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 ''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

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- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin _



________________________________________ Lun 13 Juin 2022 - 22:33 « If the crown should fit, then how can I refuse? »

Hera & Erwin
There's a humming in the restless air; And we're slipping off the course that we prepared ; But in all chaos, there is calculation ; Dropping glasses just to hear them break

De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages

Depuis l’âge de désirer, Erwin Preminger songeait sans crainte, qu’il ne s’était accordé aucune barrière à ses volontés, toutes diverses qu’elles puissent être. Sa devise s’était inscrite et affûtée à la force de ses convictions et des moyens qu’il mettait pour obtenir ce qu’il voulait. Aucun obstacle n’existait entre Lui et ce qu’il voulait, ce qui le poussa progressivement à viser de plus en plus haut. Aucune limite ne se présentait à son mental, rien qu’il ne pouvait délier, écarter, anéantir. Tout ce qui ne servait pas à sa propre satisfaction devait être expié. L’inutilité polluait suffisamment le Monde de part l’omnipotence de ces êtres humains ordinaires. Fort heureusement, à ses yeux, ils possédaient une fonction : servir d’engrais à ses manigances…
Ce ne fut pourtant pas le sujet qui le poussa, un jour, à requérir une audience avec Aphrodite, la déesse de l’Amour. Au gré de ses stratagèmes pour acquérir pouvoir et influence, ses accointances l’avaient amené à croiser le chemin d’Alexis Child, qui était devenue par intérêts divers sa maîtresse. Ce fut à son sujet qu’un jour durant, il prit le chemin qui menait à cette chère divinité. Il ne fallait pas escompter que, puisqu’il entretenait avec cette charmante jeune libraire une liaison sinon honnête tout au mieux honorable - si tenté que l’on puisse accoler le mot sur un sujet le concernant- il en était venu à devenir tel un ménestrel enhardi des joies de l’Amour.
Non. Preminger persistait à dénier l’Amour. C’était justement la raison pour laquelle, il faisait, à présent, le pied du grue en attendant qu’un garde olympien « daigne » lui accorder l’audience qu’il requérait auprès de la déesse dotée de cette attribution. Ce refus, bien qu’offusquant, ne l’étonnait pas. Il n’était pour ainsi dire, pas dans les petits papiers du Paradis des Dieux… Pour un homme aussi charmant et somptueux que lui, qui plus est : le Maire, à ses yeux, c’était une « tragique honte », comme il ne se priva pas de le signaler avec une courtoisie factice au garde imperturbable.
Aphrodite n’avait aucune raison de lui refuser le plaisir de sa visite… Sauf si bien sûr, outre le fait de craindre de tomber sous son charme - ce qui était, selon lui, un risque assez évident, pour une déesse de l’Amour en présence de la Beauté- cette charmante Hera s’était empressée de lui faire passer un mot désagréable à son sujet. Après tout, tous ces simagrées mutiques trouvaient forcément source chez elle… Une manière de se venger, assurément…Tout comme tout le ramdam qui se jouait actuellement autour d’Alexis… et de l’Erreur.
Qu’importe, il patienterait.

- « J’ai le Temps » avait-il signalé au garde, dans un sourire.

Ce qui était à la fois exact et faux. Preminger avait la journée devant lui, oui. Quant à avoir le Temps dans sa poche, en revanche, il ne disposait pas ENCORE de la quasi illimité de vie d’un dieu ou d’une déesse. Ce jour viendrait… En attendant…
Erwin piétina avec un agacement contrôlé le mégot de cigarette qui se trouvait à ses pieds. Bien évidemment, l’objet n’était pas sien. Preminger ne fumait pas, était, d’ailleurs, pour ainsi dire que très peu friand de toutes les marchandises risquant de désagréger son admirable corps. Il les dédaignait. Si les excès pullulaient à la Cour, le plus grand résultait dans le culte de la Beauté et jamais aurait-il ne serait-ce que pu y porter atteinte…
Il retira le haut de sa chaussure des miettes de cendre subsistant du mégot, admirant la brillance du cuir, rageant patiemment son attente. S’il avait fallu prouver sa mise à distance forcée des relations avec l’Olympe, cette présente situation suffisait à toute démonstration. Aussi ambitieux soit-il, Preminger avait grandement veiller, depuis le début de son mandat à ne solliciter aucune entrevue. Il envoyait parfois quelques missives polies et courtoises qui symbolisaient à son sens une diplomatie bienvenue et nécessaire, les choses s’arrêtaient là. Non pas que l’ambition du Maire ne se soit arrêtée au Monde terrestre, non... il avait bien évidement des projets bien plus pharamineux, mais...il savait se donner l’image et l’apparence d’un individu honnête et sympathique. Il dissimulait donc avec précaution toute inimitié à son égard.
Pour une fois qu’il sollicitait pour raison personnelle une entrevue, se voir éconduit équivalait à une honteuse mise au pilori…

« Dites, à nouveau, à la Déesse Aphrodite, que j’attendrai le Temps qu’il faudraaa qu’elle daigne me recevoir... » affirma-t-il sèchement lorsque le garde olympien se présenta de nouveau devant lui, avant de laisser un sourire aimable de façade envahir son visage.

Il ne l’avait pas laissé parler. Il connaissait suffisamment les mines que tiraient les larbins lorsqu’il s’agissait d’annoncer de mauvaises nouvelles. Mais il finirait par les user de sa légendaire patience… En attendant, il lissa son costume de soi d’un mauve qui tirait sur le lie de vin, avec un mouvement d’humeur, son autre main crispée sur le manche de son miroir. Il ne pouvait pas le sortir en pleine rue… Si par malheur quelqu’un s’amusait à dispenser le commérage que « Monsieur le Maire était un individu imbu de sa personne », Preminger craignait que sa réputation ne puisse s’y voir ternir. C’était vrai, il ne le déniait pas, mais le Peuple, tout en le sachant, n’était pas encore pleinement prêt à l’acceptation de sa Beauté…

« Si vous voulez bien me suivre... » finit par admettre le garde olympien à sa nouvelle réapparition devant lui «Olympe va vous recevoir... »

Enfin… ! Il manqua de rabrouer le garde quant à son relatif protocole. Qu’importait ! Il convenait de rester le plus diplomate possible, s’il sollicitait audience comme « n’importe qui » - qu’il n’était pas – il n’en demeurait pas moins Maire. Si une offense devait être portée, il convenait qu’elle ne vienne pas de lui. Et...il lui tardait de se trouver face à la déesse… Elle reviendrait sur ce qu’elle avait fait et cesserait de les tourmenter… Rien n’était plus aisé, pour elle et il ne doutait pas être capable de lui faire entendre raison. Il avait toujours été des plus persuasifs.
L’Olympe se révéla à lui. Cette terre ancestrale, dite sacrée pour certains, enfin accessible à ses yeux… Déjà ces derniers furetaient, avidement, à la dérobade sur les alentours, tentant de jauger prestement et de manière indécelable la richesse des lieux. Il avait songé à un gigantesque temple gréco-romain… Et ce qu’il y trouvait se révélait… particulièrement intéressant, prometteur même.
Y régnait une atmosphère de noblesse naturelle, dû à l’étalage de marbre et l’ancienneté des lieux. Malgré tout, tout semblait figé dans un lustre surprenant… suspendu au dessus du Temps et pourtant non soustrait à cet effet figé qui témoignait de son ancienneté…
Un bruissement de tissu le tira de son exploration visuelle, attirant son regard vers l’exact opposé. Une femme blonde venait à sa rencontre. Des cheveux vaporeux aériens flottaient sur ses épaules, s’arrêtant au haut de son buste et auréolant son visage d’une douceur dorée… Aphr… Non…

Hera

Preminger avait senti sa machoire se crisper, instinctivement, dans un rictus narquois, à la vue de la déesse. Il ne l’avait pas reconnue. Elle semblait différente. Et cela n’était pas simplement du à la modification de sa couleur de cheveux pour ce qui paraissait être sa vraie apparence.
De prime abord, habitué à ses tenues sobres et presque banales, la voir, ceinte d’une lourde robe de velours aux manches amples, rappelait la condition qu’elle tenait en réalité. Son orgueil criait que la déesse avait, peut-être choisi de paraître ainsi devant lui comme Incarnation de ce qu’elle était, afin de tenter de heurter son pouvoir.
Son intelligence tempérait néanmoins, lui rappelant qu’ici, sa tenue risquait d’être davantage une coutume qu’une envie subite liée à sa soudaine apparition. Hera dirigeait l’Olympe à présent. Et il songeait que cela n’était pas éloigné de son absence de liens avec cet endroit, n’en déplaise à sa fonction. Qu’importait… Tout autant qu’elle avait déjà vu son vrai visage, elle n’avait jamais pris parti en sa défaveur politiquement. Même si son silence semblait le désavouer, elle n’avait pas ouvert de quelconques hostilités à son encontre. Pourtant elle en possédait le pouvoir. Un pouvoir « divin », surnaturel qui hérissait l’ancien ministre comme il le fascinait malgré lui. La duper était exclu. Aussi, se borna-t-il à lui témoigner un respect quelque peu agacé qu’elle provoquait en lui ;

«  Chère Hera, vous ici… » commenta-t-il avec une politesse marquée de hauteur, dans un bref signe de tête.

Si ce commentaire pouvait sonner quelque peu étrange, puisque de par sa fonction : la Déesse se trouvait forcément à Olympe de manière conséquente, il ne visait clairement pas sa présence dans ces locaux. Bien évidement, que non ! Uniquement ce qui la poussait à se présenter devant lui, quand bien même en aucune manière, il n’avait mentionné son nom ou sollicité sa présence. Ils le savaient tous deux. Laissant traîner un silence, il finit par préciser, avec une affabilité minaudée :

- « Vous n’auriez pas du vous déranger, Hera, je ne cherchais qu’à obtenir une audience auprès d’Aphrodite. Ce qui n’est en aucun cas de...votre ressort, si l’on peut appeler cela ainsi, sans vouloir vous offenser. »

Sa bouche s’était tordue en une espèce de sourire poli, chargé de l’amertume qu’il lui portait, mais pas antipathique, énonçant simplement un fait. Elle avait beau faire dans les mariages, elle ne coordonnait en rien l’Amour. Ce qui suffisait, en soit, à démontrer que le Mariage était une affaire qui ne nécessitait guère ce sentiment.
Non sans lui avoir accordé une énième mimique policée, il pivota davantage, le buste tourné vers la porte.

- « L’affaire est minime mais je tiens à cette entrevue. Votre...parente ? » il s’interrompit un bref instant pour masquer son interrogation sur la nature de leurs liens, avant de reprendre « … s’est mis visiblement dans la tête de s’occuper d’affaires, qui me concernent. Je me demande bien la raison…» Un léger rictus flotta un bref instant, acide, sur sa bouche, se diluant dans la moue dédaigneuse de son visage « Cela importe peu, je viens seulement rétablir cela avec elle. Promptement et cordialement, ceci est entendu... »

Il ne comptait pas s’étendre plus sur le sujet. De toute manière, il n’avait pas besoin de le faire. Il tenait simplement à l’énoncer. Puisqu’elle savait déjà pertinemment tout. Mieux que quiconque, hormis Aphrodite, songea-t-il avec dépit. Mais puisque la connivence existait, rien n’aurait du le surprendre. Qu’importait… Il se moquait bien de la présence d’Hera. Qu’elle demeure donc jusqu’à l’arrivée de sa parente, s’il lui plaisait… Bientôt tous les éventuels « envoûtements » seraient défaits.

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Une averse de soleil tomba sur ce désert blanc, éclatant et glacé.

ICI GIT L'ERREUR :
http://www.ouat-storybrooke-rpg.com/t80427-how-can-i-refuse-erwi


Victoire Adler
« T'es qu'une putain d'armoire, Commode ! »

Victoire Adler

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I'll be with you from Dusk till Dawn





''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin Dujd
Edition Août-Septembre 2020

| Conte : Intrigue divine
| Dans le monde des contes, je suis : : Hera, déesse du mariage, des femmes et des enfants

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| Cadavres : 720



''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin _



________________________________________ Jeu 30 Juin 2022 - 23:33 « T'es qu'une putain d'armoire, Commode ! »


De l'utilité de l'Amour et de ses marivaudages
S’il y avait bien une personne parmi les humains qu’elle pensait ne jamais accepter au sein de sa Cité, c’était bien lui et pourtant... la vie était parfois pleine de rebondissements. Après tout, elle en était la preuve vivante ? Qui aurait pu l’imaginer dans cette posture aujourd’hui en l’ayant connu par le passé ? Les choses changeaient et certaines choses arrivaient. Pourtant, Hera n’avait pas immédiatement cédé à la demande d’Erwin Dorian. Si elle avait fait durer le moment par pur plaisir, il n’en restait pas moins aussi qu’elle avait eu envie de le tester, voir s’il finirait par laisser tomber ou envisager une autre option. Pourtant, elle le savait depuis leur première rencontre, l’individu n’était pas prêt à céder facilement. Quand il voulait quelque chose il faisait tout pour l’obtenir. Toujours convaincue que son attitude était un plus que sérieux handicap dans son ascension, elle lui avait fermé les portes de son lieu, pour le confort de ne pas être embêté par de tels individus, elle qui s’était juré de plus jamais s’embêter d’une quelconque compagnie. Il était évident qu’elle détestait bien nombre de choses en lui et le manque de confiance flagrant qu’elle lui accordait n’avait pas non plus laisser son geste vide de sens. Ouvrir les portes de l’Olympe à un tel fouineur, c’était aller au-devant d’ennuis dont elle préférait se dispenser.

Malgré tout, il était resté un seul intérêt chez l’homme qu’elle n’avait su percer : la relation étrange qu’il entretenait avec sa jeune maîtresse. Elle aurait dû n’être qu’une impulsion, un caprice, une passade qu’Hera elle-même avait orchestré d’une certaine manière, espérant que la jeune femme se départirait dès lors de toutes ses illusions pour se renforcer. Mais les deux l’avaient surpris. Alexis par sa capacité à séduire pleinement le monde qui l’entourait sans en avoir même conscience. Dorian pour son mépris de tout ce qui n’était pas lui et qui s’accrochait pourtant à elle bien plus qu’il ne se l’avouait. Elle avait pourtant essayé de lui en toucher un mot, de l’aider, elle qui pourtant ne pouvait voir que d’un mauvaise œil cette situation vis-à-vis de son mariage. Elle n’était pourtant pas opposée aux séparations et aux divorces, elle tenait juste en haute estime l’union qu’elle défendait. C’était quelque chose de fort et de sacré qui alliaient deux être pour le pire et le meilleur. Et si elle pouvait entendre que parfois certains étaient allés un peu trop vite en besogne ou s’était fourvoyés par amour, elle refusait de le voir bafouer par des coucheries en tout genre. Mais cette coucherie avait quelque chose de plus que la simple tromperie qui se devait d’être démêlé tant pour lui que pour Alexis et pour Georgia, pour que chacun vive en paix et que quitte à ne pas avoir une union pleinement consommée, qu’elle s’arrête plutôt que de souffrir de l’hypocrisie. Comme à son habitude pourtant, le petit homme s’était rebellé, dans un mépris si profond qu’elle s’était bien décidé à ne plus avoir à lui adresser la parole. Elle ne conversait pas avec la stupidité, ça ne servait pas à grand-chose...

Il arrivait pourtant que parfois, stupidité laissait place à la réflexion...

— Reine Hera ? L’humain insiste, il veut voir la déesse Aphrodite... peut-être pourrions-nous lui dire qu’elle n’est pas présente ? Cela... éviterait peut-être une attente inutile ? J’ai l’impression qu’il va coucher dehors dans le cas contraire... Et j’ai bientôt fini mon tour... Basile...

Oui, si Alcibiade faisait encore partie de ces gardes qui avaient gardé un certain standing des anciennes époques, Basile en revanche faisait clairement partie de la nouvelle génération. Avec les discussions et les actions qui allaient avec. Si elle n’avait aucun dilemme moral à laisser Dorian dormir à même le sol et se faire malmener par le garde, son action piquait toujours un peu plus sa curiosité. C’était déjà la troisième fois qu’Alcibiade remonter discuter. Observant son reflet dans le miroir de sa coiffeuse, elle vit un sourire élargir ses lèvres tandis qu’elle précisait :

— Non. Ne lui dit rien. Dis-lui juste qu’Olympe va le recevoir. Dirige-le vers la salle du Trône sans le faire entrer cependant. Je vous rejoindrai.

Après un hochement de tête entendu, le garde avait disparu. Se levant lentement, elle termina le verre de vin qui était posé sur sa coiffeuse tandis que son paon tournait la tête vers elle, allongé sur coussin.

— Viens Argus. Tu vas rencontrer l’un de tes plus étranges congénères...

Le volatile l’observa d’un air des plus courroucés, sentant sans aucun doute le sarcasme dans sa parole, ce qui eut le don de faire rire la déesse.

— Je l’avoue, ce n’était pas très sympathique pour toi mon bon ami.

Elle lui fit un signe de tête avant d’ouvrir la marche, sortant de sa chambre. Le paon viendrait. Il la suivait toujours, bien que parfois il le faisait à son rythme. Elle ne s’en formalisa pas, se dirigeant dans les couloirs en direction de la salle du trône. Bientôt, elle vit la silhouette toujours si fortement apprêté du notaire, suivi du garde. Il la remarqua à son tour tandis qu’elle arrivait à sa hauteur, les mains jointes, un sourire sur le visage.

— Chère Hera, vous ici…

Le signe de tête avait été bref, crispé même, ce qui ne manqua pas de l’amuser tandis qu’elle lui répondait d’un même signe de tête. Elle constata alors que son regard doré avait parcouru en un éclair toute sa silhouette et se remémora que c’était sans aucun doute la première fois qu’il la voyait sous cette apparence.

— Vous n’auriez pas dû vous déranger, Hera, je ne cherchais qu’à obtenir une audience auprès d’Aphrodite. Ce qui n’est en aucun cas de...votre ressort, si l’on peut appeler cela ainsi, sans vouloir vous offenser.

— Oh vous ne m’offensez pas très cher, nulle crainte là-dessus. Sachez juste que tout ce qui se trouve dans ces murs fait partie de mon ressort, d’une façon ou d’une autre.

Elle lui avait souri sympathiquement, sachant pertinemment que ce n’était pas tout à fait ce qu’il voulait dire mais jugeant bon de lui repréciser aussi qui dirigeait en ces lieux.

— Je ne vous apprends rien bien sûr, vous avez été longuement proche de l’institution de pouvoir dans votre monde si je ne m’abuse.

Ce n’était pas une pique, bien plus une reconnaissance de ce qu’il avait été, sans doute trop peu à ses yeux à lui qui se voyait constamment plus royal qu’il ne l’était mais pourtant une véritable constatation de son passé. S’il avait été conseiller de la Reine, alors il ne devait pas ignorer que tout ce qui se passait dans son château était lié de près ou de loin à elle.

Ne se laissant pas pour autant démonter, l’homme poursuivit, rappelant une fois de plus la raison de sa visite. Elle s’était contentée de sourire lorsqu’il s’était interrogé sur leur lien de parenté, n’affirmant ou n’infirmant rien. Entendant la suite de ses propos, elle n’avait pu s’empêcher d’hausser un sourcil de surprise amusé en le voyant avouer presque sans détour à quel point le sujet devenu important. N’y résistant pas, elle précisa alors :

— Oh, vraiment ? S’agit-il d’Amour ? Aphrodite vous aurait-elle en définitive véritablement jeté au sort au point que... comment l’aviez-vous moqué déjà ? Que vous êtes un homme déchiré ?

Elle avait eu un sourire plus prononcé qui s’était transformé en rire :

— Je vous taquine cher ami, je ne vous ferai pas l’affront de recommencer cette discussion stupide que vous aviez tenté d’éviter avec une certaine agressivité, je dois le reconnaître... Dire que si vous aviez eu un peu plus confiance, vous auriez gagné un an... à chacun son rythme, n’est-ce pas ?

Elle se tourna alors vers le garde, précisant :

— Je te remercie Alcibiade, tu peux retourner d’où tu viens. Il va rester avec moi quelques temps, je me chargerai de son retour.

Le garde disparut tandis qu’elle reposait son regard sur Erwin qui semblait légèrement interrogatif sur la suite des évènements. Elle lui précisa alors ce qu’il ne pouvait pas encore savoir et qui lèverait le mystère sur le fait que c’était elle qui se portait garante :

— Aphrodite n’est pas là. Elle ne pourra pas répondre à votre appel aujourd’hui. Mais je vous assure que l’Amour et le Mariage ne sont pas toujours si différents, surtout de nos jours. Je me doute que vous ne veniez pas pour parler de votre douce épouse puisque vous avez bien préciser que cette affaire ne me concernait pas. Il s’agit donc d’Alexis. Peut-être pourrons-nous alors parler de ce formidable geste que vous avez fait lors de son accouchement.

Elle l’avait regardé avec une véritable intensité, mais sans aucune agressivité.

— Oui, je l’ai sentie. Cette partie est de mon ressort en revanche, vous ne l’ignorez pas.

Elle laissa un instant le silence se faire, le dévisageant toujours avant de préciser d’un ton grave :

— Elle serait morte, Erwin.

C’était une phrase sans équivoque. S’il n’avait pas agi, elle ne serait plus de ce monde. Une façon de dire qu’il ne l’avait pas fait en vain. Une façon aussi de lui faire comprendre que si elle l’avait senti en cet instant, elle savait déjà depuis quelques temps déjà ce qu’il ressentait toujours un peu plus pour elle. Voyant qu’il pourrait reculer à tout instant, elle précisa alors d’un ton plus léger.

— Marchons, voulez-vous ? Nous n’allons pas rester planté au milieu du couloir, allons vers les jardins, nous aurons de quoi nous installer et de quoi boire aussi, si le cœur vous en dit... où en aurait besoin pour poursuivre cette négociation... puisque vous veniez pour négocier, n’est-ce pas mon cher ?

Un bruissement d’aile s’était fait entendre derrière elle. Tournant la tête dans sa direction, elle tira un peu sur un pan de sa robe pour laisser plus encore apparaître le volatile.

— Je vous présente Argus, mon paon. Ne faites pas attention à lui, il a son petit caractère. En réalité, vous vous connaissez déjà. Vos yeux ont louché plus d’une fois sur ma broche en or lorsque je le portais sur mes hauts.

Elle lui sourit sympathiquement, toujours amusée de la situation avant de tendre le bras pour l’inviter à marcher en direction des jardins de la Cité. Il n’était pas question qu’elle le dirige vers feu son jardin des Hespérides. Les jardins environnants à la Cité seraient amplement suffisants. Elle marcha à ses côtés jusqu’à atteindre une petite terrasse d’où on pouvait entendre la mer de la Cité, un peu plus loin et où le vent caressait les feuilles des figuiers environnants. Une odeur sucrée se dégageait du lieu tandis qu’ils s’asseyaient autour d’une table en marbre à l’ombre. Le paon les avait d'ailleurs rejoins et se baladait nonchalamment sur la terrasse.

— Je vous sers quelque chose ?

Elle avait tendu la main pour lui montrer son verre et son pichet de vin qui venaient d’apparaître, attendant qu’il fasse son choix... et se jette à l’eau.
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En eaux troubles
Nous voyons clairs  


Erwin Dorian
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________________________________________ Ven 29 Juil 2022 - 22:34 « If the crown should fit, then how can I refuse? »

Hera & Erwin
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De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages

Etant deux personnalités influentes, les voies de Preminger et de Hera se trouvaient vouées à, potentiellement, se rencontrer. Même si leurs desseins respectifs ne recherchaient pas nécessairement à le permettre.
Cette fois, cependant, elle était venue à sa rencontre, alors qu’il ne l’avait nullement sollicitée.
D’une certaine manière, la présence de la déesse ne lui déplaisait guère. Il s’amusait à la voir paraître, se rendant presque maîtresse d’une situation où, pourtant, il avait bien veillé à ne pas citer son nom. Tout comme il était intéressant de la découvrir dans une apparence différente de ce qu’il avait eu l’occasion de voir, précédemment. La prestance qu’elle renvoyait au monde extérieur s’en trouvait décuplée. Et pourtant, dès le départ, le notaire n’avait pu que noter que celle qui s’était faussement présentée comme avocate, imposait naturellement une certaine autorité. S’il avait douté de sa fonction, à la minute où elle s’était tenue devant lui, l’assurance de son maintien aurait joué des tours à plus crédule que lui.
Sa bouche s’était relevé d’un tiers, lorsque la déesse avait souligné, sans réelle volonté de dissimuler l’intention qui se cachait derrière cette précision polie, que rien n’échappait réellement à son ressort en ces lieux. Oui. Elle en était la Reine.
Une manière élégante de lui rappeler à quel point, ici plus tout autre lui, elle se trouvait influente. Preminger se serait bien gardé de l’oublier, quand bien même son arrogance était grande, et force était d’admettre qu’il aurait sûrement usé du même stratagème si elle s’était présenté à la mairie pour une raison diverse. Elle n’avait même pas besoin de battre des cartes, il lui suffisait seulement de signifier au notaire où se trouvaient ses pions. La Terre qu’il foulait vibrait selon les désirs d’Hera. Il allait de soit, qu’il considérait la déesse bien davantage vouée à l’harmonie et une sorte de démocratie que sa propre manière d’envisager le pouvoir. Néanmoins, elle possédait l’avantage du terrain et de la force.

Je ne vous apprend rien, bien sûr, vous avez été longuement proche de l’institution de pouvoir dans votre monde, si je ne m’abuse. »

Cette précision n’était pas dite spécialement dans le but de le vexer ni de le provoquer, crut-il, pourtant, déceler. Bien davantage pour remémorer à son esprit quelques souvenirs par trop vivaces encore… Elle avait raison, oui. Il avait été longuement proche de l’institution du pouvoir. En même abusé de cette institution de pouvoir pour arriver à ses faits. Belle époque…
Même si, d’une certaine manière….

« C’est tout à fait exact. Et, d’une certaine manière, encore d’actualité. Bien qu’il va sans dire que la gestion d’une ville est incomparable à tout ceci... » il eut un geste vaporeux de la main, désignant l’imposante structure qui les accueillait.

Ou plutôt l’accueillait. Hera y trouvait sa demeure quotidienne. Chose rare, son sourire s’était teinté de modestie. Et si ce sentiment était l’un des plus étrangers à Preminger, il devait reconnaître que les problèmes qui se présentaient dans sa ville n’étaient que des pis-aller face à ceux hantant ces lieux millénaires. Les affaires divines et titanesques menaçaient l’équilibre de ce monde… avec plus ou moins de succès, selon les combats. Les principales difficultés rencontrées à Storybrooke n’en n’étaient que des répercussions.
Tout aussi tentants soient les débats que ce point suscitaient, il l’écarta d’un simple revers de la mai de l’équation. Il ne se présentait pas pour discuter politique et...par ailleurs, la déesse ne requérait pas son avis en la matière. Il allait de soit que son exclusion de l’Olympe s’entendait de paire avec une volonté manifeste de l’exclure sciemment de toute incursion sur la scène politique divine.
Outre sa nature humaine, qui avait tôt fait de l’évincer du débat pour certains, il pariait que Hera, devinant son intéressement, avait su l’en tenir à distance par le silence d’Olympe à son égard. Ce qui était, il devait l’admettre une excellente décision, s’il évaluait son propre danger, demeurant cette couleuvre malfaisante, habile à se faufiler dans la moindre lacune exposée.
Toute aussi doux que l’accueil réservé pouvait être, Preminger n’oubliait pas la raison de sa visite, qui n’était nullement une visite de courtoisie à l’encontre de la Déesse du Mariage. Non. C’était Aphrodite, comme il le rappela. Cette mythique ensorceleuse qui avait affûté son arme pour persécuter. A la demande d’une autre, il aurait pu le parier.
Ce qui le poussa, ensuite, à se borner à pincer la bouche dans une mimique altière, sous la raillerie de la déesse du Mariage. « Déchiré... » Cette dernière, avait semblait-il, reprit jusqu’à des propos de l’année précédente dont il avait allégrement oublié la tournure précise.
Elle récolta, en échange, que ce vague sourire lointain et hautain, « flatté » qu’elle puisse avoir tant été marquée par ses paroles au point de les avoir retenues…. A moins que son statut d’immortelle ne la poussa à considérer la longueur d’une année avec la même netteté qu’une minute écoulée...
Par ailleurs, la pique assenée, la déesse semblait bien décidée à arrêter là l’attaque et à apaiser la discussion. Pourquoi diantre ? Pourquoi cette politesse à son égard ? Preminger analysait cela comme une volonté non déguisée d’aplanir la situation. Mais pourquoi donc lui prêtait-elle cet égard ? Pourquoi même se prêtait-elle à ce jeu des politesses ?
Fallait-il l’analyser comme une volonté d’apaiser son éventuelle colère ? Ceci n’était pas vide de tout sens. Au regard du tournant… chaotique qui avait pris vie dans sa liaison quotidienne, dire que son humeur se trouvait particulièrement échauffée était un euphémisme. Pourtant, il demeurait figé dans son irritation.
La prudence de la déesse dissimulait peut-être une volonté de l’amadouer qui laissait supposer qu’elle avait potentiellement plus à perdre que prévu, lorsque surviendrait son entrevue avec Aphrodite.
Pour autant, Preminger demeurait, on ne pouvait plus dubitatif quant à la posture qu’Hera essayait d’adopter au fil de sa conversation… faisant mine de croire presque qu’elle n’avait demandé qu’à… quoi ? L’aider concernant l’amour ? Réellement ? Un pli ironique avait relevé sa lèvre supérieure, tandis qu’un filet de rire s’échappait de ses dents blanches.
Vraiment ? « S’il avait eu un peu plus confiance, il aurait gagné un an? » Elle ne pouvait sérieusement penser raisonnablement ainsi !
« Même s’il y avait eu matière à confidence, Hera, comprenez, ma très chère, que la confiance, en revanche fait débat… Je vous estime par trop pour le faire pleinement » rétorqua-t-il en pensée, avec une douceur fielleuse.
Ceci n’était même pas la flatter, mais sa réelle conception de cette imperturbable stratège qui l’observait, un sourire paisible et railleur que le visage.
Preminger avait, en se confrontant à la déesse du mariage, décelé une réelle intelligence chez elle. cette dernière, se révélant une adversaire redoutable. Tant par la magie maîtrisée et qui lui concédait un avantage non négligeable, qu’un esprit stratégique réel. Hera était son ennemie. Elle ignorait sûrement en revanche, à quel point il pouvait être le sien, mais elle avait décelé son potentiel. Il convenait qu’il en resta ainsi.
Aussi, pourquoi diantre aurait-elle sincèrement souhaité l’aider ? Un individu qu’elle méprisait, de facto, par ses valeurs et son allure ostentatoirement vénéneuse. Nombre de personnes pardonnaient aisément aux individus leurs péchés, Hera, dans l’opinion qu’il se faisait d’elle, était bien trop rusée pour être crédule à ce point.
Mais, peut-être la vexerait-elle en l’affirmant ainsi. Peut-être, cette sorte de confiance qu’elle cherchait à instaurer entre eux n’avait rien de particulièrement inquiétant. Et il était possible d’observation la situation sous un angle nouveau, différent.
La déesse ne méprisait pas les mortels. Il avait constaté qu’elle avait su, dès qu’elle l’avait décelé, prendre la mesure de sa menace à l’égard d’Alexis. Mais… peut-être que bien qu’ayant pris connaissance de son potentiel, ne l’avait-elle jamais appliqué à son propre cas. Pouvait-il l’en blâmer ? C’était une déesse. Par conséquent, un être immortel aux pouvoirs disproportionnés. Il n’était qu’en apparence un mortel bien démuni face à toute trace de magie. Hera pouvait facilement venir à bout de l’un même par le seul claquement paresseux de ses doigts. Aussi, pouvait-elle tout à fait se croire à l’abri de tout risque et ne le considérer comme proche d’un ennuyeux moustique que la couleuvre vénéneuse et mortelle qu’il pouvait être.
Aussi, tout ce qu’il prenait pour de l’information mesquine cachait davantage, selon ce prisme, un intérêt condescendance à son égard… Et servait ses propres intérêts.

Pendant qu’il se livrait à ses pensées, Hera congédia le garde. Preminger nota au passage le prénom, par précaution. Alcibiade. Un prénom grec. Aurait-il du s’attendre à autre chose ? Cet homme devait sûrement faire ce travail depuis des années… Un roc parmi d’autres, dans cet agrégat de pierres et d’antiquités en tout genre. Si tel était le cas, pouvait-il aussi revendiquer la qualité de divinités ? Ou ceci n’était-il réservé qu’à ceux, qui comme Hera possédait des pouvoirs ? Peut-être lui poserait-il la question, puisqu’elle semblait si avenante.
Restait malgré tout la question d’Aphrodite… et son complot fomenté.
Et peut-être l’absence de la déesse de l’Amour, comme elle le lui annonça, expliquait une grande partie de son humeur joyeuse. Preminger contracta la mâchoire, de manière infime. Peste. Il se déplaçait et comme par hasard, elle s’absentait… Les dieux pouvaient se téléporter, non ? Elle n’avait pas précisé, évidement, depuis quand cette dernière s’était absentée.
Il fouilla le visage impassible d’Hera, à la recherche d’un éclat de mensonge et d’une miette d’information, ne trouva aucune de ces choses. Elle possédait les talents nécessaires pour rien ne faire paraître de la vérité. Mais à quoi bon lui avoir accordé de monter si ce n’était pour lui mentir à présent ? La déesse goûtait peu à l’humour futile pour qu’il ne fusse l’objet d’une simple farce. Il eut suffit d’attendre que sa patience ne s’érode.
Aphrodite partit… Hera ne paraissait pourtant pas le congédier. Fort bien. Il n’en n’avait guère l’intention. La véritable « investigatrice » de ce « simulacre de tragédie grecque » ne se trouvait-elle pas devant lui ? Bavassant avec lui tout en reprenant sa comparaison entre amour et mariage, analysant son attitude, comme tentant d’y décrypter, tel un étrange sujet de laboratoire.

- « Peut-être pourrons-nous parler de ce formidable geste que avez fait lors de son accouchement ».
« Je n’ai aucune envie de parler de quoique... » Mais sa réponse s’était trouvée mort-née avant même de franchir ses lèvres, n’ayant pas eu même seulement le temps d’ouvrir la bouche. Seules ses pupilles dorées étincelèrent sous le choc, d’une malveillance défensive. Comment.. ? Comment avait-elle su ? Il fouilla la liste des témoins, les écartant, l’un après l’autre. Alexis. Regina. Hadès. Cerbère. Elliot. Kelly. Certains individus brillaient parfois par leur langue bien pendue, néanmoins l’information n’ayant jamais fuitée, il évinçait l’idée que l’un d’entre eux puisse avoir amené le sujet jusqu’à Erwin. Quant à lui… l’orgueil du ministre n’était pas à prouver ni même à démontrer. Depuis sa naissance, il avait bâti son existence à l’aune de sa vanité. Malgré tout, il demeurait clairement dubitatif quant à sa perception de ce geste.
Son corps seul avait réagi et déjà, observatrice et sûre de son avance, Hera précisait :

« Oui, je l’ai senti. Cette partie est de mon ressort en revanche, vous ne l’ignorez pas. »

Il ne l’ignorait pas, c’était certes vrai. Et elle l’assurait avec un tel aplomb, qu’il n’aurait guère osé la contredire à ce sujet, si ceci avait été source de débat. Il observait cet aplomb, lorsqu’un doute effroyable lui vrilla, subitement, la tête.
Preminger s’était toujours senti maître de son corps. Plein possesseur de tout, décideur en tout Temps. Mais, il n’était pas sans ignorer les pouvoirs de la déesse. Comment l’aurait-il pu l’effroi causé à Crafty ainsi que les pages, depuis vierges, de l’acte de propriété passé dans ses mains laissaient des traces et des rancoeurs. Si bien, les gestes et la morale particulière de cette dernière flottaient dans son esprit. Ses actions de ce jour, se mélangeaient aux siennes, plus récente, sous le coup du sang et des cris. Le Tout, le néant et la vie. Un tourbillon désagréable et flou qui ne s’était estompé qu’au sortir de l’être vivant né. De l’Erreur.
Aussi rarement qu’il y pensait, Preminger avait interprété son intervention « miraculeuse » comme un refus de la mort d’Alexis face à l’incompétence régnant dans ce lieu. S’était senti agir, tel presque un automate, dans la rage et le flou. Ce qui n’était en rien siiii surprenant, non ?
Mais les mots de la déesse ajoutait une ligne imprévue à l’équation. Une ligne qu’il avait omis. Sa ligne… Divine.
Ces paroles n’avaient pu que vouloir remémorer à son esprit son impact magique sur les naissances.
Mais justement. Se pouvait-il qu’elle puisse l’avoir… forcé ? Incité ? Inculqué l’ordre par sa magie ?

« Elle serait morte, Erwin »

La voix nette et assurée d’Hera coupa le vif de sa réflexion. Le déstabilisant. Il accusa le coup, silencieusement, crispant sa mâchoire, conservant en apparence son air hautain et glacé imprégné sur son beau visage.

« Eh bien !… Voilà qui aurait été... fort regrettable »

Il l’articulait avec force, mais sa gorge restait sèche et ses yeux fixes et flamboyants. Comme plantés dans la vérité qu'elle lui offrait.
Sachant ce qui se trouvait derrière : l’ubiquité possédée par Hera qui n’avait pu la faire menteuse.
Elle serait morte. Morte. Il lui sembla distinguer les bruits, les cris encore, la marque de l’incompétence et l’odeur ensanglanté qui imbibait le moment. Mais ce n’était qu’un mirage… Un simple mirage. Le lieu était paisible, dans un silence étiré et ne flottait dans l’air qu’une fraîche odeur de coton. Un mirage.
Son regard n’avait pas quitté Hera. Seule une agitation s'était levée derrière ses yeux. Pourquoi lui faisait-elle part de cette information ?
En lui livrant ceci, se cachait-il une sorte de curieuse volonté de le libérer de cette sorte de malaise dédaigneux quant à l’acte qu’il avait pu accomplir ? Une manière de lui crier, subtilement, que l’action portée s’était réalisée à raison. Qu’il avait eu, ainsi, plus qu’une vie entre ses mains. Mais deux. Il avait frémi d’orgueil et d’effroi. Il admettait sans gêne que seule l’âme d’Enora avait possédé, à cet Instant décisif, une valeur à ses yeux. Et sa douleur clouée à même sa vision avait éveillé en son corps une rage qui avait impulsé son mouvement. Il n’aurait pu rester ainsi, à la regarder se vider de son sang, goutte après goutte, dans les cris et la douleur.
Du poids de la révélation d’Hera émergeait cependant quelque chose qui touchait à l’intime.
Il semblait qu’elle voyait bien plus. Bien plus peut-être qu’il n’avait su ou voulu voir. Et qui rejoignait le motif de sa venue…
Son visage avait eu un léger recul, alors...

Elle lui proposa subitement de marcher et il nota soudainement combien ses jambes lui paraissaient lourdes dans leur immobilité. Son temps d’attente dans la rue de Storybrooke n’avait pas arrangé les choses… Et puisqu’elle semblait décider à le recevoir comme il se devait… L’air de rien, d’ailleurs. Comme si elle n’intriguait pas dans son dos, comme si elle ne s’amusait pas à l’éprouver ou le sonder. Malgré tout, il l’avait suivie, sentant s’estomper son envie subite de prendre congès.
Son menton se releva, tandis que ses paupières se fendaient, tel un reptile, mais sa bouche en revanche avait pris le chemin d’un sourire aimable.

« Je viens effectivement pour négocier et je pense, qu’à défaut d’Aphrodite, le faire avec vous n’a rien d’extravagant, n’est-ce pas ? Après tout, vous êtes si clairvoyante que rien ne vous est jamais longtemps caché, ma chère Hera... »


Aussi sympathique que demeurait sa voix, ses yeux n’y trompaient pas et visaient la grande perspicacité dont elle avait fait si flagrant étalage. Que voulait-elle ? A quoi jouait-elle ?
En évoquant la négociation, elle ne pouvait plus feindre découvrir ses motivations, sinon prétendre fort bien connaître son fonctionnement. A défaut, c’était là aussi admettre une connaissance plus grande sur l’affaire. De la connaissance à sa propre implication, il n’y avait qu’un seul pas. Ce faisant, ne se révélait-elle pas finalement comme l’instigatrice ?
Un bruissement s’était fait entendre derrière le bas de la robe opulente de la déesse. Presque aurait-il pu croire à une illusion si cette dernière n’avait tiré sur le pan de son vêtement, laissant apparaître un splendide et opulent paon bleu et vert. Comme conscient des yeux qu’il avait attiré, l’animal s’était ébroué, pour mieux faire luire ses plumes aussi brillantes que l’émeraude et le saphir dont il empruntait les couleurs. La lueur de convoitise s’était accentuée dans les yeux du ministre et à l’instar de l’amabilité policée de la déesse, il avait énoncé dans un sourire altier :

« Un splendide spécimen, vraiment… Votre broche possédait de forts attributs, mais j’étais bien loin de pouvoir me douter de sa valeur quelque peu inédite… Tout comme je n’avais noté, jusqu’alors sa présence. Il semble doué de forts prédispositions, lorsqu’il s’agit de se dérober à la vue de tous ».

Il ponctua d’un rire frais, agréable. D’un de ces rires séduisant et musical qu’il maîtrisait bien et charmait ses interlocuteurs les plus réfractaires.

« D’ailleurs de plumes se faire or… ! Quelle curieuse transformation. Est-ce une illusion ? Ou devient-il réellement métal ? »

Cela les amenait loin de l’information précédente, mais Preminger devait admettre être fort peu mécontent de pouvoir reléguer dans un coin obtus de son esprit si vaste, l’information transmise par Hera. Il ne voulait s’y attarder. Il ne fallait pas. Les questionnements de ce genre ne devaient être invoqués en ces lieux.
Il était bien plus aisé que de discourir sur l’attrait tout particulier que semblait avoir la déesse pour ces volatiles. Ainsi, elle aimait les paons. Lui aussi les affectionnait tout particulièrement. Le plus beau du panthéon animal et dont il s’attribuait la ressemblance, jusqu’aux vices connus de l’animal. Cela leur faisait un point commun.
Hera avait commencé à cheminer dans les allées et il l’avait suivie, profitant de leurs déambulations au gré du Palais d’Olympe pour observer la démarche louvoyante de l’animal et le reflet turquoise de ses plumes. Peut-être aurait-il du acquérir pareil spécimen. Le paon aurait du être l’emblème de la royauté, assurément. Tout aussi fasciné qu’il pouvait être par l’animal, une part de son esprit, qu’il tentait de chasser au loin, demeurait néanmoins préoccupée.. Et des cris lancinants vrillaient ses souvenirs se superposant à des interrogations plus récentes.
Bientôt atteignirent-ils une charmante terrasse, où une table avait été dressée à l’ombre des figuiers. Le sucre des arbres se mêlaient à l’air salin, chargeant l’atmosphère d’un contraste saisissant et estival. Il s’en gorgea, en s’asseyant, croisant les jambes nonchalamment, non sans jeter un coup d’oeil au nommé Argus qui continuait de déambuler non loin d’eux.

Je vous sers la même chose ?
« Oui, comment refuser?  ».

Il n’avait même pas cillé lorsqu’un verre et un pichet rempli de vin rouge étaient apparus devant la déesse, ne réagit encore moins lorsqu’un verre de cristal apparu magiquement en face de lui sur la table de granit. Pris néanmoins le Temps de l’observer le servir avant d’ajouter quoique ce soit. C’était la fin des banalités, la mise en jeu des importance, l’Heure des comptes.
Il laissa ses lèvres tremper sans le verre, s’imprégnant de la couleur rubis, avant une gorgée.

«  Vous avez déploré que je ne savais me confier à vous Hera. Puisque j’ai pu vous négliger à ce sujet, alors soyez rassurée, ce sera chose faite. Aussi, soit soyons francs et sans dissimulation aucune. Je venais effectivement vers Aphrodite… et vers vous, à présent au sujet de Miss Child et non de mon épouse… »

Sa voix n’avait subit aucune hésitation. Loin de là. Il pencha la tête de côté, pour mieux la dévisager avec une acuité nouvelle, ponctua son discours d’un geste vague et horizontal de la main gauche :

« Nous rencontrons...appelons ceci une perturbation dans notre liaison. Comprenez-moi, bien, je règle à merveille mes relations tant civiles que professionnelles, je n’ai pas besoin d’aide. Néanmoins, la perturbation qui nous oppose porte un nom très aisément connu et il est l'apanage de votre parente. Disons que tout le nœud tourne autour de ceci. »


Il fronça les sourcils, chassant une goutte imaginaire sur le rebord de son verre. Le sujet l’agaçait, depuis Noël. Depuis qu’elle avait formulé cette question. Depuis qu’en y répondant, une brèche s’était créée. Il ne pensait pas à celle qui avait lézardé leur relation mais à la vague d’interrogations et de frustrations colériques qui en avaient suivi. Certaines choses devaient être tues. Certaines choses n’avaient pas besoin d’être sues. Certaines choses n’avaient même pas besoin d’être comprises. Il s’en était rendu compte au cours de cette discussion, alors qu’il plongeait dans sa propre psyché. A quoi bon s’interroger sur la place qu’occupait un être dans votre vie ? Il ne fallait pas. Et s'y sentir obligé n'avait rien d'anodin ni même de normal.
Il poursuivit, les sourcils toujours froncés:

« Cette jeune femme est on ne peut plus perturbée par mon manque d’affection à son égard. Je sais maîtriser les effluves et les conséquences de l’Amour, dans un cas particulièrement ordinaire. Le fait est que la situation ne l’est guère, et vous savez pourquoi ».

Sa voix se tendit, même s’il veillait à demeurer courtois. Il n’était pas venu pour faire œuvre de menaces. Mais pour négocier, oui.
Aussi, ne menaçait-il pas, constatait seulement. Une réflexion qui avait pris corps à Noël, à l’issue de son entrevue chaotique avec la libraire. Elle avait eu cette phrase à son encontre, afin de le rassurer sans en mesurer l’erreur. L’Amour n’était pas empreint de sa propre vie. Oh si, il l’était. Et au regard de ceux qui en détenaient les rênes, il devenait politique. Tout aux prises à son raisonnement, il décréta doucement avec la sérénité de l’assurance :

«  Nous savons très bien ce que l’Amour est : Par le biais de votre parente, il devient plus que le sentiment aléatoire, médiocre et insignifiant qui nait, parfois, en chacun. Non, il est empreint, par son intermédiaire, de sa propre vie, de ses convictions. »

Ce qu’il avait réalisé ce jour là.
Ce risque, un danger sur lequel il n’avait aucune prise… Il en avait été progressivement convaincu – ou s’en était progressivement convaincu- au fil des jours et des semaines passant. Le Temps défilait, et Erwin avait parcouru son passé, l’historique de sa liaison avec la jeune femme jusqu’à son attitude tempérée à son égard qui ne s’apaisait pas, comme nombre d’alertes sur l’ingérence cachée de la déesse dans sa liaison. Bien que s’étant promis de ne pas interférer dans le cheminement de la jeune femme, il commençait à s’impatienter quelque peu, sans n’avoir rien perdu, pourtant. Ceci mis bout à bout avait fait croire la certitude d’une main divine au-dessus d’eux. Non un Destin aléatoire dont il pouvait aisément choisir la roue du Temps. Non. Une main divine, dans le sens le plus simple du terme, lorsque l’on savait que les dieux peuplaient ce monde et que certains ne portaient pas à son égard, des sentiments les plus cordiaux.

« Nous avons maintes discussions au sujet de Miss Child, vous et moi. Je me souviens parfaitement que vous aviez manifesté à l’époque, un intérêt particulier pour cette jeune femme. La suite des événements m’en a rapproché, fortuitement » un sourire vicieux teinta son visage hautain. Il demeurait toujours satisfait de ce dénouement. Quand bien même les circonstances présentes se trouvaient particulières.

« Aussi, il va s’en dire que cette relation vous dérange, sûrement, mais semble vous intriguer davantage. De là, à ce que vous y trouviez votre terrain de jeu… peut-être.
Mais, je tenais à vous rappeler que je suis loin d’être un cobaye. Quoique cette liaison puisse vous évoquer, cela ne justifie pas que l’un d’entre nous, soyons l’objet de quelconques… expérimentations ou que sais-je.  »


ll avait bu une nouvelle fois, une infime gorgée du nectar rouge et odorant, le laissant se diffuser dans sa gorge, pour diluer son irritation avant qu’elle ne perce. La déesse n’avait pas cillé. Il ne s’attendait à rien d’autre. Peu importait, il savait pertinemment. Ce qu’elle avait initié avec l’aide de sa parente.

« Après tout, vous vouliez rendre plus forte cette jeune femme, sûrement considérez-vous que l’état de sa psychologie présente, sa souffrance ne pourront que l’endurcir pour l’amener à ce que vous souhaitez d’elle. En parallèle, vous vous jouez de mon mépris quant à tout état d’affection quelconque… Soit. Vous avez pu faire étalage de vos pouvoirs d’influence sur autrui. J’en fais grand cas. Mais, cette démonstration étant faite, je requière aimablement, à votre égard et celui de votre parente que vous cessiez toute ingérence dans cette affaire. Ceci ne vous regarde pas. Je vous convie donc de cesser tout endoctrinement d’une part et tout sortilèges de l’autre. »

Aussi risible que cela eut pu paraître, Preminger en était à présent, pleinement persuadé. Elle l’avait influencé. C’était elle, sûrement, qui, dans une volonté d’atteindre la survie de la jeune femme l’avait poussé à agir ainsi.
C’était elle qui l’avait poussé à mettre au monde ! Ces mots et cette situation surréalistes ne pouvaient qu’avoir été dictés par elle. Elle la déesse des naissances.
C’était elle, aussi, qui avait créé ce… sentiment dont il ne voulait pas. Avec la complicité de sa parente. Ce n’était pas de l’Amour, sûrement. Mais. C’était déjà bien trop. Notamment par son aisance à revenir dans ses pensées, le forçant à y réfléchir. S’il ne trouvait pas les mots, s’il ne parvenait pas à désigner ce lien par un mot quelconque, c’était sûrement parce qu’elle s’immisçait dans ses pensées. Pour s’amuser à le guetter, attendant le faux pas.
Mais il ne faillirait pas.
Il était persuadé qu’Hera demeurait, femme de conscience. Une intelligence rare et puissante qui, quand bien même, ne savait déceler sa puissance réelle, avait pu devenir la force de son impact. Si « infime » qu’il puisse lui paraître, elle ne souhaiterait pas l’avoir contre elle. Elle accepterait. Peut-être même, le but de sa manœuvre n’avait été que pour le conduire ici, à solliciter l’arrêt de cette mascarade et donc à admettre la puissance de sa magie. Et donc sa dangerosité.

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Une averse de soleil tomba sur ce désert blanc, éclatant et glacé.

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Victoire Adler
« T'es qu'une putain d'armoire, Commode ! »

Victoire Adler

''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin Heradam04

I'll be with you from Dusk till Dawn





''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin Dujd
Edition Août-Septembre 2020

| Conte : Intrigue divine
| Dans le monde des contes, je suis : : Hera, déesse du mariage, des femmes et des enfants

''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin 5ys2

| Cadavres : 720



''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin _



________________________________________ Dim 31 Juil 2022 - 22:25 « T'es qu'une putain d'armoire, Commode ! »


De l'utilité de l'Amour et de ses marivaudages
Il était si fascinant de le voir se débattre avec la Vérité. Si Erwin Dorian avait rejeté avec force et véhémence cette hypothèse l’année précédente, ne prenant nulle conscience de ce qui se tramait autour de lui et à l’intérieur de lui, il semblait pourtant aujourd’hui en proie à ce sentiment et en était plus perdu que jamais. Il mettait tant de force et d’énergie à le réfuter qu’il n’avait même plus suffisamment de vivacité pour se trouver des excuses, des raisons erronées qui le ferait se sentir mieux. Elle avait observé la réaction qu’il avait eu quand elle lui avait annoncé qu’Alexis serait morte sans lui. Pour la première fois sans doute de sa vie, il avait fait ce geste par pure bonté et sans calcul. Certes, il pouvait se figurer de l’avoir fait pour s’assurer son avenir mais la Vérité derrière tout cela, c’est qu’il avait vu sa souffrance, la mort couler lentement dans le fond de ses yeux et cela lui avait été insupportable. Il n’avait pas voulu la perdre. Il avait fait quelque chose pour la soulager... et la sauver. Il avait tenté de s’y dérober avec une phrase des plus neutres mais son regard flamboyant et le son de sa voix, guidée par une gorge sèche en disait bien long sur l’horreur que cette pensée créait sur lui. Elle n’avait rien répondu cependant, le laissant en proie à son sentiment, refusant de le torturer plus sur le sujet de peur de le brusquer.

Si cela la fascinait autant, c’était peut-être parce qu’elle avait cette même peur au fond d’elle-même, cette même force qui se refusait à plier devant l’Amour. L’Amour, elle l’avait sans doute espérée enfant, comme toutes les petites filles, tous les petits garçons, elle l’avait peut-être même imaginé quand Zeus l’avait prise pour épouse, loin devant le joli minois d’Aphrodite, pourtant perle envoûtante qui lui causerait bien des tourments des années plus tard. Mais ce qu’elle avait vécu, ce n’était pas de l’Amour. Elle n’avait vécu que l’horreur, la douleur, la solitude et la torture. L'Amour, elle ne l’avait ressenti que pour ses enfants. Pour chacun d’entre eux, malgré l’horreur de leur conception. Elle avait commencé à les aimer en les sentant se développer à travers elle, en les sentant bouger. Elle avait irradié d’Amour à l’accouchement, en croisant leur regard pour la première fois, juste avant qu’ils ne lui soient arrachés à jamais et qu’il ne lui reste plus que sa souffrance, leur souvenir et un corps encore éprouvé de leur présence pour s’en torturer. Ils étaient morts. Les uns après les autres. Et le Poison les avait définitivement faits disparaître de la surface de cette Terre, il y avait quelques années de cela. Depuis, Hera s’était jurée de ne plus finir à l’amende de l’Amour. De ne plus ressentir la douleur de la disparition d’un enfant. De ne plus croire qu’un être étranger pouvait l’aimer plutôt que de la faire souffrir. Depuis sa Liberté, elle avait papillonné, à la découverte de son corps et des plaisirs charnels auxquels elle avait été privée. Mais dès qu’elle avait senti un attachement se faire d’un côté ou un autre elle avait fui, sans doute avec plus de force qu’Erwin ne le faisait à présent. L’être avait beau être antipathique au possible, il semblait à cet instant avoir suffisamment de force et de courage pour affronter ce qu’il l’effrayait tout en évitant de l’admettre... à moins que l’Amour ne l’empêche déjà de s’enfuir...

Tout en faisant route vers le lieu qu’elle lui réservait, il avait fait les louanges de son fidèle compagnon et elle accompagnait ses remarques avec un sourire franc, fière d’Argus et de ce qu’il représentait à ses côtés. Elle s’était contentée d’hocher positivement la tête quand il avait soulevé la possibilité de négocier avec elle mais elle se sentait plus libre de discuter sur son fidèle paon. Alors qu’il lui avait tendu son bras comme le voulait la bienséance, elle l’avait pris et pris même l’occasion de lui tapoter légèrement la même avec un petit rire :

— Et bien et bien, mon cher, si je ne vous connaissais pas, j’aurais pu croire que vous étiez en train d’estimer mon volatile dans le but éventuel de vous en emparer.

Elle lui avait souri en plantant ses yeux vers dans les siens. Bien sûr, tout cela était purement ironique et ils le savaient l’un et l’autre. Elle ajouta pourtant avec sincérité :

— Je vous préciserai donc par sympathie pour vous que je vous déconseille de vous y risquer. En dehors de ce que je pourrai penser de cet enlèvement, je dois vous avertir qu’Argus est plutôt... bougon et rancunier, pas facilement manipulable par autrui. Certains risqueraient d’y laisser... quelques plumes dans le meilleur des cas. Pour vous répondre tout de même, je dois bien avouer que oui, il a quelques prédispositions pour la discrétion malgré son extravagance habituelle. Quant à son apparence... disons que la vérité se trouve à mi-chemin. Tout n’est pas toujours blanc ou noir chez nous, mon cher.

Ils avaient fini par s’installer et Hera avait servi un verre de vin à son hôte, le laissant commencer ses explications tout en sirotant son verre. Comme elle regrettait son manque d’alcoolémie grandissant. Ce moment aurait été tellement plus séduisant si les deux protagonistes avaient l’occasion de se laisser aller à l’ivresse légèrement. Dorian était plutôt du genre mesuré et dans le contrôle mais la déesse était prête à parier qu’il méritait un peu de légèreté face au nœud qui se créait dans son esprit avec cette situation.

Elle l’avait écouté attentivement, le laissant parler sans chercher à l’interrompre. Pour une fois, son ton présomptueux et supérieur avait semblé être un temps mis au placard pour quelque chose de plus analytique et tendu aussi. On sentait que la situation commençait à le peser plus qu’il ne le voulait, peut-être perdait-il aussi un peu patience. L’inévitable était arrivé. Avant qu’il ne perde patience, c’était visiblement Alexis qui l’avait fait. La jeune fille était un exemple de vie et de lumière. Elle avait cette façon bien à elle de rayonner sur le monde et son entourage, distillant son amour et sa patience à ceux qui croisaient sa route et à qui elle s’attachaient. Erwin avait eu l’occasion d’y goûter pendant plus d’un an à présent. De sa douceur, son soutien, son amour sans jamais lui en donner sans doute en retour. Elle avait été patiente. Jusqu’à ce qu’elle demande l’impossible. Enfin l’impossible... c’est ce que lui pensait... sans se rendre qu’il lui réservait déjà, sans pourtant s’autoriser à lui donner. Hera pensait à la pauvre jeune fille qui gérait d’une main de maître cette vie en solitaire sans jamais se plaindre. Elle pensait à cette pauvre femme qu’était Georgia aussi, laissée dans l’ignorance et maintenu dans un écrin pour ce qu’elle représentait sans doute sans pourtant jamais se voir accorder ce qu’il offrait à la brune. La déesse se revoyait peut-être un peu dans son épouse, elle pouvait éprouver sa solitude, bien que pourtant l’amour était entièrement absent de ce qu’était Zeus.

La suite de la conversation la surpris tellement qu’elle n’avait pas cherché à cacher le haussement de sourcils qui en avait découlé. Il avait tant cherché une raison pour expliquer ses agissements envers Miss Child qu’il en avait trouvé une des plus caustique. ELLE en était la cause. Hera... et sa “sœur” Aphrodite. Comment en était-il arrivé à une conclusion aussi ubuesque ? Il semblait évident qu’il n’avait jamais cherché à s’intéresser à ce qu’étaient les dieux dans leur essence la plus profonde. Il avait dû faire ses propres conclusions avec ce qu’il en avait peut-être lu et ce qu’Alexis avait dû lui en dire et l’inévitable était arrivé. L’Amour n’existait vraisemblablement pas sans Aphrodite qui forçait tous les couples sur son passage. Elle aurait pu crier à la prétention de l’individu de croire qu’ils n’avaient que ça à faire que de se mêler de sa vie mais l’argument suivant tenait plutôt bien, elle devait l’avouer. Elle s’était elle-même immiscé dans la relation à plusieurs reprises, pour protéger Alexis d’une part quand celle-ci l’avait demandé et pour protéger Georgia et son mariage d’autre part quand elle avait vu ce que la petite étincelle et son grand méchant loup d’amant avait provoqué comme séisme. Ce n’était qu’une occupation parmi tant d’autres... une de celle qu’elle avait délaissé après leur désastreux voyage à Dublin. De là à l’imaginer continuer à le torturer... il le faisait d’ailleurs parfaitement bien tout seule. Cette pensée la ravit alors et lui arracha un léger sourire tandis qu’elle le toisait en silence depuis quelques minutes depuis la fin de son discours où il lui avait demandé de cesser tout “agissement”. Posant les coudes sur la table, elle s’était avancé doute en posant son menton sur le dos de ses mains tenues en hauteurs, l’observant un instant de plus. De but en blanc, elle finit alors par lui demander :

— Que buvez-vous lorsqu’il vous arrive de prendre quelque chose de plus fort ? Whisky ?Vodka ? Ce que vous voulez...

— Plus fort ?

Il l’observa un instant, perplexe. Il semblait ne pas s’être attendu à cette demande après celles qu’il avait formulé, ce qui était bien normal. Elle se contenta d’hocher la tête tandis qu’il poursuivait :

— … j'opterai pour le cognac, je présume, il en existe des exquis.

Elle avait détaché une de ses mains de son menton pour faire un geste circulaire devant elle qui l’invitait sans aucun doute à commander. Après l’avoir observé un instant de plus avec un air circonspect, il avait fini par opiner et commander celui qu’il désirait. Il l’avait d’un air un peu hautain, avec une moue peu convaincue et réticente qui semblait vouloir signifier “bon, pourquoi pas...”. Sans attendre un instant de plus, elle fit apparaître le verre adéquat, en cristal, avec la bouteille attendue et un seau à glaçon. Elle ne lui avait pas pour autant retirer son verre de vin et la tête qu’il faisait l’amusait tellement qu’elle ne put s’empêcher de le taquiner :

— Vous voulez peut-être que je vous accompagne ? Des fois que vous craignez l'empoisonnement ou que je tente de vous soûler...

C’était purement ironique dans la mesure où le fait qu’elle puisse l’accompagner ne le prévenait pas pour autant d’un des cas ou de l’autre. Il avait eu un sourire sarcastique, sans doute un peu piqué par son attitude mais il restait pourtant aimable :

— Non. Mais, si cela vous tente, je vous en prie, vous auriez tort de vous en priver, ma chère...

Faisant un mouvement comme pour le dissuader de vouloir éventuellement la servir, elle précisa :

— Je vous remercie de votre invitation, je terminerai mon vin dans un premier temps, cependant. Je préférai vous le proposer, vous semblez me croire à l’origine de tant de vos maux que cette idée vous avez peut-être aussi traversé l’esprit...

Elle avait attendu qu’il se serve et qu’il boive une première gorgée avant de recommencer à parler. Elle lui avait d’ailleurs spécifier en silence qu’elle ne ferait rien avant en coulant son regard vers son verre vide jusqu’à ce qu’il réalise l’action qu’elle souhaitait.

— Je vous assure que cela va vous faire du bien. Vous semblez en avoir besoin, mon pauvre ami. Vous avez raison, vous vous êtes fait avoir.

Elle lui avait souri, le toisant tout en buvant une gorgée, observant son regard flamber d’une flamme nouvelle, sans doute celle de la jubilation d’avoir enfin la vérité et celle de la vengeance qui se préparer. Elle attendit qu’il finisse d’y penser pour préciser tout en observant le fond de son verre :

— Tout comme moi d’ailleurs. Une vraie sirène, cette demoiselle.

Elle avait levé son verre comme pour lui porter un toast, reprenant rapidement un air sérieux et calme pour éviter de le voir exploser comme la première fois. Il n’était pas question de le brusquer. Il était venu pour négocier. Hera espérait au moins qu’il repartirait plutôt avec un éclaircissement.

— Il est vrai que lorsque je suis venue dans votre bureau, j’avais bien une idée derrière la tête. Mais je ne suis pas venue de mon entière volonté. C’est Alexis qui m’a convié. Vous possédez une intelligence pratique. Elle en a une aussi mais sans doute moins développée que la vôtre. Elle excelle bien plus dans l’intelligence émotionnelle. Je pense qu’elle a conscience de ses faiblesses et elle sait, sans doute inconsciemment, s’entourer des personnes qui lui permettront de combler ce qu’elle ne parvient pas à avoir d’elle-même. Par son amour et sa douceur, elle maintien un très grand cercle de relations et nombreux d’entre eux seraient disposés à lui venir en aide. Vous la mettiez en échec ce jour-là. Elle a senti qu’elle ne parviendrait pas à s’en sortir seule alors elle a prié... et a sollicité mon aide, d’une certaine manière.

Elle l’avait observé un instant pour être certaine qu’il prenait bien la mesure de ce qu’elle était en train de lui dire. Elle ignorait si Alexis et lui en avait reparlé mais il lui semblait primordial de refaire la chronologie de l’histoire pour lui montrer qu’elle n’était pas l’ennemie qu’il pensait avoir.

— Lorsque j’ai appréhendé l’individu que vous étiez, j’ai réalisé rapidement que vous pourriez être effectivement la pierre angulaire d’un projet plus vaste pour lui permettre de s’endurcir. J’ai sous-entendu que vous pourriez en faire ce que vous vouliez, sans doute la charmer et... voilà que... “fortuitement” comme vous le dîtes si bien, nous en sommes arrivés là. Je ne doute pas que vous aviez de votre côté votre propre projet pour en arriver à ce point, que ce petit dégourdissement a sans aucun doute dû vous faire le plus grand bien et je pense que vous admettrez sans peine qu’à cet instant précis, je ne vous ai forcé à rien. Vous avez décidé de vous-même d’aller dans cette voix, malgré mon sous-entendu dirigé je dois bien l’avouer mais vous ne m’en tiendrez pas rigueur. Vous savez aussi bien que moi que quand on sait manipuler... on sait difficilement s’en passer.

Elle lui avait lancé un sourire assez senti, ne se cachant pas de la manipulation qu’elle avait mise en place en cet instant.

— Je ne nie pas non plus que les charmes de la jeune femme ont su faire son effet ou l’emportement que vous avez pu avoir eu à l’encontre de votre épouse à cet instant... Néanmoins... et c’est là que nous avons été les dindons de la farce mon cher, ni l’un ni l’autre s’était sans doute imaginé que les choses iraient AUSSI loin. Vous l’avez vu comme une sucrerie, vous ne le nierez pas. Un divertissement fort amusant que vous avez pris plaisir à me mettre sous le nez en espérant sans doute provoquer quelques énervements de mon côté. De mon côté, j’étais persuadée que vous... feriez tout foirer rapidement, pardonnez mon impolitesse. Il était évident qu’un être tel que vous n’avez absolument rien à faire avec une jeune fille comme elle et qu’elle s’en rendrait bien vite compte. Mais à notre grande surprise à tous les deux, celle qu’on avait tous les deux pris comme l’objet parfait de notre plan respectif, la pauvre ingénue manipulée, a su faire son chemin au point que ni l’un, ni l’autre n’avions prévu ce retournement de situation. Vous avez trouvé votre relation plaisante à ses côtés et... j’ai réalisé qu’elle n’avait peut-être pas besoin de souffrir d’un abruti pour montrer sa force. Encore une fois, pardonnez-moi impolitesse.

Elle avait eu un sourire en coin en buvant encore une gorgée, l’invitant à faire de même avant de préciser :

— Comprenez moi bien. Je ne vous prends pas pour quelqu’un d’idiot. C’était plus une qualification que je pensais vous convenir face au cœur fragile d’Alexis, le genre de chose qu’on dit à son amie en peine de cœur “laisse le, c’est un abruti”, vous voyez ? Toujours est-il qu’à l’heure actuelle c’est bien plus elle qui nous donne une leçon que le contraire... Pour ce qui est du reste...

Elle avait tendu le bras pour récupérer la bouteille de cognac à côté d’Erwin. Elle lui versa dans son verre la quantité qu’il avait déjà bu avant de se faire apparaître d’un geste de la main un autre verre et s’en verser à son tour. Ils arrivaient sur une partie autrement plus intéressante pour elle et sans doute plus difficile à avaler pour lui. Autant s’armer d’alcool.

— Je suis curieuse... Miss Child a plus que l’habitude de notre... “famille” dirons-nous et face aux hypothèses que vous dressez, je me demande... Que vous a-t-elle dit AU JUSTE de ce que nous étions ?

Elle laissa le liquide ambré tourner quelques instants dans son verre d’un habile mouvement du poignet avant d’en boire une gorgée et lever l’objet dans la direction de son interlocuteur :

— Je dois admettre que vous avez bon goût en matière d’alcool.

Elle claqua sa langue contre son palais avant de reprendre :

— A vous entendre, nous sommes des espèces de démons persécuteurs, avides des faiblesses des humains que nous torturons grâces à nos super-pouvoirs que nous tenons de nos rôles. Je doute FORTEMENT que c’est le tableau que vous a dépeins la gamine... je l’espère du moins...

Elle laissa un silence les prendre tous les deux, l’observant, cherchant comme lui expliquer la suite sans qu’il ne se braque. Elle précisa alors :

— Nous ne sommes pas des sorciers, nous sommes des gardiens, très cher. Des protecteurs de quelque chose qui existait bien avant nous, créé par Nature. Chacun d’entre nous possède une affinité avec ces choses, ce qui nous permet de les ressentir, d’agir dessus, certes mais nous ne sommes pas des instigateurs pour autant. Aphrodite est quelqu’un de très séduisant, je serai bien de mauvaise foi de dire le contraire et il lui arrive de charmer pour obtenir ce qu’elle veut, c’est vrai. Mais elle charme par ses attributs, elle ne force personne à être charmé par quelqu’un d’autre.

Elle avait eu un sourire franc, doux par certains abords, presque compatissant.

— Savez-vous combien il y a d’âmes seules sur cette Terre ? Ne pensez-vous pas que si son rôle était de rendre amoureux les gens pour les tenir sous son contrôle, elle ne l’aurait pas déjà fait ? Savez-vous combien de bébés meurent en couche depuis des siècles ? Combien de femmes ? Mon rôle est de les accompagner. Ne pensez-vous pas que si je pouvais à ce point agir sur le cycle de leur vie, cela ne serait jamais arrivé ? Je vous l’ai dit, elle serait morte ce jour-là... C’est le domaine de notre cher Hadès, le parrain de votre fils si je ne m’abuse. Pensez-vous sincèrement qu’il a éprouvé une réelle volonté à l’idée de récupérer la mort de son amie ? Certes, Hadès a d’une certaine manière failli la tuer ce jour-là mais nous pouvons admettre sans peine que cela est bien plus lié à sa stupidité qu’à son pouvoir. Nous avons perdu un des nôtres il y a quelques années, Arès, dieu de la guerre. Pensez-vous que le monde vit en paix depuis son départ ? Comment alors Alexis...

Mais elle s’était tue. Peut-être en disait-elle un peu trop à ce sujet. Elle avait vu d’ailleurs dans les yeux de son interlocuteur que son nom à cet instant était une surprise. Pour cacher son arrêt subit, elle avait soupiré, comme en proie à un discours qu’elle ne savait pas comment rendre plus convaincant, le temps de trouver comment terminer cette phrase qu’elle avait pourtant devoir terminer.

— Comment alors Alexis pourrait être amoureuse de vous si Aphrodite savait la contrôler ? Elle est la meilleure amie de son fils, la marraine de sa petite fille. Vous pensez sincèrement qu’elle aurait pu lui jeter une telle malédiction ? Qu’Elliot l’aurait laissé faire ? Je crois qu’il ne vous porte pourtant pas énormément dans son cœur...

Ce n’était pas du tout ce qu’elle voulait dire, elle était pourtant partie sur les étranges manifestations de ses pouvoirs ces derniers temps et les bruits de couloirs qui commençaient à la supposer cavalier. Pourtant, ce n’était pas à elle d’en aviser l’homme, qui sait ce qu’il voudrait faire d’une telle information. Il n’en restait pas moins que ce qu’elle avait dit à la place restait pertinent. Repensant à ce qu’il avait dit un peu plus tôt sur le sentiment amoureux, elle avait alors laissé échapper un rire franc de sa gorge tout en secouant la tête de gauche à droite avant de reprendre une gorgée.

— Mon cher... Si ce sentiment est plus fort, plus différent de l’Amour habituel que vous jugez médiocre et insignifiant, ce n’est pas parce qu’il est dirigé par Aphrodite. C’est uniquement parce que vous êtes un égocentrique invétéré et un narcissique de la pire des espèces. Vous le jugez de meilleure qualité uniquement parce que c’est vous qui le vivez, très cher... plutôt que de l’observer d’un regard extérieur... Si je suis votre raisonnement, vous avez sorti cet enfant parce que je vous ai forcé à le faire ? Je vous l’ai dit, ce n’est pas à moi de décider qui doit vivre ou mourir, je ne bénis que ceux qui vivent et accompagnent ceux qui restent quand il y a la mort. Si vous avez accouché Alexis de votre fils... c’est parce que vous avez vu qu’elle allait mourir... et que vous l’avez refusé.

Elle l’avait observé gravement, le laissant prendre conscience de ce qu’elle venait de lui dire. Soupirant, prise d’attendrissement face au sentiment de déracinement qu’il ressentait, elle poussa encore un peu le verre de l’homme dans sa direction.

— Buvez un coup avant de parler, ça va vous faire du bien. Je pense que vous êtes en train de comprendre à l’heure actuelle qu’il n’y aura pas de négociation. Parce que vous êtes un homme intelligent que vous commencez à comprendre qu’il n’y a – malheureusement pour vous – rien à négocier et rien qu’on ne puisse faire pour vous... hormis vous accompagner.

Elle laissa un silence naître. Le voyant prendre une gorgée du liquide, elle précisa alors avec douceur :

— Peut-être avez-vous été aimé dans votre passé. Par une femme, un homme qu’importe l’être. C’était sans aucun doute quelqu’un d’insignifiant pour vous, quelqu’un avec qui vous ne ressentiez aucune connexion. Vous l’avez vécu d’aussi loin que si vous observiez deux amants qui ne vous concernez pas. Aujourd’hui, vous êtes aimé pleinement par quelqu’un pour lequel vous ressentez une connivence. Vous avez sans doute des points communs ou des centres d’intérêts communs, vous qui avez sans aucun doute aucun mal à laisser une femme amoureuse derrière vous, vous êtes avec cette jeune femme depuis plus d’un an, vous lui avez donné un fils et vous souhaitez les avoir dans votre vie malgré les risques que ça représente. Vous réalisez alors sans doute que ça a une autre saveur... et ça vous effraie parce que vous n’avez aucun contrôle dessus. Je compatis. Sincèrement, très cher. Mais l’envoûteuse, ce n’est pas Aphrodite dans votre cas... c’est Alexis.

Elle lui avait lancé un sourire compatissant avant de reprendre assez rapidement :

— Et avant que votre stupidité en matière de contrôle et d’égo ne reprenne le dessus, je préfère vous prévenir d’ores et déjà : rien ne sert de tenter de négocier avec elle de ce fait. Elle ne contrôle pas plus que vous.
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