protection, elle le savait. Tout comme elle savait que ce n’était qu’un drame de plus à ajouter à la longue liste précédente si jamais ils ne retrouvaient pas mademoiselle Evie !

« Merci, Adèle, Jamie. » Commença la vieille dame, de sa voix distinguée malgré l’émotion. « Je suis terriblement navrée, nous nous trouvions dans le supermarché et j’ai laissé Miss Evie seule quelques instants. Lorsque je suis revenu sur mes pas, à peine quelques secondes plus tard, elle n’était déjà plus là ! Je l’ai appelé et cherché puis j’ai demandé à la sécurité. » Elle marqua une pause, observant ses interlocuteurs uns à uns comme si l’un d’eux osait remettre en doute sa bonne foi. Son visage s’arrêta vers Sab, mais dévia sur Adam. « Je suis sincèrement navrée… »

Adèle porta la main à son visage, étouffant un petit cri de surprise et d’inquiétude.

« Oh non, ne me dites pas que…. ! »

« Il n’en est rien. » Elle secoua la tête et tapota doucement la main d’Adèle. « Le charmant jeune homme de l’entrée n’avait rien vu mais… Jamie, oui. » Elle le désigna du menton, lui valant un regard entre le sombre et l’inquiétude de la part du roi. « Vous l’avez vu, n’est-ce pas ? Vous m’avez dit qu’elle était en compagnie d’une dame et qu’elles ont disparues en un claquement de doigt… »

Adam se redressa. Instinctif. Sourcils froncés et air peu aimable, comme à son habitude, il avança d’un pas en direction de Jay.

« Tu les as vues ? » Demanda-t-il. « Et tu ne les as pas arrêtées ? »

« Je ne pense pas que Monsieur Jamie ai eu le temps de faire quoi que ce soit ! » Intervint Adèle en se glissant devant le roi, avec un sourire doux sur les lèvres mais une paume ferme plaquée contre son torse. « Ne vous mettez pas en colère contre lui, il est peut-être notre seul témoin. Et un témoin des plus précieux… »

Elle attendit quelques secondes avant de relâcher la pression de ses doigts et l’affronta ouvertement du regard, poings sur les hanches, jusqu’à ce que la Bête ne passe une main dans sa barbe et pousse un soupir agacé. Il tournait comme un lion en cage, Sebastian ne l’avait jamais vu ainsi – il ne le cotoyait pas beaucoup, Adam était un peu trop brute pour lui même si son manque de bavardage avait quelque chose de très reposant. Quand il ne le prenait pas pour un idiot sous prétexte qu’il ne parlait pas. Les premiers temps avaient été compliqués, le marchand de sable se rendant vite compte que son vis-a-vis ne pouvait pas toujours lire aussi vite ses paroles écrites et qu’il s’en agaçait vitesse grand V ; il prenait donc un soin tout particulier à illustrer ses propos ou simplement à les laisser flotter dans l’air un peu plus longtemps. Ils semblaient avoir trouvé leurs comptes… Ou presque.

« A quoi ressemblait la personne qui l’accompagnait ? »

Ecrivit le sable doré dans l’air, faisant se poser tous les regards en direction de l’ex-cavalier de l’apocalypse qui n’avait pas franchement l’air d’apprécier toute cette attention. Il se renfrogna un peu mais Sebastian lui faisait confiance : s’il avait vu quelque chose, le moindre détail serait utile. Et précieux. Par réflexe il tendit la main vers lui, le questionnant du regard et attendant qu’il hoche la tête pour oser toucher légèrement sa tempe. Des grains roulèrent sous ses doigts et s’immiscèrent dans le cuir chevelu, projetant alors des images dans l’esprit de Sebastian et le glissant lentement dans ce souvenir aussi limpide qu’intrigant.

Il faisait beau, comme aujourd’hui. Comme Louise aimait qu’il fasse et… Sab secoua la tête, s’obligeant à se concentrer sur le Jamie à ses côtés qui avançait avec une idée bien précise en tête apparemment. Le supermarché se dessinait au milieu du paysage et il prit le temps d’inspirer légèrement. L’odeur absente des rêves et pourtant la singularité propre de chaque souvenir. Chaque songe. Chaque… Il l’aperçoit. Jamie s’est arrêté quand il l’a vu aussi et il a même levé le bras, comme pour l’interpeller. Mais Evangeline a continué de regarder droit devant elle tandis qu’une femme à la chevelure d’ébène et au sourire narquois s’est tourné face à la jeune femme. Une femme que Sebastian avait déjà rencontré. Avant que Jamie n’ait pu faire quoi que ce soit, les deux femmes avaient disparues dans une fumée grise.

Il prit une inspiration lorsqu’il recula de son ami, l’observant avec un mélange d’incompréhension et de surprise. Passant une main sur son visage, Sebastian déglutit péniblement en se rendant compte que la plupart des regards étaient tournés dans sa direction, Adam compris. Il ne pouvait pas avoir l’air un peu moins méchant de temps en temps ? Rentrant la tête dans ses épaules, le marchand de sable laissa le sable illustrer la scène avant d’ajouter :

« J’ai déjà vu cette dame, une fois… »

Il n’y a pas si longtemps. Pas suffisamment longtemps. A la disparition de Louise et rien que d’y songer, il avait son cœur qui s’enserrait de plus en plus. Elle semblait être responsable de l’enlèvement d’Evangeline, elle qui avait eu l’air tout à fait charmante sur ce banc la dernière fois… Un instant, il songea au fait qu’elle était peut-être aussi responsable de la disparition de Louise ? Sa gorge se serra davantage et il tenta de se convaincre du contraire. C’était impossible. Louise avait mal géré son pouvoir et elle avait implosée. Disparue. Téléportée. Où, il n’en savait rien mais… En tout cas, il connaissait cette femme. Ou peut-être, pour le coup, pas assez.

« Comment on la retrouve ? » Interrogea Adam, visiblement prêt à passer à tabac quiconque refuserait de lui répondre. Depuis quand semblait-il aussi attaché à sa petite sœur ? « Tu connais son nom ? Tu sais où elle vit ? »

Adèle intervint de nouveau, empêchant le roi de lui poser mille questions auxquelles il n’avait strictement aucune réponse.

« Cela m’a tout l’air d’être de la magie ! » Elle laissa un silence s’installer, même Mrs Samovar se retint de boire. « Une disparition de la sorte, la fumée, nous ne pouvons pas nous téléporter sans pouvoir et à Storybrooke, il n’y a pas tant de mages que cela. Ou de sorcières. »

Sab pencha la tête sur le côté, intrigué.

« Vous ne proposez tout de même pas de… »

« Si. Je dois avertir Miss Joanne. S’il y a de la magie dans cet enlèvement, son aide ne sera pas de refus. »

Adam grimaça et Sab se contenta de rester debout sans trop comprendre. Il n’avait vu Joanne Kennedy qu’une seule fois et elle lui avait fait une sacrée impression… Mais si Evangeline avait besoin de son aide pour leur revenir, alors il était prêt à accepter toute aide d’où qu’elle vienne. Il n’était pas question de perdre quelqu’un d’autre. Pas aujourd’hui.

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________________________________________ Dim 1 Juil 2018 - 16:22

Welcome to the labyrinth...

Y avait quand même des fois où Adam exagérait. Comment est-ce qu’il était supposé savoir ce qui s’était passé ? Et puis même, comment il était supposé savoir si Evie connaissait ou non cette dame ? Il était son professeur, pas son confident, même si elle lui confiait quand même beaucoup de chose la concernant. Notamment en ce qui concernait les sentiments, surtout depuis qu’Alice était partie. Mais bon, quand même ! Si ça se trouvait, elle la connaissait très bien cette dame, il était pas censé le savoir, qu’elle était bizarre avant de voir cette espèce de fumée noire. Ça, il voulait bien l’accordé, ça lui avait mit la puce à l’oreille. C’était d’ailleurs pour ça qu’il était revenu auprès de Miss Samovar, pour la prévenir. Pauvre Mrs Samovar, elle en était toute retournée, et cela faisait vraiment de la peine à Jamie, parce qu’elle était un peu la Maman du monde entier… Mais bon, quand même.

Heureusement qu’il y avait Sebastian pour le défendre un minimum. Bon, ça restait gênant de savoir qu’il pouvait littéralement voir ses pensées, mais si ça lui avait permit de reconnaître cette dame, alors tant mieux, ça voulait dire qu’ils avançaient ! Il eue d’ailleurs une moue quand Miss Adele parla de sorcière, ce qui ne manqua pas d’attirer le regard du bourru de service.

-Non, c’est juste que je crois qu’Evie m’avait parlé de sorcière une fois, je sais plus trop pourquoi...

C’était vieux, comme conversation. Un truc dit au détour d’une histoire, un conte qu’il lui faisait lire à haute voix. Evie était la spécialiste pour ça, prendre les choses aux pieds de la lettre. Il avait eue beaucoup de mal à lui faire comprendre que ces contes pour enfant n’était pas de vraie histoire. Pas de véritable aventure… Pourquoi est-ce qu’elle lui avait parlé de sorcière déjà ?

Perdu dans ses pensées, il ne vit pas immédiatement qu’Adele avait sortie son téléphone portable de sa poche et qu’elle était déjà en train de parler avec ‘Miss Joanne’ -c’était quoi ce délire avec les ‘Miss’ dans ce château ?- pour lui demander de venir au plus vite. Mine de rien, alors qu’Evie était persuadée de ne pas avoir beaucoup d’amis, cela commençait à faire beaucoup de monde pour chercher la jeune femme, et Jamie se promit de le lui faire remarquer dès qu’il la retrouverait. Parce qu’ils allaient la retrouver. C’était évident…

-Sab, c’est qui, cette femme que j’ai vu ? fit-il, après un instant, s’approchant de lui. Tu dis la connaître, mais c’est qui, une amie, une ennemie ? T’as une idée de pourquoi elle aurait voulu kidnappé ta sœur ? Parce que ça pourrait être juste une sortie entre amie, tu penses pas ? Juste… Une blague, non?

Le visage du marchand de sable eue une moue contrite, indécise. Lui non plus n’avait pas trop l’air d’y croire et en même temps, avaient-ils vraiment la moindre idée de ce qui se passait, en réalité ?.. Il y eue un léger bruit, une sonnerie, et Adele se précipita dans l’entrée pour laisser entrer une femme petite mais que Jamie n’avait clairement pas envie de chercher. Miss Joanne, qui clairement, n’avait pas l’air ravie de ce dont Adele l’informait. Et Jamie n’arrivait pas trop à savoir si c’était le fait qu’il s’agisse d’une autre sorcière qui l’agaçait le plus ou si c’était la disparition d’Evangeline… D’un geste, elle exigea de savoir qui était le témoin oculaire, et Adele la guida aussitôt jusqu’à lui, mais contrairement à Sebastian, elle ne lui demanda pas son avis lorsqu’elle scruta sa tête.

-Eh oh, un peu de délicatesse, c’est ma tête! râla-t-il, plus pour la forme qu’autre chose parce que visiblement, Miss Joanne avait mit le doigt sur une information importante.

Très importante. Et préoccupante, apparemment, vu l’expression qu’elle afficha.

-Qu’est-ce qui se passe ? Vous connaissez cette femme?

Elle eue une moue pincée, avant de se tourner vers Sebastian, puis Adam, comme si elle mesurait par avance l’impact que ses mots allaient avoir sur eux. Mais quand elle prononça les mots ‘sorcière noire’, ce fut clairement Adam qui eue l’air le plus atteint. Son teint prit un aspect blême et ses poings se serrèrent plus encore, exigeant d’être mené sur l’heure à cette sorcière. Le simple fait qu’il use d’un vocabulaire aussi princier était révélateur de sa profonde colère. Et Jamie en plaignit presque cette ‘Moïra’ dont parlait Miss Joanne.

-Elle doit bien habitée quelque part, non ? Ça se trouve une adresse!

Mais une antre de sorcière, beaucoup plus difficilement, apparemment. Et c’était là tout le soucis.

-Une antre de sorcière? releva Jamie, ce qui fit froncer le nez de Miss Joanne, mais qui intéressa aussi vivement Adam, qui s’approcha pour écouter, malgré son regard noir.

-Le lieu de… Travail d’une sorcière, finit-elle par expliquer, l’air contris.

-De travail?

Elle n’en révéla pas plus, mais elle exigea immédiatement une carte, et un pendule, chose que miraculeusement, Adele semblait avoir caché quelque part dans le Château. Miss Joanne déroula la carte de la ville sur la première table venue, et après quelques murmures, elle fit tournoyer le pendule avec douceur au dessus des rues, des quartiers, des forêts. Et en quelques instants, le pendule fut comme aimanté à la carte, quelque part dans la forêt est de la ville. Jamie en resta bouche bée. Il avait déjà vu ça dans Charmed mais de là à croire que ça existe en vrai… Pourtant, Miss Joanne n’en doutait absolument pas, il fallait se rendre au plus vite à cet endroit ! Après de brefs ordres donnés à Adele et Miss Samovar, Sebastian les enjoignit à se tenir par la main, et ils s’envolèrent rapidement dans les airs. Le voyage dura une poignée de seconde, mais quand ils remirent le pied sur la terre ferme, une surprise de taille les attendait.

-C’est quoi ce bordel?

Devant eux se dressait une immense haie, magnifiquement taillée, sur une distance inconnue. Jamie n’en distinguait pas la fin, chaque pan de la haie s’incurvant avec la colline sur laquelle elle était située. Droit devant eux, la haie s’ouvrait sur une distance de quelques mètres, avant d’être interrompu par un mur de buis, et deux voies proposées.

-Un labyrinthe ? Sérieusement?

Aucune indication nulle part ne présentait cet endroit, pourtant s’en était un, à n’en pas douter Un foutue labyrinthe à l’anglaise, tout en angle droit et en buis vert et coupant. Cela aurait pu être mignon, sympathique, voir même chou. C’était en réalité lugubre. Toute la forêt alentours était nimbé d’un silence de plomb. C’était presque comme si les oiseaux eux même n’osaient pas émettre de bruit à proximité de ce lieux. Et puis il y avait… Cet aura. Il n’aurait pas vraiment su dire pourquoi, mais cet endroit lui foutait franchement la chair de poule.

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