Magic
League 3

de Dyson

MAGRATHEA :
28.10.18
de Natoune


14.11.18
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٩(͡๏̯͡๏)۶ Magic League, chapitre III ☆ Evénement #98
Une mission de Dyson Walters - Ouverture : septembre 2018
« La Chute des Héros ! »

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 La perfection faite Mc Duck, what's else ? (Debbie)

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Ebenezer B. McDuck


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________________________________________ Mer 10 Oct 2018 - 21:56


La perfection faite McDuck... what else?
ou comment gaspiller son temps inutilement

Assis tranquillement à mon bureau, j’était occupé à rédiger le livre de compte pour les résultats du dernier semestre de ma banque de Storybrooke ! Me réjouissant intérieurement de nos excellents résultats, je ne m’étais pas rendu compte immédiatement du plateau déposé par Mamy Baba sur mon bureau… avec tout le charme et la délicatesse de l’ancien agent secret qu’elle était. Ce ne fut qu’après de longues minutes d’observation que je consentis enfin à daigner prendre sa présence en compte.

« Mamy Baba, cessez immédiatement votre petit jeu ! Je ne vous paie pas pour bailler aux corneilles ! Le manoir n’est pas assez grand pour que vous trouviez une pièce à dépoussiérer ? Et comment ça se fait que vous n’êtes pas déjà vos fourneaux ? Je vous rappelle que notre dîner devra être prêt et servit dans une heure ! »

Malheureusement pour moi, ma gouvernante n’était pas le genre de femme qui se laissait si aisément intimider. Ne bronchant pas d’un cil, elle planta avec un manque obscène de toute décence son regard encore plus intensément dans le mien. N’y tenant plus, je jetais mon stylo sur la table, tapissant accessoirement mon carnet de notes de taches d’encre. Claquant de ma langue dans ma bouche, j’imitais mon interlocutrice en lui jetant un regard qui aurait terrassé sur place plus d’un de mes concurrents les plus féroces.

« Mais allez-vous enfin me dire ce que vous me voulez à la fin ? »

« Vous devriez l’appeler ! »

Inutile de lui demander plus de détail. Mon employée possédait ce don terrible qu’avaient les femmes pour ressasser avec insistance les mêmes sujets jusqu’à ce que leurs compagnons finissent par craquer et leur accorder ce qu’elles leurs demandaient avec tant d’insistance !

Et après vous osez encore vous demander pourquoi j’ai été célibataire toute ma vie ?

Soupirant à la mort, je jetais un regard dédaigneux à l’égard de la carte de visite posée sur mon bureau. Elle appartenait à une certaine Deborah Gust, une conseillère de vie en tout genre, qui avait le culot d’enseigner à d’autres les milles et une astuces pour réussir leur vie. Alors qu’il était clair pour moi qu’une femme ayant besoin d’être ainsi le guide spirituel de tout le monde ferait mieux de régler ses problèmes de narcissisme avant de se mêler de la vie des autres !

« Pfff à quoi ça me servira franchement ? »

« A quoi ça ne vous servirait-il pas ? Elle pourrait vous aider à améliorer votre fichu caractère et à faire bonne figure devant les habitants de la ville ! »

« Vous savez Mamy Baba, je ne suis pas devenu riche en étant aimable et gentil avec tout le monde ! D’ailleurs vous apprendrez que beaucoup apprécient mon caractère ferme et déterminé ! »

« Ce n’était pas le cas des habitants de Donaldville, celui du juge non plus par ailleurs ! »

Une fois encore, ma gouvernante avait visé juste ! La décision de ce maudit juge qui m’avait interdit de voir mes petits neveux planait toujours comme une ombre au-dessus de ma tête. J’enrageais à l’idée qu’un minable petit magistrat de pacotille comme lui puisse songer à séparer le clan des McDuck aussi facilement. Décidemment, il ne savait pas à qui il s’en prenait en s’attaquant à moi. Je n’étais pas le genre d’homme à m’aplatir devant tout le monde. Mamy Baba en avait d’ailleurs parfaitement conscience. A peine quelques secondes de silence plus tard, elle reprit son discours d’une vois plus douce.

« Songez aux enfants, Monsieur McDuck, ne valent-ils pas la peine que vous vous battiez pour eux ? »

Quelle question stupide ! Bien évidemment qu’ils méritaient que me battent pour eux. Riri, Fifi et Loulou avaient été mes trois trésors les plus précieux dans le monde des contes. Même si je l’exprimais très mal, je les aimais au-delà de tout ! Je regrettais amèrement de les avoir laissés derrière moi et j’étais prêt à tout pour vivre le bonheur de les voir à nouveaux à mes côtés.

« Appelez-la ! »

----------------------------

Quelques heures plus tard, je me trouvais devant le centre commercial où nous avions fixés rendez-vous. Jouant mécaniquement avec ma cane, mon regard se portait d’une boutique à l’autre, cherchant désespérément un lieu où le prix du café serait un minimum abordable. Après tout, il était hors de question pour moi de dépenser plus d’un dollar pour une boisson qui ne coûtait que quelques centimes à faire produire dans des régions reculées et désertiques par des paysans trop richement payés. Max Havelaar et tous ses potes bobos gauchistes n’avaient qu’à remballer leurs marchandises ou se la carrer ou je pensais ! Jamais ils n’arriveraient à me faire culpabiliser de chercher à faire des économies !

Pestant contre ces inter mondialistes de malheur, je regardais avec intérêts les vitrines d’une des succursales de ma société. Sur tous les panneaux publicitaires figurait fièrement leur fringant directeur. Elégant et possédant un charme des plus certains, c’était à se demander ce que je pouvais bien améliorer chez moi. J’étais déjà la perfection faite canard… qui vaut des trilliards !

Puis soudain, je la vis arriver vers moi. Je consultais alors ma chère montre à gousset que je tenais fermement dans ma poche. Ne jetant pas même un regard dans sa direction, je soupirais lourdement.

« Au moins vous n’êtes pas en retard ! C’est déjà un bon point pour vous ! »

Je relevais alors une expression sévère dans sa direction et d’une voix autoritaire m’adressais à elle comme à la plus simple de mes employées !

« Bon allons-y commençons ! Ca me permettra de mettre rapidement un terme à cette vulgaire comédie ! »

Je me mis alors en marche en direction du café le moins chef de la ville.

« Et dépêchez-vous ! Le temps c’est de l’argent et le mien est sans doute le plus précieux de tous ! »
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Deborah Gust


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________________________________________ Mer 10 Oct 2018 - 22:32

Parfois, ma chère Deborah, tu es vraiment trop bonne. Ca, je me le répétais souvent. Plusieurs fois par jours, tous les jours, depuis toujours. Mais ma générosité était une qualité méconnue du grand public qui ne retenait que mes savoureux sarcasmes et ma splendeur impressionnante - qui étaient, au demeurant, presque aveuglants, je pouvais donc presque les comprendre. Presque.
Quand Mama Baby avait téléphoné, je n'avais fait aucune réflexion quant à son nom qui évoquait les desserts du grand-mère à lunettes. Je n'avais pas non plus refusé l'affaire sous prétexte que le client avait passé, depuis environ soixante ans, l'âge qui permet de modifier en profondeur les us et coutumes des uns et des autres. Non, j'avais accepté. Car quand quelqu'un a besoin d'aide, je ne refuse jamais. Ou presque. Disons que si c'est Dyson Walters je ne refuse pas de lui rire au nez.
J'arrivais parfaitement à l'heure à notre rendez-vous au centre commercial et l'aperçut sans mal. J'avais un radar pour les cas désespérants. Et il l'était assurément.
- Oui, vous avez raison, soupirai-je, faussement préoccupée en regardant ma montre bracelet. Une chance que je sois ponctuelle. A votre âge chaque minute compte, n'est-ce pas ?
Je battis des cils tandis qu'un sourire mesquin naissait sur mes lèvres. Inutile de lui préciser qu'il était mon client le plus âgé. Ca pourrait le vexer et pour le moment je n'en avais presque pas envie. Mais s'il continuait de me traiter comme une employée, il allait le regretter.
Je lui emboitai néanmoins le bas en direction d'un café miteux et ne masquai pas mon dégoût naissant - chez moi, c'est un réflexe. Je nous trouvai rapidement une banquette propre près de la fenêtre et tandis que je m'installai, j'enchainai tout aussi agréablement que lui :
- Si votre temps c'est de l'argent, apprenez que le silence est d'or alors gagnons y tous les deux : taisez-vous et laissez-moi faire mon diagnostic préliminaire.
Je sortis de mon sac à main un dossier contenant toutes les informations que j'avais pu trouvées sur le client jusqu'à présent.
- Voyons voir… Ebenezer McDuck, lus-je lentement en parcourant rapidement mes notes. C'est un sacré handicap quand même… Vos parents jouaient au scrabble et ne savaient pas quoi faire du Z pour obtenir les dix points alors ils ont inventé un mot ou y a réellement des gens qui trouvent que c'est portable ? Ebenezer, je veux dire. Je suggérerais déjà par commencer à changer tout ça ensuite on pourrait s'attaquer à la montagne de reste. Je vous dirais bien qu'avoir l'air aussi sévère ça donne des rides mais… comme vous en avez déjà plein je suppose que nous pouvons laisser ça de côté.
Je relevai les yeux du dossier pour croiser les siens et croisai les mains sur la table.
- Puisque vous êtes pressé, c'était l'analyse synthétique mais je peux développer si vous pensez avoir le temps.

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Ebenezer B. McDuck


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________________________________________ Lun 15 Oct 2018 - 0:02


La perfection faite McDuck... what else?
ou comment gaspiller son temps inutilement

Devoir supporter l’idée que ma propre gouvernante m’ait forcé la main pour rencontrer Miss Gust était déjà suffisamment pénible. Mais faire face à cette espèce de harpie l’était encore plus ! A peine avais-je eu le temps de lui adresser quelques mots qu’elle retorqua en faisant référence à mon âge. Pensait-elle vraiment que cela pourrait suffire à me déstabiliser ? Elle n’était certes pas la première de mes détractrices à m’adresser ce genre de remarque et à chaque fois que cela arrivait je me débrouillais pour faire fermer le bec à tous ces ignorants ! Dans le fond, je serais à jamais ce jeune canard qui, sachant se montrer plus fort que les forts et plus intelligent que les petits malins, avait mit le monde à ses pieds ! Il fallait qu’elle le comprenne et rapidement. Claquant ma langue dans ma bouche, je lui répondis en souriant poliment.

« Lorsque l’on est un homme pesant des centaines de millions de dollars, chaque minute compte en effet ! J’ai horreur de l’oisiveté et je ne suis pas là pour le plaisir de vos beaux yeux. Ne perdons donc pas de temps en balivernes et mettons-nous directement au travail ! »

Sans ajouter un mot, je me détournais de la rouquine et me rendis dans le café miteux qui ferait office de bureau durant l’heure qui suivrait ! Jetant de temps en temps des regards pour vérifier qu’elle me suivait bien, je ne rompais le silence qu’au son de ma canne qui frappait de temps en temps le sol avec une vigueur qui témoignait de la rage qui m’animait en cet instant. Mais pourquoi avais-je accepter cette entrevue au juste ?

Une fois parvenu à notre destination, je pris place en face de cette impertinente. Sans se faire pris, elle commença à me parler. Directe, franche, elle possédait toutes les qualités que j’appréciait chez mes associés. C’était d’ores et déjà un bon point pour elle… mais je l’attendais au tournant ! Poli et courtois, je l’écoutais avec tout le professionnalisme dont je pouvais faire preuve face à mes nouveaux collaborateurs. Malheureusement pour elle, il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour perdre toute crédibilité à mes yeux. L’entendre se moquer ainsi de mon nom et pire de ses origines me faisait fortement grincer des dents. Je sentais une colère grimper en moi avec une rapidité semblable à la valeur de mes actions en bourse. Chacun de ses mots ne faisait que me plonger dans une rage folle.

A défaut de pouvoir lui mettre mes phalanges dans la figure comme j’aurais pu le faire à l’époque avec mes plus farouches concurrents, Je concluais son discours en frappant du poing sur la table avec une telle violence qu’elle manqua de se briser en deux. En cet instant peut m’importait les regards qui s’étaient tournés dans notre direction sous le fracas que je venais de commettre. Je me contentais de plonger un regard noir et provocateur dans ses yeux de serpent à sonnette. Tentant de retrouver mon calme en même temps que mes mots, je finis par siffler quelques mots dans ma barbe.

« Je ne vous permets pas… Vous tenez à vous moquer de moi ? Alors parfait, faites-le si ça vous amuse ! Il en faut plus que ça pour me déstabiliser. Mais je ne vous autorise pas à parler de mes parents ou de ma famille avec une telle désinvolture ! Vous m’entendez ? Jamais ! »

Bien sûr, ses moqueries n’étaient pas la seule chose qui m’énervait. Non, en réalité ce qui m’agaçait au plus haut point c’est qu’elle avait mis sans se rendre compte le doigt sur une vérité que j’avais de la peine à accepter. C’était comme si elle avait su lire en moi avec une simplicité toute puérile. Cet exploit valait au moins la peine que je lui offre quelques explications. Honteux, je rabaissais mon regard en direction de la faille nouvellement apparue sur la table. Toute d’abord fluette, ma voix gagna de l’importance au fur et à mesure de mon discours.

« En réalité, je me nomme Scrooge… Scrooge McDuck ! C’est le nom que je portais lorsque je vivais dans le Monde des Contes ! Celui que mes parents avaient choisi pour moi ! Si j’ai changé mon patronyme lorsque je suis arrivé à Storybrooke c’est parce que j’avais honte de mon comportement. J’ai trahi les espoirs et les rêves que mes parents avaient pour moi ! Toutes les valeurs qu’ils m’ont transmises j’ai fini par les bafouer. Je n’étais pas le fils qu’ils auraient voulu avoir et je ne me sentais plus le droit de porter mon prénom de baptême ! »

Je finis par affronter à nouveau son regard en faisant preuve de beaucoup plus de calme et de courtoisie qu’auparavant.

« Soyons clairs ! Que mon prénom vous plaise ou non, je m’en fiche ! C’est celui que je porte aujourd’hui et je ne le changerais pas pour les caprices d’une inconnue ! »


Ce petit jeu m’ennuyant prodigieusement, je m’adossais à la chaise et croisais les bras sur mon torse. Je maintenais toutefois le contact visuel avec elle. Une manière de lui démontrer que même si je n’étais toujours pas convaincu par ses méthodes, je n’étais pas totalement fermé à la discussion. Soupirant légèrement, je repris mon discours !

« Hélas, je sais que ma gouvernante a déjà réglé l’heure que je vous devais ! J’espère donc bien en avoir pour mon argent. Alors allez-y, critiquer tout ce que vous voudrez ! Je veux seulement conserver mon droit de véto en ce qui concerne les changements que vous me proposerez ! Après tout votre client c’est moi ! »

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________________________________________ Lun 15 Oct 2018 - 23:01

Malheureusement, force était de conclure que la citation d'une autre rouquine belle et presque aussi intelligente que moi - "les hommes sont tous des bébés" - se vérifiait. J'en venais presque à regretter qu'elle ne soit pas de moi.
Comme je le dis toujours : y a que la vérité qui blesse. Et notre canard était blessé jusqu'à la moelle, en en juger par sa réaction enfantine. Bien, bravo, attire donc touuuuus les regards de l'établissement sur toi et prouve au monde entier que tu es un psychopathe aigri et tout fripé. Mais oui ! Pas étonnant que mamie Nova, ou peu importe le nom de sa secrétaire, m'ait appelée à l'aide. Il avait sacrément besoin de moi.
- C'est dommage, soupirai-je. Parce que moi je me permets. Si vous vouliez un avis qui vous flatte, il fallait dire à votre secrétaire de s'adresser à quelqu'un d'autre. Moi c'est pas mon taf. Je suis là pour vous empêcher de vous empoisonner la vie physiquement et métaphoriquement. Manifestement votre employée n'a pas tout lu sur mon site internet, déplorai-je après un instant.
C'était écrit noir sur blanc, si tant est qu'on sache lire entre les lignes. Je ne révélais jamais directement qui j'étais réellement mais je laissais des indices. Je n'y étais juste pour rien si les gens étaient trop stupides pour les saisir.
Dans tous les cas, je ne comptais pas me démonter : soit il faisait avec, soit j'allais passer mon temps en meilleure compagnie.
Et il fit avec, non sans observer la faille qu'il avait creusée sur la table. Soit il avait plus de force qu'il ne le laissait envisager, soit c'était vraiment de la mauvaise qualité que nous utilisions. J'aurais quand même préféré qu'il le fasse sans sortir les violons. Je coulai d'ailleurs des regards de part et d'autres de la salle, juste pour être sûre. Bon, c'était un peu touchant quand même, ce papy plein de remords et de sentiments d'échec. Ca me rappelait Riley et comment je l'avais laissée tomber. En dehors de ça, l'échec et les regrets, je connais pas.
Je ne laissai jamais mes pensées s'attarder trop longtemps sur Riley quand j'étais en public. Les gens ne pouvaient pas comprendre et puis, il y avait quand même une question autrement plus urgente ; allais-je lui signaler que Scrooge c'était presque pire qu'Ebenezer ou pouvait-il le deviner lui-même ? Je n'aimais pas enfoncer des portes ouvertes, c'était une perte de temps. Ou, disons, que j'aimais juste le faire pour enquiquiner les gens.
- A choisir entre la peste et le choléra, je préfère encore vous appelez Ebenezer, commentai-je, fataliste, quand il eut fini de réaffirmer sa virilité volontaire.
Je souris, un brin mesquine, sans, moi non plus, le quitter des yeux. Lui je sais pas, mais moi j'allais m'amuser.
- Bien, repris-je avec tout le sérieux que j'accordais à ma tâche. La bonne nouvelle, c'est que votre look est acceptable. Un peu austère, certes, mais vous êtes raisonnablement loin de l'attirail du parfait croque-mort. La mauvaise c'est que vous avez assez mauvaise réputation en ville. Pour ce que j'en sais, du moins. Austère, avare, aigre… On dirait que quelqu'un a pris tous les mots péjoratifs qui commençaient par A pour les mettre en vous. C'pas de chance, commentai-je en feignant grossièrement la tristesse. Outre réaffirmer votre virilité - peut-être par manque de confiance - vous avez parler de votre famille et là, à ce moment précis, j'ai presque été convaincue que vous étiez capable d'éprouver des sentiments. J'en conclus que vous ne voulez pas changer pour vous mais pour les autres. Pour d'autres. Le clan McDuck ou peu importe, je suis pas votre psy, j'ai pas besoin de savoir. D'ailleurs, inutile de le dire, je sais que j'ai raison. Mais si vous voulez que je vous aide, mon canard, il va falloir me dire pourquoi à votre âge vous voulez subitement changer pour eux, conclus-je avant de héler un serveur.
Je le jaugeai, circonspecte. J'étais habituée à plus de luxe et cet endroit ne n'inspirait que du dégoût.
- Ils sont bons vos cappuccinos ? demandais-je en plissant les yeux.
Ma victime rougit jusqu'aux oreilles et bégaya que oui. Et comme il fallait bien lui faire vaguement confiance, j'en commandais deux - un pour canard senior et l'autre pour moi.

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