« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
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Eurus J. Holmes



« Mangez 5 fruits
et légumes par jour ! »


Eurus J. Holmes


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________________________________________ Mer 3 Fév 2021 - 12:55



“En pleine vie, nous
appartenons déjà à la mort !”

☆ ★ ☆

J'ôtai mon trench-coat et le gardai replié sur mon bras, tandis que de mon autre main, je prenais ma valise. J'avais pour habitude de voyager léger, car je n'aimais pas m'encombrer de superflu. Qui plus est, par ce biais, chaque voyage devenait une aventure dans laquelle il fallait s'adapter et se réinventer. C'était beaucoup plus intéressant que d'adopter une allure rigide et stresser à l'idée de ce qu'on pouvait oublier derrière soi. C'était pour cette raison que ma valise ne pesait pas plus de cinq kilos.

A Miami, la chaleur était accablante. Pourquoi avais-je emporté un vêtement de pluie par ce si grand soleil ? Tout simplement parce qu'il faut toujours demeurer prudent. Une averse est si vite arrivée... Sans doute mon côté un peu trop anglais.

Le vol avait duré de nombreuses heures. Fort heureusement, j'avais bénéficié d'une place en première classe, ce qui m'avait permis de me reposer. A l'arrivée, j'étais fraîche et pimpante. Dans ma petite robe bleue et mes sandales noires, j'avançai vers le bateau qui me conduirait jusqu'à l'île du Crâne.

L'île du Crâne... quel curieux nom pour un endroit prétendu paradisiaque. Il m'évoquait un roman jeunesse truffé d'humour noir. Assurément, ces vacances promettaient d'être mémorables. En pensée, je parcourus la lettre que j'avais reçue quelques jours auparavant.

Ma très chère Eurus,

En souvenir de nos charmants moments passés ensemble, je t'invite sur mon île privée située dans l'océan Atlantique, à plusieurs miles marins entre Miami et Porto Rico. Je l'ai acquise il y a peu et j'aimerais te faire visiter. Elle se baptise l'ïle du Crâne, mais ne t'en effraie pas. Elle porte son nom en raison de sa forme qui, de loin, évoque celle d'un crâne. En réalité, elle a tout d'un lieu paradisiaque. Je compte en faire un club de vacances lorsque je ne m'y trouve pas. J'aimerais beaucoup que tu profites de ton séjour pour me dresser les aspects positifs et négatifs de ma propriété. Tu as un oeil de lynx, je sais que je peux te faire confiance à ce sujet !
Bien entendu, le billet d'avion et tout le reste du trajet sont à mes frais (j'ai pris la liberté de les joindre à cette lettre). Pour rien au monde je ne voudrais que tu débourses un seul centime. Ces vacances, tu les mérites amplement. Je sais à quel point tu te démènes jour et nuit. Etre agent de stars, ça n'est pas de tout repos !
Avec toute mon affection,
Armand Nolan Nimel.


J'avais été surprise d'avoir des nouvelles d'une célébrité. Je me rappelais très vaguement de cet Armand, mais, trop heureuse d'être invitée sur une île dite paradisiaque, j'étais partie sans une hésitation. Bien évidemment, je restais quelque peu méfiante. Mes sens étaient en alerte. Une telle invitation, de la part d'un homme dont je n'avais que de vagues souvenirs, pouvait subir un certain revirement. Néanmoins, je me savais taillée pour affronter le danger. Peu importe s'il me faisait des avances, rien ne m'obligeait à accepter.

Armand faisait sûrement partie de la courte période où j'avais été manager de stars (dans le seul but de voler quelques objets leur ayant appartenu afin de les revendre à prix d'or sur Ebay). J'avais amassé une sacrée petite fortune en vendant le rouge à lèvres d'Ariana Grande, un morceau de viande (avariée) issu de la robe de Lady Gaga, ou encore le volant touché par Vin Diesel dans Fast and Furious. J'avais sûrement davantage tapé dans l'oeil d'Armand que l'inverse, mais j'étais flattée qu'il se souvienne de moi après toutes ces années.

Une brusque apparition me sortit de mes pensées : élégant, pondéré et avec une profonde gentillesse jusqu'au fond des yeux, je crus apercevoir John Watson à bord du bateau. Je battis des cils. Mon cerveau me jouait-il des tours ? J'accélérai l'allure afin de monter à bord et commençai à le chercher, en vain. Il semblait s'être volatilisé. Pourtant, peu de monde se trouvait sur le bateau, moins d'une dizaine de personnes. S'était-il éclipsé dans la cabine ?

Ma pauvre Eurus, voilà que tu as des hallucinations...

Je secouai la tête et fis rouler ma valise dans mon sillage dans le but de trouver une place assise sur le pont, même si la traversée ne serait pas longue. Ma surprise fut impossible à cacher quand j'aperçus mon frère à seulement quelques mètres, le regard scrutateur tourné vers l'horizon. Je tapotai son épaule afin qu'il se tourne et lançai :

"Forcément, quand Tic est là, Tac n'est pas loin."

J'esquissai un sourire un peu goguenard vis-à-vis de cette allusion aux deux rangers -et rongeurs- du risque.

"Que me vaut ce plaisir, mon frère ? Tu craignais de me voir quitter le nid douillet de Baker Street ? Ta prévenance m'honore."

Mon sourire s'élargit. Je savais très bien qu'il n'était pas venu pour moi, mais ça m'amusait de le placer dans cette position saugrenue.

"A moins que tu aies décidé de faire une cure de vitamine D ? J'espère que tu as prévu l'écran total. Le soleil des Bermudes fait des ravages sur les peaux comme la tienne."

Cette fois-ci, je laissai échapper un petit rire. Je venais d'imaginer Sherlock Holmes en bermuda, se dorer la pilule sur la plage. Cette image mentale n'avait pas de prix !

"Ou alors, tu convoles avec Watson. Il était temps."

Mon regard pétilla. Par ce biais, je lui annonçai que je savais que l'honorable docteur se trouvait également à bord. S'il avait souhaité me le cacher, dans le but de le garder rien que pour lui (Sherlock avait toujours été très possessif avec ses jouets), c'était loupé. Comme l'avait souligné Armand, rien n'échappait à mon oeil de lynx.

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sonne le glas. »


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________________________________________ Mer 3 Fév 2021 - 13:49


         
Et s'il ne devait en rester que dix?
“On est une famille. J'adore la famille! C'est super important.”






« Il y a forcément un trésor, sur cette Île du Crâne. Cela doit être un repère de Pirate. Et tu sais à quel point j’aime les Pirates. »


J’avais ma main en visière, pour éviter que le soleil ne me trouble la vue. J’avais reçu cette lettre étrange, d’un certain Armand. Je ne m’en rappelais pas du tout, mais en même temps, ça n’avait rien d’étonnant. Mon cerveau ne gardait que les informations importantes, comme le niveau d’ébullition du mercure, ou encore les différentes formes de tâches quand on renverse son café. Alors… Il n’y avait pas la place pour cette Armand. Cependant cette lettre m’avait grandement intrigué. Je sentais un piège, ou une mauvaise aventure. Et comme en ce moment, j’étais plutôt en forme concernant ces deux cas de figures, j’avais décidé de me lancer là dedans. Ca sentait l’énigme. Ca sentait la chasse aux trésors. Ou ça sentait le piège. Bref. Ca sentait rudement bon. Observant toujours l’horizon, dans ma tenue pour l’occasion, je m’adressais à John, tout en restant immobile.

« Ignore là. Elle est juste surprise de voir que nous avons autant d’importance qu’elle. Elle n’a pas l’habitude. Toujours en quête d’une existence fantasque, exceptionnelle, mais... »


Je me mettais en travers des rayons du soleil, et je me retournais. Mon ombre couvrait parfaitement le visage d’Eurus, et je lui adressais un petit sourire en coin.

« Toujours dans l’ombre de son frère. »


Avec un petit clin d’oeil, je posais ma main sur l’épaule. Même si j’étais cassant, au final, je trouvais ça plutôt sympathique d’être avec elle. Les mains sur les hanches, me donnant un léger air d’enfant perdu, je regardais à gauche, puis à droite. John n’était plus là. Mais où avait-il pu bien disparaître ?

« Où est-il passé encore saperlipopette ? La houle est bonne. Les conditions sont optimales. Bien content de quitter la Floride, maison de retraite des Etats-Unis d’Amérique. Je préfère l’Ecosse. Armand devrait y songer. D’ailleurs à ce propos. »


J’observais Eurus cette fois-ci dans les yeux. Je n’étais pas très impressionnant hormis ma taille. Mais ça, je m’en fichais, puisque pour ma sœur cadette, je n’avais jamais été très… Impressionnant.

« As-tu fais l’étude graphique de ta lettre ? Ecriture régulière, papier de haut grain. Très bonne qualité. Un peu écrite dans la précipitation, mais sans pour autant laisser transparaître quoi que ce soit. C’est pour cela que je suis venu. L’écriture m’intriguait. Et maintenant que je sais que John et toi êtes ici également, je le suis… doublement ! »


J’avais levé mon doigt, d’un air surexcité. On pouvait sentir ça dans ma voix. J’étais très heureux d’être ici. Non seulement j’étais avec mon meilleur ami, mais en plus j’étais avec ma sœur. Embarqué dans un mystère étonnant.

« C’est mon cadeau de Noël en retard ? Un jeu de piste ? Si vous avez fait cela… Vous êtes vraiment très gentils. »


J’avais presque les larmes aux yeux. Si c’était un cadeau, il était merveilleux. Un super jeu de piste organisé par deux personnes que j’aimais et que je connaissais. C’était une hypothèse, et elle tenait la route. Après tout, Eurus était assez maline pour ça, et John pouvait être complice.

« Avis à tous les voyageurs, le navire arrive à destination dans quelques minutes. Merci de prévoir votre titre d’embarquement et vos bagages... »


Je tapais dans mes mains, et je les frottais l’une contre l’autre avec joie. C’était Noël. Cadeau ou pas cadeau. Piège ou pas piège. Ca me changeait grandement des affaires en cours à Baker Street. Fronçant finalement les sourcils, je cherchais John des yeux. Je commence à être un peu inquiet.

« Il faudra absolument qu’il prenne des notes. On va peut être pouvoir en tirer un récit fabuleux. Il faudra qu’il note bien ta tenue de manière détaillée. Il faudra aussi qu’il note quand je te ferai une remarque cinglante quand tu te traîneras ton manteau pendant tout le séjour. Avoir la classe, c’est bien. Ne pas s’embarrasser de chose futile, c’est encore mieux. »


Je lui désignais mon petit sac à dos. A l’intérieur, il n’y avait que deux sous-vêtements, et quelques objets que je gardais en réserve pour la suite. Le mettant sur mon dos, j’avais la même allure que quand j’étais enfant. Mais c’était bien, ça lui rappellerait le bon vieux temps. Passant mon grand bras fin au dessus de ses épaules, je lui fis alors un tout petit bisou sur le front.

« On sait jamais. Ca peut être notre dernière aventure petite sœur. Avant de bouger, on attend John. Je veux aussi lui en faire un. Comme ça, pas de jaloux. »


Ma nouvelle liaison avec Nora avait développé mon sens de l’affection. Lui aussi, avait droit à un petit bisou avant que l’enfer ne commence.



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Elementary

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membre lambada ! »


John Watson


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________________________________________ Jeu 4 Fév 2021 - 16:19

And then there were none
John & les Holmes

Sortant ma paire de lunettes de soleil de son etuis, je les plaçais sur mon nez pour me protéger des rayons du soleil. Rangeant ensuite l'étuis vide dans mon sac, j'observais l'horizon devant moi d'un air pensif, n'écoutant que d'une oreille ce que racontais Sherlock; cette histoire d'invitation sur une île me préoccupais, j'avais comme un mauvais présentiment, ce qui était stupide car tout n'étais pas forcément destiner à mal tourner dès que j'allais quelques part, mais je me méfiais, peut être un peut trop ? Après tout, ce n'était qu'une invitation pour se rendre sur une île, mais rien que le fait que Sherlock soit aussi invité ne me disait rien qui vaille. Je poussais un soupire, si ça se trouve, j'allais simplement passer un peu de temps au soleil, pour revenir à Storybrooke en pleine forme, c'était ce que m'avais ordonner mes collègue au travail quand ils avaient su que je partais au soleil, ils pensaient tous que je travaillais trop et que ce petit séjour me ferais le plus grand bien.

"Je revient." Avais-je dit à Sherlock qui monologuais toujours, j'étais certain qu'il ne m'avait pas entendu, tant pis pour lui. Tournant les talons, je quittais le pont pour m'aventurer dans un coin plus à l'ombre du Ferry, je jetais des regards curieux en direction des autres passagers, offrant un sourire polie à ceux qui croisent mon regard. Des gémissement de douleur un peu plus loin attirèrent mon attention, tout de suite mon instinct de médecin pris le dessus et je m'avançais vers les bruits, découvrant un homme recroqueviller sur lui même dans un coin, le teint très pale et les yeux fermés. Je m'agenouillais près de lui, retirant mon sac de mon épaule pour les placer à mes côtés; détaillant l'homme du regard, je remarquais qu'il se tenait l'estomac.

"Mal de mer ?" Questionnais-je à voix haute, histoire d'attirer son attention, l'homme ouvrit un œil pour me fixer, hochant lentement la tête pour confirmer mes soupçons. "Vous avez déjà pris quelque chose ?"Je ne souhaitais pas lui donner quoi que ce soit s'il avait déjà pris un antihistaminique plus tôt.

"J'ai oublié mes cachets chez moi."Me dit-il, je notais un léger accent dans sa voix, bien que je n'arrivais pas à le placer, j'aurais sûrement dit qu'il venait de quelque part en Europe, mais je pouvais me tromper.

"C'est pas de chance."Répondais-je tout en ouvrant mon sac, fouillant pendant quelques secondes, je finit par extraire ma trousse de toilette, à l'intérieur se trouvait une boîte d'antimiétiques, il était bien trop tard pour prendre quoi que ce soit contre le mal de mer, mais au moins il aurait quelque chose contre la nausée. Je lui tendais le cachet, avant de sortir ma bouteille d'eau."Tenez, ça devrait faire passer votre mal de ventre, si ce n'est pas le cas, vous pouvez toujours venir me voir vu qu'on semble aller dans dans la même direction."D'une main légèrement tremblante, l'homme récupéra le cachet qu'il avala directement, il bu ensuite une grosse gorgée d'eau avant de me tendre la bouteille, je la récupérais, la refermais puis la rangeais dans mon sac.

"Merci beaucoup."Me dit-il en se redressant légèrement, il avait à présent les yeux ouvert et il m'observais curieusement, l'air vaguement amusée."Vous êtes médecin ? ou juste toujours préparer ?"

” Les deux. “ L'informais-je avec un léger sourire."La prochaine fois, essayer de rester actif sur le bateau et de fixer l'horizon."J'espérais surtout que la prochaine fois il n'oublierait pas ses cachets.

"En espérant qu'il n'y est pas de prochaine fois, je déteste les voyages en mer, mais on m'a plus ou moins forcer à venir."Il grimaça légèrement, mais il ne semblait plus se tordre de douleur pour l'instant, le cachet allait sûrement faire son travail dans les minutes qui allaient suivre."Mon rédacteur en chef n'aurais pas spécialement apprécier que je fasse un article sur l'île sans même y avoir mis les pieds."J'étais curieux de savoir quel genre d'article un journaliste pour écrire sur cette île, était-ce la forme de l'île qui intéressait ? Ou tout simplement autre chose ? Mes questions resteraient pour le moment sans réponse car une voix dans le haut parleur annonça que nous étions bientôt arrivés, alors je devrais surement aller retrouver Sherlock. Me redressant sur mes jambes, j'aidais ensuite l'homme à en faire de même."Merci encore, Docteur... ?"

"John Watson."

"Docteur Watson, je suis Gezim Osmani."On se serra la main avant qu'on ne quitte l'endroit où nous étions, je saluais Mr Osmani d'un signe de tête avant de retourner sur le pont pour rejoindre Sherlock, quel ne fut pas ma surprise que de le découvrir en compagnie d'une jeune femme qui m'étais familière.

"Miss Holmes."Disais-je pour la saluer quand je fus arriver à leur hauteur, lui offrant un sourire poli. "Ravi de vous revoir."Je portais mon attention quelque secondes sur Sherlock."Deux Holmes au même endroit, ça promet." J'ajustais la sangle de mon sac à dos que je venais tout juste de remettre sur mon épaule."Et bien, allons-y."Et sans attendre la moindre réponse du frère ou de la sœur, je tournais les talons pour me diriger vers la sortie du bateau, nous venions tout juste d'arriver et le bateau était presque à l'arrêt.

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Eurus J. Holmes



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Eurus J. Holmes


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________________________________________ Dim 14 Fév 2021 - 18:41



“En pleine vie, nous
appartenons déjà à la mort !”

☆ ★ ☆

“Toujours dans l’ombre de son frère.”

“L’ombre me sied si bien ; je préfère laisser la lumière aux esprits moins brillants.” avais-je répondu, mutine.

Depuis toujours, Sherlock et moi nous taquinions, parfois de manière plus cruelle que d’autres. Nous ne connaissions pas d’autre façon de dialoguer tous les deux. La majorité du temps, c’était extrêmement divertissant.

Il me demanda si j’avais fait l’étude graphique de la lettre. Je ne me donnai pas la peine de répondre, car ce n’était pas mon domaine de prédilection. En revanche, j’avais usé de mon don de psychométrie afin que les mystères du papier me soient révélés. Je n’avais rien perçu de particulier, ce qui avait attisé ma curiosité : soit il n’y avait rien à trouver, soit l’auteur de la lettre était diablement rusé. Dans les deux cas, l’intérêt était maintenu. J’écoutai l’analyse de Sherlock avec attention, car autant garder toutes ces informations dans un coin de mon esprit.

Son baiser sur le front me surprit. Je fronçai les sourcils tout en le regardant, suspicieuse et intriguée. Que lui arrivait-il ? Depuis quelques temps, son comportement changeait. Se pouvait-il qu’une fille soit derrière tout ceci ? Je n’aurais jamais pensé que l’attitude de Sherlock Holmes changerait au contact de la gent féminine. Il s’agissait sans aucun doute d’une femme très spéciale au charme redoutable. Il me tardait d’en apprendre davantage à ce sujet. J'étais de nature patiente. Tôt ou tard, le détective de génie commettrait une faute très subtile par laquelle je pourrais m’immiscer, et je découvrirai le pot aux roses. C’était toujours ainsi que cela se passait.

Ainsi, il pensait que le docteur Watson et moi-même étions à l’origine de l’invitation sur l’île. Ce dernier nous rejoignit et je lui adressai un sourire empreint de sympathie. Nous ne nous étions pas revus depuis l’épisode du poker et du sauvetage des chatons, plusieurs mois plus tôt.

“Docteur Watson, c’est un véritable plaisir de vous revoir.” le saluai-je. “Ces vacances vont nous faire à tous le plus grand bien. Je compte sur vous pour encourager mon frère à faire bronzette. Le pauvre est si pâle... il ressemble à un cachet d’aspirine.”

Par ce biais, John finirait forcément en maillot de bain. Une manière détournée de joindre l’utile à l’agréable.

J’avais décidé de ne pas démentir la théorie de Sherlock. L’idée qu’il pense que John et moi étions les instigateurs de ce voyage m’amusait beaucoup. Et puis... comment résister à l’envie de l’envoyer vers une fausse piste ?

Tandis que nous empruntions la passerelle afin de descendre du bateau, je lançai à Watson :

“J’espère que vous avez votre carnet sur vous. Sherlock tient absolument à ce que vous détailliez ma tenue par écrit. J’ignore pour quelle raison.”

J’offris un regard ingénu au docteur avant de tourner la tête en direction de mon frère.

“Quant à mon trench-coat, rira bien qui rira le dernier.”

Je n’avais pas oublié sa petite pique concernant ma veste. En cas de pluie, je serai la seule à être équipée en conséquence. Malgré le climat de rêve de l’île, nous ne sommes jamais à l’abri d’une intempérie.

Je regardai de nouveau devant moi et manquai de justesse de heurter la personne qui me tournait le dos. La passerelle était bloquée par une femme d’un certain âge qui possédait un charisme indéniable. Elle portait une robe vert sombre qui n’aurait pas été déplacé dans une cérémonie des Oscars et son brushing, malgré les heures de trajet, était impeccable. Elle était en grande discussion avec le steward posté en bas de la passerelle et qui semblait bloquer l’accès. Y avait-il un souci avec son admission au sein de l’île ?

“Je regrette, Lady Grey.”

“Ça n’est pas la seule chose que vous allez regretter, je peux vous le garantir !” répliqua la femme d’un ton acide. “Comment osez-vous me donner des ordres à moi ?”

“Ce sont les instructions que Monsieur Nimel m’ait données.”
bafouilla le steward.

“Et bien vous direz à Monsieur Ninel que Lady Grey n’accepte d’instructions de personne !”
répliqua-t-elle avec hauteur.

Son assistante, une personne aux traits tirés et qui semblait très négligée en comparaison, intervint d’un ton prudent :

“Peut-être pouvez-vous faire une petite concession, Madame la comtesse. Il s’agit seulement de laisser votre téléphone dans la corbeille.”

Par-dessus l’épaule de Lady Grey, je m’aperçus effectivement que le steward tenait une petite corbeille dans ses mains, dans laquelle reposaient déjà plusieurs téléphones. Lady Grey dévisagea son assistante comme si elle était devenue folle.

“Venez-vous vraiment de soutenir cet avorton ?”

Je réprimai un petit soupir. La moindre des politesses aurait été de nous laisser passer, mais je n’avais pas envie que cette “Lady” nous importune à notre tour. Aussi, je décidai de traiter le problème autrement. Je tapotai son épaule et lorsqu’elle pivota vers nous, m’offrant un regard outré, je lançai sans préambule :

“Chère Lady Grey, c’est un véritable honneur de vous rencontrer. Je m’appelle Eurus Holmes et voici mon frère, Sherlock, et son médecin personnel, le docteur John Watson. Je n’ai pu m’empêcher d’écouter et je me demande une chose : où est passé votre goût de l’aventure ? Vous êtes la Comtesse du Devon, la Tornade des Cornouailles. Pour vous, qu’est-ce que c’est de couper votre téléphone quelques jours ?”

Lady Grey posa sur moi un regard perçant qui s’adoucit de seconde en seconde, visiblement charmée par mon petit monologue. Leçon élémentaire : quand on se trouve face à une louve, on l’apaise avec des mots agréables à l’oreille. Cependant, elle répliqua d’un ton un peu sec :

“J’ai des impératifs et des obligations importantes. Je ne peux pas me couper du monde ne serait-ce que l’espace de vingt-quatre heures !”

“Dans ce cas, pourquoi être venue sur une île déserte ? Et puis, vous n’êtes pas coupée du monde, vous avez votre assistante.” dis-je tout en désignant avec un sourire la femme à ses côtés.

“Justement, à ce propos... Monsieur Ninel refuse que ceux n’ayant reçu aucune lettre de sa part pose le pied sur l’île.” intervint le steward.

“Cette fois, c’en est trop !”
explosa Lady Grey en empoignant sa jupe ressemblant à une cascade d’émeraude liquide.

Elle s’apprêtait à faire demi-tour mais bloquée par nous trois, elle ne fit pas un pas de plus. J’en profitai pour proposer :

“Mon frère Sherlock Holmes sera votre assistant durant le séjour. Il est extrêmement compétent et dévoué.”

“Sherlock Holmes ? Laissez-moi rire !”

“Il s’appelle vraiment ainsi. C’est un homonyme.”

“Et le docteur Watson.” souligna pensivement son assistante dans un murmure.

“Vous êtes des comédiens employés par Monsieur Ninel afin d’animer les soirées ?” demanda Lady Grey, suspicieuse. “Je déteste les acteurs.”

Je n’avais pas envie de lui répondre. Qu’elle pense ce qu’elle veut ! Profitant qu’elle ait pivoté, je passai près d’elle et déposai mon téléphone dans la corbeille. J’adressai un sourire au steward avant de me tourner vers la Lady.

“Au plaisir de vous revoir, chère Comtesse !”
lançai-je avec une petite révérence.

Après quoi, je passai mon bras autour de celui de Sherlock afin de l’entraîner sur la plage de l’île.

“Eh vous là ! Pas si vite ! Allez chercher mes affaires ! Et plus vite que ça !”
fit Lady Grey à Sherlock.

D’un geste théâtral, elle désigna une dizaine de bagages de couleur assortie et de différentes tailles, posés sur le sable. J’adressai un sourire mutin à Watson. Tout ceci promettait d’être très divertissant.

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________________________________________ Lun 15 Fév 2021 - 14:31


         
Et s'il ne devait en rester que dix?
“On est une famille. J'adore la famille! C'est super important.”






Je me contentais d’observer les faits et gestes de ma sœur. Tout en soupirant intérieurement. Je détestais quand on donnait nos véritables identités. Pour le commun des mortels, Sherlock Holmes était devenu une légende, et je détestais ça. On me demandait toujours de résoudre des énigmes stupides et très facilement résolvables. Je devenais en quelque sorte une bête de foire, et je détestais ça. Eurus l’avait-elle ait consciemment ? Je soupirai. Mes narines se dilatèrent très légèrement, comme à chaque fois que j’étais contrarié.

« Tu me le paieras. Cher. »


Je ne rajoutais rien. Déposant dans la corbeille deux téléphones. Avec un léger soupire, je mis la main dans la poche intérieure de ma veste. Devais-je vraiment me débarrasser du bipeur qui me liait à Elliot ? Si nous étions dans la mouise, ca aurait pu être extrêmement pratique. Avec un long soupire, je le déposais finalement dans la corbeille avec les autres téléphones, et je finis par dire au Steward.

« Je vous déconseille fortement d’appuyer dessus. »


Me dirigeant vers la plage, je resserrai le bras d’Eurus autour du miens, ne me retournant pas quand Lady Grey m’appela. S’il y avait bien quelque chose que je détestais au plus au point… C’était obéir aux ordres. Surtout quand ils étaient futiles comme de porter des bagages. Finalement, je vis que des gens s’en chargèrent rapidement. Sans plus attendre, j’attendis également John. Je voulais qu’on marche tous les trois.

« On ne se sépare pas. Et je suis le chef de ce groupe. Il faut un chef. J’ai toujours été un excellent chef. »


Je hochais la tête pour affirmer mes propos. L’oeuvre de laquelle je venais s’appelait Sherlock Holmes. Pas Eurus Holmes, et encore moins John Watson. C’était donc tout naturel que je sois le héros et le chef de cette aventure. On m’avait traîné un peu dans la boue, me comparant à un vulgaire serviteur. Ca commençait très mal.
Marchant sur la plage, je regardais de temps en temps la mer. Elle m’avait toujours fasciné. A notre gauche, une immense villa, ainsi que plusieurs bungalows annexes. D’un coup œil rapide, je pus identifier le lieu de vie principal, les dortoirs et toutes les pièces potentielles que pouvaient cacher cette endroit.

« Intéressant... »


Je m’arrêtais. Levant deux doigt, je mesurais ainsi les différents bungalows. L’un d’entre eux étaient plus grand que les autres. Pourtant l’architecture était la même. Les deux doigts toujours levé, je continuais d’avancé. On aurait dit un vieil architecte fou de l’antiquité, tellement cet instrument de mesure semblait banal.
Nous arrivâmes ensuite sur une petite passerelle de bois. Au centre, une immense terrasse avec plusieurs tables et un bar étaient disposés. Un homme, en tablier de cuisine nous y attendait, les yeux plissés. Tout le monde finit par nous rejoindre. Je mis les mains dans mon dos, assez attentif.

« Bienvenido à la Villa compagneros. Jé suis Alderaan De Castille. Cuisinier en chef. Jé vous attendais pour vous faire la présentation des locaux, notre hôte étant légèrement indisposé et malade... »


Mais je n’écoutais pas la suite du discours. Distrait, je tendais une oreille, mais mon regard se portait sur les gens qui s’étaient rassemblés. Ils avaient tous cette même lueur dans le regard. Une lueur que je connaissais bien. Finalement, je repris l’écoute du discours d’introduction.

« Le propriétaire décline toutes responsabilités pour ce qui est des piqûres de méduses. Jé tiens à vous rappeler également que ma cuisine est sans conteste la meilleure du pays. Il faudra y faire honneur. »


J’haussais les sourcils. Il n’avait vraiment rien dit de plus intéressant ? Passant un regard rapide sur lui, j’observais son hâchoire tranchant suspendu à côté de son tablier. Il le soutenait en jouant avec le manche tout en parlant.

« Voilà. Si vous avez des questions, c’est le moment. Sinon, vous pouvez découvrir vos appartements. Nous vous avons regrouper par affinité logique. Bueno séjour à vous compagneros ! »


Sans plus attendre, je me dirigerais vers le panneau qu’il venait d’apporter. Tous les bungalows étaient numérotés, avec notre nom juste en dessous. Je haussais les sourcils, mon sac à dos en bandoulière.

« Nous sommes tous les trois. Rien d’étonnant. »


Sans rien dire, je me dirigeais vers le Bungalow numéro 3 que nous nous avions attribué. Il était proche de la plage, et aussi du bâtiment principal. J’y rentrai en premier. Mon premier réflexe fut de poser le sac sur un des lits, et de commencer à passer mes mains derrière et sous les différents meubles à la recherche de micros éventuels.

« On va bien s’amuser. Comme dans un camp de vacances ! Tu te rappelles quand Papa et Maman nous y laissais ? Quel moment agréable et quel doux souvenir ! »


Ce n’était ni agréable, ni un doux souvenir. Pendant les camps de vacances, je passais mon temps à me faire frapper et martyriser par des brutes épaisses. Cherchant toujours un micro, n’en trouvant pas, je mis quand même mon index sur les lèvres pour leur faire signe que je n’étais pas encore sûr à 100 % de ne pas être écouté.

« Bien. Je prends le grand lit avec John. Eurus, tu prends le petit lit. Et oublie ça. Tout de suite. »


Je voyais dans son regard qu’elle avait pour idée de dormir dans le grand lit avec John. Ca c’était hors de question. D’ailleurs, j’allais me mettre entre eux. Comme ça j’étais sur qu’ils ne se rejoindraient pas la nuit. Je ne supportais pas qu’ils se passent quelque chose entre ces deux là. Je détestais quand mes relations se mélangeaient.



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