« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
sans jamais vous laisser décourager. » (Walt Disney)


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 Anges et Daemons ♦ ALEXIS & HYPERION (11 février 2021)

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Anatole Cassini



« Maîïîtreuuuh !!! »


Anatole Cassini


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Anges et Daemons ♦ ALEXIS & HYPERION (11 février 2021) - Page 5 _


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________________________________________ Lun 22 Fév 2021 - 19:52


« La frontière du rêve et de la réalité
où j’aime à vagabonder. »
▼▲▼

J'avais passé une bonne partie de mon Temps à parler au ciel. Je pensais que les Anges, êtres dominants de ce monde, où qu'ils étaient, pouvaient m'entendre et me répondre. Je pensais que Zoran m'aurait répondu. A dire vrai, on était insignifiant à leurs yeux. Je n'avais jamais ressentis ce rejet, de la part de quiconque. Chez nous, les êtres élevés ne pouvaient pas entrer en contact avec nous. Ca leur était totalement impossible, ce qui expliquait qu'on ne pouvait pas avoir de lien direct avec la Nature et avec ceux qui l'avaient rejointe, tel que ma soeur, Gaïa. Je ne lui en voulais pas de me laisser comme ça, sans réponses. Ce n'était pas un choix pour elle de m'ignorer. Mais ces êtres là... ces Anges... ils pouvaient agir dans ce monde. Leur silence était une décision qu'ils avaient prise ! Ca m'énervait ! Je ne m'étais jamais sentis aussi en colère de toute mon existence !

J'ignorais où ils se trouvaient et comment les chercher. Si je pouvais, j'aurais détruit une montagne, ou fait ressentir mon aura sur toute la surface de ce monde. Mais je sentais que je m'étais considérablement affaiblis dans l'Hôtel Bleu. Quelque chose n'allait pas au fond de moi. Même le Sable Noir ne me répondait plus. D'ailleurs, je n'arrivais pas à savoir si celui que j'avais partagé avec Alexis et que les sorcières avaient réussi à contenir, avait totalement disparu ou non.

Atlas et Thémis auraient pu faire plus. J'aurais du pouvoir faire plus. On était coincé dans ce monde, à deux doigts de voir notre ville nous rappeler dans le ciel, d'où on venait et qu'il nous était impossible d'y retourner. J'avais fait une promesse à Alexis et à Vaiana. On devait rentrer. C'était inéluctable. Mais j'ignorais encore comment réussir un tel exploit.

« C'est pénible ces gens qui ne veulent pas vous laisser tranquille. »

J'avais tourné la tête, sans pour autant m'arrêter de marcher. Je ne m'étais pas rendu compte que Asta et Malcolm m'avaient suivi et qu'inconsciemment, j'avais du accélérer le pas. Ralentissant enfin, Malcolm avait réussi à nous rejoindre, essouflé, tandis que Asta avait sans doute du courir pour arriver à ma hauteur et être là avant lui. Je regardais une nouvelle fois devant moi, tout en continuant de marcher, mais plus lentement.

« C'était le piège parfait ! » m'emportais-je. « L'Hôtel Bleu. Il était si facile de s'y trouver enfermé vue à quel point au fil du Temps, on se perd si facilement. »

J'étais perdu. Totalement perdu.

« Tu as réussi à triompher de lui. Tu n'es plus perdu, Anatole. » me répondit Malcolm en essayant de ne pas paraître trop essouflé. « Même si votre retour à tous est difficile, il n'est pas impossible. Je suis persuadé qu'il existe un moyen. » ajouta t'il d'un air se voulant encourageant. « Je n'ai pas réussi à m'y perdre. L'Hôtel Bleu n'a pas voulu de moi. »

Il jeta un coup d'oeil en direction de Asta, qui trottinait à côté de nous deux, dans la neige. Je m'assurais que ses petites pattes ne s'enfoncent pas dedans. Au moins ça, je pouvais encore le faire. Elle avait tourné la tête dans ma direction pour me regarder.

« Je suppose que c'est une bonne chose puisque j'ai pu faire des recherches sur l'Aurore, mais... j'ai eu l'impression de vous abandonner. » acheva t'il, l'air fautif.

Il n'était pas responsable de ce qui nous était arrivé. On avait pris la décision de venir jusqu'ici. Ni lui, ni Lyra en étaient responsable. C'était nous même, de notre propre chef, qu'on avait tenté d'entrer dans l'Hôtel Bleu. Qu'on avait cru au fait qu'ici, on trouverait des réponses à nos questions et qu'on pourrait apporter de l'aide à nos nouveaux amis.

Je me stoppais dans ma marche. Observant d'abord les montagnes au loin, j'avais tourné la tête dans la direction de Malcom et d'Asta.

« Je me demande parfois si c'est pire de savoir ce que d'autres ignorent, ou d'être dans l'ignorance la plus totale. »

Je tournais la tête vers le groupe. Mais ils étaient désormais trop loin. Soupirant, je reportais mon attention sur mes deux compagnons de route.

« Alexis a raison. On peut vivre dans l'ignorance, mais pas quand nos amis peuvent nous apporter les réponses à nos questions. »

Je me mordis les lèvres. Elliot savait. Elliot avait vent de ce qui allait se passer et il faisait tout pour l'éviter. Alors pourquoi les autres ne pouvaient pas savoir ? J'ignorais si je devais m'élever, maintenant, ou si je devais poursuivre. J'ignorais si on allait pouvoir quitter cet endroit ou non. J'ignorais vers qui me tourner pour obtenir une réponse. Mais il y avait certaines choses que je savais et elles concernaient Malcolm et Asta.

« Vous êtes tous les deux resté. Vous n'avez pas baissé les bras. Vous avez continué de croire en nous au fil des jours, même sans avoir la moindre certitude qu'on trouverait le moyen de revenir. Vous ne nous avez pas abandonné. » leur dis-je. « C'est pour ça que tu n'as pas réussi à t'y perdre, Malcolm. Parce que tu sais ce que tu veux. Tu sais en qui tu crois et qui sont tes amis. Tu es plus éclairé que la plupart d'entre nous. »

J'aimerais tout comme lui avoir les réponses à toutes ces questions et avoir la certitude de savoir qui je suis, réellement. Mais pour l'heure, je n'ai pas cette chance.

Même perdu, j'avais laissé échapper un petit sourire en observant les deux compères. J'aimerais être comme eux. J'aimerais avoir aussi cette sensation de pas être seul. Ils avaient beaucoup de chance dans ce monde. Ils allaient toujours par deux. Et quand ils s'y mettaient à deux pour redonner courage et espoir, les effets étaient décuplés.

« Vous êtes un véritable rayon de soleil, tous les deux. » poursuivis-je, toujours en leur souriant, même si ça n'allait pas bien pour autant.

Malcolm m'adressa un sourire, reconnaissant.

« Venez voir. » laissa échapper Asta.

Je tournais la tête vers la chatte rousse, qui s'était un peu éloignée de nous. Elle s'était mise à trottiner vers une fleur blanche qui se trouvait dans la neige. Elle ralenti une fois avant de humer la fleur d'un air intrigué. Avec Malcolm, on la rejoignit.

« Comment un edelweiss a t'il réussi à pousser ici ? » s'étonna Malcolm. « Il est... seul au milieu de nulle part ! »

Au fil du Temps, il y a beaucoup de choses utiles, indispensables, qui nous procurent bonheur, euphorie et bien être, dont on finit par se passer. On les pensent ancré dans notre présent, si bien qu'on finit par les ignorer, les occulter. Porté par l'engrenage de nos vies, on ne prête pratiquement plus une oreille attentive aux chants des oiseaux. On ne ressent plus les rayons du soleil qui réchauffent notre peau. On ne prend plus le temps de regarder les étoiles ou de se rendre compte des petits détails insignifiants. On meurt petit à petit chaque jour. C'est une mort lente. Pesante. Tout ça parce qu'on se sent... perdu.

Je n'arrivais pas à détacher mon regard de la fleur, penchant la tête légèrement sur le côté pour l'observer. Si il y avait bien un détail qui n'avait rien d’insignifiant, c'était qu'elle était parfaite. Parfaite en tout point. Comme si elle n'était pas réelle.

Notre seul et véritable guide dans la vie, c'est la Nature. Elle est présente à côté de nous, à tout instant. Quand on la laisse nous montrer le chemin, elle éveille nos sens. Le doux parfum d'une fleur sauvage. La caresse d'une brise légère sur notre joue. Tellement de sensations qui lui sont propre et qu'elle partage avec nous.

Je voulais ressentir tout ça. Je voulais me laisser porter. Me laisser bercer par elle. Je fermais les yeux, afin de ne pas me faire déconcentrer par quoi que ce soit. Elle était là. J'en étais persuadé. Elle nous entourait, nous englobait totalement. Elle était présente en chaque chose. Que ce soit cette petite fleur, si parfaite, ou cette étendue de neige autour de nous. Elle était notre Espoir à tous de ne jamais être véritablement et totalement seul.

Avant d'ouvrir les yeux, je sentis une aura apaisante sur moi. Une aura qui m'avait manquée. A mes côtés, il y avait toujours Asta et Malcolm. En face, je souriais à l'inconnue, qui ne l'était pas véritablement. Je sentis mes yeux devenir humides et en même temps un sourire apparaître à la commissure de mes lèvres. Mais ça n'allait pas. Ca n'allait réellement pas, car je m'étais perdu. Perdu ce jour là...

« Je me suis perdu, quand je t'ai perdu. » compris-je, avant de lui murmurer.

Chronos ne voulait pas voir Lily. Il faisait tout son possible pour ne pas se trouver au même endroit qu'elle. Tout ça parce qu'il avait peur. Peur du regard qu'elle lui porterait. Vue ce qu'il avait accomplis, jusqu'où il en était arrivé pour accomplir de telles choses, il avait du venir à bout de nombreuses épreuves, et lui aussi s'était perdu en route.
Quelle qu'était la route qu'on empruntait, on finissait par se perdre. Je voulais revoir mon inconnue depuis tellement longtemps. Mais j'étais effrayé à l'idée de l'image que je lui renverrais de moi.

« Je sais. » m'avoua t'elle.

Mes yeux s'humidifièrent d'avantage. Elle savait.

« Mais même si tu ne me vois plus, je suis partout où tu es, Hyperion. » ajouta t'elle en me regardant droit dans les yeux, avec ce regard rassurant.

Elle savait qui elle était. Où elle se trouvait. Je laissais échapper un petit sourire. Comment ils pouvaient tous, Malcolm, Asta et elle, savoir précisément qui ils étaient ?

« Je sais que tu as peur. » m'avoua t'elle timidement, sans vouloir me blesser.

Mon coeur tremblait. Mais je n'étais pas effrayé, car elle était là. Je lui vouais une confiance aveugle. Avec elle, je ne pouvais pas me perdre.

Je ne m'étais pas rendu compte que quand j'avais ouvert les yeux, le décors autour de moi avait changé. Tout comme pour Malcolm et pour Asta. On était dans un immense jardin. Une étendue verte. Il ne faisait ni chaud, ni froid. L'herbe, les fleurs, les plantes, s'étendaient à perte de vue. On aurait dit le jardin dans lequel on était apparu la toute première fois, quand Malcolm nous avait trouvé. Mais il était immense. Infini.

« C'est un magnifique jardin. » affirmais-je.

J'ignorais où je me trouvais réellement. A quelle époque on était. Je savais juste que notre présence ici, était de son fait. Tournant la tête vers Malcolm et Asta, je me rappelais que je n'étais pas seul. Et qu'ils allaient finir par se perdre avec moi, si je ne leux expliquais pas.

« Malcolm, Asta. » dis-je avant de tourner la tête vers mon inconnue. « Je vous présente une amie. Une très chère amie. » ajoutais-je avec un grand sourire.

« Enchanté. » lui répondit Malcolm avec politesse, même si il semblait totalement désarçonné.

« Je te présente, Malcolm et Asta. Ils sont qu'une seule et unique personne. Mais je pense que tu le sais déjà. »
Elle me répondit pas un petit sourire. Puis, elle attendit. Je m'étais demandé ce qu'elle attendait, mais ça me sembla soudainement d'une telle évidence. Je lui adressais un nouveau sourire.


« Bonjour Ellie. » lui dis-je d'une voix assurée.

« Bonjour Hyperion. » me répondit-elle de sa voix si agréable et douce, satisfaite par le fait que je l'avais enfin saluée, après tout ce Temps.

Je m'étais toujours demandé si je la reverrais un jour. Elle m'avait écrit une lettre que j'avais trouvé lors de l'une de mes promenades dans le parc de Storybrooke. Comme les autres messages qu'elle m'y avait laissé. Cette lettre sonnait plus comme un adieu. Même si elle parlait de se revoir, une toute dernière fois, quand je la rejoindrais. C'était donc ça ? Je m'étais élevé ? Et Malcolm ? Asta ?

« Hyperion ? » répéta Asta un peu tardivement.

Elle échangea un regard perplexe avec Malcolm.

« Pourrais-je savoir ce qui se passe ? Pourquoi nous avoir emmenés ailleurs ? » demanda t'il.

Ce n'était pas le moment de leur expliquer ce que signifier « Hyperion », n'est ce pas ? Quant à la raison qui faisait qu'on était ici, je l'ignorais. Par conséquent, j'avais adressé un regard à Ellie.

« Il vient juste de voir le jour. » répondit-elle.

Il m'avait fallu quelques instants pour comprendre de quoi elle parlait. C'était le jardin. On était dans le passé. Sans doute à la création de ce monde.

« Nous sommes au commencement. » répondis-je à Malcolm et à Asta. « Au commencement de votre monde. »

Je connaissais la faculté qu'avait Ellie à voyager dans le Temps. Pourquoi voulait-elle me montrer ce lieu à sa naissance ?

« J'ignore à quoi il ressemblera une fois achevé, mais j'imagine qu'il sera grand, sans fin, rempli de magnifiques souvenirs, qui à travers le Temps ne cesseront jamais de croitre, tant qu'il y aura des gens pour remplir ce jardin. Des gens comme eux. Comme moi. Et comme toi si tu arrêtes de te perdre... des rêveurs optimistes, Hyperion. »

Malcolm semblait totalement ahuri. Il ne parlait pas, se contentant d'écouter. Quant à moi, tout comme eux, je la laissais parler. Et pendant tout ce temps, je sentais toujours cette aura rassurante sur moi. Elle était presque imperceptible. Mais elle était là. La sienne. Je me rappelais l'aura que j'avais également sentis sur Alexis. C'était la même aura que la jeune femme, mais en plus forte. Comme si elle émanait de son bébé. J'avais ressentis la même chose sur ma soeur, quand elle portait Aphrodite dans son ventre. Mais je savais aussi que je n'arrivais plus à percevoir les auras. Alors comment cela se faisait-il qu'il m'était désormais possible d'en sentir certaines ?

Ellie avait sans doute lu dans mes pensées. Car voilà qu'elle répondait à la question à laquelle j'avais songé. Celle qui me tiraillait depuis quelque jours.

« Tu l'as enfin sentie. C'est rare que quelqu'un y arrive. A dire vrai, je n'ai connu que trois personnes qui ont réussi un tel exploit. »

Je me demandais de qui elle parlait. Et de quel exploit il était question.

« Elle est en chacun d'entre nous. Présente à tout moment. »

« La Nature ? » la coupais-je pour avoir plus de précisions.

« Non. Ce qui la maintiens en vie. Ce qui lui permet d'avancer, qui nous permet à tous d'avancer. Tu l'as toujours eu en toi, mais tu viens simplement d'en prendre conscience. Et plus tu le ressentiras, plus ton pouvoir se décuplera, et les choses reviendront à la normale, pour toi. »

Se décupler ? Revenir à la normale ? Je voulais lui en demander plus. J'avais besoin d'en savoir plus. Ce qu'elle me disait me faisait me poser une multitude de nouvelles questions. Mais je vis son regard dévier. Elle observait un autre endroit de ce merveilleux jardin, et je venais de comprendre que son Temps lui était sans doute compté. Je ne pouvais pas obtenir tout ce que je désirais, maintenant. Il allait sans doute falloir que je trouve certaines réponses par moi même. Mais elle m'avait permis d'avancer, à sa manière. Cela signifiait que je ne m'étais pas élevé ? Que je n'avais pas goûté à quelque chose de neuf ?

« Malcolm, Asta. » dit-elle en s'adressant à eux. « Vous avez fait le premier pas vers la connaissance nécessaire pour comprendre votre monde et le nôtre. Il ne faut pas vous arrêter en si bon chemin. Vous avez encore beaucoup à découvrir et vous aurez tout le loisir de le faire si vous le souhaitez. Ne vous laissez pas effrayer par l'inconnu. Ce qu'il y a de l'autre côté de l'Aurore est la plus belle chose qui m'ait été donnée de voir. »

L'Aurore... songeais-je, avant de me souvenir de ces deux mots que j'avais entendu en venant ici. Ils n'émanaient pas d'elle. J'aurais reconnu sa voix entre mille. Mais petit à petit, ils libéraient quelque chose dans mon esprit. Un souvenir...

Je levais la tête pour observer le ciel. Il faisait jour. Le soleil était à son Zénith. Regardant une nouvelle fois Ellie, je la voyais me sourire. Un tout petit sourire, qui voulait dire qu'elle était heureuse que ça me vienne enfin à l'esprit. Que cette connaissance qu'elle nous apportait, devenait enfin une évidence.

Malcolm gardait toujours le silence, tout en observant Ellie avec une attention décuplée et avec respect. Il sentait sans doute qu'elle était quelqu'un de sage et qu'il pouvait lui aussi, lui faire aveuglément confiance. Je lui avais dit, à mon ami, à mes amis, qu'ils pouvaient me faire confiance, mais pas se fier à moi. Car je n'avais plus la capacité de les protéger. Mais dans son cas à elle, c'était totalement différent. Ils n'avaient aucune raison de craindre quoi que ce soit quand elle était présente avec nous. C'était sans doute lors de ces moments fugages, les seuls moments de mon existence, où je me sentais totalement apaisé.

« A vous entendre, le monde au-delà de l'Aurore est merveilleux. En quoi est-il préférable au mien ? » demanda t'il. « Pourquoi envisagerais-je d'abandonner mes proches pour un voyage sans retour ? »

Asta s'était approché de Malcolm, sans pour autant détourner son regard d'Ellie. La jeune femme les observait tous les deux, avec ce même regard se voulant rassurant.

« Vous n'êtes pas un peu curieux ? Ou auriez vous perdu tous les deux votre goût de l'aventure ? » leur demanda t'elle avant de prendre un air un peu plus sérieux. « Elle aura besoin de vous. » se contenta t'elle d'ajouter.

Puis, elle tourna la tête dans ma direction.

« Si tu vas plus à l'est, tu y trouveras un enfant. Un enfant en train de courir après un papillon. » poursuivit-elle avant de croiser une nouvelle fois mon regard. « Un papillon. » répéta t'elle avec un petit sourire. « Tu sais que le mot papillon, en titanesque a la même signification que le mot âme ? »

Je n'y avais pas une seule fois songé. Et pourtant, elle disait vrai.

« J'ignore pourquoi cet enfant a choisi ce nom pour les âmes. Mais maintenant tout prend son sens, n'est ce pas ? »

Qu'est ce qu'elle voulait dire par là ? Je tentais de percevoir l'aura du petit garçon, mais je n'y arrivais pas. Tout portait à croire qu'il s'agissait de moi. Mais je n'était pas ce petit garçon. J'en étais persuadé.

« L'âme comme siège des sentiments, des passions, de l'intelligence, de l'esprit, des désirs. Le papillon, symbole de l'immortalité de l'âme. »

Les âmes étaient immortelles, c'était ainsi qu'on les avaient conçues, ou plutôt qu'Elliot les avait créés. Elliot... Le papillon était quant à lui, éphémère. Tout l'inverse d'une âme. Bien qu'il avait tendance à se transformer. D'ailleurs il n'en était pas à sa première forme. Peut-être que c'était un des nombreux détails que je n'avais plus observé depuis longtemps. Et que le sens de l'un, comme de l'autre, ne m'apparaissait plus comme il le devrait. Je continuais à l'écouter, attentivement.

« Le petit garçon va passer sa vie à suivre le papillon. A tenter de le rattraper. Il va vivre, aimer, pardonner, surpasser ses angoisses. Il va faire des choix que d'autres n'auraient pas pu faire à sa place. Ce petit garçon me rappelle quelqu'un. Ils ne sont pas si différent l'un de l'autre. Pour cela que le premier n'a pas le courage de l'affronter, de peur de lire dans son regard un jugement qu'il connaît déjà, et que le second n'arrive pas à se résoudre à l'abandonner. »

Ce petit garçon... je voyais enfin de qui il était question. Ca ne m'avait pas sauté aux yeux quand elle l'avait évoqué pour la première fois, mais maintenant ça me paraissait comme une évidence. Elliot...

« Il aura ce désir, cette envie de voir toujours plus loin, de vivre toujours plus intensément, de comprendre chaque chose. Et il explorera un jour trop loin, jusqu'à arriver à un état d'éveil presque absolu. Mais il ne prendra pas les bonnes décisions. Car il n'aura plus la capacité d'aimer. Il se sera bien trop perdu pour pouvoir retrouver son chemin. Il ne faut jamais s'arrêter de croire en la plus belle chose qui existe. L'Amour qu'on a en soi, à notre naissance, et qu'on emporte n'importe où qu'on aille. Qu'on partage avec ceux qu'on aime. Ce pouvoir qu'on laisse se décupler au fil du Temps. Dont on doit prendre grand soin. »

C'était de cela dont elle parlait ? De ce pouvoir que j'avais en moi ? Qu'on avait tous ? Mais qu'on n'arrivait pas nécessairement à utiliser ?

« Je pensais te sauver en te poussant à rejoindre notre mère à tous, mais il n'est pas encore l'heure. Elle est en toi. Au plus profond de ton être, de ton âme, là où je réside également, où tu pourras me sentir à tout instant jusqu'à ce qu'on se retrouve enfin d'une manière différente de maintenant. »

Je ne m'étais pas élevé. J'étais toujours là, quelque part. Mais mon esprit l'avait rejoins un Temps. Tout cela avait été le cas pour Malcolm et Asta. Juste le Temps de comprendre quelque chose. Quelque chose qui me venait tout doucement à l'esprit. J'en profitais pour observer ce jardin qui nous entourait. Elle ne l'avait pas choisi au hasard. Il détenait une part du mystère. Une réponse à nos questions.

« L'Aurore amène la lumière du matin, et pour ainsi dire, le jour. Sans elle, il n'y a personne pour faire naître le Soleil. J'ai lu une fois que le parfum de l'âme, c'est le souvenir. C'est la partie la plus délicate, la plus suave du coeur, qui se détache pour embrasser un autre coeur et le suivre partout. Ils sont arrivés plus loin qu'on le pourra. D'une manière qui nous est totalement inédite, et inaccessible. L'affection d'un absent par chez nous, n'est plus qu'un parfum. Un tendre et doux parfum. Chez eux, il est supporté à deux. C'est ce qu'il a tenté de faire, sans y arriver. »

Quand elle m'avait confié cela, j'avais arrêté de regarder autour de moi, pour la regarder elle. Que voulait-elle dire en disant que le petit garçon avait tenté d'accomplir, ici ? Ce monde... cet endroit... ces Daemons, c'était... son oeuvre ?

« Séparer sa peine en deux pour souffrir moins. Si il savait ce qu'il avait créé. Ce monde est unique, Hyperion. Il est si beau, si merveilleux. C'est son jardin secret. Celui où réside la force la plus puissante de l'univers. Une force émanant de Nature et de Chaos. Elle réside en chacun d'entre nous, en chacun d'entre eux. Il faut juste lui ouvrir les yeux, lui faire se rendre compte qu'il doit déblayer les nuages et laisser le Soleil briller de toutes ses Forces. »

« Malcolm, regarde... » entendis-je Asta chuchoter.

Ce dernier écarquilla les yeux, stupéfait. Je regardais vers ce que Asta lui montrait.

« Tu la vois, toi aussi... la Poussière ? » lui demanda t'elle.

Il acquiesça sans ciller, focalisé sur Ellie. Derrière la jeune femme, de la Poussière émanait d'elle. Elle partait du ciel et venait sur elle, ou l'inverse. Je n'arrivais pas à discerner lequel des deux puisait sa force dans l'autre. La plus puissante de toutes les Forces de la Nature. Celle qui réside en chacun d'entre nous. L'Amour de notre Mère à tous.

« Comment faites vous ça ? » laissa t'il échapper à l'intention d'Ellie.

Ellie leur adressa un regard. Puis, elle m'observa. Je sentais qu'elle était là, face à moi, et en même temps qu'elle s'éloignait. J'arrivais enfin à percevoir son aura. Elle était si faible, alors qu'elle m'avait paru si forte quand elle était posée sur mon être. Qu'est ce qui lui était arrivé ? Où était-elle désormais ? Peut-être qu'un jour je comprendrais mieux tout ça. En attendant, je continuais de lui accorder toute mon attention, et j'en profitais pour faire jaillir un peu de mon aura sur elle, histoire de lui permettre de poursuivre son chemin, quel que serait le lieu où elle comptait se rendre.

« Juste avant le coucher du soleil, sur toutes les mers du monde, à bord de toutes les embarcations, tous ceux qui vont sur la mer, ou tout du moins ceux qui ont su conserver une part d’enfance, espèrent. »

J'avais l'impression d'avoir déjà entendu ces mots, par le passé. Ca me revenait petit à petit. Et les deux mots venaient de prendre tout leur sens...

« Ils espèrent voir ce fugace rayon vert émeraude. » reprit-elle. « Celui-ci apparaît, et disparaît presque aussi soudainement, alors que le bord supérieur du disque solaire effleure l’horizon juste avant de se coucher. Cette petite tache lumineuse ne surgit que l’espace d’une ou deux secondes. Alors émouvant de beauté, ce mince rai de lumière flamboie l’instant d’un éphémère, à la frontière du rêve et de la réalité où j’aime à vagabonder. »

Elle me fixait toujours. Je la fixais également.

« Si Jules était là, il prendrait la grosse tête. » précisa t'elle avec un petit sourire.

C'était lui qui avait écrit ces mots. Ces mots que récitait Ellie. Ces mots qui tenaient dans un ouvrage et qui nous ouvrait aujourd'hui les portes sur un autre monde. Ces mots qui nous permettaient de rentrer.

« C’est là que je t’attendrai. » murmura t'elle.

Je lui adressais un regard, tout en me laissant bercer par ces douces paroles pleines d'espoir.

Quand on court après quelque chose, il y a toujours un prix à payer. Nous ne sommes plus des enfants. On connait cet adage aussi vieux que le Temps. Désormais, il m'est impossible de revenir vers elle. J'ai exploré bien trop loin. J'ai entrepris un voyage à travers le Temps, brisant ainsi notre ligne à nous. Celle où une jeune fille, est venue dans le passé, m'a amadoué avec ses lectures, et où on a partagé quelque chose d'intense, de pur. Désormais c'est une toute autre personne qui se tient face à moi. Elle n'est pas si différente physiquement de la première. Mais à l'intérieur, ce n'est pas le même coeur qui bat. Je ne verrais plus jamais celle que j'ai connu. J'ai brisé bien trop de choses, créé bien trop de nouvelles choses. Un point fixe ne s’efface pas aussi facilement qu'on l’espère. Il peut se présenter à nous sous diverses formes. Mais à chaque fois, il martèle notre coeur d'une manière brutale et douce à la fois. Ce jour là, à Titania, quand nos regards se sont croisés pour la toute première fois, j'ai ressentis quelque chose que je n'ai jamais ressentis auparavant. Aujourd'hui, je le ressent toujours, mais d'une toute autre manière.

« Tu n'es pas elle, n'est ce pas ? Et en même Temps, tu n'es pas si éloignée d'elle. Un peu comme eux... » laissais-je échapper en observant Malcolm et son Daemon.

Je connaissais déjà la réponse.

« Nous sommes qu'un. »

Elle s'était élevée, j'en étais persuadé. Mon Ellie s'était élevée. Je me demandais combien de temps cela lui avait pris. Quel âge elle pouvait bien avoir aujourd'hui. J'aimerais pouvoir croiser son regard, à elle. Car ses yeux répondraient à toutes mes questions.

Je me rappelais ce que Lyra m'avait dit. Les yeux pouvaient en dire beaucoup sur la sagesse d'une personne. Les siens semblaient neufs. Comme si il s'agissait d'une nouvelle âme et en même temps... elle était tellement... tellement... plus sage que n'importe lequel d'entre nous.

Elle m'observait toujours. Cette fois ci avec un petit sourire.

« Je ne te suis pas ? Pas aujourd'hui ? » demandais-je en connaissant déjà la réponse.

« Pas pour le moment, jeune homme. » me répondit-elle.

Je sentais mes yeux devenir humides, tout en souriant.

« On en est donc là ? » ajoutais-je, en faisant mine de ne pas être véritablement surpris d'être sans doute plus jeune qu'elle, aujourd'hui, et qu'elle soit plus sage que moi.

« Tu n'as pas idée. »

La première âme. Là depuis la nuit des Temps. Là jusqu'à la fin de toute chose. Son existence avait du prendre un tout autre sens pour elle. Une longévité qui devait égaler celle de la Nature elle-même. Je sentais à ce moment précis, une petite brise légère. Elle était là, également, comme à chaque fois. Notre mère à tous. Mais je sentais également autre chose. Une autre aura. Celle de la jeune femme. Mais pas là où elle devrait être. Bien plus grande, bien plus forte, bien plus pure. Elle se trouvait ici, et là. De partout à la fois. Elle m'englobait totalement, faisant des vas et viens autour de moi. Comme si elle s'amusait à me tourner autour. Je souriais, me sentant apaisé, totalement, comme je ne l'avais jamais été.

« Pendant un petit moment, tu vas te retrouver tout seul. Je ne pourrais plus t'arracher à un monde pour t'emmener dans un autre. Mais je te promet que ça se passera bien. Ca ne sera que pour un Temps. Un minuscule petit mauvais moment à passer. »

Je voyais ces yeux être aussi humides que les miens. Elle tentait de ne pas le montrer. De me donner confiance et courage. De partager un peu de sa force avec moi. Ca n'allait être qu'un minuscule petit mauvais moment à passer...

« Il ne sera pas seul. » intervint Malcolm avec conviction.

Je lui adressais un regard. Que voulait-il dire par là ? Comptait-il lui aussi, avoir une discussion avec moi, comme ça avait été le cas pour Pantalaimon, quand ce dernier m'avait avoué vouloir nous suivre de l'autre côté ?

« J'en suis persuadée. » lui répondit Ellie avec un grand sourire.

Malcolm se mordit les lèvres et pour ainsi dire la barbe tant elle était dense.

Une chaleur m'enveloppa. Son aura était bien plus présente, bien plus forte, bien plus... c'était indescriptible. Je n'avais jamais ressentis quelque chose de similaire. Comme si plusieurs auras identiques tourbillonnaient autour de moi. Elles étaient bien au delà de ce que je ne serais jamais. Bien au delà de ce que Elliot arriverait à être. La Nature était en totale communion avec elle. Et je devais sans doute ne sentir qu'une Poussière de toute cette puissance. Il y avait encore tellement de choses qui nous étaient inconnues, qu'on se devait de découvrir.

« Il est Temps. » conclu Ellie.

J'entendais Aurora une nouvelle fois dans ma tête. Quand elle m'avait dit qu'elle resterait le Temps que je souhaiterais. Mais toute bonne chose avait une fin. Et encore une fois, j'allais devoir dire au revoir à un être chers.

« Regarde derrière moi, Hyperion. Regardez tous les trois. »

La neige, les montagnes... tout avait repris sa place initiale, à l'exception de nos amis, qui n'étaient pas présent. Le soleil était sur le point de se coucher.

« Regarde derrière moi. » me répéta t'elle, se rendant compte que je n'arrivais pas à détacher mon regard du siens.

Je finis par m'exécuter, contemplant la vue. Puis, je le vis. Il était là. Je n'avais pas vue le Temps passer. Je n'avais pas vue le soleil s'apprêter à se coucher. Et maintenant qu'il était si bas, prêt à disparaître, je pouvais voir la dernière de toute les plus belles merveilles de notre monde. Ce Rayon Vert...

Quant à Ellie, elle disparu au même instant où ce Rayon était apparu.

Désormais face à nous, se tenait nos amis. Ils étaient tous réunis, comme quand on les avait quitté. Le soleil était toujours en haut dans le ciel. Ellie nous avait montré la voix à suivre. Maintenant, c'était à nous de jouer. Il n'y avait pas besoin d'éclairs dirigés vers les cieux, de machine brisant une âme, ou d'un pouvoir titanesque quelconque. Tout ce qui nous était utile, était fourni par la Nature elle-même. Il fallait juste saisir le bon moment.

Je tournais la tête vers Malcolm et Asta. Ils avaient partagés cela avec moi. Et je voulais leur faire comprendre très précisément ce qu'ils venaient de vivre. La rencontre qu'ils venaient de faire.

« Vous avez vue un Ange. Un véritable Ange, comme ils devraient tous l'être. » leur avouais-je avec un petit sourire, les yeux toujours aussi humides.

Malcolm m'adressa un regard neuf, à la fois ébahi et ému, lui aussi. Je me demandais si il était ému par ce qu'il venait de voir, ou ce qu'il venait de comprendre.

« Tu dois être quelqu'un d'exceptionnel pour tutoyer un ange. » dit-il en posant une main sur mon épaule.

On doit l'être tous les trois, songeais-je.

Malcolm marqua une pause. Puis, il reprit d'un ton bien plus excité.

« Elle nous a donné la solution. Ce moment fugace juste avant que le soleil se couche... c'est à cet instant qu'il faut traverser l'Aurore. »

Son regard croisa le miens, avec un grand sourire au coin de ses lèvres. Puis, je sentis sa main se figer d'un seul coup contre mon épaule, et la serrer un peu plus fortement.

Avec ce voyage, j'avais la certitude d'avoir enfin acquis la Connaissance et le Savoir nécessaire pour aider le jeune garçon à arriver à la fin de sa quête. J'étais convaincu de pouvoir y arriver. Peut-être qu'un jour je les retrouvais tous. Ellie, Gaïa, Eulalie, Heimbdall, tous mes frères et soeurs disparus... Mais pas maintenant. Il était encore trop tôt pour partir. Et puis, j'étais persuadé que nous nous élèverons ensemble, tous les deux, le moment venu. Ce petit garçon et moi. Après tout, notre histoire avait débutée ensemble, il y avait bien longtemps, dans le Bois des Oubliés.

La Nature nous avait offert la plus belle de ses créations que l'on peut contempler de notre vivant. Le plus grand mystère du monde, des mondes. Le moment entre deux points. Entre le jour et la nuit. Entre deux opposés. Celui qu'on ne peut définir, contempler plus d'une fraction de seconde, et qui ne nous apparaît que si on le cherche réellement. Un simple petit Rayon Vert.

Mystérieux, envoûtant, fascinant, émouvant, rare, fugace, éphémère...

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Malcolm Polstead



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________________________________________ Mar 23 Fév 2021 - 19:15


Anges et Daemons

❝ Everything means something. ❞
La pluie cinglait les vitres de l’auberge. Debout devant la fenêtre de sa chambre, Malcolm observait les ruines du prieuré, rendues floues par l’averse, qui se situaient sur l’autre rive. Il avait l’impression qu’une part de lui pleurait avec la ville.

Tant de choses s’étaient déroulées en une si courte période... Un mois. Il n’avait fallu qu’un seul mois pour bouleverser à jamais toutes ses convictions. Il peinait encore à démêler ce qu'il ressentait concernant les révélations sur son monde et sa rencontre avec l’ange prénommé Ellie. Il était question d’un être évolué, un “enfant” à l’origine de tout, qui avait séparé les âmes en deux. Dieu était un petit garçon. Cette donnée avait surpris Malcolm, mais sans l’ébranler. Depuis toujours, il se montrait plus ouvert d’esprit que la majorité des gens de son monde. Cet enfant semblait connu d’Anatole. Anatole... ou Hypérion ? Pour quelle raison portait-il deux noms ?

Beaucoup de choses échappait à la compréhension de Malcolm ; il essayait tant bien que mal de tisser des ramifications en se servant du paysage détrempé comme d’un canevas. Il avait conscience qu’il ne pouvait tout comprendre pour l’instant ; il devait laisser le Temps faire son œuvre, laisser les différentes informations s’implanter dans sa mémoire. Un jour prochain, quand son cerveau aurait tout assimilé correctement, il comprendrait. Par nature, il était quelqu’un de patient.

— C’est ce qu’il y avait de mieux à faire.

La voix d’Asta résonna curieusement dans la chambre. Malcolm tourna la tête vers elle et lui adressa un sourire vacillant. Ses yeux avaient la couleur de la pluie. Ceux du daemon brillaient dans la faible luminosité. La chatte, perchée sur le bureau, frotta ses moustaches sur une tirelire en forme de morse que Malcolm possédait depuis son plus jeune âge. Elle avait abrité ses économies et symbolisait beaucoup pour lui.

— Tu es sûre qu’on ait pris la bonne décision ? Demanda-t-il, soucieux.

— Il n’y a ni bonne ni mauvaise décision. Il y a seulement ce que tu ressens.

Cette phrase donna l’impression à Malcolm que la bulle d’anxiété dans laquelle il était enfermé venait d’éclater sans aucun bruit. Asta l’observait avec bienveillance. Anatole avait raison quand il disait que les gens de ce monde étaient chanceux : c’était inestimable de dialoguer avec la meilleure partie de soi-même. Au fond de lui, Malcolm avait toujours remercié la Nature de lui avoir apporté une amie aussi chère.

— Et toi, qu’est-ce que tu en penses ?

Asta prit le temps de s’étirer avant de baisser les yeux vers les deux enveloppes coincées sous une lampe à naphte posée sur le bureau, non loin d’elle.

— Je pense que tu aurais dû devenir facteur, dit-elle, goguenarde.

Malcolm esquissa un sourire tout en secouant la tête, mi-amusé, mi-exaspéré. Elle était incorrigible. Il avait rédigé deux lettres ; sur la première était écrit le prénom “Alice” et sur la seconde “A l’intention du Maître de Jordan College”. Il avait souhaité mettre ses affaires en ordre avant de partir. Etant donné qu’il manquait de temps pour exposer ses motivations de vive voix aux personnes concernées, il les avait couchées sur papier. Il s’était montré plus expansif avec Alice, son amie d’enfance, car il avait une confiance absolue en elle. Affronter le Déluge ensemble avait créé un lien indéfectible. Il aurait tant voulu lui parler de vive voix... Même s’il savait, au fond de lui, qu’il n’aurait plus le courage de partir s’il la voyait. Dans sa lettre, il lui avait tout raconté : sa rencontre avec les mystérieux Voyageurs, leur périple vers le Nord, la ville dans l’Aurore, le portail qu’ils allaient traverser... Un aller simple, probablement. C’était pour cette raison qu’un adieu épistolaire était préférable. Il lui devait au moins la vérité. Il avait également précisé de prévenir Oakley Street qu’il serait injoignable pour une durée indéterminée, mais que ses découvertes seraient profitables à la société secrète.

Le pli adressé au Maître de Jordan College était beaucoup plus succinct. Malcolm redoublait de politesse afin d’annoncer à son supérieur hiérarchique qu’il n’assurerait plus ses cours pour l’instant au sein de l’établissement car il avait reçu une proposition qu’il ne pouvait refuser et qui serait profitable au College à très long terme. De cette manière, le jeune homme conservait sa place au sein de l’honorable école. Il espérait pouvoir revenir un jour ou l’autre et montrer ses découvertes.

— Maman est furieuse. Je n’aurais pas dû lui dire, déclara-t-il soudain.

Un petit soupir lui échappa.

— Ça lui passera, assura Asta en se plaçant au bord du bureau afin de frotter sa tête contre la main du jeune homme.

Il n’en était pas certain. Était-ce préférable de laisser ses parents dans l’ignorance et de disparaître du jour au lendemain, ou de les avertir qu’il partait pour un voyage sans retour ? A présent, il était trop tard. Il avait choisi d’être honnête avec eux. Son père s’était figé par-dessus son journal et n’avait pas dit un mot ; sa mère avait tout d’abord décidé de ne pas comprendre les paroles de Malcolm, puis, quand elle avait saisi que la décision était déjà prise, elle avait hurlé si fort contre lui que les tuiles du toit de la Truite en avaient tremblé. A ses yeux, et malgré tous les risques qu’il avait pris, il demeurait un petit garçon.

Malcolm caressa la tête d’Asta sans cesser de regarder la pluie. Un petit raclement de gorge le fit tourner la tête. Dans l’embrasure de la porte, Kerin l’observait. Stupéfait, le jeune homme écarquilla les yeux. Il était si rare que le daemon de sa mère se déplace hors de son panier ! Il le faisait uniquement quand il n’avait pas d’autre choix, lorsque par exemple Mrs. Polstead quittait la cuisine. A chaque fois, il se déplaçait de mauvaise grâce.

— Alors comme ça, on s’en va ? Lança-t-il d’un ton bourru.

Malcolm hocha la tête sans cesser de le fixer.

— J’ai jamais eu envie de partir nulle part, moi, poursuivit-il tout en avançant mollement dans la pièce.

Le jeune homme resta silencieux. C’était ce qui le différenciait de ses parents : contrairement à eux, il avait toujours aspiré à voir plus loin, découvrir du merveilleux dans chaque chose. Mr. et Mrs. Polstead aimaient leur fils sans pour autant le comprendre. Ils s’en étaient rendus compte le jour où il avait entrepris une carrière d’Erudit plutôt que d’aubergiste.

— Sois toujours sûr de savoir où sont tes chaussettes. Une personne correctement chaussée, c’est une personne qui avance droit dans la vie.

Kerin s’arrêta aux pieds de Malcolm et prononça ses paroles tout en renversant la tête vers lui. Le jeune homme se sentit envahi par une douce chaleur aussi agréable que douloureuse, car il savait que derrière ce conseil maladroit se cachait tout l’amour de sa mère.

— Promis, répondit-il d’un ton humide.

Le daemon-blaireau fit demi-tour et quitta la chambre à petits pas. Le cœur battant, Malcolm laissa passer plusieurs secondes avant de le suivre. Il se doutait que sa mère n’était pas loin. Il la trouva assise en haut des marches, une main posée sur le pelage noir et blanc de Kerin. Elle entendit venir son fils mais ne bougea pas. Malcolm ouvrit la bouche, la referma. Les mots restaient bloqués au fond de sa gorge. Que pouvait-il dire afin de la faire aller mieux ? Il sentit Asta le soutenir en se frottant contre sa jambe.

Finalement, Mrs. Polstead se releva et se retourna. Elle essuya les mains sur son tablier tout en évitant son fils du regard. Une ride de contrariété barrait son front. Elle avait les yeux rouges même si elle n’avait pas pleuré.

— Tu me fais suer, lança-t-elle brusquement.

Malcolm déglutit. Tout compte fait, peut-être aurait-il été mieux avisé de rester dans sa chambre. Il pensa le contraire dès l’instant où sa mère l’attrapa par le pull pour le serrer énergiquement contre elle.

— Si tu ne reviens pas... commença-t-elle, menaçante.

— Je reviens toujours, tu le sais.

Il parla d’une voix douce et assurée, ce qui motiva Mrs. Polstead à presque l’étouffer dans son étreinte. Mr. Polstead, qui montait l’escalier, stoppa net une fois arrivé en haut. Il observa sa femme et son fils et sans un mot, les encercla de ses bras. Malcolm en fut tout retourné. Jamais ses parents ne l’avaient serré tous les deux en même temps. D’ailleurs, à tout bien réfléchir, jamais son père ne lui avait montré un geste d’affection.

— A bientôt... murmura-t-il.

*

Le Grand Nord, une heure plus tôt...

— Elle nous a donné la solution. Ce moment fugace juste avant que le soleil se couche... c'est à cet instant qu'il faut traverser l'Aurore.

L’esprit de Malcolm était en ébullition. Ils avaient enfin trouvé le moyen d’ouvrir un portail ! Il se sentait à la fois heureux et terrifié, car il se rappelait les paroles de l’ange Ellie :

« Vous avez fait le premier pas vers la connaissance nécessaire pour comprendre votre monde et le nôtre. Il ne faut pas vous arrêter en si bon chemin. Vous avez encore beaucoup à découvrir et vous aurez tout le loisir de le faire si vous le souhaitez. Ne vous laissez pas effrayer par l'inconnu. Ce qu'il y a de l'autre côté de l'Aurore est la plus belle chose qui m'ait été donnée de voir. »

Bien entendu, l’idée de se rendre dans l’autre monde avait traversé son esprit. Il avait eu plus de vingt jours pour y réfléchir. Que ferait-il le moment venu ? Suivrait-il les Voyageurs pour en devenir un à son tour ? Plusieurs fois, il s’était raisonné. Sa vie était ici, parmi les siens. Il pouvait accomplir de grandes choses en restant “chez lui”.

« Elle aura besoin de vous. »

Il n’avait pas prévu ce cas de figure.

Lyra souhaitait partir. Comment aurait-il pu l’en empêcher ? Il n’en avait pas le droit. Malgré tout, il marcha droit vers elle, toujours près du feu de camp et demanda sans détour :

— Tu comptes aller dans leur monde, n’est-ce pas ?

La jeune fille tressaillit. Prise au dépourvu, elle dévisagea Malcolm tandis que Pantalaimon posait un regard stupéfait sur Anatole. Ce dernier lui fit comprendre sans parler qu’il ne l’avait pas trahi. Ce bref échange de regards n’échappa pas à Malcolm. Le daemon de Lyra avait-il confié à Anatole qu’il voulait partir ? Dans ce cas, Lyra était peut-être en désaccord avec lui ?

— Je... j’aurais voulu en parler d’abord avec Pan mais c’est exact, je veux traverser l’Aurore, annonça-t-elle, la tête haute.

Le daemon-hermine cligna plusieurs fois des yeux, dérouté, puis leva la tête vers la jeune fille.

— Vraiment, c’est ce que tu souhaites ? Demanda-t-il d’une toute petite voix.

Elle se mordit les lèvres mais hocha la tête, déterminée.

— J’y ai beaucoup réfléchi. Ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête.

Elle posa les yeux sur Malcolm.

— Ta vie est ici, rétorqua-t-il tout en ayant l’impression de ne pas être suffisamment convaincant.

Lyra laissa échapper un petit soupir. Elle se redressa légèrement et Iorek, contre lequel elle était appuyée auparavant, tourna la tête vers elle. Elle prit soin de choisir ses mots avant de parler.

— Il y a longtemps, j’ai perdu les meilleurs amis que j’ai jamais eu. Mon père a tué Roger, quant aux deux autres, ils sont retournés dans leur monde.

Elle déglutit. Malcolm encaissa ses paroles sans broncher, bien qu’il en éprouvât beaucoup de peine. Au fond de lui, il le savait : Lyra n’éprouverait jamais pour lui ce qu’il ressentait pour elle. Il l’avait protégée durant le Déluge et malgré tout, il demeurait un étranger à ses yeux. Parfois, en dépit de toute notre volonté, on doit demeurer dans l’ombre.

La jeune fille redoubla de courage pour poursuivre :

— Je pensais avoir la force de continuer sans eux, mais j’ai seulement réussi à me perdre en chemin.

A cet instant, Anatole posa les yeux sur elle, comme si ces mots faisaient écho à quelque chose en lui.

— J’aurais voulu vivre parmi les ours ou les sorcières, mais c’était impossible car je ne suis ni l’un, ni l’autre.

Iorek poussa un petit grognement guttural ; Lyra posa une main sur son pelage immaculé.

— Si j’avais pu, je t’aurais adoptée, Lyra Parle-d'Or, déclara-t-il. Cependant, cela n’aurait pas été une vie pour toi.

— Et je le comprends, maintenant, appuya-t-elle sans aucune amertume. J’ai le don de me lier aux personnes avec qui je ne peux rester.

Elle eut un sourire sans joie.

— Je ne veux pas dire adieu, cette fois. Je me sens bien avec vous.

Elle enveloppa Anatole, Alexis et Vaiana d’un regard chaleureux.

— J’ai conscience de m’imposer mais... je peux vous garantir qu’une fois dans votre monde, je ne vous causerai pas de souci. Je me débrouillerai. Je suis très douée pour ça.

Son regard devint timide, car elle redoutait sûrement leur réaction. Pantalaimon bondit sur son genou replié et l’observa, la tête penchée.

— Tu aurais dû m’en parler, oui. Parce que c’est exactement la raison pour laquelle je veux partir.

La jeune fille eut un sourire ému. Elle serra son daemon contre elle. Malcolm les regarda, partagé entre la douceur de cette vision et l’appréhension de la laisser partir. Sa conscience lui dictait de veiller sur elle, comme autrefois.

« Elle aura besoin de vous. »

Cette phrase ne délogeait pas de sa tête. Il la secoua légèrement, en vain. L’ange Ellie lui imposait la décision. Non, bien sûr que non... il l’avait déjà prise par lui-même.

— Nous avons encore quelques heures devant nous avant que le soleil se couche, intervint-il d’un ton éteint. Nous savons comment repartir.

Il adressa un bref regard aux filles puis s’attarda sur Anatole.

— J’aimerais revoir Oxford une dernière fois.

Lyra l’observa d’un air stupéfait. Sans un mot de plus, il se pencha pour prendre Asta dans ses bras.

— Ne vous sentez pas obligé de...

— Je ne le fais pas pour te chaperonner, coupa-t-il, j’ai mes propres motivations. Tu serais bien présomptueuse de penser être la seule la seule à avoir envie de découvrir un autre monde.

Il afficha un sourire mutin.

— J’ai eu beaucoup de temps pour y penser durant votre absence, ajouta-t-il. Je veux seulement mettre mes affaires en ordre avant de partir.

Il pivota vers Anatole, se préparant mentalement à la téléportation. Il espérait vraiment ne pas avoir envie de vomir, cette fois. Ce ne serait guère glorieux pour l’image de l’aventurier sans peur et sans reproche qu’il véhiculait.
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