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Eulalie


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________________________________________ Ven 2 Fév 2018 - 20:12


your fire took away my pride
And it's burning down inside.


« Les statistiques ne veulent rien dire. Tu as autant de chance de mourir dans un accident d'avion qu'en sortant de chez toi pour aller à l'école. Ce n'est pas pour ça qu'il faut avoir peur. De toute manière, si on s'écrasait maintenant, tu ne souffrirai pas longtemps avant de succomber. »

J'avais offert un grand sourire rassurant à l'enfant d'à peine huit ans assis sur la rangée d'à côté, alors que sa mère le rejoignait après un passage rapide aux toilettes. Il semblait être plutôt fasciné par tout ce que je venais de lui raconter. Cette conversation sur la fragilité de la vie humaine avait été divertissante. Je tentais de m'occuper comme je le pouvais. C'était affreusement long. Depuis combien de temps j'étais là-dedans ? Cinq heures ? Ou cinq minutes ? Le temps passait trop lentement dans les airs. J'étouffais. La téléportation était plus efficace et plus supportable. Là, je devais attendre assise d'être déposée d'un point A à un point B, alors que j'aurai aisément pu le faire en un bond. Je n'arrêtais pas de soupirer, de gigoter, d'appeler les employés pour avoir à boire ou à manger. Je voyais leurs regards exaspérés. Je voyais son regard exaspéré.

Je l'ignorais la plupart du temps. Je m'étais habituée à ses humeurs et à sa présence se révélant parfois des plus désagréables. Je me retenais parfois de l'étrangler parce qu'il était insupportable, préférant me dire que c'était amusant de le voir s'énerver. Qu'il s'estime chanceux, je ne pouvais pas faire grand chose dans l'état actuel des choses. Je ne savais pas comment fonctionnait un aéroport – j'avais même oublié que ça s'appelait un aéroport. Tout ce que j'en connaissais me venait des films, une référence dont il fallait mieux que je me passe dans la réalité. Et c'était la première fois que je quittais Storybrooke. Forcément, il fallait que ce soit avec lui.

Je me contentais de le suivre en piétinant. Il faisait encore froid, mais je n'avais pas voulu pousser le fait de faire semblant d'être comme tout le monde en m'habillant trop chaudement. Je ne changerai pas mes habitudes. Je ne pourrai même pas visiter cette ville. Je ne pourrai pas en profiter pleinement. Je ne pourrai pas l'enfermer dans une pièce et l'abandonner le temps de faire du shopping. En réalité, je pouvais, mais je ne le ferai pas. Ma bonté me perdrait un jour. Quelque peu perdue dans la foule, j'étudiais chaque individu avec un regard curieux. Je me demandais par réflexe ce qu'ils étaient réellement avant de me rappeler qu'il ne s'agissait que de personnes... banales.

Instinctivement, je restais près de Balthazar. Il y avait quelque chose d'exaspérant au fait d'être dépendante de lui, d'une certaine manière. Je ne me voyais pas passer tout ce séjour à devoir être son ombre et à lui obéir au doigt et à l'oeil. Je savais que je devais être prudente et ne pas faire de vagues, mais ce n'était pas pour cette raison que j'allais le laisser me traîner sans rien dire. J'avais tout planifié. Enfin... en partie.

« Ne l'écoutez pas. »

J'avais attendu d'être dans le taxi pour plaquer ma main contre la bouche du barbier, le coupant sans ménagement pendant qu'il commençait à parler, avant de donner l'adresse à laquelle je souhaitais qu'on nous emmène.

« Quitte à continuer à passer mes nuits dans un hôtel, je veux que ce soit le meilleur. J'en ai rien à faire du sém... séman... du truc pour lequel tu es venu. »

Je n'avais pas retenu ce dont il était question. Je l'avais écouté, pourtant, c'est seulement que l'information m'était sortie de la tête. Je ne la considérais pas comme importante. Je ne voyais pas pourquoi je cherchais à me justifier, je pouvais bien faire ce que je voulais. Je préférai rester tout le long du trajet à l'empêcher de s'exprimer, l'observant d'un air réprobateur. Il allait me faire des reproches. Je préférai les retenir autant que possible. La présence d'un témoin l'empêcherait forcément d'agir trop imprudemment.

La distance a parcourir était fort heureusement plutôt faible. Je sortais du véhicule avant qu'il ait le temps de m'incendier, avec un air des plus satisfaits, allant récupérer mes propres affaires en le laissant se débrouiller avec les siennes. J'en oubliais presque de payer le pauvre chauffeur. Il me regardait bizarrement. Quoi ? Il pensait que je maltraitais le pauvre Balthazar ? Si il le côtoyait régulièrement comme je le faisais, il trouverait ça légitime.

« Bonne journée ! »

C'était la moindre des politesses. Que cet étranger ne prit pas la peine de me rendre.

« Insolent. »

J'avais peut-être parlé trop fort, avec une expression trop agacée. Je m'en fichais. Je ne perdais pas plus de temps, me rendant à l'intérieur de l'immense bâtiment aux airs anciens sans attendre le barbier. Il ne pouvait pas rater l'entrée, de toute manière. L'ensemble était majestueux, à l'image de ce que je voulais. L'architecture rappelait celle des temples que j'aimais.

Il n'aurait pas besoin de me faire un scandale cette fois, je n'avais pas de nouveau volé son nom. Apollon m'avait prêté le sien pour mes papiers. Mes faux papiers. Je ne pensais pas un jour devoir me procurer de tels documents. J'y avais été obligée par le dieu lorsque je lui avais annoncé ce voyage, selon lui il était peu prudent que je me balade sans rien pour prouver une quelconque identité. Je n'en comprenais pas vraiment l'intérêt. Ce que je retenais, c'était que je devais me faire passer pour ce que je n'étais pas, et ça me fatiguait.

Je n'avais pas le choix. Ne pas faire de vagues. Je me le répétais toutes les heures.

J'étais traitée comme une princesse par les employés. Je n'avais pas envie de ça. Je voulais juste me rendre à la chambre que j'avais réservé – que le dieu avait réservé pour moi, en réalité. Je me fichais de leurs services pour personnes riches, c'était simplement le confort, qui manquait cruellement où je logeais à présent habituellement, que je cherchais à retrouver. Depuis que j'avais laissé Olympe, je devais me contenter d'un minimum à la limite de l'acceptable.

Je me débarrassais rapidement de ce passage obligatoire à la réception, mon impatience apparente devant suffire pour que la femme derrière le comptoir n'insiste pas sur des détails inutiles et les prestations optionnelles.

« J'ai pris la plus grande. Je crois qu'elle fait la taille de ton ancien appartement. Peut-être même plus. » prononçais-je avec une moue pensive, cherchant à m'en remémorer la surface alors que je ne l'avais vu qu'une seule et unique fois.

Je l'avais rejoint sans me soucier de l'état d'irritation dans lequel il se trouvait constamment. Pas même une marque de reconnaissance. Je ne faisais pas ça que pour moi. C'était forcément une bonne nouvelle que je lui annonçais là ! Plus d'espace signifiait ne pas être obligés de se trouver à environ un mètre de distance l'un de l'autre. Avec le lit gigantesque qu'il y avait, je pourrai même m'installer dedans sans risquer de le toucher pendant qu'il dormirait. J'évitais ce genre de contact au possible, ça me permettait de garder mes idées claires. Et de ne pas me retrouver à être inexplicablement frustrée. L'ascenseur était aussi plus grand que celui que je connaissais déjà. J'aimais bien cet endroit.

Si je ne m'étais pas encombrée de milliers d'affaires – pour une fois – lui avait prit tout son matériel en plus du reste. Je me rappelais que c'était pour une raison précise. Ça avait forcément un rapport avec la coiffure. Ou parce qu'il n'était qu'un psychopathe incapable de s'en séparer. Peut-être les deux.

« C'est quoi le programme, déjà ? On doit aller où ? Quand ? On est obligés ? »

Je m'étais retenue pendant des heures, lui laissant un peu de répit. Maintenant que nous étions arrivés, j'avais besoin d'extérioriser, lui offrant ce sourire qu'il donnait l'impression de tant détester. Je n'avais pas eu le choix de le suivre. Je n'imaginais pas que le surveiller engendrait ce type d'obligations, puisqu'en dehors de la ville, il ne pouvait clairement pas s'en prendre à Lily. Le reste m'importait peu. Mais je me pliais à ce rôle, avec plus ou moins de volonté. Surtout moins. Quelques brides de l'objectif de ce passage à New-York me revenaient maintenant.

« Et si j'ai pas envie ? »

Ma réflexion avait laissé place à de l'incertitude. Je n'avais pas pensé à cette éventualité. J'aurai peut-être du poser cette question avant d'arriver ici.
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« Tic tac,
sonne le glas. »


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________________________________________ Lun 5 Fév 2018 - 17:00


Some days I can't get out of my head
That's just the dark side of me.


Chaque année depuis la fin de la malédiction, Balthazar se rendait à l'éminent séminaire de coiffure qui avait lieu à New York. C'était le rendez-vous indispensable pour tout professionnel en ce domaine. Les différents métiers de la coiffure s'y rencontraient, des plus basiques aux plus exceptionnels, comme ceux touchant au domaine de l'art. Le barbier n'appréciait ni la foule ni les mondanités, mais il prenait sur lui chaque année car il existait une chose plus valorisante que de se contenter de coiffer des anonymes dans une ville méconnue : pouvoir montrer l'étendue de son talent à des confrères jaloux de son art.

Il aurait sans doute mieux apprécié le voyage sans la présence d'Eulalie. Tout d'abord, il avait hésité à emmener Moustache à la place, mais ce n'était pas à lui de décider qui lui tiendrait compagnie. L'amazone le surveillait même en dehors des limites de Storybrooke. C'était consternant. Elle s'était montrée agitée et désagréable durant tout le trajet en avion, si bien qu'il avait songé à l'assommer, mais il n'avait rien trouvé de suffisamment lourd à sa portée. Il s'était donc contenté de l'ignorer comme il savait si bien le faire, la tête tournée vers le hublot, les bras croisés, l'air revêche.

Une fois hors de l'aéroport, le taxi les avait emmenés jusqu'à un hôtel luxueux. Le barbier s'était contenté d'observer l'édifice d'un oeil indifférent alors qu'Eulalie s'était précipitée à l'intérieur. Il espérait qu'elle avait de quoi payer car il était hors de question qu'il débourse un seul cent pour cette dépense inutile. Sans un mot pour le chauffeur de taxi, il sortit du véhicule, récupéra sa mallette de coiffure ainsi que ses deux valises -contenant majoritairement son matériel professionnel- et se rendit dans le vaste hall. Eulalie était déjà à la réception, entourée par ses différents bagages. Il ne comprenait pas pourquoi elle avait pris autant d'affaires puisqu'ils ne restaient qu'une nuit à l'hôtel. Ils repartiraient le lendemain, après la fin du séminaire. Cela faisait plus d'un mois qu'elle encombrait sa vie et il préférait ne plus chercher à comprendre quoi que ce soit. Constamment, il ruminait de sombres pensées dans l'attente de trouver un moyen de se débarrasser d'elle définitivement.

Il nota qu'elle avait fait une réservation dans cet hôtel. Il n'appréciait pas ce genre d'initiative. Encore une fois, il eut l'impression d'être une marionnette entre ses mains, un jouet avec lequel elle s'amusait. Sa mâchoire se contracta alors qu'il lui emboîtait le pas pour se rendre dans l'ascenseur. Seul le bruit de sa valise à roulettes troublait le silence glaçant, que la jeune femme rompait de temps à autre avec des phrases insipides.

Il ne put s'empêcher de rouler des yeux en entendant ses différentes questions, et la dernière acheva ses résistances. Il braqua brusquement son regard sur la jeune femme et prononça son premier mot depuis qu'il avait quitté Storybrooke, soit plusieurs heures plus tôt :

"Séminaire."

Il avait parlé d'un ton sec, articulant chaque syllabe avec une telle dureté qu'elles auraient coupé n'importe quelle conversation.

"On dit 'séminaire'." assena-t-il, agacé.

Il s'était retenu d'en venir aux mains une fois de plus lorsqu'elle n'avait pas réussi à trouver le bon mot, dans le taxi. Il avait ruminé tout ce temps et cette fois-ci, il avait fallu que ça sorte.

"Et je te demande pas ton avis."

Ca aussi, c'était une certitude. Après tout, rien ne l'obligeait à l'accompagner. Elle pouvait très bien visiter New York pendant qu'il se rendrait à son meeting. Les portes de l'ascenseur se rouvrirent. Il passa le premier en manquant de la bousculer et lui prit le pass des mains. Il trouva rapidement la porte de la chambre. Elle s'ouvrit sur une vaste pièce à la décoration épurée, qui ressemblait à un salon/salle à manger. Plus loin, une autre porte laissait deviner une chambre toute aussi grande. Balthazar resta ébahi quelques secondes, car il n'était plus habitué à vivre dans un espace si vaste après avoir passé un mois entier dans une dizaine de mètres carré. Puis, il retrouva son expression habituellement morose tandis qu'il déposait ses bagages sur et à côté de la table basse.

"Le gala d'ouverture est à dix neuf heures."
maugréa-t-il sans daigner regarder Eulalie. "C'est dans le quartier de Midtown, entre la 5ème avenue et l'arrondissement de Manhattan."

Il tourna la tête vers elle, constatant que ces informations n'auraient pas eu plus d'impact s'il les avaient dites à un poisson rouge. Sans doute que Moustache se serait montré plus attentif. Il songea brièvement à lui, estimant qu'il ne lui arriverait rien de fâcheux puisqu'il l'avait confié à Elliot Sandman qui semblait en manque cruel d'affection. De base, il avait l'intention de le donner à Lily -car elle était stupide mais semblait compétente en matière d'animaux, puisqu'elle possédait un zoo- mais il avait croisé le jeune homme qui avait insisté pour s'en occuper. Sa première idée avait été de le confier à Angelika -c'était plutôt amusant de donner un chaton à une souris- mais il avait changé d'avis en cours de route. Trop compliqué.

Eulalie s'était approchée de la large baie vitrée qui montrait le paysage urbain dans toutes ces hauteurs et son aspect métallique. Depuis qu'elle avait quitté l'aéroport, elle s'appliquait à ne pas montrer son étonnement, mais elle le cachait très mal face à tout ce qu'elle découvrait, jour après jour. Balthazar tiqua, se plaçant à côté d'elle pour regarder à son tour, nullement impressionné. Rien ne pouvait éveiller son intérêt pour quoi que ce soit. Hormis peut-être une trop grande proximité avec la jeune femme. Cependant, il s'était imposé des principes mentaux afin de ne plus céder à des pulsions dégradantes. Son esprit fragile prenait toujours des détours dangereux lorsque son regard s'attardait trop longtemps sur sa silhouette, mais il restait loin de cette faille. Il se félicitait intérieurement d'y parvenir.

"C'est haut." fit-il enfin remarquer. "Je pense que même le corps d'une amazone ne pourrait se remettre d'une telle chute."

Leur chambre se situait au vingt-septième étage de l'hôtel. Il tourna la tête vers elle, un rictus torve crispant ses traits.

"Ca serait dommage de... tomber."

S'agissait-il d'une menace ou d'une simple observation ? Lui-même n'en était pas très sûr. La défenestration était une alternative plutôt tentante. Il n'avait encore jamais essayé sur qui que ce soit.

"Déshabille-toi."

Cette fois-ci, le ton sonnait comme un ordre. Son regard perçant ne quittait pas le sien. Il savoura le léger trouble qu'il y lut, puis il ajouta, avec une expression exaspérée :

"Va dans la chambre et change-toi. Mets ta plus belle robe."

Il l'avait prévenue d'emporter une tenue élégante pour le séminaire, car elle devait être en harmonie avec les autres. Il redoutait déjà de sortir l'amazone dans un tel cadre, de peur qu'elle se comporte d'une façon inappropriée. Il se promettait de la faire souffrir si jamais elle le mettait dans une situation embarrassante.

Sans un mot de plus, il attrapa la valise la plus petite, la posa sur un fauteuil et l'ouvrit pour en sortir son smoking impeccablement plié. Il l'avait récupéré au pressing le matin même. Puis, il quitta la jeune femme pour s'enfermer dans la salle de bains. Il remarqua à peine la baignoire ovale et l'odeur entêtante du savon hors de prix. Toutes ses pensées étaient focalisées sur la soirée à venir. Il réfléchissait à une façon d'empêcher Eulalie de l'accompagner, mais n'en trouva aucune, hormis la défenestration. Le souci étant qu'elle se méfierait, à présent qu'il avait énoncé l'idée.

Agacé, il abandonna ses anciens vêtements afin d'enfiler son smoking. Il s'y reprit plusieurs fois pour nouer son noeud papillon et finalement le dénoua rageusement pour le laisser pendre autour de son cou. Il s'observa dans le miroir et inspira profondément pour se coiffer. D'ordinaire, il ne prêtait que peu d'attention à ses cheveux. Il préférait travailler sur ceux des autres. Mais ce soir-là, il devait avoir l'air impeccable à tous niveaux.

Après un bon quart d'heure, il sortit de la salle de bains. Il avait déclaré forfait avec le noeud papillon qui ne voulait décidément pas se laisser abuser par ses doigts trop nerveux. Il hésitait tout simplement à ne pas en mettre. L'étui de son rasoir avait naturellement trouvé sa place habituelle dans la poche de son pantalon noir.

Il remarqua que la porte de la chambre était encore fermée. Eulalie se préparait toujours. Jetant un coup d'oeil à sa montre, il nota qu'il était déjà dix-huit heures vingt. Si l'on tenait compte du traffic habituel de New York, le taxi les ferait arriver de justesse s'ils partaient dans dix minutes. Il laissa échapper un sifflement agacé entre ses dents, et s'empressa d'aller frapper contre la porte.

"Bientôt fini ?" lança-t-il, acerbe.

Aucune réponse. Il piétina devant le panneau de bois fermé en se mordant les lèvres, de plus en plus énervé. Elle aimait tant jacasser et voilà qu'elle se montrait trop silencieuse au moment le moins opportun... comment faisait-elle pour être si insupportable à chaque instant ?

"Petite peste ?" fit-il en toquant de nouveau contre la porte.

Un doute le saisit subitement : elle n'aurait pas été sotte au point de quitter la chambre sans son accord ? A moins qu'elle se contente de feindre l'indifférence, ce qui était de bonne guerre. Malgré tout, l'idée de partir sans elle était presque trop belle pour y croire. Si elle continuait de l'ignorer, il s'en irait. Tout simplement. Juste par provocation, il annonça brusquement, sur un ton faussement désinvolte :

"On nous a apportés des gâteaux. Il y a aussi un fraisier."

Il attendit quelques secondes, l'air joueur, et ajouta d'une voix sournoise :

"Je vais le jeter puisque je n'aime pas ça."

Il commençait peu à peu à connaître ses goûts et ses dégoûts puisqu'elle parlait beaucoup trop, ou était trop transparente, et il les notait scrupuleusement sur un carnet afin de s'en servir contre elle, de temps à autres. Il ressentit un plaisir malsain à le faire pour la première fois. Ses narines frémirent alors qu'il posait sa main à plat contre la porte. Ses doigts remuèrent faiblement contre la porte, imaginant Eulalie de l'autre côté, touchée par sa petite attaque verbale. Il espérait qu'elle sorte. Il avait hâte de voir son expression déconfite lorsqu'elle découvrirait que la réception n'avait apporté aucune pâtisserie.

La gourmandise est un vilain défaut ; la cruauté, une qualité.

Balthazar se surprit à sourire très fugacement. Cet exercice lui sembla pénible et contre nature. Il ne s'y essaya pas longtemps.
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Eulalie


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________________________________________ Mer 7 Fév 2018 - 1:55


Sometimes I fall, but I don't break
That's who I am.


Je... réfléchissais. Parce que contrairement à ce qu'il avait l'air de penser, c'était une chose qu'il m'arrivait régulièrement de faire. A chaque fois que j'étais face à des interrogations. Autant dire que ça se produisait de manière bien trop fréquente à mon goût, et encore plus depuis que je vivais avec lui. Je me demandais encore ce que je faisais là. Pourquoi je prenais la peine de me préparer ? Pourquoi je ne décidais simplement pas de rester ici ? Et pourquoi je ne l'empêchais pas de se rendre à ce « séminaire » auquel il avait tant envie de participer ? Je ne comptais plus le nombre de soupirs qui m'échappèrent devant le miroir. En quelques minutes, j'étais déjà prête. J'ignorais si ce que Figue m'avait aidé à choisir comme tenue correspondait aux critères de ce cher Balthazar et je m'en fichais éperdument. J'avais juste profité de l'occasion pour retrouver la jeune femme et acheter de nouveaux vêtements. Qu'est-ce que le choix de ma robe pouvait lui faire, de toute façon ? Ces mondanités étaient stupides. Ces gens qu'il avait tant envie d'aller voir n'avaient pas la moindre importance.

J'hésitais longuement. Il aurait été bien plus simple de l'enlever avant de sortir de cette pièce et de lui faire face sans rien porter. Ça aurait le mérite d'être inattendu. Je fermais les yeux, secouant la tête pour extirper cette image de ma tête. C'est ce qu'il cherchait. Il voulait m'embrouiller l'esprit avec ses remarques aussi dérangées que sa personne. Le son de sa voix passant à travers la porte me faisait grincer des dents. J'entendais ses pas, j'entendais les coups qu'il portait, prenant une grande inspiration pour ne pas casser la coiffeuse à laquelle s'accrochait mes mains. J'avais espéré qu'il cesse d'utiliser ce surnom stupide pour me désigner mais il prenait un malin plaisir à en abuser. C'était agaçant.

Un bref ricanement m'échappa alors qu'il commençait à dépasser certaines limites dans le but de me faire bouger de cette pièce. Dans quel intérêt ? Il aurait aussi bien pu profiter de mon manque de motivation pour tenter de filer. Il ratait rarement ce type d'occasion. Mes lèvres se pincèrent alors que je me relevais enfin, allant ouvrir la porte avec un peu trop de hargne, remarquant sa main en l'air comme si elle y avait été posée.

« Bien essayé. » lâchais-je tandis que mes yeux s'attardaient à peine sur le costume qu'il portait. « Mais j'ai un odorat très développé, je l'aurai su bien avant toi si un gâteau était arrivé comme par magie dans cette chambre. »

Malgré tout, je devais avouer que mon regard avait dévié derrière lui, ma tête légèrement penchée, comme dans un espoir de m'être trompée. C'était idiot de croire qu'il aurait pu ne pas me mentir. Je tentais au mieux de dissimuler la moue dépitée qui avait prit place sur mon visage.

« Ne refais plus jamais ça. La nourriture, c'est sacré. »

Je relevais ma tête dans sa direction, mon ton mêlant déception et avertissement. Il ne fallait pas s'amuser avec ces choses-là. Je me baissais vivement, éprouvant beaucoup trop de mal à faire le moindre mouvement, serrée dans cette robe. J'avais presque envie de la déchirer pour que chaque geste soit plus simple. C'était une horreur. Je retirais la paire d'escarpins à mes pieds, le forçant à les prendre dans ses bras sans prendre le temps de le lui demander gentiment.

« J'aimerai tester ta théorie. »

Ma voix était assurée, presque amusée, alors que je m'écartais en prenant soin de ne pas le frôler. Ouvrir la baie vitrée n'était qu'une formalité, me placer au bord du vide était tout aussi simple. C'était la suite qui s'avérait plus délicate.

« Tu me les rendra une fois en bas. »

Je me retournais vers lui, un large sourire ornant mes lèvres, avant de tout simplement me laisser tomber.

Je n'étais pas suicidaire, ça ne faisait pas partie de mes caractéristiques. En revanche, mon talent en matière de saut n'était plus à prouver. Je me demandais si cela faisait partie des choses à ne pas faire, mais qui prêterait donc attention à ce qui pouvait se dérouler au 27ème étage ? L'atterrissage me posait plus de soucis. Si les rues étaient passantes, je me demandais malgré tout si ce serait suffisant pour ne pas attirer l'attention. Certainement pas. J'avais ralenti le choc en me raccrochant à quelques bordures, lorsque je me trouvais encore assez haut pour ne pas être remarquée par les curieux d'en bas. Mon objectif n'était pas de former un cratère en plein milieu du trottoir.

Ce ne fut pas le cas. Ma maîtrise était exceptionnelle, si je pouvais me permettre de me faire des compliments. J'avais même du attendre Balthazar, l'ascenseur étant moins rapide que moi. Je ne remarquais que maintenant, à certains passants me regardant bizarrement, que j'en avais oublié de prendre ma veste. Je n'en ressentais pas le besoin, à vrai dire. Tant pis.

J'haussais les épaules, attrapant le bras du barbier lorsqu'il finit enfin par se montrer, le serrant assez fort pour qu'il ne cherche pas à avancer sans moi.

« Ce n'était pas assez haut. Et maintenant, je n'ai plus envie de prendre un taxi. Changement de plan. »

Et je ne lui demandais pas son avis. Il n'allait pas aimer ça, n'est-ce pas ? Si j'avais miraculeusement réussi à ne pas abîmer la robe pendant cette descente, elle ne me dérangeait pas moins pour autant. Je ne jugeais pas utile de remettre tout de suite les talons qui me rendraient la tâche encore plus difficile. Je tenais toujours son bras, l'incitant à avancer à côté de moi.

« Je trouve ça ennuyant, quand tout est trop planifié. Et tout est toujours trop planifié chez toi. J'ai envie de découvrir un peu plus de choses. »

Nous étions à New-York. Si je ne pouvais pas me divertir ici, je ne le pourrai jamais. Je l'attirai à mes côtés pour descendre un escalier, alors que la foule s'y jetait comme une marée. J'aimais cet amoncellement de personnes variées au même endroit, je ne me lassais pas de les observer.

« Si on arrive en retard par ma faute, j'ai perdu. Si on est à l'heure, j'ai gagné. »

Je m'étais stoppée brutalement devant un énorme plan que mes yeux parcouraient, ayant retenu les rues dont il m'avait parlé, leurs noms du moins. C'était... complexe. J'avais peu de chance de réussir à le déchiffrer rapidement.

« Je crois qu'on peut considérer que c'est un pari. » poursuivais-je plus distraitement, ma concentration allant sur les lignes qui me semblaient les plus importantes. « Je vais me fier à mon instinct. »

Je l'entraînais à nouveau, ressentant à peine ses tentatives de se dégager. C'était bruyant, ici, autant par les machines qui servaient à transporter des individus qu'à cause de ces derniers eux-mêmes. Je suivais le mouvement, copiant les gestes de ceux qui se trouvaient devant moi en passant ma main libre devant un petit cadran. Je poussais la barre métallique, entendant comme un grincement à mon passage, forçant Balthazar à me suivre. Est-ce que je l'avais cassé ? Ce n'était qu'un détail. Je continuais ma marche sans m'y attarder, me guidant grâce aux numéros et à leur direction indiqués sur les murs. J'appréciais particulièrement cette nouvelle expérience.

« Ne te sens pas obligé de préciser que tu me détestes profondément, je le sais déjà. »

Je ne pouvais pas m'empêcher de le faire remarquer. Qu'est-ce que je cherchais à lui prouver, à la fin ? Ce sourire ne me quittait plus tandis que j'évitais soigneusement son regard. Est-ce qu'il était en train de se demander s'il n'allait pas me pousser sur les rails ? Si tel était bien le cas, il ne le fit pas et je pu à ma guise le guider à l'intérieur, le lâchant uniquement lorsque les portes se refermèrent. J'avais tenté de retenir la station à laquelle nous devions descendre sans même savoir si c'était bien celle se trouvant à l'endroit souhaité.

Fronçant soudainement les sourcils et bougeant légèrement mes épaules, je tirai sur la manche de Balthazar, plus pour pousser encore davantage les limites de sa retenue que pour réellement chercher à attirer son attention. Je me retournais du mieux que je le pouvais pour lui présenter mon dos, m'emparant de ma chevelure que je faisais par-dessus mon épaule. Je n'avais pas réussi à remonter totalement la fermeture, à partir de mes omoplates, mais ça ne m'avait pas paru dérangeant jusque là. Sauf qu'avec toutes ses personnes inconnues serrées autour de moi, il me semblait plus juste d'y remédier. Je m'en fichais personnellement, c'était simplement mieux. Je crois.

Je tournais quelque peu la tête, le distinguant à peine.

« Tu m'aides ? »

Ce n'était pas un ordre. Si peu. Une demande forcée, dirons-nous. Je n'avais pas le choix d'être près de lui dans cet endroit clos bien trop étroit pour le nombre de passagers. Un tel contact supplémentaire ne pourrait pas aller jusqu'à me perturber, du moins pas assez... Un sourire éphémère étira mes lèvres à cette pensée.
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________________________________________ Mer 7 Fév 2018 - 17:01


I'm dying to catch my breath
Oh why don't I ever learn?


La chute.
Il ne s'y était pas préparé. Il l'avait envisagée mais sans la dessiner entièrement dans son esprit. Il avait freiné son désir de jeter Eulalie dans le vide car il savait pertinemment qu'elle résisterait. Il était resté quelques secondes ébahi quand la jeune femme l'avait fait d'elle-même. Elle s'était défenestrée. Brusquement, il se précipita au bord de la baie vitrée ouverte et s'y pencha, observant l'amazone chuter à une allure vertigineuse. Le souffle coupé, il l'observa sans ciller. Il était traversé par une palette d'émotions contraires qui s'entrechoquaient dans sa tête : le soulagement et la satisfaction presque euphorique d'être enfin débarrassé d'elle de la plus facile des manières ; mais aussi une sorte d'effroi désagréable qu'il chercha à repousser. Pourquoi aurait-il eu peur de la perdre ? Elle ne représentait absolument rien pour lui. Elle n'était rien ni personne. Juste une fille encombrante qui ne le serait bientôt plus.

Il s'aperçut à peine qu'il avait agrippé le rebord de la fenêtre. Sa main crispée dessus bleuissait presque. Il n'avait pas détaché son regard de la future suicidée qui poursuivait sa chute. Il guettait avec une attente étrangement douloureuse l'impact contre le bitume, en contrebas, et la tache écarlate qui éclabousserait le pavé lorsque son corps s'y écraserait. Il éprouvait également une certaine déception à l'idée de ne pas avoir eu l'occasion de lui administrer lui-même le coup de grâce. Ainsi, elle partait en le laissant frustré une fois de plus.

Ses doigts se crispèrent davantage contre la fenêtre à l'instant même où l'amazone agrippa une bordure de l'immeuble pour ralentir sa chute. Un accord parfait. Un geste similaire. Il retint son souffle, inexplicablement. Elle reproduisit cette action plusieurs fois, jusqu'à atterrir souplement sur le sol, sans se causer aucun dommage.

Le souffle court, le barbier tiqua et se redressa. L'irritation. Mais aussi, le soulagement, de nouveau. De savoir qu'elle était en vie. Il battit des paupières, agacé par cette émotion dont il ne voulait pas. Elle était contraire à tout le reste. Illogique. Dégradante. Révoltante.

De rage, il referma brusquement la baie vitrée dans un bruit sec. Et baissa les yeux sur les talons de la jeune femme qu'il avait toujours dans son autre main. Il les jeta sur le fauteuil, attrapa son manteau pour l'enfiler ainsi que son écharpe, puis sortit de la chambre.

Une fois en bas, Eulalie lui fit partager ses impressions, précisant que l'immeuble n'était pas suffisamment haut pour la tuer. Il aurait pu répliquer qu'elle n'avait pas joué le jeu à fond puisqu'elle avait ralenti sa chute à plusieurs reprises, mais il préféra rester silencieuse. Elle cherchait uniquement à faire son intéressante, et il n'allait pas l'encourager dans cette voie, même s'il ne parvenait pas à oublier l'image de sa silhouette tombant gracieusement dans le vide, ni ce qu'il avait ressenti à cet instant-là... Il ferma les yeux brièvement, espérant chasser ce trop plein d'émotions contraires. Elles l'empoisonnaient. Cette femme l'empoisonnait.

Elle passa son bras autour du sien et l'entraîna à travers la rue, prétextant qu'elle ne voulait plus prendre de taxi. Il chercha à se débattre mais bientôt, une foule d'individus se pressa autour de lui alors qu'ils descendaient un escalier. Le métro... Il n'avait plus aucun doute sur la bêtise sans nom de l'amazone. Il se contracta. Il détestait la foule et les gens en général. C'était la raison pour laquelle il préférait les taxis pour les transports en commun.

Il braqua un regard incendiaire dans celui d'Eulalie alors qu'elle proposait un pari. Oh, elle voulait jouer avec le feu. Très bien. Mais était-elle prête à en payer le prix ?

"Si l'on arrive en retard, je te tue. Et tu te laisseras faire."
marmonna-t-il, acerbe.

Il y avait tellement de gens autour d'eux, tellement de bruit qu'il n'était pas sûr qu'elle ait entendu. Elle ne le lâchait toujours pas, l'entraînant à travers différents couloirs souterrains pour finalement entrer dans une rame bondée, si bien qu'ils furent contraints de rester debout. Balthazar esquissa une moue dégoûtée et leva la main pour attraper une barre verticale, mais à cet instant seulement, il s'aperçut qu'il tenait toujours les chaussures d'Eulalie. A quel moment les avait-il récupérées avant de quitter l'hôtel ? Il avait eu comme une absence. Il cligna des yeux dessus avant de les jeter par terre avec une grimace irritée. Pour qui le prenait-elle, à la fin ? Les gens qui les entouraient lui jetèrent un regard indigné, et il crut remarquer quelqu'un se pencher avec difficulté pour ramasser les talons hauts.

Eulalie en profita pour tirer sur sa manche. Il tourna la tête et laissa échapper un soupir décontenancé en voyant son dos dénudé et sa robe ouverte. Le faisait-elle exprès ? Elle lui demandait de l'aide pour remonter la fermeture Eclair. Il fixa les deux pans de tissu, se mordant les lèvres pour s'empêcher d'agir sous l'impulsion. Il n'avait qu'une envie en cet instant : dézipper totalement la robe pour la couvrir de honte. Il estima que ce serait vain puisqu'elle n'avait guère de pudeur, et il était bien placé pour savoir qu'elle ne pouvait avoir aucune honte de son corps puisqu'il était plutôt harmonieux. Il chassa à nouveau d'agaçants souvenirs de son esprit pour attraper la fermeture Eclair et la remonter si brusquement qu'elle... dérailla.

"C'est cassé." dit-il, contrarié tout en continuant de s'acharner dessus.

Elle était coincée en haut de son dos, ce qui fermait tout de même la robe, mais pas suffisamment. Balthazar s'acharna encore quelques secondes dessus, puis jeta un bref coup d'oeil à la chevelure pas suffisamment apprêtée de l'amazone.

"J'avais prévu de te coiffer." maugréa-t-il, plus que réprobateur. "Tu ne ressembles à rien."

Pas de brushing, pas de soin particulier. Ses cheveux flottaient librement sur ses épaules. Ils étaient magnifiques, mais pas suffisamment pour épater la galerie de professionnels en coiffure qui les attendaient. Cela contraria davantage le barbier, encore plus que le fait d'être compressé dans une rame de métro. En sautant dans le vide, Eulalie avait compris tout le déroulement de la soirée. Il le lui ferait payer très cher. De toutes façons, ils ne pourraient probablement pas se rendre au gala puisque le métro avançait avec une lenteur infinie.

Il avait besoin de passer ses nerfs, de n'importe quelle manière. Aussi il joua des coudes pour se frayer un chemin jusqu'au type qui avait récupéré les chaussures d'Eulalie. Profitant de l'effet de surprise, il le plaqua sans ménagement contre la paroi et lui enserra la gorge. Il puisa son inspiration dans le fait qu'il rêvait de faire de même à l'amazone jusqu'à ce qu'elle rende son ultime souffle. Le bougre tenta de se débattre mais c'était peine perdue contre un assassin sous pression depuis plusieurs années. Les gens s'animèrent autour d'eux, alors qu'un vent de malaise s'emparait de la rame. Mais nul ne vint en aide à la victime, ce qui arracha un faible rictus au barbier. Ca ne changerait jamais, tout ça. Un être humain ne vole jamais au secours d'un autre. Depuis que le monde est monde, il en est ainsi.

Le type finit par lâcher les talons hauts que Balthazar récupéra posément alors que l'autre s'affala au sol, les mains autour de la gorge. Oh, sans doute qu'il y avait été un peu trop fort.

"Merci." dit-il tout en s'éloignant.

Curieusement, les gens s'écartèrent à son passage, se pressant les uns contre les autres pour éviter de le toucher. C'était nettement plus agréable ainsi. Il suffit d'agresser quelqu'un pour avoir plus d'espace et mieux respirer. Imperturbable, il tendit brutalement les chaussures à Eulalie.

"Mets-les." ordonna-t-il, revêche. "Tu auras l'air moins négligée."

Il n'avait pas fait ça pour elle, mais pour lui. Afin de ne pas se faire critiquer au gala. Il se moquait de ce que l'on pouvait penser habituellement, mais cette soirée était particulière. Elle faisait partie des rares choses qui comptaient pour lui. Il jeta un énième coup d'oeil à sa montre, réalisant que ce ne serait peut-être pas un crime de louper le discours d'ouverture puisqu'il était toujours d'un ennui mortel.

A cet instant, le métro ralentit l'allure avant de se stopper totalement dans un bruit bringuebalant. Les portes s'ouvrirent et tandis que les gens se massaient pour sortir, Balthazar en profita pour se retourner vers Eulalie. Il se plaça devant elle, les yeux plissés.

"Si tu perds ton pari et qu'on arrive en retard, je veux que tu dégages."
dit-il, catégorique. "La surveillance s'arrête. Tu expliqueras ça à tes supérieurs comme tu veux."

Il avait prononcé ces paroles avec tout le mépris dont il était capable, car il trouvait ridicule qu'elle obéisse comme un bon petit soldat à des gens qui ne valaient pas mieux qu'elle. Quel manque de dignité...

"Et si jamais tu gagnes..."

Il laissa sa phrase en suspens, émettant simplement un subtil sifflement agacé entre ses dents. Ca n'arriverait pas -il y veillerait personnellement- donc inutile de trouver une récompense adaptée. Il la fixa encore quelques secondes puis se détourna d'elle, se souvenant que les portes du métro finissaient par se fermer automatiquement. Pendant l'espace d'un instant, il espéra qu'Eulalie n'aurait pas le temps d'en sortir, mais bien entendu, il l'entendit bientôt trottiner à côté de lui avec sa démarche si irritante.

Il accéléra l'allure et emprunta un couloir qui les fit déboucher au coin de la 9ème et la 10ème avenue. Ils ne se trouvaient donc qu'à une dizaine de minutes à pieds du lieu où se déroulait le gala. Le barbier tiqua. Il ne voulait pas admettre qu'Eulalie s'était admirablement débrouillée avec le métro.

"On n'est pas au bon endroit." grommela-t-il.

Ce mensonge ne le fit pas même sourciller. Il pivota sur lui-même, faisant semblant de chercher la bonne direction. Puis il se tourna vers la jeune femme. La fusillant du regard, il croisa les bras.

"Alors, quelle est la suite de ce charmant programme, petite peste ? J'attends."

Ses doigts tapotaient nerveusement contre ses bras croisés.

"Après ton saut de l'ange et m'avoir présenté le métro à l'heure de pointe, tu suggères la visite d'un bar ? Un repère de SDF ?"

Et encore, il n'avait sûrement pas imaginé le quart de la moitié de ce qui devait passer dans la tête de cette étourdie. Elle était capable de trouver un vendeur de porte-clés fascinant. En tous cas, plus il parlait, et plus elle risquait de perdre son pari, ce qui lui convenait tout à fait. Il se sentait capable de réciter la façon dont on faisait une permanente ou une mis-en-plis afin qu'elle perde. Jamais il ne s'était senti aussi éloquent.
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________________________________________ Ven 9 Fév 2018 - 0:08


'cause I'm fast enough to get in trouble
not fast enough to get away.


L'homme qu'il tenait commençait à devenir dangereusement rouge. J'espérais qu'il ne commettrait pas un meurtre en public, ce serait fâcheux. Si jamais la situation commençait à être trop délicate, je devrais intervenir. C'était la seule raison pour laquelle je fixais le spectacle. Il finit par relâcher le pauvre individu – ce qui était plus que prévisible – et je ne voyais plus d'intérêt à m'y intéresser davantage. Avoir récupéré mes chaussures rattrapait presque le fait d'avoir cassé ma robe. Presque. Je les posais au sol pour les enfiler, non pas parce qu'il l'ordonnait, simplement parce que j'appréciais les porter.

Je ne réussis pas à dissimuler ma surprise lorsqu'il émit ses termes à ce pari que j'avais juste rapidement évoqué. Il ne loupait pas une occasion. Je n'eus pas le temps de répliquer qu'il partait déjà devant. Je le suivais avec cette étrange sensation au fond de la gorge. Je n'aimais pas son dédain et sa manière de me prendre pour une simple créature obéissante. Ce mépris à mon égard, répétitif, ne cessait jamais de m'agacer. Je parvenais à contenir cette envie de le frapper depuis des semaines, mais ma patience était limitée.

Un soupir m'échappa, alors que je levais les yeux au ciel, essayant en vain de faire abstraction de ses remarques. Il était insupportable. Exécrable. Odieux. Trop d'adjectifs se bousculaient sans qu'un seul ne paraisse assez fort. J'aurai mieux fait de partir. De l'ignorer, de le laisser là, de ne jamais plus recroiser sa route. Ou de le tuer, méthode à peine plus extrême. Je ne devais pas m'emporter. Il n'en valait pas la peine.

« Tu poses trop de questions. Ce n'est pas dans tes habitudes. »

Il cherchait à provoquer ma défaite. Je n'appréciais pas cette tentative de duperie. J'étais peut-être sotte mais il aurait dû se montrer bien plus enthousiaste, si vraiment sa victoire était certaine. Il souhaitait tellement se débarrasser de moi que ça ne m'aurait pas surprise. Il tentait juste de perdre du temps, trop peu subtilement. Je n'aurai pas su quoi lui répondre, quand à mon choix de destination : je ne programmais rien, je suivais mon intuition. Je le fixais quelques secondes avant de me remettre en route, l'attrapant pour le forcer à faire de même, en finissant par le laisser libre de ses mouvements lorsqu'il daigna avancer.

« C'est tellement prévisible de ta part d'exiger mon départ. » lâchais-je alors que mes yeux cherchaient toutes indications s'avérant utiles.

La 5ème avenue ne pouvait pas être si difficile à trouver. Ce que je lisais sur les panneaux me permettait de déduire que nous n'étions pas si éloignés que ce qu'il prétendait. Mauvais joueur. Je restais silencieuse pendant de longues minutes, continuant ma marche en ne lui lançant plus un coup d’œil. J'étudiais chaque immeubles devant lesquels nous passions, gardant un rythme soutenu, tout en m'interrogeant sur les motivations qui me poussaient à vouloir rester. Ce n'était pas seulement parce qu'il s'agissait de la demande d'une demie-déesse. Mon orgueil était davantage responsable, me faisant refuser de m'avouer vaincue aussi aisément. Il était impressionnant à quel point l'arrogance pouvait rendre stupide.

Je pouvais encore gagner, c'était une évidence. Je me mordais les lèvres dans une étrange expression de réflexion. Ce pari n'avait pas de sens. Qu'est-ce qu'il pouvait bien m'apporter que je n'étais pas déjà en position d'avoir, de toute manière ? Lui demander de se montrer sympathique pendant une journée serait d'un barbant (sans mauvais jeu de mots). Oh, j'aurai pu lui imposer d'égorger quelqu'un pendant la soirée pour voir jusqu'où il était capable d'aller, lui qui réfrénait ses pulsions. Cette perspective m'arracha un sourire, avant que je ne me rende compte que la vie d'une personne innocente serait en jeu, cette variable rendant cette option peu envisageable. Dommage.

Il n'avait pas fallut longtemps pour atteindre la rue souhaitée, même si je ne distinguais absolument pas le lieu où il était supposé se rendre. Et je ne le cherchais pas particulièrement, étant dénuée de toute envie d'y mettre les pieds. Ma tête se pencha sur le côté, tandis que je me stoppais brusquement, saisissant de nouveau son bras. J'aurai pu continuer tout droit, proclamer mon triomphe et m'en satisfaire, pour finir par réclamer une invitation dans un restaurant que j'étais déjà en mesure de me payer. Et où je n'avais certainement pas envie d'aller avec lui. C'était trop simple. Il serait à peine déçu de ma réussite. Je désirais plus de divertissement que ça.

Je l'attirais, sans doute trop rudement, dans l'espace restreint présent entre deux bâtiments, la foule ne nous prêtant pas un regard. A défaut de pouvoir jouer de ses pulsions meurtrières, d'autres de ses instincts restaient à ma portée.

« J'accepte de perdre volontairement. Et je respecterai ta demande. » prononçais-je distinctement, mon regard fixé dans le sien et ma main s'appuyant sur son torse pour le bloquer contre l'un des murs. « A une condition. »

Il n'allait pas me reprocher de trop en demander. Je lui faisais la promesse du retour de sa tranquillité, c'était un cadeau qu'il ne pouvait pas refuser. Mes doigts étaient remontés jusqu'à sa nuque pendant que je parlais, sous son écharpe, d'une façon bien trop suggestive pour qu'il ne devine pas ce que j'étais sur le point de faire.

« Celle de profiter une dernière fois de la seule chose agréable que tu es capable d'accomplir. »

Les conditions étaient différentes, l'endroit tout autant, même mon état d'esprit déviait de la précédente expérience. Des semaines à me tenir à l'écart, pendant lesquelles j'avais parfois dû me faire violence, pour en finir là, à ravaler ma fierté sans réfléchir davantage. Il fallait que ça en vaille la peine.

Ma main libre se posait contre lui, se frayant un passage sous son manteau, rencontrant sa chemise. Je prenais le soin de ne rien arracher, cette fois. Je n'effectuais qu'une légère pression contre son cou, l'incitant à pencher la tête. Ma fébrilité m'étonnait, ma respiration saccadée m'agaçait et je me détestais pour cette horrible torture que je m'infligeais, mes lèvres ne restant qu'à quelques millimètres des siennes. Je devais apprécier me faire du mal, pour aller jusqu'à les frôler. Je testais mes propres limites, fermant mes yeux alors que mon cœur était sur le point d'exploser, mes doigts se crispant contre lui. L'attente à la fois douloureuse et délectable m'apportait ce sentiment si particulier d'euphorie que j'aurai tant aimé ne pas avoir à ruiner.

Je ne devais pas lui laisser le temps de réfléchir. Ni me laisser le temps de réfléchir.

« Tu ne me manquera pas. » murmurais-je dans un souffle.

Un bruit de tissu se déchirant brisa la tension installée, mon genou venant percuter son abdomen avec une puissance contrôlée. Suffisante pour lui faire mal et le déstabiliser, pas assez pour lui causer un traumatisme. Je crois. Il souffrirait peut-être un moment. Ma main s'était déplacée pour retenir sa gorge plus fortement contre la paroi, l'autre allant fouiller les poches de son pantalon. Je trouvais rapidement ce que je souhaitais.

« Attends-toi à ce que Cassandre vienne brûler l'hôtel dans lequel tu vis, et le chaton avec, maintenant que je ne serai plus là pour te garder à l’œil. Tu peux aussi ne jamais rentrer, ça l'arrangerait grandement. »

Je parlais vite, trop vite. A quoi bon continuer d'entretenir le mystère sur l'identité de celle qui m'avait envoyé ? C'était sans grande importance à mes yeux. Je le prévenais au moins de ce qu'il risquait, c'était un acte de gentillesse. Je déviais brièvement mon attention sur ma robe, rompue sur toute la longueur de ma jambe. Je n'aurai jamais dû porter quelque chose d'aussi près du corps. Elle était déjà fichue, de toute façon.

« Je vais garder ça comme souvenir. »

Reposant mon regard sur lui, je tentais d'ignorer cette vague de douce chaleur qui m'envahissait. Je tenais le rasoir fermement entre mes doigts, ne manquant pas de le lui faire remarquer avec une expression certainement trop mesquine. L'énerver était un plaisir trop agréable pour que je puisse m'en priver. Il voulait que je parte. J'allais le faire. Mais pas toute seule.

« Tu peux encore ne pas être trop en retard, si tu te dépêches. » fis-je remarquer le plus sereinement du monde, tout en me rapprochant, comprimant davantage sa gorge. « Passe une bonne soirée, Balthazar. »

Un simple chuchotement provocant. Je ne savais jamais quand m'arrêter. Maintenant me semblait être le bon moment. Je le relâchais et m'écartais avec satisfaction, replaçant une mèche de mes cheveux sans me défaire de cet air comblé alors que je m'éloignais. Les palpitations affolées que je sentais cogner contre ma poitrine étaient certes perturbantes, mais mon contentement prenait le dessus. Ce n'était pas si compliqué que ça de s'amuser.
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________________________________________ Mer 14 Fév 2018 - 11:22


What a wicked game you played
to make me feel this way
It's strange what desire will make foolish people do.


Curieusement, le fait d'arriver en retard au séminaire passa au second plan dans l'esprit de Balthazar à mesure que l'amazone se rapprochait de lui, dans la pénombre des bâtiments. Sa voix caressante lui faisait une proposition qu'il ne pouvait refuser. Il plissa des yeux alors qu'elle réclamait de coucher avec lui. Tout d'abord, il crut mal entendre, mais la main qui s'était insinuée sous son écharpe, rencontrant sa nuque, et l'autre qui cherchait un accès sous sa chemise ne pouvaient prêter à confusion. Les lèvres d'Eulalie effleurèrent les siennes et une fois encore, il la maudit de provoquer un tel frisson dérangeant le long de son échine. Il baissa les paupières, se contentant de sentir son souffle précipité contre son visage. Il s'agissait d'une victoire : elle était entièrement à sa merci et avouait qu'elle le convoîtait physiquement. Malgré tout, il ne jubilait pas. Il tentait de rester maître de ses pulsions, même si la jeune femme le poussait dans ses plus extrêmes retranchements. Qu'allait-il se passer, ensuite ? Il envisagea l'enchaînement de la scène avec l'ombre d'un sourire machiavélique. Il pouvait tout se permettre puisqu'elle avait avoué sa faiblesse.

Brusquement, son souffle se coupa net. Il eut l'impression que ses entrailles se déchiraient dans son ventre alors qu'un grognement de douleur lui échappait. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que l'amazone avait heurté son abdomen avec son genou. Des larmes lui brouillèrent la vue. Il sentit sa poigne se resserrer autour de sa gorge alors qu'elle l'obligeait à rester plaqué contre le mur. Un éclair de rage et d'incompréhension passa dans ses yeux humides. Pourquoi ? A quoi jouait-elle, encore ?

Il perçut bientôt sa main fourrager dans les poches de son pantalon. Il tenta de l'en empêcher mais ses gestes étaient flous en raison de la douleur qui le tenaillait.

L'identité de la mystérieuse "supérieure" d'Eulalie fut balayée instantanément lorsqu'il vit un éclair argenté briller dans la semi-obscurité. Son coeur s'arrêta net avant de tambouriner de nouveau à ses oreilles, le rendant presque sourd. Son rasoir. Elle le lui avais pris. Il tenta de se défaire de son emprise, sans succès, alors qu'elle appuyait davantage sa main contre sa gorge, l'étouffant presque. Elle le relâcha enfin, se détournant de lui comme s'il n'avait aucune espèce d'importance, tout compte fait.

Il se courba en deux, une main plaquée contre son cou douloureux, et laissa échapper un râle.

"Tu... tu es... la définition du vice." articula-t-il entre deux respirations saccadées.

Eulalie continua de s'éloigner d'une démarche nonchalante, tout en s'appliquant bien à faire miroiter le rasoir entre ses doigts pâles.

"REGARDE MOI QUAND JE TE PARLE !" cria-t-il, furieux.

A bout de souffle, il se redressa, ignorant la douleur tant bien que mal. Il ne supportait pas la vision de cette femme en possession de son bien le plus précieux. C'était révulsant. Lui seul avait le droit de le manier, de le toucher. Le lien qui s'était tissé entre eux était infiniment complexe et délicat. Cette petite peste n'avait aucun droit sur lui. Et le fait qu'elle l'ignore une fois encore le plongea dans une colère noire.

D'un pas incertain et rageur, il la rattrapa et se planta devant elle, l'obligeant à se stopper. Il respirait toujours par saccades, et la fureur rendait ses yeux encore plus perçants que d'habitude. Il planta son regard dans le sien avant d'articuler sèchement :

"Si tu souhaitais me garder auprès de toi, tu ne pouvais pas trouver mieux."

Elle devait se douter qu'il ne la laisserait pas en possession de son rasoir. Elle avait constaté à quel point il avait été réticent à s'en séparer, la première nuit de leur "cohabitation forcée". Ce souvenir provoqua un autre frisson le long de son échine et il repoussa la vague de chaleur qui cherchait à l'envelopper. Cette femme était le Mal incarné. Il avait l'impression d'être un jouet entre ses mains. Et il détestait ça. Cependant, avait-il une autre alternative jusqu'à ce qu'elle consente à lui rendre son bien ? Il est curieux de constater à quel point les rapports de force peuvent très vite s'inverser. Le barbier tiqua d'agacement, se mordant les lèvres, puis déclara à contrecoeur :

"Je resterai jusqu'à ce que tu me le rendes. Alors, profite ! Joue les touristes ! Je serai toujours dans ton ombre."

Une expression suffisante passa sur son visage alors qu'il ajoutait, sardonique :

"Tu pourrais m'assommer, me laisser dans ce recoin sombre, mais je sais que tu ne le feras pas. Inconsciemment, tu fais tout pour que... je sois à ta merci."

Il grimaça, révulsé à cette idée. Il savait reconnaître lorsqu'il avait été battu et bien que cela ne lui convienne pas, il attendait l'instant où tout basculerait de nouveau en sa faveur.

"Tu aimes ça." insista-t-il d'un ton mielleux, penchant la tête de côté quelques secondes de trop sur sa robe fendue de côté jusqu'à mi-cuisse. Il attarda son regard sur le rasoir dans sa main, dévoré par l'envie de s'en saisir, mais il savait qu'elle ne le laisserait pas faire.

La vision de son corps à demi nu ne provoquait plus la même sensation en lui, désormais. Le désir était toujours omniprésent, mais voilé par un sentiment de frustration et de rage sourde impossibles à apaiser. Dès qu'il posait les yeux sur elle, il était obsédé par l'idée de lui faire rendre son dernier souffle. Et contrarié de ne pouvoir y parvenir. Jamais quelqu'un ne lui avait échappé à ce point. C'était à rendre fou.

"Je rends toujours au centuple ce qu'on me fait."
prononça-t-il brusquement.

Ce n'était pas une menace, simplement une information. Elle aurait dû s'en douter, non ? Sweeney Todd finit toujours par se venger, d'une façon ou d'une autre.

"En attendant, amusons-nous."
dit-il avec l'ombre d'un sourire torve.

Sans attendre davantage, il passa son bras sous le sien et l'entraîna de nouveau vers les lumières de la ville. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait, puisqu'il était au coeur d'une métropole animée qui ne dormait jamais.

"Tu devrais cacher le rasoir."
lui conseilla-t-il dans un murmure. "Les armes blanches ne sont pas autorisées dans les lieux publics."

Il avait remarqué qu'elle ne possédait pas de poches, mais il n'espérait pas pour autant qu'elle le lui rende. Il n'était pas naïf. Effectivement, elle trouva un subterfuge en glissant la lame repliée dans son décolleté, d'un air hautain. Il avait suivi son geste et déglutit avec une certaine difficulté, imaginant sans mal l'objet en argent au contact de sa peau chaude et veloutée. Il secoua brièvement la tête pour se ressaisir mais n'y parvint pas vraiment.

Sans lâcher la jeune femme, il entra dans l'atmosphère tamisée d'un bar bondé intitulé ironiquement le "Karma". Il l'avait choisi car il s'agissait d'un des rares lieux à New York où il était possible de fumer. Il huma à pleins poumons l'air alourdi par l'odeur de la cigarette et entraîna Eulalie à sa suite vers l'une des rares tables vides.

"Assieds-toi, je t'en prie." dit-il avec une politesse grinçante.

Sans attendre, il retint une serveuse par le bras afin de passer commande :

"On va prendre dix shooters de ce que vous avez de plus fort. Pour commencer"

Puis, il ôta son manteau pour s'installer à la table. Son intention était bien évidemment de saouler la jeune écervelée afin de récupérer ce qui lui revenait de droit. Il nourrissait l'espoir que si elle n'était plus en possession de ses moyens, il pourrait avoir le dessus sur elle. Les vapeurs de l'alcool auraient forcément raison de sa force naturelle. Elle serait ivre avant que le spiritueux ne trouble sa propre conscience.

A l'instant où la serveuse apporta les shooters, Balthazar se souvint brusquement d'un détail qui lui avait échappé jusqu'à présent. Près d'un mois plus tôt, Eulalie lui avait précisé que l'alcool ne lui faisait aucun effet.

"Et merde." maugréa-t-il.

Agacé, il porta un shooter à ses lèvres qu'il vida d'un trait avant de claquer le petit verre contre la table. Il fixa ensuite la jeune femme, la mâchoire contractée. Elle faisait tout pour lui rendre la vie encore plus déplaisante qu'elle ne l'était. N'avait-elle aucune faille ?

Il promena un regard incendiaire sur la salle enfumée et bruyante, quand il remarqua une banderole accrochée au-dessus d'une petite scène. Un mince rictus étira ses lèvres et il se leva d'un bond. Il échangea quelques paroles à l'oreille d'une serveuse de passage qui hocha la tête avec un sourire, avant de lui indiquer de s'y rendre. Balthazar traversa rapidement la salle et monta sur scène, se plaçant devant le micro. Il tapota dessus, dubitatif, avant de s'en approcher.

"Bonsoir..." déclara-t-il d'un ton qu'il s'efforçait d'être enthousiaste, même s'il gardait des tonalités lugubres. "J'ai appris que ce bar faisait aussi karaoké et j'ai vraiment très envie de vous faire écouter la voix mélodieuse de ma charmante petite amie."

Sa voix amplifiée par le micro devenait de plus en plus détendue à mesure qu'il parlait. Son plan machiavélique l'enchantait par avance. Il désigna la jeune femme avant de poursuivre :

"Elle est assise à la table du fond. Elle est très timide alors vous seriez gentils de l'encourager avec vos applaudissements. Eulalie ! Eulalie !"

Il tapa ses mains l'une contre l'autre tout en regardant la jeune femme d'un air faussement attendri, bien que ses yeux, si l'on les observait avec attention, lançaient toujours des éclairs inquiétants. Bientôt, les gens présents se joignirent à ses applaudissements, scandant à leur tour le prénom de l'amazone.

La partie était lancée, et c'est lui qui avait la main.
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Eulalie


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________________________________________ Sam 17 Fév 2018 - 12:30


you better choose carefully
'cause I’m capable of anything.


Il criait. Il s'énervait. Il se plaignait. N'était-ce pas ce que j'attendais ?

Ma tête se penchait sur le côté, alors que je n'écoutais qu'à moitié les mots qu'il prononçait. Il était plus résistant que ce que j'imaginais, ou il ne voulait clairement pas me voir partir avec ce qui lui appartenait. J'optais pour la deuxième option. Il avait raison sur un point : je ne l'assommerai pas. Le plonger dans l'inconscience était trop aisé et ne m'apporterait aucune sorte de satisfaction. Mais je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire par... 'à ma merci'. Je n'en faisais pas mon esclave. Je ne lui demandais rien. Ce n'était pas pour qu'il reste à mes côtés que j'agissais de la sorte. C'était simplement pour me divertir.

Sa menace ne me fit même pas tiquer. Elle passa comme un courant d'air et je l'oubliais immédiatement. Je ne craignais rien de lui, il ne pouvait pas m'atteindre.

Je levais les yeux au ciel à sa remarque alors qu'il m'entraînait je ne savais où, espérant que ce ne serait pas à ce stupide rassemblement de coiffeurs. Heureusement que son arme était plus aisée à dissimuler que mon épée, que j'aurai eu bien du mal à cacher avec une tenue pareille. Je regrettais finalement de ne pas avoir choisi une robe munie de poches, ou de ne pas avoir pris une veste, la sensation du rasoir coincé entre le tissu et ma peau étant quelque peu étrange.

Tout comme l'endroit où il venait de nous faire entrer. Il me rappelait le bar ayant appartenu à Hadès, sans pour autant y être identique. L'absence de barres en plein milieu de la salle était une différence notable. J'avais pris le temps de m'asseoir, tournant la tête de tous les côtés, indécise. Quel était son but en nous faisant venir ici ? Oh. Il voulait boire. Evidemment. Réaction normale pour combler un fort taux de contrariété. Je ne cherchais pas à savoir ce qui l'agaçait ou encore pourquoi il me regardait de la sorte, me contentant de prendre un des minuscules verres qui avaient été emmené. Ce qui y était servi n'avait aucun goût. Il ne s'agissait que d'alcool brut désagréable. Je préférais les cocktails. J'en vidais néanmoins trois, ou peut-être quatre, avant de me rendre compte qu'il était parti.

Et pendant les quelques secondes qui suivirent cette constatation, une émotion dont je me serai volontiers passée s'invita : la panique. Je ne la reconnus pas tout de suite, mais il n'y avait pas de doute. La cadence effrénée de mon cœur, mon souffle coupé, ces bruits tout autour subitement estompés de façon trop angoissante. Il n'y avait qu'elle pour correspondre à ces critères. Sans oublier ce désagréable frémissement qui me parcourait, se stoppant net lorsque le son amplifié de sa voix finit par me parvenir.

Ma tête se releva dans sa direction. Je clignais des yeux à plusieurs reprises, m'accrochant au bord de la table face à moi si fort que je la sentis se fissurer. Je n'eus pas le temps de m'interroger sur les raisons de cet affolement soudain qu'autour ils se mettaient à crier mon nom. Une main se posa doucement sur mon épaule et je l'attrapais instinctivement, entendant ses os raquer en me retournant vers la personne ayant osé ce geste sans prévenir. Son air choqué ne m'aida pas à définir ce qui se passait. Ils m'acclamaient comme si j'étais la nouvelle bête de foire de cet endroit. Je n'aimais pas ça.

« Ne me touchez pas. »

Je la lâchais, jetant un coup d'oeil plein d'incompréhension à Balthazar. Bien entendu, il était satisfait de son effet. Je me relevais sans me départir de mon air irrité, utilisant le temps que je mis à arriver jusqu'à lui pour remettre mes idées en place. Un karaoké. Je savais ce que c'était. Du moins j'espérais ne pas me tromper à ce sujet. C'était l'enthousiasme ambiant qui me déstabilisait. Tout comme sa manière de faire les choses. Pourquoi était-il obligé de mentir et de jouer ce rôle idiot ? Ne pouvait-il pas se contenter de leur dire qu'il me haïssait et qu'il cherchait un moyen de me mettre dans une situation délicate ? Je ne me serai pas gênée à sa place.

Si il voulait faire semblant, je pouvais faire des efforts. J'en étais capable. Il m'avait dépeinte comme charmante mais timide. Le stéréotype habituel qui correspondait également à l'habituel belle et idiote. Le tout ne me paraissait pas difficile à feindre. Je m'armais de mon plus grand sourire et ce ne fut pas sur le micro que je me jetais en arrivant sur scène, mais sur lui.

Mes bras s'accrochaient à sa nuque, forçant une étreinte qui pouvait paraître pleine d'entrain, si ce n'était que je le serrai de façon exagérée.

« Tu vas passer un très mauvais moment. » murmurais-je à son oreille avant de me détacher, non sans poser un furtif baiser sur sa joue au passage pour coller encore davantage au personnage.

Je passais ma main dans la sienne, me plaçant devant ce qui servait... de micro. Il émit plusieurs bruits déplaisants à l'oreille lorsque j'osais poser mon index dessus par curiosité. Le plus difficile restait de devoir faire comme s'il était tout naturel pour moi de m'en servir. Je fis vite disparaître ma mine étonnée pour poser mon regard sur l'assemblée ayant arrêté de taper frénétiquement dans ses mains. Ils étaient tous si... incompréhensibles.

« Tu restes avec moi n'est-ce pas ? Tu ne me laisses pas toute seule ? »

Rire niais doublé d'une expression faussement gênée, je passais ma main libre négligemment dans mes cheveux. Je ne me débrouillais pas si mal.

« Tu es le plus adorable ! »

J'appuyais sur le dernier mot mais une grimace m'échappa contre mon gré tout en le prononçant. J'avais encore des progrès à faire dans l'art de la comédie. Je ne lui laissais pas la moindre possibilité de s'échapper. Je ne voyais pas pourquoi je devrai subir seule cette expérience. Et c'est lui, qui avait commencé.

Il restait un autre soucis à régler. Mon répertoire musical restreint. Je cherchais frénétiquement dans mes quelques connaissances ce qui pourrait correspondre à ce moment sans rien trouver. Il faut dire qu'il s'agissait surtout de mélodies sans paroles, si ce n'était...

« Je sais ! » m'exclamais-je soudainement, me retournant vers lui d'un air enjoué, en faisant signe à une employée qui passait pour avoir un deuxième micro.

Je me penchais dans sa direction pour lui murmurer mon choix, faisant en sorte que Balthazar ne l'entende pas. Il en aurait la surprise quand elle commencerait. Il ne m'avait pas l'air très heureux d'être là. Tant mieux. Et il avait de quoi s'inquiéter. Le peu de duos que je connaissais était tiré d'un registre très particulier.

« Je pense que c'est celle qui nous correspond le mieux. Elle est parfaite. »

Tout en parlant de ce ton affreusement mielleux, j'entrelaçais ses doigts aux miens comme pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas le choix. Je ne m'inquiétais même pas du fait de savoir chanter. A la signification du nom que m'avait donné par Hyperion, j'espérais ne pas être une catastrophe. A vrai dire, je m'en fichais totalement. J'étais bien trop réjouie de l'expression de Balthazar lorsque les premières notes se firent entendre pour m'en tracasser.

« Je savais que tu allais adorer ! »

Je devais lutter pour ne pas me mettre à rire ou à m'extasier. Je devrai penser à remercier Apollon de m'avoir permit de connaître les Disney en même temps que Vaiana. Le principe des princesses Disney m'échappait totalement mais me semblait être des plus adaptés à ce rôle que je me donnais. J'aurai pu me demandé si dans sa vie d'avant, cet homme face à moi était de ces princes au courage sans borne mais... j'en doutais grandement.

Par contre, il chantait aussi bien qu'eux. Mieux même. Les voix étaient trop aiguës dans les dessins animés. Je n'arrivais pas vraiment à masquer mon étonnement à le voir se plier à ce jeu sans émettre plus de protestations... Le fait d'être en public devait y être pour quelque chose. A moins que ce ne soit parce que j'étais en possession de son rasoir qui pouvait très bien finir en mille morceaux à la fin de cette soirée par mégarde, si je le voulais.

La surprise me fit presque oublier ce que je devais faire et je crois bien que je n'étais pas en accord parfait avec la musique. Tant pis. Ce n'était pas important, le but était simplement qu'il trouve l'instant déplaisant. L'avis des spectateurs m'importait peu.

« But when I'm way up here
It's crystal clear
That now I'm in a whole new world with you...
»


J'arrêtais de le fixer, il y avait quelque chose d'extrêmement dérangeant dans ce contact à présent.

« I'm like a shooting star
I've come so far
I can't go back to where I used to be... 
»


Pourquoi avais-je choisi celle-là, déjà ? Aladdin était celui que j'aimais le moins. Je trouvais le concept ennuyeux. Un tapis volant, quelle idée. Pégase avait beaucoup plus de grâce. Je me concentrais sur ses pensées, me disant que même si Hercule était beaucoup mieux, les chansons n'auraient pas été préférables.

« A thrilling chase
A wondrous place
For you and me.. 
»


Et plus rien. Le silence. Puis le bruit, de nouveau. Des gens en train de parler, en train de se réjouir, en train de combler le manque d'intérêt de leur vie en nous regardant. Ils nous imaginait certainement une vie heureuse et comblée. Qu'ils étaient bêtes.

Je me tournais de nouveau vers lui, un large sourire étirant mes lèvres.

« Tu te débrouilles bien, chaton. »

Je réalisais que je tenais toujours sa main en baissant mes yeux. Elle me brûlait presque, maintenant que je le réalisais. Mon hésitation à m'en détacher me fit froncer les sourcils. Je n'avais plus besoin de le forcer à rester sur la scène.

« On peut faire le Roi Lion maintenant. Ou Pocahontas ! J'adore Pocahontas ! »

Il était malgré tout délicat de se montrer si enthousiaste alors que je ne me rappelais même plus de l'histoire de cette dernière, si ce n'était qu'elle était indienne. Et je n'avais aucune raison de chercher à prolonger ce moment. Je secouais la tête, soupirant.

« Non... Tu as assez subi pour l'instant. » finis-je par prononcer en relevant mon regard vers son visage, sans forcer de niaiserie dans ma voix, cette fois.

Je le lâchais à ce moment là, reposant le micro et m'écartant. Faire semblant d'être une idiote enamourée n'était plus amusant.
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« Tic tac,
sonne le glas. »


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________________________________________ Dim 18 Fév 2018 - 21:21


You make me wanna die
Everytime I look inside your eyes...


Balthazar reçut l'amazone dans ses bras comme un paquet encombrant. Pris au dépourvu, il la laissa piquer un baiser sur sa joue. Elle finit par s'éloigner tout en lui tenant fermement la main pour l'empêcher de quitter la scène. De toutes façons, il n'en avait aucune intention. Il voulait être aux premières loges pour assister à son humiliation publique.

Eulalie joua le rôle de la ravissante potiche en implorant son faux petit ami de chanter en duo. Le barbier ne lui donna pas la satisfaction de paraître anxieux ou déstabilisé. Il s'attendait à une telle attaque de sa part et pour tout dire, il s'y était déjà préparé. Il se saisit donc du micro qu'on lui apporta et alluma le bouton 'on'. Restait le choix de la chanson qui pouvait s'avérer épineux. Après tout, il ne connaissait rien des goûts de la jeune femme mais il doutait qu'ils fussent identiques aux siens. Effectivement, il ne put réprimer un roulement d'yeux en entendant les premières mesures de la musique qui se joua bientôt. Cela provenait d'un dessin animé, non ? Il soutint le regard faussement pétillant d'Eulalie, serrant le poing autour du micro en imaginant qu'il s'agissait de sa gorge. Cela lui coûtait de chanter quelque chose d'aussi niaiseux.

Malgré tout, il inspira profondément, guettant l'instant où le prompteur afficherait les paroles, car il ne les connaissait évidemment pas. En plus, c'était à lui de commencer. Il se fit violence pour s'imprégner de la mélodie beaucoup trop romantique à son goût. Puis, il ouvrit la bouche, laissant le micro amplifier sa voix au timbre lugubre, car il ne voulait pas émettre plus d'un murmure :

"I can show you the world
Shining, shimmering splendid
Tell me, princess, now when did
You last let your heart decide!
I can open your eyes
Take you wonder by wonder
Over sideways and under
On a magic carpet ride."


Comment pouvait-on mettre des paroles aussi ridicules sur une musique ? Le mot "princesse" lui arracha presque la gorge et ses yeux se braquèrent sur l'amazone à cet instant, alors qu'il resserrait sa prise autour de sa main, comme pour lui montrer qu'il n'avait aucune crainte. Elle semblait étonnée qu'il soit si confiant. Tandis qu'il poursuivait la chanson, l'ombre d'un rictus suffisant passa sur ses lèvres. Il avait décidé de ne pas la lâcher des yeux durant tout le duo, afin de donner l'impression d'être vraiment épris et de la mettre mal à l'aise. Cela parut porter ses fruits car elle manqua son entrée dans la chanson, commençant sa partie en léger décalage par rapport à la mélodie. Cette petite anicroche élargit inexplicablement le sourire du barbier, avant qu'il ne se ressaisisse. Le principe n'était pas de s'amuser. Il ne devait pas oublier l'objectif de la ridiculiser.

La voix d'Eulalie était plutôt juste mais possédait une intonation agaçante qui le crispa légèrement. Elle commit quelques fausses notes, mais il dut reconnaître qu'elle n'était pas aussi grotesque qu'il l'avait escompté. Elle s'en était même plutôt bien sortie.

Avant la fin de la chanson, la jeune femme avait évité son regard, ce qui le remplit de satisfaction. La gêne. Encore et toujours. Il savourait le plaisir malsain de l'inférioriser par l'intensité de ses yeux. Le chant s'achevait par un véritable duo dans lequel leurs voix se répondaient :

"A whole new world
That's where we'll be
A thrilling chase
A wondrous place
For you and me."

Il y eut quelques applaudissements polis avant que leur "public" ne se remette à parler avec animation, se désintéressant d'eux.

Le sourire trop large d'Eulalie n'intima rien de bon à Balthazar, et il pinça les lèvres en entendant le surnom dont elle l'avait affublé. Chaton... Elle avait pris soin de le prononcer dans le micro, afin que tout le monde l'entende. Il s'en moquait. Après tout, les gens n'ont aucune importance.

Il remarqua l'expression troublée de la jeune femme alors qu'elle fixait leurs mains liées. Il fronça les sourcils, s'interrogeant à son tour. Qu'avait-elle, encore ? Il tressaillit en l'entendant proposer d'autres chansons de dessins animés. Il ne fallait peut-être pas exagérer non plus... Heureusement, elle changea vite d'avis, reposant le micro et lâchant sa main pour s'éloigner. Il secoua la tête, confia son micro à une serveuse de passage et descendit de scène. Il rattrapa Eulalie en quelques pas et la retint brusquement par le bras.

"Maintenant, on va au séminaire."
décida-t-il, catégorique.

Ils avaient suffisamment perdu de temps. A en juger par les vibrations dans sa poche, on avait cherché à le contacter plusieurs fois par téléphone. Son absence à la soirée d'ouverture se faisait remarquer. Il détestait être en retard.

"Tu veux de nouvelles expériences ? Je vais t'en donner." assura-t-il avec un sourire dément.

Il la lâcha pour se diriger vers la sortie du bar, jetant tout de même un regard par-dessus son épaule pour vérifier qu'elle le suivait. Curieusement, elle lui emboîta le pas, sans manquer d'afficher une expression profondément désabusée. Il quitta le bar pour marcher à grands pas dans la rue. Heureusement, ils se trouvaient tout près du lieu du séminaire. Ils y parvinrent en quelques minutes. Le barbier passa les portes battantes et se retrouva dans le hall d'une tour huppée. Il se présenta à la standardiste qui s'empressa de leur indiquer la salle de réception, située au douzième étage. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent directement dessus. Il s'agissait d'une vaste pièce dont les murs en bois laqué étaient alourdis par des draperies représentant les visages les plus éminents du monde de la coiffure. Sur une scène, un orchestre jouait une musique entraînante. Différents groupes de personnes conversaient ça et là, d'autres dansaient, d'autres encore restaient assis autour de tables rondes disposées à divers endroits stratégiques. Une large table, au fond de la salle, croulait de divers plats froids et victuailles.

Balthazar se redressa, le menton perpendiculaire au reste de son corps. Etrangement, il éprouvait une sorte de fierté à présenter son univers à la jeune ingénue qui l'accompagnait. Il ne s'attendait pas à grand-chose de sa part ; même s'il espérait façonner son bon goût pour l'esthétique.

"Balthychou ! Youhouh !" fit une voix aiguë.

Le barbier grinça des dents devant la présidente du séminaire qui s'approchait d'eux, un verre de cocktail en main aussi mauve que ses cheveux. Elle était vêtue d'une robe de couturier asymétrique aux couleurs criardes, et son maquillage était si sophistiqué qu'il piquait les yeux. Balthazar la connaissait depuis des années, mais il estima qu'il aurait dû préparer Eulalie à cette vision haute en couleurs. Il craignait sa réaction. Surtout que d'autres originaux du même genre étaient présents dans la salle.

"Enfin, te voilà !"
fit-elle avec un grand sourire. "J'ai laissé je-ne-sais-combien de messages sur ton téléphone ! Tu as manqué tout mon discours !"

"C'est... dommage."
dit-il en essayant de paraître attristé.

"Je sais qu'il ne le pense pas." soupira-t-elle en souriant toujours. "Enchantée, je suis Nana Mistigri !"

Elle tendit la main à Eulalie et la serra chaleureusement, avant de couler un regard agréablement surpris en direction de la robe fendue jusqu'à mi-cuisse. Apparemment, son apparence négligée plaisait à la présidente. Il devait admettre que la jeune femme avait beaucoup d'allure au naturel, ce qui contrebalançait son absence de détails.

"Eh bien ! C'est la première fois que tu viens accompagné !"
fit-elle remarquer tout en donnant un coup de coude au barbier.

Balthazar se contenta d'émettre un claquement agacé du bout de la langue. Il supportait tout juste Nana Mistigri et son pseudonyme ridicule -à moins que ça ne soit son véritable nom ? C'était le prix à payer pour exposer son talent chaque année.

"Cet homme a de la magie dans les doigts ! Un véritable artiste !"
reprit Nana sans lâcher l'amazone des yeux. "Il pourrait travailler avec les plus grands mais Monsieur est trop buté ! Il préfère rester dans son petit patelin pluvieux ! Peut-être que vous parviendrez à le faire changer d'avis. Ca fait longtemps, vous deux ?" demanda-t-elle, très curieuse.

"On n'est pas ensemble." grommela-t-il.

"Ah oui ?" s'étonna-t-elle en battant exagérément de ses longs faux cils.

"C'est ma... cousine."

Nana ne fit aucun commentaire. Cependant, elle se permit de frotter légèrement son doigt contre la joue de Balthazar, qui la dévisagea, offusqué. Elle étouffa un petit rire avant de porter son verre à ses lèvres bleutées. Il comprit soudain son geste : la trace de rouge à lèvres quand Eulalie l'avait embrassé dans le bar... Il porta la main à sa joue pour la frotter vigoureusement.

Puis, il ôta son manteau et son écharpe pour les poser sur le dossier d'une chaise vide. Nana s'empressa d'appeler un serveur afin de débarrasser. Impertubable, il pivota vers Eulalie.

"Je t'ai promis que tu allais t'amuser."

Etrangement, il tenait toujours ses promesses, surtout lorsqu'il s'agissait de mort. Se torturer, c'était mourir un peu. S'il voulait récupérer son rasoir, il devait se montrer agréable. Se venger n'aurait aucune incidence sur l'amazone. Au contraire, il devait la contenter. Il s'approcha donc de quelques pas pour se positionner juste devant elle, ne lui laissant que peu d'espace.

"Tu sais danser ?" lança-t-il brusquement.

Il eut un petit rictus en remarquant sa déroute, et ajouta d'un ton étonnamment doux :

"Je vais t'apprendre."

Justement, une musique rythmée venait de débuter. Un rythme de basse scandé avec une sorte de claquements de doigts, auxquels se joignirent bientôt des sons électroniques.

Balthazar attrapa un peu rudement la main de la jeune femme, tout en restant face à elle, et plaça son autre main dans son dos, la rapprochant sensiblement de lui.

"Il te suffit de te laisser porter par la musique." murmura-t-il à son oreille.

Tout d'abord, il s'écarta d'elle et esquissa quelques pas de côté, puis la garda serrée contre lui. A mesure que le rythme s'intensifiait, il laissait sa main dériver légèrement dans son dos, un peu trop bas. Il justifia son geste en se penchant vers elle pour la renverser lentement en arrière avant de la redresser, toujours sur le tempo de la musique. Plus la chanson passait, et plus il sentait le corps de la jeune femme se cambrer en harmonie avec le sien, répondre à la moindre de ses inflexions. Il ressentit un enthousiasme tout particulier et inattendu. Il s'aperçut que c'était... agréable. Eulalie se révélait douée dans ce domaine.

Il se plaqua contre elle, la serrant davantage, avant de la libérer pour la faire tourner. A cet instant, un bruit métallique résonna sur le parquet brillant, entre eux. En raison du brouhaha ambiant, ils étaient les seuls à l'avoir entendu. Les yeux du barbier accrochèrent immédiatement l'éclat argenté sur le sol, et il posa son pied dessus. Le rasoir avait glissé du corsage de l'amazone, terminant sa course sur le parquet. Cela avait été encore plus facile qu'il ne l'avait imaginé.

Il se pencha pour le ramasser, le fit miroiter entre ses doigts quelques secondes, semblant réfléchir. Puis finalement, il combla l'espace entre Eulalie et lui pour glisser la lame repliée dans son décolleté.

"Je préfère le savoir là." articula-t-il, énigmatique.

Il ne la lâcha pas des yeux, la fixant avec intensité. Les joues de la jeune femme étaient légèrement roses en raison de la danse. Le souffle saccadé, il attarda quelques secondes de trop ses doigts contre le rebord de son corsage, avant de s'écarter.

Il voulait la déstabiliser, une fois encore. Agir à l'opposé de ce qu'elle attendait. Il gardait en mémoire le contact de l'argent contre sa peau. Son ami lui manquait déjà, mais il voulait montrer à l'amazone qu'il n'était pas désespéré. Et puis, quelque part, il éprouvait une sorte d'excitation étrange à imaginer le rasoir contre la chair tendre de cette femme.

Il secoua la tête et proposa à tout hasard :

"Une autre ?"

Avait-elle apprécié la danse ? S'amusait-elle ? Il l'espérait, en tous cas. Lui ne savait plus s'il souffrait le martyre ou se divertissait, au final. La frontière était mince avec cette petite peste.

"Tu devrais trouver une chambre pour toi et ta cousine." me glissa Nana à l'oreille tandis qu'elle passait à côté de moi.

Il leva les yeux au ciel, la mâchoire contractée. Ce n'était vraiment pas le moment pour ce genre de plaisanterie douteuse. Pensée contagieuse...
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________________________________________ Mar 20 Fév 2018 - 19:23


'cause my heart beats loud, so loud
It beats fast, in the places where you touched me last.


Ce n'était pas si différent de Storybrooke, finalement. Cet endroit aussi était rempli d'étranges personnages. Je n'avais pas vraiment prêté attention à ce que disait cette Nana (était-ce vraiment considéré comme un prénom ?), restant fascinée par la couleur de ses cheveux. Je ne l'avais vu sur personne avant et je n'arrivais pas à savoir si je la trouvais belle ou amusante.

« Eulalie. » prononçais-je simplement en serrant sa main tendue par automatisme.

Inutile de prétendre que j'étais 'enchantée' par cette rencontre. Elle m'était indifférente. Je ne comprenais pas son engouement face à l'arrivée de Balthazar. J'imaginais que personne ne voulait s'encombrer de sa présence et qu'il n'était apprécié nulle part, mais cette femme enchaînait les compliments à son égard. J'étais dans une autre dimension. Je ne voyais pas comment une telle chose était possible autrement. Cela expliquait au moins pourquoi il désirait tant venir : si ces gens l'adulaient, son ego devait apprécier.

J'ouvrais la bouche pour informer du déménagement prochain non consenti de Monsieur Graves, puisque la ville qu'il habitait actuellement ne correspondait plus à son profil de criminel insupportable et frustré. Je n'en eus pas l'occasion. C'était peut-être mieux comme ça. Mes sourcils se froncèrent néanmoins à ce lien familial qu'il nous donna. J'étais prête à m'éclipser pour le laisser à ses affaires entre professionnels suite à ce nouveau mensonge, ne souhaitant pas m'imposer leur conversation ennuyante, lorsqu'il se plaça devant moi. Je savais pourquoi il se montrait soudain si aimable. Je n'étais pas stupide au point de croire que c'était sans raison, mais il n'était pas désagréable d'avoir un peu de son attention. Cette observation me laissa étrangement dubitative.

Préparée au frémissement procuré par sa main placée dans mon dos, je ne savais simplement pas quoi faire de la mienne. J'ignorais tout de la danse, des gestes requis à ce que cela pouvait apporter comme sensations. Je n'en avais qu'une vague idée, la définissant comme une norme sociale à respecter en certains événements. Il modifia totalement ma manière de voir les choses. Je ne savais pas si il s'agissait de ses mouvements entraînant les miens, de son contact à chaque fois qu'il se rapprochait davantage, ou si ce n'était que la musique. Je ressentais pourtant que ce n'était pas par elle que je me laissais porter comme il me l'avait conseillé. Mais par lui.

Au fond, je remerciais presque le rasoir d'être tombé, cassant ainsi ma réflexion avant qu'elle ne soit allée trop loin. Mon attention se porta instantanément sur le barbier, guettant sa réaction avec une drôle d'impatience. Ce fut ce simple coup d’œil dans sa direction qui lui permit d'être plus rapide. Si je m'étais concentrée tout de suite sur l'arme, il n'aurait pas... Que faisait-il exactement ? Il ne cessait de faire s'accroître mon trouble. Je me mordais les lèvres en sentant de nouveau l'objet contre ma peau. Je ne parvenais pas à baisser les yeux pour le constater, mon regard restant planté dans le sien.

Il me déconcertait. Encore. Si aisément que c'en était affligeant.

« Tu en as envie ? » l'interrogeais-je finalement d'un ton que j'étais loin de vouloir si curieux.

Mon ouïe était très fine, malgré la tentative de discrétion de Nana. J'ignorais moi-même si je parlais de la danse ou de la chambre. Tout comme je n'avais aucune idée de ce que j'espérais comme réponse. Mais... Il faisait semblant. Comme à chaque fois. Il ne cherchait jamais de lui-même une telle proximité habituellement. Il le faisait pour que je baisse ma garde. S'il me rendait son bien le plus précieux, ce n'était que pour me perturber, pour que je lui accorde ma confiance. L'écervelée que j'étais pouvait peut-être tomber dans le panneau, sur un malentendu.

« Je ne veux pas te monopoliser. »

J'étais en train d'étouffer. Je secouais légèrement la tête, avant de prendre une grande inspiration.

« Tu sembles très demandé. Tu dois bien avoir des collègues avec qui discuter, non ? Je vais me chercher à manger. »

Je mis plusieurs secondes avant d'arrêter de le fixer, déroutée, me décidant finalement à bouger. M'écarter était pour l'instant la seule option se présentant à moi pour reprendre mes esprits, même si je savais que ce ne serait pas suffisant. Leur buffet était des plus misérables. Je me contentais d'enchaîner les petits fours en espérant combler cette envie qui me tenaillait. J'attrapais une coupe de champagne à un serveur qui passait, la vidant d'un trait, sans que ça ne me calme pour autant.

« Vous êtes satisfaite ? »

Je me tournais vers l'inconnu qui venait de se placer à mes côtés, son léger accent m'irritant. Il ne me jeta pas un coup d'oeil, comme concentré ailleurs. Est-ce qu'il se parlait à lui-même ? J'en avais assez des personnalités aux pathologies particulières. Je n'étais quand même pas faite pour les attirer !

« De votre cavalier. »

Ma tête se pencha sur le côté. C'était donc bien à moi qu'il s'adressait ? Je ne voyais pas l'intérêt d'une telle question. Je ne comprenais surtout pas pourquoi commencer ainsi une conversation. Ce n'était pas très conventionnel.

« Pas totalement. »

Je m'étranglais avec mes propres mots, alors qu'il émettait une sorte de ricanement à ma réponse. Je cherchais un autre verre pour me donner contenance, à défaut de pouvoir profiter des effets de l'alcool. Je n'avais pas envie d'en parler, encore moins à quelqu'un que je n'avais jamais vu auparavant. Ce n'était pas ce que je voulais dire. Pas de cette façon là. Peu importait, de toute façon.

« Elle le trouve formidable. »

Etait-ce du mépris que je percevais dans sa voix ? Comme quoi, il y en avait bien ici aussi qui ne le supportait pas. Un sourire m'échappa, c'était presque rassurant. Il ne pivota vers moi qu'à cet instant précis, venant s'emparer de la coupe que j'avais réussi à trouver.

« Il n'est pas si exceptionnel qu'elle le pense. » prit-il la peine d'ajouter d'un air agacé.

Je clignais des yeux, la main toujours levée sans réaliser ce qui venait de se passer. Pour qui il se prenait exactement ? On ne lui avait pas apprit les bonnes manières ? Ces français. C'était évident, à l'intonation de ces mots. Cela dit... si nous parlions bien de la même personne, ce dont je n'étais même plus sûre, j'ignorais quoi répondre. J'étais d'accord, je crois, je ne comprenais pas. Il était comme les autres. Il n'avait rien de spécial, si ce n'était cette tendance psychopathe. Ce n'était pas le seul à en être doté. Alors pourquoi est-ce que...

« Vous n'êtes pas déplaisant à regarder. »

Mes yeux s'étaient abaissés, pour remonter de nouveau jusqu'aux siens. Il ne me dégoûtait pas, c'était tout ce qui importait. Mes mains étant libres, j'en profitais pour venir en entourer son visage. Il n'était pas rasé d'assez près. Il resta interloqué face à ce geste, plissant ses yeux à travers ses lunettes.

Sans la moindre pudeur, j'embrassais cette personne dont je ne connaissais même pas le nom. Qu'est-ce que je pensais ? Que cela étoufferait le reste ? Que ça me ferait oublier ? Sans doute. Je voulais ressentir quelque chose. N'importe quoi. Juste un frisson, une pulsion, un battement de cœur affolé. Je me détachais lentement. Ma respiration était stable. Mon corps ne réclamait pas davantage. Je passais ma langue sur mes lèvres, avant qu'une moue déçue ne se dessine sur mes traits. J'avais espéré.

« Je m'attendais à mieux. » soupirais-je finalement, retirant mes mains toujours posées sur lui.

Il restait planté là, sans rien dire, à m'observer, choqué et interdit. Il ne déclenchait en moi aucune agitation. Il m'avait fallut essayer pour en être persuadée. J'en étais presque attristée. Il aurait été tellement plus simple que ce soit le cas. Il était objectivement doté de tout ce qu'il fallait, mais il manquait quelque chose. Pourquoi est-ce qu'il ne m'attirait pas ?

« C'est comme ça qu'on dit bonjour d'où je viens. C'est... une sorte de tradition. »

Je ne trouvais naturellement pas d'autre excuse à fournir pour tenter de me justifier. Je ne voyais même pas pourquoi je le pensais nécessaire. Souriant aussi sincèrement que possible, je récupérais le verre qu'il m'avait volé.

« Une de mes connaissances répète souvent que la jalousie finit par rendre laid. Vous devriez en prendre note. »

Ce conseil me semblait adapté à son cas. Il n'était pas bon de se morfondre en enviant la vie d'un autre. Ce n'était que se faire du mal pour rien.

« Je... »

Je n'attendais pas la suite avant de m'éloigner de ce buffet où rien n'était assez appétissant, ne prêtant pas attention au mots confus que je crus l'entendre murmurer. Je ne manquais pas de remarquer les regards indiscrets lancés dans ma direction, que j'accueillis en levant les yeux au ciel. Ils n'avaient rien de mieux à faire ? J'étais retournée vers Balthazar, puisque c'est là qu'on attendait certainement que je sois.

« Ils n'ont pas de fraisiers. » fut la première chose que je prononçais.« C'est une chose à laquelle il faudrait remédier. »

J'évitais soigneusement de regarder qui que ce soit en face, portant distraitement la coupe à mes lèvres. Est-ce que j'avais agis trop bizarrement ? Ce n'était pas dans la liste des choses à ne pas faire, de ce dont je m'en souvenais. Je ne l'avais pas enregistré avec précision.

« Mais je ne voudrai pas interrompre une discussion importante. Faites comme si je n'étais pas là. »

J'aurai aimé que ce soit si facile pour moi aussi, de faire comme si il n'existait pas.
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DON'T BURN OUT, DON'T BURN OUT ON ME
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Balthazar Graves


« Tic tac,
sonne le glas. »


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________________________________________ Ven 23 Fév 2018 - 15:27


This will never end 'cause I want more
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« Tu en as envie ? »

Cette toute petite question le plongea dans une déroute bien trop vaste pour être anodine. Il ne s'abaissa pas à lui répondre. Comme d'habitude, il comptait sur le fait qu'elle parle trop et qu'elle loupe sa chance, ce qu'elle fit sans tarder. Elle était troublée, elle aussi. Il espérait qu'elle le semble davantage que lui, même si le regard amusé de Nana en disait long sur sa propre expression faciale. Il remua la mâchoire pour s'efforcer de paraître plus détaché à propos de toute l'affaire.

Il accueillit le fait qu'elle s'éloigne comme une sorte de bénédiction. Au moins, elle allait le laisser un peu tranquille et elle ne risquerait pas de commettre un impair en présence des gens avec qui il converserait. Il espéra qu'elle ne ferait rien de stupide tant qu'elle serait livrée à elle-même. Il n'allait pas la surveiller, de toutes façons. Elle n'avait qu'à se débrouiller. Afin de l'ignorer pour de bon, il lui tourna le dos, attrapant un verre sur le plateau d'un serveur. Comme attirée par un aimant, Nana gravita bientôt autour de lui, ainsi que quelques autres personnes de sa connaissance, qu'elle ne tarda pas à lui présenter.

"Voici Steven Somerset. Il a coiffé les stars qui sont venues chez Jimmy Fallon pendant toute l'année 2017. Et je te présente Carrie Jones. Elle a coiffé Robert de Niro dans son dernier film."

Balthazar leva brièvement sa flûte à champagne vers les deux personnes, puis déclara d'un ton sarcastique :

"De Niro a encore quelque chose à coiffer ?"

"Les vrais professionnels du métier sont capables de tout." déclara la dénommée Carrie Jones après un petit silence amer. "On fait des prouesses avec le talent adéquat."

"Les véritables professionnels préfèrent travailler sur un cheveu de qualité, plutôt que sur le crâne dépouillé d'un nom célèbre."

Il vida son verre tranquillement tandis que les autres étaient douchés par sa réplique cinglante. Ah, comme il appréciait cette soirée. Il l'attendait avec tant d'impatience chaque année ! Nana tenta de sauver la situation avec un rire forcé, qui s'effaça très vite alors qu'elle fixait quelque chose derrière le barbier.

"Il ne faut pas laisser une aussi jolie rose toute seule. D'autres voudront la cueillir." dit-elle avec une moue compatissante.

Balthazar fronça les sourcils sans comprendre. Il se retourna et son regard s'assombrit quand il vit un homme en grande conversation avec Eulalie, non loin du buffet. Une rose... Une sacrée épine, plutôt.

"Qui est-ce ?"

Etait-ce vraiment lui qui venait de poser cette question ? Les mots s'étaient échappés de ses lèvres pincées dans un murmure nimbé de menace. Il n'y avait aucun mal à se renseigner. Tout du moins, il tentait de s'en persuader.

"Tristan Chapuys."
répondit Nana sur le ton de la confidence. "Un français. Il a suivi un cursus prestigieux à Paris. Désolée de te l'apprendre, mais il ne t'apprécie pas des masses. Il paraît que tu l'as ignoré l'année passée, quand il est venu te parler."

Personne ne s'en plaint jamais. se retint-il de faire remarquer.

Cet homme transpirait une arrogance toute française qui ne lui inspira aucune sympathie, pour le peu qu'il aurait pu en éprouver. Personne dans ce bas monde ne lui évoquait la moindre exception dans ce domaine.

Il se surprit à faire exactement le contraire de ce qu'il s'était juré de faire : il croisa les bras, son verre vide toujours en main, et observa l'homme et la femme flirter. La conversation avait repris autour de lui mais il n'y prêtait plus aucune attention. Eulalie venait de placer ses mains autour du visage du français. Il ressentit une étrange contraction au niveau de son ventre quand l'amazone embrassa Chapuys. Il crispa si fort ses doigts autour de la flûte qu'il entendit un léger crissement, mais se détendit avant de casser le verre. Elle ne valait pas la peine de se mettre dans un état pareil. D'ailleurs, pourquoi réagissait-il avec une telle violence ? Elle faisait ce qu'elle voulait. Plus elle s'éloignait, meilleur le futur se dessinait pour lui. Il laissa échapper un soupir entre ses dents et frémit en sentant une main se poser sur son épaule, celle de Nana. Les gens autour de lui observaient l'amazone à la dérobée, déroutés ou choqués par son comportement. C'était cela qui le plongeait dans une colère sourde : le fait qu'elle se fasse trop remarquer. Qu'elle fasse sa petite peste. Il se moquait du français. Elle pouvait lui lécher le visage comme bon lui semblait.

Eulalie revint vers Balthazar avec une désinvolture presque grossière, et fit remarquer que le buffet ne comportait pas son gâteau préféré. Pourtant, elle semblait avoir trouvé certaines choses plutôt à son goût... Lorsqu'elle précisa de faire comme si elle n'était pas là, il ne put s'empêcher de marmonner entre ses dents :

"Ca serait difficile."

Nana toussota pour combler le silence gênant qui s'était installé et fit semblant de trouver la première personne dans son champ de vision absolument fascinante afin de s'éloigner rapidement du "couple".

Après un dernier regard oblique adressé à l'amazone, il s'éloigna à son tour. Il n'avait aucune remarque à lui faire. Elle était libre. Majeure. Même si ce point restait à éclaircir. Mais pas par lui. Il en avait plus qu'assez de cette ravissante idiote et de ses petites expériences tactiles.

Il quitta la salle pour se rendre dans un couloir qui desservait d'autres pièces mais qui était désert à cette heure de la nuit. Il s'adossa contre le mur, ses mains allant machinalement chercher une cigarette dans sa poche. Il avait besoin de fumer. Hélas, les détecteurs de fumée l'en empêcheraient. Il renversa la tête en arrière, se mordant les lèvres jusqu'au sang. Trop de frustrations. Il y était habitué : après tout, sa vie entière n'était qu'une succession de privations et d'insatisfactions. Mais c'était différent depuis qu'il la connaissait, elle. Elle lui rendait l'existence encore plus insupportable. Elle lui inspirait la fureur et la destruction.

"Dure soirée ?" fit une voix dans la pénombre.

Il reconnut un accent français, et tiqua.

"Je comprends. C'est pas évident de garder sa copine. On ne peut pas être sur tous les fronts à la fois."

Balthazar resta silencieux. Il voyait très bien l'esquisse du jeu puéril de l'autre, mais il n'entrerait pas dedans. Il n'avait aucun moyen de le provoquer en parlant d'Eulalie.

"Elle est chaude."
commenta le français tout en approchant lentement, d'une démarche posée. "Je pense que je vais me la faire, vu que ça n'a pas l'air de te déranger."

Il n'aimait rien chez cet homme : ni sa silhouette, ni son timbre de voix, ni son accent trop prononcé, encore moins son après-rasage entêtant. Il s'imagina l'agripper pour frapper son crâne contre le mur à plusieurs reprises. C'était une façon comme une autre de passer outre une conversation ennuyeuse. Se projeter mentalement dans cet acte de barbarie le plongea dans une quiétude bienvenue et salvatrice.

Une drôle de chaleur se répandait dans ses veines à mesure qu'il y pensait.

Au bout de quelques instants, il se rendit compte qu'il n'avait pas fait qu'imaginer la scène. Il bascula brusquement dans le moment présent, réalisant qu'il avait fait sombrer le français dans l'inconscience. Il se remémora rapidement l'enchaînement : il avait attrapé l'homme pendant qu'il parlait pour heurter violemment son crâne contre le mur. Avait-il recommencé plusieurs fois ? Il ne savait plus. Il sentait seulement un courant d'étrange sérénité le parcourir. L'autre n'avait pas eu le temps de réagir. Ses lunettes étaient tombées à quelques centimètres de son visage, alors que son corps gisait aux pieds de Balthazar. Ce dernier le toisa d'un oeil complaisant, et s'accorda la fantaisie d'écraser les lunettes avec le talon de sa chaussure. Elles émirent un craquement sinistre qui lui évoqua celui d'os brisés.

Le français avait-il un traumatisme crânien ? Il s'en sortirait, en tous cas. C'était dommage. Mais préférable. Instinctivement, le barbier plongea la main dans sa poche, à la recherche de son rasoir. Ses doigts tâtonnèrent dans le vide. Le plaisir ne pouvait être entier. C'était mieux ainsi. Frustrant, mais plus avisé. Il ne pouvait terminer proprement ce qu'il avait commencé. D'une certaine façon, Eulalie l'avait sauvé de sa pulsion incorrigible.

Toujours dans son état de transe, il enveloppa le couloir d'un regard précis et calculé, vérifiant que nul ne l'avait vu commettre son excès de folie. Personne. La fête battait son plein juste à côté. La musique avait couvert les claquements de caboche vide contre le mur. Parfait.

Il entendit bientôt le français remuer faiblement à ses pieds. Il ne l'avait sans doute pas frappé suffisamment fort. D'un geste brusque mais calculé, il l'attrapa par les cheveux, le forçant à redresser la tête et à le regarder droit dans les yeux.

"On ne touche pas à mes affaires." articula-t-il d'un ton étrangement placide.

Ce n'était pas une menace, plutôt un conseil. Mieux valait pour lui qu'il ne le provoque pas de nouveau. Un rictus arqua le coin de ses lèvres en remarquant que l'autre avait un oeil tuméfié. Il appréciait la lueur de crainte et d'indécision dans son regard. Il le relâcha et sa tête heurta le sol sans ménagement. Cette fois-ci, il avait sûrement perdu connaissance.

Tant mieux. Cela lui permettrait de quitter les lieux avant qu'il n'ait l'idée de prévenir la police. Il s'écarta rapidement et retourna dans la salle de réception, le visage fermé. Il repéra rapidement Eulalie et lui saisit le bras, maugréant sans détour :

"On s'en va."

"Oh, déjà ?"
s'étonna Nana qui décidément, semblait graviter autour d'eux. "Mais vous venez à peine d'arriver !"

Il passa la langue sur ses lèvres, agacé. Il est vrai qu'il n'avait aucune envie de partir. Il s'amusait énormément et se sentait envahi par une dangereuse sérénité, cette dernière étant libérée par ses instincts violents. Il réfléchit rapidement et changea aussitôt ses plans. Se composant une expression faussement anxieuse, il déclara :

"Je crois que Chapuys a besoin d'aide. Je l'ai trouvé dans le couloir. Il a dû glissé et heurté quelque chose..."

Il mentait très mal mais Nana était heureusement crédule. Son visage devint encore plus blafard que son fond de teint. Elle s'élança aussitôt vers le couloir, son téléphone en main tout en disant :

"Oh non, à chaque fois il arrive quelque chose ! L'année dernière, quelqu'un a été agressé au couteau ! Pourtant, la sécurité a été revu à la hausse ! En tous cas, n'en profitez pas pour partir ! Je vous l'interdis !"

Balthazar resta de marbre, attendant qu'elle disparaisse dans le couloir pour pousser Eulalie vers l'ascenseur.

"On s'en va." répéta-t-il d'un ton cassant.

Il aurait aimé rester mais il estimait que c'était un peu trop dangereux. Qui sait ce qu'irait raconter le français quand il se réveillerait ? Il remarqua que l'amazone ne semblait pas des plus magnanimes. Qu'avait-elle, encore ?
acidbrain

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