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Une mission de seb - 20 octobre 2019
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 Face the Fear, Face the Demons [Agui]

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Tiberius Wolff


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Tiberius Wolff


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________________________________________ Sam 29 Juin 2019 - 17:08



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S’il y avait quelque chose que Tiberius supportait encore moins que les gens, c’était la chaleur. Il abhorrait la saison estivale et son soleil dardant le monde de sa lumière aveuglante, obligé de supporter des températures étouffantes sans possibilité de se rafraîchir convenablement. S’il n’avait pas eu la téléportation, sans doute le faucheur aurait-il complètement fondu depuis des années rien qu’à fouler le sol pavé de Storybrooke ; comment avait-on pu inventer une chose aussi stupide que l’été et décréter que c’était la meilleure saison pour libérer toute la marmaille et la populace à l’extérieur pour cuir comme des œufs ? Fort heureusement pour son tempérament bourru, la morgue n’était pas l’endroit de prédilection où passer ses vacances et il y régnait une fraîcheur relativement stable… Dès qu’il ne franchissait pas la porte menant au couloir ou que quelqu’un n’avait pas la stupide idée de la laisser ouverte pour espérer un tantinet de courant d’air. C’était plutôt connu, le légiste n’était pas de bonne compagnie s’il surprenait quelqu’un le faire en sa présence. Même Ambroise n’osait plus lui faire de taquinerie sur la météo de peur d’être à jamais déterré des murs et chassé de l’endroit à tout jamais.

Son appartement n’avait, en revanche, pas le même luxe de ventilation. Volets fermés, rideaux tirés, ventilateur allumé malgré l’aversion de Tiberius pour ce bruit constant et désagréable, il y faisait quand même bien trop chaud pour être mortellement supportable. A peine avait-il mit les pieds à l’intérieur qu’il était obligé de dénouer sa cravate et de retirer son veston à contrecœur, les premiers boutons de sa chemise ne tardant pas à se séparer sur son gilet sans qu’il ne la retire pour autant. Une fois fais, il quitta ses chaussures et chaussettes pour avancer pieds nus dans l’intérieur obscur qu’il connaissait parfaitement. Ses doigts glissèrent dans ses cheveux pour les repousser en arrière, s’agaçant de la sueur qu’il commença déjà à sentir à la base de sa nuque tandis qu’il se dirigeait vers le salon. Il extirpa une bouteille de bourbon et attrapa un verre, versa le liquide à l’intérieur et ne manqua pas de faire un détour par la cuisine pour récupérer quelques glaçons. La première gorgée tiède ne fut pas agréable, aussi Tiberius reposa-t-il son verre sur la table basse et se dirigea-t-il vers la salle de bain ; il lui fallait une douche fraîche, et il la lui fallait maintenant.

L’eau qui coulait sur lui était plus fascinante que le reste de cette journée de travail méticuleux. L’ennui avec les salles de bains, c’était qu’elles avaient la fâcheuse tendance à vous pousser à réfléchir au sens de votre existence ou ce genre de conneries dont Tiberius se passerait volontiers. La vie d’être « mortel » l’avait peut-être rendu un peu plus mélancolique qu’auparavant ? Il l’ignorait. Mais il voyait très bien quelles pensées commençaient à se profiler et il n’était pas vraiment prêt à les affronter ; aussi tenta-t-il de reléguer très loin de lui toute idée de sa relation avec Aguistin et de ce qui était en train de se passer. Il ne se passait rien. Il ne se passerait rien. C’était ainsi, c’était son familier, l’être qui lui était lié pour l’éternité et c’était donc parfaitement normal qu’ils soient fraternellement proches ; il l’avait toujours considéré en estime et c’était habitué à son tempérament turbulent. Alors pourquoi, diablesse latente, ne parvenait-il pas à mieux se contrôler en sa présence ? Pourquoi cette part d’ombre en lui devenait-elle bien plus invasive lorsqu’il était à proximité ? Pourquoi perdait-il un semblant de contrôle alors qu’il avait toujours été capable de se maîtriser jusque-là ? Le baiser de Noël était peut-être une erreur. Celui qui avait suivi en le voyant si démuni et désespéré était injustifiable. Depuis quand laissait-il de telles pulsions parler à sa place ? Depuis quand…

Il frémit sous l’eau froide qui lui tomba dessus lorsqu’il changea la température, espérant cesser immédiatement de songer à ce qu’il se passait réellement. Il avait assassiné Finkelstein pour lui. Il l’avait fait souffrir mille morts pour lui. Il s’était assuré que son âme parvienne bien à Madame la Mort pour lui. Mais il avait été incapable de saisir à quel point il souffrait depuis des années… Et une espèce de culpabilité venimeuse s’était abattue sur toutes ses certitudes. Comment pouvait-il se prétendre son maître s’il ne savait même pas prendre soin de son corbeau ? Comment pouvait-il prétendre à dévorer sa bouche si silencieuse sur sa souffrance alors qu’il avait été aveugle ? Bordel, ça lui procurait une horrible sensation poisseuse dans tout le corps sans qu’il ne parvienne à s’en extirper. Enlisé comme un imbécile, il se découvrait des tendances audacieuses qui signaient une perdition à venir.

Il fallait vraiment qu’il arrête. Qu’il retrouve cette distance respectueuse et qu’il cesse de franchir une ligne invisible. Il en allait de la sécurité d’Aguistin face au monstre qu’il pouvait être…

Passant sa main sur son visage, le faucheur coupa l’eau une fois propre et s’extirpa de la douche, s’entourant sommairement d’une serviette sur la taille et en saisissant une seconde pour ébouriffer ses cheveux trempés. L’image renvoyée par le miroir ne l’intéressa pas le moins du monde, trop occupé à fouiller la poche de son pantalon suspendu pour récupérer son paquet de cigarettes et son briquet. Il en alluma une avant de pousser la porte de la salle de bain, direction la chambre où il enfila rapidement un boxer, un pantalon et passa une chemise ouverte sur ses épaules. Des habitudes tranquilles mais ancrées, de quoi se rafraîchir un peu avant d’aller retrouver son verre de bourbon désormais frais et un bon livre sur le canapé. Il n’avait pas prévu de faire quoi que ce soit d’autre du reste de la soirée, ayant décliné la proposition de Livio de le rejoindre sur le ring. Depuis que son histoire avec Queenie était « terminée » - avait-elle seulement réellement commencée ? Ils semblaient les seuls à croire ne pas être fait l’un pour l’autre – le vampire se montrait particulièrement hargneux et désagréable ; Tib avait déjà passé plusieurs soirs avec lui mais celui-ci, il se le gardait pour lui.

Ou presque.

Car, quelques instants avant qu’il n’arrive, il sentit la présence d’Aguistin se faufiler dans la pièce et prévenir de sa venue imminente. Tiberius ne bougea pas de sa place, cessant cependant de lire le paragraphe qu’il avait débuté pour relever son regard polaire en direction de l’énergumène qui venait de se téléporter dans l’ombre de ses rideaux tirés. Souriant de toutes ses dents pointus, le regard du corbeau était étincelant de malice tandis qu’il dandinait son corps sur place ; la chaleur qu’il provoqua en pénétrant dans la pièce fut proportionnelle au manque de tissu pour couvrir ses bras ou le bas de ses jambes. Le faucheur sentit quelque chose se serrer quelque part en lui et son attention fut totalement absorbée par l’arrivée de son familier… Même s’il garda une attitude nonchalante habituelle.

Il était bien trop enjoué pour ne venir que pour le saluer. Restait à savoir ce qui le mettait de si bonne humeur…
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Aguistin R. Marban


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Aguistin R. Marban


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✓ Métier : Emmerdeur professionnel ✥ Gardien du cimetière de la ville ✥ Chanteur dans son groupe de Rock ✥ Créateur du Magasin des Suicides
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________________________________________ Dim 14 Juil 2019 - 15:48

Face the Fear, Face The Demons Aguistin & Tibérius





Rien n’avait changé ou presque depuis ce soir du mois de Janvier. En apparence, Aguistin restait toujours ce blondinet qui changeait de couleur de cheveux selon les saisons, comme l’ancienne mue qu’il faisait quand il était un corbeau. Cette tête d’ange, à qui on donnerait le bon dieu sans confession alors que son unique but était de vous emmenez sur le chemin de la damnation éternelle, vous conduisant directement dans les bras de la mort. Toujours insouciant, à flirter avec le danger. Mais dans d’imprescriptibles détails, le corbeau n’était plus exactement le même. Il était redevenu celui qu’il était il y a quelques siècles, comme Madame la Mort l’avait créé, totalement libéré des peurs que l’homme avait pu lui donner. Comme il était avant que Finkelstein n’arrive à Halloween Town, dans le début du 17e Siècle. Encore plus insouciant, encore plus joueur, encore plus effrayant, encore plus sans limite, encore plus imaginatif dans la noirceur de son âme. Il ne remercierai jamais assez Tibérius pour l’avoir aidé, lui qui se pensait condamné pour l’éternité à devoir supporter Finkelstein. Même les monstres pouvaient se faire peur entre eux, et celui là, était la preuve vivante qui terrorisait le corbeau personnel de Madame la Mort. Depuis des siècles, il incarna la cruauté que l’homme pouvait faire subir aux animaux d’une certaine manière. Dans tous les cas, son calvaire était enfin terminé. Il pouvait se lever le matin sans avoir cette boule au ventre qui ne faisait qu’augmenter ses angoisses naturelles liés à la grande faucheuse. Fink’ et Clark ne pourraient jamais plus lui faire de mal. Ne pourraient jamais plus troubler l’ordre naturel des choses et c’était parfait. Tellement parfait que Madame la Mort l’avait à nouveau contacté, comme elle avait fait pour le prevenir du danger qui avait plané sur Tibérius et Halloween Town. La rencontre avait été toute aussi brève. Il ne l’avait pas vu, juste entendu cette voix qu’il aimait tant, lui disant oh combien elle était fière de lui et du faucheur. Enfin elle obtenait l’une des âmes qui l’enquiquinait le plus, en grande pompe. Ainsi, libéré de son carcan, il pouvait reprendre sa vie d’avant la transformation en une chose sans nom, qui même si elle était appréciée dans la ville des monstres n’était pas vraiment lui. Il avait retrouvé un peu plus de son essence originel, celle que Madame la Mort lui avait insufflé en le créant, à l’aube des temps. Il avait bien entendu fait part de sa vision à Tibérius, comme s’il apportait la parole divine, ce qui était le cas pour l’ancien corbeau. Et depuis, Aguistin reprenait sa vie en main. Oh pas qu’il ait commencé un régime de sainteté, bien au contraire. Tuer Finkelstein et ensuite Clark avait réveillé le prédateur qu’il était, ce charognard à la tête de son espèce.

Il avait bien réfléchi à ce que Madame la Mort lui avait dit, restant seul et cloîtré quelques jours, la télévision pour fond sonore. Le décès de Finkelstein était passé comme une lettre à la poste. Le pauvre homme était mort dans l’incendie de son laboratoire, ainsi que son assistant et quelques autres personnes. Rien n’avait pu être sauvé, les pompiers ayant eu du mal à faire leur travail à cause de tous les produits inflammables que le lieu contenait. La cérémonie d’hommage en avait fait vomir Aguistin mais son sourire sadique à son enterrement montrait à quel point il allait prendre soin de sa tombe. Il était le gardien de ses lieux, maître en terrain conquis s’octroyant tous les droits. Finkelstein n’aurait jamais une paix éternelle, que ça soit dans son tombeau où dans son au delà. Quoi qu’il en soit, la mort du célèbre pharmacien jouait aussi sur ses revenus. Comme il l’avait expliqué à Tibérius un peu plus tard dans la nuit, il le faisait chanter. Tous les mois. Il avait mit un peu de coté mais il en dépensait la plus grande partie. C’était comme ça qu’il pouvait se payer des loisirs, faire plaisir à Dolorès et à Livio et maintenant son groupe de rock dans la stabilité. Qui disait mort, disait gèle des comptes. Plus de chantage. Un trou béant dans ses finances et ce n’était clairement pas son salaire de stagiaire qui allait le nourrir. Alors ses réflexions, ses recherches dans les zones dark du net lui donnèrent une idée monstrueuse. Les angoisses morbides s'agitaient, appréciant considérablement ce qu’il pensait. Et plus il écrivait sur son carnet, plus son cerveau fourmillait de possibilités. Une fois les pages noircies, le projet dégrossi, il en parla en priorité à Dolorès. Il savait qu’il ne pourrait pas le faire tout seul vu l’ampleur de la chose qu’il prévoyait. Sa soeur, qui s’était un peu calmé sur l’acharnement possessif qu’elle avait avec Tibérius, apaisant à nouveau leur relation, sauta de joie en entendant son petit frère lui expliquer sa macabre idée. Ils allaient faire fortune avec cette entreprise d’un genre … novateur. Les mois étaient passés à une vitesse folle, les deux Marban travaillant d’arrache pied, en surprenant plus d’un mais ils avaient réussi. Le business plan avait montré qu’il y avait une sacré demande dans le secteur. La banque venait de leur accorder un prêt, Aguistin avait signé le bail d’un local de taille moyenne non loin des pompes funèbres municipales dont il espérait d’ailleurs prendre un jour la tête, dans son vaste plan sur l’avenir et surtout, il venait de recevoir le papier officiel de la création de son entreprise.

Maintenant que tout était bon, il pouvait l’annoncer à Tibérius. Après avoir prit une douche rapide, n’ayant pas forcément apprécié de porter un costard cravate avec 34 degrés à l’ombre, il fila rapidement chez le faucheur en habits plus décontracté. Cela faisait un petit moment qu’il ne l’avait pas vu, et même s’il discutait régulièrement avec lui par texto, écrivant avec le même engouement qu’à l’oral, sa présence lui manquait énormément. Le manque de luminosité dans l’appartement ne le dérangeait pas, mais la chaleur qui y régnait si. Comment Tibérius faisait il pour rester dans cet endroit ? Ils étaient tous les deux des créatures de l’ombre, préférant clairement la fraîcheur de la brise automnale que celle des plages bondés. Heureusement qu’il s’était changé et qu’il avait mit son débardeur et son short ! “Tib !” Sortant de l’ombre en sautillant, il s’arrêta quelques instants pour le regarder. Il ne l’avait que très rarement vu aussi lascif, chemise ouverte et cheveux mouillé. Il en déglutit, gravant cette image dans son cerveau pour plus tard, beaucoup plus tard. “J’ai quelque chose de grandiose à t’annoncer !” Ses yeux s’habituèrent très rapidement à la luminosité, se rapprochant non sans mal du fauteuil où il était. Il poussa un grand soupir, s’apprêtant à lui faire part de sa grande nouvelle. Il était quand même fébrile. “Bon tu sais, on en a parlé, Fink’ me filait de l’argent et tout, bref histoire ancienne. Du coup … j’ai réfléchi et je me suis dis que je devais trouver quelque chose qui allait compenser, comme un vrai travail.” Il observa les réactions du faucheur, qui s’était un peu redressé. “Mais … on sait comment ça finit quand j’ai un patron au dessus de la tête … bon pas que ça me dérange, ça te donne du boulot du coup mais bref, c’est chiant de recevoir des ordres et tout quand c’est pas toi !” La dernière fois, qui faisait parti de ce temps de la malédiction, des souvenirs faux mais qui pourtant été si réel, lui avait montré qu’il n’était clairement pas fait pour travailler en communauté. “Et ça m’a fait pensé à un truc. Quand j’ai bossé aux pompes funèbres privés là, j’ai poussé quatre personnes au suicide, mais c’est parce qu’en vrai … elles voulaient vraiment le faire. J’ai ressenti leurs angoisses… j'ai juste donné un coup de pouce !” Son sourire commençait à se dévoiler, son regard pétillait de plus en plus, alors qu’il passait d’une jambe à l’autre. “J’ai l’honneur de te dire … que je viens de créer ma propre boîte !” Il sauta vers lui en lui tendant le fameux sésame, avec son nom écrit en gros. “J’ai écouté Madame la Mort, j’ai rassemblé toutes les informations possibles depuis des mois, j’ai fais toutes les démarches administratives et … j’ai créé le Magasin des Suicides !” Il était si excité d’enfin pouvoir parler de son entreprise à la personne qui comptait le plus pour lui. “Et ce n’est pas que pour Storybrook mais pour toute l’Amérique, et peut être même le monde entier ! Avec internet maintenant c’est super ! Les gens n’ont même plus besoin de se déplacer, ils peuvent avoir ça à domicile et quoi de mieux que de s’ouvrir les veines en toute sécurité dans sa baignoire, avec petite ambiance bougie et tout ?” Il se rapprocha encore, se mettant sur le rebord du fauteuil, si bien qu’il pouvait sentir la délicieuse odeur qu’il inspirait fortement. “En fait j’texplique ! Les gens ont tous des tendances suicidaires ! Ils ne savent pas comment le faire. Surtout que parfois c’est compliqué, ça peut faire peur et tout. Alors moi, et Lolo, vu qu’elle est aussi actionnaire de l’entreprise, bon je suis majoritaire, c’est mon idée alors hein ! Donc, moi et Lolo, on se propose d’aider ses pauvres âmes à passer de vie à trépas dans la joie et la bonne humeur ! Genre poisons, cordes, katanas, lames de rasoir, chaises électriques, une sorte de farfouille de la mort ! Et avec des conseils et tout ! Alors alors ! C’est pas génial ?” Il était à deux doigts de se jeter sur Tibérius pour l’enlacer, le serrer fortement dans ses bras tant il était heureux.

“L’étude qu’on a commandé à d’ailleurs montré qu’il y avait eu 30% de plus de personnes suicidés aux états unis entre 2009 et 2019 ! Tu te rends compte de la manne économique que ça représente ! Puis y a aussi les assassins, on peut les fournir !” Aguistin était sans foi ni loi, avec les siennes en réalité, dictait depuis sa naissance par Madame la Mort. “Jj’ai pris contact avec des états réalisant la peine de mort, et on pourra aussi les fournir vu que … dans ma grande ruse j’avais volé certains documents du labo’ de Fink’. Bref c’est troooooop cool !” Sa jambe frola le bras du faucheur sans même qu’il ne s’en rende compte, étant donné qu’il n’arrêtait pas de gigoter. “Oh et aussi, ça pourra vraiment t’aider, parce que pour toutes les personnes qui vont se suicider on fournit aussi un certificat ! Du coup pour toi pour l’autopsie bah ça sera du gâteau !” Il hocha la tête, n’arrêtant pas de sourire, espérant une chose, que Tibérius soit fier de lui. “Hum … et aussi, bon c’est pas pour maintenant parce que je vais attendre d’avoir encore plus d’argent mais j’ai pensé à un truc, genre que l’on travaille ensemble !” Il se balança, touchant cette fois son épaule en gloussant. “Oui on travaille déja ensemble mais là pour gagner de l'argent ! En fait avec Lolo on veut reprendre les pompes funèbres municipales ! Livio est assez partant pour ça ! Du coup il va nous falloir un vrai médecin légiste ! Non parce que je suis sur que Lolo elle va bouffer les cadavres et tout, faut qu’on soit pro. Donc forcément, j’aimerai vraiment que quand ça se fera bah tu viennes avec moi ! Bon tu pourras toujours garder ton emploi à l'hôpital parce que je sais pas si niveau salaire je pourrais tout de suite te donner tout pleins d’argents mais voila !” Surtout qu’Aguistin n’était pas le meilleur des comptables. C’était JB qui l’avait aidé pour son dossier. “Parce que tu sais … c’est vraiment grâce à toi … que j’ai pu faire tout ça !” Cette fois il n’hésita pas, réalisant ce qu’il avait envie de faire depuis qu’il était rentré. Il l’enlaça au niveau des épaules, posant sa tête dans le creux de son cou, s'enivrant de son odeur, déposant un léger baiser sur sa peau nue mais se retenant de continuer, sachant particulièrement que le faucheur n’était pas avide de ce genre d’effusion. Il se recula, ses muscles de son visage lui faisant mal tant il gardait son sourire. “Et j’ai le local ! On a signé le bail avec Lolo en début de semaine ! C’est pas loin de l'hôpital, on trouvait ça drôle.” Son rire rocailleux résonna. Oh oui, les diablotins qu’ils étaient, avaient trouvé ça vraiment drôle de mettre un magasin de mort juste en face de l’institution devant l’en empêcher. “Le slogan c’est un client satisfait ne revient jamais ! T’en pense quoi ?”



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________________________________________ Sam 14 Sep 2019 - 23:19



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C’était une evidence simple : Aguistin avait quelque chose à annoncer et, à l’entente de ses paroles, Tiberius confirma cette impression. Voilà quelques temps qu’il le voyait s’affairer ailleurs, prétendre de devoir partir en plein milieu de la journée ou revenir tard à la Morgue où auparavant il passait le plus clair de son temps… Livio lui avait dit que le corbeau était occupé mais, désormais, le faucheur savait pourquoi. Un instant il avait songé qu’il voulait voler de ses propres ailes, tester autre chose et qu’il avait même compris qu’il devait passer à quelqu’un d’autre ; mais son instinct s’était rebiffé de cette idée et avait révoqué cette dernière avec hargne. Comme si son propre esprit le mettait au défi de prouver qu’Aguistin voyait quelqu’un d’autre. Il avait chassé ces songes et attendu, patiemment ou presque, que le jeune homme vienne de lui-même le mettre dans la confidence.

Tiberius était patient, atrocement patient, et cela payait généralement au final puisque le voilà, à s’agiter dans son salon en faisant de grands gestes comme s’il avait trouvé le moyen de transformer l’eau en or. Cette propension à générer la vie et l’agitation, cette capacité à se montrer exubérant même en parlant de sujets aussi morbides… Une caractéristique des plus appréciable quand on les connaissait. Il y avait toujours un visage bienveillant dans la Mort. Puis venait le coup de fourche et l’abime de ténèbres n’était plus que le seul tableau possible avant l’au-delà. Chacun sa place. Chacun son rôle. Chacun ses prérogatives… Et désormais, une bien étrange idée germée et réfléchie comme jamais alors Aguistin ne l’avait fait.

Si Tiberius était impressionné ? A la fois assez et pas du tout. Assez par l’ingéniosité et l’audace d’une telle mesure ; pas du tout car il n’avait jamais douté des capacités de son familier à se sortir de certaines situations. Ses yeux polaires observaient les dandinades de son corbeau avec attention, son livre ayant trouvé une place sur l’accoudoir où il l’avait rapidement oublié pour simplement suivre la logorrhée verbale.

Il haussa un sourcil lorsqu’Aguistin lui annonça l’implication de Livio. Ainsi donc, son ami le vampire avait cru bon de ne rien lui dire des manigances de son propre familier ? Il allait l’entendre. Tiberius détestait les surprises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises n’y changeait rien ; et il était clairement surpris d’entendre que Livio avait participé à cela malgré le caractère tempétueux dont il faisait preuve dernièrement. Garder un secret était le propre des habitants d’Halloweentown, il n’était pas sans l’ignorer… Pourtant un corbeau aussi bavard que celui-ci aurait pu mille fois se trahir ou, tout simplement, dévoiler le chantage que lui faisait FInkelstein avant sa mort prématurée et méritée.

Instinctivement, le faucheur se mordit l’intérieur de la joue par agacement. Depuis quand avait-il perdu cette connexion exclusive qui les liait l’un à l’autre ? Depuis quand ne parvenait-il plus foncièrement à savoir tout de lui ? S’il était encore capable de détecter ses humeurs et autres présences, il était évident que quelque chose avait changé depuis leur venue à Storybrooke. Et ça ne plaisait pas vraiment à Tiberius, loin de là même. L’obscurité tapie sous sa peau était fébrile ces derniers temps, prête à surgir et agir pour se repaître de sang et de douleur, prête à revendiquer sa propriété et dévorer ses opposants, réfutant la possibilité qu’ils puissent ne plus être aussi proches l’un de l’autre qu’auparavant.

Un pas en avant, deux pas en arrière.

Aguistin le tira de cette réflexion en l’enlaçant soudain, se permettant même une esquisse de baiser contre son cou. Tiberius se figea, tendu à l’extrême par ce simple rapprochement, l’obscurité grondant d’appréciation au fond de lui. Elle claqua ensuite des dents lorsqu’il s’éloigna de trop, encore bien trop peu repue de son contact qu’elle se prenait à chercher et même requérer. Combien de fois le faucheur s’était-il retenu de poser sa main sur sa nuque ou dans ses cheveux ? Que n’avait-il détourné le regard pour éviter de l’observer dormir, ou encore retenu son souffle pour ne pas le réveiller alors qu’il gisait sur l’un des brancards de la morgue, complètement inconscient de la tempête qu’il provoquait.

« Si je résume la situation… » Déclara-t-il enfin, se passant la langue sur les lèvres pour se concentrer. « Vous allez ouvrir un magasin permettant aux indigents suicidaires de mettre fin à leurs jours de la meilleure des façons ; tout en gérant aussi les pompes funèbres de la ville et leur commande grandissante de cercueils ou de soins aux corps des défunts ? »

Il attendit qu’Aguistin n’hoche vigoureusement la tête pour continuer, impassible face à son air soudain inquiet. Il le savait pendu à ses lèvres, sur le qui-vive de sa réaction. Un plaisir coupable. Un jeu dangereux. L’étoffe du bourreau dans un gant de velours…

« Dolores et Livio vont travailler avec toi. Et tu voudrais que moi, je vienne expertiser les corps des suicidés comme d’autres morts dans la chambre froide de cet endroit et atteste officiellement des raisons du décès ? »

Un sourire s’esquissa sur le coin de ses lèvres, comme s’il avait s’agit d’une bonne blague. La couleur du corbeau pâlit un peu plus et il le sentit fébrile, observant sa main trembler légèrement alors qu’il se tenait debout devant lui. Tiberius inspira longuement, comme s’il réfléchissait, avant de s’écarter du dossier du canapé. Sa main vint rejoindre la sienne et la serra alors. Fermement. Ses yeux clairs observèrent un instant cette peau d’albâtre, gravée de mille souvenirs au travers des siècles, puis se redressèrent vers son visage inquiet.

Il en aurait presque oublié à quel point il faisait chaud.

« Un client satisfait ne revient jamais… C’est excellent, Aguistin. »

Tiberius hocha la tête, le voyant passer par toutes les couleurs tandis qu’il se levait enfin pour être devant lui. Le dominant de sa stature, comme toujours.

« L’idée me plait. C’est réfléchi, c’est osé, ça te caractérise plutôt bien et tu as l’air emballé par la possibilité de travailler. »

Le faucheur semblait réellement penser ce qu’il disait, hochant même la tête pour confirmer ses propos.

« La mort est une ressource trop peu exploitée de nos jours… Y venir en plus de mon travail à la morgue devrait pouvoir se faire si la demande est formulée officiellement. »

A nouveau une esquisse de sourire, tandis qu’il essuyait nonchalamment quelques gouttes de sueurs qui perlaient près de son arcade. Bon sang que l’été pouvait être pénible ! Il lui donnait bien trop chaud et son torse s’affolait d’une respiration rapide devant le jeune homme, trahissant son état. Réfléchir. Garder le cap de ses pensées et ne pas se laisser perdre dans cette fournaise ambulante qui les entourait.

« Mais ça te coûtera cher, Aguistin. » Ajouta-t-il, sur un ton de plaisanterie mesurée.

Et pas qu'en terme d'argent.
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________________________________________ Mer 16 Oct 2019 - 16:13

Face the Fear, Face The Demons Aguistin & Tibérius

L'amour est d'autant plus probable qu'il paraît impossible. ~ Jules Sandeau



Tout un mélange de sentiments passait dans son corps frêle. Il était nerveux et angoissé. Avec Tibérius, il savait que soit ça passait, soit ça cassait. Il n’y avait jamais de juste milieu, tout noir, ou tout blanc. Alors forcément, maintenant qu’il avait dévoilé son immense projet, qui se concrétisait doucement mais surement, l’angoisse de sa réaction était à son paroxysme. Il était fébrile, ce qui découlait tout naturellement de son état stressé. Et si ça ne lui plaisait pas ? Bon, il y avait peu de chances mine de rien, mais il ne fallait pas négliger cette option. Il observait, ses yeux sortant presque de leurs orbites tant il le fixait, essayant de deviner quelles pensées pouvaient passer dans son esprit morbide. Or ce n’était pas le travail qui vint à celui d’Aguistin. Forcément. C’était autre chose. Il ne pouvait s’empêcher de le trouver beau. Somptueusement magnifique. Ses yeux allant de sa mâchoire saillante à ses yeux polaires perdu dans le vide qu’elles fixaient. S’en était trop pour lui. Toute cette tentation… Ce n’était pas pour rien si Oscar Wilde expliquait qu’il fallait y céder, ce qu’il fit. Depuis ces deux baisers qu’il avait qualifié de hasardeux, Aguistin avait du mal à résister. Il essayait de mettre une distance entre eux, par peur que Tibérius fasse quelque chose qu’il regretterait plus tard. Il le connaissait par coeur et il ne voulait absolument pas qu’il se force à faire quoi que ce soit. C’était lui, qui se vautrait dans les plaisirs de la chaire, pas le faucheur. Même si, bien sur, il espérait. Oh oui qu’il espérait furieusement qu’il se passe quelque chose entre eux. Il y pensait quasiment constamment, comme une musique entêtante qu’il ne pouvait se retirer de la tête. Plus les jours passaient, plus les mois passaient, et plus son obsession déjà grande pour le médecin légiste s’accentuait. Plus rien ne comptait à part lui, à s’en faire mal au cerveau de réfléchir, à s’en faire mal à son corps de se priver de toutes les bonnes choses auxquelles il s’était adonné ses dernières années. Quand Tibérius tourna la tête vers lui, il se recula instantanément de peur d’avoir mal fait. Il ne voulait pas le décevoir, où le mettre mal à l’aise. Penaud, déglutissant même, il se leva du fauteuil pour s’éloigner, se faisant violence alors que tout son être réclamait ses bras. Soupirant, il bloqua sa respiration en se mordant ses lèvres quand il décida enfin de prendre la parole. Il hocha la tête, levant cependant le doigt pour le corriger doucement. “Oui … enfin pour les pompes funèbres c’est quand on aura un peu plus d’argents et de poids … mais je suis en pour parlé avec le Maire !” Il l’avait murmuré pour ne pas couper Tibérius, mais assez fort pour qu’il l’entende quand même. Il aurait voulu prendre les pompes funèbres directement, mais il ne pouvait pas tout faire en même temps. D’abord le magasin, et ensuite la gestion des morts. Après tout, ce n’était que la logique du destin, mais il se devait d’être patient, et malgré tout ce qu’on pouvait lui dire, Aguistin l’était sans doute énormément.

“Alors dans le futur où oui, on aura l’accord pour prendre la gestion des pompes funèbres oui ! Plus que oui!” Il s’était finalement rapproché de lui, sautillant d’un pied sur l’autre, tout en jouant avec ses mains. “Parce que de toute façon c’est toi le meilleur des médecins légistes du monde entier ! Et je ne veux que toi.” Sa phrase, qu’il avait dit instinctivement, était un sous entendu flagrant. Même si ici, à Storybrook, leur travail avait changé, évolué, qu’il n’était plus tout à fait le même, où leur séparation était beaucoup plus longue qu’à Halloween Town, au fond, pour Aguistin, rien n’avait changé. Tibérius était son partenaire, dans n’importe quel univers que la création avait pu créer. Il n’arrivait pas à gérer les tremblements de ses mains, la pression qu’il se mettait était beaucoup trop fort pour son esprit malade, lui qui ressentait tout à l’extrême. Il avait même oublié de respirer, sentant la tête qui lui tournait. Il emplit ses poumons d’air au moment où Tibérius lui attrapa la main. Il aurait pu en défaillir tant ce contact électrifia entièrement son corps. Et il faillit d’autant plus le faire quand il entendit le mot excellent sortir de la bouche du faucheur. Tibérius aimait son projet. Il le trouvait excellent, lui ! C’était presque inespéré. Il avait toujours voulu être à sa hauteur, malgré son comportement je m’enfoutiste et totalement régit par l’improvisation. Il ne devait pas s’évanouir, il ne devait pas s’évanouir, il devait rester concentré, et aussi éviter de lui sauter dessus pour l’enlacer, pour passer les bras autour de sa nuque et ne plus le quitter. Soufflant plusieurs fois, son sourire se fit sincère. C’était vrai, qu’il voulait travailler. Même si tenir un job sur la longueur ne lui avait jamais correspondu, ce n’était pas vraiment la même chose ici. Faire des petits boulots n’étaient pas pour lui. Faire ce genre là de travail, l’horripilait. Or avec son idée, il revenait à la source. Ainsi, ce n’était pas vraiment un travail. S’occuper des morts, les aider à passer de l’autre côté, les apaiser, les rassurer, les pousser du bord de la falaise, c’était ce qu’il représentait. Ce n’était pas lui, qui les faisait trépasser mais il les aidait. Il leur prenait la main pour les conduire tout droit dans l’antre de son faucheur, qui les attendait avec sa grande faux et sa cigarette.

“Oh … mais c’est super trop génial !” Il acceptait ! Tibérius acceptait sa proposition. S’il avait été emballé et heureux quand il avait signé le bail du local, la sensation qui parcourait ses veines était bien plus puissante. Incomparable. Il combla le vide entre eux, tournant légèrement son poignet pour glisser ses doigts dans sa main et l’agripper aussi. Il leva la tête vers lui, souriant à s’en faire mal à ses zygomatiques. “Bien sur ! Je … je te ferais une lettre de demande … enfin je sais pas si c’est ça mais je le ferais quand même ! Et je mettrais dedans que ça sera toi de toute façon le patron des médecins légistes. Moi c’est que le côté administratif tu vois.” Il fit encore un petit pas, ses genoux calleux touchant les jambes couvertes de Tibérius. Il frissonna malgré la chaleur de l’endroit. Ce n’était pas bien, il ne pouvait pas l’embrasser mais il en avait tellement envie. Il venait de lui dire des compliments, il ne pouvait pas tout gâcher juste parce que ses hormones travaillaient depuis un moment et qu’elles n’avaient pas trouvé la paix depuis des mois. Son regard se planta dans celui du faucheur, absorbé, prêt à s’y noyer. “Je … je ferais ce que tu veux …” Sa bouche s’était entreouverte, ses yeux luisaient d’un éclat de désir intense. “Je peux te payer en nature si jamais tu trouves que tu n’es pas assez bien rémunéré !” Il eut un petit gloussement, répondant ainsi à la tentative d’humour qu’il avait essayé de faire quelques secondes auparavant. Mais son cerveau lui indiqua que ce n’était pas vraiment de l’humour, mais une volonté inébranlable et pour affirmer, il lui envoya des images plus que suggestives, celle qu’il imaginait au fin fond de la nuit. Deux taches rouges apparurent sur ses joues pâles, lui donnant encore plus envie de coller son corps au sien. Après tout, Tibérius l’avait embrassé deux fois, et à chaque fois pour des circonstances exceptionnelles. Là, s’en était une aussi. Il avait créé son entreprise, il avait tout fait tout seul pour qu’il soit fier de lui, pour qu’il efface le statut et les mots violents que Finkelstein avait eu sur lui avait de mourir. Il posa l’une de ses mains sur son épaule, se mettant sur la pointe des pieds pour l’embrasser mais il fallait croire que le destin aimait s’amuser avec eux. Au moment où il allait reproduire le geste que le faucheur avait fait quelques mois avant, une immense explosion se fit entendre. Elle fut si puissante que la quasi totalement vitres de l’appartement du faucheur volèrent en éclat, le souffle de la déflagration les touchant aussi. Aguistin poussa un cri rauque, se prenant au passage la table basse dans le dos, tandis que Tibérius lui tomba dessus. Il avait les oreilles qui bourdonnaient à cause du bruit, et des dizaines de petites coupures à cause des éclats du verre. À vrai dire, il s’en fichait. Il aurait pu rester comme ça, gravant dans sa mémoire le poids du corps du faucheur sur le sien, si de un, il ne s’était pas mis à saigner du nez et de la bouche, signe que le nombre de morts était conséquent, si de deux, il ne sentait pas le cramé et surtout si de trois, les hurlements qu’il arrivait à percevoir se faisaient de plus en plus proche. Tibérius se leva, lui tendant la main au passage pour qu’il en fasse de même. La porte d’entrée s’ouvrit en grand fracas et des gens totalement apeurés, paniqués, sans doute les voisins, leurs crièrent dessus. “L’immeuble d'à côté vient de s’effondrer ! Il faut évacuer, le nôtre ne va pas tarder à suivre le même chemin !” “Ouais bah ça va on sait que vous allez tous crever ! Allez ouste ! Dégagez ! On rentre pas chez les gens comme ça ! On vous a pas appris la politesse ” Aguistin, qui avait mit un pan de sa chemise dans son nez pour éviter de faire une hémorragie, les chassa avec une haine féroce. Il fallait toujours que la poisse vienne au moment le plus crucial de sa vie. “Mais il y a urgence ….” “Et bah sauvez votre peau mais laissez nous ! On sait ce qu’on doit faire ! De tous façon Madame la Mort viendra vous cherchez tôt au tard !” Et dans un geste d’absolue maturité, il leur tira la langue en leur faisant un joli doigt d’honneur. Il allait même se pencher pour attraper un bout de vitre et leur lancer dessus quand il sentit la main de Tibérius se poser sur son épaule. Ce geste anodin, eut pour effet de le calmer pour quelques minutes. Il se tourna vers lui, le regardant mine de rien inquiet. “Bon je sais que tu n’as rien mais quand même ça va ? T’as pas mal nul part ?”



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Tiberius Wolff


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Tiberius Wolff


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________________________________________ Mar 22 Oct 2019 - 13:57



I heard you say you weren't born of our blood
So collect your scars and wear 'em well. Your blood as good an ink as any. Go scratch your name into the clouds... And pull'm all down


Le souffle d’une explosion n’avait jamais rien d’anodin. C’était violent, imprévisible, spontané et dévastateur… Un peu comme la soudaine pulsion que Tiberius avait senti grandir en lui du plus profond de ses entrailles et tenté d’empêcher de jaillir à visage découvert. Des pensées grisantes, des idées divergentes et une incapacité de discernement tel que sa raison s’en était elle-même offusquée. C’était comme si son esprit avait provoqué un black-out, dévoré dans une combustion instantanée par un inconscient vorace de s’extirper de ses chaînes pour prendre les commandes. Il avait ressenti la tension. Il avait vécu le frisson se répandant dans chacun de ses muscles, l’aura glacée qui s’était insinuée le long de son échine pour venir le mordre directement à la nuque. La pulsion avait grandi, tissé sa toile autour de sa cage thoracique et étouffé la moindre parcelle d’inhibition pour espérer faire valoir son droit d’existence. Aguistin avait été proche, si proche, trop proche. Bien trop proche. L’obscurité l’avait sentie, l’avait désiré, s’était pourléché les lèvres à l’idée de le goûter…

Et puis les fenêtres avaient volées en éclat et toute la réalité les avait rattrapés en un clin d’œil. Le choc avait été violent, assourdissant, dissonant au point de les propulser vers l’avant et de briser la table basse sous leurs poids respectifs. Les bibliothèques s’étaient renversées sur le sol, le canapé avait grincé sur le parquet, les bouteilles s’étaient éclatées d’un seul homme et le monde avait semblé, l’espace d’un instant, sans dessus-dessous. Lui dessus, le corbeau dessous. Essoufflé. Surpris. Pris de court. Une surprise du genre de celle qu’il détestait par-dessus tout…

Ses yeux polaires se rouvrirent sur le visage du jeune homme, croisèrent son regard surpris – l’explosion n’était donc pas de son fait – et glissèrent vers sa gorge couverte de sueur et de poussière. Il respirait terriblement vite, le genre de vision qui vous donnait envie d’enfouir votre main près de sa gorge si gracile et de serrer pour en sentir le pouls. D’écouter le hoquet. De constater du temps qu’il mettrait à manquer d’air et de la couleur que prendrait sa peau… Tiberius se fit violence pour se redresser sur les coudes, puis debout. S’écarter de là. S’étirer de cette proximité qui n’avait manquée de faire rappliquer l’obscurité dans un coin de son esprit ; monstre vorace aux dents longues qui se pourlécha les babines à nouveau. Des images lubriques, déplacées, lui parvinrent mais il les chassa sans même montrer son trouble tandis qu’il l’aidait à retrouver la solidité de ses jambes.

Son visage constata rapidement des dégâts autour d’eux, du brouhaha environnant et du flot d’informations qui lui arrivait soudain de toutes part. Comme si les visions possédaient un service de retardataires, toute une liste de noms s’inscrivit à même son esprit et se grava dans sa raison pour lui rappeler son funeste fardeau. Des morts. Des trépassés. Des âmes rappelées par Madame la Mort dans sa demeure… Du travail à venir, en somme. De quoi remettre un peu les idées en place et les responsabilités sur le devant de la scène, plutôt que de céder à d’autres priorités bien moins louables.

Il fallait vraiment qu’il s’enlève Aguistin de l’esprit.

Posant sa main sur son épaule pour le rappeler à l’ordre, le faucheur s’assura sommairement qu’il n’était pas plus blessé qu’il en avait l’air ; le sang qui s’écoulait de son nez ne lui disait rien qui vaille et, rapidement, son pouce passa essuyer celui qui glissait près de la commissure de ses lèvres. Un instant de flottement. Un moment de divergence, encore, avant qu’il ne porte son pouce à sa propre bouche pour l’essuyer.

Ses sourcils se froncèrent tandis que, sous la chaleur encore plus étouffante qui se répandait dans l’appartement, il avisait rapidement des possibilités qui s’offraient à eux… Il était bien trop peu habillé pour effectuer son travail convenablement, sa veste de costume étant suspendue dans l’entrée mais le porte-manteau avait chuté avec le reste.

« Je vais bien. » Finit-il par lui répondre. « Mais... Nous reparlerons de ton projet une fois en sécurité. »

Et sans attendre davantage, il se dirigea vers l’entrée pour récupérer une paire de chaussure et enfiler sa veste sombre. Chaleur, peut-être, mais il était hors de question de sortir en simple chemise. Il s’habilla rapidement et constata que le corbeau l’avait rejoint, le laissant passer devant en lui tenant la porte restée ouverte. Un dernier regard à ses possessions alors qu’un horrible grincement résonnait tout autour d’eux et il s’engagea dans les escaliers en colimaçon qui entouraient l’ascenseur métallique. Des cris, du raffut, des exclamations provenaient d’un peu partout alentour ne manquèrent pas de lui agacer les oreilles.

Ils redoublèrent lorsqu’un nouveau grincement lugubre fit trembler la bâtisse. Des craquements sinistres résonnèrent et de la poussière commença à s’effondrer depuis le plafond, rendant l’environnement aussi trouble qu’une odeur de brûlé commençait à les prendre à la gorge. La fumée s’infiltra bien trop rapidement au fur et à mesure de leur descente et, deux fois, Tiberius rattrapa Aguistin avant que celui-ci ne glisse sur une marche et ne se fracasse le crâne. Il y aurait bien assez de morts pour cette journée, pas la peine de rajouter un corbeau bavard aux idées avant-gardistes !

Le craquement violent retentit alors, signe d’un effondrement imminent. Une bousculade anarchique projeta Tiberius contre le mur dans l’affolement général, le faisant grogner de douleur lorsque son crâne frappa le plâtre. Puis il y eu un bruit sourd, profond, indéfinissable. Effrayant, c’était le mot. Il releva la tête vers la soudaine lumière qui perça à travers l’épaisse fumée et cru apercevoir le ciel en train de s’effondrer sur eux. Deux mains s’agrippèrent à sa chemise et, l’instant d’après…

… Ils se retrouvèrent à l’extérieur du bâtiment en train de s’effondrer sur lui-même à cause de l’incendie qui s’y propageait. Des hurlements stridents firent grincer les tympans du faucheur au milieu du sifflement assourdissant qui s’était emparé de ses sens. Clignant plusieurs fois des yeux, il les baissa pour apercevoir les doigts qui continuaient d’agripper le tissu de sa chemise. Les poignets noircis de fumée, Aguistin se trouvait cramponné à lui de toutes ses forces. L’ombre. Le passage par les ombres. Joli réflexe. Les secondes s’égrainèrent, comme si la vie avait décidé de leur offrir un second plan de réalité dans un autre espace-temps. Tout semblait aller au ralentit, chaque mouvement, chaque cri, chaque… Réaction sur la place qui prenait peu à peu une tournure tragique.

Les secondes s’effilèrent. S’allongèrent. Se figèrent presque… Puis tout s’accéléra et le temps perdu fut aussi assourdissant que le vacarme alentour. Reprenant son souffle, Tiberius passa un bras autour d’Aguistin pour le plaquer contre lui – et éviter ainsi d’être piétiné par des victimes hasardeuses en fuite. Son souffle près de lui. Son corps près de lui. Et le bruit des briques qui s’effondrent pour mélodie funeste. Du feu. De la chair. Des plaintes. Des larmes. Des interrogations. Et des morts. Des silhouettes à peine visibles, esquissées, aperçues çà et là avec l’incompréhension peinte à même leurs faces abasourdies. Des âmes en perdition. Des défunt en devenir. Du travail pour le corbeau et son faucheur…

Encore fallait-il le relâcher mais, pour l’instant, il n’en avait aucune envie. Enfin, une partie de lui. L’autre fini par prendre le dessus et, après s’être raclé la gorge, Tiberius l’aida à se reculer un peu. Distance respectable. Proximité immédiate.

« Tout va bien. Tu n’as rien ? » Demanda-t-il, sobrement.

Il attendit sa réponse avant de désigner du menton les pompiers et autres volontaires s’élançant dans les gravats et les flammes. Ce n’était pas vraiment eux qui l’intéressaient mais plutôt… Le reste.

« … On dirait que la Mort s’ennuyait dans sa demeure. » Et pas qu’un peu. « J’espère que c’est un signe de sa part pour dire qu’elle valide aussi ton projet. Ca ne m’étonnerait pas, la connaissant. »

Si elle pouvait juste éviter de les comptabiliser parmi les victimes pour un oui ou pour un non, ça l’arrangerait cependant. Tiberius reporta ses yeux clairs sur son vis-à-vis. Il avait toujours un bras posé au niveau de sa taille et, s’en rendant compte, il le retira lentement. Ses doigts remontèrent pour se nicher à la base de sa nuque et l’obliger à le regarder. Retrouver son regard et être sûr qu’il allait bien. Pourquoi s’inquiéter à ce point ? Ça n’avait pas de sens. Ils étaient plus résistants que ça, évidemment. Évidemment.

Il y eu un flottement.

Puis le faucheur détourna le regard et le relâcha pour de bon. L’obscurité n’avait pas vaincu cette fois-ci et il reprenait peu à peu le contrôle de son être tout entier.

« Nous avons du travail. » Déclara-t-il, sobrement. « Et… Il semblerait que je n’ai plus d’appartement. »

Ça, c’était bien moins sympathique que l’autre nouvelle.
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