« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
sans jamais vous laisser décourager. » (Walt Disney)

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 Dans l'Aube de nos pas - Erwin & Rose

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

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- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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| Conte : Coeur de Princesse/Le Prince et le Pauvre
| Dans le monde des contes, je suis : : Preminger

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| Cadavres : 1316



Dans l'Aube de nos pas - Erwin & Rose  _



________________________________________ 2024-04-10, 00:01 « If the crown should fit, then how can I refuse? »

L'Aube de nos pas
“Il nous faut obéir, ma soeur, à nos parents : un père a sur nos voeux une entière puissance.”


Depuis sa naissance, Preminger se vantait de savoir manipuler les individus. Nous laisserons le lectorat juge de ses réelles performances en la matière, mais il faut admettre que la plupart du Temps, il parvenait à ses fins.
Pourtant, ledit individu s’agaçait profondément du manque de progrès concernant l’une de ses nouvelles cibles. Son Fils, Isaac. Il n’y avait que fort peu de Temps qu’il considérait ce dernier comme susceptible d’intérêt, depuis qu’il avait vu les risques et potentiels de sa version adulte à l’intérieur du mystérieux Miroir de l’Olympe. Forcé mais agréablement surpris de constater que l’enfant possédait des qualités réelles et des intérêts qui l’avaient rendu à ses yeux presque sympathique, il avait donc décidé de l’éduquer et aussi, de le formater, comme il se devait.
Après tout, cela ne devait guère être bien sorcier, il avait su dompter les caractères d’autres personnages de la Cour et s’accommodaient de ceux nettement plus inférieurs de Nick et Nack. Sans compter Midas, qui possédait un apprentissage parfait… Même si l’humanisation lui avait fait perdre un peu de sa continuelle démonstration de dévotion. Alors, un minuscule bambin dont le quotidien se bornait à manger, dormir, rire de son gazouilli d’enfant aux jeux de sa mère, qu’y avait-il de compliquer ?
Force était néanmoins d’admettre qu’il se heurtait à un mur pas plus haut que trois pommes. Il y avait des mois il s’était voué à cette tâche, tout de même ingrate, des mois qu’il prenait des initiatives nouvelles. Le tout pour…de maigres résultats. Oh il savait le sort qu’il aurait réservé pour un résultat aussi déplorable, à l’un des membres de son organisation. Il se serait gaussé de dédain, exclamé dans un haussement d’épaules ingénieusement accentué « Même pas capable de dompter un gamin… Si ce n’est pas profondément misérable... » Mais ces mots si durs, il se refusait de se les attribuer. Il n’était pas n’importe qui. Il n’était, vraisemblablement pas, le problème. D’autant qu’il suivait la notice de l’éducation avec une précision monstrueusement parfaite. Le jeu de cubes en forme d’étoiles en bois était connu pour être un jeu particulièrement éducatif, développant les sens et l’artistique et de même, la matière en faisait, officiellement, quelque chose de plus louable que les jeux en plastique. Mais Isaac s’obstinait tout de même à lui préférer le petit tracteur en plastique odieusement jaune qu’il avait réclamé, d’après Alexis avec beaucoup d’entrain.
Misère. Il ne deviendrait pas fermier ! Certes, il était petit-fils de paysan, mais tout de même, était aussi le Fils d’un futur Roi, et d’autres fonctions grandioses.
« Pauvre petit coeur » soupirait Alexis à chaque fois, et il lui semblait ainsi toujours être jugé incompétent. L’agacement qu’il éprouvait à l’égard de son fils avait été remplacé par une frustration agacée. A croire que le petit chenapan voyait ses manœuvres et s’appliquait à les saboter. Et il commençait à envisager sérieusement cette théorie. Cela faisait des semaines que cela durait et chaque tentative infructueuse croissait sa frustration et son obstination, ce qui restait dangereux. Il craignait qu’Alexis ne se douta de quelque chose, à force de l’observer si subitement investi presque aveuglément dans l’éducation du fils, qu’il ignorait auparavant.
Au départ, elle n’y avait vu que le comportement d’un père cherchant à se rapprocher de son fils, ce qui restait la réalité. Pour des raisons des plus intéressées, certes. Mais tout de même. Elle s’en était montre ravie et enthousiaste, bien qu’elle ait cherché à le tempérer en sa présence. Sûrement pour ne pas le brusquer. Peut-être avait-elle craint qu’en lui démontrant frontalement qu’elle remarquait les efforts qu’il faisait envers Isaac, il ne se referma comme une huître. A présent, elle l’observait dubitative à chaque fois qu’il claironnait connaître ce que son fils souhaitait. A bien des égards, cela le mettait davantage en rogne. Surtout puisque cela se soldait en permanence sur un échec.
Pourquoi n’arrivait-il pas à comprendre le chemin pour arriver à ses fins ? C’était parce qu’il s’agissait d’un nourrisson, ou petit enfant, assurément. Il était doué pour deviner les âmes, les personnalités, les points faibles d’autrui. Mais Isaac n’était encore qu’une page vierge. Un être qui pouvait être captivé par tout et par rien à la fois… Il suffisait d’y aller avec instinct. L’instinct maternel d’Alexis la mettait rarement en déroute… Mais lui, ne disposait pas d’instinct paternel. Etait-ce alors voué à l’échec jusqu’à encore six années ?
Le point culminant de sa frustration le trouva une après-midi alors qu’il avait insisté après d’Alexis pour le garder.
Il avait installé Isaac dans le confortable canapé du salon et feuilletait un recueil de poésie.
- « Ecoute Isaac. Ecoute ton Père. Tu vas voir comme ceci est d’une beauté plaisante et à quel point les jeux de mots sont d’un réel amusement, tout en étant particulièrement stimulants. De plus, celui-ci est particulièrement instructif. » proféra-t-il solennellement « Le soleil de nos jours pâlit dès son aurore,/ Sur nos fronts languissants à peine il jette encore / Quelques rayons tremblants qui combattent la nuit » Ceci est le sort de l’Humanité. Toi comme Moi… Pour le moment du moins, en ce qui me concerne. Concentre-toi donc Isaac. »
L’enfant se trémoussait sur le fauteuil, les jambes ramenées en tailleur, les fesses mouvantes, comme mal à l’aise. Il s’amusait seul, à se dandiner, en rythme, mais ramené à l’ordre, il s’immobilisa silencieusement, les lèvres remuant silencieusement, les joues gonflées.
Ignorant ce jeu silencieusement, Preminger reprit :
- « L’ombre croit, le jour meurt, tout s’efface et tout fuit !
Qu’un autre à cet aspect frissonne et s’attenrisse
Qu’il recule en tremblant des bords du précipice
 »
Vois-tu, contradictoirement aux amis de ta mère, je suis de ceux qui pensent que l’Ombre domine la Lumière, si on l’assimile à la Bonté. Mais il est une ombre que tous redoutent et c’est…

- « Peppa Pig. »
– « Plait-il ? » Le sourcil de Preminger s’était haussé, cherchant déjà à décortiquer les syllabes qui ne pouvaient décemment pas former un mot de ce genre, lorsqu’il suivit la démarche de son fils.
Le petit doigt fluet de l’enfant se pointait sur un des livres colorés qui jonchaient encore la table du salon. Pivotant la tête Erwin jeta un regard dédaigneux sur l’objet de convoitise de son fils. Un livre hideux où un cochon rose, disproportionné souriait. Et le nom du livre reprenait le mot articulé de la voix fluette de son fils.
- « Non. Rien de cela ou de ce genre de billevesée misérable. Isaac, comme je le disais, il est une ombre que tous redoutent et c’est...la Mort » déclama-t-il en fronçant les sourcils, ignorant l’enfant « Nous sommes tous voués à mourir. Mais nous rêvons tous que comme le poème, un céleste message porte un flambeau divin. Car le poème dit…. Le poème DIT….Cesse donc, immédiatement ce petit manège »
Isaac s’était penché pour attraper son livre, s’immobilisa en plein vol, et son père le repoussa doucement de la pointe de l’index.
- « Le poème DIT : « Tu viens d’un jour pur inonder ma paupière, et l’Espoir près de toi, rêvant sur un tombant, appuyé sur la foi, m’ouvre un monde plus beau ! Viens donc, viens détacher mes chaînes corporelles, Viens, ouvre ma prison ; viens, prête-moi tes ailes, Que tardes-tu? Parais ; que je m'élance enfin! Vers cet être inconnu, mon principe et ma fin !
ISAAC

Il avait glapit, arrachant le livre d’enfant d’un coup sec à la main de l’enfant qui en avait à peine tenté d’y refermer ses doigts frêles. Comment avait-il fait ? Comment avait-il osé surtout ?
- « Je veux Peppa Pig !!! » pleurnicha-t-il, la moue frémissante et les yeux noyés de larmes.
- « Peste ! Comment peut-on seulement préférer ce petit torchon, un cochon en plus, un animal si grossier, si dégoûtant à de la Poésie ! A de l’Art ! Explique-moi, COMMENT ! C’est impossible ! Impossible ! »
Mais l’enfant ne pouvait pas lui expliquer, il ne pouvait que le fixer, d’une mine mi-boudeuse, mi-bouleversée, les mains tendues vers ce fameux objet de malheur…
– « Peppa Pig mignon ! » avait-il au contraire répliqué, en fronçant ses petits sourcils bruns « Zentil. La nistoire est drôle... »
Preminger s’était retenu de le rejeter sur le canapé inverse,ce Peppa Pig de malheur, lui avait rendu furieusement, avant de sortir en furie. Dans son élan, il avait même claqué la porte, avant de revenir sur ses pas pour appeler Midas, dans la cuisine pour lui annoncer qu’il sortait. Il avait pris l’habitude de s’assurer de la présence de son cher acolyte, lors de ses journées éducatives, pour tempérer tout excès d’impatience. Il ne pouvait pas dire que Midas s’en sortait mieux, mais il ne cherchait pas à faire l’instruction d’Isaac, ce qui aidait. Son associé jouait avec lui, regardait des films… Ce qui devait ressortir de son ancienne vie de chien, propice aux jeux.
Il avait fini par progressivement songer qu’il disposait, en soi, du manuel vivant pour lui apporter les réponses.
A moins que la version adulte d’Isaac ne lui mente, ce qui était exclu, qui d’autre, pouvait finalement lui expliquer le manque d’intérêt permanent de cet enfant ? C’était comme un schéma perdu d’avance… Mais s’il demandait à l’Autre Isaac, peut-être pouvait-il avoir une chance… S’il comprenait comment obtenir de son fils l’intérêt…
Dans d’autres circonstances, il aurait renoncé sans le moindre remords, mais quelques intérêts le poussaient à s’acharner. Isaac , « son » Isaac, pouvait avoir un rôle décisif. Ou tout du moins, essentiel. Il serait intelligent, quoique l’enfant ne montra pas grandes capacités révolutionnaires, à son inverse, dès son berceau… Il était sympathique.
Et ce fut la raison pour laquelle, une nouvelle fois, il avait pris le chemin de l’Olympe et au-delà de lui… Du Miroir. Oh, il allait de soi qu’il avait hésité. Tout lui semblait grotesque, parfois, futile, inutile. Mais comment cela aurait-il pu l’être ? Lorsqu’il passerait ses barrières invisibles, il se verrait aussi. Roi. Rien que cette sensation valait tous les passages du monde… Et cela lui ferait le plus grand bien compte-tenu des circonstances. Quand bien même fallait-il le solliciter auprès d’Hera. Et plus encore, ce Lieu était le point culminant de tous ses possibles, de toute sa Destinée. De ses Destinés. C’était là où il pouvait comprendre, découvrir… Lui. Mais également Isaac. Loin de ses babillages enfantins et de son intérêt moindre, cet adolescent du Possible se révélait en revanche, utile et intéressant. Au moins, il possédait quelque chose à lui apporter, et Preminger n’aimait tant rien de plus que ceux qui lui étaient utiles d’une manière ou d’une autre.
En serait-il dépendant ? Il lui semblait que non. Du moins, pas plus qu’un autre Miroir. Pas plus qu’un autre reflet de Lui. Mais ce Miroir là, restait différent. Il projetait, informait… Il lui semblait
Il lui semblait ne faire qu’Un avec Lui. Comme s’il se mouvait dans ses projets, ses buts, ses volontés. Il était dur à son égard, selon les scénarios initiaux auxquels il avait été confronté, mais il y en avait appris suffisamment pour ne pas souhaiter s’en éloigner. Il voulait voir et être ce reflet de lui, ne serait-ce qu’un peu, pour comprendre encore.
Il héla les gardes et bientôt, fut devant elle, Hera. Comme toujours, majestueuse dans ses longues tenues brodées et ses cheveux soigneusement peignées, et si différente de l’apparence presque rock’n’roll qu’elle adoptait à Storybrooke. Pour autant, elle était ce paradoxe royal qui en imposait dans n’importe laquelle des apparences qu’elle adoptait… Au-delà de sa divinité, c’était avant tout, son charisme qui en était la cause.
Elle se trouvait dans les mêmes jardins qu’il avait pu découvrir en sa compagnie. Visiblement, elle les appréciait vraiment et semblait y passer un bon nombre de son Temps. A quoi s’occupaient des Dieux après des millénaires d’existence ? Preminger ne le savait pas et ne s’était pour ainsi dire, jamais posé la question. Il avait ce goût de la jouissance de la vie qui le faisait désirer chaque chose, si bien qu’il lui paraissait impossible qu’on s’ennuya. Et pourtant à les observer, il lui semblait que la vie des divins n’était pas particulièrement plus trépidante que la sienne. Peut-être par manque d’ambition ? Puisque ce n’était pas par manque de moyens, avec les pouvoirs qu’ils détenaient, ils pouvaient mettre à genoux le monde entier si l’envie leur plaisait. Peut-être un jour évoquerait-il le sujet avec Hera… Aujourd’hui ne s’y prêtait pas.
Il ralentit le pas. Se sentait-il gêné de se sentir observé voir même deviné ? Pas réellement. Mais il se sentait en tension et se trouvait agacé de se voir trouvé dans cet état. Hera devinait les choses, elle était perspicace. Il détestait la trouver sur sa route lorsqu’il se ressentait en situation d’échec. Elle, à l’inverse, adorait cela. Il y avait à parier qu’elle était même venue, le sachant. Mais, au moins, aujourd’hui à la différence de bien d’autres, il n’avait pas cherché à l’éviter. Mieux, il était venu lui demander conseil et la déesse saurait reconnaître la valeur de cette démarche, quand bien même cette démarche se trouvait être intéressée.
- « Bonjour très chère ! Comment allez vous ? Veuillez m’excuser de venir sans m’annoncer, mais ...je souhaite vous entretenir d’une demande. »
Son ton faussement guilleret n’était en rien sincère, mais si elle s’attendait à sa visible, elle n’en montra rien. Au contraire, elle l’avait regardé, surprise :
- « Tiens, donc ? En quoi consiste cette demande ? »
Il lui avait adressé un sourire poli et courtois, n’en déplaisait à sa nervosité impérieuse. Il se serait bien passé de ce cérémonial, mais celui-ci était de mise avec une déesse. Et puis, c’était davantage la demande qui le couvrait de hâte :
- « Je souhaiterai obtenir un nouvel accès au Miroir. Je..j’ai une consultation à effectuer...qui ne peut se faire que par ce biais. »
Elle avait haussé le sourcil, mi-interrogateur, mi- moqueur :
– « Une consultation ».
Le mot avait semblé la surprendre, voir même la heurter.
- « Oui. Je veux voir… vérifier quelque chose, concernant Isaac. » il l’avait affirmé, le menton assuré, pointant vers l’avant, les bras croisés. Pourquoi diantre se tendait-il à ce sujet, n’était-ce pas inutile ? Inspirant une nouvelle fois, il avait énoncé avec un détachement feint « Quel supplice que la vie de parents... »
La déesse avait joint les mains au niveau de son bas ventre en hochant la tête d’un air entendu, un sourire pourtant bien présent sur les lèvres :
– « Oh et je n’ai aucune doute que ne parlez absolument pas de votre condition, mais de celle de la mère de cet enfant, la véritable personne qui l’élève à chaque instant, n’est-ce pas ? »
Bien sûr. Mais à bien des égards, la relation d’Alexis avec son enfant lui semblait de bien loin simplifiée. Oh, il n’était pas sans ignorer qu’elle avait du souffrir les toilettes, les couches, les réveils dans la nuit, la peur de ne pas être à la hauteur, et tous ses tracas dont souffraient les parents attachés à leur progéniture… Mais il n’était pas en reste, surtout lorsqu’on ne possédait pas en soit de particulières attaches ni de facilité dans ce domaine. Et bien, il avait aussi nettement progressé.
- « Et bien j’essaye de l’élever et cela dans les règles, voyez-vous, Hera, mais cet enfant ne me permet pas d’y arriver… » affirma-t-il en fronçant le nez « Et pourtant le Temps m’est témoin, j’ai en moi des trésors de patience… Mais cela… Peut-être est-ce du à mon manque d’instinct paternel. Mais Ciel, qu'il peut être agaçant de voir à quel point un petit marmot semble se faire un malin plaisir à ne pas se plier à des évidences! .  »
Quoiqu’il en dise, la déesse ne se départit pas de l’air blasé avec lequel elle l’observait, au fur et à mesure de ses dires. Se leva brusquement, le forçant à la suivre :
— « Quand vous dîtes que vous essayez, c'est à dire ? Durant l'heure et demi que vous daigner lui accorder par semaine ? Savez-vous au moins ce qu'élever un enfant signifie ? J'appréhende ne serait-ce que l'idée de vous poser la question : qu'entendez-vous par "se plier à des évidences" ?"
- « Toute heure offerte est déjà un progrès, très chère. » grinça-t-il avec cynisme. » Et il va de soi que je sais ce que cela signifie. Oh vous me direz, moins que sa mère, certes. Mais, il y a bien des manières d’élever un enfant… Et j’ose affirmer que je ne m’y prend pas de la manière la plus saugrenue, pourtant… Et que j’essaye d’insinuer quelques « sympathiques attentions à son égard… Mais il rechigne, oui. Je pense qu’il y met de la mauvaise volonté. Isaac aime les chevaux, pourtant il pleure devant un documentaire. Isaac aime les étoiles, pourtant, il ne joue pas avec les jouets de bois en forme d’étoiles et pire, il ne supporte pas son mobile.. N’est-ce pas des évidences enfantines  qu’il se plaît à défier ? »
Il n’avait bien sûr pas évoqué la dernière scène. Elle l’avait écouté, avait eu un moment de réflexion comme si elle assemblait les pièces d’un puzzle mental bancal, puis, fermant les yeux, ses lèvres avaient inspiré lentement
– « Pitié ne me dites pas que c’est ce que je crois » semblait crier son expression.
Mais lorsqu’elle s’était assise, jambes croisées sur le petit banc en pierre qui bordait le chemin, sa bouche avait posé une question bien différente :
- « Comment savez-vous au juste que… « Isaac » aime les chevaux et les étoiles ? »
- « Et bien je l’ai vu. Ici. Dans le Miroir ». Il désigna vaguement un point du lieu où il se trouvait, le chemin menant à l’objet, en fronçant les sourcils, tout en ramenant ses yeux vers la déesse « J’ai vu quelques traits de sa personnalité. Du Miroir certes mais si celle-ci est visible c’est donc qu’elle est possible. Les graines ne demandent qu’à jaillir. »
Elle l’avait observé un instant, atterrée
- « Très cher...avez-vous ne serait-ce qu’on once de conscience que ce miroir n’est pas une télévision à observer le futur pour vous donner toutes les clefs ?  Faites-vous seulement expèrs de comprendre tout ce que vous avez à apprendre de travers ? Votre fils se développe. Peut-être n’a-t-il pas même conscience des goûts auxquels vous essayez de l’élever. Pir, vous êtes peut-être en train de créer des traumatismes qui l’empêcheront d’apprécier pleinement les activités qui plaisaient à son alter-égo ».
– « Je.. je ne...loin de moi l’envie de créer des traumatismes en ce sens ! Il eut peut-être mieux valu que je ne sache rien de cela alors ! » tempeta-t-il en haussant les épaules. Il se trouvait agacé. Au même titre que s’il s’était déclaré lui-même qu’il n’était qu’un imbécile. Il ne l’était pas. Peut-être était-il trop égoïste et vaniteux pour apprécier convenablement le temps passé avec un enfant, mais ce n’était tout de même pas sa faute s’il préférait de loin occuper son Temps avec des choses ou des individus, intellectuellement stimulants… Comme Isaac du futur, ce qui rendait l’équation à la fois impossible et simple. Il voulait Isaac du futur. « Mais cela est fait » reprit-il d’une voix plus basse « et je veux comprendre comment a été élevé cet enfant »
— « Et si vous étiez plutôt capable de me faire une promesse franche et honnête… Promettez-moi que plutôt que de vouloir savoir comment a été élevé cet enfant, vous vous engagez à vouloir comprendre… Juste comprendre ? »
Il avait plissé les paupières, étudiant sa proposition. Preminger donnait peu de valeur à la parole qui l’engageait, mais néanmoins prenait d’ordinaire toujours grand soin à éviter de bafouer ses engagements, surtout lorsqu’il tâchait d’introduire une relation de confiance avec autrui. Lorsque ce qu’il espérait accomplir avec le soutien de cette dernière n’était pas accompli, il ne devait, en aucun cas, présenter des défaillances aux yeux de l’autre. Auprès d’Hera, il partait avec un désavantage, elle connaissait sa nature. Bien plus que beaucoup. Aussi, s’il voulait l’amadouer, endormir sa confiance, il fallait tisser un lien avec elle, lui donner matière à lui donner l’impression qu’elle pouvait l’influencer. Qu’elle pouvait aussi lui faire confiance, sinon le maîtriser. La déesse disposait d’une forte intelligence, de sorte qu’elle ne pouvait être aussi amadouée que d’autre. Toutes les fois où il reprendrait sa parole seraient des minutes perdues dans le cheminement de leur relation, aussi ne devait-il pas promettre à la légère. Il ne fallait rien bafouer. Aussi, pour ne rien bafouer il fallait aussi soupeser ce que cet engagement signifiait et s’il pouvait aisément le tenir.
Souhaitait-il seulement comprendre pour les seuls beaux yeux de son fils ? Assurément non.
Mais ne voulait-il que comprendre pour les besoins de l’éducation de cet enfant ? Assurément non, une nouvelle fois. Il pouvait admettre de comprendre, juste comprendre. Pour cette fois, puis il déciderait de ce qu’il convenait de faire de cette information…
– « Je peux vous donner ma parole que j’essayerai de me cantonner à ne faire qu’accueillir l’information... » finit-il par admettre en hochant la tête
Sa réponse l’avait-elle convaincue ? Ou voyait-elle au-delà de ses promesses ? Toujours est-il qu’elle l’avait sondé encore un instant, avant de laisser échapper un petit soupir
- « Allons-y »
Il l’avait suivie alors, jusqu’à la grande pièce. Cette fois toujours, le Miroir gisait, imposant et royal. Hypnotique. Il dominait Tout. Preminger ressentit à sa vue le même frisson que la première fois et cet irrésistible appel de s’y mirer. Alors qu’il entrait, Hera précisa :
– « Comprenez bien… Ce miroir ne se contrôle pas… Il ne vous montrera pas ce que vous voulez voir mais ce qu'il veut vous faire voir... Cela aurait pu vous frustrer si vous y alliez pour trouver le parfait manuel de "comment élever Isaac pour qu'il devienne l'Humain que je souhaite qu'il soit", mais maintenant que vous nous avez promis à tous les deux que vous feriez de votre mieux pour comprendre, peu importe où vous atterrirez, n'est-ce pas ?"
Elle l’avait toisé peu sévèrement et il avait sourit finement
– « Je n’ai jamais crains le moindre de mes reflets, cela ne sera pas différent aujourd’hui. » sussurra-t-il les yeux luisants. C’était de l’humour, assurément, mais la vérité aussi. L’exercice lui semblait paisible. Il respecterait sa promesse et peu importait ce qu’il trouverait alors… Tout serait utile. Détournant son regard d’Hera, ses yeux parcourent les contours du Miroir. Au-delà de lui, cet objet le fascinait. Il mourrait d’envie de le connaître et s’y sentait lié.
- « Comment l’Olympe est entré en possession de cet objet ? »
Pour toute réponse, elle avait tendu la main vers le Miroir, l’invitant à le passer :
— « Je n'ai pas non plus dit que je vous laisserai un temps illimité avec l'objet... alors vous feriez mieux de vous hâter"
Elle évitait ainsi soigneusement d’y répondre. Une nouvelle fois, cela l’intrigua. Que cachait-il ? Qu’est-ce qu’Hera savait ? Il ne lui arracherait rien, et il n’avait pas envie pour autant d’abandonner son projet initial, alors haussant les épaules, il se détourna, se positionnant face au Miroir :
– « Eh bien…. A très vite, donc, ma chère Hera… Peut-être aurons-nous l’occasion de poursuivre cette conversation ? »
Non sans un dernière sourire goguenard, il disparut à l’intérieur du Miroir.

L’expérience avait été instantanée… D’abord cet étrange impression de se sentir plein, complet, puis divisé… Un tourbillon autour de lui… Une vague sensation de malaise. Puis une musique flotta dans l’espace, claire, agréable. Il la connaissait d’ailleurs parfaitement bien. Une musique de la Cour… Les senteurs aussi embaumèrent sa narine, avant même que sa vision ne se matérialise. Un pêle-mêle de parfums, d’épices, de boissons et de sucre flottaient dans la salle, soulignant l’opulence du lieu et du moment. Les violons furent bientôt mêlés à quelques conversations calfeutrées puis soudainement, il y fut. La Cour. Le Château. Le Bal. Chez Lui. Dans cet éclat de couleurs, de fête, d’excès. Des convives s’adonnaient à quelques pas non loin de lui. D’autres tenaient une conversation discrète, dissimulées sous leur éventail. Plus loin, des mets plus appétissants les uns que les autres tentaient de s’offrir la part belle de la table de réception. Tout rutilait, brillait. La Cour. Ce mélange d’amusement fou et de connivence cruelle. Il tournait la tête déjà, tâchant d’apercevoir, dans l’une des galeries de glace qui recouvraient une part de la pièce son reflet tant désiré. Se trouva sans mal et soupira d’aise à sa vision. Entre la Couronne qui seyait son front d’une grâce sans précédent et l’éclat somptueux de ses vêtements d’apparat, il se trouva comme à son habitude renversant, mais plus encore : royal. Comme il lui tardait de connaître cette vie ! Cette Beauté et ses chatoyantes. Comme il lui tardait de pouvoir enfin goûter au plaisir de déverser sur le Monde son pouvoir et ses envies sans limite !
Il attirait les regards cela valait de soi, et il se plut sans peine à y déambuler, recevant avec une satisfaction hautaine les révérences soignées et empressées que l’on lui destinait. Tout ce monde savait se tenir. Point d’Isaac à l’horizon, mais il fallait le dire : Preminger l’avait oublié. Il se donnait tout entier à ce moment de vanité personnelle… Se retrouvant pleinement et se découvrant tout entièrement, à la fois. L’exercice lui semblait davantage aisé que la dernière fois. Il ne se débattait plus avec le « personnage », l’embrassait pleinement. Peut-être parce que le contexte lui était favorable ? Sûrement, mais son passage dans l’Animus l’y avait aussi aidé. Saisissant une coupe de champagne, il y avait porté les lèvres, savourant son goût juteux, en voguant avec grâce entre les invités, qui soigneusement s’écartaient à son passage. Non loin de lui, il reconnu Alexis, qui vraisemblablement finissait une conversation avec deux dames de la Cour et louvoya vers elle. La robe qu’elle avait revêtu d’un vert aussi pâle que la fraîche douceur d’une menthe à l’eau faisait ressortir la clairté agréable de son teint et ses cheveux soigneusement peignés… Le chignon était exquis et dégageait son cou tout en ourlant sa nuque de boucles élégantes. La robe, lui ressemblait bien que dotée de plus de grandiloquence qu’à l’accoutumée. Mais ce ne fut pas celle-ci qui attira avant tout l’oeil du Roi. Non.. Oh, comme toujours, Enora était parée de bijoux. Mais les yeux gourmands de l’ancien ministre, comme toujours, avaient été appelés par un éclat bien différent. L’appel de l’Or. L’appel du pouvoir.
Un éclat qu’il ne s’était pas attendu à trouver au front pur et modeste de la jeune femme. Presque mécaniquement, ses pas avaient rompu l’écart qu’il avait avec Enora, sous l’effet de cette vision, l’esprit fourmillant.
Ainsi elle était Reine dans cette version ? Comment cela était-il possible ?
La Couronne qu’elle portait ne laissait, pourtant, pas de place au doute. Elle n’était plus sa favorite, mais occupait désormais d’une place égale à la sienne. Cela serait-il possible pour lui un jour ? L’avait-il envisagé ? Oui. Mais toujours dans un second temps.
Celui qu’il était devenu ici avait-il suivi les étapes de son plan ? Ou avait-il emprunté une voie différente qui les avaient menés Lui et Elle dans ces places respectives ?
Arrivant à son chevet, il lui avait souri, prenant soin de détourner son regard de la Couronne. Rien n’était censé le surprendre, à ce sujet, aussi l’observer de manière aussi flagrante n’aurait pas manqué de titiller l’esprit vif d’Alexis. A l’inverse, il pris soin de l’observer. Si elle semblait plus âgée que l’heure actuelle, l’âge ne lui avait rien volé. Au contraire, peut-être assortissait-il ses traits d’une finesse complémentaire. Ses yeux bleus semblaient allongés et ses pommettes saillirent davantage.
— « Ce serait un outrage que de ne pas vous dire à quel point cette ROBErobe vous sied, ma chère » avait-il susurré.
Et c’était vrai. A l’observer de loin, on eut pu croire qu’il s’agissait d’une robe bustier, mais c’était omettre la voile légère et teinté d’un vert presque blanc qui encerclait ses bras d’une délicate caresse. Sertie de broderies dorées, la robe s’affinait à la taille pour mieux s’évaser ensuite, dans des pans de taffetas soyeuses. Mais l’avait-elle, seulement déjà déçu ?
Il se pencha, embrassant le dos de sa main « Alors, trésor, cette soirée trouve-t-elle grâce à tes yeux ? »
Même s’il feignait l’habitude, il l’observait. Cherchant sur son visage un éclat ou un souci nouveau. Enora possédait un caractère proche des monarques. Pour autant, elle n’avait jamais marqué le moindre intérêt pour le pouvoir. Il s’était toujours demandé comment cette dernière gèrerait cette hypothèse. S’y trouverait-elle inquiète ? Mal à l’aise ? Y trouverait-elle à l’inverse cette adrénaline dont lui raffolait ? Lui offrir la Couronne serai-il vu comme un Cadeau ou un Fardeau à ses yeux ? Cette fois-ci serait peut-être l’occasion pour lui de trancher la question.
Elle avait tourné vers lui, un sourire amusé, les yeux qui l’observaient étaient doux, amoureux.
— « Je pense, Majesté, que vous êtes un irréductible flatteur … mais vous n’êtes pas mal non plus » Après une oeillade en direction de sa tenue, elle avait reporté son attention sur lui, s’approchant pour lui dire «  Oui cette soirée est magnifique, comme chacune d’entre elles … cependant… veille à ne pas la gâcher en voulant trop en faire, n’est-ce pas ? » Si elle paraissait toujours amusée, son regard avait gagné en sévérité. Posant la main sur son torse, elle ajouta, baissant le ton « C’est aussi la soirée de Rose… ne l’oublie pas. »
— « Tu approuves donc mon propos… » lui avait-il répliqué dans un sourire fin, avant de poser sa main sur la sienne. A la regarder, elle semblait se plaire ici. Oui. « Voyons, Trésor… Je n’en fais jamais trop. Mais, loin de moi l’idée de lui gâcher sa soirée… Elle devrait le savoir. T’a-t-elle missionnée pour me le dire ? »
Il n’avait eu que très peu d’expérience avec Rose, la petite meringue puis la fleur sauvage mais fière qu’il avait rencontré lors de son dernier voyage, peu de Temps auparavant. Elle ne paraissait pas honteuse de lui, loin de là. Et les confidences d’Isaac mettaient en lumière, à l’inverse une sorte de complicité naturelle entre eux, qui n’était pas le souvenir qu’il en gardait. Mais peut-être s’agissait-il d’une autre possibilité. Peut-être que l’enfant qu’il avait vue l’autre fois, n’était plus la même désormais. Après tout, Alexis ici se trouvait Reine.
Et la Reine avait rit, avec ce même rire désarmant et charmant à l’égard de son Roi.
— « Ce n’est pas ce que j’ai dit… » Puis avait secoué la tête de gauche à droite lorsqu’il avait évoqué Rose. Il savait ce que cette expression signifiait avec elle : « jamais de la vie ». Elle avait même enchaîné rapidement « Voyons, tu connais si peu ta fille pour savoir que jamais ô grand jamais elle ne demanderait une chose pareille ? Je refuse de le croire… mais je suis sa mère… et en tant que telle je suis capable d’analyser ses doutes et ses pensées. Elle craint que tu en fasses trop… alors maîtrise toi, s’il te plaît. »
Que pouvait-il dire ? Il n’allait pas lui révéler qu’en réalité, il ne connaissait pas le moins du monde, sa fille. Fort heureusement, il feignait bien… Il lui avait sourit, avec tendresse.
– « Je sais, tu as toujours été très empathique, mon trésor… Encore plus depuis que tu portes la Couronne. C’était une sage décision. »
La réflexion était venue naturellement, de lui-même pourtant, mais aussi de celui qu’il était censé être. Son passage dans l’Animus l’avait aidé à un certain lâcher-prise et il avait senti que celui qu’il était souhaiter le verbaliser. Il était heureux de son choix, visiblement, même fier d’elle. Un sous-entendu flottait dans son esprit, en sous-ton qu’il ne comprenait pas, mais rien n’était si surprenant. Cet Erwin et cette Alexis avaient traversé de nombreuses choses ensemble qu’il ne connaissait pas encore. Leur routine, leurs complicités…
«  Mais je ne crains rien, je serais comme à mon habitude, parfait ni plus ni moins. Plus qu’on ne peut pas faire plus parfait que la perfection n’est-ce pas ? » il avait pouffé d’un rire léger puis s’était abaissé vers elle pour lui frôler la joue. Il était bon de voir à quel point ces gestes demeuraient simples, évidents, « D’ailleurs, nous parlions de Rose mais se trouve donc Isaac ? »
Il était venu pour lui, initialement. Et même s’il avait promis de seulement comprendre, il fallait pour cela qu’il puisse voir son fils. Quand bien même il ressentait au fond de lui, l’importance qu’avait la soirée et Rose pour « Lui-même ».
— « Tu trouves ? »
Sa déclaration l’avait visiblement troublée, sûrement n’avait-elle pas l’impression d’avoir changé et elle n’avait pas changé, il pouvait le voir. Elle était seulement, visiblement, apaisée. Mais ce trouble signifiait-il malgré tout une difficulté dans l’exercice de la charge ?
Il avait toujours redouté ce point avec Enora. Cela et son éventuelle opposition à sa manière de gouverner, même si la Reine de ce soir ne semblait en aucun cas mécontente de sa vie et de ce que leur confort signifiait pour autrui. Oui, il parviendrait donc bien à convaincre Alexis des bienfaits de sa vision de la vie.
Même si, cela ne l’empêcherait jamais de s’opposer à lui parfois, à le contredire, à se blaser de son comportement, comme dans l’immédiat où elle lui jetait un regard blasé affirmant muettement « Tu m’épuises… ».
Tout cela faisait partie d’eux. De leur couple.
Son regard s’était, cependant portée au loin de la salle
— « Sans aucun doute avec Rose, il doit être en train de l’accompagner et de la rassurer sur le fait que tout va bien se passer »
- « Bien sûr… tu as encore plus de monde à t’occuper » avait-il répliqué d’un ton amusé, non sans la gratifier d’une oeillade, qu’elle lui avait concédé de la tête, sans pour autant se joindre à son opinion, sûrement était-elle gênée. « Tout se passera à merveille… Ce sera un merveilleux bal. D’ailleurs, je compte bien que nous profitions de la piste de danse, ensemble »
— « Avec plaisir » lui avait-elle répondu dans un sourire.
Il lui avait sourit en retour. Il lui hâtait de danser enfin ! Il raffolait de la danse et chaque moment passé avec Enora les rapprochait davantage tout en étant une parfaite symbiose de leur alchimie…
Pour autant quelque chose malgré lui avait vu l’attention d’Erwin s’était vue détournée de sa reine. L’entrée de ses enfants. Le mouvement de la foule, l’air de la musique qui s’était accordé à leur entrée et il avait tourné la tête, suivant l’élan général.
Le premier qu’il perçu fut celui qu’il cherchait à voir. Élégamment vêtu d’un costume d’un bleu nuit sombre et brillant, Isaac avançait dans l’allée, le regard lointain, ses lèvres offraient à tous un sourire agréable, mais la manière dont il les pressait à son père, qu’il n’était pas enchanté de cette remontée à la vue des courtisans. Mais cela n’était rien, car outre l’attention premier d’Erwin, l’ensemble des regards ne convergeaient pas vers le charmant jeune homme, mais bien davantage vers la ravissante jeune femme qu’il escortait. Enveloppée au bras de son grand frère, Rose resplendissait. Les joues, légèrement aussi colorées que son nom, ne l’étaient pas par la gêne mais bien par l’émotion radieuse qui semblait la gagner. Elle était à l’aise en société, même splendide. Ses cheveux bouclés formaient une corolle autour de son visage, et chacun de ses pas étaient remplis d’une charme radieux faisant danser le tissu violet de sa robe et chatoyer l’or qui en assortissait les dentelles. Assurée, souriante, elle offrait au Monde un égal sourire charmant, presque charmeur et ses yeux dansaient de visage en visage et remontaient la foule bien plus vite que son pas leste mais tranquille.
Puis de la foule sortit un jeune homme, lequel, avant de prendre le bras de Rose esquissa une révérence que Preminger trouva instantanément d’un désagréable pantois, si bien qu’il détourna instinctivement les yeux de l’individu. Comment diantre avait-on le culot de servir ses pupilles d’un spectacle si consternant ? Rivant ses yeux sur la fille, Erwin se sentit avancer, soudainement mué d’une impulsion et d’une impérieuse idée nouvelle. IL devait danser avec Rose. Il le fallait. Ce n’était pas ses pensées, peut-être celles de l’Erwin du Futur mais Preminger pouvait aisément comprendre pourquoi. N’était-ce pas sa soirée ? Quoi de mieux de plus prestigieux pour elle que d’ouvrir le bal avec son Père, le Roi ? N’était-ce pas là la laisser s’humilier que de la laisser danser avec le premier cavalier venu ? Surtout lorsqu’il s’agissait d’un si pataud spécimen ! Et n’était-ce pas aussi s’humilier Lui-Même, le ROI, que de laisser n’importe quel pataud spécimen danser avec sa fille, la fine fleur de la soirée ?
C’était presque naturellement qu’il s’était avancé au devant de sa fille, interrompant d’une main la musique, grisé par la simplicité de son pouvoir. L’orchestre s’arrêta, rapidement, apparemment rodé aux exigences promptes de leur souverain. Alors que la foule convergeait son regard vers lui, il claironna :
- « Mes très chers amis… Votre attention »
Il sentait les visages sur lui et se sentit luire d’importance.
– « Veuillez avoir l’extrême obligeance de vouer votre attention ce soir sur la fine fleur de la Cour, ma très chère fille, Rose. » Sa main, d’un gracieux mouvement désigna la jeune fille alors qu’il poursuivait «  Cette dernière va avoir l’extrême honneur d’ouvrir ce Bal… Pour cette occasion, il va de soit qu’il convient d’offrir à cette ravissante enfant l’approbation du coeur. » ramenée vers sa propre poitrine, sa main s’y pressa d’un geste dramatique, soulignant ses propos «  Voici la raison pour laquelle, dans ma Grande Bonté, par égard pour ma chère et resplendissante fille que le Ciel me prête le plaisir de éclore chaque jour, je désire offrir le meilleur des cavaliers, l’excellence parmi l’excellence. » proféra-t-il, d’un ton théâtral, faisant durer le suspense, alors que ses yeux se plissaient d’un éclat satisfait « Quel plaisir plus grand pour elle que d’exécuter cette première danse avec... MOI ? » Il la toisa, elle ahurie et sévère, d’un grand sourire machiavélique puis s’écria «  Musique ».
Il avait claqué des doigts d’un geste impérieux, sans se détourner de sa fille, la main tendue vers cette dernière, dans un sourire carnassier, hautement satisfait. La manière dont sa main s’était refermée sur celle de la jeune fille n’était pas sans rappeler les serres d’un oiseau. Et pourtant, Preminger se sentait profondément joyeux, son corps vibrait d’une allégresse satisfaite. Il connaissait cette sensation. Il ne la ressentait que lorsqu’il prenait plaisir à s’immiscer, à gagner.
Les violons vrillèrent et ils s’élancèrent tous deux, en cadence.
Erwin appréciait le moment. Cela se ressentait à ses pas, la manière dont il se mouvait sur la piste, faisant davantage la musique sienne que s’adaptant à elle. Chaque embardée musicale devenait prétexte à virevolte, maniant sa frêle partenaire avec grâce mais une direction ferme et non équivoque. Oh, Rose s’adaptait parfaitement, il devait le reconnaître, dans un pas de côté, elle glissait sur le parquet. Ses mouvements étaient souples, son pas gracieux, son port de tête fier, son maintien impeccable. Elle ne lui faisait aucunement honte et même y trouvait-il une partenaire agréable, presque à la hauteur de sa mère. Les broderies de sa robe violette décoraient ses épaules et son buste plus que de les couvrir, ornant chaque mouvement d’une grâce complémentaire, et chaque tournoiement de la danse faisait briller l’or des pierreries incrustées le long de sa robe.
Si Rose avait tout des traits fins et délicats de sa mère, Preminger décelait dans ses mimiques et sa manière de tendre le menton arrogamment un de ses expressions. Tout comme sa manie de sertir sa robe de broderies dorées.
Preminger l’aurait pensé plus bavarde, mais elle se terrait dans un mutisme. Bien loin de la petite babelle habituelle de l’enfant exigeante et commandante qu’il avait connu, si bien qu’il rompit le silence en premier, après une minute passée silencieusement à danser dans les sourires les plus muets :
— « Très chère, voilà une bien joli toilette ! Et un très grand jour ... » sourit-il avec finesse « Votre maintien dans votre entrée aurait presque pu être qualifié de parfait »
Elle lui souriait mais demeurait crispée. C’était ce qui l’avait poussé à faire cette remarque. L’Erwin du Futur, puisque le Preminger du présent même ayant noté cette petite raideur ne se serait pourtant pas offusqué au point de le verbaliser. Ah, la royauté croissait l’exigence…
Cette crispation était indétectable à l’œil commun, pourtant, Rose donnait et savait parfaitement donner le change, mais il le savait au fond de lui. Était-ce son habituelle faculté à déceler l’état des autres ? Ou cela tenait-il davantage à une sorte de ...fibre paternelle ? Non, cela n’avait aucun sens… La voix de Rose le tira de ses pensées :
- « Merci Père, je l’ai choisie avec soin. Et je vois que vous êtes resplendissant comme à votre habitude. »
Il dodelina de la tête tout en esquissant un pas de côté, puis un saut. Évidemment. Mais cela semblait leur paraître évident à l’un comme à l’autre.
- « Un grand jour, vraiment ? Je suis ravie que vous vous en souveniez… Et si mon maintien est « presque » parfait, alors on peut dire que c’est une agréable soirée qui commence ».
Elle releva les yeux vers lui, le violet de sa robe, d’un ton plus doux que celui dont il raffolait, faisait ressortir ses yeux, aussi bleus que ceux de sa mère. Son ton était parfaitement policé, et articulé avec un timbre charmant. La parfaite fille de la Cour. Preminger s’en trouvait particulièrement enchanté. Pour autant, il n’avait pu que déceler à quel point la fin de la phrase se trouvait chargée d’acidité. Elle n’avait pas aimé l’idée de ne pas avoir été parfaite. Ainsi, l’enfant était perfectionniste. Le savoir accentua son sourire, alors qu’il la faisait tourner d’un mouvement vaste. Leurs pas s’intensifiaient au fur et à mesure que la musique prenait son essor, montant crescendo.
- « Voyons comment ceci aurait-il pu me sortir de l’esprit ? » il plongea son regard dans ses yeux, l’observant avec acuité, détaillant son acidité avec amusement « Presque parfait ne vaut que sous l’aune de ma propre comparaison ma chère fille » railla-t-il en plissant les paupières « Au-delà de ma propre personne, je crains que personne de la Cour ne puisse porter ne serait-ce qu’un seul jugement à ton égard. Alors, il ne sert en rien de s’en inquiéter, n’est-ce pas ? »
Il lui avait offert ce sourire lumineux, de celui qui découvrait ses dents, puis avait accéléré le mouvement, deux pas de côté, trois pas encore… Les violons montaient. Lui, l’observait, la détaillait. Pourquoi trouvait-il dans l’attitude de la jeune femme quelque chose de caché… Il y avait dans leurs échanges quelque chose qu’il ne parvenait pas à identifier. Mais comment aurait-il pu le savoir, après tout ? Il ne la connaissait pas. Elle l’observa, en retour, dans leur danse tournoyante, le détaillant du même regard que celui d’Enora lorsqu’elle tentait de comprendre quelque chose, de saisir la portée de ses mots.
- Qu’entendez-vous par « ceci » ? Je ne suis pas certaine de bien comprendre... » finit-elle par demander, une fois qu’il la ramena à lui.
Ses yeux bleus avaient dévié de lui, se posant sur la foule qui les observaient. Mais ils ne se posaient pas de la même manière que ceux d’Erwin, hautains,en surface. Lui regardait la foule comme une masse informe, il ne voyait que les yeux sur lui, mais ne les regardaient pas en retour. Elle, elle cherchait…quelqu’un des yeux. Son frère ? Sa mère ? Preminger songea qu’il avait proposé à Alexis de danser. Avait-elle vu sa proposition à Rose comme un revirement ? Il faudrait s’assurer du contraire. Après tout, certes, il était venu ici pour comprendre Isaac, mais puisque actuellement il ne voyait que Rose, il n’était pas interdit de s’accorder du bon temps par l’intermédiaire d’une danse avec son cher trésor… Rose, elle n’avait pas cessé son manège. Mais ils tournaient trop vite, à présent. Le rythme de leurs pas rendait impossible de discerner chaque visage et la masse que constituait leurs observateurs pour Preminger devenait maintenant réalité. Rose semblait sans agacer, et pourtant l’ancien ministre n’avait aucune envie de ralentir l’allure. Au contraire ! Cela lui donnait presque une nouvelle impulsion, une nouvelle hargne. Il avait accentué son pas, offrant à sa partenaire l’éclat d’un nouveau sourire. Coupant court au reste, un peu sèchement, elle avait ponctué sa remarque d’une sentence sans appel, comme un couperet semblable à la manière que possédait Alexis de stopper fin à la conversation.
- « Mais VOUS l’avez vu ».
- « Voyons Rose, tu le sais aussi bien que moi ! » répliqua-t-il en rejetant la tête en arrière, crânement « Bien sûr que je l’ai vu. Ton cou était un tantinet trop arqué, mais nous savons très bien à quoi cela est du. A une légère… déconcentration. Tout comme à présent ».
Il la narguait, pouffa même. Elle n’ajouta rien, ne répliqua rien, posa simplement ses yeux bleus dans les siens. Elle souriant encore, mais Preminger put observer que tout n’était que factice. Oh, l’enfant feignait bien. Et son sourire bien que forcé, n’en devenait pas dédaigneux ou moqueur, mais bien l’unique unique trace de sa joie initiale. A l’inverse, au fond de ses yeux bleus pervenche, des flammes, un brasier complet, bouillonnaient.
Ses mots, son attitude, quelque chose en Lui venait vraisemblablement de charger l’air de colère.
Il connaissait suffisamment Enora pour en déceler les prémices, les symptômes : les tics qui ourlaient la commissure de ses lèvres et de manière davantage visible la tâche rouge qui montait de son décolleté. Il la fit tourner. Cela l’intriguait, il devait le reconnaître, quand bien même il ne pouvait pas l’interroger de front devant toute la Cour, puisque sa colère déjà se trouvait déjà décelable pour qui la connaissait un peu. Les pas s’accentuaient pour l’apogée de la danse, et il alors qu’il la ployait pour le mouvement final, il sourit avec détachement, l’oeil brillant :
– « Libère cet esprit de cette déconcentration et tu excelleras.  » sa voix roucoula, comme un serpent « Vois, au moins, ma très chère…...toi qui prend tellement à coeur l’excellence : avec moi à ton bras, tu as été parfaite. Qu’est-ce cela aurait été sinon ?... » il avait haussé les sourcils d’un air significatif.
Il ne mentait pas. Comment pouvait-elle s’offusquer qu’il pointa une minuscule erreur à son égard Et l’avait lâchée, libérée même, alors que la tâche rouge s’incrustait à présent jusqu’à son cou, reculant alors que la dernière note de la musique résonnait dans l’atmosphère.
Faisant volte-face, il se gorgea des applaudissements retentissant de part et d’autres de la salle , prenant l’espace d’un Temps considérable pour se satisfaire de leurs bravos.
Lorsqu’il tourna les talons, Rose avait déjà disparu dans la foule.
Elle déguerpissait plus vite qu’un lapin de garenne.
Autour de lui, les couples de danseurs se formaient déjà et il recula pour leur laisser place cherchant Enora du regard. S’il la trouvait, ils pourraient encore se joindre à la foule pour éclipser l’ensemble des autres couples qui valsaient au gré de la musique. Mais elle était nulle part à l’horizon. Peut-être avait-elle rejoint Rose un peu plus loin, pour la féliciter de sa prestation. Il traversa la foule, reconnaissant un costume bleu nuit. Isaac. Voilà pile, celui qu’il était venu chercher. Il s’était égaré mais voilà qui lui rappelait exactement ce qu’il était venu faire ici : comprendre. Le Temps de jouer des coudes, de se voir gratifier mille courbettes, proposer un verre de champagne qu’il avait refusé d’agacement puis hélé la seconde suivante, Isaac semblait aussi lui avoir échappé. Avisant un garde non loin de là, lequel lorgnait effrontément sur le buffet garni de petits délices raffinés d’un goût bien au-delà de ses prétentions, il s’avança vers lui :
– « Vous… Mon brave. Auriez-vous vu mon enfant ? »
– « Parti par là, Votre Majesté. Dans les galeries…Souhaitez-vous que j’aille l...»
– « Non. Contentez vous déjà de faire votre travail »
Il le dépassait déjà. Après tout, l’envie à Isaac de s’isoler ne l’étonnait guère. Il l’avait vu du garçon qu’il avait rencontré, quelque soit ses différentes époques. Refermant la porte, il s’avança dans le long corridor garni de lumières, remonta la première allée, sans y trouver la trace de son fils. Il allait faire demi-tour lorsqu’un claquement de chaussures attira son attention, au détour de l’embranchement, ainsi que des voix, dont l’une chuchotait. Quelqu’un faisait visiblement les cent pas. Ralentissant le pas, il pencha le buste, pour dépasser l’ébranchement sans se faire repérer.
– « Tout ce que je te dis, tu connais très bien comment est Père… Rose. Cela n’empêche rien... »
Il n’avait rien à se reprocher et était parfaitement en droit de se trouver là.
Néanmoins, l’impression de se voir découvrir le força à se dissimuler de justesse dans l’obscurité, alors que d’un froissement de tissu, après la fin de sa phrase, Isaac passait non loin de lui . Il retint sa respiration, mais le jeune homme ne remarqua rien, trop occupé à offrir un dernier regard à sa sœur, avant de regagner la salle de bal. La porte refermée ainsi que la raie de lumière qui s’ouvrit pour mieux se dissoudre, témoigna de son départ.
Preminger n’avait qu’à le suivre. Il cherchait Isaac, n’était pas venu pour Rose.
Malgré tout, ses pieds demeurèrent inertes. Il n’était pas venu pour Rose, mais était venu pour comprendre. Pouvait-on lui en vouloir s’il se laissait piquer par la curiosité ? Rose était sa fille, de mémoire du peu qu’il se souvenait de l’enfant geignarde et pleurnicharde et de la jeune militaire, les deux possédaient en commun la loyauté indéfectible auprès de sa personne. Alors pourquoi diantre, lui semblait-il que la jeune femme le redoutait à présent ? Ou du moins lui en voulait-elle.
Il devait l’admettre : il voulait savoir. Comprendre. Hera ne pouvait l’en tenir rigueur, ne s’évertuait-il pas à appliquer strictement les conseils et la promesse qu’elle lui avait tiré ?
Tournant les talons, il s’avança vers la silhouette qui arpentait les lieux dans le clair-obscur ambiant
«Loin de moi l’idée de te suivre.. » claironna-t-il jusqu’à la faire sursauter « Mais il faut admettre que nos pas convergent dans cette soirée… »
Il la retrouvait, pourtant, davantage bouleversée qu’il ne l’aurait cru. Le rouge de sa colère s’était entièrement étendu à l’ensemble de son visage et la nervosité contenue arpentait son visage avec davantage d’ardeur.
« Il me semble avoir heurté un sujet sensible ce soir… » affirma-t-il d’un air avisé « Ma très chère fille, laisse-moi te confier un secret… » déclama-t-il avec assurance, en s’approchant d’elle, déposant sa main sur son épaule frêle « Ton perfectionnisme est louable, puisqu’il est l’âme de ma Cour. Chaque courtisan, pour s’illustrer, doit posséder en lui, la nécessité de briller. Mais ce qu’il convient de ne pas perdre de vue, ma très chère… reste qu’aussi rutilante que puisse être la Cour, chacun de ses membres demeurera perfectible aux yeux de son Souverain. Tu le sais mieux que quiconque n’est-ce pas ? Toi, qui possède mon sang et marche à ma droite. »
Il déposa une main sur son épaule, la fixant de ses yeux dorés. Cela était exact, quelque soit l’époque ou l’éventuelle vie qu’elle trouvait ici. Elle ne pouvait avoir été que témoin de son exigence. Et bien qu’elle ne souhaita que d’atteindre la perfection qu’il visait, ce qui témoignait de sa loyauté, elle n’y parviendrait pas. Ou peu. En tout cas, la petite remarque qu’il avait faite n’était que bénigne. Comment diantre pouvait-elle s’en agacer à ce point ?
« Au-delà de cette infime brimade, j’ai été magnanime et même, ô combien charitable à ton égard… Pourquoi se ternir d’une peccadille, lorsqu’un déluge eut pu être en cause sans mon intervention? » il soupira, secouant la tête de gauche à droite « Mais, tu ne le vois, pas cela… Voilà toute ma récompense, Rose ? Réjouis-toi, je t’ai évité l’opprobre d’un cavalier pataud, que ton perfectionnisme devrait avoir en horreur et je t’ai ainsi permis de briller, comme tu le souhaites… Songe à cette faveur faite, ma petite fleur… »
Et il s’était esclaffé de bon coeur, aveugle à l’effet que ses propres paroles faisaient sur sa fille. A moins que l’un d’entre Lui ne le sache pertinemment…

crackle bones
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Dans l'Aube de nos pas - Erwin & Rose





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