« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
sans jamais vous laisser décourager. » (Walt Disney)

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 A Russian Christmas - Erwin & Alexis

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

| Avatar : Rufus Sewell

A Russian Christmas - Erwin & Alexis Vba9
- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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| Conte : Coeur de Princesse/Le Prince et le Pauvre
| Dans le monde des contes, je suis : : Preminger

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| Cadavres : 1319



A Russian Christmas - Erwin & Alexis _



________________________________________ 2022-12-26, 23:28 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




A Russian Christmas



La Russie… Aussi loin que Preminger s’en souvienne, ce pays, sous la malédiction, lui avait toujours évoqué des paysages qui se trouvaient aussi sauvages et élégants que les personnages romanesques qui s’y éveillaient. Était-ce la brutalité du climat ? La froideur asséchée qui nimbait chaque panorama d’une vivacité glaciale ? Cet endroit lui paraissait dur, abrupt et pourtant mué d’une grâce particulière. Pour autant, n’en déplaise à l’imaginaire de l’ancien ministre, ses valises démesurément trop nombreuses et son style vestimentaire digne d’un Romanov clinquant lui avaient valu un contrôle approfondi à l’arrivée de l’avion. Les autorités administratives rappelaient à quel point ce pays ne trouvait dépossédé des couronnes et des titres…
Il connaissait la réputation du chef d’État de ce pays… quand bien même il n’avait rien à se reprocher et avait patiemment attendu la fin du long contrôle d’identité subi…
Alexis ne s’était pleinement relâchée que lorsqu’ils avaient pu franchir librement la porte de l’aéroport, passeports et documents en main.
A présent que leur séjour avait été officiellement autorisé – il aurait été fort désappointant de refuser l’arrivée du futur souverain mondial – Preminger continuait de songer que l’ensemble de ce pays demeurait fascinant. D’autant plus la ville qui retenait leur séjour. Saint-Pétersbourg possédait un charme réel, presque suranné à l’architecture renversante. Lorsqu’ils s’y promenaient, les siècles d’histoire s’étalaient devant leurs yeux se mélangeant à la modernité de certains édifices, rappelant le poids des ans. Ils avaient pu la visiter progressivement depuis leur arrivée, découvrant les rues au fil des jours, paisiblement, non pressés par le Temps, davantage par l’ivresse de la découverte.
Ils flânaient, se laissant l’occasion de la nouveauté.Ils dégustaient quelques mets locaux, commentaient certains peintures au gré des allées des musées. Le Temps était pour eux. La météo...parfois moins. Mordant, acéré, le froid manquait de les décourager, mais le concernant, le ministre s’était vite constitué une collection de chapkas, chapeaux et fourrures en tout genre qui achevait de le tenir au chaud avec une classe aiguisée. Une « excuse » pour reconstituer une garde-robe qui n’en n’appelait pas le besoin.
Ce soir ne ferait pas exception… La neige s’abattait sur la ville avec une force considérable. Il pouvait en voir les fins flocons voleter par delà la vitre, pour mieux recouvrir la ville d’une couche molletonneuse sachant qu’ils saisiraient les inopportuns qui s’y exposeraient. Achevant sa toilette, Erwin était sorti, après un temps « convenable » rejoindre Alexis dans leur chambre d’hôtel, consultant sa montre. Ils étaient dans les temps… Il la trouva assise, non loin de la fenêtre, Isaac sommeillant à moitié dans les bras de sa mère, la tête juchée par dessus son épaule, fasciné par ce qui se déversait dehors. Puisqu’il pouvait apercevoir la vitre, il devinait que le bambin s’émerveillait de cette vision blanche et douce. La neige fascinait et Isaac ne semblait pas en être épargné. Et pour autant, Alexis prenait grand soin à lui éviter toute exposition à l’attaque foudroyante du froid. Aussi, la plupart du temps, lorsqu’ils sortaient, ils le laissaient à la garderie de l’hôtel bien davantage qu’à se risquer de le promener dehors. Il faisait bien trop froid, il y avait que quoi geler un nourrisson… Ou alors, peut-être était-ce lui qui se révélait particulièrement excessif ? Peut-être. On ne l’était jamais trop. Et puis, sa mère partageait au moins son avis, concernant Isaac.

« Je pourrais dire que j’ai fait au plus vite, mais ce serait faux... » affirma-t-il dans un rire étudié, prenant la peine de souligner d’une main le costume en velours d’un bordeaux violine qu’il revêtait.

Son sourire s’était élargi face au regard que lui avait donné la jeune femme. Il y avait de l’admiration face à sa Beauté bien sûr mais cela ne s’arrêtait pas là. Une dose considérable d’amour aussi.
Sa maîtresse avait fini par se lever, prenant néanmoins un instant pour se détourner de lui et permettre à Isaac de contempler encore le spectacle qui s’écoulait dehors.
Le regard du ministre était demeuré sur elle, appréciateur, jaugeant encore la robe soyeuse qu’elle avait décidé d’arborer pour l’occasion et qu’il avait découvert quelques temps avant sa propre mise en beauté. Elle était splendide, particulièrement taillée pour la soirée au théâtre et, penchée vers la fenêtre, l’éclat du lustre soulignait la couche de paillettes posées à même la libre capillaire qui souligné son chignon élaboré. Cela desservait pas l’ensemble mais donnait bien plus un style élaboré à l’ensemble de sa mise. Les paillettes se fondaient dans sa chevelure, rappelant davantage l’impression d’une coulure d’ argent glissée à même les cheveux qu’un malaxage de paillettes. Un chic assumé et une touche d’originalité qui le faisait la considérer avec une fierté mêlée de tendresse. Il ne pouvait pas dire qu’il avait poussé Enora sur le chemin d’une garde-robe bien plus pointue, elle savait parfaitement se vêtir en conséquence des buts à atteindre et cela dès sa jeunesse et leurs retrouvailles... Elle ne le faisait pas avec l’amour et la passion qui le mouvait lui, mais était tout de même particulièrement efficace en la matière. Certes, traînaient aussi dans ses placards une quantité curieuse d’habits pour le moins contestable qu’il affectionnait moins mais qui faisaient aussi partie d’elle. Des ensemble licornes aux T-shirts rock’n’roll… Oui. Chacun possédait sa part d’excentricité. Il savait aussi qu’en retour, ses propres choix vestimentaires ne trouvaient pas forcément enthousiasmes permanents chez elle. Mais ils assumaient tous deux ce qu’ils étaient et… Il aimait son style. Elle était le parfait complément du sien.

« C’est brillant.. Dans tous les sens du terme, Trésor » avait-il sourit en lui tendant le bras pour l’encourager à avancer jusqu’à lui, lorsque son buste avait de nouveau pivoté vers le sien.

Leurs manteaux enfilés, ils avaient confié Isaac sous bonne garde à l’accueil de l’hôtel et après un énième baiser gratifié au petit de la part de sa mère, ils avaient rejoint leur taxi qui stationnait patiemment à l’entrée du grand perron. Alexis avait jeté encore un coup d’oeil par dessus son épaule, comme cherchant du regard son fils qui avait pourtant déjà du être emmené à la garderie.

«Il se plaît là-bas, tu sais… Et puis, il me semblait fatigué, non ? Je parie que le sommeil le trouvera rapidement et sa peluche favorite l’y aidera. »

A vrai dire… il n’était toujours pas très bon pour deviner l’état émotionnel de son fils. Le petit Copycat pourtant possédait un visage assez expressif par moments et la similarité de ses traits aurait du le pousser à le lire comme dans un livre ouvert et pourtant… l’inverse se produisait. Les lignes, proches, de son visage, ne s’exprimaient pas comme les siennes. Pour beaucoup, il était, malgré tout, moins expressif, plus intérieur. A l’avenir, il le serait même encore plus. Peut-être était-ce le signe que son caractère s’affirmait déjà…
Dans tous les cas, il ne se faisait pas d’illusions sur le fait que l’enfant se trouva entre de bonnes mains.
Bientôt, le Saint-Pétersbourg nocturne s’étira sous leurs yeux, alors que le taxi filait dans la nuit . Leur hôtel n’était pas éloigné de leur destination, pour autant…il convenait mieux de s’y rendre par ce biais. Outre éviter le froid qui s’accentuait la nuit, cela permettait de s’offrir une arrivée fracassante au bord des marches de l’édifice et Preminger ne résistait que rarement à une telle faculté. Il observait pourtant, défiler par la vitre, les lueurs de la nuit éclairant la ville noctambule. Le ciel se trouvait dégagé, sans nuages mais sans lune. Idéal… Ils disaient que ces phénomènes ne s’observaient que lorsque la lune s’éclipsait du ciel leur laissant la pleine et entière voie pour s’y refléter… Le Temps s’annonçait parfait… Un sourire fin naquit sur sa bouche sculptée puis il s’écarta de la vitre, tournant la tête pour dévisager son amante. Elle souriait paisible, et tourna la tête vers lui lorsqu’elle sentit son regard sur le sien.

« Casse-noisette… Ce spectacle sera sûrement plus grandiose… Ce sera une expérience à vivre, ce soir. Je me prépare personnellement à être époustouflé… ».

Son ton était joyeux… Et cependant… Preminger avait craint, presque, que le choix du ballet ne lui rappelle quelques souvenirs désagréables de leur Noël précédent. Après tout, ce conte avait marqué le début et le symbole de leur dispute ce jour. Au point, où il avait, fut un Temps, songé à annuler leurs billets et à commander autre chose. Pour autant, il était persuadé à présent que cela aurait été la pire des choses à faire. L’équivalent d’un refus du passé. Il ne reniait rien. Ce qui s’était produit, avait eu lieu. Et il convenait admettre que d’une certaine manière, cela avait été...pour le mieux. Ils avaient été séparé un long moment par leurs sentiments et leurs postures, cependant… ils s’étaient davantage révélés. Dans leurs retrouvailles et leur avancée mutuelle sur la question. Si elle s’y était opposé, peut-être. Mais vraisemblablement, elle adoptait la même optique que lui, sur le sujet.
Il avait étendu la main gauche vers elle, pour effleurer du bout de ses doigts sa joue.

« Je trouve ces vacances pour le moins parfaites » susurra-t-il, ses yeux dorés pétillants. « Et je suis ravi que nous puissions avoir ce Noël ensemble...en famille ».

Depuis qu’il avait parlé avec Hera, depuis les événements de ces derniers mots, sa relation avec son fils s’était… aplanie. Et il fallait dire de ce petit bambin, qu’il n’était pas si dérangeant que cela…
Et tout paraissait découler d’une évidence, d’une vie familiale normale…
Et dire que toute cette petite semaine aurait du totalement impossible. Après tout, Georgia demeurait une véritable donnée à prendre en compte dans leur vie quotidienne. Sa femme ne se méfiait peut-être pas de ses incartades tardives le soir, il fallait tout de même mettre les bouchées doubles pour qu’elle puisse admettre son absence en période de Noël… Elle tenait à cette fête et il était normal pour elle de le célébrer en famille.
Pour mettre à bas ce souhait, il avait décidé d’user d’un stratagème particulièrement retors, une faiblesse de son épouse qui ne dépendait pas de lui, mais qui faisait battre son cœur d’une manière irraisonnée et maternelle : l’ombre de sa fille, la princesse Anneliese.
Depuis la rupture de la malédiction, Geneviève avait cherché sa fille. Le visage de son enfant avait été le dernier souvenir emporté de son royaume si bien qu’elle ne parvenait pas à abandonner malgré elle, le secret espoir de la croire en vie. Elle devait d’ailleurs avoir raison, la bougresse. Et s’il n’en n’avait jamais rien laissé paraître, Preminger avait, dès les souvenirs retrouvés, agit dans le même parallélisme pour tenter de retrouver la trace de la princesse disparue. En vain. Leurs recherches s’étaient révélées toutes deux, particulièrement infructueuses...
Geneviève avait cherché avec autant d’acharnement, que lui, avec une volonté bien plus morale et belle que le dessein qui le poussait à tenter de la retrouver pour terminer son œuvre, mais la reine disposait de moins de moyens et de ruse. Elle s’était adressé à moins bons, plus moraux, plus charlatans aussi… Si bien qu’après une énième piste, éprouvée et son coeur souffrant encore davantage qu’à l’annonce de sa disparition, chaque espoir soufflé se résumant à un clou supplémentaire dans le cercueil de sa fille, elle avait fini par abandonner. Progressivement, douloureusement, elle s’était rangée à l’idée que sa chère petite fille avait bien péri dans l’effondrement de la mine comme il le lui avait signifié des années auparavant et que sa mort dans un accident de voiture dans la malédiction suivait le même cheminement. Cette étape avait permis de les ancrer dans une « relation de confiance ». Et lorsque l’ancien ministre avait décidé de s’accorder des vacances hivernales aux côtés de sa maîtresse, il avait tout de suite su quel angle attaquer.
La piste d’Anneliese avait refait surface. Subitement. Une lettre mystérieuse d’un détective que sa femme avait embauché des années auparavant. Cette fois, il ne l’avait pas laissée suivre ce cheminement seule, non. Ils avaient travaillé de concert dans les recherches, si férocement qu’il avait vu l’espoir renaître chez sa femme. Tellement qu’ils avaient convenu de suivre tous deux, séparément une piste similaire… Et quelle tristesse que ces deux pistes les poussa dans des retranchements si conséquents qu’ils se trouvâtes dans l’impossibilité de rentrer…
C’était cruel, à n’en pas douter. Qu’importait. Il l’avait toujours été. Il tirait même un plaisir sadique à la savoir poursuivre une vaine actrice embauchée pour l’occasion et se reconstituer ses espoirs pourtant mis en miettes.
Et de plus, cela permettait d’effacer encore davantage les soupçons d’Alexis quant à la nature de la relation qui le liait à sa femme..puisque celle-ci admettait sans difficulté qu’il puisse s’absenter à Noël. Que demander de mieux ?
Le chauffeur avait ralenti et se détournant de sa maîtresse, Preminger avait vu se profiler l’édifice qui les attendait. LeThéâtre Marrinski était fidèle à sa réputation: splendide. L’architecture russe possédait une splendeur non négligeable. Il y notait d’ailleurs des inspirations nouvelles quant à ce qu’il désirait reproduire dans le monde des contes. Sans omettre qu’Enora y trouvait aussi, un plaisir non dissimulé. « Guerre & Paix ». N’était-ce pas le livre qu’elle avait emporté lorsqu’il l’avait retrouvé à Paris pour la première fois ? Avant que tout ne dérape. Ou que tout se reconstitue au contraire. Aucune erreur ne s’y était produit. Cela n’avait, finalement était, que la simple logique qui découlait de ce moment et de ce qui les constituait.
Aussi, puisqu’elle semblait tant apprécier la littérature russe, il prenait un plaisir satisfait à l’observer contempler chaque monument, chaque coutume qu’elle découvrait vivante, prise de vie devant elle. Oui… Il pouvait tout à fait créer plus tard un théâtre aussi somptueux pour la représentation de ballet… Ou peut-être pouvait-il même emmener l’édifice même là-bas pour le lui octroyer ? Voilà qui pouvait résulter un très bon cadeau de Noël à venir…
Le taxe s’immobilisa tout bonnement devant le Théâtre.

« Nous y allons, ma mie? » interrogea-t-il d’un ton le plus suave, après avoir réajusté sa fourrure.

Il lui tendit la main et il sentit le bout des doigts de la jeune femme glisser dans sa paume. Comme une évidence.
Alors, il s’extraya du « carrosse ». Le vent glacé fut la première chose qui les accueillit. Puis la lueur bien particulière qui se projetait du théâtre lui même, rejaillissant sur leurs tenues, faisant briller la fourrure soyeuse de son manteau. Il aida Enora à le rejoindre, avec sur les lèvres le sourire d’un acteur pris au milieu d’une foule jalouse et béate. Ils gravissaient les marches et son orgueil grandissait. Il tournait parfois la tête et souriait à Enora, tout transporté dans son moment sans pour autant en devenir inaccessible. Ils le vivaient ensemble chacun à leur façon. Tout comme dans le grand hall, il avait confié ses fourrures au videur puis avait rejoint sa chère amante, la fierté accrochée aux lèvres.Les curieux avaient tourné le regard vers eux et ils étaient beaux, puissants et invincibles.
Ce fut avec cette certitude vissée au cœur qu’ils s’assirent dans les lourds fauteuil de velours rouge et que le spectacle débuta.
Ce soir serait une nuit parfaite. Ce soir, Noël remiserait le désastre de l’an dernier au rang de gâchis nécessaire. Ce soir, ils brillaient.


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C'est au détour d'une Ombre
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Tu es comme tu es... mais malgré les erreurs, tu me rends parfois la vie de maman célibataire plus douce...


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Edition Octobre-Novembre 2020

A Russian Christmas - Erwin & Alexis 21op

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A Russian Christmas - Erwin & Alexis 378254admin

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A Russian Christmas - Erwin & Alexis _



________________________________________ 2023-02-10, 21:44 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




A Russian Christmas



Assise dans la pénombre, dans le silence, je savourai l’instant qui s’offrait à moi, emplie d’une plénitude qui m’écrasait presque et dont je ne pouvais ressentir que de la gratitude. Les bruits étouffés qui provenaient de la salle de bain me berçant, tout comme la respiration forte et régulière d’Isaac, lové dans mes bras. On observait tous les deux la neige qui tombait au-dehors, avec lenteur et poésie, derrière un décor de bâtiments inconnus et inhabituels pour les Américains que nous étions. Rien n’était similaire à ce que nous connaissions, lui de sa toute petite vie, moi de celle que j’avais, un peu plus grande. C’était un sentiment qui m’effrayait autant qu’il m’apaisait à chaque fois. A force de mes voyages, j’étais familière à l’idée de voir des décors qui ne me faisait pas penser à la maison mais je n’en prenais jamais l’habitude. Cette sensation d’être ailleurs, dépaysée, d’avoir accompli quelque chose de fou et d’être si petite dans ce vaste monde, si insignifiante face à des milliers d’années d’histoires si différentes de celles que je connaissais, qui me composaient. C’était un moment si grisant, ce moment qui rendait le présent presque tangible, qui m’aidait bien, plus qu’à l’accoutumé, à profiter de l’instant présent, de m’estimer chanceuse et pleine de gratitude pour l’opportunité que la vie m’offrait. J'étais vivante. Et je me sentais, moi-même, faire part de ce monde, moi qui avais pourtant tendance à m’oublier. Nous étions ailleurs, totalement nouveaux et perdus, prêts à découvrir et goûter les magies que la vie avait fait naître différemment à travers des histoires et des cultures autres. Isaac avait sans doute vécu cette différente à pleins poumons. Je sentais sa respiration parfois s’enrayer sous l’effet d’un mucus qui se faisait parfois épais. Il avait sans doute pris un peu froid, mais la joue que j’avais un peu plus posé sur son front m’avait rassuré sur le fait qu’il n’avait pas de fièvre.

J’étais allée à la douche en première, en était sortie en peignoir, laissant à Erwin tout le loisir, bien plus long que le mien, de se préparer. J’ignorai tous des moments qu’ils passaient ensemble quand je m’éclipsais mais notre fils semblait de plus en plus enclin à mesure que le temps passait à l’idée de rester seul avec lui, dans le calme, sans s’affoler de ne plus m’avoir dans son champ de vision.
Nous étions ensuite tous les deux descendus au salon d’esthétique de l’hôtel, dans lequel j’avais réservé une place pour me faire maquiller et coiffer. C’était un plaisir que je ne m’offrais que très peu. Je savais me maquiller, me coiffer avait toujours été plus compliqué mais l’idée même de payer uniquement pour un brushing me semblait être une perte de temps. Pourtant, je savais qu’Erwin avait fait les choses bien ce soir, que nous avions des places extrêmement bien positionnées dans le mythique théâtre qu’était le Marinsky et j’avais lu dans un guide de voyage que les Russes portaient un intérêt plus que particulier à l’apparence, notamment dans des soirées mondaines comme celles-ci. C’était à celle qui aurait la plus belle coiffure, le plus beau maquillage et pour ce moment qu’il avait décidé de partager avec moi il y avait de cela un an, j’avais décidé d’accepter que je pusse faire partie de ce monde et de me chouchouter plus que de mesure.

Nous avions opté pour quelque chose que je n’avais jamais fait. Un chignon bas, élaboré et moderne, avec des cheveux presque gominés pour un effet humide. J’avais accepté de la laisser maquiller mes cheveux à l’aide de grosses paillettes argentées qu’elle avait fait remonter de la naissance du chignon vers le milieu de mon crâne, comme pour rajouter une dose de féérie. J’avais dû insister pour avoir un maquillage léger, les Russes n’ayant apparemment pas la main morte sur le fond de teint et les artifices mais elle m’avait tout de même gâté d’un magnifique cat eye ombrageux, d’un teint de porcelaine réhaussé de blush et d’un rouge à lèvre rouge assez audacieux. Une fois remontée, j’avais enfilé avec douceur la robe bleu qu’Erwin m’avait offert il y avait de cela un an, sans m’empêcher de penser que celle-ci me faisait d’une certaine façon penser à la Anastasia du dessin animé, non sans un sourire. Je m’étais promis mentalement d’en parler à Anya, de lui montrer une photo, pour voir ce qu’elle penserait de tout cela. Bien sûr, comme il fallait s’y attendre, Erwin n’était toujours pas sorti. Isaac commençait à somnoler et m’avait réclamé avec un peu plus de gémissements, comme à chaque fois qu’il s’épuisait sans avoir la possibilité de dormir. Je ne voulais pas le coucher tout de suite. Je préférais que la nourrisse de la garderie arrive et que nous soyons partis pour qu’elle le fasse, pour éviter de le perturber si jamais il se réveillait alors que nous n’étions pas encore rentrés. L’hôtel était plus que luxueux, je savais que les gouvernantes étaient sans aucun reproche mais je ne pouvais m’empêcher de tenter de le préserver de tout stress inutile. Alors il était monté sur mes genoux pour venir loger sa tête dans mon coup, son doudou loutre chiffon fermement agrippé dans un de ses petits points, sa tétine parfaitement en place sur sa bouche. Il avait tenté de sa petite main libre de toucher à ma coiffure mais je l’en avais empêché, détournant son regard plus vers la neige tandis qu’il me gratifiait d’un “Beye” qui voulait dire qu’il me trouvait jolie et nous nous étions mis à parler ensemble de la neige qui tombait tandis que je le berçais.

Lorsque la porte s’ouvrit enfin, Isaac dormait presque, je lui caressais le dos machinalement, sentant la fatigue me gagner aussi par le son de sa respiration qui m’apaisait.

— Je pourrais dire que j’ai fait au plus vite, mais ce serait faux...

J’avais tourné la tête dans sa direction, un sourire moqueur sur les lèvres. Il n’avait au moins pas l’affront de me mentir sur ce moment et le rire qui était sorti de sa gorge confirma ma pensée : il fanfaronnait. Et il y avait de quoi, il avait peut-être mis deux siècles et demi à sortir de là, mais lorsqu’il l’avait fait, il était apparu absolument magnifique, dans un costume que je ne l’avais jamais vu porter encore mais qui lui allait à merveille. Tout en me levant, j’avais pris garde de laisser Isaac observer la neige encore un peu, le sentant se contorsionner sur ma poitrine, affolé à l’idée de perdre son spectacle. J’avais un peu déplacé mon fils dans mes bras pour qu’Erwin puisse voir à son tour ma tenue, celle qu’il m’avait offert il y avait un an, comme pour symboliser que la boucle était bouclée. Avec taquinerie et une voix douce pour éviter de trop réveiller Isaac, je lui avais précisé :

— Je commençais à croire que tu t’étais noyé là-dedans, j’ai failli m’endormir au même titre que le petit, ça aurait été bête... M’enfin... au moins le résultat est à la hauteur de l’attente. Tu es magnifique, mon amour.

— J'aime être là où on ne m'attends pas. L'effet n'en n'est que meilleur.

Je m’étais approchée de lui avec douceur en riant pour déposer un tendre baiser sur la commissure de ses lèvres. Ce n’était pas mon habitude d’y aller aussi franco sur le compliment et le petit nom, mais c’était Noël pour tout le monde, non ? J’avais passé ma main sur le bord de sa veste, en caressant le velours d’un air appréciateur :

— Il est rare que tu mettes des tenues et des couleurs aussi... sobres, je dirai. Mais ça te va très bien aussi, j’aime beaucoup.

Il avait eu un sourire satisfait avant de poser sa main sur la mienne, stoppant mon exploration par la même occasion :

— Par ailleurs, il était acquis que cette robe te siérait à merveille, mais je suis réellement ravi d'avoir su le déceler. Tu es splendide... Faite pour l'occasion et pour celle qui l'arbore. Quant aux cheveux... il me semble avoir aperçu quelque chose de peu anodin... Peut-être...si tu te tournais...

Je lui avais souri, me sentant rougir de la force de son compliment. Je n’avais pas tendance à me trouver “splendide”, mais le fait qu’il le pense en cet instant me faisait fortement plaisir. Déjà parce que j’avais l’impression de faire honneur à son cadeau, ensuite parce que ma petite virée au salon avait porté ses fruits. Et si Erwin n'était pas avare en belles paroles à mon égard, gourmand d'en recevoir à son tour, il était rare que le qualificatif soit aussi fort, ce qui avait encore plus décuplé mon moment d'égarement.

— Je dois bien avouer que j’avais beaucoup aimé la robe quand tu me l’as offerte et j’attendais l’occasion parfaite de la porter... elle est un peu excentrique et moi je... ne le suis pas autant que toi, disons. Mais je me suis dit que ce soir serait parfait, je suis vraiment contente que ça te plaise à ce point. Oh... il est possible que tu aies bien vu, oui...

Je lui avais souri d’un air mystérieux avant de me tourner avec lenteur pour le laisser découvrir dans le même bon ton de minauderie que l’avait été sa phrase. Parfaitement indifférent à notre jeu, Isaac de son côté, s’était juste contenté de tourner la tête pour continuer à observer la neige. J’étais restée dos à lui, pour lui laisser pleinement prendre mesure de la coiffure :

— Tu aimes ? Je me suis dit que ça pourrait être pas mal de tenter quelque chose et la coiffeuse avait véritablement l’air emballée à l’idée de me proposer ça...

— C’est brillant.. Dans tous les sens du terme, Trésor.

Il avait eu un petit rire mais loin d’être moqueur, j’avais plutôt senti en lui de la joie et de l’appréciation. Est-ce que c’était étonnant venant de la part de quelqu’un qui portait une bague à chaque doigt et des costumes aux couleurs plus qu’originales par moment ? Il était dans son élément et savoir que je le suivais sur le même terrain ce soir semblait le ravir. J’en avais moi-même sourit, sincèrement touchée et contente que ça lui plaise à ce point. Je l’avais senti s’approcher de moi lentement, tout en posant sa main chaude sur mon dos nu :

— L'excentricité te sied parfaitement lorsque tu te l'approprie, Enora, tu devrais l'oser plus souvent.

— Mais j’ai ma propre excentricité, Erwin... sauf que quand je l’exprime tu as plus tendance à râler si tu vois ce que je veux dire.

J’avais eu un rire amusé, tournant la tête vers lui pour l’embrasser sur la bouche et lui préciser de la même façon que je ne lui en tenais pas rigueur. Tous deux savions que ce n’était pas exactement ce qu’il avait voulu dire mais pour le moment, je préférais encore garder le clinquant de son côté de notre couple, l’image de la robe de bal dans ce monde futuriste il y avait deux ans de cela, me revenant tout de même en mémoire. Après un énième sourire et baiser, il m’avait tendu mon manteau, un de ces grands manteaux qu’il avait validé avant notre départ, me refusant une bonne vieille doudoune épaisse mais efficace contre un long manteau nettement plus classe, certes, mais dont je doutais de l’efficacité face au froid mordant de St-Pétersbourg, malgré ses bords en fourrure. Nous en étions venus à un consensus : la doudoune pour la journée, le manteau pour le soir, ce qui n’avait pas spécialement rendu le bouclage des valises des plus évidents. J’avais ensuite porté mon fils jusqu’à la garderie et l’avait laissé non sans un énorme baiser et avoir passé en revu avec la gouvernante les règles qu’elles devaient suivre pour la soirée, comme l’heure à laquelle et devait le ramener à la chambre pour le coucher. Je l’avais quitté à regret, me sentant coupable de le laisser pour une soirée alors que c’était son Noël à lui aussi. Nous étions que le 23, je savais qu’il fêterait le 24, 25 avec nous mais ma culpabilité ne me quittait pas, me forçant un ultime regard vers la réception avant d’entrer dans le taxi.

— Il se plaît là-bas, tu sais… Et puis, il me semblait fatigué, non ? Je parie que le sommeil le trouvera rapidement et sa peluche favorite l’y aidera.

— Oui... oui je sais... et tu as raison, il a son doudou. Il avait déjà l’air mort de fatigue, il ne s’est toujours pas remis du trajet je pense... je peux le comprendre...

Le pauvre. Je l’avais pensé mais je n’avais pas fait l’affront de le dire. Parce qu’il y avait pire “pauvre garçon” qu’Isaac quand on y pensait. Il fêtait Noël dans un pays étranger, une toute première découverte pour un si petit garçon... beaucoup n’avaient pas cette chance, jamais ou très tard sinon. Mais n’en restait pas moins que 15h de vol pour un enfant de 15 mois, ça restait tout de même une épreuve. Nous aurions pu demander à nous faire téléporter, mais Erwin avait déjà tout organisé et je devais bien avouer que j’avais aussi aimé l’idée que nous faisions cela seul, sans avoir besoin d’y mêler quelqu’un d’autre.

J’avais détourné mon regard de la vitre tandis que l’hôtel s’éloigner pour observer Erwin avec un sourire. Il semblait lui aussi plongé dans ses pensées, observant le décor aux alentours et le ciel avec une certaine attention qui m’échappait. Le laissant à son moment, j’avais à mon tour détourné le regard pour observer ces bâtiments si droits qui bordaient les rues, de couleurs différentes. Les rues étaient peuplées, malgré l’heure, malgré le froid. Les Russes semblaient si habitués à la rudesse de leurs hivers que ni ls imposantes montagnes de neige, ni les épaisses couches de verglas semblaient les empêcher de vivre leur vie à leur rythme. C’était comme si on leur avait greffé des patins aux pieds : chacun évoluait sur la glace qui recouvraient les trottoirs sans même se soucier de l’éventualité de tomber, marchant à vive allure. Même les températures profondément négatives ne semblaient pas avoir raisons d’eux... peut-être aussi parce que malgré les –25 que pouvait afficher le thermomètre, le fond de l’air restait sec, ne s’insinuait pas sous les vêtements en mordant et brûlant. C’était une sensation nouvelle qui m’avait pleinement saisie à la sortie de l’aéroport et à laquelle je n’arrivais pas à m’habituer, moi qui venais d’un endroit aussi humide que le Maine. C’était ça qui était magique avec St Petersbourg, tout semblait parfaitement ordonné et rien ne semblait avoir de sens non plus. Les bâtiments impérialistes se mêlaient aux bâtiments communistes comme s’il n’y avait jamais eu une guerre mortelle entre les deux. Tout était entretenu de la même façon... tout avait encore ses couleurs... et pourtant tout semblait tomber en décrépitude également. La Russie était si paradoxale. C’était fou d’imaginer qu’un peu qui avait répudié la religion pendant plus de 80 ans comportait encore autant d’Eglises, toutes rénovées avec soin ou presque, une à chaque coin de rue. Et malgré l’austérité du peuple et la rigidité de la main de fer qui les dirigeait, il s’éveillait de cette ville plongée dans Noël une féérie incroyable. Aucun bâtiment ne manquait d’illumination : les parcs, les arbres, les ponts, tout brillait de mille feux comme un décor géant à tous ces ballets qui avaient vu le jour ici et dont l’un des plus célèbre allait se révéler à nous ce soir. Le cœur battant, j’avais encore du mal à réaliser... réaliser qu’un an après tout semblait aussi merveilleux, qu’Erwin avait fait tout cela pour nous, que je me trouvais au bout du monde avec lui pour vivre un rêve que je n’avais jusqu’alors effleuré du bout du doigt.

— Casse-noisette… Ce spectacle sera sûrement plus grandiose… Ce sera une expérience à vivre, ce soir. Je me prépare personnellement à être époustouflé…

Quand j’avais senti son regard de feu se poser sur moi, j’avais tourné une nouvelle fois dans la tête dans sa direction. Il semblait réellement heureux d’être là, de ce moment et de ce choix. Cass-Noisette nous avait pourtant un moment éloigné mais je n’en tenais pas rigueur au ballet, comprenant à présent que la représentation que je n’en avais fait n’avait été que propre à ma douleur, que jamais il n’avait imaginé une telle chose. Je lui avais alors souris, sincèrement avant de relever ma main sur mon poignet droit et lui montrer ce que j’avais caché jusqu’alors : sur une chaîne fine et argentée, pendait le petit Casse-Noisette qu’il m’avait offert l’an passé et que j’avais alors refusé. Un sourire ému aux lèvres je lui avais précisé :

— Je pense aussi... j’ai tellement hâte de découvrir tout ça... avec toi.

Comme pour appuyer mes dires, ses doigts avaient caressé ma joue et la douceur des mots qu’il avait utilisés pour préciser sa joie de passer ces vacances en “Famille”, sans que je le lui souffle m’avaient ému au point d’humidifier mes yeux. J’avais alors battu des cils pour empêcher une larme de venir, déglutissant pour échapper à ce moment d’émotion. Dans un souffle, je l’avais consenti :

— Moi aussi.

Nous avions fini par arriver devant le Théâtre Marinsky, aussi grandiose que le musée de l’Hermitage qu’il m’avait été donné de voir lors de notre balade de la journée avant que j’en découvre les plus grandes profondeurs dans la journée du lendemain. Son architecture, si typique des bâtiments environnant gagnant encore en puissance par les éclairages savamment disséminés.

— Nous y allons, ma mie?

J’avais vu à la lueur qui brillait dans ses yeux à quel point ce moment était précieux pour lui. Tout ce faste, cette montée des marches qui moi me laissait de glace voire me terrorisait sembler à l’inverse l’exalter. Patiente, j’avais souris, hochant la tête, me prêtant tout de même à l’exercice pour lui faire plaisir, le cœur battant. J’avais glissé mes doigts dans sa paume et sa main s’était alors refermée, comme un étau protecteur, prêt à me tirer dans le faste tout en faisant pourtant par sa douceur attention de ne pas me briser dans le mouvement. Je l’avais rejoint dehors, entrant nettement plus ma tête dans mes épaules afin de me protéger du vent, tandis que nous montions les marches. Pour éviter de regarder le mouvement qui se créer autour de nous et les éventuels regards, j’avais posé le mien sur le bâtiment, en découvrant toutes les beautés, en admirant chaque recoin, illuminé ou non, peinturé ou neutre.

L’intérieur était à l’image des Russes et de la Russie : contradictoire. Nous avions rapidement passé le vestiaire où de nombreuses personnes échangeaient leurs manteaux et leurs bottes de neiges contre leurs chaussures cirées et leurs talons qu’ils avaient apporté dans un petit sac. En bon touristes, nous n’avions aucune connaissance de cette coutume que je comprenais pourtant présente pour éviter de mettre de l’eau partout et notamment sur les jolis parquets de l’établissement. Fort heureusement, le taxi nous avait arrêté juste devant et nous n’avions pas suffisamment traîner pour nous enneiger, évitant ainsi une honte que je n’aurai sans doute pas su affronter. Le reste du hall était gigantesque, entièrement peint en blanc malgré les moulures, rappelant l’austérités des années d’URSS dont seuls des énormes plafonniers de cristal se démarquer, venant jurer avec le reste, tout comme la ligne de tapis bleue épaisse qui nous traçait le chemin, hurlant le passé plus fastueux du pays. Quelqu’un avait fini par prendre nos billets avant de nous inviter à monter à l’étage pour rejoindre notre balcon, un lieu parfaitement étranger pour moi. Je n’avais jusqu’alors jamais compris pourquoi les personnes les plus riches et les plus puissantes semblaient dans les films s’enticher des balcons. Il me semblait pourtant nettement plus approprié de s’asseoir en bas, au plus près de la scène pour être sûre d’avoir le meilleur des spectacles. Ce n’était qu’à présent que j’y étais que j’en comprenais toute la subtilité : le silence malgré le brouhaha permanant des gens d’en bas, l’intimité et surtout une vie imprenable sur la scène, en contre plongée, très utiles dans les ballets pour apprécier tous les mouvements des danseurs que ceux en bas ne pouvaient que rater, soit car trop près d’une scène trop haute, soit trop loin, cachés derrière des gens plus grands. Et comme à son habitude, Erwin avait vu les choses en grand, estimant que nous méritions bien mieux que cela, ce qui me permettait de découvrir le moment avec surprise et délice.

Et quelle surprise ! Si j’avais découvert le ballet sur glace avec un émerveillement et une passion certaine, le ballet à St Petersbourg dépassait toutes mes attentes. C’était si irréel que j’avais parfois l’impression de sortir de mon propre corps pour m’observer vivre la scène et soudain une peur terrible me tordait le ventre et faisait battre mon cœur à tout rompre : et si tout ceci n’était qu’un rêve. Mais à chaque frôlement d’Erwin, à chacune de ses caresses ou même quand il prenait ma main, il me faisait réaliser à quel point tout ceci était bien réel, m’ancrait ici, avec lui. Sentait-il la peur que je pouvais parfois ressentir ? Les émotions qui me submergeaient. Plus d’une fois, mes larmes avaient coulé en douceur sur mon visage, tandis que je vibrai au son de la musique, observant les danseurs avec une précision floue, une envie de les comprendre, tout en prenant à malin plaisir à n’y voir que de la beauté, sans aucune autre réflexion, comme la profane que j’étais. Casse-Noisette était un ballet que j’affectionnais profondément pour sa musique et son histoire, en dehors de tout quiproquo sur ma relation que j’avais vu percevoir à la même période un an plus tôt. Il était désormais pleinement un ballet que j’adorais, pour l’avoir pleinement vécu, pleinement vu, dans cet instant qui était si splendide. A l’entracte, je n’avais su trouver mes mots tout de suite, ce qui n’avait pas gêné Erwin, prenant les devants comme à son habitude. J’avais profité de ce moment pour appréhender ce que j’avais vécu, apprivoiser mes sentiments, avant que mes mains ne se joignent de nouveau aux siennes, ses lèvres sur les miennes. Nous vivions notre moment, sans avoir besoin de nous cacher, sans avoir à en rougir et je réalisais à quel point cela était plaisant.

Encore tout étourdie de ce que je vivais, j’avais fini par le quitter pour rejoindre les toilettes, observer le dégât que mes émotions avaient eu sur mon maquillage, le rectifier au besoin. Et tout avait repris aussi follement, jusqu’à la fin, sans laisser un seul répit aux battements de mon cœur. Lorsque les lumières s’étaient enfin rallumées, j’avais applaudi à tout rompre, me brisant les mains à l’exercice, sentant mes paumes me brûler sans pour autant perdre en vigueur dans ce geste. J'avais besoin de me défouler, de ressentir cette douleur pour tenter de réaliser ce que je venais de vivre, me rassurer une nouvelle fois que rien, absolument rien de tout cela était faux, que je n’allais pas me réveiller seule, dans mon lit, ou par les gazouillis d’Isaac déjà assis sur son matelas à m’attendre. J’étais en Russie, j’étais dans cette salle de concert splendide, pleine de dorures et de peintures venues d’un autre temps, j’étais avec Erwin, je venais de voir le premier ballet de toute ma vie. Tout cela était réel. Et c’était si bien.

Nous étions redescendus dans le hall où une petite réception avait lieux avec champagne et petits fours. Les gens parlaient plus la plus grande des majorités en russe mais cela ne me dérangeait pas, c’était avec Erwin que j’avais envie de passer ce moment et personne d’autre. J’avais récupéré sur un plateau une coupe en même temps que lui avant de l’observer avec un visage ravi :

— Tu as aimé ? J’ai trouvé ça sensationnel... franchement, j’aurai du faire ça plus tôt dans ma vie. J'ai toujours aimé ce qui se rapportait à la danse, le patinage est une sorte de danse après tout mais je n’avais jamais vu un ballet en vrai, que à la télé et franchement ça n’a absolument rien à voir. Avec l’orchestre, tu sens tellement plus la musique et les émotions, et les danseurs sont si exceptionnels, tu entends le bruissement des tissus, tu vois presque l’effort en même temps que les émotions sur leurs visages c’était... c’était... j’ai même pas les mots et pardon je parle trop...

J’avais éclaté de rire, me rendant compte à quel point j’étais survoltée, chargée à bloc, comme si j’avais mis les doigts dans une prise de courant. A mesure que je parlais je revoyais tout ce moment de spectacle et d’harmonie se faire sous mes yeux mais de façon tellement accélérée que j’avais l’impression de devoir presser mes paroles aussi avant que je n’en oublie une miette. Reprenant mon souffle, je lui avais souris tout en prenant une gorgée de champagne avant de poser avec douceur ma main sur sa joue et d’ajouter plus calmement mais tout aussi sérieusement :

— C’est un des plus beaux cadeaux de Noël qu’on ne m’ait jamais fait... merci.

Je m’étais approchée de lui, cherchant à coller mon front contre le sien avec douceur, sentant l’émotion prendre le pas sur le reste. J’avais l’impression de réaliser qu’il y avait un an de cela, lorsqu’il me l’avait offert, nous avions risqué de ne jamais vivre cela ensemble. Je ressentais aussi tout l’effort et la force qu’il avait mis dans ce cadeau et maintenant que je le vivais, je réalisais à quel point il s’était donné du mal. Peut-être que si j’avais su ce que cela représentait, je n’aurai peut-être pas agi comme cela, l’année précédente ? Une chose était sûre à présent, les doutes que j’avais pu avoir s’étaient dissipés au fil de l’année et aujourd’hui, c’était l’apothéose d’une vérité qu’il refusait toujours de dire... ce qui n’était pas mon cas. Relevant le menton, j’avais picoré un court instant ses lèvres avant de lui murmurer d’un air amusé mais certain :

— Je t’aime.

Je l’avais observé avec un sourire, sans rien attendre en retour pourtant. C’était la première fois que je le redisais aussi librement depuis un an. J'avais toujours évité le sujet jusqu’alors, terrorisé de remettre sur le tapis une réalité que je ne voulais plus entrevoir ou un souvenir que je ne voulais plus revivre. Il m’aimait. A sa façon. C’était étrange et j’avais parfois peur de m’en persuader à tort, mais des gestes comme celui qu’il avait fait ici ou ceux qu’il avait fait pendant l’année, devait m’aider à eux seuls à ne plus m’en inquiéter. Reprenant une gorgée, je lui demandais :

— Qu’est-ce que tu veux faire maintenant ? Je sais que le projet de visite de demain est conséquent et que tu refuses touujours de me dire ce que nous allons faire demain soir alors je me dis que nous devrions peut-être commencer à rentrer doucement... même si je t’avoue que j’aurai envie que cette soirée dure entre très longtemps ! J’ai vraiment peur de celle de demain...

J’avais eu un rire aussi amusé que nerveux, lui prenant le bras. L’embrassant avec douceur dans le cou, je proposais :

— Rien ne nous empêche de prendre un dernier verre à l’hôtel si tu veux mais souviens-toi qu’on a un petit réveil avec nous et il est pire que toi en termes de “je suis réveillé, tout le monde est réveillé”.

J’avais éclaté de rire. J'étais un peu injuste avec lui, il lui arrivait aussi d’être très calme dans son lit et d’attendre que je me réveille pendant plusieurs minutes. Mais à des kilomètres de son lit, dans une chambre avec ses deux parents, il était prêt à parier qu’il ne nous ferait pas ce cadeau... seul le décalage horaire pouvait encore nous sauver et si ce n’était pas le cas... Erwin goûterait enfin au supplice qu’il était pour moi à ce sujet depuis maintenant deux ans. J’en riais d’avance.

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

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- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
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________________________________________ 2023-04-05, 22:45 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




A Russian Christmas



Le spectacle était à la hauteur de ce à quoi il s’était attendu : enchanteur, dans les premiers sens du terme. La Russie avait vu naître et vivre ce spectacle, il aurait été des plus décevant de constater qu’ils n’étaient plus les maîtres dans l’art de le mettre en scène et pourtant, comme cela aurait été faux ! Au contraire, l’ancien ministre devait l’admettre il s’agissait là du plus grandiose ballet auquel il lui avait été donné la possibilité d’assister. Et s’il l’admettait sans peine, alors qu’en était-il de sa charmante maîtresse ? D’une certaine manière, il pouvait affirmer haut et fort que personne ne serait en capacité de rivaliser avec un cadeau d’une telle ampleur. N’importe quel spectacle lui rappellerait à présent celui-ci, à présent. Mais de toute manière, pourquoi diantre, serait-elle allée assister à ce genre de cérémonie avec autrui ? Non. Ce qui devait davantage le préoccuper serait le défi de réaliser encore plus Grandiose lorsqu’il serait Roi, à nouveau. Puisqu’il convenait de réaliser cet exploit. Mais l’impossible ne s’arrêtait guère à lui. Voilà pourquoi il convenait que les concepteurs de ce ballet en créent, un jour, un autre, sur mesure, pour Lui, lequel serait encore plus féerique et spectaculaire et cela d’années en années. Sinon, ne finirait-il pas par s’en accommoder ?
Le spectacle clos, ils étaient descendu dans le grand hall, superbes. Preminger ne traversait pas la foule, non il la fendait, Alexis à son bras, d’une démarche assurée mais néanmoins faussement nonchalante. Il ne se pressait pas, bien au contraire, il ralentissait l’allure, prenant le Temps d’offrir à leurs « convives » l’opportunité de les admirer et de les remarquer, comme il se devait. Puisqu’ils étaient, sans nul doute possible, le couple le plus admirable des environs. Celui qui attirait les regards et dont chaque convive admirait la grâce, la beauté, l’élégance. Ils avaient fini par s’arrêter, choisissant une place de choix dans l’espace. Erwin savait exactement où il convenait de se placer. Non au centre, cela appelait trop viscéralement l’attention, mais non contre le mur, non plus. Suffisamment dans l’axe pour capter les regards sans pour autant s’en trouver importunés.
Récupérant une coupe remplie de champagne, il l’avait levée, légèrement, portant un toast à Alexis, dans un sourire. Elle se trouvait sous le charme encore, constata-t-il à sa mine ravie et à la manière dont elle s’empressa subitement, de l’en informer. Elle babillait, comme si on avait ouvert les vannes de son émerveillement et force était de constater que sa joie s’en trouvait joliment contagieuse. C’était un des traits de caractère qu’il appréciait, particulièrement… Surtout lorsque la source de sa joie se trouvait être causée par l’un de ses présents.
Comme subitement prise en faute, elle avait éclatée d’un rire lumineux et spontané. Elle était survoltée oui. Mais après tout, elle était aussi toute de Foudre faite. Il aurait été difficile de le lui reprocher et il appréciait aussi, sincèrement son attrait. L’entendre en parler avec une gourmandise émerveillée le replongeait aussi dans les heures passées à vivre et ressentir ce moment. Et lui faisait redécouvrir le tout à sa manière à elle, éclairé par sa lumière.
Alors qu’elle tâchait de se calmer par une gorgée de champagne, il profita pour confirmer :

« Avec moins de démonstration, je partage ton ardeur. C’était bouleversant de grandiose. Je savais que tu aimerais autant sinon davantage que moi… Je te devinais déjà vibrer sous le rythme, la vibration des danseurs, la création et le vécu… C’est une réelle démonstration d’Art vivant, à mon sens » opina-t-il en s’accordant une nouvelle gorgée de champagne.

Lequel était, également, d’une qualité splendide. Le contraire aurait été des plus contrariant. Après tout, il désirait une soirée d’exception.
Un sourire était né sur le visage de sa maîtresse, doux comme un nuage…mais aussi vibrant que le ciel, alors que dans un geste tranquille, elle déposait sa main valide sur sa joue.

C’est un des plus beaux cadeaux de Noël qu’on ne m’ait jamais fait... merci.

Elle avait cherché son front et il avait abaissé le sien pour leur accorder cet instant de grâce. Ce flottement qui les caractérisait. Puis, après cette suspension d’éternité, avait rapproché son visage du sien. Une nuance seulement, une brève avancée... Il ignorait si cela l’avait décidé à lui picorer les lèvres mais cela avait eu l’effet escompté… Et il n’était pas à s’en plaindre. Il s’était même permis de le lui rendre, sans excès ni luxure, mais avec une tendresse suave, alors que l’un de ses bras s’enroulait légèrement autour de ses épaules Ce n’était peut-être pas l’endroit le plus adéquat pour ce genre de démonstration mais il fallait ne pas omettre que Preminger accordait peu d’importance à l’opinion des autres. Puisqu’il savait que tous les regards portés sur eux n’étaient que envie et admiration.

Je t’aime.

Par ces mots, elle renouvelait le serment fait et proféré qui depuis un an avait été tu. Il n’en n’avait pour autant jamais douté. S’était simplement accommodé de sa décision d’évitement lié à cet aveu. Il savait qu’elle le faisait par refus de ce que cela avait apporté, même si en définitive, aussi douloureux qu’aient pu être ces mots de froideur, ils leur avaient été...d’une certaine manière bénéfique. Et il savait parfaitement qu’en les prononçant à nouveau, ce soir, elle mettait définitivement fin à cette dispute. Tout comme le signifiait clairement le casse-noisette accroché à son poignet.
Doucement, le notaire avait remonté sa main jusqu’à sa joue, libérant son pouce du verre avec adresse pour mieux caresser la rondeur de sa pommette :

« Merci... »

Il n’ajouta rien de plus.
Il ne pouvait lui assurer la réciprocité de ses sentiments… C’était… non. Non. Quant à le tourner en dérision ou même en propos pour le moins torrides, il convenait de mieux s’en dispenser ne serait-ce que pour cette fois, après tout cela ne serait- clairement pas apprécié. Il ne savait pas quoi dire d’autre. Et puis, la remercier était sincère. Il devinait l’effort, le chemin parcouru pour avoir l’audace de le proférer. Il voulait qu’elle soit en confiance, qu’elle ne puisse pas une seconde le regretter. Que son sourire ne se ternisse pas de l’ombre du regret. La remerciait était le parfait compromis avec ce qu’il refusait d’admettre et les avancées certaines qu’il avait pu cependant mener depuis lors.
Il l’avait considérée un instant, déposant à son tour, sa paume sur le bord de sa joue, l’invitant à s’y lover, un bref mais non moins agréable moment.
Après quelques instants d’apaisement appréciables, elle l’avait interrogé sur cette soirée et la pertinence de la quitter dès à présent. Se trouvait-elle fatiguée ? Ou craignait-elle surtout la surprise qu’il avait pu lui réserver le lendemain ? Il l’ignorait. Mais même s’il adorait être là, ne devraient-ils pas…

« Je pense que… Oui. Peut-être serait-il plus sages de rentrer dès à présent, si nous voulons être particulièrement en forme demain… Même si comme tu le soulignes, si adroitement, le lieu n’est pas spécifiquement le danger... la question est de savoir si nous sommes sages... »

Le sous-entendu que son sourire avait esquissé n’en n’était pas cependant devenu vérité. Ils avaient malgré tout fini par rentrer, ensemble, peu de Temps après. Et bien que la soirée se soit prolongée un peu plus, le sommeil qui les avait accueilli l’avait fait en des heures raisonnables. Si bien que lorsque le « petit réveil vivant » - comme sa mère l’avait appelé- s’était manifesté, il n’avait pas provoqué grand dépit ou plaintes de ceux qu’il tirait de leurs rêves. Non… Au contraire. Finalement, Preminger s’en trouvait presque fort aise. Il était de toute manière fort matinal et bien qu’un sommeil plus allongé eut peut-être été bénéfique au regard de la nuit et des festivités qui les attendait le jour durant...il s’en trouvait fort émoustillé.
Si bien qu’il s’était « presque » pressé à se préparer… Une fois Alexis vêtue et chaussée, et le petit Isaac enveloppé de toutes les couvertures et couches nécessaires à son confort, ils étaient sortis, non sans avoir savouré auparavant le succulent petit-déjeuner de l’hôtel. La neige tombée la veille s’évaporait progressivement sous le pas des passants, dans certaines rues fréquentées. Ce qui n’ôtait pas pour autant toute la couche de neige déjà présente depuis quelques jours. Il fallait prendre soin de ne pas aventurer un pieds trop pressé sur une plaque de verglas. Parfois, malgré la prudence, ils se retenaient de justesse, se cramponnaient l’un à l’autre, une inquiétude dans l’œil, un rire de soulagement dans le sourire. Saint Pétersbourg… Une vaste ville. Si charmante et si fluctuante ! Ils avaient flâné dans les allées de son musée le plus célèbre, avant de déguster un charmant chocolat chaud aux arômes épicés, dans un petit café engoncé entre deux grands magasins de chaussures. Ils avaient ri, en parlant des décors et des tableaux, avaient échangés leurs impressions encore vivaces après leur déambulation, le tout ponctué par petites approbations enfantines d’Isaac. Lui-même sirotait son petit lait en remuant les pieds, les yeux en éveil, distribuant des sourires à chaque découverte. Le bout de son nez se trouvait peut-être un peu rosi par le froid, mais ses yeux brillaient d’une excitation qui faisait fondre sa mère à chaque fois qu’elle le contemplait. A chaque fois, ça ne manquait pas, et… cela ne dérangeait finalement pas Erwin le moins du monde. Il s’en amusait, avec une sorte de sourire doux à l’égard des deux. Trouvait presque cela… attendrissant, si le mot n’avait pas sonné étrangement dans son esprit. Au moins, cela signifiait qu’Alexis comme Isaac passaient un bon moment. Idéal !
Ils avaient continué leur chemin, s’étaient arrêtés dans des magasins d’étoles, presque plus pour lui que les autres. Il y avait d’ailleurs fait l’acquisition d’une charmante étole en soie d’un bleu nuit rehaussé de broderie violette. Puis, une fois une chocolaterie visitée, ils s’étaient aventurés dans d’autres petits endroits ; visités quelques librairies. Bien que ne parlant pas russe, il découvrait ces livres avec une réelle fascination pour les personnages que ce peuple avait su inventer et il ne faisait pas secret qu’une telle réflexion était identique voir décuplée chez Enora. Elle rentrait dans son élément, au milieu des livres, des ouvrages, dans le respect de ces témoignages de vie réelles ou imaginaires. Cela lui convenait bien… Le notaire qui avait fréquenté l’adolescente revêche et en perdition n’aurait pu l’imaginer à son aise dans ces endroits tranquilles et élégants sans s’y sentir particulièrement étriquée et à l’étroit. Celui qui la connaissait à présent trouvait à quel point au contraire, ces lieux regorgeait d’aventures et de curiosité. Et en parlant de cette qualité dont elle n’était guère dépourvue, il s’amusait grandement à sentir l’impatience et l’interrogation croître en elle, au fur et à mesure que les heures passées. Elle ne l’avait pas cuisiné pour autant, non elle n’était pas de ce genre… Mais, ses yeux le suivaient parfois interrogateurs, songeurs à l’affût du moindre indice susceptible de lui offrir une bribe d’informations. Mais cette chère âme n’était pas sans ignorer qu’elle affrontait aussi un redoutable adversaire en la matière. Preminger savait très bien cacher son jeu lorsqu’il le désirait et il n’était pas dans sa volonté de lui offrir involontairement le moindre indice. D’autant qu’elle saurait bientôt à quoi s’en tenir… Elle avait du encore patienter cependant encore, jusqu’à ce que l’horloge ait dépassé les quatre heures. Il avait prétexté une envie subite de chaleur et d’intimité, et n’avait pas eu grand peine à la convaincre… Rien qu’au delà de l’instant bien plus appréciable que cela promettait, c’était l’occasion d’échapper au mordant du froid, qui bien que plus supportable une fois qu’on s’y immergeait pleinement, se prenait parfois un malin plaisir à se signaler brutalement à eux, par un souffle froid et désagréable… Comment refuser l’atmosphère réconfortante de l’âtre chaud ?
Ils avaient donc regagné l’hôtel, formidable édifice dont il ne se lassait pas...encore, du luxe. Il souriait lorsqu’ils avaient passé le perron, souriait encore lorsque sur son insistance Alexis avait laissé Isaac aux bons soins du petit personnel… Et davantage, lorsqu’une fois l’ascenseur monté, ils s’étaient arrêtés devant la porte de la chambre. Non sans l’ouvrir à l’aide de la carte automatique, il s’était adossé un bref instant contre la porte pour la dévisager, un sourire narquois sur le visage. Il SAVAIT ce qu’il l’attendait derrière la porte. Elle… elle n’en n’avait pas la moindre idée. Et peut-être prenait-elle cette malice comme une invitation d’un tout autre ordre. Oh, il y aurait bien cédé avant toute surprise...mais le lui cacher une fois entrés aurait été impossible et il se refusait à se laisser échauffer trop fortement pour se frustrer ensuite. Non… Et puis pour le moment l’excitation dont il se trouvait saisi n’avait rien de sexuel, non… Il avait HATE de la voir réagir face à son premier présent…
D’un air parfaitement tranquille, il s’était retourné à nouveau vers la poignée la déverrouillant avant de menotter son regard dans celui de sa maîtresse :

« Tu voulais savoir notre si beaaau programme pour ce jour si particulier » ronronna-t-il d’un ton mystérieux « Il se peut qu’une partie de la réponse soit derrière cette porte. Aussi… Je t’en prie vas-y »

Il s’était reculé, dans un sourire incitatif qui n’en n’était pas moins acéré. Savourant toute la surprise et l’incrédulité qui s’étaient composés tour à tour son visage, alors qu’elle se stoppait nette dans son élan.

« Mon Dieu… Je dois avoir peur ou… ? »

Sa voix trahissait sa surprise, quand bien même elle demeurait en grande partie rieuse. Pour toute première réponse, il avait levé sa seconde main, conservant l’autre sur la poignée, dans un geste énigmatique, les yeux insondables, mais la bouche moqueuse :

« Ooooh qui saiit ? Tu me connais siiii bien » un rire cristallin s’était échappé de son corps, réel mais de ces rires pompeux dont il usait si gracieusement à la Cour pour parachevée une mise en scène parfaite par un « faux » éclat de légéreté, avant de poursuivre  « Mais il serait dommage de s’y arrêter non ».

Son regard avait coulé des yeux de la jeune femme jusqu’à la porte, pour revenir se plonger dans les siens. Tentateurs. Un grand rire spontané l’avait accueilli en retour :

« C’est bien pour ça que j’ai peur... »

Oui, elle le connaissait. Mais il la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle ne s’y arrêterait pas. Comme en témoigna bientôt l’insolence qui barra son visage, alors qu’elle entrait dans la pièce devant lui. C’était une posture. Mais c’était aussi une facette de sa personnalité. Et il riait davantage sous cape en sachant que son insolence trouverait vite son terme à l’instant même où elle apercevrait… Au moment net où elle verrait… Et cela ne tarda pas à arriver.

« Ok, maintenant j’ai vraiment peur ».

Il l’avait suivie et n’avait eu aucune peine à la rattraper… Étant donnée qu’elle s’était stoppée nette à l’entrée de la chambre. Juste dans l’angle qui lui permettait de voir… Ce qui l’attendait magnifique et imposante… Tout sourire effacé.
Cela n’avait pas empêché le notaire de sautiller gaiement jusqu’à son dos, pour mieux passer son visage par dessus son épaule. Du biais, il constatait avec une malice enjouée son sourire figé, même évaporé. Ne s’en résignait pas pour autant. Ce n’était pas que le cadeau lui déplaisait non. Elle s’en retrouvait juste...terrifiée. Notamment par la signification qu’il portait.

« ALOOOORS ? Qu’en dis-tu ? » clama-t-il pour mieux détailler le cadeau qui s’étalait devant sa vue, avec un orgueil flagrant avant de susurrer avec une douceur de miel « Il n’y a pas de quoi être effrayée, mon trésor, cette robe est largement à ta portée. »

Il ne le disait pas par flatterie. Il le pensait. Fichtre, il ne se serait pas donné la peine de faire créer cette robe sur mesure s’il la pensait indigne de s’en vêtir. Tout comme il n’aurait pas choisi une telle activité pour Noël si elle n’avait pas été à sa place à ses côtés pour ce genre de soirée. Il n’y avait pas d’autres endroits où elle aurait pu se trouver plus à sa place. Elle était née pour se trouver avec Lui, dans cette vie, quand bien même cela lui paraissait totalement ubuesque encore ! Et cette robe n’avait de cesse de le démontrer. Oh, elle était belle ! Splendide même, taillée dans une soie pure et sombre, ourlée de velours, doublée par un tissu particulièrement travaillé. Le motif floral brodé finement se découpait dans les mêmes tonalités sombres et bleutées, ne se révélant qu’à la lueur des lumières. Lorsqu’une flamme passerait, des ombres chinoises danseraient sur l’étoffe, accompagnant chaque mouvement qu’effectuerait la jeune femme. Le corset se boutonnait sur le même bleu d’encre, mais la simple touche de couleur se trouvait dans des broderies d’or rose, d’une finesse exemplaire, le long du buste. A peine cette couleur ornait-elle la gorge d’un ruban sobre mais fourni. Ce n’était qu’aux manches où elle débordait un peu, rehaussant de nuance la dentelle blanche qui s’en échappait. Oui, c’était une belle pièce, imminent merveilleuse qui rejoignait le ton bleu veineux qu’arborait son propre costume du Noël, passé, l’excentricité en moins… Il savait qu’elle la moulerait à merveille. Non, dans le moule où l’on taillait les suiveurs de la Cour, mais du même marbre dont on faisait les Muses. Mais, elle ne pouvait s’en apercevoir. Enora ne percevait jamais son potentiel, quand bien même par ce biais ressuscitait-il presque le spectre de celle qu’il n’avait rencontré deux Noël auparavant, mais dont l’aura imprégnait manifestement le palais.

— « Ben… j’en dis que j’ai peur, comme je t’ai dit... » répéta-t-elle « Ouais, c’est pas la robe qui me fait le plus flipper, c’est ce que tu as prévu… en porter une dans un autre monde ou dans un conte, ça me va, j’ai pas le choix, mais là...je… On va faire quoi ? »

Elle avait détourné la tête de l’objet pour le fixer, prenant la mesure de sa proximité, puis avait de nouveau tourné la tête pour regarder à nouveau le tissu qui se déversait devant elle.

« N’empêche qu’elle est magnifique… comment t’as fait pour la transporter jusqu’ici, tu l’as louée ? »

Le bout de ses doigts était venu se déposer sur le tissu, d’un geste incertain. Avec cette même hésitation craintive avec laquelle les enfants se jouaient parfois du feu… Craignant la morsure subite des flammes. Craignait-elle le poids du symbole ? Dans tous les cas, Preminger savait qu’elle ne feignait pas. Elle l’appréciait réellement, n’en déplaisait à ses propos précédents qui auraient pu laisser présager du contraire. D’aucun lui auraient dit que prenait conscience du désintéressement total manifesté par sa maîtresse quant à ce type de divertissement, elle s’était hâtée de flatter la robe pour adoucir son égo. Oh, elle aurait pu, certes. Pour autant, Erwin la connaissait bien et savait pertinemment où elle se situait à présent. Elle ne vivait pas son monde comme il avait pu le vivre.. Et chaque parcelle de découverte se trouvait biaisé par un élément quelconque… Mais pourtant, il voulait le lui faire découvrir c’était essentiel. Comment pourrait-elle y trouver son avantage, son attrait si elle ne pouvait vivre l’expérience ? La lui faire découvrir petit bout par petit bout restait le meilleur moyen de permettre de lui faire découvrir et de lui faire aimer cet endroit…
La rejoignant des quelques pas effectués, il déposa sa main gauche sur son omoplate avec une douceur caressante :

« As-tu une hypothèse à soumettre ? » interrogea-t-il, la scrutant avec douceur « N’aie crainte. Il n’y a rien que tu ne puisses surmonter. Je mise même que tu apprécieras. Je peux tout te faire ou tenir ma langue afin de te donner l’occasion de confronter ton idée sur la question à la situation réelle… Quant à la robe, je l’ai faite livrer… J’ai mes méthodes. Mais non, il ne s’agit pas d’une location mais d’un présent, trésor ».

Une sorte de premier cadeau de Noël, après tout, ils réveillonnaient… Il n’avait pas eu grand peine à l’expédition. Avait hésité cependant à faire usage de l’art d’une couturière locale virtuose, mais finalement avait préféré ne pas se risquer à commander auprès d’individus dont il n’avait pu auparavant valider le travail. Au moins, dans le cas présent, avait-il pu suivre et valider chaque étape, chaque choix de tissus et motifs lorsqu’il en avait eu l’occasion. Et si Preminger avait toujours eu en sainte horreur de devoir répéter en permanence ses désirs et volontés et appréciait grandement que l’on sache les exécuter à la perfection, il devait admettre qu’il adorait en revanche le travail artistique de la confection des tenues. Il aimait commenter, rectifier, presque confectionner de loin. Il appréciait aussi découvrir après une simple demande le travail de l’artiste qui avait su mettre en tissus sa volonté, mais puisqu’il s’agissait ici d’un cadeau personnel qu’il avait fait réaliser, il avait d’autant plus voulu et aimé suivre chaque étape du processus de créations. Cela serait sa première « vraie » robe. …
Et d’une certaine manière, il était un peu parvenu à l’apaiser, puisque les lèvres douces de sa maîtresse en étaient venues à esquisser l’ombre d’un sourire un peu timide mais amusé :

– « Je crois que t’as beaucoup trop confiance en moi en vrai. »

C’était faux. Et une personne douée d’omniscience aurait même pu indiquer que l’ironie se trouvait exacerbée. Tout en se trompant. Il n’était pas un individu honnête. Mais il l’était avec elle. Et il savait qu’elle réussirait. Il suffisait de lui infuser cette confiance, cette joie, cette assurance.
Cependant, il sentait qu’elle se détendait un peu. La courbe de ses épaules s’était relâchée.
Tournant la tête, elle avait fait mine de réfléchir avant de le regarder à nouveau :

« Mmh on va faire du jardinage ?" un petit rire était sorti de sa bouche, révélant ses dents perlées "Non... une soirée costumée ?… D’ailleurs… Un cadeau ?! Oh mais... c'est trop gentil, mais t'aurais pas du te donner tout ce mal ou dépenser autant pour une robe que je mettrai qu'une fois... t'as cru que j'allais la mettre pour aller bosser ou...»

Son rire s’était arrêté, cependant. Progressivement. La révélation n’avait pas été violente, si bien qu’on ne pouvait pas réellement parler de révélation. Davantage d’une prise de conscience qui avait d’une certaine manière tendu l’ancien ministre à la minute où il l’avait vue se refléter dans ses yeux bleus. Elle avait compris sa démarche. Celle qu’elle explicitait sans qu’il ne l’ait jamais proférer. Il n’avait jamais été question de louer une robe. Tout comme il n’avait jamais été question d’une soirée anodine, au cours de laquelle ils s’étaient rendu à un bal costumé, comme tant d’activités… Il l’avait vue pour ce qu’elle en avait vu. Une répétition. Un bal… Le premier de tant d’autres, désirés et projetés dans l’esprit du ministre… Non pas une simple volonté de lui faire découvrir ce qu’avait été son Monde, mais de l’y introduire… Une première fois. Et lui livrait avec une acuité nouvelle ce qu’il pensait qu’elle avait peut-être saisi… Et réalisait que non. Elle n’avait pas compris qu’il désirait retourner dans Son monde. Retrouver sa vie, ses habitudes… Ils n’en n’avaient jamais parlé. Et du choc de la révélation découlait d’autres plus implicites qu’il voyait se refléter dans sa surprise : découvrir qu’il le désirait toujours. Le plus sérieusement possible. Et qu’il n’avait pas envisagé de pouvoir y retourner sans elle. Et quand était-il d’elle ? Il ne voulait pas évoquer ce sujet, pas encore, pas maintenant. Elle n’était pas prête. Pas prête à l’entendre, pas prête à l’admettre, pas prête à faire un choix, pas prête à l’accepter. Or, il fallait qu’elle l’accepte. Si bien qu’il s’était concentré à ignorer cette surprise, à feindre d’observer avec attention la robe, le cadeau et le symbole. Sa main avait également palpé le tissu, comme s’il en vérifiait l’étoffe, la solidité, demeurant muet… Celle de sa maîtresse n’avait pas desserré sa prise, et son pouce caressait encore le velours de la robe comme y trouvant un apaisement. Ce ne fut qu’au bout de quelques instants de silence que d’une voix un peu plus timide, elle avait fini par reprendre la parole :

« Elle... elle est à ma taille ? Tu l'as fait faire sur mesure ? Mais t'avais pas toutes mes mesures... si ?"

Elle feignait de faire l’air de rien mais sa stupeur se lisait encore sur son visage et dans le ton de sa voix, quand bien même ils décidaient tous deux de ne pas le remarquer.

« Elle l’est. Je connais tes mesures. Comme je te l’ai dit, j’ai...mes méthodes » il avait tourné la tête, la gratifiant d’un sourire charmant et d’une œillade avisée qui avait fait naître un sourire en coin chez la jeune femme « Néanmoins, pas la peine de m’imaginer me munissant d’un mètre pour te mesurer à chaque fois que tu as le dos tourné… Mais oui, elle a été créée pour te vêtir à la perfection. Un bijou fait d’étoffe. »

Pour autant, tout son discours l’avait fait rougir d’un coup. Ce qui était d’une certaine manière adorable car il ne pouvait que noter l’effet que lui et ses mots avaient sur elle et s’en gorger tout en notant qu’elle n’en demeurait pas moins persuadée de ne pas mériter tant d’égards. Ce qui...pour un être aussi narcissique que Preminger, demeurait source de grands mystères. La modestie et le doute de soi n’étaient pas des notions familières pour lui.

« Merci » avait remercié sa maîtresse à mi-voix « Elle est vraiment ravissante … j’aime la couleur et le tissus et… elle n’a pas l’air… trop “trop”. J’ai toujours peur de ressembler à une meringue dans ces robes à froufrous et celle-ci est plutôt simple bien que me tissus soit brillant et qu’elle soit élaborée quand même … c’est un très joli cadeau, merci” ses lèvres étaient venues déposer un baiser très doux sur joue avant de poursuivre presque encore sa peau  « Tu m’as pas dit… c’est une soirée costumée ? Genre murder mystery ? Pas en russe j’espère ? Parce que je vais rien capter…”

Erwin avait souri en sentant son baiser sur sa peau, telle la plus douce des caresses.

« Je pense qu’elle est à ton image. Je l’ai commandée dans ce sens. Afin de te prouver également que les robes de cette époque sont à l’instar de toute autre avant tout une matière d’expression de la personne qui la revêt… Qu’il en existe à ton goût… Et il s’agit bien d’une soirée déguisée. Ce qui te permet d’appréhender l’événement avec plus de sérénité en principe. Ce n’est qu’une reproduction… et cd n’est pas en russe… je continue ou ces informations suffisent ?»

Il avait levé un sourcil circonspect. Amusé. Il sentait heureux. Et avait hâte d’y être. D’autant qu’elle ne savait encore rien… de ce qui l’attendrait….après…
Et pourtant des seules choses qu’il déclarait, elle lui souriait, émue. Presque gênée et attendrie de l’attention qu’il avait eu… Un rire, petit, lui avait échappé, tâchant d’alléger l’atmosphère. Elle faisait toujours cela lorsqu’un trop plein d’émotions la gagnait, c’était sa manière, songeait le notaire, de reprendre la main et de garder la bride sur le visage qu’elle offrait aux autres :

"C'est sûr qu'elle est plus à mon goût qu'au tien" Son visage dans le sien, elle avait néanmoins soufflé plus sérieusement, plus intensément "Merci... aussi pour ça... qu'elle me ressemble, que... que tu aies demandé quelque chose d'encore un peu sobre, moins excentrique que ce que t'aurais sans doute choisi si tu l'avais fait pour toi... ça montre que tu me connais d'une certaine façon et... ça me touche. "

Ce qui avait semblé être une évidence pour l’ancien ministre. Bien sûr, il désirait qu’elle prenne goût à toutes les extravagances dont il raffolait… MAIS pour ce faire, cela devait venir d’elle. Il ne voulait pas qu’elle soit réduite à être quelqu’un d’autre. Cela ne possédait aucun attrait. Il voulait qu’ELLE dans toute sa complexité, ses défauts et qualités trouve goût à ce monde qu’il lui proposait de connaître puis d’embrasser. Et il voulait que ce soir, elle puisse parader vêtue d’une tenue qui ne faisait que refléter ce qu’elle était. Et puisque comprendre que ce Monde là n’attendait pas à ce qu’elle change pour lui. Non. Elle avait seulement à s’en approprier les codes.

"Je pense que je vais me laisser un peu de surprise, ça me va comme info, même si je suis pas encore certaine d'être plus sereine... Ah si j'ai une question !" Son corps s’était redressé vivement, comme monté sur un ressort "Isaac vient avec nous, pas vrai ? Je t'avais dit que je ne veux pas non plus fêter le réveillon sans lui..."
« Sage décision » répondait-il, Abaissant son visage vers elle, il était venu l’embrasser sur le bas de sa mâchoire, à l’orée de son cou, la taquinant dangereusement, alors qu’elle précisait : «  "je ne te connais plus que "d'une certaine façon" trésor voyons"" »

Il jouait l’outragé. Ne l’était pas le moins du monde. Ciel, non. Il savait très bien ce qu’elle avait voulu dire par là.. Elle avait rit de nouveau, tempérant

"Je préfère rester prudente, on sait jamais et tu t'enflammes vite alors on va pas y aller trop fort avec les compliments, très cher !"

Mais déjà, il gommait à la hâte tout sourire, prenant grand soin de se composer un visage consterné des plus convaincants, les yeux écarquillés, réagissant tardivement à sa précédente interrogation :

« Isaac ? ?! » répéta-t-il d’une voix davantage haut perchée, prise par la stupeur, avant de laisser son timbre redescendre comme coupé par la réalisation d’un oubli «  Oh…. mince… »

Elle s’était figée instantanément, apeurée. La main du ministre était venue dissimuler le sourire de sa bouche avant même qu’il ne naisse, dans un grand O surpris

« J’avais oublié... » il avait laissé planer une seconde avant de minauder « Dommage… Mais… Ce n'est pas si grave, que ça, s'il ne vient pas, siiii? »

Il avait insisté, plissant les yeux comme s’il cherchait à la convaincre… C’était faux bien sûr. Il n’avait rien oublié. Cela faisait partie intégrante de la surprise, mais elle n’était pas censée le savoir. Mais elle pouvait admettre aisément qu’il y ait pu avoir dans son esprit un oubli de sa part concernant son fils, voir même un « oubli ».
Pour autant, le regard choqué de la jeune femme s’était vite apaisé devant son manège, remplacé, à l’inverse par une moue amusée, un visage détendu. Voyait-elle clair dans son jeu ? Probablement. Elle semblait l’observer, son expression lui criant presque « tu es nul » une phrase qu’il l’imaginait bien employer… Qu’importait, il ne cachait pas non plus un grand secret. Au regard de l’heure, il ne devait même d’ailleurs plus tarder… S’il avait bien songé au timing...il n’avait pu prévoir cette interrogation et réellement, celle-ci tombait PLEINEMENT à PIC ! Et les coups à la porte lui avaient servi, de prime abord, aux yeux de la jeune femme, sûrement, comme la distraction parfaite, puisqu’il s’y dirigea vivement, avant même de la laisser épiloguer sur l’oubli de sn fils.

« Je me demande bien qui vient ici ! Est-on dans un hôtel ou dans un boulevard pour être dérangés ainsi à chaque quart d’heure ? » maugréa-t-il courroucé, dans une parfaite mauvaise foi.

Sans lui laisser le champ libre, il avait tourné les talons pour rejoindre la porte. L’avait ouverte sur la gouvernante, qui tenait en main le petit Isaac qui se dandinait dans ses bras.
Parfait timing… Il avait lu son badge. « Emma ». Lorsqu’il emporterait tout dans son Monde, cette employée ferait une parfaite domestique, elle était assez précise et ponctuelle, sans trop se mêler des choses d’autrui.
En attendant…. Preminger avait gratifié son fils d’un exceptionnel grand sourire à sa vue… :

« Oooooh regarde qui voilàààààà » avait-il minaudé au profit d’Alexis « Regarde, il n’a pas l’air si traumatisé, siiii ??? »

D’un geste, il avait invité Emma et son fils à pénétrer dans la pièce, reculant pour permettre à son amante de pouvoir apercevoir et comprendre la supercherie, tout en souriant davantage. Ce qui contrariait visiblement son fils, à l’en voir le dévisager de la sorte.
Mais il fallait dire que le petit le considérait toujours avec une sorte d’introspection scrupuleuse lorsqu’il l’observait avec un sourire éclatant, mais il ne pouvait pas considérer cela comme un traumatisme. De toute façon tout avait changé à la seconde où Isaac avait aperçu sa mère, en tournant la tête. Un sourire heureux avait fleuri sur son visage, immédiatement et déjà ses bras potelés se tendaient vers elle, à l’affut de son étreinte.

« Ne le fais pas tomber, hein, Isaac ? » avait grommelé le ministre, contractant un peu son sourire vers le petit costume que l’enfant tenait contre lui.

Il aurait été dommage de gâcher une telle mise en scène, quand bien même l’effet recherché avait déjà été accompli. Si bien que le ministre jaugeait l’objet des mains, prêt à le repositionner à la minute où l’enfant le ferait choir… Il fallait qu’elle le voit, il fallait qu’elle comprenne. Mais ce n’était pas encore le cas. Puisqu’à la minute où Alexis avait surpris son fils elle avait surtout éclaté de rire à sa vue, courant jusqu’à lui, n’observant que la mine adorable de son fils :

— « Oooh mon petit coeur ! Ooooh mais attends c'est quoi ça ?!" »

Voilà. Maintenant c’était fait. Il avait sourit davantage alors qu’elle s’emparait du costume d’une main précautionneuse, chargeant Isaac de l’autre avant de remercier la gouvernante d’un signe de tête… Il était allé refermer la porte, pour mieux l’observer se diriger jusqu’au lit où elle déposa bientôt Isaac. Elle possédait son lot de muscles, songea le Maire. Après tout Isaac pesait à présent son petit poids.

« Beil ! » L’enfant battit des pieds, observant avec la même joie émerveillée le costume qu’Alexis prenait soin d’observer en détail.
« Oh non, je crève, c’est trop mignon… »

D’une main, elle l’avait placé devant Isaac, le parant virtuellement d’un petit costume bleu qu’il lui avait fait confectionner pour la soirée. Il avait été créé pour être assorti à celui de sa mère. S’y promenait jabots et dentelles, tout en conservant la même sobriété élégante que celui dont il était inspiré.

« Il est tout petit comme lui… » un nouveau rire avait égayé ses propos, l’expression attendrie de son visage symbolisant toutes les réussites « J’espère qu'il va le supporter et que ça va pas le gêner..." elle s’arrêta net, d’un coup, avant de réagir "mais attends... tu as pris ses mesures à lui aussi ?"

La stupeur se reflétait sur son visage. Il savait qu’elle comprenait subitement, ce que signifiait son geste. Cela avait dépassé le simple achat de vêtements, il s’y était investi. Ce qui était normal mais signifiait énormément pour un individu aussi égocentrique que l’était Preminger.

« Mais vous me faîtes des cachotteries en fait les garçons ! Hein vous me faites des cachoooteriiiies »

Elle avait fondu sur Isaac pour le chatouiller, le petit se mettant à hurler, instinctivement, dans des hoquets de rire, secouant les jambes à la hâte, tentant de poser ses petites mains sur le visage de sa mère pour stopper son geste. Il n’y arriverait pas, mais se ferait dévorer de bisous, bien avant… Enora était heureuse, dans son élément.
La surprise était parfaitement réussie songea le Ministre avec orgueil, elle n’avait pu le deviner. Et étrangement pour lui, bien qu’il comprenait que cela faisait sens pour elle, cela semblait être l’une des choses qui le ravissait le plus.
Il avait ainsi rejeté la tête en arrière, affirmant crânement :

« Bien évidemeeeent. J’aime le travail parfaitement exécuté, voyons. Le tout reste prévu pour qu’il n’en soit pas particulièrement gêné… Nous avons vu cela à l’essayage »Un sourire en coin s’ était dessiné à ce mot « Il faut croire que oui nous t’avons fait une cachotterie n’est-ce pas Isaac? »

Il l’avait dit comme s’il attendait que le petit confirme, mais il n’était encore bien trop occupé à rire en se débattant de l’étreinte de sa mère… Une expression presque attendrie avait flotté l’espace d’un instant sur le visage d’Erwin, alors qu’Alexis se stoppait de ses chatouilles, la main toujours posée sur le petit ventre rebondie d’Isaac :

« L’essayage ?!! Vous avez fait un essayage ?! Mais vous avez fait ça QUAND ? Ses yeux s’étaient ouvert surpris. Et elle lui avait sourit, ne prêtant pas attention à l’enfant qui, jouant toujours, s’évertuait à ôter la main déposée sur son ventre «“Je ne pensais pas que vous aviez vos moments à vous… mais c’est bien…”

Il avait compris la gêne. L’espèce de silence prolongé, hésitant. Elle était heureuse. Plus de cela du costume, mais se refusait aussi à espérer trop. Il ne pouvait l’en confirmer ou l’en dénier. Ceci avait été l’un des rares moments qu’il avait partagé avec son fils.
Preminger l’en avait analysé, mais avait déjà repris, pinçant la bouche :

- « Bien sûr ! Il grandit tellement vite qu’il fallait mieux prendre des précautions… J’ai profité d’un moment où tu l’avais confié aux bons soins de ta mère… pour commettre ce petit larcin » Il avait ricané à l’emploi de ce mot, déposant un regard bref sur l’enfant qui l’avait observé, babillant, tranquille puis avait poursuivi « ça s’est …bien passé, je présume »

Pour ainsi dire, il n’était pas habitué à ce genre d’occupation, mais n’avait pas contacté Midas, pour autant. Midas était toujours là, obséquieux, serviable, dévoué. Prêt à l’aider. Mais il n’avait pas besoin d’aide. Il savait s’occuper d’un enfant, non ? Qui plus est pour moins d’une heure… A vrai dire, il pensait s’être pas mal débrouillé, bien qu’Isaac soit resté la plupart du temps silencieux à l’observer. De toute manière, leur relation semblait être composée en partie de cela, une grande phase d’analyse silencieuse de l’autre. Mais d’une certaine manière, ce n’était pas déplaisant pour autant.
Alexis avait soufflé un peu, surprise, ses yeux observant son fils.

« C’est assez fou qu’elle te l’ai donné… mais bon je présume qu’elle t’as fait passé un test de 45 pages avant ou qu’elle est venue avec vous… je suis contente que ça se soit bien passé, vraiment… » redressant Isaac pour mieux le blottir contre elle, elle avait gratifié le bambin d’un bisou sur la joue “Est-ce qu’il faut qu’on se change tout de suite ? Je sais même pas comment me coiffer avec une robe pareille…”

Regina n’avait pas été difficile à convaincre… puisqu’il l’avait mise dans la confidence. Une fois assurée de ses très bonnes intentions à l’encontre de son petit fils, il était reparti du lieu avec le « paquet » sous le bras… Si l’expression s’appliquait à ce cas là… Ce dont il doutait allégrement. Mais, la mission en soit avait été prompte et aisée, si bien qu’il proférait avec assurance :

«   Il y en a eu mais est-ce surprenant de dire que j’ai réussi avec brio? »
« Te vexe pas mais en ce qui concerne les enfants et le nôtre précisément … oui c’est surprenant”

Il ne s’était pas vexé. S’approchant d’elle, il lui avait davantage volé un baiser léger ses lèvres avant de poursuivre

« Non… nous avons encore le temps de profiter et même de boire un verre au bar si cela te tente ensuite… j’ai réservé une coiffeuse pour venir te conseiller et te coiffer »
- “D’accord… » déclara-t-elle après un hochement de tête «  Dis donc j’en prends des habitudes avec les coiffeuses en ce moment … mais je crois que je vais la laisser faire … j’y connais rien du tout… et d’accord pour boire un verre en bas…”

Elle lui avait sourit puis l’avait embrassé une nouvelle fois, scellant leur accord.
Et… ils avaient effectivement pris le Temps de savourer un cocktail au bar. Il avait pour sa part commandé un gin tonic à la violette, par symbole et goût, puis avait devisé de leur si plaisante journée, allégé et joyeux de sa surprise… Et encore elle ne savait pas tout. Parfois, son sourire s’accentuait à cette pensée, alors qu’ils discutaient. Puis, tout s’était enchaîné avec une vive précipitation. La coiffeuse était arrivée. Les deux s’étaient retiré respectivement pour se préparer, tâchant de ne pas tomber en retard dans le planning. Alors qu’il avait laissé Alexis aux bons soins compagnie de la coiffeuse, Erwin s’était préparé seul. Il avait, après un long Temps de préparation, revêtu un costume dont l’ocre tirait sur le rose-orangé, le seyant des lueurs parfaites d’un lever ou d’un coucher de soleil, selon l’angle où l’on l’observait. Et qu’y avait-il après le jour qu’une splendide nuit scellée d’étoiles ? La robe d’Enora la paraît de toutes les nuances qu’y prêtait l’astre du ciel et la même symbolique se retrouvait sur le costume du petit Isaac, lequel avait été brodé de petits fils argentés. A la différence de celui de sa mère dont la couleur des broderies se raccordaient avec l’or rosé qu’arborait Preminger. Ils étaient assortis par une nuance plus subtile les uns aux autres et il s’en trouvait ravi.
La coiffeuse avait fait des merveilles sur Alexis, parvenant à reproduire à la perfection la finesse des costumes de l’époque. Pour l’occasion Erwin lui-même s’était replongé dans l’allégresse, talquant avec soin l’intégralité de sa chevelure. Ce n’était certes pas son éclatant blanc tant regretté, mais au moins, il y retrouvait tout de même la teinte qu’il adorait tant. Il se sentait retrouvé ainsi, renouvelé même, rendu à sa prestance d’antan.
Si bien qu’il avait effectué une sortie toute digne de ses flamboyantes entrées de jadis, auprès de sa chère et tendre promise. Fondant sur sa main, il avait recueilli avec grâce la paume de sa main, la levant d’un geste exquis jusqu’à sa bouche.

« Ma mie, vous voici exquise. Cela vous va à raviiiir » avait-il proféré, dans une révérence de respect, avant de se redresser, un sourire aussi féroce que la lueur flamboyante de ses yeux. « Et ce cher petit est tout à fait seyant, en cette nuit de circonstance ».

Ce qui devait être sûrement, le premier compliment direct qu’il offrait à son Fils. Jour de bonté, mais teinté de sincérité et d’allégresse. Il avait pressé ses mains dans celles de sa maîtresse, avec transport :

« Je suis on ne peut plus ravi, on ne peut plus ravi de pouvoir revivre pleinement ces fêtes, d’une manière différente que celles dont tu as eu l’occasion de les appréhender. Je gage que nous aurons grand plaisir en ces festivités… Et il va sans dire que j’escompte bien laisser ces convives nous dévisager de tout leur saoul afin qu’ils prennent bien la mesure des êtres d’exception foulant cette réception »

La robe la paraît comme un gant de soie enfilé sur une main de marbre. Exquise était le mot qu’il avait utilisé et il n’en démordrait pas, elle ruisselait sur elle tel une nuit tendre et profonde, se contrastait à chaque mouvement. La coiffure dégageait sa nuque, offrant à son cou une allure gracieuse de ballet et des perles fines couraient le long de sa gorge. Elle était radieusement ravissante. Il fallait admettre qu’il trouvait son charme surélevé ainsi vêtue.
Avec une douceur, il avait venu déposer sur ses lèvres un frêle baiser, son menton dans sa main. Il ne pouvait approfondir trop d’ores et déjà au risque de ruiner leur maquillage respectif quand bien même l’envie l’en appelait farouchement. Mais l’intention et le ressenti n’en n’étaient pas moins éloquents.
Après que leurs lèvres se soient séparés, il avait reculé d’un pas, tendu la main royalement dans un geste incitatif :

« Nous y allons, mon trésor ?  Notre carrosse nous attend. »

Et ils y étaient effectivement allés dans ce château quelque peu reculé. Le bâtiment était grandiose, même s’il n’avait rien des tours et de l’architecture sinueuse rappelait farouchement à l’ancien ministre son ancienne vie. Là, la construction se voulait davantage classique, bien plus proche des palais français. Le véhicule – moderne, une berline noire- s’était garé une nouvelle fois aux abords de l’escalier principal qui desservait la grande porte lumineuse où des rires s’échappait. Et une nouvelle fois, Erwin avait particulièrement soigné son entrée. Enfin, sa sortie du véhicule, sous les projecteurs.. Ce que son œil avisé n’avait pu que scruter mi-satisfait mi-réprobateur. Il n’y avait certes pas de projecteurs à son époque, comme il ne manqua pas de le signaler à voix « basse » à Alexis. Ce ne fut qu’à l’intérieur qu’il s’en dérida, à l’entrée du grand bal où les invités se pressaient et dansaient au gré d’une musique joyeuse et fluette qui évoquait la douceur de la rosée du matin. Il avait spontanément pris sa main, pour l’inviter à danser, non loin d’Isaac et ils avaient valsé ensemble. La valse n’était pas une danse de l’époque, comme il le fit hautement constater, mais c’était la seule qui s’imposait compte-tenu de la musique diffusée. Et au-delà de ce somme toute, infime petit détail, qu’il prenait plaisir à déambuler ainsi, et encore davantage à y danser. Un pas, puis deux, la main sur la taille creusée de sa maîtresse, il lui avait sourit d’un air attendu, presque canaille, alors que la musique s’amplifiait. Ils tournaient, avançaient, creusaient l’écart. Parfois, il impulsait un mouvement et retrouvait l’extrême délice de ne faire qu’un avec la musique et avec elle. La danse était une communion. C’était aussi le premier moment où il avait initié cette lancinante séduction. Oh, la danse à présent se voulait bien autre, mais il retrouvait dans leurs yeux respectifs cette même tension éclose au son sombre des violons.

« T’amuses-tu, mon trésor ? » interrogea-t-il dans un souffle, avant de la faire tourner.

Il la réceptionna davantage dans ses bras, davantage plus prêt de lui que jamais et ses dents blanches se dévoilèrent sous son sourire :

« Vois-tu, il me paraît que certaines choses ne changent jamais… J’excelle à te faire tourner la tête » susurra-t-il dans une oeillade diabolique, avant de la faire tourner à nouveau.

Leurs corps se touchaient presque, s’effleuraient surtout, puisque le protocole imposait malgré tout une certaine distance réglementaire qu’il appréciait pousser à l’extrême limite ou rompre ne serait-ce qu’une brève seconde pour mieux s’en éloigner. Échauffer les sens, voilà ce à quoi cela servait. Ils se livraient à une séduction distante mais non moins tangible dans cette époque du paraître et de l’attisement. Voilà ce qui en faisait le sel, les faux semblants et les vérités derrière les masques et apparences.
Après avoir enchaîné quelques danses, ils s’étaient écartés de la piste, pour goûter les somptueux encas servis, avait bu une coupe de champagne.

« Un tantinet plus droite, trésor. Oui, voilà.. Ta posture est à présent parfaite » commenta-t-il d’un sourire avisé. « Digne d’une vraie habituée »

Si bien qu’il ne la corrigeait pas, mais la rectifiait quant aux postures qu’il avait tant expertisées et connues. Il commentait chaque coutume, en les enjolivant d’anecdotes qui rendait le discours moins ennuyeux et se plaisait à la faire rire. Après tout, il connaissait tous les codes, toutes les manœuvres. Et notait la moindre imperfection.
C’était peut-être ce qui l’agaçait le plus dans ce qu’ils vivaient ensemble, comparativement à ce qu’ils avaient déjà vécu dans le Futur et l’Hypothétique… Chaque bal auquel ils avaient été conviés était réel. Encore plus celui qu’il avait pu vivre pour son propre Noël. Comment ce petit simulacre aurait-il pu tenir la comparaison avec l’une de SES fêtes ? D’autant qu’il partait déjà avec un désavantage considérable, Erwin le voyait encore plus à présent… Il était faux. Ce n’était pas un vrai bal. Mais une simple reconstitution où les invités qui s’y pressaient ne possédaient aucun code des manières de l’époque ni même d’amour particulier, à en juger pour certains, sur celle-ci. SA Fête en revanche était un VRAi BAL, tous ceux qui s’y étaient pressés avaient été visiblement initiés à l’art du menuet, chaque danse était convenue, chacun jouait le véritable rôle qu’il devait y tenir…
Un couple à leurs côtés valsaient atrocement mal, le ministre les jaugea d’un air agacé, avant d’en ricaner subitement. En définitive, cela le prêtait presque à rire et il précisa, tout en portant un verre de champagne à sa bouche :

"Il y a maintes choses erronées… Cela fait deux fois que l’on diffuse un compositeur d’une époque jouxtant l’ère baroque. Alors certes cela est un divertissement mais l’exactitude est le fait des grandes reconstitutions artistiques... »

Alexis le jaugeait d’un air mi-amusé mi-attendri, et il se calmait systématiquement. Après tout, cela n’avait pas d’importance, il passait, cela mis de côté, un excellent moment. Et plus encore lorsque l’Heure s’annonça.
Les festivités seraient bientôt closes. A présent… Passait l’Heure des réjouissances…


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