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 ''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

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- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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''De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages'' Hera & Erwin - Page 2 _



________________________________________ 2023-07-08, 14:41 « If the crown should fit, then how can I refuse? »

Hera & Erwin
There's a humming in the restless air; And we're slipping off the course that we prepared ; But in all chaos, there is calculation ; Dropping glasses just to hear them break

De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages

"De son côté, Isaac poursuivait toujours :
« Que voulez-vous dire par "récupérer ce monde, le royaume, le palais et la couronne" ? Vous n'avez jamais rien posséder d'autre ici... et qu'est-ce qui vous fait dire que je ne partage pas... "vos"... valeurs ?"
Ses yeux s’étaient écarquillés, choqués. Il n’était visiblement pas animé des pensées de son homologue… Et plus encore, sa surprise était...perturbante. Preminger avait toujours cru quitter son Monde de transition pour retrouver son royaume dans quelques années. Mais pour qu’Isaac n’ait même pas l’air de se souvenir de ce que qu’il avait vécu auparavant… Etait-il donc si enfant pour qu’il n’ait que les souvenirs des moments au palais ? Il en demeurait qu’il ne pouvait pour autant pas faire comme si rien n’avait existé au prétexte qu’il ne s’en souvenait plus… Haussant les épaules à son intention, Erwin avait affirmé :
« De toute manière, il semble que j’ai tout intérêt à apprendre à le faire… De ce que j’ai pu voir, nous avons une relation…intéressante. » Sa bouche s’était teinté de sourire, pour l’amadouer. Le pensait-il néanmoins ? Oui. Oui. Ce n’était guère un mensonge, une flatterie teintée de bonne véracité. « Je sais que j’ai toujours été destiné à posséder ceci » Un geste de la main avait désigné bien plus que la pièce dans laquelle ils se trouvaient. « Quand on a goûté à ce monde, il est difficile de l’oublier. Mais… Tu me diras, tu étais jeune, visiblement quand tu y es arrivé… plus jeune que je ne le pensais, d’ailleurs » Il l’avait marmonné, une joie intérieure teintant ses propos. Il obtiendrait ce monde bien plus vite qu’il n’avait cru le voir dans ses souvenirs du Futur. Ou du moins, un moyen existait visiblement. Une voie qu’il n’avait peut-être pas envisagée ou qui, à l’inverse avait été trop vite écartée…. « N’as-tu réellement aucun souvenir de ta vie d’autrefois lors de ton enfance, je veux dire ? » Interrogea-t-il après un instant de réflexion.
Il se devait de poser la question. C’était si étonnant….que cela l’intriguait. Le choix des termes était particulier. Et son fils économisait son dialogue, Isaac parlait peu mais le faisait toujours efficacement, choisissait son vocabulaire, ses mots avec soin. En cela, il avait hérité de son héritage de la Cour… Mais puisqu’il le maniait si facilement, pourquoi tous ses propos tenus à l’encontre de son monde donnait à Preminger une telle impression de...néant ?
Il avait cependant souri, face à l’étonnement de son fils lorsqu’il l’avait targué de contester ses choix, laissant un rire naître de sa gorge. Amical.
— « Disons que tu es un humaniste idéaliste Isaac, comme ta mère. Je t’ai vite décelé, ce penchant pour...le Peuple. Ce pouvoir somme toute ostentatoire que je détiens et j’exerce...ne t’a jamais dérangé ? »
Son Fils avait sondé le tout, impassible. Impassible même à ses sourires, silencieux, observateur à l’écoute. Il avait écouté, sondé, absorbé, puis..lorsque Preminger eu fini de s’exprimer, secoua la tête de gauche à droite
« Nos mondes doivent être plus éloignés qu'il n'y paraît... je n'ai vécu mon enfance qu'ici... il n'y a pas eu d'autrefois. Ma mère vient d'un autre monde il est vrai, mais nous avons tous toujours vécus ici." Il s’était arrêté pourtant, semblant réfléchir à ces mondes parallèles, ces mondes superposés au sein même de l’espace où tout semblait se rejoindre et s’éloigner à la fois. Peut-être s’interrogeait-il sur sa propre destinée, et ses facultés. C’était sa curiosité, pourtant réfrénée par une sorte de sagesse intérieure qui le dominait, Erwin pouvait le voir. Une envie de savoir, une envie de comprendre… Mais la sagesse de préférer s’en préserver. Pour lui et peut-être même pour le bien d’Autrui. Comme y renonçant, il haussa les épaules, comme pour se donner contenance  « Le fait que vous le déteniez, non. Vous l'avez toujours détenu, d'aussi loin que je m'en souvienne... On remet plus difficilement en cause ce qui est naturel. Votre façon de l'exercer en revanche... oui, il arrive que nous aillons des désaccords. C'est bien plus avec Rose que vous discourez de politique, je ne préfère pas vraiment m'en mêler. Vous parlez avec Maman aussi et nous savons tous les deux je pense que quand il est question de clémence et de douceur, elle est passé par là dans vos oreilles et votre esprit. J'aimerai parfois assouplir un peu nos lois, permettre au peuple d'être peut-être plus AVEC son Roi que SOUS son Roi. Si nous parvenions à cela, il n'y aurait aucune raison de modifier tout ce qui existe... mais disons que vous n'êtes pas très ouvert à l'hypothèse. Mais je ne perds pas Espoir. Vous écoutez Maman après tout." Un nouvel haussement des épaules. Avec un sourire, toujours gêné. Il avait laissé un silence s’installer, avant de demander « qu'est-ce que vous entendez pas "intéressante" ? Ma relation avec mon père... vous ne cessez de la qualifier "d'intéressante"…
Pour sa part, Erwin était resté figé. Sidéré était le terme. Ce n’était...pas possible. Le Miroir lui montrait des facettes auprès de son fils. L’influence de son comportement à venir. Il n’aurait pas pu lui montrer ce qui concernait un passé déjà altéré. Or Isaac n’était pas né au royaume. Il ne pouvait pas être né au royaume et dans ce Monde. Il appartenait à son propre monde. Il ne pouvait en être autrement… Mais qu’en est-il ? Si son origine dans le Monde ne pouvait être modifié, comment pouvait-il penser autrement ?… Cela ne se pouvait pas… Cela dit, il n’avait pas évoqué sa naissance, uniquement son enfance… Ce qui aurait signifié…. Que sa victoire était bien plus proche qu’il ne le pensait.
Mais cela n’avait aucun sens. Quelque chose clochait… Oh, il avait confiance en ses capacités pourtant, se savait sournois et habile pour obtenir ce qu’il désirait mais… Il n’avait pas encore lancé le moindre objectif. Oh, il avait songé à plusieurs moyens de retourner ici et de s’assurer le pouvoir, explorait plusieurs pistes, sérieusement mais… A moins qu’un événement proche ne lui permette d’en trouver l’accès, la clef de voute sur laquelle il n’avait pas encore mis la main.
« Oh vraiment ? «  s’était-il exclamé avant d’adopter un ton plus doux, « curieux «  « Comment ta mère a-t-elle rejoint celui-ci? Connais-tu cette histoire ? » ses yeux s’étaient fait avides, étincelants. S’il pouvait obtenir, ne serait-ce qu’une miette d’information….
Isaac avait secoué la tête, pourtant, négativement :
« Non… pas vraiment ».
Tout ceci n’avait aucun sens… Une telle histoire se racontait. Une conquête aussi glorieuse que la sienne ne pouvait être tue. Il n’y avait A moins qu’il… ne s’en souvienne plus ? L’absence de mots, cette impression folle que son pouvoir lui revenait, naturellement… Ce qui n’aurait pu signifier qu’une seule chose. Terrible. Inévitable. Son coeur s’était accéléré malgré lui, son regard s’était troublé. Se pouvait-il ? Ce qu’il avait envisagé sans pouvoir avoir la certitude de pouvoir le réaliser. Et qui avait cette faculté puissante et inexorable de lui offrir tout ce qu’il désirait… Un Sort. Sombre…
Mais il ne pouvait pas se permettre de s’en déconcentrer. NON. Il aurait tout le loisir d’y songer plus tard… L’heure n’était pas aux manigances. Pas encore.
Il avait alors repris, l’air de rien, mais troublé :
— «  Disons que je n’imaginais guère réellement une voie de cette sorte possible. Ou plutôt je pensais à l’obtenir autrement… dans une méthode qui visiblement s’est révélée moins efficace » Une légère convulsion était secoué ses épaules, en songeant à l’autre copie conforme de celui qui se tenait devant lui, et ses désirs libertaires désespérants. Celui-ci en revanche semblait plus pondéré et raisonnable. Rempli de bon sens. « C’est une sage chose de se tenir éloigné de la politique, si on sent que l’on y est guère destiné… mais puisque cela ne t’intéresse guère… que te plaît il ? Tes recherches d’immortalité… ? Sont-elles ta principale passion? »
Son fils avait rit, trouvant visiblement sans honte le « grand cas » qu’il faisait de ses méthodes avant de répliquer :
« Si je peux me permettre, c'est l'un de vos défauts de croire parfois que les choses iront dans votre sens uniquement parce que vous l'avez décidé et non pas parce que vous y mettez également du vôtre." Il avait laissé l’instant en suspension, hésitant puis se lançant d’un coup «  Vous devriez mieux choisir vos batailles. On en vaut la peine. Et si nous sommes soudés, d'une certaine façon, c'est parce que vous avez accepté de faire l'effort de nous faire entrer dans votre vie, vraiment, de nous donner une importance proche de celle que vous vous portez... Je conçois que vous ne pouvez pas le faire avec tout le monde, mais je pense sincèrement que la chair de votre chair et la personne qui a conçu cette chair avec vous, ce n'est normalement pas prendre un si grand risque... vous semblez commencer à y consentir." Un sourire timide teinta son teint, mais cette fois ce dernier ne criait pas son mal-être. Davantage son envie d’ouvrir une porte à son intention. Il secoua cependant la tête de gauche à droite. « Je n'ai jamais dit que je me tenais éloigné de la politique ou que je ne m'y sens pas destiné. Un autre de votre défaut : réécrire ce que vous entendez en fonction de ce qui vous plaît." Le sourire mutin d’Alexis, qu’Erwin affectionnit tant, naquit sur ses lèvres. C’était perturbant de le voir ainsi sur autrui, songea Preminger, bien que leur fils n’était pas réellement cet Autrui. C’était Eux. La fusion de leurs gênes, de certains traits de personnalité, la résultante de leur éducation. C’était ce qui brouillait les cartes, le rendait presque étonnamment, « vulnérable » avec lui. «  Je me demande parfois comment vous parvenez à mettre en place des stratégies justes avec ce défaut..."
Il aurait pu s’en sentir piqué, vexé. Mais Preminger se remettait rarement en question. Il se bornait aux faits et ce qu’il parvenait à accomplir et ses prouesses dans ce Monde parlaient pour lui. Il s’était constitué un royaume où son autorité coulait avec un naturel désarmant. Son fils n’avait-il pas évoqué son droit sur le royaume comme quelque chose de naturel ? A moins que cela ne soit lié au Sort… Mais pourtant, il y avait eu des conquêtes. Des guerres et des redditions, il l’avait vu en sondant la première fois l’Avenir. Le Sort aurait-il pu être jeté après ? Ou dans cette réalité, les événements du Futur auquel il avait assisté n’avaient pas eu cours ?
Erwin ne le reprit donc, pas, attendit à l’inverse que ce dernier s’exprima sur ses passions, sur lesquelles il l’avait interrogeait. Il était intéressé. Sincèrement.
Mais, l’instant même où Isaac ouvrait la bouche, fut le moment où la porte s’ouvrit à la volée, les faisant sursauter d’un même ton. La jeune femme qui y entra, d’un pas presque martial, n’était inconnue à aucun d’entre eux. Vêtue d’un pantalon coulant dans deux longues bottes noires qui semblaient épouser ses jambes, d’une chemise à jabots cassés d’un blaser noir, sa tenue dénotait avec les atours des lieux. Pour autant, Preminger n’aurait su de quelle manière qualifier cette dernière. Elle oscillait entre l’élégance et le combat… Une tenue hybride qui dénotait de la raison pour laquelle, Rose avait été appelée. Cependant, cette allure quasi martiale se fractura instantanément lorsque ses yeux bleus se posèrent sur lui, s’écarquillant. Elle n’avait pas prévu de d’y voir le Roi. De l’y voir… Ce qui remettait, visiblement, en cause les intentions belliqueuses qui l’avaient poussée à rejoindre son frère. Venue le tirer d’un mauvais pas et en punir le responsable, et se retrouvait avec le responsable possédant les traits paternels de ce Père tant vénéré et tant respecté… L’hypothèse d’un abus n’était pas écarté de son jeune esprit, Preminger s’en doutait. Mais, sa vision l’avait suffisamment ébranlée pour qu’elle se tourne vers son frère, brusquement :
« Il se passe quoi ? »
Pour autant, qu’elle ne comprenait rien, elle n’avait pas remis en cause Isaac, nota Erwin. Elle le ferait si ce dernier venait à se dresser contre son Père, sans nul doute, mais… Comme ce dernier l’avait exprimé, il n’avait jamais été anti-régime dans cette réalité. Il respectait son rang tout comme il respectait le Titre de son Père. Alors pourquoi ce dernier aurait-il été un ennemi. Non… Tout à plus, elle le soupçonnerait, LUI d’être un imposteur. Ce qu’il était d’une certaine manière. Erwin tourna la tête, croisa les chevilles, tranquillement, attendant la réaction de « son » fils. Presque paisiblement. Il l’aiderait, il n’en doutait pas. Il l’avait suffisamment convaincu de son identité pour que le jeune homme puisse orchestrer un parricide sur un père d’un autre lieu… Ses yeux l’avaient fixé, se délectant de la gêne qui avait envahit le visage du jeune homme avant qu’il ne déclare à toute vitesse :
« Fausse alerte ».
« Tu déconnes ?! »
Rose avait élevé la voix, le choc et l’énervement se refléta à tout de rôle sur son visage anguleux. Il se doutait des conclusions qu’elle en tirerait… Elle avait fait déplacer le tout, pour rien. Alerté les gardes, démobilisé des équipes, et plus que tout.. elle n’avait témoigné qu’un respect tout relatif à son souverain…
D’un seul mouvement, elle avait pivoté vers lui, se livrant à une révérence des plus savamment exécuté. Cela n’avait pourtant plus rien de celles qu’il lui avait vu petite et qu’elle affectionnait tant. Mais elle convenait à l’inverse à merveille avec le rôle qu’elle semblait revêtir et représenter devant lui. Qu’était-ce ? Il jaugeait sa tenue, tâchant d’y mettre un mot. Une sorte de responsable d’une milice privée, sûrement. Elle ressemblait tant à sa mère. Les traits de son visage fin jusqu’à sa mâchoire volontaire et l’acier implacable de ses yeux.
"Veuillez m'excuser pour cette intrusion Père, je..."
"Père sait que c'est de ma faute, ne t'en fais pas, » coupa Isaac prestement « j'aurai du penser à enrailler plus tôt, je suis désolé Rose et veuillez également m'excuser, Père".
Le regard d’Isaac insistait pour de l’aide. Il jouait son jeu. Il le couvrait. Mais de l’attitude qu’il lui livrait ici démontrait, aussi, qu’il ne souhaitait pourtant pas que l’ensemble de la situation ne soit ébruitée… Ou tout au moins, aux oreilles de Rose. Une volonté de ce fils un peu plus transparent que la sœur, d’obtenir son moment avec son père. ? Peut-être. Ou peut-être était-ce davantage une compréhension totale du comportement de Rose. Elle n’y croirait peut-être pas. Ou du moins, pas avant maintes et maintes justifications. Et Preminger ne voulait guère remettre sa vie en jeu, maintenant qu’il avait sauvé sa peau au regard d’Isaac.
- « Ton frère est effectivement fautif. » constata-t-il sévèrement, avant d’ajouter d’un ton plus théâtral « Mais pêcher par excès par excès de prudence ou par imprudence. Qu’est-ce qui est pire… ? Retenons au moins de cet exercice la promptitude de cette réaction… Tu es dans les Temps et ameuter une grande partie de la garde royale me semble être un ratio plus que pertinent pour ma royale sécurité » Il avait ricané avec orgueil, tel qu’il le ferait. Tel qu’Il le faisait forcément. Puis, une idée avait germé bientôt. « ton frère m’a dit que tu songeais à aborder la piste de Samsara… Tu m’en entretiendra bientôt… je tiens à discuter des recherches que tu as entreprise sur les mythes et légendes à ce sujet… »
Cela aurait pu être dangereux. Mais n’était-ce pas là, le meilleur des moyens pour brouiller les pistes ? Si Isaac avait croisé Rose depuis hier, il lui aurait annoncé lui avoir présenté son idée. Puisqu’il en été informé, le moindre doute dans l’esprit de sa fille, pourrait se voir contrarié par cette information. Il évoquait le tout avec une certitude tranquille, observant ses réactions pour mieux la cerner, la comprendre. Il pu ainsi voir qu’elle ne broncha pas, lorsqu’il accusa son frère, ou presque imperceptiblement. Le spasme qu’elle avait eu, témoignait cependant de sa gêne manifeste de voir son frère se faire accuser, si négligemment. Bien éloignée de l’enfant turbulente et méprisante de son frère ! Le reste de ses remarques et compliments avaient été accueillis d’une manière rigide, le buste affirmé, le dos droit. Elle avait noté le compliment derrière l’action puis avait hoché la tête, lorsqu’il avait évoqué son idée :
« Bien sûr Père, je me tiens à votre disposition."
Le sourire qu’elle aborda néanmoins, perdait de la prestance militaire. Ainsi, il revoyait l’enfant choyée, complice, ravie du Temps qu’il lui proposait. Elle n’avait pas changé. Elle avait juste grandi, était devenue plus mure moins insupportable qu’il s’en souvenait. Même si elle arborait le visage ô combien connu de sa mère à 16 ans. L’une était proche d’une petite peste dans les souvenirs de Preminger, bien que moins vers la fin. Il avait trouvé horripilante cette enfant choyée qui pourtant parlait fort, s’habillait mal, choquait et s’amusait à frayer avec la ligne rouge… Et il tenait à présent, à cette même femme. Rose avait d’elle sa folle assurance et une attitude faussement nonchalante, qui ne lui enlevait pourtant pas si dignité. Un beau mélange…
- « Merci ma fille ! Maintenant que les choses sont claires, tu peux te retirer j’ai encore quelques affaires à voir avec ton frère » déclama-t-il dans un ton solennel – le terme exact étant royal ». Il ne servait à rien de conserver près d’eux, une jeune fille futée et curieuse dans les environs, par simple curiosité sur son devenir et son évolution… Il savait que les personnes fouineuses adoraient fureter là il valait mieux s’abstenir. Néanmoins, quelque chose de tout à fait différent le poussa soudaine à la rappeler à lui, presque malgré lui. Une question soudaine mais qui trottait dans son esprit, depuis son énoncé par Isaac, quelques temps plus tôt.
« Oh attends, ma chère. Tu as parfaitement réagi à l’alerte... Peux-tu m’entretenir de ce code ?»
Si elle avait effectué quelques pas vers la sortie, Rose s’était figée dès l’entente de sa voix, tournant la tête vers lui. Pour autant, Preminger le voyait bien, elle n’avait pas évoqué la question favorablement. Au contraire, avait préféré tourner la tête vers Isaac, comme prise d’un doute ou une interrogation. Elle lui demandait conseil. Sans avoir besoin du moindre mot. Ils se comprenaient suffisamment pour le faire, spontanément… Ce dernier n’avait pas tressailli, lui avait rendu son regard, mais n’avait ni approuvé ni refusé. Ce n’était pas son choix, criait son attitude. Cela faisant, ne manifestait aucun enthousiasme pour divulguer l’information, ni aucun repli pour l’en empêcher. Le choix revenait à Rose et pourtant, aussi certain qu’Erwin pouvait être de la loyauté de sa fille, il ne put empêcher ses lèvres de se pincer de frustration, lorsqu’il l’entendit refuser :
« C'est confidentiel, Père. Pour votre sécurité, bien sûr". Le hochement de tête qui avait suivi son refus était rempli de douceur, tout comme le sourire qui en découlait.
Cela n’empêcha pas le « Roi » de répliquer, tout vorace qu’il était de l’information que l’on venait d’exclure de sa connaissance.
- "Hum... J'entends..." C’était cela même. Il l’entendait, mais ne l’admettait pas pour autant. "Ma sécurité importe le plus. Cependant,...une fois que vous n'utiliserez plus ce tour, je tiens à le connaître. Après tout, puisqu'il en va de ma sécurité, je dois être à même de donner mon opinion sur ce qui me protège, n'est pas? " Il l’avait susurré d’un ton doucereux, sirupeux qui masquait à peine sa frustration. Un ton où sa vexation et son opinion contraire ne faisait aucun doute. Puis feignant de se résigner, il avait agité la main, désignant la porte « Mais c'est tout, pour le moment. Tu peux disposer, Rose."
Une nouvelle fois, Rose avait dévié son regard de sa personne pour jauger son frère. Une nouvelle fois, ce dernier l’avait observé, avant de secouer, presque imperceptiblement, la tête de la gauche vers la droite. Il n’allait pas à son encontre en la décourageant de lui donner l’information, non, il tentait de la contenir. Et au-delà d’Isaac, la seule vision de sa manière de contracter sa mâchoire aurait suffi à renseigner Preminger quant à l’état intérieur de sa fille. Alexis faisait de même. Du haut de ses seize années jusqu’à son âge adulte. Cet espèce de calme bouillonnant avant la tempête.
« Avec tout mon respect, Père, » lui enseigna qu’elle n’avait pas canalisé suffisamment son envie pour réfréner ses mots. Puis ils sortirent, ordonnés, vifs, « ...permettez moi d'être en désaccord avec vous sur ce point. Je suis en charge de votre sécurité et de la sécurité du château et il me semble peu... avenant disons, de nous livrer à de telles confidences. Vous m'avez donner un brieffing précis de ce que vous souhaitiez et je l'ai mis en place. A l'heure actuelle, nous pouvons supposer que tout fonctionne à merveille puisque rien n'a été à déplorer. Cependant, vous en dire trop sur les stratégies adoptées, même lorsque celles-ci ne seront plus utilisées constitue un risque. On pourrait vous faire parler de force ou des éléments qui vous sembleraient anodins dans une conversation pourrait révéler être des failles pour une oreille mal intentionnée. Je ne dis pas que vous êtes stupide et que vous risqueriez tout ce que nous avons inutilement, vous savez à quel point je crois en Vous et votre intelligence. Mais le diable réside dans les détails. Un moindre détail peut être fatale et c'est précisément ce que nous voulons éviter. Nous en avions déjà parlé, vous m'avez donné carte blanche du moment que cela soit efficace et je sais que cela peut vous paraître frustrant de ne pas être dans la confidence mais personne ne l'est. Vous ne connaissez que les codes que je vous ai donné, Isaac les siens, Mère les siens, Parrain et caetera. Vous sembliez avoir approuvé ce point... pourquoi revenir dessus à présent ?" Elle avait fini, le jaugeant du regard, les bras croisés, un peu suspicieuse. Preminger le lui avait rendu, les bras croisés également. Il l’avait fait, au cours de son argumentaire.
Il devait être prudent, au regard de ce qu’elle avançait, l’autre Lui, avait mis en place l’entièreté de ce procédé. Ce qui n’aurait d’ailleurs du, en rien le surprendre. Il était une évidence qu’il détenait seul le pouvoir de Tout.
Même si une part de lui, n’acceptait en rien qu’on le contesta. Même si elle ne l’avait pas fait, une partie de Lui, fait d’orgueil pur, avait failli jaillir de colère, lorsqu’elle s’était permise de donner son opinion.
Il n’avait pas besoin de l’opinion des autres…
Mais, ce crédo demeurait en réalité, bien plus nuancée que cette crise de vanité. Preminger était certain de prendre, en permanence les bonnes décisions. Et il le faisait notamment, en consultant les personnes adéquates, lors de chaque situation. Sachant calmer les aléas de sa déraison.
Bien évidement, il paraissait à son Lui actuel, pour le moins curieux d’avoir pu confier la tâche de sa surveillance, à cette petite gamine seule. A l’écouter, elle uniquement en possédait les codes. Ce qui était une confiance BIEN TROP conséquente à ses yeux. Cependant, il y avait un seul avis, auquel Preminger pouvait se ranger – les opinions d’Alexis exceptées- le SIEN. Et s’il l’avait jugée digne… c’était donc qu’elle l’était dans ce monde. Pouvait en témoigner cette scène et la préparation bien rodée de ses deux enfants. Enfin… sauf si l’objectif de la copie qu’il aurait pu être, aurait été de tuer Isaac… Là… il fallait admettre que Rose serait arrivée trop tard.
Mais… Après tout, il n’avait toujours été question que de Sa sécurité.
Et qui plus est, il fallait s’appliquer à se garder de l’alarmer. Il avait noté la déférence qu’elle lui portait, n’en déplaise à l’outrecuidance qui la poussait à prendre la parole… ce qu’elle tenait de sa mère, à n’en pas douter.Et à lui… Elle l’admirait. Et se trouvait visiblement pleinement dévouée à sa cause. De plus, s’il lui avait confié une tâche aussi importante, c’est parce qu’elle le connaissait bien. Ses sens se mettraient vite en alerte ; aussi finement qu’avaient pu se déclencher ceux d’Isaac. Peut-être même plus. Leur complicité était spontanée, il l’avait senti dès que Rose était entrée dans la pièce et dans chacun de ses sourires. Elle le connaissait. Et s’était permise de lui répondre puisqu’il la jugeait digne de le faire. Parce qu’elle le connaissait suffisamment intimement pour avoir sa confiance. Et face à cela, Lui, Ce Preminger d’un autre monde, se devait de faire profil bas.
Il s’était approché d’elle, royalement, déposant sa main, théâtralement sur l’épaule de la jeune femme
« Sois sans crainte… Loin de moi l’idée de t’ôter cette charge de manière détournée. » lui précisa-t-il d’une voix doucereuse, ses yeux laissant transparaître un éclat doré « Ce n’était qu’une simple curiosité… Tu connais, comme j’aime piéger autrui... » si ses lèvres demeuraient rieuses, la manière dont elles découvraient ses dents, donnait à son sourire un éclair machiavélique « Un rouage érodé me semblait sans danger, mais il est vrai que certains rouages peuvent présenter une symétrie confondante… N’y pense plus. »
Elle l’avait écoutée. Figée dans son regard. Elle le soutenait de son regard bleuté si semblable à celui de sa mère et il ne put se tromper lorsqu’il crut déceler un malaise véritable passer sur son visage. Quelque chose n’allait pas… Qu’était-ce pourtant ? Cela demeura un mystère pour lui. Il avait pourtant parlé comme il aurait pu le faire. S’était simplement laissé porté, en s’imaginant le Roi actuel de ce royaume. Alors, qu’avais-tu pu dire pour presque la blesser ainsi ? Qu’il puisse la comparer à une personne qu’il aurait pris plaisir à piéger ? Il ne savait pas. Et elle le formula pour autant pas, se força même à sourire, comme lorsqu’il avait arboré son propre sourire, avant de hocher la tête d’un air entendu
« Autre chose, Père ?"
- « Non c'est tout. TU peux disposer Rose. Quant à toi, Isaac... Reprenons, le veux-tu?"
Après avoir tourné la tête nonchalamment, il avait sourit à nouveau à son fils, tâchant de garder soin de ne montrer aucune trace d’intérêt ou d’interrogations à ce qui venait de se passer. Ce n’était pas par mépris pour sa fille, non. Il tâchait seulement de maintenir son propre rôle. Si jamais il émettait des traces de doutes, d’hésitations anormales dans son attitude, si jamais il perdait le contrôle de l’assurance qu’il devait y avoir, cela attirerait l’attention. Preminger était maintes choses, mais il n’hésitait jamais. Chacun de ses mots étaient pensés, fiers, affirmés. Il n’hésitait pas, ne se trémoussait pas d’une gêne quelconque.

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De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages

"Ce ne fut que la porte close sonna la sortie définitive de Rose, qu’il se permis de l’observer songeusement. Chrysanthème. Elle avait bien changé depuis son enfance. Elle était plus vive, plus intelligente, dévouée encore, juste différemment. Ce ne fut que lorsque Isaac parla que Preminger nota que le regard de son fils lorgnait aussi vers l’endroit où sa sœur était sortie :
« Père ne lui parle jamais comme vous l'avez fait, elle va se méfier... nous ferions mieux de faire vite, que vouliez-vous savoir ?"
Erwin avait eu un geste impatient de la main, agacé :
- " Et bien tu lèveras ses doutes."
Sa voix avait sonné, comme un ordre. Comment aurait-il pu le savoir ? Il n’avait pas vécu cette vie, encore. Comment diantre fallait-il s’adresser à elle, pour qu’elle n’en prenne pas la mouche ? Il n’avait pourtant pas été désobligeant ? Etait-ce cela qui faisait soupirer les parents les yeux au ciel en murmurant « Ah les ados !! » Non. Non. Il refusait de se plier à cela bien que son corps soit agacé… Avait soupiré une seconde de frustration.
« Rien n'est très naturel dans le rôle de parent me concernant... J'ai toujours eu une aisance pour manipuler autrui et à entrer dans un rôle, mais ce rôle ci... je dois admettre qu'il me donne du fil à retordre. Même s'il semble que je m'en sortirai avec brio, ce dont je ne doute pas, je dois encore trouver comment" ses lèvres s’étaient pincées, pensivement "Nous en étions, d’ailleurs, à tes recherches et tes passions."
Si Isaac avait pu encore avoir un doute sur son identité, il lui sembla que le dernier des plus infimes soupçons s’était évanoui en le regardant pester avec impatience. Il le connaissait bien, si bien même qu’il avait soulevé les épaules avant de déclamer :
«  Et bien... tout simplement parce qu'il n'y a rien à manipuler. Laissez vous aller à ce que vous êtes, comme avec Maman, essayer de partager qui vous êtes et de vous dire que vos enfants le mérite, ils vous le rendront…"
Oui. C’était une version des plus cohérentes. Du moins ce qu’il venait de voir le suivait assez bien. Ses enfants savaient pertinemment à qui il avait à affaire. Ils ne le craignaient pas pour autant, ni ne le contestaient pas. Ils l’aimaient ainsi et voyaient notamment le monde selon son prisme. Parce qu’il avait pris le temps de leur apprendre son idéologie, non de la leur imposer. Et de par ce fait, ils étaient devenus plus que des pions, mais de réels lieutenants à ses côtés. Isaac avait poursuivit, avant qu’il ne puisse dire un mot :
"Avec Rose, cela a été encore plus facile qu'avec moi. Je pense que vous n'avez jamais vraiment chercher à la manipuler. Peut-être quand elle était toute petite car c'est tentant mais par la suite, vous avez toujours été vrai avec elle... elle vous a toujours aimé pour ce que vous étiez, c'était sans doute plus simple."
Le haussement des épaules d’Isaac témoignait de son impatience. Rose possédait cette fibre, il était vrai. Erwin l’avait décelé tout de suite, il s’en rappelait à merveille. Au-delà de la gamine turbulente et collante qu’elle avait pu être, son caractère était celui d’une diva, d’une enfant prête à ses fins, appréciant son confort et son rang. Elle possédait son ADN pour cela et l’environnement royal qui lui avait servi de nid depuis son berceau, visiblement, aidait à la faire croitre dans cette idéologie. Si elle disposait adulte des traits de sa mère et de ses mimiques, il s’était vu aussi se dessiner sur ses traits. Comme l’ombre dans l’eau. Elle avait pris de lui plus que des valeurs, elle partageait un pan de sa personnalité. Sa fougue aidant, elle semblait être la guerrière de pointe dans sa croisade pour l’immortalité. Une sorte d’aventurière téméraire, à sa solde. Isaac quant à lui, venait d’une vie modeste. Elevé avec une mère « célibataire », dans un monde peuplé de valeurs démocratiques et d’individus aimant oeuvrant globalement pour le bien. Preminger était l’un des outsinders de son cercle privé. Il était son Père, certes mais sa Mère affirmait aussi une différence considérable. Pour Rose aussi, pourtant, mais le simple gain de statut avait le don de faire pencher considérablement la balance. S’ajoutait à cela le caractère de son fils, davantage doux et posé que celui de sa sœur.
« J'aime la lecture et le calme... avec mon Père nous jouons parfois aux échecs, c'est quelque chose que nous affectionnons tous les deux. Mère aussi mais... disons qu'elle sait que c'est notre moment alors elle nous le laisse, j'en ai bien d'autres avec elle" Il avait réfléchi entre, passant la main dans ses cheveux nerveusement. Gêné d’être subitement le centre de l’attention et déclamant les choses comme dans un entretien d’embauche, malgré lui « Je me passionne d'astronomie aussi... et de manière générale tout ce qui fait les choses incroyable du vivant, comme les Axolotl par exemple... J'écoute beaucoup de musique classique…" Un nouveau geste d’impatience avait agité sa main "Ca vous suffit ? Pourquoi avez-vous besoin de ces informations ?"
- « Oui… Je vois... » Avait opiné Erwin sans donner crédit à son impatience toute familiale« Je vois… C’est assez cohérent, oui »
Tout comme il s’était rappelé de la nature de Rose, plus proche de la sienne, il n’y avait rien d’étonnant à ce que les choses aient découlé d’elles-même avec cette dernière, dans ce Futur. Il l’avait ressenti même lors de leur très courte rencontre.
« D’ailleurs, oui… Les échecs… Je me souviens »
Les échecs rythmaient d’une certaine manière leur relation. Isaac était né des conséquences d’une partie d’échec pour le moins épicée et Erwin se souvenait également avoir partagé auprès de son fils une partie lors de son bond dans le Temps dans la « même journée ». Etait-ce énonciateur, sans qu’il ne le sache ? Qui savait ? Mais en définitive, il apparaissait que ces moments étaient devenus sources de souvenirs appréciables pour son fils et sûrement pour lui. Sinon, il n’aurait jamais renouvelé l’expérience, hormis intérêts. Un petit rire amusé avait ourlé ses lèvres :
« Je devais être un professeur des plus féroces.. »
Pour le reste son fils avait des préoccupations des plus variées, de bon goût mais qui rejoignaient aussi son côté solitaire et curieux. L’astronomie, la musique classique… Jusqu’à ces sortes de bestioles des plus curieuses, comment les avaient-ils nommées déjà ? Ah oui :
« Les axololt ? Ces petites créatures curieuses ? Celles qui se régènèrent ? »
Le mot l’avait frappé, subitement. La régénération. La curiosité. L’Immortalité… Et si… Si cela avait un rapport ? Cela en avait forcément un… N’était-ce pas ce que faisait le traitement qu’il lui inoculait ? N’était-ce pas là, la base de tout ? Dans ce petit être vivant qui avait la faculté incroyable de savoir régénérer jusqu’à ses organes vitaux ?
« Pour te connaître… J’aurais le Temps dans ton passé qui est actuellement mon présent, mais disons que c’est fascinant de voir ce que tu es devenu aujourd'hui... »
Cela l’aiderait sûrement. Il en avait vu les différents visages, les différents reflets… Il avait compris vu, analysé. Se sentait même prêt à mettre en pratique, malgré la hardiesse de la tâche. Et d’une certaine manière, impatient.
Vous vous... souvenez ?" les yeux d’Isaac s’étaient écarquillés, avant de sourire, lorsqu’il avait évoqué sa férocité aux échecs "Il vous arrivait de l'être oui... mais de manière générale, je pense que nous jouions plutôt dans une entente cordiale..." Il avait hoché la tête avec davantage de rigidité lorsqu’il avait évoqué la régénération. Une volonté de ne pas transmettre des informations à son non-père ? "En effet... mais je m'intéressais à eux bien avant que nous y trouvions... un potentiel..."
Cela confirmait ce qu’il en pensait, quoi qu’en dise son regard appuyé lui signifiant qu’il ne lui offrirait aucune information complémentaire.
Pourquoi après tout ? Il restait son Père. Pourquoi donc ce refus manifeste de l’aider ? Craignait-il de créer une déviance dans l’Espace Temps ou songeait-il plus malignement qu’en lui cachant l’information, il s’assurait de garantir au Isaac de l’autre monde, un destin et peut-être une meilleure enfance ? Comme pour achever de l’en convaincre, Isaac eut un petit rire gêné en articulant :
« Et bien... c'est bien la première fois que j'entends que je puisse être fascinant de votre bouche... peut-être que le petit Isaac aura plus de chance... il vous a fallu du temps pour y trouver un intérêt. Trouvez le le plus tôt possible avec lui... vous en serez gagnant tous les deux, croyez moi." Ses yeux étaient fuyants, gênés comme si trop d’assurance et de regrets, et d’Espoir se mêlaient en lui, le faisant examiner la pointe de ses chaussures avec une attention nouvelle et peu utile… Il finit par lui demander "Vous voulez que nous marchions ? Nous pourrions aller dans les jardins, loin des oreilles indiscrètes... Enfin si vous n'avez pas à repartir et si... vous avez encore des questions..."
« Cela ne m’étonne guère … » fut la seule chose qu’émit Preminger d’un ton mystérieux. « Crois-moi très cher Il vaut mieux que certains hommes ignorent leurs valeurs ou tout du moins leur étendue. Pour leur propre intérêt ou ceux des autres » avait-il ajouté d’un ton de confiance moqueur.
Ils le personnifiaient chacun à leur manière. Et ne venait-il pas aussi de le démontrer en taisant toute la recherche portée à l’encontre de l’axololt en ayant connaissance de sa nouvelle valeur aux yeux de son père. Mais ce n’était pas que pour cela qu’Erwin avait évoqué cela. Il avait songé à l’Autre Isaac qui, dans l’indifférence, avait pris aussi conscient et confiance de sa force. Et enfant, et surtout Il avait songé à Lui. Lui, qui depuis l’enfance avait été éveillé à sa Beauté, et ses qualités, diverses. C’était ce qui l’avait mené là, aujourd'hui. Cette merveilleuse foi en Lui-même. Cet amour rageux et vibrant de soi-même. Que serait-il devenu s’il ne l’avait pas compris ? Ou peut-être était-il voué à le connaître…. A connaître sa valeur. S’approchant de son fils, il avait tapoté son bras :
« Mais, je saurais trouver l’intérêt dans ce petit Isaac… et qui sait ce que nous y gagnerons tous les deux» Il savait déjà quoi. C’était un merveilleux début. Mais il pouvait faire plus encore. Cette relation pouvait tisser un lot de surprises inespérées. « va pour les jardins… à vrai dire j’ignore comment repartir … »
Il avait eu un rire hautain. C’était vrai. Hera n’avait pas parlé d’un quelconque retour. Mais il n’était pas voué à demeurer prisonnier du reflet d’un Miroir…
Il suivit Isaac hors de la pièce, longeant les allées et les corridors, non sans observer la décoration. Elle lui plaisait, oui. Etait à son image, à son goût. Qu’il ait pu en donner l’ordre lui semblait naturel, et il eut reconnu les chemins des jardins sans peine. Le violet était dominant, il était dans la tapisserie murale, se retrouvait parfois sur les boiseries d’un couloir plus sobre, s’attendrissant dans les rideaux semblable aux toiles de Jouy, et parfois même ne faisait son apparition que dans le bouquet de fleurs qui ornait un rebord d’une grande fenêtre. Mais, le Palais était somptueux. Il s’y sentait chez lui, plus que jamais encore et avançait fièrement, aux côtés de son fils. Isaac s’était tu un long moment pendant la marche, puis avait fini par dire :
« Je sais que ce n'était pas le sens de vos paroles concernant Itzmin... mais je reconnais que ces phrases prononcées sont presque douces amères entre vos lèvres... vous vous êtes peut-être vous-même trop intéressé à cette créature pour votre propre bien... je ne l'espère pas... mais je n'en ai pas la certitude..."
Il était touché, impuissant en revanche. Pourquoi ? Parce qu’il craignait l’effet d’une médecine différente, dangereuse, d’ores et déjà en œuvre dans le corps du Père qu’il connaissait tant ? Ou parce qu’il craignait les conséquences que cela aurait sur lui si ce dernier acquérait la pleine immortalité ? Les deux craintes étaient valables et Erwin se connaissait suffisamment pour savoir qu’il n’avait vraisemblablement pu que s’intéresser fortement à ce que l’animal pouvait offrir.
"Quant au petit Isaac... il est un mélange entre sa propre personnalité et celles des deux personnes qui semble le plus vous intéressez... il n'y a aucune raison que ça devienne une corvée…"
Tournant la tête vers lui, un sourire un peu plus taquin et complice lui avait traversé le visage. Il y avait de sa mère dans ce sourire et une pointe de malice qui illuminait sa personne. Oui. Il ne mentait pas, la génétique ne mentait pas, il y avait bien des deux, au-delà du physique. Et à en juger par les propos d’Isaac, le Preminger de ce monde tenait à Alexis. Cela ne lui avait en rien coûté son trône. Il songea à Hera et son sourire sûr. Aux doutes qui le tenaillaient à ce rejet et qui l’avaient poussé à s’en prendre à Aphrodite, aux autres…
"Peut-être qu'Hera saura vous ramener au moment opportun... ou que vous sentirez comment repartir quand vous aurez appris... vous n'êtes sans doute pas ici par hasard..."
Non, c’était le cas de le dire…
Ils avaient pénétré dans un jardin odorant et fleuri. L’aile est du jardin. Là où les arbres s’éclipsaient pour avoisiner davantage le calme olympien d’un jardin anglais.
« Hera te protège dans ce monde comme ailleurs » déclara Preminger,
Après tout, n’était-ce pas pour Isaac essentiellement que la déesse l’avait envoyé dans ce lieu ? Pour lui assurer un avenir agréable ? Uniquement pour lui, essentiellement qu’elle lui avait permis de voir divers trésors cachés détenus dans l’Olympe ? Ce miroir en était la preuve.
« Et d’une certaine manière elle m’instruit aussi sur certaines choses… je pense savoir ce que j’étais venu appendre malgré moi ici.. »
Son fils, Alexis, son royaume…. Une quantité de choses qui formait un tout. Un tout plutôt harmonieux. Ils avaient l’air...unis, solides. Aimants. Ils avaient constitué cette famille atypique et pourtant ne semblaient pas en avoir fait une faible. Les enfants se soutenaient, en oeuvrant pour lui, Alexis quant à elle avait appris ses responsabilité avec efficacité sans perdre la douceur qui la caractérisait. Cela, il avait déjà eu l’occasion de le voir lors de son premier voyage. Elle était un Pilier. Le sien. Ses yeux avaient dérivés sur les jardins.
« C’est splendide. Cela a toujours été splendide ici mais je m’y rendais peu… l’endroit possède une beauté….naturelle vide d’apparats propice au calme. Moi… j’ai toujours été taillé pour la clameur des bals, cette beauté de la mondanité. Tu ne dois pas tellement apprécier sincère cela … ta mère non plus n’a pas spontanément un amour du paraître et du pouvoir » Un sourire l’avait éveillé en observant une rose dans le jardin. Cela le ramenait à une époque différente. le temps des chansons… Que disait ce chant d’ailleurs, assez populaire à son époque. ? Ah oui… « Si tu m’aimes juste pour moi ». Loin d’être une bêtise, si on ne le faisait pas, alors on n’aimait pas… Il songeait à sa vie, à son futur et à Rose… Au symbole qu’usaient également les émissaires mystérieux que suivaient Alexis… Et le lys. Le lys était leur fleur favorite à tous deux… Pourquoi avoir nommé Rose ainsi ? « Je pense que cela ne sera pas une corvée en effet… » il avait observé un bassin pensivement, observant un poisson y voguer, demandant sans relever la tête «  Pourquoi ce nom d’ailleurs, pourquoi Itzmin ? »
C’était original, d’une sonorité qu’il ne connaissait pas. Qu’est-ce que cela pouvait être ? Du perse ? Leur famille aimait les symboles, cela ne pouvait donc que signifier quelque chose pour Isaac. Par ailleurs, c'était la clef de l'enigme qui l'avait démasqué.
Ce dernier réfléchissait, encore à l’influence de Hera, finissant par préciser :
« J’ignore si elle me protège réellement dans ce monde... elle ne vient pas d'ici... Mais si elle peut vous aider et ainsi protéger votre petit Isaac, alors j'en suis heureux pour lui... et pour vous si vous commencez à prendre."
- « Hera protège les enfants dans tous les mondes… » avait-il rétorqué paisiblement.
Isaac ne l’avait pas détrompé, mais avait gardé pour lui un silence éloquent. Cela signifiait-il qu’Hera en avait été bannie par une sorte de sort ? Mais elle restait dans leur mémoire, pourtant. C’était curieux, étrange même. Pouvait-il faire cela ? Limiter le pouvoir d’autrui dans un Monde pour augmenter le sien ? Ou quand bien même, les empêcher de les y rejoindre. Il l’ignorait. Il ignorait même s’il désirait une telle chose. Cependant, ne pas souhaiter une chance n’empêchait de s’intéresser à sa faisabilité. Cela ouvrait le champ des possibles, après tout.
Les yeux d’Isaac avaient dérivés sur le jardin, l’observant à son tour sous les mots de son père.
« Et de constater sa beauté, cela vous donne plus envie d'y aller à présent ? Maman y va beaucoup, pour lire notamment et sans doute pour échapper aussi un peu à la Cour, je dois bien l'admettre... et je dois également avouer que vous avez raison, j'affectionne peu les mondanité et l'hypocrisie de la Cour".
Une grimace sincère avait parcouru son visage, alors qu’il évoquait cette certaine comédie. Oui. Il n’en ferait jamais un courtisan, cela il l’avait su dès la première seconde. Il n’en possédait ni l’étoffe ni l’amour. Tant pis, il pouvait être d’autres choses, et cela c’était, en revanche inédit.
"Rose est plus douée pour cela... Rose est plus douée sur beaucoup de choses..."
A nouveau une pointe de tristesse avait percé son discours, pourtant sage et contrôlé. Il devait regretter de l’avoir laissée percer. Devait espérer que cela ne se soit pas remarqué. Il y avait nulle jalousie pourtant, juste une sorte de regret résigné de celui qui pense sa valeur amoindrie face à certaines de ses connaissances. Il ne possédait aucun dégoût à ce sujet, s’en trouvait sûrement heureux pour elle, mais considérait ce point comme acquis. Élevé dans l’obscurité des traits de caractères que l’on glorifiait et dont il manquait. Notamment auprès de son père. Si bien que l’ancien ministre ne put que constater la lueur d’espoir qui parcouru ses yeux dorés relevés sur lui qui avait brillé instantanément lorsqu’il avait déclamé qu’il ne serait pas une corvée. N’avait rien dit, Isaac était pudique, mais il avait su que son coeur s’était réchauffé d’une assurance nouvelle.
« J’ai toujours vu la beauté de ce lieu. Même auparavant lorsque je ne faisais qu’y passer pour rejoindre mes appartements. De ma fenêtre je pouvais voir Julian écrire dans son carnet des heures durant »
Un petit reniflement dédaigneux témoignait du peu de cas qu’il faisait à cette vision du tuteur, le visage presque enfoui dans ses notes.
Isaac avait froncé les sourcils, lorsqu’il l’avait évoqué.
« Qui est Julian ?"
« Un vestige de mon passé. Il était tuteur au Palais. Il avait cette désespérante passion pour la botanique… »
Erwin avait ricané en fronçant les sourcils, accentuant un air mesquin. « Mais j’y allais tout de même, dans ce jardin. En tout franchise, j’ignore si le voir, ainsi, aujourd'hui, me donne envie d’y aller plus qu’à l’ordinaire. Pas seul en tout cas. Il vaut mieux que cet endroit demeure un abri pour ceux qui en ont besoin… »
Cela n’était pas son cas. Il était fait pour le Monde, les paillettes, les rires et la Cour. Il était fait pour la Lumière. Pour les ovations et les applaudissements. Ce lieu lui rappelait davantage un repaire pour les âmes discrètes.
S’approchant du grand bassin, du bout des doigts, Isaac avait glissé sur la surface du grand bassin, troublant l’eau, brouillant leurs reflets.
— "Izmin… C'est un hommage à Maman. Cela veut dire "tonnerre" en aztèque... c'est également un peuple qui me passionne depuis tout petit. Quand vous me l'avez offert, le mot était dans mon livre d'image... et j'ai tout de suite voulu l'appeler ainsi."
— « C’est charmant. Tout comme la culture aztèque qui voue un culte au soleil. Quant à Rose. Rose est douée. Mais aucun de mes enfants ne manquent de talents je n’ai pas pu engendrer qui que ce soit de misérable. Ta mère non plus. Et du peu que j’ai pu voir de vous Rose et toi vous complétez à merveille »
Il ne lui était pas naturel d’effectuer le moindre compliment. Il n’aurait jamais pu, ne serait-ce qu’en esquisser un mot, sauf à plonger dans la pure hypocrisie. Mais… étonnamment… il le pensait. En prenait conscience, de par l’expérience qu’il avait pu avoir dans ce monde. Isaac n’était pas un bon à rien. Et Rose, si elle transparaissait dotée de qualités similaires aux siens sur grands nombres de points, n’en possédaient pas certaines. Ils étaient le mélange des deux et seul leur mélange amenait la grandeur… Souriant, il avait tourné la tête vers le ciel, offrant son splendide visage au soleil.
Isaac lui était demeuré silencieux. Peu loquace. Il devait réfléchir encore… le visage éclairé d’un sourire touché, mal à l’aise. Il avait reçu le compliment comme s’il ne savait qu’en faire, qu’en penser, qu’en dire, si bien qu’il s’était jeté sur la dernière phrase proférée par le ministre comme une perche bénite, un rire satisfait au coin de la gorge.
« Oui... il est vrai que nous formons une bonne équipe. Elle est tout ce que je ne suis pas... et inversement." Un sourire était venu flotter sur son visage tandis que son regard se perdait sur les bosquets au loin.
A lui seul, il témoignait de toute la tendresse que le jeune homme éprouvait à l’égard de sa sœur… Peut-être se remémorait-il quelques souvenirs heureux en ces lieux, chassant au loin de ses pensées un compliment qu’il ne savait gérer. Puis, son sourire avait changé, venant caresser l’extrémité de sa pommette, davantage amusé, moqueur que le reflet d’amour qu’il avait constitué quelques minutes auparavant. Son sourcil s’était haussé, moqueur
« Vous êtes donc déjà à ce point obsédé par ce culte du soleil ?... Je crois que Rose en veut toujours à notre Père de lui avoir fait croire si longtemps qu'il faisait REELLEMENT lever le soleil…" son sourire s’était creusé, accentué par le souvenir, avant de tomber subitement, catégorique « Mais c'est faux. »
Sans nulle méchanceté, la phrase était tombée comme un couperet, la conclusion d’un scientifique sûr de son sujet, presque dédaigneux et hautain. Pour autant, il n’en n’était rien, l’attitude qu’Isaac revêtait à prononçant cette vérité à son endroit, n’était que ce qu’elle avait vocation à être : une attitude. Qu’il tenait en partie de lui, facilité par les traits de son visage, si propices au dédain. Il n’avait pas pris de haut, il lui tenait seulement à coeur de rétablir la vérité, qu’importe son interlocuteur, Preminger le sentait. Avait poursuivi, sur le même ton
« Les Aztèques ne portaient pas à proprement parlé un culte au soleil. Ils vouaient une bénédiction à la Nature et plus précisément à tout ce qui leur semblait précieux. Le soleil en faisait partie... au même titre que la pluie."
Croyait-il réellement que son Père pensait être l’Astre, non il savait très bien qu’il ne l’ignorait pas. Ce qui n’empêcha pas Preminger de déclamer d’un ton entendu et hautain :
« Bien évideeemeeent. En France, un jour, un Roi s’était attribué le titre de Roi-Soleil. Il va s’en dire qu’il ne le méritait guère. Il me revient de droit… Quelle formidable croyance ta sœur avait donc autrefois…. » Son rire avait éclaté, cynique, le souvenir hanté de la petite Rose, il va rire, et cela lui évoque le souvenir de la petite Rose qu’il avait rencontrée « Mais c’est faux, tu as raison. Littéralement, tout du moins. Métaphoriquement, cela signifierait en revanche que je fais la pluie et le beau Temps ici et cela en revanche, je suis persuadé que c’est vrai » déclama-t-il vaniteusement « Scientifiquement en revanche, bien évidemment, il s’agit d’un leurre. Tout comme cette comparaison solaire est quelque peu dévoyée, tu n’auras pas manqué de le remarquer, Isaac. Je ne suis pas aussi lumineux que ce qu’on attend généralement de cet astre, n’est-ce pas ? Je peux bien te le dire, après tout, en ajout de notre parenté, nous sommes comme sortis pour l’Instant de nos réalités respectives… » Un sourire complaisant avait envahi ses lèvres, alors que ses yeux flambaient, à son sens, n’était-ce pas là une boutade complice ? Qui de mieux que ses plus proches parents pour constater à quel point, sous couvert d’être destiné à la Lumière, il ne se paraît d’aucune valeur du soleil. Tout juste aveuglait-il ses semblables pour poursuivre ses instincts… Il payait cependant toute les observations aztèques de la main
«  Qu’importe ce qu’ils vénéraient exactement… Leur civilisation est fascinante mais hélas perdue depuis bien longtemps… » il va l’observer cependant, songeusement « Mais, c’est intéressant que cette civilisation t’ait intéressée, après tout, elle est née d’un monde où tu as peu vécu... »
Si Isaac l’avait écouté patiemment, presque indifféremment, tout en observant les jardins, comme habitué à ses longues et si incroyables tirades, Preminger en était certain. Cependant, lorsqu’il avait évoqué ce Monde réel où Isaac avait poussé son premier cri, celui-ci avait spontanément secoué la tête négativement :
"Je n'y ai pas vécu. Je suis né ici, il me semblait vous l'avoir dit…"
A l’en voir, il n’aimait pas se répéter. Le jeune homme avait beau le faire passer adroitement pour une faute de sa part, son père n’était pas dupe. Mais d’une certaine manière, il se trompait. Il n’avait pas évoqué sa naissance, uniquement son enfance… Et il en résultait le constat que c’était impossible. Isaac ne pouvait pas être né ici… Avait-il simplement caché son lieu de naissance à son fils, dans le seul but de couper un maximum de ses liens avec son monde d’origine en raison de sa conquête rapide du Monde ? Ou le Sort Noir avait-il été lancé ? Preminger le saura. Oui. Il le saurait.
"Mais Maman vient de ce monde et de ce fait, moi également... à moitié. Elle m'a beaucoup appris de son monde, je crois qu'il lui manque beaucoup…" Le terme était atténué, mais Preminger avait parfaitement compris que l’impression d’Isaac était davantage une certitude qu’une supposition. "De plus, je n'ai jamais arrêté mon champ d'intérêt et de connaissance à ce qui m'est familier ou vient du même endroit que moi..." Il l’avait devisé, de haut en bas, un sourire amusé aux lèvres "Sinon nous ne serions pas en train de converser".
Il y avait tant de sujets, il pouvait embrayer sur sa naissance, creuser encore… Répondre sur sa soif et de connaissance… Pourtant Preminger posa une toute autre question. Celle qui lui brûlait les lèvres dès qu’il en avait pris connaissance.
« Tu penses que j’ai eu tort de la ramener ici ? »
Etait-ce réellement une interrogation sur l’état d’esprit d’Alexis ou plus une constatation de l’opinion d’Isaac à ce sujet ? Ou peut-être était-ce un mélange de ces deux interrogations, mêlées d’orgueil et de certitudes. Qu’importait. Il voulait savoir. Il voulait l’entendre.
Preminger était pétri d’opinions tranchées – les siennes. Et pourtant, il avait pris le Temps d’interroger Isaac. Presque malgré lui. Et plus encore, il attendait sa réponse avec une voracité non feinte. Pourquoi ? Peut-être pour cette fichue raison qui l’avait poussé à trouver Hera… Peut-être parce que cela lui permettrait de mieux comprendre sa vie dans le Futur, de retenir les conseils pour éviter quelques drames, pour oeuvrer au mieux à l’adaptation d’Enora dans ce monde… Oui. Il fallait qu’elle s’adapte !
Après tout, il demeurait persuadé qu’elle possédait toutes les cartes en main pour le faire, découvrir ce monde et plus encore à l’apprécier autant que celui qui l’avait vu naître. Après tout, toutes ces coutumes ne faisaient pas autant partie de ceux qui les avaient pratiqués, qu’ils le pensaient non ? Et puis, c’était la seule à ne pas avoir connu la vie de conte de fées… Il était amusant qu’elle l’obtienne sans en être originaire. Oui. Elle finirait par adorer ce lieu. Oh, il le savait. Il en était persuadé. Il ne pouvait croire le contraire ! Le tout était d’y aller pas à pas, de ne pas faire d’impair et de lui donner l’opportunité d’apprécier ce lieu. S’il lui imposait, elle le rejetterait. S’il lui apprenait à aimer ce Monde comme lui l’aimait et comme une part indissociable de lui, elle finirait par s’y attacher. Par se rendre compte qu’elle était faite pour celui-ci. Pour lui. Peut-être qu’à l’inverse, le Erwin de ce lieu avait du hâter son départ ce qui avait gâché le processus… Cela et les étranges manques de souvenirs qui venaient s’ajouter à ce Isaac… Pourtant, Enora s’était plu dans ce Monde à en jauger par l’expérience indirecte qu’il avait pu en faire, des années auparavant pour ce jeune homme… Elle se mêlait même à la politique ! A moins que ce passé ne se soit pas réalisé ainsi dans cette réalité.
Il lui fallait comprendre. Ou du moins tenter.
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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

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- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
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Hera & Erwin
There's a humming in the restless air; And we're slipping off the course that we prepared ; But in all chaos, there is calculation ; Dropping glasses just to hear them break

De l'utilité de l'Amour et ses marivaudages

"Isaac s’était progressivement arrêté. S’il avait ralenti d’abord la marche, il s’immobilisa bientôt complètement, à proximité d’un bosquet de lys, les yeux courant sur le visage de son père. Il l’analysait devina le ministre. Une première pour eux… Il n’y opposa aucune résistance, laissant son fils observer son visage, la manière dont il pinçait les lèvres, le sérieux assuré de son regard. Il aurait pu tenter de l’en berner.. à quoi bon ?
Le son d’un soupir s’était échappé des lèvres du jeune homme, puis après une observation aiguë des alentours, afin de s’assurer de leur totale intimité, il avait rejoint un banc. Preminger l’y avait rejoint. Isaac s’était penché en avant, repliant sa silhouette sur elle-même, les bras sur ses cuisses, mains reliés, les doigts entremêlés, le regard fixé vers l’avant. Au bout d’un instant, il avait secoué la tête de gauche à droite, soupirant à mi-mots :
« Je ne sais pas…" Un autre silence s’était écoulé, insupportable avant qu’il ne reprenne « Maman vous aime, j'en suis certain... et bien qu'elle ai du jouer plusieurs rôles... je pense que c'est ce qu'il fait qu'aujourd'hui, elle est ici à vos côtés et que ça lui convient mais... je pense qu'au fond, elle ne parvient pas à être ce que vous attendez d'elle parce que... ce n'est pas elle, tout simplement. Elle aimait profondément son monde, sa vie, son... "anonymat" en quelque sorte. En étant Reine... elle a beaucoup de devoirs, de responsabilité, qu'elle assume sans rien dire mais... tous ces regards braqués sur elle constamment, cette espèce d'hypocrisie latente de par son statut... je pense que ça la fait souffrir. Et ça lui rappelle à quel point son monde lui manque. Elle n'aurait peut-être jamais supporté d'être séparé de vous si vous étiez parti sans elle et c'est ce qui me pousse à penser que c'était un bon choix... mais sa tristesse qui revient parfois douloureusement me fait me demander s'il n'y avait pas une meilleure vie pour elle... ailleurs…"
Il avait déglutit, presque douloureusement, songeur. Il l’ignorait, à le regarder. Se disait seulement que peut-être un passé différent aurait pu la combler davantage. Mais en quoi ? Elle était Reine ici… Reine ! Même l’association de ce mot avec Alexis avait causé un vertige à l’ancien ministre. Pourquoi s’était-elle vu propulser à tant de responsabilités qui l’effrayaient tant ? Preminger savait à quel point, elle ne prêtait pas le plaisir qu’il trouvait à rejoindre une foule, à l’adoration et la pression du peuple. Alexis était simple, distinguée et élégante et solitaire en dépit d’être solaire. Il ne pouvait que deviner sa tétanie à la simple conscience des obligations qu’elle devait voir dans cette fonction. Devait en détester le protocole et l’impression que sa vie lui échappait un peu dans son caractère intime. Oui, il pouvait comprendre cela. Après, être reine signifiait avant tout qu’ils s’étaient unis… Cela n’avait-il pas constitué pour elle, un excellent bonheur ? Il avait songé à cette possibilité avec une sorte de vertige intérieur, qu’il chassa d’un bref hochement de tête… Mais cette pensée lui revenait en mémoire, avec la voix d’Hera… L’Amour, n’avait pas gangréné son rêve. Il n’avait pas eu ici tout ce qu’il voulait ? Tout ce qu’il lui fallait ? Lui, doté des pleins pouvoirs et Enora à ses côtés. Erwin avait déjà songé à quel point, elle représentait l’éventualité d’une excellente souveraine. A la fois compatissante, ferme et intelligente, curieuse et bienveillante tout en possédant la capacité d’une profonde fermeté. Elle savait réfléchir dans les moments de crise, ne rechignait pas aux décisions difficiles. Elle ne pouvait qu’être une excellente souveraine. Mais elle devait aussi souffrir du poids harassant du royaume. Etre Reine demandait de la soumettre à une préparation mentale conséquente et un amour plein des codes de ce monde… Favorite en était l’étape intermédiaire idéale. Elle lui permettait de profiter des avantages de ce monde sans en assumer les poids…. Pourquoi ne l’était-elle pas ? Parce que Georgia n’était pas là. Il en pris soudainement connaissance, réalisant qu’il l’avait occulté de ses esprits. Elle, qui pourtant était présente dans l’autre futur… Que s’était-il passé ? La mémoire de sa volonté de se rebeller contre lui, lui revenait… Que s’était-il passé ?
Et pourtant les visages revenaient dans son champs de vision, Isaac, Rose… Et ENORA. Il avait ici ce qu’il désirait. Un monde possible où tout ce qu’il voulait lui était donné. Comment aurait-il pu ne serait-ce que désirer une vie simple ?
- « Il n’y avait pas de meilleure vie ailleurs Isaac. Aucune » avait-il décrété d’un ton solennel, plongeant les yeux dans les siens.
Il parlait pour Lui. Évidemment. Il ne pouvait pas. Ne pourrait jamais renoncer à son ambition démesurée. Encore moins après avoir compris qu’elle pouvait être assouvie selon ses objectifs. Chaque gorgée du futur était une drogue lui encrant l’envie d’y parvenir, et vite ! Et si cela était bien pour lui, elle pourrait s’adapter. Elle le pouvait, il le savait.
«  Hum… je veux bien le croire . Ta mère a toujours été attachée à sa terre natale. Son monde, ces croyances, ces coutumes. Mais elle adoptera celle-ci et son mode de vie j’en Suis persuadé. Cela ne sera pas évident tous les jours mais elle saura le faire sien.. et s’y plaire »
« Il n'aime pas qu'on parle d'elle en ces termes. Mon Père. Il ne m'aurait jamais posé la question. Mais je pense qu'au fond il le sait. Maman est un sujet parfois tabou, quelque chose d'intouchable qu'il garde jalousement pour lui..."
Qu’aimait-elle donc de si particulier là-bas qu’elle ne pourrait retrouver ici ? Ce quelque chose mystérieux qui la faisait pourtant toujours reculer lorsqu’il évoquait son amour pour sa terre d’origine. A Noël notamment, il avait vu l’inquiétude dans ses yeux bleus, lorsqu’elle avait compris qu’il souhaitait réellement revenir sur cette terre. Aussi, sa mélancolie était-elle possible. Oui… C’était son paradoxe. Il se choisissait envers et contre tout. Tâchant d’engoncer par la force les intérêts de ceux qu’il affectionnait dans les siens. Jamais dans l’autre sens. Elle pouvait en souffrir et si elle en souffrait, s’il pouvait le deviner là, alors l’Autre Lui, ne l’ignorait pas également. Il le savait. La connaissait mieux que quiconque.
«  Si elle souffre, bien sûr qu’Il le sait. Mais il ne l’admettra pas Isaac, car il ne désire pas la faire souffrir. Il n’empêche qu’en dépit de cela, il le fait. Car vivre ici est une évidence et un dessein pour lui… Est-ce étonnant ? J’ai toujours été des plus égoïste. »
Le haussement d’épaules qui suivi attestait de l’évidence qu’était à ses yeux cette vérité. On ne pouvait pas attendre de lui une réaction altruiste, après tout, alors pourquoi l’Autre Erwin aurait-il été différent ? Il l’était encore moins qu’il possédait le pouvoir dans sa main et comptait bien s’y accrocher. Au-delà de toutes les informations communiquées par Isaac, Preminger ne pouvait croire que son Autre-Lui était né Roi ou tenait son pouvoir du naturel. Cela ne se pouvait, le miroir l’avait amené à des chemins de vie similaire pour lui en montrer les différentes voies, les latitudes dont il disposait… Cet homme était celui à qui on avait donné ce qu’il avait désiré toute sa vie. Il n’admettrait jamais la douleur causée par ses décisions. En principe, il s’en moquait. Lorsqu’elles touchaient Enora… à présent cela devenait différent… .Etonnement. Et il devait tenter de faire changer les choses, de l’intégrer à ce monde, à sa manière. Mais sans jamais envisager un retour. Il ne pouvait plus revenir en arrière. « Si je regarde en arrière s’en est fait de moi ». Voilà comment il avançait.
- «Mais il est encore temps de changer cela et de la faire aimer pleinement ce lieu comme elle peut le faire ! ». Tant que le voyage n’était pas lancé, il pouvait encore faire en sorte que rien ne se produise ainsi la concernant . Il avait opiné à son propre commentaire puis avait demandé « d’ailleurs… pourquoi est-elle pour autant un sujet tabou ? Son mal-être est si important que ça ? »
Le ton de sa voix était incrédule. Isaac avait tourné la tête vers lui, sans pour autant se déplier.
Bien sûr qu’Il savait ce qu'il faisait. Si elle était un sujet tabou, encore plus. Et plus il saurait, plus il se garderait de requérir conseil et s’obstinerait à considérer que cela n’était qu’une passade. Un mauvais moment à passer. Preminger se connaissait. Ne prenait-il pas conseil pour tâcher d’éviter ce qu’il redoutait. Si cela venait à survenir, nul doute qu’il ferait autrement… Et cela se voyait. Il savait pertinemment qu’Isaac le voyait. Il l’observait et dans la commissure de ses lèvres, Preminger fit la gêne qu’il éprouvait en le fixant. Connaissant sa vérité. Il pouvait le faire. Il était capable de le faire. Il était la même personne après tout.
« Mais alors » commença-t-Isaac. Il hésitait, mais la manière dont les mots lui vinrent pourtant, si naturellement, acheva de convaincre Preminger que la réflexion portée n’était pas le fruit de son imagination sur le vif. Non. Il y avait pensé. Et la seule chose qui provoquait son malaise était, non pas les propos, mais la personne à l’encontre de qui il les prononçait, comme craignant son courroux « S’il sait qu'il la fait souffrir et qu'il ne le désire pas... pourquoi il n'essaye pas au moins de rendre sa peine moins douloureuse ? De trouver un compromis... " Il laissa un silence avant de répondre à la précédente interrogation de son père, secouant la tête «  Je... Je l'ignore... je n'arrive pas à comprendre ou même à me rappeler. Cela vient peut-être d'un moment trop éloigné pour moi, trop enfantin. Quand elle est avec nous, il ne semble pas si important mais... j'ignore ce qui se passe entre eux... je sais juste que Père ne supporte pas qu'on puisse évoquer la possibilité qu'elle soit malheureuse ou pas entièrement le regard tourné vers lui. Je pense qu'il se voile la face sur certaines choses et qu'il refuse qu'on lui montre. Et comme il est ainsi depuis bien longtemps plus personne ne cherche ou ne pose de questions... et c'est ainsi que c'est sans aucun doute devenu tabou et inconnu du plus grand nombre... Ne faîtes pas souffrir la Mère d'Isaac, je vous en prie. Peut-être que c'est aussi pour ça que vous êtes là, pour réparer les erreurs de mon Père avec elle... même si je ne suis pas d'une très grande aide."
« Quel serait le compromis ? » répliquait déjà le ministre, les sourcils froncés, tels un efant tempétueux pris en faute, en levant les bras agacé, « Il ne peut la laisser partir six mois dans son monde, en attendant qu’elle revienne, telle Perséphone dans ses Enfers six mois, ensuite ! Ici demeure MON Monde, Isaac. Enfin, non… Ici se trouve, le centre de mon monde….plutôt… A moins… A moins qu’il ne fusionne les Univers pour qu’il n’en reste qu’un. S’il parvenait à concentrer Tout en Un... » Ses yeux s’étaient allumés, une idée en tête. S’il fusionnait l’ensemble des Mondes en Une seule réalité, le vœu d’Alexis se verrait exaucé, elle ne quitterait pas la Terre. Mais le Sien aussi, il régnerait sur l’Univers entier… Fusionné en UN seul Monde. Bien sûr le Monde connu par Enora serait totalement différemment, mais au moins il n’existerait plus en parallèle, lui enelevant l’envie de se faire à celui-ci. Non ? c’était parfait ! Il avait souri « « Tu devrais lui suggérer. Ou du moins, le mettre sur cette piste. » L’Autre Preminger n’apprécierait peut-être pas l’origine de la proposition sur le moment, mais il allait sans dire qu’elle avait le mérite de régler le problème «  Cela serait un compromis. Tous les Mondes en Un. » Etait-ce étrange de dire que la requête de son fils l’avait touché ? Cela l’avait perturbé… C’était dit avec une douceur, et un Espoir tellement  puissant. Et les phrases concernant d’Enora tournaient dans sa tête telle une ritournelle. C’était comme si cela touchait plus qu’un simple mal du pays, que le mal était plus grand…. Mais quoi ? Si elle avait souffert, elle serait partie. A lexis ne rompait pas devant la souffrance. Elle y remédiait. Et il ne désirait pas la faire souffrir.
«   Ta Mère a une réelle importance pour moi. Et de moi est l’envie de la faire souffrir. » affirma-t-il donc les yeux flamboyants «  Je veux qu’elle soit heureuse… As-tu l’impression que je lui ai fais du mal ? A elle ou même à toi ? »
Isaac l’avait observé en silence. Il n’était pas pour le concept de la Fusion des mondes, cela se voyait. Le contraire eut étonné Preminger, mais qui sait… Peut-être avait-il semé une graine dans l’esprit de son fils ? Lorsque le scientifique soupeserait les options en sa main, peut-être finirait-il par réenvisager cette proposition …
"Je ne pense pas que c'est ce qu'elle voudrait... ou qu'elle serait plus heureuse ainsi…"
Il ne le pensait pas… Mais qui savait, réellement ? Sa question l’avait perturbé pourtant. Au plus haut point. Suffisamment pour qu’il détourne le regard, comme sa mère le faisait, se dérobant à la pression dans l’attachement. Lorsqu’elle ne savait pas gérer cette attente, cette réponse… Il semblait aussi surpris… Il se livrait plus, c’était pour ça. Dans d’autres circonstances, jamais n’aurait-il posé la moindre de ces questions…. Ce devait être l’alcool. Quand bien même cela faisait très longtemps qu’il n’avait plus senti le moindre effet de cela dans ses veines…
Isaac s’était râclé la gorge, soupesant sa question, se redressa, complètement raide, comme presque prêt à déborder… Les souvenirs étaient là, présents. Preminger ne pouvait les voir, mais il les sentait voler, émaner de lui, fragiles et forts à la fois…
Puis dans un souffle, son fils avait exhalé.
"Oui…" Un silence terrible s’était installé. Qu’aucun des deux n’avait rompu. Qu’aucun des deux n’avait osé rompre. Ils le savaient tous deux. «  Je pense qu'il lui a fait du mal parce que si Maman ne laisse rien paraître, Père lui ESSAYE de ne rien laisser paraître. Mais je le connais... je sens quand c'est fictif, même si la plupart n'y parvienne pas. Il regrette des choses à propos de Maman. Quand il l'entends rire au loin, il ne peut s'empêcher de tourner la tête dans sa direction pour capter le moment. Il y a une nostalgie et une douleur dans ses yeux. Pourtant Maman ne semble lui tenir rigueur de rien... mais il s'en veut. J'ignore de quoi... mais je suppose qu'il lui a fait du mal d'une certaine façon. Que ce soit volontaire ou non..." Il eut un pouffement amer. « Père a le chic de toute façon pour blesser sans même s'en rendre compte. Parce qu'il se fiche de tout de prime abord... et qu'avec Maman c'est différent... mais pas facile pour autant. Il lui arrive de penser d'abord à lui, comme avec tout le monde et de réaliser seulement après qu'il fait souffrir. Avec... avec nous aussi..." Il n’avait pas visé qu’Enora et lui-même, il visait sa sœur, également même s’il avait pris grand soin de ne pas la nommer « Oui... avec moi aussi…"
Après avoir dégluti à nouveau, ses yeux s’étaient plongé dans ceux du ministre. Lorsqu’il le faisait, Preminger tressaillait toujours. Même si, à présent, la cause qui l’y poussait était bien différente de celle initiale. Là où autrefois, il redoutait le miroir que le visage d’Isaac produisait sur lui, à présent, il s’y voyait davantage dilué. Ce n’était plus Lui, qu’il apercevait dans ces rires, ses sourires ou même ces regards insistants et intenses.C’était Enora. La manière dont elle l’observait avec une gravité sévère, la manière dont son visage laissait transparaître les émotions et les reflétaient. C’était Elle, Elle derrière Lui. Et il avait l’étrange impression qu’elle l’observait au-delà de son fils, pour le juger des actions qu’il n’avait pas encore commises. Pour les souffrances qu’il lui infligeait à elle, à lui, à eux… C’était presque insoutenable, tant cela reste troublant de fusion. Et presque pris en faute, il avait détourné le regard lorsque Isaac reprenait :
« Si... si je vous donne le conseil de prendre le temps de connaître votre fils le plus précocement possible... c'est parce que je ne l'ai pas vécu avec mon père. Et je pense que ça nous a porté préjudice, à tous les deux. Sa reconnaissance est venue que plus tard, et même si nous avons gagné beaucoup, on ne peut pas rattraper le temps qui passe. Je sais que j'étais une Erreur... et il m'a longuement fait souffrir de ça par rapport à ma sœur. C'était comme s'il cherchait parfois à m'effacer... avant de comprendre, je ne sais comment, que j'avais aussi mon importance... que j'étais digne de son attention et... peut-être de son Amour..." un sourire timide mais douloureux avait traversé son visage "Je continue à penser qu'il ne me l'accorde pas mais Rose soutient le contraire. Je pense qu'elle en a toujours bénéficié à l'inverse même s'il n'a pas toujours été très démonstratif alors... si elle le dit, c'est que ce doit être vrai. Ne perdez pas ce temps avec votre fils, il vous le rendra au centuple. Si nous pouvons passer du temps à discuter et à profiter de certains loisirs ensemble désormais, il y a des douleurs et des brimades du passé qui ne peuvent s'effacer... nous n'avons aucun contact physique autre que nécessaire et je crois s'il lui venait un jour en tête de me prendre dans les bras... je me reculerai de peur d'une attaque... pourtant... je dois bien avouer que j'ai souvent espéré que ça arrive…"
Isaac avait baissé les yeux dérobant son regard à la vue de « son » Père. Preminger avait cependant eu le Temps d’apercevoir l’éclat mouillé qu’avaient pris ses yeux dorés, avant qu’il ne les dirige vers le sol. Isaac n’avait pas pleuré pourtant, n’avait seulement pas seulement réussi à empêcher la vague de tristesse qui l’avait brusquement endigué. Les frustrations causaient ce type de blessure et d’attente… Il avait tant voulu la validation de son Père et finalement, Preminger devait noter que les deux Isaac considéraient en avoir manqué. L’un en était devenu indifférent à n’avoir jamais reçu autre chose des brimades et de l’indifférence, l’autre avait grandi en quête de reconnaissance, à avoir mêlé moments affectifs à exigence cruelle. Il n’était pas surprenant que Preminger accorde sa préférence au second. Il cochait les cases de tout ce qu’il recherchait : une loyauté à toute épreuve et un manque à l’avantage de sa propre personne. C’était ce qu’il voulait provoquer. IL n’aurait pu dire qu’il se sentait touché devant l’émotion vive que le jeune garçon manifestait, au contraire ; mais cependant, une part de lui devait admettre apprécié les moments passés avec Lui. Réellement. S'il devenait ainsi, il finirait par apprécier sa compagnie... Il était persuadé que son Lui faisait de même. Il avait sûrement plus de difficulté à se livrer à lui au regard de débuts houleux et parce qu’il demeurait conscient de la valeur que le manque créait en lui. C’était cruel, certes, mais utile selon certaines circonstances… C’était un talon d’Achille en sa faveur…
Et pourtant, dans ce florilège d’informations, d’analyses, Preminger se sentait...perdu. Sa mémoire le ramenait en permanence auprès d’Enora. Il avait besoin de plus de Temps. Il aurait besoin de plus de Temps… Pour comprendre. Pour penser. La voir peut-être… S’il la voyait peut-être saurait-il ? Mais l’Heure n’était pas à l’exploration du Futur. Le Futur était ce qu’il était...Incertain. Cette promenade n’avait pas vocation à lui offrir toutes les clefs… Preminger le pensait plus que quiconque : seul chacun était Maître de son Destin. Il écrivait le Futur. Et cela n’avait pu que lui montrer à quel point cela était vrai.
Etait-il sur le chemin ? Assurément. S’éloignait-il ou s’approchait-il de cet Avenir ? Il ne pouvait le dire. A bien des égards, il songeait qu’il s’en approchait : le Royaume, la couronne, toutes ces choses tant voulues paraissaient si proches. Les deux Futurs lui avaient montré la voie de la Couronne. Il l’obtiendrait s’il s’en donnait les moyens, et il l’avait toujours fait… Quant à Alexis, le sujet était davantage complexe et curieux. Après tout, n’avait-il pas pour but et objectif d’agir pour le mieux ? Il avait assez de tact pour savoir qu’il valait mieux éviter de la heurter alors… Une telle souffrance. A moins qu’Isaac n’exagère… Ce qui, au regard de son attitude, pouvait s’entendre. Il était sensible, à fleur de peau, après tout, songea le ministre, en lui dardant l’un de ces regards… Oui. Mais.. Mais il n’empêchait qu’il parvenait à analyser fort justement les situations. Sans perdre pieds, avec sang-froid.
Ainsi, cela forçait à lui prendre acte d’une chose. Une chose terrible qu’il avait fait à l’encontre d’Alexis. Mais peste ! Qu’est-ce que cela pouvait donc bien être ? La gravité supposée ne collait pas… S’il avait dépassé plus que les bornes, jamais encore Enora n’aurait poursuivi une relation avec lui, sauf à ce qu’il y ait excuses… Mais cela ne justifiait alors pas la culpabilité stagnante à son égard…. C’était curieux… Curieux. Et.. très désagréable….
Il avait néanmoins hoché la tête, les yeux perdus dans le vague, se forçant à reprendre matière dans cette réalité.
« Je tâcherai d’offrir ce Temps avec mon fils, pour qu’il me le rende au centuple » Quand bien même il l’avait déclamé avoir arrogance, quand bien même il avait songé à son intérêt personnel une fois de plus, toute cette phrase ne consistait pas que cela… C’était une plaisanterie, à destination de son Fils, mais non à son égard… Cela le dériderait peut-être…. Il avait ajouté, d’un ton chargé d’emphase « Rien n’est écrit. J’ai déjà du te le dire, mais je reste persuadé que nous tenons les rênes de notre Destin. Sûrement ici, ai-je seulement la chance de visualiser à quel point celui-ci peut être...vaste et varié ne serait-ce qu’en relations humaines. Mais je reste charmé de cette expérience tout comme de ta connaissance. Et » Il s’était senti hésiter, devinant ce qu’il fallait faire, ce qu’il allait faire. «  Vois ceci comme une vérité...et la preuve que ton Père t’estime, dans cette époque aussi. Si je peux déceler ceci avec tant d’a priori à ton égard, comment ne pourrait-il pas le faire, des décennies plus tard ? Il n’est juste pas dans ses veines de penser à gratifier autrui de son attention…. Mais, je veillerai à améliorer ces choses vues… Et... »
Il avait pris une grande inspiration sans cesser de l’observer. Il était proche… Il était encore Temps de reculer, de changer d’avis, de revenir en arrière, de lui tapoter l’épaule tout au moins ? Non ? Bien sûr… Et pourtant, il ne se donna pas plus matière à tergiverser, non. Celui qui hésite n’avance pas.
Ce fut ce qui le décida. Cette impulsion qui le guida jusqu’à s’approcher davantage de son fils… Une grande inspiration avait précédé le geste avant de brèves secondes d’immobilité. Puis, sans crier gare, il avait saisi son bras, avec une brusquerie nette, pour l’attirer à lui. Son fils s’était raidi, tentant un bref mouvement de recul, déboussolé, mais la poigne de Preminger était la plus forte. Ses bras s’étaient refermé sur la stature du jeune homme rigide et il avait senti ses cheveux frôler sa joue.. Voilà… Il le serrait dans ses bras. Etait-ce à cela que cela ressemblait ? Preminger se sentait… étrange. Il sentait le corps étranger de son fils et… Qu’en penser ? Il ne mettait que très peu de parfum, visiblement, il n’avait pas hérité de sa passion folle pour la parfumerie… Ses cheveux brillaient d’un éclat souple en revanche… Oui… Oui. C’était mécanique, un peu dérangeant mais… cela lui semblait…important ? Pour autant, il ne fallait pas que cela s’éternise trop longtemps non. Voilà qui faisait quoi ? Quinze secondes ? Peut-être une minute ? Il l’ignorait mais en tout cas cela faisait beaucoup trop, il était loin d’être sentimental…. ! Après un Temps qu’il jugea parfaitement adéquat, il s’était reculé :
« Voici donc, ceci comme un présent »
Il en demeurait raide. Gêné de cette expérience passée peu… commune ou courante. Du moins pour lui. Il n’était guère habitué aux effusions, la seule à qui il en dispensait était Alexis et cela était un cas totalement différent. Là… c’était donner de l’affection différemment et il ne s’était jamais prêté à cet exercice…
Et c’était ce qu’Isaac ne pouvait s’empêcher de noter, tout aussi désorienté qu’il l’était… Il s’agitait un peu, le regard fuyant et proche pourtant, mais osant finalement plonger ses yeux dorés dans ceux dorés de son père.
Ce qui n’empêcha pas Preminger de lever le menton comme s’il venait là d’accomplir un Grand Geste. Peut-être était-ce le cas, après tout. Peut-être avait-il scellé le début d’autre chose, le début...du Futur ?
« Un commencement pour l’Autre Isaac et un présent de la part de ton Père, pour le cas où l’occasion ne se présenterait jamais. »
Le regard d’Isaac s’était chargé en surprise sincère, et Erwin pouvait voir ce qu’il pensait à cet instant précis, il songé qu’il avait réussi avec Lui, ce qu’il n’était pas parvenu à faire avec L’Autre.. Il avait éveillé quelque chose. Et il pensait vrai. Ce n’était que l’exacte vérité. Ce qu’il avait ressenti pour son fils ce jour, était une surprise renversante, mais plaisante… Le jeune homme avait penché la tête, baissant la tête pour observer son corps, la situation surprenante et ce privilège qu’il venait de vivre, évidement, le regard aussi intéressé qu’émerveillé, pour à nouveau plonger ses yeux dans les siens :
« Alors bonne chance ».
Sur le moment, Preminger s’était demandé ce qu’il lui valait le sourire en coin presque trop assuré par rapport à ce qu’il venait de se produire.
Puis il l’avait vu. Le brouillard qui tournoyait, noyait progressivement les murs, les décors, dans une couleur unique. Il partait… Il avait déjà vécu ce départ… Cet arrachement presque malgré lui, ce tournis qui se fondait à présent tel du sable… Et. Isaac. Il l’avait observé une seconde encore, encore parfaitement net, encore parfaitement là, devant lui. Ce Fils dont il ne voulait pas. Cette Erreur. Ce nouveau départ… Ce…
Il avait tâché d’avancer sa main, lorsqu’il l’avait vu progressivement se brouiller à son tour. Mais sa main était restée clouée le long de son buste. Non par désintérêt, mais parce que cela ne servait à rien. Il ne pouvait l’empêcher et tout ce qu’il saisirait s’apparenterait à de la brume… Insaisissable. Évanescent… Isaac s’était dissipé, se changeant de la transparence de l’eau pour disparaître brusquement…
Le laissant dans le Noir, littéralement…
« Comment s’est passé cette délicieuse balade, mon cher ? Vous êtes resté là-dedans si longtemps que je suis certaine que vous avez dessoûlé »
Malgré lui, Preminger avait manqué de sursauter à l’entente de cette voix, assurée et sirupeuse. Presque sortie du Néant. Mais en avait aussi reconnu la propriétaire. Hera…
Il avait battu des cils, pour habituer ses yeux à cette obscurité, puis l’avait finalement aperçue. Là. Dans cette pièce. Non loin du miroir. Etendue indolemment sur un divan grec , qu’elle avait du invoquer d’un simple geste de la main, un verre de vin dans la main qu’elle avait levé à sa vue… Portant un toast à son intention, un sourire amusé plaqué sur le visage. A l’en croire devant la télévision…
Il avait évité tout commentaire acerbe sur le sujet. Se sentant. Vidé. Vide de colère et de lutte contre ses envies, ses refus et ses rejets. Il ne voulait pas faire le deuil d’Alexis dans sa vie pour des craintes inutiles. Ces avenirs prouvaient tout. C’était envisageable. Un avenir où il parvenait à ses fins tout en la gardant à ses côtés… S’il mettait de côté cette sorte de douleur qu’il lui avait infligé. Il convenait seulement de ne pas reproduire les mêmes erreurs… Peut-être... Peut-être devait-il aller la voir. Pour rien et pourtant pour beaucoup. Il frapperait seulement à sa porte. Elle serait là. Et même si elle ne le dirait pas, sa vision lui ferait plaisir. Et à lui aussi... Peut-être pourraient-ils aller boire un thé? Il avait besoin d'un moment simple et vide de complications à ses côtés... Et sûrement le désirait-elle aussi.
Il se sentait...rempli d’idées et d’envies nouvelles. De connaissances et d’informations également… Rempli de ce qu’il n’avait pas encore mais qu’il pouvait avoir et qu’il voulait avoir, non pas cet avenir, mais dans Son Avenir. Le trône, la Couronne, Enora….. L’Immortalité… Aussi, Rose.
Et Isaac.
Oui... même Isaac.

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