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 À la Nouvelle-Orléans ~ Ft. Diane

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Aisha Androuze



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Aisha Androuze


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________________________________________ Mar 23 Juil 2019 - 17:49

Ce sont les rêves qui font la loi
À la Nouvelle-Orléans

Par cette saison caniculaire de soleil et de vacances, je devais être l'exception à la règle puisque j'avais poursuivi une thérapie très spéciale soulignant de bien rester chez soi et isolé de tous. Ce n'était pas la meilleure solution désignée pour terminer un deuil mais ça restait la plus simple pour éviter les autres, les Storybrookiens, si je puis dire. Comme on m'avait renseigné, j'avais passé la période de dépression et de douleur mais ne suivi pas exactement le schéma des étapes d'un deuil. Au lieu d'en venir à l'acceptation, j'en vins à la haine, la colère d'avoir perdu un être cher alors que tout aurait pu se passer différemment. Et si seulement ci, et si seulement ça... Cette colère se déversa naturellement sur la malédiction et cette ville créée de toute pièce qui nous sépara de nos mondes, de nos familles, de nos proches et de notre vie en général. Elle avait été, pour moi, la source de mes problèmes et je ne pouvais désormais plus sortir avec l'envie de m'amuser ou de poursuivre une seconde "chance" que je ne voulais pas. J'étais perdue, mise en pause, à la recherche d'un moyen de réinitialisation.

Les jours passaient accompagnés de mon ventilateur et de chips et tout s'ensuivait passivement jusqu'à ce que le téléphone sonne. Je ne répondais plus depuis un temps et laissait mon colocataire se charger de tout ça lorsqu'il revenait de son travail. Seulement, cette fois-ci, l'interlocuteur décida de laisser un message qui se diffusa dans le salon. J'entendais la voix d'Erwin Dorian, le notaire que j'avais été voir il y a de cela quelques mois. Il voulait avoir des nouvelles, je m'en doutais bien, et moi... Je ne faisais que ralentir les démarches. Étais-je prête pour tout ça ? Qu'en avais-je à faire de l'héritage de Nabu alors que tout ce que je souhaitais, c'était l'avoir à mes côtés. Si je n'écoutais qu'à moitié ce que me répétais avec délicatesse Mr. Dorian, il réussit cette fois-ci à me faire prendre conscience d'une chose : j'avais besoin de changer d'air. J'avais envie de changements, d'autres paysages, tout ce qui ne s'apparentait à pas à cette grande horloge, symbole de Storybrooke. Je souhaitais m'en aller dans une ville de nouveautés, de découvertes et surtout, de nouveau départ. L'été s'annonçait chargé pour les vols mais j'étais prête à me retrouver envahie par les grandes foules si ce n'était que de visages inconnus.

En quelques clics - dédicace spéciale à la modernité de ce monde - je trouvais un lieu de "rêve" dont j'avais entendu parlé à plusieurs reprises suivi d'un billet d'avion d'un allée sans retour... Jeudi, première heure, direction la Nouvelle-Orléans.

***

Deux valises pour un petit studio dans une résidence, loué à la semaine - et qui sait si ça ne sera plus. J'avais l'impression d'avoir signé pour autre chose qu'un petit séjour car cette ville avait comme effet immédiat d'en être émerveillée. Il était 18h lorsque je posai mes affaires dans le logement et il me fallut un claquement de doigts pour que mes affaires s'installent d'elles-mêmes dans les placards disposés pour. Le seconde d'après, j'étais changée et je passai à nouveau la porte en quête des nouveauté qu'on nous promettait tant.

En une heure, j'avais déjà pu visiter faire le tour du Jackson Square et arrivais désormais vers ce qui semblait être le lieu représentatif de la Nouvelle-Orléans, la rue Bourbon, vivante grâce à la musique, à la danse et évidemment, aux habitants très festifs la journée, encore plus la nuit. J'attendais avez impatience ce moment où je réussirais à oublier mes peines mais peut-être en attendais-je justement trop sans savoir de quoi j'avais explicitement besoin ? J'espérais tout pour rien, finalement et cela, je le compris lorsque je crus voir au loin mon défunt fiancé. Prise d'angoisse, je me retournais faire demi-tour vers un chemin opposé de l'inconnu mais rentra dans un des danseurs qui m'agrippa par le poignet pour m'inciter à danser. Il souriait aux éclats, me reluquait d'un regard brillant mais rien de ces signes de joies ne me donnait envie de m'amuser.

"Lâchez-moi.
Commençais-je sèchement. Je ne veux pas danser !"

Si seulement il était le seul danseur de la place. Or, je me retrouvais entouré d'autres professionnels et amateurs qui m'invitèrent un à un en me faisant tourner comme une girouette. Moi qui aimais tant danser, je réalisais sur le moment que mon corps ne suivait ni le rythme, ni leurs mouvements.

"Stop, j'ai dit !" Répétais-je plus fort pour me faire entendre, en vain.

Mon regard dévia sur l'orchestre à cause de qui je ne pouvais communiquer. Sous la pression de la foule et des danseurs, c'est dans un virevoltement que je tendais ma main en direction des instruments et les fis se liquéfier en un Morphix rose qui disparût dans les airs. Il n'y restait plus rien. Le silence prenait place dans la zone de la rue Bourbon et enfin, je sentais doucement reprendre le contrôle de mes mouvements. Des regards s'échangèrent, des chuchotements vinrent jusqu'à mes oreilles et soudainement, un doigt pointa dans ma direction.

"Je... Je levai deux mains face à moi. Ce n'est pas ce que vous croyez..."
J’ai vu tes peurs se cacher près de notre passé. Et laisse-moi seul, laisse-moi loin de tes côtés. Mais oublie-moi, parcours ces flots, efface mes pas...
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Diane Moon



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________________________________________ Dim 28 Juil 2019 - 0:16


A la Nouvelle Orléans
In the South Land there's a city way down on the river

A peine rentrée, de Neverland que je prévoyais déjà de repartir. Pas pour aller bien loin cela dit, mais à mon retour Apollon ayant insisté pour me préparer un petit déjeuner avait pour la première fois de sa vie, réussit quelque chose sans que la cuisine ne se transforme en un remake plus vrai que nature d’Apocalypse Now, ou bien faire brûler quoi que ce soit. Bien qu’un peu épais, ses pancakes étaient tout a fait mangeable et même bon, une fois agrémenté avec du beurre, entre chaque et le tout arrosé de sirop d’érable. Étant donné, que c’était bien la première fois, que cela m’arrivait je m’étais dit qu’il méritait au moins un cadeau, pour lui montrer que j’étais fière de lui et que je l’encourageais. Évidemment, cela ne ferait pas du bien à son égo, mais ce n’était pas cher payé comme prix, si en retour je pouvais avoir une cuisine sans désastre culinaire.

Malheureusement, Storybrooke offrait peu de possibilité lorsqu’il s’agissait de faire quelque chose sortant légèrement de l’ordinaire. C’est pourquoi, j’avais toujours prit pour habitude de partir dans une autre ville qu’elle soit aux Etats Unis ou non d’ailleurs. Pouvoir se téléporter là où je le voulais, et quand je le voulais était un don fortement utile. Et cette fois-ci, j’avais choisis comme destination la Nouvelle Orléans. Déjà, parce que je m’y rendais régulièrement, et j’y avais donc mes habitudes. De plus, je connaissais bien les boutiques de là-bas aussi n’aurais-je pas trop de mal à lui trouver quelque chose à la hauteur de l’exploit qu’il avait accomplit. Probablement, ferais-je un crochet chez ma fleuriste, et me rendrait également au cimetière Lafayette, cela faisait à mon sens une éternité que je n’avais pas déposé de fleurs à mes chasseresses. Il faudrait aussi, que je m’occupe de modifier cette plaque, étant donné que mon fils était « miraculeusement » revenue des morts. Je n’avais aucune envie de penser à Phobos aujourd’hui, étant la seule de la famille sujette à des maux de têtes, ce n’était pas le moment de m’en provoquer.

J’avais prévus de rester deux jours là-bas, afin de prendre mon temps et également de m’occuper de quelques affaires personnelles. J’avais déjà passé un coup de fil à Adelaïde pour lui confirmer mon arrivée, et mon séjour rapide ne serait-ce que pour l’avertir avant, qu’il y aurait un invité en plus. Etant donné le dernier différent familial en date, Eulalie ne passait plus prendre de cours de tir à l’arc, et de ce fait ne faisait plus non plus la dogsitter pour Sherlock. Et je voyais bien qu’elle lui manquait, aussi m’occupais-je peut-être un petit peu plus de lui, que des autres en ce moment. L’air de la Nouvelle Orléans lui ferait du bien, j’en étais convaincue, il aurait de nouveaux espaces à visiter, et le jardin à l’arrière de la maison, était suffisamment grand pour qu’il puisse s’y dégourdir les pattes.

Arrivée le soir, Adelaïde m’avait accueillit avec son Gumbo aux fruits de mer fait maison. Cette femme, était une sainte, et faisait toujours en sorte d’en faire aux fruits de mers quand elle savait que je venais, respectant mon régime alimentaire bien que comme pour beaucoup de gens, le fait que je sois la déesse de la chasse, et que je sois végétarienne semble assez antonymique. De toutes les maisons et appartements que nous possédions avec mon frère, seule celle de la Nouvelle Orléans, étant entretenue par une personne en particulier, et Adelaïde était donc la seule à connaître notre secret.

Ce matin, je m’étais rendue assez tôt au cimetière Lafayette, un bouquet de fleurs en mains. J’avais nettoyé le caveau, et déposé le bouquet de fleurs fraîches, avant de remettre l’ancienne plaque où seuls les cinq noms de mes défuntes créatures apparaissait. Je comptais, faire un bref passage à la maison afin de faire un peut de trie dans les affaires se trouvant encore ici, notamment les divers tableaux d’Apollon afin de voir, si je ne pouvais en ramener encore à Storybrooke. Après quoi, je prévoyais de passer mon après-midi à faire les boutiques afin de trouver le fameux cadeau pour mon jumeau.

Comme à son habitude, Bourbon Street était pleine de vie, et me prenant au jeu, j’acceptais plusieurs fois une danse tandis-que Sherlock, remuait joyeusement sa queue, sautillant de temps en temps tout en aboyant gaîment au rythme de la musique. Ses habitudes de pantouflard, bien présente quand je l’avais récupéré suite à la disparition de son ancienne propriétaire me semblaient bien loin, il était à présent au moins aussi énergique que sa mère. Sachant que j’étais du genre à l’amener partout avec moi, y compris lorsque je décidais de courir le matin, Athéna était de loin la golden retriever la plus active de la ville. Les choses, prirent néanmoins une tournure moins agréable, alors que ce que j’identifiais comme de la magie attira subitement l’attention des passants ainsi que des danseurs. J’ignorais si la personne l’avait fait volontairement ou non mais Arès, puis Apollon ayant ouvert les frontières du pays, puis du monde aux habitants de la ville sous réserve d’être discret particulièrement ceux dotés de dons surnaturels. Certes, nous étions dans une ère, où si les gens voulaient y croire il restait toujours un fond de scepticisme. Il suffisait de leur donner une explication rationnel et la majorité y croyait. Restait les adeptes de la théorie du complot, mais eux, il n’y avait pas trop à s’en faire. Ils passaient souvent pour ne pas dire tout le temps pour une bande d’hurluberlue.

Ma première réaction fût je l’admet d’être un brin exaspérée. J’étais venu pour trouver de quoi faire plaisir à mon frère, et voilà que je me retrouvais à rattraper les bêtises d’un habitant de Storybrooke. Pourtant, ce sentiment passa aussi vite qu’il était apparut, lorsque je « captais » les émotions de la jeune femme responsable de tout cela. Cela ne pouvait venir que d’elle, elle était la seule à ressentir quelque chose d’aussi fort au point de venir titiller mon empathie.

Décidant de faire contre mauvaise fortune bon cœur, j’agitais discrètement le sac de ma voisine devant le nez de mon chien :

- Sherlock, attrape lui ordonnais-je doucement

Il ne se le fit pas dire deux fois, attrapant à pleine dent la anse de ce dernier et se mettant à le tirer dans sa direction sous les cris indignés de la propriétaire du sac à main. Évidemment, tous les regards se tournèrent dans sa direction, tandis-que je m’éclipsais discrètement dans la direction de la jeune femme :

- Un petit coup de main ? Lui proposais-je. Je sais que vous ne me connaissez pas, mais actuellement, je suis votre meilleure option. Promis, je vous aide et après je vous fiche la paix.

Sherlock, venait à présent d’attraper le sac de la femme et filait joyeusement avec en direction de la maison. Il saurait me retrouver une fois, qu’il ne s’amuserait plus à secouer le sac dans tous les sens. C’était du cuir, et tout le monde savait que les chiens adoraient mâchouiller les objets en cuir.


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________________________________________ Ven 16 Aoû 2019 - 3:12

Ce sont les rêves qui font la loi
À la Nouvelle-Orléans

Depuis toute petite déjà, j'avais toujours aimé écouter les instruments de musique et le son unique que chacun pouvait produire. Chaque note me donnait l'indication nécessaire pour suivre la mélodie en pas de danse et la transmettre aux autres de manière différente. Je pensais que la musique pouvait se voir et non plus s'écouter simplement par la grâce d'un corps. J'aimais cette idée et aujourd'hui encore, elle me berce lorsque je travaille à la salle de sport ou lorsque je cours avec mes écouteurs le long de la plage de Storybrooke. Pourtant, je n'étais plus à Storybrooke car j'avais récemment décidé de finir mon deuil à la Nouvelle-Orléans sans penser qu'un nouveau dépaysement pouvait avoir d'autres conséquences. Le jazz de cette ville illuminée la nuit avait pris le contrôle de ma mémoire et des souvenirs avec Nabu me sont revenus comme un vif et brusque retour en arrière dont je ne semblais pas me défaire. Perturbée, j'aurais souhaité fuir si les danseurs ne m'avaient pas entouré et incité à entrer en scène avec eux. La musique ne passait pas dans mes pas qui s'emmêlaient entre eux et c'est influencée par un sentiment d'étouffement et de colère que je fis fondre les instruments que j'aimais tant auparavant. Le silence prit place.

Je reniflais en me frottant le poignet qu'on avait pas arrêté d'étreindre depuis quelques minutes. Les regards s'étaient tournés vers moi et sans moyen pour me justifier ou fuir, je ne fis que bégayer quelques mots superficiels. Je ne m'étais jamais sentie aussi mal à l'aise devant une foule et cela juste après avoir "dansée", si je puis dire. Fort heureusement, l'intention qu'on me portait ne dura pas longtemps car les grognements d'un chien amusé par le sac en cuir d'une dame vinrent progressivement me voler la vedette. Moi-même, je me demandais à qui était l'animal en question mais le remerciait intérieurement de tant s'intéresser aux accessoires de mode. Stella en serait sûrement furieuse, elle, et gronderait le chien en dépit de la foule. J'avais un peu plus le sens des priorités pour ma part et savais que quand il y avait une porte de sortie d'offerte, le mieux était de l'utiliser. C'est ce que me proposait justement la jeune femme qui se pointait face à moi alors que l'idée montait justement jusqu'au cerveau. Ses longs cheveux blonds ondulés me faisait penser à mon amie styliste, tout comme ses yeux bleus. Seulement, elle aussi avait un certain sens des priorités qui me plaisait dès l'instant où elle proposa son aide. Je scrutais le chien avec réflexion puis revint à elle pour faire le lien.

"Vous... Vous êtes la maîtresse de ce chien ?"

Si je n'étais pas encore en redescente d'émotions, j'aurais sûrement souri pour la remercier mais comme je n'agissais que rarement hypocritement, je me contentais de donner ce que je pouvais... Un regard plissé et perdu.

"D'accord pour l'aide... Bredouillais-je en regardant les alentours. Si je peux m'éclipser de tout ce qui est bruits et fêtes, je me porterais sûrement mieux. Oui je dis ça alors que je viens d'arriver ici - la ville de la musique jazz et de la fête - je sais..."

Je n'aurais pas du partir. Qu'est-ce qui m'avait pris d'écouter les conseils d'un notaire et d'une magicienne ? Si je ne me sentais pas bien à Storybrooke, pourquoi serait-ce différent dans un endroit où la magie n'est pas acceptée alors que c'est la seule chose qui me rattachait à mon monde ? Ça parait tellement logique ! Finalement, la source de ma colère ne provenait de nulle part d'autre que de moi-même.

"Votre chien prend-il le temps de savourer ce qu'il mange ? Puisque je doute que vous ayez la capacité de nous téléporter, je vous propose de nous rendre dans une ruelle jusqu'à ce que je me fasse oublier... Promis, je vous expliquerez ce qu'il s'est passé. Ça n'a rien de sorcier, hein ! Les mensonges improvisés ne me réussissaient jamais et c'est pour combler le vide après un rire sinistre que je nous extirpais des musiciens et des danseurs en agrippant sa main avant qu'un d'eux ne nous remarque. Je suis certaine que vous devez mieux connaître la Nouvelle-Orléans que moi... Alors je vous suis."

Qu'avais-je dit ? Lorsqu'on a une porte de sortie, il faut la saisir. L'inconnue qui était subitement apparue devant moi devait forcément en être une et même si j'avais cette mauvaise tendance à me méfier de tout le monde, je pouvais au moins faire un minimum confiance à la seule personne qui ne m'avait pas pointé du doigt mais avait cherché à me comprendre et à m'aider. Il y a une certaine extinction de cette espèce depuis quelques temps. Ou peut-être ne me fis-je qu'aux apparences de Storybrooke ?
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________________________________________ Mer 28 Aoû 2019 - 21:07


A la Nouvelle Orléans
In the South Land there's a city way down on the river

Si je n’avais pas fait de commentaire, un sourire amusé était venu ourlé mes lèvres à la remarque sur la téléportation. Il se trouvait justement que si, il s’agissait l’un de mes nombreux dons. Mais, l’heure n’était pas vraiment à l’humour. J’avais simplement hoché la tête pour lui confirmer que Sherlock était bien mon chien. Chaque chose en son temps, elle semblait suffisamment chamboulée comme cela et l’idée n’était pas de la braquer, ou de la rendre suspicieuse à mon égard, je souhaitais simplement l’aider. Elle pourrait estimer une fois que nous, nous serions éloignée de la foule.

- Oh, je suis certaine que Sherlock a grandement apprécié, déjà bébé il avait un faible pour les objets en cuire, comme tous ses frères et sœurs d’ailleurs. Je crois que cela leur vient de leur mère.
Admis-je avec humour.

Athéna avait eu un faible pour les chaussures de marque d’Apollon. Lorsque j’étais énervée contre lui, je la laissais délibérément, accéder à son placard où elle s’en donnait à coeur joie pour mâchouiller ce qu’elle pouvait trouver. De toute façon, ce n’était pas comme s’il ne pouvait pas en faire apparaître une nouvelle paire, totalement identique. Quand elle avait eu sa portée, en les regardant grandir je m’étais rendue compte qu’ils étaient pareils de ce côté là. Mais j’avais épargné à mon frère, une expédition de six chiots. A la place, je m’étais renseignée et j’avais trouvée de quoi remplacer les chaussures de mon jumeau.

- Bien, voilà ce que je vous propose : je devais repasser chez moi, et c’est probablement là que Sherlock m’attends. Ce n’est pas très loin d’ici, j’habite dans le vieux carré. Vous pourrez me raconter tout cela quand on y sera, même si j’ai ma théorie sur le sujet admis-je avec un sourire rassurant.

Peut-être fallait-il la rassurer et lui montrer que je n’étais pas quelqu’un dont elle devait se méfier. Vu la situation, ce serait tout à son honneur de ne pas me faire confiance. J’étais une inconnue dans une ville inconnue, et elle venait tout juste de faire une démonstration de ses pouvoirs.

- Ma théorie, est que nous venons du même endroit : une petit ville, pas si petite que cela du Maine où un jour normal est un jour à problème.

Storybrooke n’avait vraiment pas la même notion de normalité que le restant du monde. J’y étais depuis cinq ans, et j’avais vécus plus de choses ces cinq dernières années qu’en des millions d’années d’existences. Mais parfois, cette existence pouvait devenir pesante. Je ne savais pas ce qui avait poussé la jeune femme à mes côtés à prendre du temps loin de Storybrooke, mais je pouvais comprendre. Des fois, changer d’air pouvait faire du bien. Enfin, si on ne se retrouvait pas dans le genre de situation où elle venait de se retrouver. J’espérais néanmoins, que cela n’entacherais pas son séjour ici.

Il fallait dire, que j’avais une affection toute particulière pour la Nouvelle Orléans, aussi que quelqu’un ne l’apprécie pas à sa juste valeur avait tendance à me chagriner. Je ne pouvais cependant pas forcer les gens à avoir les mêmes opinions que moi, j’en étais bien consciente.

- Soit c’est cela, soit vous venez tout juste d’inventer le projecteur holographique nouvelle génération. Rassurez-vous, les gens oublieront vite, la période de l’inquisition c’est passé. On ne brûle plus les « sorcières » de nos jours. L’homme a plus foie en la technologie et la science qu’en la magie. Il suffit de donner une explication suffisamment rationnelle et ils y croient dur comme fer.

Ce qui arrangeait bien nos affaires dans le cas présent. Arrivé devant la bâtisse, c’est un concert d’aboiement qui nous accueillit. Sherlock, ravie de me revoir le faisait savoir de manière assez bruyante. Heureusement, dès qu’il eu l’attention qu’il quémandait il arrêta rapidement, tandis-que j’ouvris le portail, invitant la jeune femme à me suivre, franchissant les quelques mètres nous séparant de l’entrée avant d’enfoncer la clé à l’intérieur. Sherlock fila tel une fusée, sachant pertinemment qu’il aurait droit à ses friandises préférés pour avoir fait ce que je lui avait dit. Néanmoins, cela devrait attendre. J’avais d’abord l’intention de poser la plaque rapporté dans un meuble, et d’aller chercher mon portefeuille. Certes, je pouvais faire apparaître de l’argent à loisir, mais je faisais toujours en sorte de paraître le plus « normale » possible aux yeux des commerçant. Pour aller chez la fleuriste, je pouvais très bien annoncer que j’avais simplement de l’espèce sur moi, connaissant ses tarifs, mais pour le reste je préférais passer pour une simple citoyenne lambda.

L’intérieur en lui-même n’avait comme à son habitude pas beaucoup changé depuis la première fois où nous y avions emménagé en 1718 avec mon frère. Tout y était d’époque. Le grand couloir d’entrée débouchait sur un escalier, en le montant on pouvait y apercevoir plusieurs portraits ils étaient tous peints par mon frère et nous représentait, ainsi que mes chasseresses. Il menait à l’étage où se trouvait notamment le salon. En bas, il y avait une véranda menant sur le jardin, et la cuisine entre autre. Il fallait dire que la maison, était bien plus grande que celle de Storybrooke, l’époque n’était pas la même et faisant partie de la « haute société » de la Nouvelle Orléans, le maître mot avait toujours été de se fondre dans le décor pour nous.

- N’hésitez pas à monter, et à vous installer sur la terrasse ou dans le salon. Je vais nous prendre des rafraîchissements. Si vous souhaitez visiter, je n’y suis également pas opposé.

Tournant les talons, je prit la direction de la cuisine, probablement le seule lieu vraiment moderne de la maison, avec la salle de bain du rez-de-chaussé, celle de l’étage était plus ancienne. Sortant du frigo une bouteille de thé glacé fait maison, j’attrapais un plateau sur lequel je disposais les verres sortie des placards afin de remonter tout cela à l’étage. Mon programme se trouvait totalement bousculé, je n’avais pas prévu cela. Non pas que je m’en plaigne, l’imprévu faisait après tout partie de la vie. Et puis, je préférais largement ce genre d’imprévu à ceux qui concernaient généralement ma famille, eux je m’en passerais volontiers si j’en avais l’occasion. Maintenant que j’y songeais, je ne connaissais même pas son prénom, et je ne m’étais pas présenté. Il faudrait que je remédie à cela le plus rapidement possible.

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________________________________________ Mer 25 Sep 2019 - 15:37

Ce sont les rêves qui font la loi
À la Nouvelle-Orléans

Sherlock ne semblait pas avoir le profil du détective connu pour sa grande perspicacité et son QI supérieur à la moyenne. Néanmoins, celui-ci savait tout de même faire diversion comme personne et c'est grâce à son intervention friande que la jeune femme et moi avions pu nous éclipser d'un grand malaise qui à l'initial ne concernait que moi. Était-elle d'humeur à venir en aide aux gens désespérés dans mon cas ou bien avait-elle eu cette once de compassion et de curiosité en me voyant paniquer pour ce qui ne doit pas sembler être de la magie. Alors que c'en est. Quand on est une habitante de Storybrooke et optionnellement une fée, aucun mensonge ne vient à bout de ce qu'on vient de voir. Si je m'étais menti à moi-même, je ne me serais pas cru. Étonnamment, en lui mentant honteusement, elle n'y crut pas non plus mais ne s'en fâcha pas. Elle semblait savoir ce que c'était que de mentir pour cacher une vérité peu appréciée à sa juste valeur.

"Vous... Vous venez de Storybrooke ? Je laissais un silence de méfiance qui s'évapora après réflexion. Aucune petite ville du Maine n'avait les mêmes caractéristiques que celle de Storybrooke: un lieu de problèmes. Pour une coïncidence c'en est une... Je ne pensais pas croiser un habitant de cette ville durant mon séjour ici. C'était assez improbable, repris-je en haussant les épaules. Mais... Je suis heureuse d'être tombée sur vous. Merci de m'avoir aidé... Je pense que personne d'autre qu'un Storybrookiens aurait pu me comprendre dans ce genre de situation."

Je respirais enfin à nouveau. Dans cette foule, quelqu'un avait quand même réussi à se mettre à ma place et je ne regrettais pas que cette personne vienne du même univers magique que le mien. C'est avec un sourire rassuré aux coins de mes lèvres que je suivais sereinement l'inconnue. Le calme après la tempête me fit remarquer qu'avant sa venue, je tremblais. De peur, peut-être ? Ça n'avait jamais été un état que je supportais mais cette peur-là était toute aussi familière que celle de mon enfance. Quand j'étais petite, la solitude et le noir me faisaient peur. Même accompagné de mes professeurs, je ne m'étais jamais sentie aussi seule. Aujourd'hui, j'ai eu cette impression de faire marche arrière vers les démons de mon passé. Ce sentiment oppressant d'être entourée par des inconnus avec pourtant la sensation de ne jamais avoir été aussi seule m'avait submergé à nouveau. La dernière fois, les Winx étaient venu m'aider et avaient évanoui ces angoisses. L'inconnue qui marchait à mes côtés devait être celle qui stabilisait mon état en ce moment même.

Arrivée devant le bâtiment qui lui faisait office de maison, Sherlock le chien avait fini de mâchouiller les sacs et revenait vers sa maîtresse pour prononcer le bilan de sa mission par des aboiements. Il n'y avait sûrement plus de sac à main à l'heure qu'il était. La joie qui perlait dans son regard me fit sourire et c'est en silence je le suivais avec sa maîtresse jusqu'à l'intérieur de la bâtisse. On me laissa la permission de visiter le temps d'apporter les boissons, j'avais même le choix de choisir où nous allions nous poser.

"D'accord..." Lançais-je en balayant un regard sur l'entrée et les escaliers qui menaient à l'étage. Il n'y avait déjà plus personne pour m'entendre.

Cela faisait longtemps que je n'avais plus mis les pieds dans des grands bâtiments comme celui-ci. La dernière fois n'était pas un de mes meilleurs souvenirs, bien au contraire. Storybrooke, une ville à problèmes, c'était le cas, mais je n'en voulais pas à la ville et à sa création. J'en voulais aux gens qui y vivaient et qui gâchaient ce qu'il y avait de plus beau en elle. J'avais vécu de mauvais moments là-bas, il fallait l'avouer, et un de ceux que je souhaiterais oublier se passait dans un manoir un peu plus grand que la maison que je peux visiter. Je m'y abstiens pour autant. Souhaitant éviter l'étage, le salon et tout ce qui pouvait paraître grand, sombre, rustique ou magique, je me décidai à ressortir pour accéder à la terrasse. Dans l'attente, je remarquais que ma jambe se secouait inconsciemment lorsque j'étais assise. C'était devenu un tic dont je n'avais pas l'habitude. Étais-je impatiente de quelque chose ? Ou simplement encore angoissée ? Je passais une main sur mon genou et arrêtai tout mouvement en grommelant.

"T'es pas croyable..."

Moi qui avait fait tant d'efforts durant toutes ces années pour surmonter des problèmes de jeunesse, je me retrouvais plongée dedans et tout ça pour quoi ? Je m'agaçais moi-même en soufflant longuement lorsqu'un verre se posa face à moi. La jeune femme s'assied et prit le sien dans ses mains, je l'imitai.

"Merci encore -... Commençais-je avant de réaliser que je ne pouvais pas poser un nom sur son visage. Hum... Désolée, c'est vrai que nous n'avons même pas pris le temps de nous présenter. Je suis Aisha."

Il faisait déjà pleinement nuit en ville mais le quartier dans lequel nous étions restait particulièrement bien éclairé. C'était rassurant. Je tentais de me concentrer sur notre discussion pour ne pas penser aux restes. Il fallait que je me change les idées, après tout, c'était la raison de mon départ initialement.

"Alors... Comme ça vous vivez à la Nouvelle-Orléans ? Est-ce parce que vous vous lassiez du paysage de Storybrooke... ? Vous êtes ici depuis longtemps ? En tout cas, je ne vous avez jamais vu en ville..."

J’ai vu tes peurs se cacher près de notre passé. Et laisse-moi seul, laisse-moi loin de tes côtés. Mais oublie-moi, parcours ces flots, efface mes pas...
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________________________________________ Sam 16 Nov 2019 - 16:03


A la Nouvelle Orléans
In the South Land there's a city way down on the river

Disposant, tranquillement les boissons sur la table, j’en profitais pour m’installer à mon tour, profitant de l’air de la terrasse. Sherlock, n’appréciant pas d’être tout seul, décida de s’allonger à mes pieds. J’appris par la même occasion le nom de la jeune femme en face de moi : Aisha, tandis-qu je réfléchissais à la manière de répondre à sa question. Ce n’était pas un mystère qu’il y ait des dieux en ville, tout le monde le savait depuis le temps. Néanmoins, nous n’avions jamais fait l’unanimité, il y avait ceux que notre présence dérangeait. Oh bien sur, nous n’étions plus à l’époque de « ni divin ni soumis. » Un club anti-divin comportant trois membres dont l’une d’elles était justement une déesse. D’un côté, il fallait bien admettre que les deux personnes qui l’avaient fondés n’avaient pas vraiment inventé l’eau chaude sans vouloir être condescendante. Elles n’avaient jamais compris, que tous les bons conseils d’Aphrodite n’étaient là que pour les torpiller de l’intérieur et les couvrir de ridicules. Ma sœur, n’avait jamais vraiment été quelqu’un de charitable. En réalité, Aphrodite pouvait s’avérer être une véritable garce quand elle le voulait. D’ailleurs, parmi toutes les autres déesses j’étais la seule à réellement l’apprécier. Probablement, parce que je ne m’étais jamais sentie « menacée » ou bien en « rivalité » avec elle.

Mais en ce qui concernait notre présence en ville, il y avait ceux qui ne s’y intéressaient pas plus que cela, ceux qui voulaient à tout prix « entrer » dans notre monde, et ceux qui nous tenaient responsable de tous les malheurs de la terre alors que dans quatre vingt dix neuf pourcent des cas, les Storybrookien se débrouillaient parfaitement bien sans que nous ayons à intervenir pour se fourrer dans des ennuis. La ville était après tout connu pour cela. Et puis, excepté la révélation de début d’année il y avait longtemps qu’un de nos « problèmes » n’avaient eu aucun impacte sur d’autres personnes que eh bien nous.

- De mon côté, je me nomme Diane. Et il est normal que nous ne nous soyons pas croisés avant, Storybrooke n'est pas si petite que cela, et je suis quelqu'un de plutôt discret, ma maison se trouve en bordure de la forêt. Je ne vie ici qu’occasionnellement. En réalité, je suis venue pour acheter un cadeau à mon frère. Pour la première fois, il a réussit à cuisiner un plat comestible. Cela n’a l’air de rien mais quant on le connaît c’est un exploit qui mérite d’être souligné. D'ailleurs, vous avez peut-être déjà vu son visage, ou entendu parlé de lui. C'est un grand blond à l'air plutôt gentil.

Apollon ne manquait pas de bonne volonté, mais ses talents culinaires étaient pour le moins médiocre il fallait hélas l’admettre. Ses crêpes terminaient généralement à moitié carbonisé et la cuisine tenait plus du champ de bataille qu’autre chose une fois l’ouragan Apollon passé. Même un simple sandwich était une épreuve pour lui. Alors, qu’il ait réussit des pancakes après des siècles à tenter de cuisiner sans succès tenait quasiment du miracle. Il méritait bien un peu d’encouragement, si c’était pour continuer à progresser je ne disais pas non et ce n’était pas Tony, le cuisinier d’Olympe qui dirait le contraire.

- Sans le vouloir, vous aviez effectivement vu juste tout à l’heure au sujet de la téléportation. Cela fait bien partis du panel de pouvoirs que je possède.

Mais je n’étais pas là, pour discuter de ce que je savais faire ou non. Ce n’était après tout que des détails, et puis j’avais horreur d’étaler mes pouvoirs, cela me donnait toujours une impression d’arrogance et la sensation qui l’accompagnait me mettait mal à l’aise.

- C’est la première fois que vous venez ? Si c’est le cas, j’espère que l’incident de tout à l’heure n’aura pas entaché votre vision de la ville, ni même perturbé votre séjour ici. C’est une ville qui mérite d’être connus, mais peut-être mon avis est-il un peu biaisé étant donné l’affection que j’ai pour cet endroit admis-je.

Ce n’était pourtant pas la première colonie que j’avais vu. Après, l’incident évité avec Louis XIV, nous nous étions embarqué pour le nouveau monde avec Apollon. Néanmoins, nous restions rarement bien longtemps au même endroit. A moins de se tuer volontairement, afin d’enclencher la régénération et de ce fait, pouvoir changer d’apparence, nous ne subissions pas le poids des âges. Nous demeurions inchangé et aux yeux des mortels, c’était quelque chose de délicat. Notre secret ne devait surtout pas être découvert, aussi restions nous quelques années à un endroit, après quoi nous faisions nos bagages en quête d’une nouvelle terre prête à nous accueillir. Il arrivait que nous changions simplement de ville, et des fois nous changions carrément de pays. En Amérique, nous étions resté un certain nombres d’années, pour finir par arriver à la Nouvelle Orléans lors de sa construction. De tous les endroits où nous avions été, celui-ci me parlait définitivement. Et nous y avions fait des sauts réguliers, au point que ce soit le premier endroit où j’ai souhaité me réfugier après la grande guerre divine.

- Il y a pas beaucoup d’endroit à voir, et pour tous les goûts. Si vous aimez les histoires de fantôme il y a par exemple le cimetière Lafayette ou bien la maison de Delphine Lalaurie ici dans le quartier français. Si l’on aime avoir une vie nocturne plutôt agitée, le mieux c’est Bourbon street. Si on a une sensibilité pour l’art, je conseil le Warehouse District c’est le quartier en vogue dans lequel se trouve de nombreux musés.


Et voilà, songeais-je en m’interrompant, je recommençais. Mon amour pour La Nouvelle Orléans faisait que je me mettais souvent à parler comme un guide touristique.

- Navrée, vous l’aurez remarqué j’entretiens une relation particulière avec cette ville, si bien que lorsque je commence à en parler impossible de m’arrêter, je suis pire qu’un guide touristique admis-je avec dérision.

Autant tourner la chose avec humour, je savais pertinemment que ma langue se déliait d’elle même lorsque l’on parlait de La Nouvelle Orléans, c’était pareille lorsque l’on abordait l’un des nombreux sujets me tenant à coeur. C’était l’un des rares moments où je sortais de ma réserve naturelle, et où je laissais un côté plus passionné de moi s’exprimer.

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________________________________________ Mer 20 Nov 2019 - 16:57

Ce sont les rêves qui font la loi
À la Nouvelle-Orléans

Il avait fallu que j'attire l'attention sur moi pour qu'on vienne à mon secours - encore une fois. Je me sentais quelque peu impuissante et surtout pathétique depuis quelques mois et ce sentiment ne faisait qu'empirer quand, tremblante, j'attendais la jeune Storybrookienne qui m'avait aidé à me sortir de la foule. Trop curieuse, forcément, ils s'étaient tous demandés comment j'avais pu liquéfier un objet sans même avoir eu à le toucher. Si j'avais fait une overdose d'étrangeté à Storybrooke, je gardais tout de même certaines racines, je baignais dans tout ce qui sortait de l'ordinaire. Cela, Diane pouvait le comprendre et c'est pourquoi je la remerciais d'avoir été là au bon moment.

Elle me parlait spontanément et ouvertement de la raison de sa venue à la Nouvelle-Orléans, son frère, ce qui m'en décrocha un sourire. Les relations fraternelles m'avaient toujours fasciné pour la simple raison, peut-être, que je n'y avais jamais eu droit même si je savais ma famille relativement soudée. Avoir un frère aurait pu m'être précieux, je pense, mais comme n'importe quel membre de ma famille ou entourage auquel je tiens, j'aurais eu peur de le perdre.

"Et bien, comme vous dites, Storybrooke est un endroit assez peuplé,
riais-je légèrement. J'ai croisé beaucoup d'hommes grands et blonds en ville mais peut-être que si vous me disiez son nom, je pourrais me souvenir de quelque chose. Je ne suis pas très portée sur l'actualité donc je ne peux rien vous promettre."

Plus je passais du temps dans cette ville, moins j'avais pris le temps de me consacrer à ses habitants. Ceux qui s'approchaient de moi, déjà, avaient eu le cran et la faculté de me détruire à petit feu, alors pourquoi aller plus loin ? Je n'étais pas suicidaire même si on pouvait m'y pousser, tout ce que je souhaitais était de trouver ma place et je réalisais de plus en plus que la ville n'était pas faite pour moi.

"Vraiment ? Souriais-je, surprise, en apprenant un de ses pouvoirs. Je vous assure que c'était un pur hasard... Je connais très peu de personnes qui savent se téléporter et à vrai dire, je n'en ai jamais vu qui pouvaient se téléporter en dehors de Storybrooke. Êtes-vous une sorte de fée ? Ou bien une sorcière ou peut-être une magicienne ? Ma curiosité me perdra. Storybrooke, avec ou sans magie, on la frôle toujours à un moment donné, je suppose."

Diane me demandait la raison de ma venue ici en espérant que le début de mon séjour ne gâche en rien l'image que je dois me faire de la Nouvelle-Orléans. Je secouai la tête de droite à gauche dans un geste assuré qu'il n'y avait aucun lien entre ce qu'il s'était passé et la ville en elle-même.

"Non, je vous assure que ça n'a rien entaché du tout ! Ce n'est pas la faute des habitants ou de la ville en elle-même qui est vraiment magnifique et très festive, comme on a pu me la décrire. Je suis vraiment heureuse d'être ici même si je ne l'avais pas très bien laissé paraître...
Je serrai mon verre entre mes mains en baissant mon regard sur celui-ci. J'avais juste besoin... de me changer les idées. Vous devez comprendre que Storybrooke peut être un environnement parfois étouffant ou oppressant. Certaines aventures n'ont pas un impact très positif sur nous, on souhaiterait presque qu'il n'y en ai pas eu. Alors on s'installe dans un lieu qui n'a pas de problèmes. D'ailleurs, je trouve que c'est une excellente idée que d'avoir une deuxième maison dans une ville étrangère, banale si j'oserais dire, quoique charmante. Je ne souhaitais pas dévaloriser la Nouvelle-Orléans et tous les trésors qu'elle pouvait contenir. Je suis sûre qu'on y trouve pleins de belles choses."

De fil en aiguille, j'avais lancé la jeune femme dans un petit sommaire des activités à effectuer ici qui agrandissait un sourire rêveur sur mon visage. Je ne connaissais pas exactement tous les lieux dont elle me parlait mais je savais déjà que j'avais envie de passer dans certains au vu de l'enthousiasme avec laquelle elle en parlait. J'hésitais à rire quand elle s'interrompit d'elle-même.

"Je vous en prie, il n'y a pas de mal ! On valorise ce qu'on aime et je le comprends. Je suis sûre que vous avez toutes les raisons d'adorer cette ville et bientôt, je suis certaine que ça sera mon cas aussi. Évidemment, j'avais tenté Bourbon Street pour sa réputation d'une place dynamique avec de la musique et de la danse, deux domaines qui me passionnent, mais peut-être y suis-je allée trop vite pour une personne qui souhaitait retrouver du calme... J'aurais du commencer par le musée."

Non que l'art me passionne particulièrement mais j'aurais sûrement évité certains problèmes.

"Si vous avez des endroits que je ne devrais pas rater à me conseiller, je vous promets de les essayer dans la semaine.
J'haussais les épaules. Tout ce que je souhaite, c'est me changer les idées et oublier un instant que je suis une fée et aussi une habitante de Storybrooke. J'ai perdu trop d'énergies là-bas à chercher à bâtir quelque chose sans véritables bases. Il faut que je me retrouve et même si ça ne se voyait pas tout à l'heure, je pense que la Nouvelle-Orléans peut m'y aider."

En silence, je posais mon verre et observais le chien de Diane dormir auprès d'elle. Quand il ne mordait pas les affaires des autres, il ressemblait à un véritable petit ange qui ne voudrait de mal à personne. Lorsque je levais les yeux, je pouvais distinctement voir les étoiles se dessiner dans la nuit. L'air était frais, c'était agréable.

"Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour avoir une maison comme celle-ci dans un environnement comme celui-ci. Vous devez vraiment être tranquille, sans problèmes à gérer toutes les dixièmes de secondes, sans qu'il n'y ait de meurtres ou de supervilains qui tentent de s'en prendre à la ville ou de la détruire. Bref... Un endroit sans histoire."


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________________________________________ Aujourd'hui à 0:27


A la Nouvelle Orléans
In the South Land there's a city way down on the river

J’enviais la capacité d’Aisha à rester loin de l’actualité de la ville. Cela allégerait considérablement ma charge mentale si je pouvais en faire de même. Malheureusement, certaines vieilles habitudes avaient la vie dur. Lorsque Bodhi était à la tête de la Mairie, j’avais souvent fait la navette entre Olympe et cette dernière. A l’époque, c’était encore Arès qui dirigeait et il n’était pas la personne la plus diplomate qui existe, ce qui était logique pour le dieu de la guerre quelque part. Athéna, avait souvent plus de capacités lorsqu’il s’agissait d’arrondir les angles et ce même si par moment elle pouvait se montrer aussi obtus que lui.

Depuis cette époque, les maires s’étaient succédé et j’avais depuis longtemps laissé tomber ce rôle de diplomate. Pour autant, j’avais toujours gardé un œil sur l’actualité. Peut-être parce qu’au fond malgré sa réputation je m’étais attachée à cette ville. Certes, elle n’était pas la plus tranquille qui existe j’en avais parfaitement conscience, mais il s’agissait également de l’unique endroit où je pouvais être moi, sans me cacher. Personne n’avait jamais su qui j’étais réellement au cour des siècles passé à fouler cette terre, j’avais eu plusieurs identité, et il arrivait forcément un moment où je me devais de m’en aller, afin de ne pas éveiller les soupçons. Ici ce n’était pas le cas, c’était la première fois de ma vie où j’éprouvais ce besoin de me sédentariser. Pour autant, je comprenais qu’Aisha ait besoin de prendre le large. Le quotidien à Storybrooke, pouvait très vite s’avérer pesant.

- Ce que je vais vous dire va peut-être vous surprendre mais je ne vois pas comme une mauvaise chose de ne pas nécessairement porter grand intérêt à l’actualité. Dans un sens, cela permet d’être plus libre, et d’ôter une charge mentale supplémentaire. Storybrooke, et son quotidien prends déjà pas mal d’énergie. C’est en partie pour cela, que lorsque j’ai l’occasion de venir ici, j’ai un peu l’impression de revivre. Je n’y reste jamais trop longtemps car je ne puis me le permettre, mais de temps en temps cela fait du bien de s’éloigner et de prendre du temps pour soit, sans être parasité par les potentiels invasions de vilains, ou autres problèmes familiaux.

En terme de charge mentale, les soucis divins étaient sûrement ce qui en prenaient le plus pour moi. J’avais accepté de seconder Apollon, cela voulait dire prendre une charge supplémentaire sur mes épaules, afin de la lui ôter. S’il était mon pilier, j’étais également le sien. Et pour cela, je me refusais de faiblir. Qu’importe les enjeux ou les épreuves je me devais de rester aussi solide que le roc. Car si je flanchais, il flanchait avec moi hors, nous pouvions tout sauf nous le permettre en ce moment.

- Je ne suis pas vraiment une magicienne, je suis autre...Chose. En fait tout comme les autres habitants de Storybrooke, j’ai deux noms, mais le second ne m’a pas été attribué par la malédiction. Je ne viens même pas du monde des contes, mais du monde réel. Simplement, j’ai dût apprendre à me fondre dans la masse, pour éviter que l’on ne devine qui j’étais réellement, et cela est passé par l’attribution d’une nouvelle identité. Diane, c’est le nom que je me suis choisit, et l’un des nombreux noms que l’on m’a donné. Mais il a toujours été mon préféré. Les Egyptiens m’appelaient Isis, les Romains m’ont donné le nom de Diane, mais ce sont les Grecs qui ont su le mieux visé en utilisant mon vrai nom : Artémis. Pour autant, j’insiste sur le fait d’être appelée Diane, et je ne souhaite pas être traité autrement que comme une personne normale.

Mon ton s’était fait plus ferme sur cette dernière phrase. Nombres de personnes avaient commis des actes répréhensibles en nos noms au fil des siècles. Celui qui en avait le plus souffert était sans conteste Apollon. On avait sacrifié la femme qu’il aimait et son enfant à venir, je ne pouvais même pas imaginer ne serait-ce que le quart de sa souffrance. Mon frère était un habile comédien, et il me connaissait fort bien il savait à quel point je me serais inquiété pour lui, s’il m’avait fait part de cet épisode lui-même. Alors, il avait réussit à dissimuler ses sentiments même à mon empathie et même à notre lien. Aujourd’hui encore, j’ignorais comment il avait réussit un tel tour de force, cela forcerait sans doute mon admiration si je n’avais pas été aussi triste et aussi en colère lorsque je l’avais appris.

- J’ai une idée, et si pendant que je suis encore là, je vous faisais visiter la ville à ma manière ? Cela ne risque pas d’être très conventionnel, mais si vous souhaitez vous changer les idées et oublier Storybrooke je peux vous garantir qu’il n’y a pas meilleur moyen. Je vous donnerais quelques conseils également concernant le reste de votre séjour. Enfin, si vous le souhaitez bien sur je ne vous oblige à rien.


Je préférais clarifier la situation dès le départ afin qu’il n’y ait aucun mal entendue entre nous. C’était encore la meilleure chose à faire afin d’éviter tout potentiel problème de communication. Après tout, loin de moi l’idée de lui forcer la main ou de l’obliger à quoi que ce soit. Simplement, je m’étais dit qu’il serait plus intelligent de faire d’une pierre deux coups. Lui faire visiter la ville, et par la même occasion j’en profiterais pour chercher un cadeau pour Apollon. Cela ne me faisait pas dévier de mon programme initial, et puis j’espérais pouvoir lui faire découvrir La Nouvelle Orléans sous un jour différent, de celui que l’on trouvait dans les guides touristiques. J’avais fait tellement d’aller/retour ici, que j’étais un véritable puis de connaissance et d’anecdote en tout genre que même les meilleurs historiens ne connaissaient pas. De plus, j’étais toujours ravis à l’idée de parler de ce lieu, la dernière fois c’était avec Ellie et cela remontait bien à cinq ans maintenant, bientôt six d’ailleurs maintenant que j’y pensais.

- Le choix est entièrement vôtre, si c’est non je n’insisterais pas promis.

Je n’avais qu’une parole de toute façon, je détestais les personnes qui revenaient sur ce qu’elles avaient dit, ou changeaient de version quand cela les arrangeait il y en avait bien trop dans ma famille.
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