« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
sans jamais vous laisser décourager. » (Walt Disney)

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 La Rose d'Arimathie } Erwin

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Alexis E. Child



«Muerte, la mort!
Né l'oubliez yamais!
Pitis voyous!»


Alexis E. Child


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________________________________________ Mer 9 Sep 2020 - 1:10




Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
On se retrouvera tous les deux,
Mon grand Paris.


J’étais en colère. Brusquement. Comme ça, sorti de nulle part. Comme si je décantais de ce que j’avais subit à mesure que les secondes s’égrainaient. Pendant les premières secondes qui avaient suivi la danse, je me remerciais d’avoir encore son bras pour me soutenir. J'étais certaine que s’il me lâchait, je finirai par m’effondrer. L’afflux de sang qui circulait dans mes jambes était perceptible. Tant est si bien que j’avais l’impression de ne plus marcher droit, de trembler au moindre de mes mouvements. J’aurai bien accueilli une pause avec un plaisir non dissimulé. Un moment où m’asseoir, loin des regards, loin de lui. Seule. M'asseoir et penser. Mais ça ne m’était pas permit et j’avais enchaîné. Enchainé avec la gêne. Toujours concentrée sur mon rôle, tentant du mieux que je pouvais de renvoyer la lumière que je recevais pour aveugler les autres, les empêcher de se concentrer sur moi, sur Alexis. Marie était le seul rempart qui me restait, une fine couche de miroir qui ferait tout le travail. J’avais presque accueilli les remarques grasses de l’ambassadeur avec bénédiction car tant que je me concentré sur lui, je ne pensais pas à Lui. A ça. A ce qui venait de se passer. Et pourtant il ne me lâchait pas, comme il l’avait si bien dit. J’avais senti sa main remonter le long de mon dos comme un serpent constricteur avant de se poser sur mon épaule. Je n’avais pas bougé même si j’avais une furieuse envie de dégager sa main, de par la honte que tout cela me provoquait. J'étais au milieu d’un combat de coq. Il était normal qu’Edward défende son honneur auprès de sa femme face à celui qui se fichait comme de l’an 40 de paraître grossier et intrusif. Mais quelque chose en moins me faisait penser que plus que la main d’Edward, c’était la main d’Erwin et son jeu étrange et je ne pouvais l’accepter. Oui. Le contact de ses doigts sur ma peau, le tissu de ma robe et les yeux brillants de Ronchetti. Il n’y avait aucun doute possible. J’étais un steak au milieu de deux pitbulls affamés.

Et on en était arrivé à la colère. Pile au moment où je devais être le plus concentré. Dans cette salle calfeutrée, à l’allure austère et sombre autour d’un tableau d’une valeur inestimable que jamais dans ma vie, avant cette histoire de Templiers, je n’aurai pu imaginer possible. Et pourtant, elle était devant moi cette Vierge, presque sous mes doigts, à quelques centimètres de mon index. Je m’étais figuré ce moment de nombreuses fois, un moment que j’imaginais comme plein de tension pour ce que je faisais et plein d’émerveillement pour ce que je voyais. Et au lieu de tout ça, une colère sourde montait en moi. Je l’avais senti s’insinuer dans mon dos et j’avais réprimé un quelconque mouvement de rigidité, me contentant de juste serrer la mâchoire lorsque j’avais senti plus fortement son parfum, me relever qu’il avait passé sa tête au-dessus de mon épaule, sa joue sans doute pas très loin de la mienne. Je n’arrivais pas m’expliquer cette émotion qui me prenait aux tripes, il ne faisait pourtant que son boulot, jouer un rôle. Plus d’un mari aurait eu cette attitude. Mais je n’arrivais pas à m’enlever de ma tête ses yeux... ses terribles yeux qui m’avaient prouvé à quel point il s’amusait de la situation. Il en prenait toute la hauteur, me poussant un peu plus dans mes retranchements à chaque seconde. Il m’avait d’abord prise entre ses griffes, il m’envelopper de son aura et je n’avais ni le moyen d’avancer au risque de renverser le tableau, ni de reculer au risque de me coller davantage contre lui. Je m’étais donc concentré sur ma tâche, tentant à défaut de comprendre mon état d’au moins le calmer. J’étais presque sûre de moi et pourtant j’avais toujours cette petite voix au fond de moi qui me disait “et si j’avais tort ? Mériterait-il toutes les foudres qui risquait de s’abattre sur lui ?” Bien sûr que non.

- Je suis entièrement d’accord avec toi... rares sont ceux qui savaient manier les nuances comme De Vinci le faisait malheureusement...

Je m’étais penchée un peu plus en avant, toujours jouant du rôle mon rôle d’observatrice tout en scannant une nouvelle partie de ce qui devait l’être. Ce mouvement m’avait aussi permis de confirmer un nouveau doute qui avait germé dans mon esprit quelques secondes plus tôt, quand son geste de la tête avait parfaitement suivi le mien. J’étais stupide, une fois de plus. Je comprenais maintenant qu’il jouait sans doute moins de cette position qui ne cherchait à comprendre pourquoi je portais des lunettes. Il avait sûrement vu un James Bond, ne serait-ce qu’au moins durant la malédiction et il ne m’avait jamais vu avec ses lunettes, la curiosité l’avait sans doute piqué, voilà tout. J’avais fini par enlever mes lunettes et mes gants avec un soupire, épuisée par toutes les questions qui tournoyaient dans ma tête. Je me posais beaucoup trop de question. Il fallait que je me recentre définitivement au risque de perdre Marie en chemin.

Et l’ambassadeur m’avait donné l’occasion parfaite. Plus par reflexe que par envie, je m’étais saisie de la main de mon “mari” pour éviter de devoir toucher l’autre homme une nouvelle fois. Quitte à devoir douter des deux hommes et à ressentir un profond malaise en leur compagnie, je préférai encore le faire avec Erwin, j’avais largement moins l’impression d’être de retour au Rabbit Hole, bien que je n’avais jamais eu honte de ce moment de ma vie. Je lui avais tout de même promis une danse et il me fallut tous les efforts du monde pour ne pas tourner mes yeux ébahit vers le notaire lorsqu’il vola à mon secours. Déjà il parlait italien. Un mystère de résolu. Il parlait très bien italien et je me demandais à présent combien d’autres langues il possédait. C’était plutôt inattendu pour un homme comme lui. Non pas parce qu’il dégageait mais parce que je savais qu’il venait du monde des contes, un monde où les langues n’avaient pas vraiment de frontière comme chez nous, où la géographie se voulait souvent plus simpliste. Je supposais donc que la malédiction lui avait donné ces talents ou qu’il les avait appris sur le tard. La seconde chose qui me souffla, ce fut la violence de ses mots, sans pour autant se départir de sa courtoisie. J’aurai sans doute éclaté de rire si j’en avais eu la possibilité. Il était bien plus piquant que je ne l’avais imaginé, sous ses airs policés. J’avais évité le regard de l’ambassadeur qui s’était mis à briller d’une lueur plutôt dangereuse et Erwin nous tira de ce pas en nous proposant de boire un verre. C’était bientôt la bouteille qu’il allait me falloir à ce rythme. J’avais eu un léger pouffement de rire amusé en l’entendant me donner un nouveau surnom, toujours dans une langue différente et je l’avais suivi dehors, me jetant sur le premier plateau à ma portée.

J'avais bu quelques gorgées sous le regard amusé d’Erwin qui s’était stoppé dans son mouvement, en m’ayant aussi pris de son côté une coupe. Il la reposa et je me gardai bien de lui préciser que j’aurai pu tout aussi bien engloutir la sienne également. Ne serait-ce que pour tenir le choc. Mais je m’y refuser, car ce serait déjà lui avouer que j’en aurai besoin, ensuite parce que je refusais de me voir partir à des divagations alcoolisées dans un moment pareil. Je m’étais contenté d’un sourire en plongeant férocement mes yeux dans les siens, après avoir pourtant éviter son regard jusqu’alors. Son sourire amusé avec réanimé une partie de ma colère.

- C’est très gentil mon ange, mais tu sais bien que j’ai appris à me débrouiller seule depuis longtemps...

Une façon plus ou moins clair de lui demander de me lâcher trois secondes. Je n’étais pas une pauvre petite chose qu’il se devait de manipuler pour mon propre bien. On était associés, il n’était pas là pour me gérer et je me rendais compte à présent que la relation avait commencé à se glisser dangereusement vers cette idée et que c’était cela qui m’énervait. Il me parla ensuite du tableau et je vis à la commissure de ses lèvres un début de sourire complice qui me poussait à accepter le double sens de sa phrase. Il faisait redescendre la pression et ma colère en même temps, tout en précisant qu’il avait compris à quoi servait les lunettes. C’était sans doute aussi ce qui m’avait aidé à me calmer, la confirmation que c’était bien cela qu’il cherchait à voir à travers sa posture de tout à l’heure. Sa seconde question eu tout de même le dos de remonter mon rythme cardiaque. J'avais l’impression d’être sur des montagnes russes, oscillant entre des moments plus doux et des moments plus violents de chute vertigineuse.

- C’est à lui que j’ai promis une danse non ? Il ne me semble pas t’en avoir promise une nouvelle...

J’avais levé les yeux vers le plafond de la galerie, faussement pensive avant de reposer mon regard sur lui, un léger sourire au coin des lèvres, crispé cependant. Une fois de plus, il apaisa la tension qui naissait en moi, me proposant un tour dans la galerie, réveillant en moi comme un électrochoc la suite du plan.

- Excellente idée, oui !

J’avais balayé son compliment d’un revers de tête :

- Et toi tu es un incorrigible flatteur.

Une façon pour moi de refuser que le jeu ne retombe qu’entre ses mains, que toute la situation bascule de nouveau. J’avais pris son bras et nous étions éloignés de la piste de danser vers le fond de la galerie ou peu de gens se trouvaient. C’était évident, malgré la beauté du lieu, l’incroyable chance qu’ils avaient, les gens restaient toujours fidèlement collés au buffet à l’alcool. Sans compter que toutes ces personnes avaient l’habitude d’être des privilégiées. Elles ne pouvaient pas être aussi éblouies que moi par la chance qui m’était offerte. Erwin était encore un cas à part. Il était loin d’être dans ma situation et pourtant il semblait vraiment sincère dans sa volonté de découvrir la galerie. Décidément, sa passion pour l’art n’était vraiment pas feinte.

- Marie !

Je m’étais retourné sur le coup du choc tant son cri avait été puissant, raisonnant dans le reste du long couloir. Baptiste avait dû se rendre compte que sa bêtise puisqu’il avait entré la tête dans ses épaules en courant vers moi avec un éclat de rire nerveux.

- Je ne voulais pas te faire peur, ma belle mais j’étais sûre que je te trouverai là. Tout se passe bien ?

Il avait tourné la tête vers Erwin avec un sourire, la question lui étant sans aucun doute plus destinée. Il me tandis ensuite un petit catalogue de quelques pages que je connaissais bien pour lui en avoir soumis l’idée.

- J’ai oublié de te le donner tout à l’heure et j’ai suivi ton conseil...

Il avait pointé les panneaux blancs qui se trouvait devant quelques œuvres. Sans que je ne sache pourquoi, il m’avait été demandé de suggérer à Baptiste de spécifier les œuvres qui se trouvaient généralement là ainsi que de les recenser dans le fascicule que j’avais à présent entre les mains.

- C’est magnifique Baptiste, nous allions découvrir ça justement...

Il me sourit, radieux avant de nous souhaiter une bonne visite et de s’enfuir une nouvelle fois. Je commençais à comprendre que si je n’étais pas au courant de plus, c’était peut-être qu’Erwin était le destinataire de cette attention. Il y avait forcément une relation de donnant-donnant même si j’ignorais de quoi il s’agissait. Un homme ne pouvait décemment pas juste accepter une mission comme ça pour le goût du risque. Je lui tandis alors je livret en lui précisant sans le regarder, les yeux river vers le premier tableau.

- C’est pour toi je crois... daaaarling.

Nous étions bien plus éloignées des autres, je pouvais bien me permettre une pique moqueuse, non ? Il n’avait pas arrêté de la soirée. Je m’étais abstenue de toute question et de tout commentaire en revanche car cela ne me regardait pas. C’était sans doute une des premières règles que j’avais appris du Temple. Moi qui étais beaucoup trop curieuse, j’avais appris à mes dépends que ce que je ne savais pas m’étais caché pour mon plus grand bien et qu’il y avait des secrets que je n’étais pas digne de connaître. Nous avions fait une bonne partie de la galerie quand j’avais décidé de mettre la suite de ce qu’on m’avait demandé en exécution. Je m’étais alors tourné vers lui.

- Tu m’excuses ? Je crois que le trop de champagne aura eu raison de moi...

Sans un mot de plus, je l’avais planté au milieu de la galerie, pas trop mécontente de le faire, je devais l’avouer. J’avais presque l’impression d’assouvir une petite vengeance qu’il n’avait pourtant pas lieu d’être. J’étais passé devant l’un des serveurs et je m’étais engouffrée dans les toilettes, soulagée de m’échapper enfin de cette emprise. J’avais posé ma pochette sur le lavabo et m’étais observé pendant quelques minutes dans le miroir. Il fallait que je me calme. Ça allait aller. Il fallait que Marie revienne. J’avais croisé son regard une fois de plus en le quittant et ça avait été la fois de trop. J’avais presque l’impression que j’allais le vomir son regard...

Reprenant mes affaires, j’étais alors rentrée dans l’une des cabines, refermant le verrou derrière moi et abaissait le haut de la cuvette pour m’y asseoir. Tant pis... il attendrait...



Pendant ce temps...

Enora venait de passer devant lui et il s’était légèrement décalé pour éviter qu’elle ne bouscule son plateau. Elle n’avait même pas daigné lui lancer un regard. Avait-elle seulement vu qu’il était là ? Ne s’en formalisant pas plus que cela, il avançait vers sa cible, faisant mine de lui proposer un petit four. Sans cérémonie, il précisa d’emblée :

- Monsieur, je pense que vous avez fait tomber votre stylo...

Il s’était alors penché habillement sans que le plateau ne bouge pour ramasser un stylo qui venait presque d’apparaître au sol. Il tendit alors le mot blanc à Dorian en le regardant droit dans les yeux, d’un air sérieux, lui précisant en un seul regard “Vous savez ce que vous avez à faire”. Il glissa les yeux sur le fascicule qu’il avait entre les mains avant de préciser :

- Si vous avez besoin d’autre chose, n’hésitez pas à me solliciter, je reviens dans quelques minutes.

Il avait repris sa route en direction du reste de l’assistance. Il savait qu’il y en aurait environ pour 15 minutes. Un temps court à la vue du nombre de tableaux à passer en revue. Mais ils savaient qu’il avait déjà un train d’avance. Il était venu avec sa femme quelques mois auparavant. Il savait quel tableau aurait dû être là, quel tableau pouvait finir en sa possession. Il n’avait plus qu’à choisir. 15 minutes était largement suffisant. Enora avait reçu la même instruction, il avait presque envie de rire à l’imaginer poireauter pendant tout ce dans les latrines, mais ce n’était pas son problème. Tout le monde avait son rôle à jouer. Lors de la fin du temps imparti, il repassa auprès de Dorian, récupérer avec habileté le fascicule qu’il dissimula sous son plateau et disparut de la soirée, tandis qu’Enora sortait en fin de son trou.



Retour à Alexis.

15 minutes. Quand on me l’avait dit, ça m’avait semblé interminable. Finalement, ça ne l’était pas tant que cela. 10 minutes pour la salle de bain. 5 pour l’ambassadeur. Je n’avais pas envisagé que je prendrai ce temps pour me recentrer, pour oublier tout cela. Les minutes étaient passées tellement vite... Il m’aurait sans doute fallu un peu plus de temps. J'avais envisagé de désobéir, de prendre les minutes supplémentaires mais je m’étais reprise en secouant la tête. C’était stupide. C’était qu’une foutue danse. Un foutu baiser. Il jouait un rôle. Il fallait d’être parano. Ou alors il fallait attendre la fin de la mission pour se permettre de l’être, rien d’autre n’avait d’importance que Marie. J'avais fermé les yeux et j’avais presque vu le visage du Grand Maître devant moi. C’était un jeu. Juste un jeu... pas vrai ?

J’avais fini par sortir des toilettes pour me laver les mains. J'aurai rêvé me passer le visage à grande eau mais c’était un désastre assuré pour tout ce maquillage que j’avais appliqué avec tant de précision. Je m’étais donc contenté d’accueillir l’eau froide sur mes mains avec bonheur. Une fois sortie, je n’étais pas revenue sur mes pas, constatant avant de bifurquer qu’Erwin observait toujours un tableau ou du moins le panneau qui était en dessous. J’avais contourné la galerie par l’une des autres adjacentes et ouvertes uniquement pour le passage et des raisons de sécurité et j’étais revenue au point de départ, au buffet, là où l’ambassadeur :

Bella !

Je lui avais souris avant de le rejoindre. Il avait ajouté sur un ton moqueur :

- Tu t’es déjà débarrassé de ton mari ? Je pensais que ça te prendrait plus longtemps...

Je m’étais contenté d’éclaté de rire en lui tapant gentiment sur l’épaule :

- Ne soyez pas si médisant. Je l’ai laissé à la contemplation de son tableau tandis que je me souvenais que je vous devais encore une danse...

Puisqu’il le fallait... Je creusais déjà le terrain pour la prochaine mission. 15 minutes à le laisser seul aurait aussi été trop visible, c’était ainsi qu’on en était arrivé à l’idée de faire d’une pierre deux coups. Il m’avait alors amené sur la piste de danse et j’en avais profité pour relever rapidement sa main qui me semblait un peu trop basse à mon goût en l’observant d’un regard sévère, comme pour lui rappeler avec une pointe d’amusement que j’étais désormais mariée. La danse se passa normalement et pour une fois, je fus capable de suivre la mesure et la musique sans avoir l’impression de le perdre dans un tourbillon de douleur et d’apaisement. Marco avait beaucoup parlé et je m’étais contenté de beaucoup rire parce que c’était ainsi que marchait les choses dans son monde. A la fin de la danse, il me gratifia d’un baisemain que j’acceptais à contre-cœur avant de tourner la tête vers le fond de la galerie. Erwin me faisait face, au loin, le serveur l’ayant quitté se dirigeant vers l’extérieur de la salle. Instantanément et inexplicablement, une boule s’était formée au creux de mon ventre, comme si j’avais la sensation d’avoir fait une bêtise ce qui n’était absolument pas le cas. Chassant cette pensée parasite, je m’étais avancée dans sa direction tandis qu’Allard prenait la parole au micro. L’ambassadeur nous avait suivi, apparemment décidé à prendre sa revanche et je m’étais contenté de sourire :

- Tu as fini, chéri ?
- Je me suis permis de faire danser votre femme en attendant, elle semblait un peu... seule...

J’avais eu un rire gêné avant d’accueillir avec bénédiction les premiers mots du conservateur. Ils permirent entre autres à obliger à Ronchetti de lâcher prise pour s’approcher de l’estrade tandis que je nous dirigeais de nouveau coller au bras d’Erwin vers le fond de l’auditoire, laissant les autres se masser devant le rideau qui allait bientôt tomber. Tandis que le discours d’explication de la réhabilitation de l’œuvre et des remerciements avait commencés, je m’étais tournée vers mon mari pour lui chuchoter à l’oreille :

- Désolée de t’avoir laissé en pâture aux tableaux, je me suis dit après m’être repoudrée le nez qu’il fallait que je me débarrassé de cette tâche tant que j’en avais encore la force...

J’ignorais pourquoi je m’étais justifiée et encore moins pourquoi j’en avais ressenti le besoin. Après tout, j’avais bien le droit de faire ce que je voulais, non ? Je n’étais pas obligée d’être collée à lui ? Nous attendîmes patiemment la fin du discours et je posais ma tête sur l’épaule de l’homme, un sourire distrait aux lèvres, ma main remontant dans son dos jusqu’à ses omoplates avec douceur. J’avais remarqué que Marco se gonflait d’orgueil près de son estrade, attendant le moment où il serait appelé tout en nous guettant régulièrement. Un simple geste pour lui rappeler de ne pas rêver. Respire Alexis, tout cela était bientôt fini...

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Erwin Dorian



« Si t'es un boulet,
tape dans tes gants ! »


Erwin Dorian


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________________________________________ Sam 12 Sep 2020 - 23:48





Il fait gronder sur eux son tonnerre éclatant


Erwin Dorian & Alexis Child



Lors du moment où son esprit nécessitait la plus grande concentration professionnelle, la plus entière dévotion à sa tâche, tout ce qu’il avait relevé d’elle se trouvait être des volutes de tension se changeant progressivement en une sorte d’agressivité symptomatique de ses tourments intérieurs. Le regard fixe, la machoire presque serrée malgré elle, le corps droit, rigide presque, son esprit tentait de reprendre le contrôle et profitait de la colère pour faire bouillir ses réflexes. Etait-elle pourtant irritée contre lui ? Il ne lui en avait donné nulle raison qui soit valable proférée de la bouche de Marie et aucun reproche ne pouvait être formulé par Alexis pour son rôle. Il avait parfaitement joué son rôle, mieux, il l’avait si incarné qui avait semé la nuance, la frontière entre le mensonge et la réalité. Voilà où elle errait à présent, dans un brouillard qu’il distillait à sa guise, se réservant l’opportunité et l’envie de le dissiper ou le densifier. Pour le moment, il l’estompait un peu, mesurant l’importance que la jeune femme parvienne à accomplir ce pourquoi elle se trouvait ici.
Néanmoins, il la perturbait encore, presque légèrement, lorsqu’il se pencha pour la jauger, jauger les verres qui affublaient son nez. Il ne l’avait pas cherché mais ne s’était pas privé non plus de jouer de son malaise et avait plissé le regard qu’elle ne pouvait voir, obligeamment à son écoute :

- « Rares c’est vrai… Regrettable… Mais après tout, la rareté nous fait d’autant plus apprécier ceux qui sont dotés de tant de prouesses... »

Ces yeux dorés restaient focalisés sur la Vierge, les propos comme destinés à son auteur, à cette merveille pourtant allongée aux yeux de tous sur la table, livrant tout ses secrets à l’oeil inquisiteur d’Alexis… Il était vrai que produire une telle merveille n’appartenait qu’aux artistes, aux génies artistiques tels que l’on n’en rencontrait que peu à présent. A présent, les courants minimalistes dominaient les marchés et une majorité de peintres se revendiquaient génies là où transparaissaient la paresse intellectuelle. De son temps, dans son monde, une flopée de réels peintres parcouraient la cour royale à la recherche de modèle prêts pour la gloire des siècles à venir. Un particulier avait même réalisé son portrait et il regrettait amèrement que ledit tableau n’ait pas été emporté par le Sort Noir. Il avait perduré là-bas ou avait été détruit par la violence magique qui avait déferlé ce jour-là…. Quel dommage de ne plus pouvoir profiter quotidiennement de la joliesse de ses traits. Son tableau le hantait comme un regret viscéral parfois…
Les autres, tous aussi beaux qu’ils pouvaient être ne valaient pas le sien. Même celui-ci aussi somptueux soit-il…

Marie avait ôté ses lunettes et avait sollicité Edward pour la tirer d’un mauvais pas, prenant le prétexte pour prendre sa main, s’y cramponner. Si Edward était affable et policé, il ne pouvait apprécier une quelconque séduction de son épouse sous son nez et cela avait servi d’excuse parfaite pour que Preminger puisse apparaître un peu à visage couvert pour renvoyer dans sa tour de Puise l’italien et son badinage de mauvais goût, qui avait tôt fait de prendre congé le visage plus rubicond qu’à l’arrivée. Parfait… Non pas qu’il détestait ce gras personnage, il l’indifférait à vrai dire…
Mais tous les prétextes étaient bons pour pourfendre sans égard le commun des mortels. A chacun leur joli petit piège… Lui se contentait de trouver celui qui révélerait le plus parfait pour eux…
Parfois, même, la chute s’avérait être aussi douce que perturbante...comme pouvait en témoigner la coupe de champagne que sa partenaire du soir descendait comme assoiffée… Il suivit son mouvement, ne pouvait s’empêcher de l’observer avec un plaisir réel… Reléguée au rang de lointain souvenir, l’assurance qu’elle manifestait à son arrivée sur son propre terrain conquis… Seules restaient la crainte, la fascination et la rebéllion, encore, seule ruine chétive à ce qu’il avait déjà conquis.
Aussi eut-il un sourire fin, presque condescendant à son égard lorsqu'elle évoqua sa capacité à se débrouiller seule, puis balaya ses propos dans un haussement d’épaule  :

- « Je ne le sais que trop bien… N’est-ce pas ce côté frondeur, cette sorte d’impulsion que tu as toujours qui m’a fait tomber sous ton charme ? » interrogea-t-il doucement, en levant un sourcil.

Si un passant écoutait, il n’y verrait qu’un seul couple échangeant quelques sourires… Ses lèvres s’abaissèrent comme pour prendre un pli presque amer, déçu :

- « Je sais bien qu’il s’agit de ton métier, de ton élément mais...tu as tenu à ce que je sois là, ce soir. Alors, tu ne pourras pas me reprocher de me tenir avec toi, auprès de toi.  » son sourire redevint rieur et il ajouta « C’est trop tard. »

Elle saurait démêler le message principal et professionnel qu’il opposait à son exigence… Quant à l’autre, elle le verrait, le maudirait, l’espérerait… La vulnérabilité, la hargne, la même facette d’une même pièce, d’un même état. Elle résistait vainement, trop tardivement contre un état qu’elle avait accepté, voulu presque même. Ce qu’elle faisait à présent ne comptait pas, ne comptait plus, elle l’avait laissé voir en elle, l’envelopper de son aura, enserrer de ses griffes et il ne restait que si peu de choses à défendre et si peu d’envie, qu’elle fermait les yeux pour se convaincre du contraire. Il ne tenait qu’à lui de la forcer à voir. Ou non… Pour le moment, il lui offrait un peu de répit, se plaisant à l’observer tanguer un pieds sur l’autre, enchaînée d’entraves et une certitude effroyable la clouant au sol.

- « Effectivement, tu ne m’as rien promis… Mais ne l’as-tu pas dit toi même ? « A quoi bon danser dans d’autres bras, quand je peux le faire dans les tiens ? ». Ce sont tes mots… Sauf si tu as changé d’avis, bien sûr… Mais je ne pense pas être le seul à avoir apprécié notre danse, pourtant… Non ? » il glissa ses yeux narquois sur sa silhouette, les plis soyeux de sa robe où il avait posé son bras puis remonta moqueusement jusqu’à son visage.

Tant pis pour elle si ce coup la faisait flancher. Il n’avait pas prévu de lui en parler à nouveau mais son déni réactivait son égo, son plaisir pour la gêne mais plus encore dans l’état de totale fragilité qu’elle avait livré. Il avait senti l’ampleur de son emprise, sans y pousser la limite, sans profiter pleinement de toutes les possibilités… Elles étaient là. Et il fallait admettre que son estime personnelle se gargarisait de prendre progressivement de l’emprise sur elle.
Brassant le chaud et le froid, il lui proposa ensuite une promenade culturelle, particulièrement enthousiasme à l’idée de pouvoir enfin passer à sa propre sélection. Il n’y avait aucune raison pour qu’il ne profite pas pleinement de sa chance, entière et plus diverse qu’il l’avait envisagé en montant dans cet avion.
Elle accepta, bien évidement et il lui tendait le bras lorsqu’un son puissant raisonna au milieu de l’assemblée, criant le nom de sa femme.
Il pivota vivement, espérant qu’elle posséderait le même instinct vers le jeune Baptiste. D’autres convives observaient son manège et il fronça un peu les sourcils s’interrogeant sur la pertinence d’un tel esclandre.
Dans un franc sourire, le blond prit de leurs nouvelles, intéressé par leur manière d’appréhender la soirée, avec un visible intérêt pour sa personne. Aussi, Erwin prit-il la peine de réagir, en hochant vigoureusement la tête :

- « Oh à merveille. La collection semble vraiment belle, du peu que nous en avons vu, et non des moindres, on se sent si faibles face à la beauté, j’avoue en avoir été personnellement presque étourdi. Pas toi, Marie ? » il tourna le regard vers elle puis ajouta « mais tu me diras c’est ton lot quotidien... »

Avec un air convenu mais sans la regarder davantage, il se focalisa sur leur ami de la soirée, gai comme un pinson, visiblement fier et repu de pouvoir circuler dans les lieux comme un propriétaire. Il sentait qu’Alexis l’appréciait et comprenait pourquoi. Il avait une compagnie dynamique, une sorte de joie de vivre assez communicative et un enthousiasme assez flagrant. Une personne avec de l’ambition, aussi avait-il noté son nom mentalement, afin de s’en servir à l’avenir, pour d’autres transactions…

- « Trop aimable, le guide parfait pour choisir à loisir les œuvres… De quoi nous faire voyager. »

Sa main voulait se sair de la petite revue que le blond lui tendait, devinant là qu’il s’agissait de la concrétisation de son salaire. « Un tableau sera à vous, si vous le désirez » lui avait-on dit… Et il comptait bien là faire son choix dans les pièces maîtresses de l’exposition. Mais il demeura de marbre et laissa Alexis empocher la petite revue. Tant pis… Il n’en n’avait pas réellement besoin, n’est-ce pas? Il venait déjà si souvent…
Cependant, une fois Baptiste éloigné, la brune le lui tendit en prenant soin d’éviter une nouvelle fois son regard !

- « Merci beaucoup darling… »

Il l’attrapa avec une fausse nonchalance, comme si cela lui était égal ce qui était bien évidement faux. Si ses distractions étaient diverses ce soir, son principal intérêt se trouvait concentré dans cette petite revue. Ignorait-elle les termes de son accord ? Sûrement. Elle ne paraissait que si peu encline à l’infraction des lois… Mais pourtant elle les franchissait ce soir… Il décida cependant de ne pas s’en épandre. Il verrait… Différemment, indirectement. Ne la retint pas non plus lorsqu’elle décida de s’éclipser aux toilettes qu’elle aille donc.

- « Très bien… Je vais...commencer à parcourir un peu l’exposition, je t’attendrais…impatiemment »

Ses yeux avaient croisés ceux, imprudents, innocents comme le cristal d’Alexis et il ne lui avait fallu qu’un instant pour qu’il s’y accroche, s’immisçant un peu plus dans son esprit. C’était facile. Plus facile qu’elle ne pensait l’être et d’ordinaire et s’il s’était agit d’une autre, il en aurait peut-être été rebuté. Mais non… Là, c’était facile pour lui. Elle ne semblait pas femme à se laisser vaincre aisément mais il envisageait de plus en plus de lui démontrer le contraire. Les événements, ce qu’elle avait démontré, une certaine intelligence, et cette fascinante fragilité qu’elle avait à son contact faisait d’elle une proie de choix, une pièce maîtresse dans un jeu futur, un pion puissant… Et au-delà de cela, son orgueil exigeait une excellente victime. La maître de l’orage ferait l’affaire. Il suivit sa silhouette rouge, fine et élégante feindre la foule et se dissoudre parmi la masse, puis tourna la tête. Tout viendrait à point. En attendant, à sa première future acquisition…

Le musée parisien le plus célèbre au monde regorgeait de tableaux pour le moins divers et variés qui méritaient le coup d’oeil. Ses pas le menant à nouveau devant le plus célèbre des Delacroix, le faisant frémir d’agacement. Non, non. Il ne comptait pas exiger ce dernier… Quoique qu’il aurait pu pour offrir au monde le cadeau de le soulager d’idées déraisonnables et bêtes !
Il manqua de chasser d’un geste agacé de la main le serveur qui venait l’importuner en pleine réflexion, lorsque sa phrase curieuse éveilla ses sens. Son stylo ? Preminger ne se servait pas de stylo hormis en cas d’absolue nécessitée et lorsqu’il souhaitait paraître « ordinaire ». En dehors de ces cas très rares, il ne raffolait que de la plume authentique. Cela donnait un réel cachet à la scène… Tout cela pour dire qu’il était persuadé de ne pas avoir apporté le moindre stylo ce qui signifiait… Il jeta un regard en biais au serveur avant de suivre son mouvement vers le bas. Un stylo se trouvait là, non pas oublié, perdu par un autre mais laissé là pour lui. Pour son choix.

- « Oh effectivement, oui ! Quel maladroit, je fais... » s’exclama-t-il en faisant un geste pour se baisser.

Mais il ne se pressa pas, laissa au contraire le serveur le ramasser à sa place, chacun son rang… En profita pour saisir lors de sa descente, un petit four au foie gras entre ses deux doigts.

- « Merci beaucoup... » répondit-il en français saisissant le papier et le stylo de son autre main, vide, « je saurais vous trouver, je n’y manquerai pas…. »


L’organisation était futée. Elle s’infiltrait donc partout… Si bien qu’au final… Pourquoi donc avaient-ils choisi Alexis ? Cette interrogation restait encore sans réponse et il songea également qu’il était étrange qu’une petite fille ait pu trouver Storybrooke...et qu’une organisation des années plus tard aient pu trouver l’enfant recueillie. Sauf si les deux événements n’étaient pas liés, bien entendu. Elle avait tout aussi bien pu être contactée en déplacement… Sauf qu’elle approvisionnait sa bibliothèque de leurs livres, une évidence qui sautait aux yeux du notaire. Il y avait un lien. Lien qu’il ne pouvait identifier encore… mais il finirait par le faire. Oui, il dénouerait tout le mystère qui croissait autour de cette jeune femme et en ferait une force. Lorsque toutes les pièces se compléteraient, alors il serait pleinement maître de tout et saurait en faire bon usage.

Le serviteur...non, le serveur, il avait encore du mal avec les appellations de cette époque maintenant que l’ensemble de ses souvenirs étaient revenus, continuait à présent son service plus loin et il rangea précieusement dans la bouche droite de sa veste, le stylo et la feuille. Seul le livret importait pour le moment. Rien ne servait de se balader l’attirail au complet dans la main, sa propre personne attirait déjà suffisamment les regards comme ça…
Il feuilleta les pages pensivement. A vrai dire trop de choix lui donnait une furieuse envie d’exiger tout. Il le méritait. Rien n’était trop beau pour lui. Et nombre de chefs d’oeuvre avaient sa place dans sa demeure. De toute manière, il finirait par tous les obtenir, une fois qu’il gouvernerait le monde. Maiiiiiiis, n’étant pas encore dans ce contexte, il fallait bien se décider… Ses pas le menèrent vers l’une de ses œuvres fétiches… LE SACRE DE NAPOLEON. La nouvelle configuration de la salle avait été pensée pour consacrer son prestige et le voir ainsi lui rappelait toujours l’amer goût de sa situation. Son couronnement n’avait jamais eu lieu. Il aurait tant sacrifié, il avait tant sacrifié pour ce moment et il lui avait été arraché de force. Il pouvait le choisir. Décider de l’emporter pour visualiser à quel point le moment viendrait où son Heure serait bien plus grande, bien plus belle que cet instant solennel.. Mais c’était aussi faire hommage à une autre figure, comme un faux aveu à une admiration quelconque pour la réussite d’autrui, lui qui n’admirait personne d’autre que lui-même. Pourquoi donc se serait-il pâmé d’admiration pour Bonaparte ? Alors à quoi bon prendre un tableau à son effigie et sa gloire ?
Non, décidément, non, inutile…
Le choix se jouait entre trois œuvres en réalité… Le premier se trouvait être un Delacroix moins célèbre mais néanmoins terrible dans sa légende nommé « LA MORT DE SARDENAPALE » qui faisait toujours frissonner sa femme lorsqu’ils s’arrêtaient devant mais ne manquait jamais de fasciner l’ancien Ministre. La légende d’un suicide collectif le déprimait un peu, mais il admirait cela dit l’orchestration de la fin d’un règne, le massacre d’un grand nombre pour éradiquer l’ombre d’un roi, par le roi lui-même. Pour ne rien laisser au monde… Un égoïsme qui rencontrait un certain écho en lui. Un peu. Même s’il aurait été bien trop lâche pour terminer son propre geste après un tel massacre.
Le second différent en tout point, le fascinait par le clair obscur qu’il mettait en lumière, les corps, les mouvements, les nuances, le désespoir et la passion semblaient si réels, palpables… « LES OMBRES DE FRANCESCA DA RIMINI ET DE PAOLO MALATESTA». Une illustration de l’Enfer de Dante, Chant V. « Amor, ch'al cor gentil ratto s'apprende, prese costui de la bella persona «che mi fu tolta »…. Les vers lui venaient en tête et il était prêt de la choisir, cette merveilleuse peinture quand sa troisième option s’imposait à lui.
Preminger était un courtisan, son royaume figé dans le XVIIIème illustrait, et lui plus encore les mœurs de l’époque… Le baroque, le rococo étaient plus que des styles pour lui, ils vivaient en lui et son choix ne pouvait que l’illustrer….
Fragonard était un peintre de l’époque, le style vestimentaire de ses tableaux rappelait ses gloires perdus aussi griffonna-t-il son choix d’un geste décidé sur son bout de papier. « LE VERROU».
Quel dommage que l’on lui ait proposé qu’une œuvre picturale, il aurait plutôt réclamé les bijoux royaux que le musée exposait aussi. Il avait beau aimer l’art, il aimait l’or encore plus.

- « Je vais reprendre une coupe de champagne, s’il vous plait »

Il tendit la main, glissant en un geste d’échange prompt et maîtrisé le papier en se saisissant de la coupe, puis se détourna tranquillement pour observer les danseurs, l’appétit satisfait. Une pièce de choix, oui ! Un merveilleux modèle d’exposition. N’était-ce pas ironique d’ailleurs ? Le symbole du tableau refléterait en vérité le verrou qu’il mettait sur ses affaires personnelles, sanglantes ou ambitieuses ou même privées. Oui… Une merveilleuse acquisition évidemment !
Ses yeux avides tombèrent mécaniquement sur une couleur qui dénotait au milieu de la sobriété ambiante, dansante…
Alexis. Il l’avait presque oubliée, tout à son petit gain et ses rêves d’antan… Et visiblement, sa route avait croisé encore, celle, aux aguets du ventripotent italien qui tenait là ce qui consistait pour lui son quart d’heure de gloire, visiblement….
Un sourire amusé aux lèvres, il porta son verre de champagne à ses lèvres, observa les danseurs, la silhouette d’Alexis, son allure, jaugeant son apparence. Qu’elle profite donc… Des derniers instants de répit. Il savait d’avance qu’à l’instant où elle le verrait, elle se désagrégerait progressivement en morceaux…
Son regard se coula vers une femme qui le regardait et il sourit en s’approchant d’elle de sa démarche reptilienne :

- « Vous avez été oubliée par votre partenaire ? » minauda-t-il en italien

Il l’avait reconnue d’instinct, La femme qui se pavanait aux côtés de l’ambassadeur. Trop jeune pour être sa première femme, ni sa deuxième comme en témoignait son absence d’alliance, excessivement maquillée pour que l’art soit sa priorité du soir…

- « Pardon ?! » déclama-t-elle d'un ton autoritaire en tournant la tête vivement vers lui

Elle tourna vers lui, un regard de prime abord arrogant puis battit des paupières, subitement, se rendant compte de celui qui se tenait devant elle. Enfin… De l’incarnation parfaite de la beauté qui se tenait devant elle. Elle y voyait sûrement l’opportunité de sa vie, même… Pitoyable. Il ne se retournerait même pas un douzième de sa beauté en plus…

- « Oh… Qui dit que ce n’est pas moi qui l’ait oublié ? » répliqua-t-elle donc sur un ton qu’elle souhaitait sûrement séduisant et qui devait effectivement être du plus efficace sur un personnage aussi peu élégant que l’individu qui dansait avec son épouse… Elle lui évoquait plus les femmes faussement fatales qui tiraient si facilement sur la vulgarité...

Mais il n’y laissa évidemment rien paraître au contraire, approuva de la tête :

- « Tout à fait entre nous, señorita… Si j’étais un joyau tel que vous, je ne passerai pas une minute de mon temps en sa compagnie… »
- « Et que proposeriez-vous d’autre ? »

Elle s’était rapprochée si vivement, muée par un espoir neuf et émerveillé. Sûrement vivait-elle l’espoir le plus magnifique de sa vie, si bien que sa main manicurée se posa bientôt sur son bras.. Manquant d’arborer une mine ironique, il se dégagea doucement, dans un rire léger :

- « Oh non, je pense qu’il y a méprise, ma chère, je ne suis malheureusement pas libre de gagner votre coeur » il agita avec légèreté sa main gauche devant elle, faisant luire sa fausse alliance dans la lumière des lustres avant de désigner un point derrière lui avec habileté : « mais je connais quelqu’un à qui cela ne déplairait pas… Cet individu, derrière. Regardez-le bien. Il est jeune, assez séduisant, cela vous fera une double compensation et comble de tout, il est atrocement riche. Rien que la montre en or qui orne son poignet vaut le quintuple de ce que porte votre abassadeur… Et il n’a d’yeux que pour vous, depuis la danse. Et encore là. Je serais vous, j’irais l’aborder… »

Il se recula, presque énigmatique, s’amusant des expressions qui muèrent sur le regard de l’italienne. Déception, étonnement, surprise, interrogation, introspection, intérêt, doute….puis intérêt à nouveau. Il n’eut besoin de ne rien dire, se contenta de l’inciter d’un mouvement de tête et elle le remercia en marmonnant avant de se diriger vers l’individu. Elle partirait avec lui avant la fin de la soirée. Il le savait. Il l’avait deviné. Et orchestré un peu… Mais il n’était que l’instrument du destin pas vrai…
Passant devant les futurs amants, dans une infinie satisfaction, il contempla la fin de la danse, patiemment, avec détachement juste pour feindra la surprise lorsque la musique s’arrêta et que le regard de Marie croisa celui d’Edward. Il le vit avant qu’elle ne le ressente, le sentiment de culpabilité d’Alexis qui gagna Marie, aussi efficacement que si elle avait été réelle.
Il avait conservé son air tranquille lorsqu'elle était venue le rejoindre, le ton calme mais les coins de la bouche vacillants sur son visage essoufflé par l’exercice de la danse :

- « Oui, c’était splendide comme toujours, tu as bien fait d’honorer ta dette... » il tourna le visage à nouveau vers « Marco » bouffi de suffisance, et sourit de toutes ses magnifiques dents « Oh vous avez bien fait très cher, avec tous ces séducteurs dans les environs, avec vous, au moins, je sais qu’on ne risque pas de me la voler… » susurra-t-il toujours en italien avant d’ajouter d’un ton emprunté, feignant de guetter les environs « en revanche, tout à fait entre nous, je serais vous, je m’enquérerais de votre compa... Oh Mais j’ai bien peur que le devoir ne vous appelle avant ».

Son sourire amical demeurait toujours mais ses yeux vrillèrent dans une nuance sardonique qui hanteraient, il l’espérait suffisamment l’ambassadeur pour le tenir averti, lorsqu’il comprendrait plus tard le poids de ses paroles et du mot qu’il avait suspendu volontairement. Là, qu’il profite encore, tel un ridicule petit mammifère se pavanant devant le paon. Au demeurant, lui s’amusait énormément…. Il guetta le début du discours, accueillant les excuses de sa « femme » avec une hilarité refoulée. Il la laissa glisser sa main dans son dos, puis poser sur son épaule, les boucles châtaines de ses cheveux. Il resta un instant immobile, la laissant se relaxer de son absence de réaction, puis enlaça à nouveau sa taille, doucement, forçant sa tête à glisser légèrement sur le haut de son torse. Puis lentement, il inclina sa propre tête, venant la poser sur la sienne, dans un geste délicat :

- « Ne t’excuse pas…. «  chuchota-t-il dans un souffle, ses lèvres dans ses cheveux, ses yeux glissant sur l’italien, concentré sur le discours, concentré sur ce qu’il entreprenait aussi « Tu sais… je sais parfaitement à quel point tu préfères être ainsi. Ici. Avec moi. »

Sa main gauche rejoignit sa droite, ligotant discrètement l’éventuel retrait de la jeune femme, même s’il savait qu’elle n’en ferait rien. Le geste ne possédait rien d’intrusif, ni d’osé.
Et puis, elle l’avait initié, n’est-ce pas ? Elle en assumerait les conséquences…. De toute manière, c’était évident. Si elle le traitait avec froideur, c’était pour mieux cacher le feu, mais au fond, elle ne voyait pas comment refuser...
Parce que qui l’aurait refusé ?

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I wish for this night-time to last for a lifetime ;
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Alexis E. Child



«Muerte, la mort!
Né l'oubliez yamais!
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Alexis E. Child


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________________________________________ Lun 14 Sep 2020 - 23:12




Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
On se retrouvera tous les deux,
Mon grand Paris.


Il m’avait fallu tous les efforts du monde et que je me mordre la lèvre inférieure presque jusqu’au sang pour éviter de rire à la pique qu’Erwin lui avait jeté. Elle m’avait fait le même effet que s’il l’avait frappé avec une brique. C’était de bonne guerre, le diplomate jouait avec le feu mais apparemment le notaire avait un art de la répartie plutôt impressionnant. C’était quelque chose de que je n’avais pas encore pu remarquer avant ce soir dans la mesure où il était resté très calme à son office et surtout très proche d’un texte policé. Crafty aurait pu avoir droit à une pique bien placée et pourtant il s’était contenté de lui rappelait qu’il ne lui permettait pas ces impolitesses. C’était plutôt étrange quand j’y pensais... j’aurai eu tendance à faire le contraire, si j'avais été à sa place. Le bandit l’avait attaqué verbalement, perosnnellement et en tentant de le salir, le diplomate ne se contentait que d’érafler un vernis suffisamment dur pour être une armure et c’était plutôt avec lui qu’il s’adonnait à une joute verbale sanglante. J’avais fini par me dire que cela devait sans doute être lié au caractère d’Edward, une sorte de rôle qu’il jouait jusqu’au bout plutôt que sa propre personnalité. C’était dommage. Il était plutôt bon au jeu de la répartie.

J’avais tourné la tête à la recherche de la compagne de l’ambassadeur lorsqu’il l’avait spécifié. Elle n’était plus dans le coin à première vue et j’avais manqué d’éclater d’un nouveau rire en le constatant. A force de miser sur plusieurs chevaux en même temps, on finissait par ne plus avoir de cheval, c’était bien fait pour lui. Pourtant, je m’étais contenté d’un petit sourire désolé en sa direction avant qu’il ne se dirige vers l’estrade. J’avais cru apercevoir la jeune femme aux côtés d’un autre homme quelques minutes auparavant. Erwin avait dû voir le manège qui se tramait et ne s’était apparemment pas gêné pour le faire, défendant par la même occasion son cheval de la soirée.

Cette conversation avait eu le don de me détendre un peu. C’était sans aucun doute mon côté sombre. On en avait tous un et même si cela me peinait, je n’y faisais pas exception. J’aimais les bons mots, les revers de verbiages et il fallait dire que j’avais eu le droit à quelques secondes mémorables. Si je m’étais sentie gênée quelques temps plus tôt de ce combat de coq ahurissant, je n’avais vu qu’en cet instant que la beauté du geste plutôt que la situation et c’était pas plus mal. Ca m’avait aussi donné le courage d’enfoncer le clou, posant ma tête sur l’épaule du notaire tout en observant devant moi, l’estrade, Allard et l’ambassadeur à l’œil vif. J’avais senti alors la tête de l’homme se poser sur la mienne, rajoutant un poids qui me ramena un peu brusquement à notre réalité. A ce jeu que nous jouions depuis ce début de soirée et dont les frontières commençaient à devenir floues. J’avais senti son visage se mouvoir, ses lèvres se poser sur mes cheveux et je n’avais pas fait un geste, appuyant néanmoins plus ma main sur son dos, comme pour avoir une meilleure prise. Là où seuls les doigts effleuraient son échine, s’était désormais toute ma paume que j’y avais collé, dans un espoir dérisoire d’avoir une prise sans doute plus stable, dans l’éventualité d’un sol qui se dérobait sous mes pieds. C’était stupide. Le sol du Louvre ne se déroberait jamais. Le mien en revanche s’était déjà dérobé même si je refusais de l’admettre. C’était donc doublement stupide.

- Tu sais… je sais parfaitement à quel point tu préfères être ainsi. Ici. Avec moi.

J’avais voulu répondre mais les mots étaient restés au fond de ma gorge lorsque j’avais senti que sa main droite avait rejoint sa gauche sur la ma taille, m’enlaçant complètement, sans pour autant que ce soit déplacé. D’un point de vue extérieur, tout était normal. Mais de mon poids de vue interne, c’était parfaitement intrusif. Mon cœur s’était mis à battre plus fort, sentant qu’une fois de plus il raffermissait son emprise. Je ne bougeais pas pourtant, refusant de mettre à mal ce geste visible de tendresse de jeunes mariés par les pensées d’une jeune femme prise au piège. Je m’étais contenté de tourner la tête lentement vers lui, déjà pour ne pas le blesser par un geste brusque qu’il aurait pris à coup sûr dans les dents tant ses lèvres se reposaient sur ma tête, mais aussi pour le prévenir de mon prochain coup, lui laissant le temps de retirer légèrement son visage. Nous étions très proches et j’avais quelque peu reculé la tête pour tenter de reprendre un espace d’intimité, sans pour autant me départir de ses mains. Il était plus grand que moi, notre position m’obligeait à lever la tête plus haut qu’à l’ordinaire, ce qui était presque une aubaine. De là où j’étais, j’avais moins de facilité à voir ses yeux m’englober toute entière, j’avais moins de difficulté à m’exprimer.

- Je sais. Je sais que tu le sais. Mais il n’y a pas vraiment de quoi se vanter... à la vue de... la concurrence...

J’avais tourné la tête en direction de l’estrade où Ronchetti s’était mis à prendre la parole. Avec un sourire en coin, j’avais reposé ma tête où elle était quelques secondes auparavant, plutôt fière de moi. Je m’enfonçais dans cette idée que nous jouions un rôle mais que le double sens était possible et si c’était le cas, je voulais qu’il comprenne que je n’étais pas non plus stupide quant à ce qu’il faisait, à défaut de connaître ses réelles intentions. Mais que je n’avais pas non plus du mal à l’avouer... tout le monde aurait mieux valu que le pervers bedonnant qui se gargarisait de son discours sur l’amitié franco-italienne.

Après sa tirade, qu’il avait eu la bonté de nous faire courte, nous avions pu voir les portes de la salle s’ouvrir et nous avions suivi le mouvement. Je m’étais stoppée toujours à l'extrémité de la foule afin de pouvoir sortir dans les premiers, feignant la découverte pendant quelques minutes. Pour la première fois depuis que cette mission avait commencé, je savourai pleinement et sans crainte l’endroit où j’étais, je mesurais la chance que j’avais eu d’avoir pu la voir d’aussi près, avec le silence religieux qui lui était du. A présent, la salle était si bruyante qu’il était presque difficile de vraiment passer un moment d’intimité et d’introspection entre soit et l’œuvre, aussi avais-je vu Allard s’approcher du coin de l’œil sans aucun mal, n’étant plus vraiment concentrée sur la pièce maîtresse de la cérémonie. Il m’avait fait un signe pour me préciser que le bruit était bien trop fort pour pouvoir parler convenablement et m’avait demandé de le suivre en dehors de la pièce, dans la Galerie, où il ne restait plus personne hormis quelques serveurs qui commençaient d’ores et déjà à débarrasser.

- Je pense que la soirée va se poursuivre dans un club côté du musée, si cela peut vous intéresser...

La phrase m’avait prise un peu au dépourvu. Ce n’était pas du tout ce que je m’attendais à entendre de cet homme dans un moment pareil. Pourtant, j’avais un script bien préparé et j’avais fini par répondre assez rapidement avec un sourire :

- C’est très aimable à vous mais je pense que nous allons rentrer. Je dois dire que je me sens un peu fatiguée...

J’avais tourné la tête vers Erwin pour qu’il approuve mes dires, à la façon de toutes ces femmes qui avaient tendance à dire “moi en tout cas c’est ce que je fais mais toi tu fais comme tu veux, tu es libre” tout en sachant pertinemment qu’il n’y avait qu’une seule réponse valable. J’avais de nouveau tourné mon regard vers Allard avant que le notaire puisse répondre pour poursuivre et préciser :

- Je dois dire que le décalage horaire m’a un peu épuisée, nous n’avons pas pu faire autrement, nous avons été obligés d’atterrir aujourd’hui et je commence à le sentir. Sans compter que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’avoir notre lune de miel et que nous comptions un peu profiter de l’ambiance si romantique de Paris...

J’avais souri, feignant pour la première fois la gêne. C’était sans doute le sentiment qui m’avait le plus animé jusqu’alors et pourtant en ce moment précis, pas une seule gêne ne m’avait submergé. C’était le texte, ce que j’avais retenu, je ne faisais que retranscrire. Il était bien évident qu’arrivé à l’hôtel, il prendrait le canapé comme il me l’avait proposé alors pourquoi s’inquiéter ? La suite m’avait prise de cours, Allard s’était contenté de sourire et d’hocher la tête une fois d’un air entendu :

- Je vous comprends totalement, il ne faut jamais tenter d’étouffer un feu qui commence à peine à brûler. L’alimenter est la plus sûre des façons de le faire perdurer.

Il avait alors prit ma main dans ma la sienne avant de me faire un baise-main. Le geste n’était pas anodin, j’avais senti qu’il avait collé quelque chose dans ma paume en me prenant la main. Un petit objet rigide que j’avais saisi en resserrant plus mon emprise dessus lorsque ses lèvres avaient à peine frôlé ma peau. Je n’arrivais pas y croire. Relâchant mon bras, j’avais serré mon poing, complètement choquée de ce qu’il venait de me dévoiler tandis qu’il serrait la main à Erwin d’un air chaleureux.

- Merci pour votre présence, j’espère que cette soirée vous aura plus et qu’elle aura gravé en vous quelques souvenirs mémorables dignes des plus beaux trésors que nous avons ici.

D’un geste vague, il avait montré la galerie avec un sourire avant de reposer son attention sur moi, toujours anesthésiée. Comme pour appuyer mon départ, il avait plongé ses yeux dans les miens.

- Bonne soirée Marie. N’oubliez pas d’aller dans la lumière...
- … Car c’est au détour d’une ombre que nous attends le mal...

Je l’avais sorti comme un automatisme, un cri de l’âme profond au creux de mon être. Ces mots s’étaient gravés en mois il y avait 5 ans de cela, je les avais vu pour la première fois dans la lettre d’adieu de Maman. Il avait été discret, les deux serveurs qui restaient dans la salle avaient tournés les yeux vers moi d’un air entendu. J’avais dégluti en le regardant dans les yeux avant d’hocher la tête, de lui souhaiter une bonne soirée et de lui fausser compagnie. Allard était l’un des nôtres... il m’avait laissé le défier pendant ces deux dernières années sans broncher. Sans que personne ne me dise quoi que ce soit, sans se dévoiler. Et pourtant ce soir, il l’avait fait et je savais pourquoi. On m’avait dit qu’un contact m’attendrait en fin de soirée, je n’aurai jamais cru que c’était lui.

Nous avions repris l’ascenseur jusqu’en haut de la pyramide. Il ne nous restait plus qu’à attendre le chauffeur que je voyais déjà arriver au loin. Pile à l’heure. J’avais été un peu surprise de voir l’ambassadeur seul, en train de fumer, une main dans une poche. Il était fort à parier qu’il n’était même pas entré dans la salle avec les autres pour être arrivé là avant nous et il avait un air si maussade que quelque chose me disait qu’il n’avait pas retrouvé sa compagne. On ne pouvait pas gagner à tous les coups. Je repris un sourire de circonstance lorsqu’il tourna la tête vers moi, me reconnaissant alors :

- Bonne soirée monsieur l’Ambassadeur.
- Ciao, Bella.

Son ton était si terne qu’il traduisait son irrémédiable envie de finir cette soirée au plus vite. Il avait jeté un regard dédaigneux à Erwin et je n’avais pas pris la peine de tenter d’apaiser les tensions, montant dans la voiture dès que l’occasion m’en fut donnée. La portière du côté du notaire fut la dernière à claquer et le silence de l’habitacle m’enveloppa brusquement, comme si la voiture venait de plonger au fond d’un lac et que l’eau nous avait envahi de toute part. C’était étrange. Le bourdonnement de la fête s’était tut brusquement, l’adrénaline était subitement redescendue et tout était soudain si calme que ça me donnait le vertige. Marie venait de disparaître instantanément et j’avais posé les yeux sur le notaire, un peu déstabilisée. Clignant des yeux face à son regard, je tournais la tête vers le chauffeur :

- Situation ?

Je vis son sourire dans le rétroviseur, cette espèce de sourire arrogant en coin qu’il sortait à chaque fois que le plan s’était déroulé sans accroc :

- Ils sont sortis il y a 20 minutes...

Complètement soulagée, j’avais jeté mon dos sur la banquette, ma tête claquant contre l’appui tête en observant le plafond de la voiture. C’était fini. J’avais alors eu un rire nerveux, assumé et victorieux, tandis que le chauffeur appuyait sur l’accélérateur pour sortir le véhicule de la cour. Je fermait les yeux, déglutissant et profitant du calme ambiant quelques minutes. Sans les rouvrir, j’avais tout de même lâché à Erwin :

- Merci... et bien joué... Tu... vous avez été parfait. Je n’aurai pas pu faire tout cela sans... vous.

C’était presque étrange de le vouvoyez de nouveau. Le tutoiement était devenu si simple que j’avais dû me reprendre rapidement, laissant un léger silence avant la suite de ma phrase. Silence qui s’était réitéré à la fin de ma phrase. Je ne voulais pas paraître trop familière ou intrusive, ce qui était absurde face à la situation qui venait de nous arriver mais qui replaçait aussi la situation où elle était. Si je m’étais trompée sur toute la ligne sur ses intentions, il n’en serait pas le moins du monde gêné, au contraire, peut-être même l’espérait-il. Si au contraire tout n’était que question de sous-entendu, je replaçais les barrières de moi-même. J’avais pris quelques secondes de méditation bien méritée où je n’avais pas rouvert les yeux. Pourtant, au bout de quelques minutes, sentant que le trajet devenait beaucoup plus long qu’à l’aller, j’ouvris les yeux pour lui préciser :

- Ne vous inquiétez pas, nous faisons juste un détour pour que... Je livre ce que j’ai à livrer.

J’avais alors ouvert la main pour observer l’objet qu’Allard m’avait donné. Une pièce en argent où une fleur de Lys était gravée dessus. J’avais souri en secouant la tête, ne revenant toujours pas de ma découverte. Le trajet n’avait pas été long, nous avions traversé la Seine deux fois mais à cette heure, il y avait peu de monde ce qui permettait de passer des 20 minutes habituelles à 10 minutes pour rejoindre la rue Longchamps. La voiture nous avait arrêté devant une grande porte cochère ouverte, qui donnait sur une cour intérieur pavée et sur un bâtiment sobre : “Banque Zurichoise”. J’avais déjà ouvert ma portière lorsque je jetais un œil dans la voiture en direction d’Erwin :

- Vous n’êtes pas obligé d’attendre dans la voiture si vous voulez !

Avec une certaine hâte, j’avais sauté hors de la voiture et je m’étais pressée dans la cour avant d’atteindre la porte d’entrée. Malgré l’heure tardive, elle pivota automatiquement pour nous laisser pénétrer dans un hall sobre, glacial voire impersonnel. Je me dirigeais directement vers le comptoir où m’attendais un homme en costume avec un sourire. Du doigt, il m’indiqua une borne devant le comptoir et j’en profitais pour sortir de ma pochette le seul héritage qui me venait de Maman : ma clé surmontée d’une Fleur de Lys. Je incarcérais dans le trou de la borne et la tournais tandis que son ordinateur s’activait. En Français, il me demanda calmement :

- Child-Taylor ?
- Non... Juste Child, il y a eu un changement qui n’est apparemment toujours pas réglé...

On pouvait sentir une pointe d’agacement dans mon français qui menaçait d’augmenter encore lorsqu’il se contenta de sourire en coin, me précisant par là ce que je savais déjà : ce n’était pas une erreur. J’avais beau refuser la paternité qu’on m’avait donné, ils semblaient décidés à me la coller quoi qu’il arrive. J’en profitais pour lui tendre ma main pour qu’il récupère mes empreintes et une goutte de mon sang. Une fois son analyse terminée, l’homme se leva, reboutonnant sa veste.

- Suivez-moi je vous prie.

Je contournais le comptoir avec Erwin quand l’homme fit volte-face me stoppant dans mon élan. Avec amabilité, il se tourna vers le notaire :

- Monsieur, avez-vous également une clé de voûte sur vous ?
- Euh... Non... Il m’accompagne...

J’étais un peu gênée de cette situation, je savais ce qui arrivait juste après et je m’en voulais presque de lui avoir proposé de sortir de la voiture. L’homme ne se départi pas de son sourire pour autant et se contenta de montrer l’un des canapés en cuir :

- Vous pouvez alors attendre juste ici.

Il m’amena devant un autre ordinateur qui me demandait mon numéro de compte et après l’avoir remercié d’un sourire, l’homme retourna au comptoir tandis que je me pressais à taper le numéro de compte. Le panneau de bois qui se trouvait à face de moi s’enfonça alors dans le mur et coulissa, laissant entrevoir une ouverture insoupçonnée. Je me glissais à l’intérieur pour y découvrir une salle des coffres plus chaleureuse avec un bureau richement ouvragée et des casiers tout autour de moi, illuminé de lumière blanche. Je m’approchais de la nouvelle borne avant d’y déposer la pièce dessus. Elle se scanna et un casier s’ouvrir automatiquement. Tout en récupérant le morceau d’argent, je me dirigeais vers lui pour la poser à l’intérieur, tout comme les lunettes qui m’avait servie à scanner le tableau. Je pris soin de refermer soigneusement le casier et me dirigeais vers la sortie en utilisant ma clé de voûte pour actionner la porte secrète. Je la replaçais dans ma pochette avant de tourner la tête vers l’homme à l’accueil.

- Merci bonne soirée.
- A vous également.

J’avais souris à Erwin et nous étions retourné dans la voiture. Sur le trajet du retour, j’avais réfléchi à toute cette situation. La mission était véritablement terminée et tout s’était déroulé sans problème. Jamais je n’avais eu mission si compliquée jusqu’alors et j’étais parvenue à la mener de bout en bout malgré mes doutes et mes peurs. J’espérais qu’ils étaient fiers de moi, je me laissais à la transgression de l’être un peu de moi. J’avais envie de fêter ça, j’avais envie de relâcher enfin la pression, en rire, oublier. Et j’hésitais à proposer à Erwin de m’y rejoindre. Après tout, lui aussi avait dû avoir son lot de sensation. J’avais du mal à me dire que ce lien allait cesser, que tout redeviendrait impersonnel car au fond, je continuais à penser qu’il y avait vraiment eu quelque chose, au-delà d’Edward et de Marie, que ce soit pour moi-même si j’avais du mal à me l’avouer ou pour lui si je n’arrivais pas à comprendre quoi. Cette réflexion m’avait prise toute entière et j’avais presque sursauté en me rendant compte que nous étions arrivés à l’hôtel. J’étais sortie et avait repris son bras, me rappelant que nous avions encore au moins un rôle à jouer ici.

- Tu veux qu’on prenne un dernier verre ? Ce sera l’occasion de … fêter un peu disons...

C’était sorti presque instantanément, à la seconde où j’avais vu le bar de l’hôtel. Je ne savais pas pourquoi j’en avais eu soudainement envie mais j’avais eu l’impression que c’était la chose à faire, la meilleure façon de fêter, de briser la glace et de garder ce lien qui n’était peut-être pas que factice. Je m’étais approchée du bar et le serveur m’avait précisé poliment :

- Madame, le bar ne va pas tarder à fermer, en revanche je peux me proposer de vous préparer vos verres et vous les amener en chambre.
- Oh... avec plaisir alors. Je vais vous prendre un Gin Tonic à la violette et au romarin s’il vous plaît, chambre 308.

Je m’étais tournée vers Erwin pour voir s’il me suivait dans ma folie et le laisser commander le cas échéant. Je n’étais pas alcoolisée, j’avais appris à mes dépens qu’il me fallait un certain temps avant de perdre le contrôle de moi-même et mes frasques adolescentes m’avaient sans aucun doute bien entraîné à tout cela. Le champagne était déjà bien loin et j’avais l’impression que seul quelque chose de plus fort m’aiderait à mettre un point final à tout cela en beauté. Je m’étais alors dirigée vers les ascenseurs et avait appuyé sur le numéro 3 avant de coller sagement mon dos contre le fond de l’habitacle. Nous nous étions engouffrés dans le couloir et j’avais actionné la porte avant d’entrer à l’intérieur en expirant. C’était belle et bien fini. Je me serais sans doute jetée sur le lit hilare si j'avais mieux connu Erwin... ou si j’avais été seule. Au lieu de cela, mon grand sourire s’était figé lorsque j’avais aperçu un incroyable bouquet sur le bureau de la suite, collé au mur, contre le grand miroir. Un peu surprise, je m’étais approchée lentement de cette pièce somptueuse. Je n’avais jamais vu un si beau bouquet. On ne m’avait jamais offert un si beau bouquet... j’étais à mi-chemin lorsqu’on frappa à la porte. Je m’étais tournée brusquement et Erwin, plus proche de la porte que moi, avait ouvert pour récupérer notre commande. J’en avais presque oublié le verre...

Comme tous les gin tonics, il était servi dans un grand verre rond qui rendait sa prise en main difficile. Le pied était bien souvent trop fin et fragile pour qu’on le tienne de ce côté et comme toute personne normalement constituée, le notaire n’avait pas fait ce choix. Je m’étais alors approché de lui pour récupérer mon verre. Maladroitement, je n’avais pas su comment m’y prendre et ma main avait glissé sur la sienne lentement avant d’enfin tenir prise. J’avais eu une bouffée de chaleur subite, sans doute mes joues avaient rosies et je lui avais retiré le verre des mains pour le faire tinter contre le sien. J’avais tout de même trouvé le courage de le regarder et de lui sourire :

- A notre Victoire.

J’avais bu une gorgée de mon gin tonic, remerciant le ciel d’avoir placé un aussi bon barman sur ma route. Ce n’était pas un cocktail bien difficile mais il fallait de peu pour qu’il soit raté. Trop de gin ou trop de tonic et plus rien n’avait de sens. Sans compter que la note de romarin se devait d’être présente sinon à quoi bon ? Quant à la violette, avais-je vraiment besoin de m'étendre dessus? Je lui avais souris une nouvelle fois en avalant ma gorgée avant de me détourner pour observer de nouveau le bouquet, comme hypnotisée. Je m’étais approchée du bureau pour le voir de plus près. C’était un bouquet de lys blancs, parsemé de quelques orchidées. Il était rond et puissant, comme je n’en avais que vu dans les films jusqu’alors. La main tremblante, j’avais posé mon verre sur le bureau pour venir toucher le pétale de l’une des fleurs, sentant sa douceur légèrement humide entre mon pouce et mon index.

- Le lys est ma fleur préférée...

Je l’avais dit dans un souffle, comme captivée, sans lâcher le bouquet des yeux. L’orchidée était ma seconde et j’avais toujours pensé qu’elle n’existait qu’en pot. Je me trompais. Il ne pouvait pas le savoir, comment l’aurait-il pu ? Et pourtant il avait tapé si juste que je n’avais pas pu m’empêcher la précision.

- Il est magnifique... merci...

Je ne savais pas quoi dire, j’étais soufflée, sans voix, abasourdie. Il n’avait eu aucune raison de faire cela. Le rôle était déjà suffisamment bon pour éviter ce détail. Alors pourquoi? Avec un frisson, je m’étais alors rendu compte que sa présence se faisait sentir dans mon dos. J’étais restée si bloquée sur la beauté des fleurs que je ne l’avais pas senti s’approcher autant de moi. Lentement, le souffle court, la gorge sèche, j’avais alors relevé mes yeux jusqu’aux siens, à travers le reflet du miroir...



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Erwin Dorian



« Si t'es un boulet,
tape dans tes gants ! »


Erwin Dorian


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________________________________________ Jeu 17 Sep 2020 - 23:18





Il fait gronder sur eux son tonnerre éclatant


Erwin Dorian & Alexis Child



Avoir la tête à moitié posée sur celle de la libraire gênait un peu l’écoute, au regard de la position peu confortable à la longue, mais sachant que l’indisposition qu’il pouvait ressentir n’égalerait en rien le centuple d’un autre ordre qui tordait le coeur de la jeune femme, il n’esquissa pas d’un moindre geste de recul. Ses bras joints dans un entrelacement restreint rapprochaient Alexis de sa coupe. Alors, après un long moment de léthargie, soudain sembla-t-elle s’animer, tournant son visage vers lui, comme pour s’éveiller d’un rêve.

- « - Je sais. Je sais que tu le sais. Mais il n’y a pas vraiment de quoi se vanter... à la vue de... la concurrence... »

Peut-être avait-elle pensé là, défier son influence qui se ressentait pourtant dans tous les détails de son visage.
Peut-être pensait-elle sérieusement que Preminger était homme à pouvoir souffrir de la concurrence, lui pour qui cette notion ne résonnait que comme un vague concept flou propre aux autres individus .
Peut-être avait-elle pensé là faire un simple trait d’esprit.
Tout juste, cela lui arracha-t-il un vague sourire, son regard ne s’abaissant pas sur elle, toujours fixé sur l’ambassadeur, qui gesticulait devant la foule :

- « La... concurrence… Le terme est-il réellement approprié ? » ses lèvres exhalaient ce constat presque malgré lui, dans un à peine murmure léger.

La brune avait replacé sa tête sur son torse, tendue mais néanmoins sûrement trop satisfaite de l’aubaine que cela représentait pour ne pas s’y complaire. Il n’en joua cependant pas. Leur proximité suffisait pour embarrasser celle qui incarnait sa femme, et cette seule perspective l’amusait hautement. Non pas qu’il lui arrivait peu de fois de produire un effet mais il restait rare qu’il laisse et entretienne cette sensation. Les circonstances ordinaires ne s’y prêtaient pas.
Ce soir. Ce soir, Edward Smith s’y prêtait et Erwin Preminger ne refusait jamais de mesurer son attrait sur autrui.

Le monologue de l’ambassadeur finit par se clore et il applaudit poliment comme le reste de l’assemblée avant de consentir à relâcher sa victime, naturellement, comme si aucune gaucherie ne s’était ressentie. De toute manière, il ne possédait pas le besoin de brusquer qui que ce soit ; il obtenait toujours tout, à point.
Ils se dirigèrent, aussi, naturellement vers Allard, qui apparemment satisfait du déroulé de la soirée, les invita à le rejoindre dans la Galerie. L’oeil du notaire tomba sur les petites mains qui s’occupaient déjà de débarrasser la salle des restes et vestiges de la soirée mondaine, profitant que la masse soit concentrée dans la pièce principale de réception. Fascinant comme les choses se faisaient et se défaisaient si facilement, comme si elles n’existaient finalement pas. La vie restait une succession d’événements, de décors dont il fallait se rendre maître, si l’on souhaitait un peu en mesurer le poids… Sinon, juste un agréable trajet à l’allure variable, secoué de joies et de travers, pour le commun des mortels.
La soirée touchait déjà à sa fin, visiblement et contre toute attente, cela semblait être la perspective suivie d’Alexis, là où le notaire considérait se trouver à l’entracte.
Il l’entendit décliner la proposition d’Allard, dans une politesse courtoise mais irrévocable et ne put que la suivre, ayant eu pour consigne de ne pas se rendre à d’autres endroits que ceux où la jeune femme se rendrait. Il était sa couverture. Dommage. Une partie de lui souhaitait presque prononcer l’inverse, par simple plaisir de la mettre en difficulté encore, mais différemment. Il ne le fit cependant pas, la réponse de la libraire amenant un amusement différent dans son esprit alimenté par la réplique du conservateur qu’il trouva...impromptue.
Allard semblait d’ailleurs différent. Quelque peu changé et il l’observa finement, veillant à ne rien en laisser paraître, se saisir des longs doigts fins d’Alexis pour y déposer un baise-main…
Cela n’avait duré qu’une brève seconde, mais les yeux et l’esprit d’Erwin se trouvaient respectivement suffisamment affûtés pour ne pas percevoir ce que cachait cette soudaine dévotion. Un présent. Un message aussi. Un objet fin, qui glissait du conservateur à la libraire, dérobé au regard du notaire. Il feignit de ne pas y prêter attention, serra jovialement la main d’Allard, souriant à l’ironie qui perçait de ses amabilités :

- « Il se pourrait que je repartisse d’ici riche de trésors inestimables dont mon coeur humble rejette la probabilité… Y-a-t-il plus beau que d’avoir à son bras un trésor qu’on pensait nous être interdit ? »

Pour mêler la confusion, il terminait sur cette pirouette, tournant son regard sur le front bombé de sa partenaire. Elle l’interpréterait comme une invitation, un pas de plus au jeu qu’il avait initié entre eux...En réalité, la vérité était inverse. C’était elle qui devait s’estimer heureuse d’obtenir son attention – bien que utile et stratégique- lui un être si déraisonnablement splendide. Il annihilait la concurrence.
L’attention de la brune se trouvait partiellement dérobée à son emprise, toute focalisée sur le lien étrange qui semblait se nouer entre elle et le conservateur, se confirmant sous couvert d’une phrase énigmatique qui rencontraient un écho en chacun d’eux.
« N’oubliez pas d’aller dans la lumière...car c’est au détour d’une ombre que nous attend le mal ».
La phrase s’enracina en lui, fondamentale tandis qu’il commentait :

- « Très juste… L’une des nombreuses raisons qui ont justifié le culte du soleil et ses nombreuses légendes »

Il le disait d’un ton badin, feignant n’avoir pas compris, pas vu, pas entendu le secret que liait cette phrase. Il la médita. Elle était belle, elle était trompeuse. Mensongère même. Comme lui. Le Mal se trouvait partout. Même à leurs côtés, n’est-ce pas ?
Plus qu’une conviction, la phrase proférée par Alexis lui avait semblé se trouver liée à bien d’autres points nébuleux encore pour eux. Ce devait être la phrase de ralliement de l’organisation...ou une suffisamment connue de la jeune femme mais si profondément liée à eux pour se révéler être la clef. Elle signifiait quelque chose qu’il ne comprenait pas encore. Qui lui était interdit encore, comme un voile opaque sur une vérité connue des autres, de Allard, Alexis, jusqu’aux serveurs…et au chauffeur qui n’en n’étaient pas…
Ils finirent par remonter l’ascenseur du hall, traces rouges dans le verre épuré des lieux, non sans avoir pris congés des quelques hôtes encore présents. L’ambassadeur, seul, lui dédia un regard morne, après avoir égrainé un mot d’adieu à Marie Smith. Lui qui pensait finir en apothéose terminait abandonné… Il aurait été stupide de demander à Erwin de le plaindre, il le méprisait, mais néanmoins trouva la situation fortement trépidante. Un joli revers dont l’autre se souviendrait…
Edward s’engouffra dans le taxi, Marie à sa suite. Et ce fut fini.
Toute l’atmosphère des lieux, l’ambiance, le bruit des rires, des tintements des verres et la richesse du décorum, cela...lui manquait déjà. Il se sentait toujours si profondément à l’aise lorsqu’il déambulait parmi les autres, sur le son d’une mélodie classique, exquise… Une partie de sa vie d’une certaine manière, si innée qu’il n’avait même pas vu le temps passer. Ni ressenti la difficulté. Il se sentait...presque sur sa faim à vrai dire.. Ne lui avait-on pas dit qu’ils voleraient des tableaux ? Visiblement la partie s’était jouée ailleurs, sous leurs pieds, ils n’avaient été que la distraction. Pressentiment lors du choix de son tableau, le sourire rogue du chauffeur le confirmait totalement. Oh d’une certaine manière, c’était bien joué. Il devinait les contours de l’opération sans en saisir les détails… Tournant la tête vers Alexis, il s’amusa hautement de l’air de liesse que traduisait son visage fardé. A l’en voir, il eut parût qu’elle avait conquis la Lune, elle qui n’avait jamais fait que se pavaner à son bras, jouant de ses relations pour approcher un tableau… Ce qui devait être le summum de l’action selon elle. Aussi, se contenta-t-il de sourire d’un air las, à son remerciement… Retenant bien évidement son envie de lui glisser que d’une certaine manière, il aurait tout aussi bien s’en sortir seul. Oh bien sûr, il n’aurait pas bénéficié de l’aide de Rochetti mais quoique...en ne le snobant pas mais en lui offrant quelques conseils précieux et la perspective de séduire pour lui une autre femme, peut-être aurait-il cédé de la même manière...
Il nota son hésitation, son tutoiement involontaire, le « vous » qu’elle finit par ressortir et la porte ouverte qu’elle laissait entrebâillée à son intention. Pour...voir, avec un degré d’espérance qui ne voulait pas se l’avouer et qu’elle réfrénait.

- « Je vous en prie, c’était tout naturel. J’ai fait du mieux que j’ai pu… Vous vous êtes aussi bien débrouillée »

Il avait pris le contre-pieds total de ses attentes et rêves, se contentant d’égrainer une sentence polie, serviable, dénuée de tout intérêt ou sous-entendu, fidèle à l’image qu’il lui offrait habituellement antérieurement à leur aventure du musée. Edward Smith redevenait Maître Erwin Dorian, aussi policé qu’elle l’avait connu et imaginé. Il croisa les jambes, négligemment cependant, s’amusant de ses yeux clos, fuyants dans leur introspection une confrontation qu’elle craignait, fermés au monde extérieur. Il lui laisserait ces secondes, ce repos presque joyeux, cette sensation du devoir accompli et d’exploit….
Lorsqu’elle consenti enfin à ouvrir les yeux, il avait dévié le visage, préférant sonder les mystères parisiens, une fois la lune haute, curieux des quartiers traversés, des éclairages divers, de la vie qui s’éveillait encore. Il finit par la regarder à nouveau, haussant les épaules quant à leur « détour », mimant l’indifférence lorsque sa curiosité s’activa, jusqu’à descendre à la dérobée sur la clef de Lys contenue dans la paume de Miss Child.
Se croyant « seule », elle se permettait d’observer en détail, le « cadeau » d’Allard auquel il dédia un vite coup d’oeil prompt. Il s’agissait d’une pièce sur lequel se trouvait gravé le trait fin d’un lys royal. Il l’avait deviné plus que vu, veillant à vite reporter ses yeux sur le paysage urbain, mais son statut, son ancien rang et cette fascination intrinsèque pour la royauté ne pouvait ni manquer ni se leurrer.
Une pièce rare. Une marque encore. Une organisation décidément bien puissante….
Le taxi faisait une halte justement devant un bâtiment de citadelle, dont l’écriteau sur la façade affirmait « Banque Zurichoise ». Une fausse adresse à n’en pas douter… Personne ne se déplaçait en banque à des heures si tardives….

- « Bien sûr… N’était-ce pas les consignes ? Je dois vous assister jusqu’au bout. Là où vous allez, je vais » répondit-il solennellement, bien plus proche du timbre et de la posture de Maître Dorian, rigide, presque guindée, néanmoins attitude cavalière et galante qu’elle ne pouvait que noter…même si sa seule curiosité dictait sa présence dans ses lieux inconnus encore à son passage.

Alexis avait sauté de la voiture et il avait suivi son rythme hâtif de peur que ne se referme sur lui les mystères de cet antre. Là il obtiendrait encore des indices, et les indices mèneraient à des pistes…
Ils traversèrent la cour, franchir le hall pour débarquer dans un hall sombre, non dépourvu d’un certain standing, large et spacieux aux murs bordés de banquette rétro d’un marron sombre et où la lumière filtrait à peine. Tranquillement, comme en terrain conquis, il observa du coin de l’œil Alexis se munir d’une clef où rutilait à nouveau une fleur de lys pour l’insérer dans une fente prévue à cet effet, activant instantanément l’ordinateur du réceptionniste.
Sans brocher toujours, comme sans entendre, il écouta au contraire « l’erreur » que se contenta de rectifier Alexis, maladroitement. « Child Taylor » avait-il dit…
Il ne pouvait pas s’agir d’une erreur de personne, elle avait remplacé quelqu’un. Restait à savoir qui. Une sœur restée dans le monde réel… Ou sa mère…. ? Ou alors, s’agissait-il de ses deux noms d’origine. Child...et Taylor. Elle avait pu prendre le nom de sa mère en arrivant à Storybrooke, mais les renseignements d’état civil qu’il détenait à son office ne permettait pas de lui en livrer le nom. Il pouvait s’agir de Taylor… Tout comme de Child. L’un ou l’autre, c’était égal. Child se trouvait être un nom des plus communs et Taylor, tout aussi associé qu’il pouvait l’être généralement à à la présidence des USA qu’avait exercé Fitzgeral Taylor, restait un nom de famille des plus ordinaires. Mais il suffisait de chercher. Creuser. Les dates, les concordances.
Bien évidement et comme il le pressentait, ils ne l’autoriseraient pas à franchir plus loin leurs secrets. Ils paraissaient organisés, puissants même, à la pointe de la technologie et pourtant… Il y avait quelque chose qui ne pouvait pas s’écrire en peu de siècles. Il songea à nouveau à l’indication fortuite du réceptionniste… A la gêne d’Alexis. Oui, il y avait là une piste idéale. Vers quoi, il l’ignorait encore. Mais il finirait par le savoir.
En attendant, il patienta, son index tapotant sa joue, tandis qu’il réfléchissait dans le hall, négligemment installé comme un riche client attendant son conseiller…
Elle finit par reparaître à nouveau, vaporeuse dans sa robe rouge, fragile pourtant, et ils repartirent non sans saluer l’employé avant de quitter les lieux. Contrairement à ce qu’elle pouvait en penser, la visite avait été instructive pour lui… Il avait engrangé un nombre considérable d’informations qui lui suffiraient de mettre en comparaison à la lumière de confidence… Et pour ce faire, quelle meilleure source d’information que celle qui partageait un taxi avec lui ? Il en était arrivé plusieurs fois à ces mêmes constatations lors de la soirée pour en arriver à la conclusion que la jeune femme se révélait être une mine d’or d’informations qui saurait...la manier. Sans compter qu’elle semblait si encline à s’y laisser prendre, elle qui restait encore prise dans cette sensation où il l’avait plongée légèrement par simple défi… Alors s’il l’y plongeait complètement. Elle ne disait rien… Visiblement mêlée de joie et de crainte, ses mains bougeaient nerveusement sur ses genoux et il ne fit rien pour ôter ce stress, prenant la peine de rester relativement silencieux lors du trajet, comme « revivant l’expérience du Louvre ».
A peine, se décida-t-il à lui sourire « gentiment » peu avant l’arrivée à l’hôtel :

- « En tout cas une belle réussite, non? » déclama-t-il purement jovial.

Il personnifiait à merveille l’innocence, un homme intrépide et surtout imprudent qui s’était lancé à coeur abattu dans une aventure qu’il ne maîtrisait pas et dont il « n’avait compris goutte ». Cette blague valait surtout pour leur chauffeur et ses mines satisfaites… Après tout, il ignorait à quel point l’organisation pouvait être renseignée sur son cas et il valait mieux qu’elle se contente d’une vision biaisée de lui-même, au risque de se faire passer pour plus naïf qu’il ne l’était. Quelle importance ? Au pire, cela révélait au moins son incroyable don pour la manipulation…
Il s’interrogeait sur la suite. Ils les avaient « mariés », ils ne pourraient en aucun cas balayer son existence de la vie de Marie si facilement… Et pourtant, comptaient-ils le rappeler ? Faire de lui un membre ?
Toutes ces questions, il les poserait. Mais l’heure n’était pas encore venue, non. L’heure se voulait à la distraction encore.
Le temps du trajet jusqu’à leur chambre, il conviendrait de rejouer la comédie et il renfila le costume d’Edward aussi prestement que comme s’il ne l’avait jamais quitté, laissant sa physionomie muter à nouveau d’une simple douceur à un sourire protecteur.
Son sourire se tordit néanmoins plus dans une nuance qui lui appartenait personnellement lorsqu'Alexis lui proposa de s’attarder au bar, pour boire un verre. Oh. Vraiment ? Cette proposition n’appartenait pas à la mission. Il le voyait à la seule manière dont les mots s’étaient pressés sur sa bouche, comme de peur de ne pouvoir les dire, aux légers muscles de son visage contractés soudain… Elle subissait son influence mais là instiguait seule ses propres travers et désirs.

- « Oui. Pourquoi pas... »

Il savait pertinemment ce qu’elle faisait sans s’en rendre compte, sans le vouloir presque mais qu’elle faisait tout de même, immuablement. Un moyen de le retenir. De retenir leur lien. Celui d’Edward et Marie et au-delà celui qu’elle croyait voir, celui qu’il lui avait fait miroiter dans un fatras de sourires et de sous-entendus. Et voilà qu’elle se trouvait encore si vulnérable…. Instigateur de ce jeu, il ne tenait qu’à lui d’y mettre fin. Mais à présent, qu’elle le réactivait malgré elle, il ne le faisait pas. Le laissant s’éterniser, cruellement, par une envie de voir, de tester….
Le serveur ayant précisé que compte-tenu de l’horaire, le bar n’était malheureusement pas accessible mais proposa aussi de leur livrer les boissons directement dans leur suite, il s’amusa grandement de la voir se satisfaire si promptement de la situation… Nul ne pouvait la condamner lorsque le ciel lui-même s’exaspérait de ne pas être à sa place… Et après tout, cela servait ses intérêts.

- « La même chose… Gin tonic à la violette et romarin… »

Un bon choix, assurément. Mais elle avait du goût. Pour cela, il ne pouvait pas nier qu’on l’avait doté d’une partenaire efficace pour l’occasion. Avec une garde-robe des plus parfaites fournie pour l’occasion certes mais au moins possédait-elle suffisamment de décence pour la porter sans vulgarité. Ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Parfois certaines, se retrouvaient vissées à leur physique une essence de vulgarité que même à grand coup de vêtements estampillés haute couture, elles ne parvenaient pas à se défaire de leur...manque de classe. Lena faisait partie de ces femmes, songea-t-il tandis que l’ascenseur accédait à leur étage. Elle possédait l’effarante capacité de transformer toute robe en étalage outrancier de grossièreté. Au moins, posséderait-elle à ses côtés, un individu suffisamment fade pour ne pas se tenir de son clinquant absurde… Quelle pitié.

Atteignant leur chambre d’hôtel, il laissa Alexis actionner la porte d’entrée puis, appuya sur les interrupteurs desservant les lumières les plus tamisées de la chambre. Bientôt presque manqua-t-il de buter sur Alexis lorsque celle-ci se figea, apercevant soudain, là, disposées sur le bureau de la suite, un immense bouquet de lys blanc se mêlant aux orchidées dans un savant mélange.
Oh. Ah oui, c’était vrai. C’était là.
Pour ainsi dire, il en avait presque oublié sa commande… mais elle tombait à pic ! Parfait… Et quel moyen plus efficace pour résumer l’intégralité de l’ensemble des enjeux ? La sonnette ayant retenti, il s’éloigna néanmoins presque à regret pour ouvrir au serveur qui rapportait le gin tonic. Avec un peu de chance, la sonnette avait coupé net la libraire dans son émerveillement, il aurait si dommage de rater cela
Et bien évidemment, son instinct lui donnait raison, car elle avançait vers lui, déjà pour récupérer son verre, qu’il lui tendit galamment, avec prestance. Elle le lui reprit, non sans effleurer involontairement sa main et il vit alors ses joues se colorer d’un rose soutenu, tandis que son regard osait se poser frêlement dans le sien. Quelle sensation cela pouvait-il être ? Il l’ignorait. Mais ne se trompait pas quant à la cause de son subit embarras. C’était lui. Évidemment. Forcément. Georgia aussi avait parfois ces tics ô combien passionnants à observer lorsqu’il la complimentait. Il était ainsi…. Son verre tinta contre celui d’Alexis, heurtant le sien dans un bruit cristallin mais il n’avait même pas dévié le regard. Son esprit se trouvait ailleurs, dans l’exacte phrase prononcée par la jeune femme…

- « A notre Victoire »

Oh vraiment ? Un sourire mesquin vint à naître sur ses lèvres, une nouvelle fois, comme frappé d’une évidence malveillante. Cela revenait à sonner le glas d’une issue qu’il adviendrait, comme une incitation malsaine à une envie, proche de celle qui l’avait étreint quelques heures plutôt au sein même du Louvre et qui lui revenait en tête à la volée. « Notre » Victoire ? Oh non, il n’y avait ni de partage ni de Victoire. cela serait SON avènement. Le sien. A lui seul. Plein et complet. On ne lui volerait rien ce soir. En revanche, lui obtiendrait tout. Tout ce qu’il pouvait désirer, n’était-il pas en mesure de l’obtenir ?

- « Oh non… A vous, seulement vous » murmura-t-il

Oui. Il pouvait avoir tout ce qu’il voulait. Que voulait-il ? Portant son verre à ses lèvres, il but une longue gorgée de gin, savourant la violette, le relevé du romarin. « Vraiment délicieux, n’est-ce pas ? »

Il arqua un sourcil moqueur puis la regarda s’éloigner de quelques pas, retourner vers le bouquet de fleurs, comme hypnotisée, toucher un pétale, de son doigt fin, la voix basse, le souffle-court. Et le plus risible se trouvait dans le fait que ce bouquet qui lui provoquait tant d’émoi, n’avait en rien une initiale visée personnelle. Et pourtant….
Elle était sous sa coupe. A sa merci.
Un constat net, sans anicroche ni doute. Toutes pouvaient l’être et toutes l’étaient. Mais il avait franchi les sentiers de son jeu, s’enfonçant plus loin qu’il n’était jamais allé. Et il s’avançait encore lentement, laissant son regard glisser sur sa silhouette.. Elle courbait un peu le dos, ployée vers le bouquet, le remerciant, encore et lorsqu'elle se releva, elle sembla sentir sa présence, son approche, jusqu’à rencontrer son regard dans l’éclat du miroir. Une lueur effrayée, implorante glissa dans ses yeux bleutés, comme une peur grisante, une fascination qu’elle ne pouvait retenir. Après tout… C’était comme regarder le Soleil. Sublime et douloureux à la fois.

- « Elles vous plaisent ? » murmura-t-il dans son dos, « Une intuition… »

Sans se presser, sans rompre le contact oculaire, il passa le bras droit non loin de son flanc pour déposer son verre vide sur le secrétaire, à côté du bouquet. Le verre claqua délicatement dans un bruit mat sur le bois. Elle s’était raidie à son geste et avait retenu sa respiration, comme une biche aux abois.
Alors, il pencha la tête, lorsqu’il ramena son bras, répétant doucement :

- «  Une intuition….et un hommage »

Sa main s’était posée sur son flanc, délicatement, et il sentit la finesse du tissu de soie de sa robe écarlate, comme un contact frais, agréable sous ses doigts, divulguant à peine la tension qui s’en échappait. Tout son corps semblait s’être électrifié à ce seul effleurement léger, et il eut en mémoire l’électricité mordante qui s’était dégagée de la paume de la brune à l’issue de leur danse. Dirigea la tête vers le miroir, contemplant leur reflet tanguant dans l’ombre et la lumière ; effectivement il pouvait convenir qu’elle avait su s’assortir à lui… Oh, pas au même niveau mais malgré tout. Cela justifiait en partie tout ceci. Victoire n’en déplaise.
Sa main glissa, l’enserrant tout à fait, tandis qu’il penchait la tête jusqu’à son cou. Il avait mis un point final à sa précédente mise en scène par ce point stratégique, quel meilleur moyen pour débuter celle-ci ? Ses lèvres charnues s’y posèrent, ressentant la chaleur frêle de sa peau, :

- «  Parce que… Indubitablement... » susurra-t-il sur son cou, suavement, suspendant son débit pour savourer l’émoi que ce seul contact saurait susciter. La proximité de leurs corps devait lui tourner la tête sûrement,.. réprimant un rire, il poursuivit : «vous êtes …. une femme de goût… Alexis…. »

Chaque lettre, chaque mot avait été prononcé à même la peau et le dernier, plus savamment asséné, comme le début d’un sortilège.. Il embrassa son cou. Moins légèrement que la première fois, où à peine ses lèvres n’avaient fait que l’effleurer, il s’insinua sur elle, comme une morsure cruelle mais superbe. Un jeu dangereux pour elle, jolie petite biche. Sa bouche remonta le long de son cou et il ne put s’empêcher de glisser un regard au miroir qui leur faisait face pour se repaître de leur image. Elle. Si blême, si pâle, si offerte presque. Et lui. Il aurait pu passer un siècle à s’admirer davantage, à se satisfaire, de sa posture si conquérante et versatile, à l’ombre qui agitait ses yeux d’or et la perfection qui animait ses traits. Oh, comment en douter… La force de sa puissance le frappait encore et son orgueil gonflait, à se mirer dans sa séduction.
Sa main droite glissa sur les épaules d’Alexis, pour l’encourager à pivoter entièrement vers lui. Et elle le fit. C’était cela ou tomber à genoux. La perspective était plaisante, délicieuse mais il préférait qu’elle garda encore ses efforts pour lui faire face encore. Plus que de le craindre, elle le réclamait et il n’était pas dupe.
Sa main gauche dans son dos, sa main droite vint effleurer lentement la joue rosée de la libraire, un frisson d’orgueil l’agitant à son contact brûlant.

- « Donnez-moi ça... »

Sa main droite récupéra le verre dans sa main, craignant qu’il ne finisse brisé pour le déposer derrière elle avant de reprendre sa position initiale. Sa main gauche n’avait pas quitté sa joue et du bout des doigts, d’un geste délicat et vaporeux, il obligea les contours de son menton à se soulever vers lui :

- « Maintenant, regardez-moi ! » C’était un ordre sans appel, lascif, cependant s’agaçant avec merveille de sa propension à baisser les yeux, fuir « vous avez suffisamment fuit mon regard. »

Qu’importait s’il la mortifiait, il voulait qu’elle le regarde. Qu’elle plonge, s’enfonce, s’enlise dans les méandres de son introspection. Les lampes de la chambre projetaient des lueurs, des mouvances de lumière sur son visage, l’éclairant, partiellement, mélangeant l’ombre et la lumière, dans une illustration parfaite.
Le brasier doré de ses yeux s’immisça dans ceux aussi flous que les vagues, provoquant son émerveillement et sa chute. Il la sentait succomber et sa main vint se perdre dans sa chevelure châtaine ondulée avant de venir l’enlacer son visage. Leurs corps se touchaient presque et il sentait la rougeur gagner la peau pale et délicate de sa proie. Alexis, l’impertinence de ses traits, la rougeur de ses lèvres.

- « Vous le savez, n'est-ce pas?... » proféra-t-il sans dévier le regard « c’est grâce aux autres non pareils qui tout au fond du ciel flamboient que mes yeux consumés ne voient que des souvenirs de soleil »

Un mensonge, un beau mensonge. Mais pour elle une vérité. Une vérité puissante qui montait en elle, jusqu’à l’étouffement, jusqu’à la chute. Elle était tombée amoureuse du Soleil. Et le Soleil voulait comme offrande son être tout entier
Alors, lentement, doucement, il se pencha vers ses lèvres pour y distiller un délicieux venin, une morsure cruelle mais superbe.

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Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
On se retrouvera tous les deux,
Mon grand Paris.


J'avais tourné la tête brusquement vers lui lorsqu’il avait commandé la même chose que moi. C’était généralement le choix dangereux que je détestais, surtout sur un choix aussi particulier. Il y avait un pourcentage énorme qu’il n’eût jusqu’alors jamais goûté et qu’il se laissait tenter par ma proposition. Cette supposition me semblait d’autant plus juste du ton qu’il avait employé à sa commande. Oui, j’avais horreur de ça. Ça me gênait au plus haut point même si je me contentais généralement de sourire poliment, voire de façon complice comme pour appuyer cette connivence que l’autre essayait d’instaurer avec moi. Cette fois n’échappa pas à la règle et je targuai Erwin du même sourire. Pourtant, au fond de moi, j’étais au plus mal. Je savais que lorsqu’il était question de goûts et de couleurs, les avis étaient bien souvent plus que partagé et j’avais toujours cette peur atroce de décevoir quelqu’un, de l’avoir poussé à la consommation de quelque chose qu’il n’aimerait pas et qu’il payerait pourtant. Ce n'était pas vraiment applicable à notre situation mais il n’en restait pas moins que cette pensée était toujours présente en moi. Ça m’avait d’autant plus surpris que j’avais imaginé le notaire avec quelque chose de plus classique comme un bourbon ou un cognac mais il m’avait suffi de poser mon regard sur sa tenue pour me rappeler qu’il était sans doute plus excentrique que l’idée que je m’en faisais. Le souvenir de la violette m’était aussi revenu en mémoire en voyant le barman récupérer la bouteille de sirop tandis que je me détournais pour aller aux ascenseurs. Il était vrai que nous avions un point commun sur le goût de cette petite fleur, il me l’avait spécifié lorsque j’étais allée à son office.

Il m’avait d’ailleurs rassuré malgré lui quelques minutes plus tard lorsqu’il apprécia à voix haute le goût du liquide étrange que je lui avais présenté. Au moins n’avait-il pas perdu son temps. J’avais souris d’un air entendu en buvant une gorgée du mien. Si le sucre de la violette et la fraicheur du romarin avaient éveillés mes sens, c’était bien le gin et le pétillant du tonic qui m’avait permis de ne pas flancher face au bouquet vers lequel je me tournais alors. C’était comme si en un instant, je m’étais perdue à travers l’espace et le temps en un regard vers ces fleurs d’une blancheur éclatante. Aspirée, hypnotisée et vulnérable. Si vulnérable que je lui livrais cette information dérisoire dans un souffle. Je n’avais pas répondu à sa question. Il voulait savoir si elles me plaisaient, tout mon être ne répondait déjà pas à cette question de façon si évidente ? Les yeux posés sur le bouquet, l’index effleurant un pétale. Il avait parlé d’intuition. Se pouvait-il qui lisait en moi comme dans un livre ouvert ? Se pouvait-ils que nos regards que je craignais tant nous permettait tant à l’un qu’à l’autre de percevoir l’âme derrière le mouvement ? Je n’y voyais qu’ombre pourtant et la situation était donc loin d’être rassurante. Je l’avais remerciée, presque malgré moi, ne parvenant pas à comprendre à quel moment il avait pu commander un tel bouquet. C’était absurde de se poser cette question dans un moment pareil, comme si elle était la dernière raison qui me restait avant de basculer dans l’irréel. Je ne l’avais pourtant pas posée, sachant qu’elle était inutile. Je l’avais laissé seul bien des fois depuis nos retrouvailles à Paris, il aurait pu le faire à n’importe lequel de ces moments...

J’étais restée si bloquée sur la beauté des fleurs que je ne l’avais pas senti s’approcher autant de moi. Lentement, le souffle court, la gorge sèche, j’avais alors relevé mes yeux jusqu’aux siens, à travers le reflet du miroir... Il venait de parler d’hommage et j’avais dégluti. Mon corps s’était raidit instantanément lorsque j’avais senti sa main passer à côté de mon flanc. Mes yeux n’avaient pas quitté les siens et mon verre s’était posé sur mes lèvres comme par automatisme. J'avais pris une nouvelle gorgée de courage tandis que ses paroles raisonnaient dans ma tête. Un “hommage”... un hommage à quoi ? Le son de son verre m’avait brusquement ramené à la réalité et j’avais jeté un rapide coup d’œil au secrétaire pour confirmer mon soupçon. Son verre était vide. Il l’avait bu à une vitesse si impressionnante que mon cœur s’était mis à battre plus vite. Il n’y avait pas une multitude de raison qui expliquaient une telle célérité. Il n’y en avait que cinq et tandis que je l’observais toujours, je m’étais mise à les lister pour tenter d’oublier que sa main était désormais posée sur mon flanc, le tissu de soie de ma robe comme dernier rempart. Il y avait l’ennui, l’envie d’en finir au plus vite sur une soirée décevante et qui ne s’appliquait qu’à un verre pris chez quelqu’un, dans un bar ou dans tout endroit qu’une personne voulait quitter, ce qui n’était forcément pas le cas de cette chambre. Il y avait la peur. Boire donnait l’impression dérisoire de se gonfler de hardiesse. Il semblait si confiant en cet instant qu’il ne semblait pas avoir besoin d’une quelconque dose de courage. Il y avait l’alcoolisme bien sûr mais il me semblait évident que je pouvais écarter ce choix. Le désespoir et la tristesse mais je l’avais refusé avec une égale célérité et enfin... le plus probable de tous. L’empressement. Cette envie de passer à autre chose. Autre chose de plus sérieux ou de plus... engageant.

La liste était déjà finie et je ne pouvais plus ignorer cette main qui s’insinuait encore plus sur mon corps. J’étais électrisée par le contact tant qu’il m’avait fallu me concentrer sur autre chose, effrayée à l’idée de reproduire ce qu’il s’était passé au Louvre. Effrayée de faire du mal. Terrorisée en revanche de ce qui m’arrivait. Je pouvais presque voir mon visage blême, mes yeux écarquillés, toujours rivés sur l’homme dans mon dos. J’avais voulu poser la question mais elle était restée bloquée en moi. Mes yeux cependant la traduisaient si bien qu’il n’était pas difficile de la lire “mais qu’est-ce que vous faîtes ?”. Mais qu’est-ce qu’ON faisait ? C’était comme si la vérité m’éclatait enfin au visage, comme si elle n’avait été qu’un liquide glacé qui me recouvrait désormais des pieds à la tête. Peut-être était-ce la raison de mes frissons ? Il n’y avait plus de jeu. Il n’y en avait jamais vraiment eu. Ou plutôt non. Il y avait eu un jeu sous le jeu que nous devions jouer, une couche plus maligne sous le vernis. Je l’avais bien perçue et peut-être aurais-je pu m’en sentir triomphante si je n’avais pas aussi peur de ce qui était en train de m’arriver. Mais étais-ce, seulement la peur ? J’avais posé vivement ma main sur la sienne, celle qui gagnait du terrain sur mon corps afin de le conquérir tout entier. J’avais envoyé mes propres forces pour repousser l’ennemi mais il avait semblé qu’à mi-chemin, au milieu du no man’s land, mes soldats avaient reconnus les siens et qu’ils avaient eu le droit à un laisser-passer malgré moi. Bien de mes doigts s’étaient violemment cramponnés aux siens dans le but de le faire lâcher prise, ma force s’était muée en caresse soumise, vaincue par l’offensive à la seconde où j’avais senti son souffle effleurer mon cou. J’avais détourné le regard à l’opposé de son visage lui laissant encore plus percevoir ma peau tandis que j’exhalais un soupir de surprise et d’impuissance. Ma main accompagnait désormais presque la sienne, embrassant son mouvement.

Il me décrivait alors comme une femme de goût et je ne voyais pas vraiment où il voulait en venir. C’était les fleurs qui lui avaient fait cet effet ? Ou la violette ? Je n’avais pas eu l’impression que nous avions tant parlé de... et puis est-ce que je m’en foutais ? Présentement, oui, totalement. Et tenter de m’émanciper par la pensée de tout cela ne menait à rien. C’était une bataille à mener de front. Il fallait que je le stoppe. Il fallait qu’il arrête... qu’ON arrête...

- Hhh

J’avais inspiré brusquement, de façon si saccadée sous le coup de son baiser. J’avais espéré que ce soupir n’avait pas été trop bruyant mais je ne pouvais plus en être certaine. Cette fois, il avait été allé bien plus loin dans l’offensive, ses lèvres n’avaient pas fait que m’effleurer, elles avaient pris pleinement la peau de ma gorge et mon souffle s’était coupé instantanément. Je sentais sa bouche maudite remonter lentement le long de mon cou. Sous l’impulsion, j’avais mordu ma lèvre inférieure, refreinant de justesse un gémissement. J’avais alors brusquement tiré ma tête vers la gauche, tentant de le fuir plus férocement. Prenant appui sur sa main avec la mienne pour me dégager de son emprise, je manquais de perdre l’équilibre au moment où il la retira brusquement de mon flanc, la remontant pour la poser sur mon épaule droite. La pression qu’il mit dans son geste me poussa à lui faire face. Avais-je réellement une autre option ? J’avais un secrétaire qui m’empêchait la fuite en avant et maintenant en arrière et il était bien trop proche de moi pour que je ne puisse qu’espérer esquisser un véritable départ. Et pourtant, j’avais cet horrible sentiment au fond de moi car malgré ce que mon cœur espérait et mon corps suppliait, ma tête me raisonnait : je ne devais pas. C’était dangereux, bien trop dangereux et douloureux pour oser s’avancer sur cette voie.

- On ne...
- Donnez-moi ça...

J’avais tenté de stopper la situation, la gorge sèche mais son ordre, de sa voix claire et puissante comparée à la mienne, m’avait coupé dans ma volonté. Je n’arrivais même plus véritablement à comprendre de quoi il me parlait quand soudain ma main gauche reçu un choc à laquelle elle tenta de résister malgré moi. Je baissais les yeux pour m’apercevoir que tandis que ma main libre avait tenté maladroitement et sans réelle conviction de le stopper, la gauche s’était agrippée au verre que je tenais toujours comme un noyé à une bouée. Les jointures de mes doigts étaient si blanches qu’il menaçait d’exploser dans ma main à tout moment. J’avais alors lâché prise, le laissant récupérer mon verre pour le poser à côté du sien. Je ressentais tout au centuple. Sa main dans mon dos, celle sur ma joue. J’avais dégluti, roulant des yeux vers la porte de la chambre, il n’était pas encore trop tard pour tout arrêter radicalement, pour le fuir. Lui. Ses yeux. Ses mains. Ses lèvres.

- Maintenant, regardez-moi !

L’ordre avait été si puissant, si lascif en même temps de par son ton et le geste si doux que le choc de toutes ces actions contradictoires m’avait fait obéir sans broncher. Je n’avais pas l’habitude d’être si docile. J’étais bien plus dans le refus, le questionnement, l’alternative. Mais en cet instant précis, je n’étais rien d’autre que subjuguée et j’eût presque l’impression que j’allais mourir là, lorsque le bleu de mes yeux croisa de nouveau l’ambroisie des siens. Mourir et renaître en même temps. Je percevais toujours les ténèbres au fond des prunelles mais j’observais également le feu à présent. Le feu qui ne l’avait jusqu’alors pas réellement animé et qui maintenant brûlait de façon impitoyable. Il s’amusait du fait que je fuyais son regard tout en ayant une sorte d’agacement que je comprenais. Il était temps d’assumer. Il était temps d’aller de l’avant. Dans un sens comme dans l’autre. Il était temps de tout arrêter. Ou de tout empirer.

Oui, c’était comme si en un instant, je m’étais perdue à travers l’espace et le temps en un regard vers ces yeux aussi plaisants que démoniaques. J'avais voulu fermer les miens en sentant sa main se glisser dans mes cheveux. Ses iris avaient vrillé sur l’effet de la baisse de tension qu’avaient subi les lumières de la chambre. Je ne l’avais même pas remarqué, ne croyais qu’à un sortilège, à un effet de ses yeux, plus que de mon propre chef. Cela avait été furtif et pourtant visible, les lumières avaient manqué de s’éteindre avant de reprendre leur puissance. Le bout de ma langue était passé sur mes lèvres, rapidement, comme pour les humidifier, tenter de retrouver un souffle que je n’avais plus, une prestance disparue.

- Ce n’est pas bien, il faut arrêter ça...

Ça n’avait pas été plus grand qu’un murmure. Une timidité, évidente, un manque de conviction. Une volonté de ma tête de faire entendre la raison, mais bien trop étouffée par mon corps et mon cœur pour avoir une véritable voix.

- Vous le savez, n'est-ce pas ?... C’est grâce aux astres non pareils qui tout au fond du ciel flamboient que mes yeux consumés ne voient que des souvenirs de soleil.

Bien sûr que je le savais. Je le savais désormais depuis plusieurs heures. Et il citait Baudelaire. Un prélude au malheur qui m’attendait. Y avait-il amoureux de la chair et de l’amour plus déprimé que l’était Baudelaire ? Il en avait connu toute la douleur, tous les supplices avant d’espérer une part de bonheur, même infime. C’était ce qui m’attendait. A n’en pas douter. Mais je l’ignorais. J'avais toujours été fascinée par la vision de Baudelaire, connaissant et reconnaissant ses poèmes parmi tant d’autres. J'avais été fascinée par cette douleur que je connaissais à chaque fois que j’offrais mon cœur et contre laquelle je tentais constamment de me protéger en refusant. Et pourtant, au fond de moi je savais que jamais encore je n’avais goûté à la profondeur abyssale des maux qu’il décrivait. J'ignorais encore en cet instant précis que l'ambroisie en face de moi saurait me les faire découvrir. Comme Icare volant trop prêt du Soleil. Il m’avait touché une nouvelle fois en plein cœur, j’avais presque entendu le bruit écœurant de la flèche pénétrer la chair. Comme pouvait-il connaître tout de mes goûts sans que jamais je ne lui laisse la possibilité d’entrouvrir la porte de ce jardin secret ? C’était comme si à chaque instant, il me prouvait un peu plus qu’il me comprenait. Qu’il était comme moi. Que je n’étais pas seule. Et chaque seconde un peu plus, je m’éloignais de la terrible vérité qui se reflétait dans le miroir que j’avais dos à moi : jamais je ne serai aussi seule.

En vain j'ai voulu de l'espace
Trouver la fin et le milieu ;
Sous je ne sais quel oeil de feu
Je sens mon aile qui se casse ;

C’était comme si j’étais sortie de mon corps à cet instant. J’avais vu la fin inexorable et je l’avais observer s’approcher de moi, tétanisée, mes yeux se remplissant de larmes que je ne savais expliquer. Nos lèvres s’étaient alors effleurées et touchées franchement et c’est à cet instant que j’avais fermé les yeux et...

BAM !

J’avais étouffé la douleur fulgurante qui m’avait frappé dans le bas du dos en gardant les lèvres closes, la mâchoire serrée, les dents soudées les unes aux autres prête à les faire exploser sous la pression. C’était si douloureux, que les larmes qui étaient montés en moi avaient coulées. Juste deux larmes, rien de plus, que j’avais écrasé d’un revers de main. Les yeux rivés sur le lit, je tentais de me concentrer pour éviter d’hurler tous les jurons qui me venait en tête. C’était fou comme ça faisait mal. Comme à chaque fois, j’avais paniqué. La pression était devenue trop forte, la vague de désir qui était monté en moi avait manqué d’exploser et je m’étais reculé si brusquement qu’il n’avait pas pu me retenir. Mon corps était venu s’écraser violemment contre le secrétaire et le vase avait manqué de tomber sous le coup. Je l’avais rattrapé de justesse d’une main dans la centième de seconde où la douleur n’avait pas encore explosé en moi. Me reprenant, je m’étais redressée en déglutissant, ne lui accordant aucun regard, posant mes yeux haineux sur le bouquet.

Poule mouillée.

Je l’avais presque entendu distinctement dans ma tête tandis que je reposais le vase d’un air rageur sur le bureau. Pas maintenant. Il n’avait pas le droit.

Et pourtant il avait raison. Je n’avais été qu’une poule mouillée depuis que j’étais en âge de tomber amoureuse. Paris. C’était une promesse. C’était nous. Et ce bouquet me rappelait exactement tout ce qu’il n’était pas. Il m’avait aimé profondément. Avec toute la simplicité que j’avais. Une rose de glace. C’était constamment cela. Une rose de glace. Pas un bouquet. Une fleur unique. Il avait été là à un moment de ma vie pour me montrer que je pouvais exister, que lui me voyait, telle que j’étais. Parfaite à ses yeux. Et je le voyais. Tel qu’il était. Parfait aux miens. C’était l’époque de la jeunesse, du début de ma vingtaine, l’âge adulte encore teinté d’adolescence. Ce moment où on avait besoin de se sentir vivant. Et puis il était parti. Et j’avais regretté. J’avais regretté de l’avoir autant repoussé, d’avoir refusé mon bonheur autant de temps. Si j’avais été moins stupide j’aurais eu plus d’un an...

- On arrête.

Mon ton avait été aussi tranchant qu’une lame. C’était bien la première fois que j’étais aussi déterminée depuis que nous nous connaissions. Il n’y avait pas de doute possible, pas d’hésitation. J'avais pris la décision brusquement, comme on attrape de justesse une ultime bouée en se sachant perdu, au milieu de la tempête. La bouée nous permettait alors de rester à flot, de reprendre son souffle, mais pas longtemps. Elle nous permettait juste de voir la mort, inéluctable, nous fondre dessus. Que pouvait faire une bouée face à la tempête ? J’avais tiré mes cheveux en arrière de mes deux mains, me rendant compte que je tremblais de colère et de frustration. D’un geste vif du pied, j’avais enlevé ma première chaussure, puis la seconde avant d’amorcer un départ vers la salle de bain.

Poule mouillée.

Je m’étais stoppée net, m’observant dans le miroir, les joues rosies, l’air bouleversé. Il avait raison. Une fois de plus je fuyais. Je n’avais plus eu de véritable relation depuis Jack. Pas depuis 2 ans. Deux ans de célibat digne d’un véritable retrait au couvent où je m’étais fermée tant à l’amour qu’à la sexualité. J’avais eu une ou deux occasions, j’avais cru pouvoir jouer avant que mon cœur, mon corps et ma tête me rappelait que je n’étais pas intéressée. C’était bien la première fois depuis tout cela que mon cœur et mon corps s’était scindé de la partie et ma pauvre tête, cette rabat-joie, avait été mise en sourdine. Et comme une poule mouillée, je fuyais. J’aurais eu plus d’un an si je n’avais pas été si stupide à courir avec Jack. Combien aurais-je de plus ce soir si j’arrêtais de me voiler la face ? J’avais dégluti avant de couler un regard vers lui, tournant légèrement la tête. J’en avais envie. Oui. Je me l’avouais pleinement. Mais en avait-il autant envie ? Et si ce n’était qu’un jeu ? C’était pourtant lui qui l’avait amorcé. Et même si c’était qu’un jeu, était-ce si dramatique ? Il n’y avait aucune honte dans un consentement. Mon regard avait continué sa course jusqu’au bouquet.


J’avais grandi. Ce n’était plus une seule rose. Je n’avais plus besoin de me trouver, de me voir comme une unicité dans ce monde. Le Temps avait eu raison de moi. Et j’avais mûrit. C’était une autre façon de me voir qu’on m’offrait aujourd’hui où l’unicité de mon être restait le bouquet mais où la multitude de fleurs appelait à différentes facettes d’un même tout. La puissance de ce bouquet. L’élégance. Je n’étais plus une jeune fille. J'étais une femme et ce soir, il était celui que le destin avait choisi de placer sur ma route pour me le faire comprendre.

Lentement, je m’étais tournée vers lui, le cœur battant, le jaugeant du regard, ne cherchant plus à baisser les yeux. Et comme pour répondre à ce qu’il avait amorcé, j’avais repris d’une voix douce, avec bien moins de fatalité dans l’esprit :

- En vain j'ai voulu de l'espace, trouver la fin et le milieu...

Je m’étais avancé vers lui, lentement, prenant pleinement conscience de ce que je faisais, de ce que je décidais. L’épaisse moquette s’affaissait sous mes pas tandis que je lui faisais face, l’observant toujours. Je m’étais stoppé à quelques centimètres de lui, nos corps se touchant presque, tandis que je relevais la tête pour observer ses yeux. Il n’avait plus besoin de me forcer à le regarder, mon cœur et mon corps avaient menotté mon esprit et désormais, je ne voulais plus fuir.

- Sous je ne sais quel œil de feu...

Je l’avais presque chuchoté, levant ma main droite vers son visage, posant mon index et mon majeur à la commissure de son œil, cet œil doré et enflammé. D’un geste vaporeux, le frôlant plus que le touchant, j’avais glissé mes doigts vers sa tempe, descendant ensuite lentement mon geste sur l’os de sa mâchoire inférieure, carrée et si bien dessinée. Mon autre main était remontée le long de son dos, tandis que je m’approchais encore de lui, nos corps se touchant enfin. Je constatais que s’il m’avait électrisé je n’avais pas à rougir de ne pas lui faire le même effet. Il semblait aussi enclin que moi à ce qui nous arrivait, tandis que mon index glissait avec douceur sur ses lèvres. Mon autre main était désormais sur sa nuque que je caressais du bout des doigts. Mes lèvres s’étaient à son tour posées sur son cou, de façon beaucoup plus frontale et j’y déposais un baiser tout en chuchotant suavement :

- Je sens...

Mes lèvres avaient glissé sur sa peau, remontant sur sa mâchoire. Mes doigts étaient passés de sa nuque lentement à la racine de ses cheveux d’un noir de jais, bouclés. Comme une brise légère, j’avais fait glisser mes doigts vers le milieu de son crâne.

- … mon aile...

Ma seconde main avait quitté ses lèvres pour rejoindre la première dans ses cheveux, mes yeux étaient de nouveau à présent plongés dans les siens tandis que je me relevais légèrement sur la pointe des pieds, nos lèvres à quelques centimètres les unes des autres. Mon cœur battait désormais si fort que j’eus l’impression qu’il pouvait exploser. Mais c’était trop tard, j’étais prise au piège, déterminée par mon propre esprit dans ce jeu qui pourrait causer ma perte. C’était inévitable, inéluctable, j’avais lâché le dernier mot dans un souffle presque plaintif tant le désir se faisait attendre :

- … qui...

… se brise.
Je ne terminais jamais ma phrase, mes lèvres s’étaient posées sur les siennes avec une fougue nouvelle, plus puissante que la douceur dont il avait fait preuve. Fini de jouer, mes mains se perdaient dans ses cheveux tandis que mes baisers s’intensifiait à mesure que la passion... me consumait.



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