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 Beautiful Chains ϟ Erwin

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Jessie James
« Jessie never gives up,
Jessie finds a way! »


Jessie James

Beautiful Chains  ϟ  Erwin Cnxt

Elle va être sympa cette mairie, j'le sens bien... On va s'entendre copains comme cochons...


Beautiful Chains  ϟ  Erwin V27a

Edition Août-Septembre 2020

| Conte : Toy Story
| Dans le monde des contes, je suis : : Jessie, l'écuyère

Beautiful Chains  ϟ  Erwin Sherif10

| Cadavres : 740



Beautiful Chains  ϟ  Erwin _



________________________________________ Jeu 21 Juil 2022 - 0:18 « Jessie never gives up, Jessie finds a way! »


Beautiful
Chains
6 Janvier 2022

Le corps encore tendu du stress de la journée, Jessie montait à la hâte les dernières marches qui la séparait du couloir final, celui où résidait le bureau du maire. Galette des rois, mon œil, Galère du peuple plutôt, oui ! La journée avait été un fiasco complet, un grand désastre duquel il faudrait tirer de nombreuses leçons mais pour le moment, l’heure était aux revendications. Elle pourrait revoir les stratégies pendant des heures, enquêter autant qu’elle voulait sur ces cambriolages organisés, il n’en restait pas moins qu’il y avait une conclusion inévitable : la police de Storybrooke n’avait pas assez de moyens. Ils n’étaient pas assez nombreux, et n’avait pas les instruments nécessaires pour atteindre une efficacité optimale. Pas dans toutes les situations en tous les cas et cette galette en avait été la preuve concrète. Il n’avait fallu qu’un évènement de la mairie pour que pas moins de 12 cambriolages apparaissent. Ils avaient poussé comme des champignons et Jessie avait d’abord cru céder à la panique avant de céder à l’action. Le premier était apparu sur les docks mais très vite, des habitations s’étaient retrouvées vandalisées aux quatre coins de la ville. Soit tous les voleurs étaient de sortie ce jour-là, soit... ils s’étaient passés le mot d’une façon ou d’une autre... mais ça c’était son boulot de le découvrir... après son premier boulot qui consistait à faire ce qu’elle détestait le plus dans ce rôle de shérif : de la politique.

Elle avait passé les premières heures à répondre au téléphone, former les équipes, donner des ordres, passer d’une scène de crimes à l’autre mais quand le plus gros de l’incendie avait été calmé, elle avait tenté d’appeler le maire pour le prévenir. Elle ne doutait pas une seule seconde du fait que Dorian devait être bien trop occupé à s’écouter parler pour se soucier du bienêtre de sa population. Tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, la rouquine réalisa qu’elle le traitait sans doute un peu sévèrement par colère. Ce n’était pas gentil de supposer de telles choses sans de réelles preuves concrètes. Pourtant, elle avait beau y faire, elle savait qu’elle ne portait pas vraiment le notaire dans son cœur. La confiance peinait à s’installer et plus Aisha en disait du bien, plus elle s’amoindrissait. Elle avait remarqué à quel point il se gonflait d’orgueil face à une foule, à quel point il prenait du plaisir à déclamer un discours, comme s’il était une rockstar devant un concert. Les réactions du publique avait souvent très peu d’impact sur lui, ce qui trahissait d’un manque d’attention à cet égard. Elle savait alors qu’elle ne faisait pas preuve de mauvaise foi en pensant ainsi. Pourtant, il se disait soucieux de ses concitoyens, et même s’il ne le faisait pas comme elle pouvait le faire, même s’il avait ses propres défauts, elle ne pouvait apporter aucune preuve d’un mensonge à ce sujet... Pour le moment du moins. Aussi chassait-elle cette pensée de son esprit, tout en frappant à la porte du bureau.

Il avait beau être 21h, Erwin Dorian l’invita à entrer plutôt chaleureusement. Elle avait pesté en tombant sur sa messagerie et avait répondu un peu vindicativement à son assistant qui avait décroché à son second appel, précisant que “le maire était un peu occupé”. Le jeune homme s’était vite repris et après avoir promis de voir avec son patron pour lui accorder une audience au plus vite, on lui avait proposé de se pointer le soir-même, preuve que Dorian savait aussi prendre sur son temps libre quand cela était nécessaire. Une fois invitée à entrer, elle avait refermé la porte derrière elle et s’était diriger vers le bureau d’un pas décidé, avant de lui tendre la main :

— M’sieur l’maire.

Elle s’était assise un peu brusquement dans l’un des deux fauteuils présents devant le bureau tandis qu’il la saluait et lui proposait un siège. Elle portait peut-être le masque de la fatigue et de la tension – elle s’était d’ailleurs permis un soupir le temps d’un instant – mais elle était également plus déterminée que jamais :

— Je ne vais pas y aller par quatre chemins... je pense que vous avez eu vent du désastre de cet après-midi ?

— Hélas… je suis ravi de voir que vous preniez le temps de me tenir informé de l’issue de ce lamentable événement… qu’en est-il ?

Sa mine disait qu’il était contrarié par la nouvelle, ses lèvres étaient pincées en signe de retenue, concentré par son discours. Elle ne se laissa pourtant pas aller à la première flatterie dont il l’avait gratifié, comme à son habitude. Dorian avait tendance à beaucoup flatter. C’était ce qui le rendait si peu digne de confiance à ses yeux également. Elle avait hoché la tête de gauche à droite comme pour lui spécifier qu’il n’avait pas à la remercier tout en précisant de but en blanc :

— C'est mon boulot.

Sortant ensuite un petit calepin de sa poche, elle l’ouvrit à la page qui concernait cette affaire et sur laquelle elle avait pris des notes pour le maire :

— On a eu 2 cambriolages sur les docks, l'un à l'est sur Fisherman street et l'autre à l'ouest, près des quais de plaisances. 6 dans le quartier est, un peu partout, ça a été le plus touché et 4 dans le quartier nord, un au manoir de la route des lords, deux au niveau de Magnolia avenue et un pas très loin de Snowdrop lane... Ça en fait 12 en tout... C’est sans aucun doute l’œuvre d’une seule et même équipe.

— 12...

Il écarquilla les yeux, d’un air surpris. Il semblait petit à petit prendre mesure de l’information, le regard grave.

— Visiblement cette bande a tenté une opération d’envergure, effectivement … Y-a-t-il des civils blessés à déplorer ? A-t-on déjà la possibilité de quantifier les biens dérobés ?

— Pas de civils, non. Toutes les maisons visées étaient vides, ils étaient tous à votre évènement. On suppose un repérage en amont. Les voisins aux alentours ont été prudents, ceux qui ont vu quelque chose nous ont appelés et sont restés barricadés chez eux. Quant aux objets, nous avons fini presque fini les recensements, 12 dépositions, c'est un travail long et fastidieux, vous avez... On attend désormais le passage de l'expert pour évaluer ce qu'on aura recensé.

Il avait joint les mains comme en signe de prière tout en levant les yeux au ciel, lorsqu’elle avait parlé de l’absence de victimes. Il semblait remercier la chance ou une divinité quelconque.

— Le Ciel soit loué ! Visiblement, oui les voleurs ont voulu profiter de la clandestinité d'un évènement public. Quel malheur ! Cela restait assez rusé oui... et logique d'agir ainsi...

Il l’avait marmonné, se tenant le menton, comme s’il se parlait plus à lui-même qu’à elle, faisant sans doute sa propre enquête dans sa tête. De son côté, Jessie décidait de reprendre, tout en s’avançant dans son fauteuil, le dos bien droit face au maire pour capter toute son attention :

— On a clairement affaire à une bande plus qu'organisée et... clairement plus que nous, avec nos effectifs réduits, avec tout le respect que je vous dois. On a eu de la chance, certains étaient stupides ou ont été trop gourmand, ils se sont fait prendre à leur propre jeu. On a 5 suspects en garde à vue... ils ont rien dit pour le moment.

Bientôt, un rictus se dessina sur le visage du maire et elle devina qu’il le réservait au “respect” qu’elle lui avait donné et ce qu’elle sous-entendait. Bien évidemment, quand il s’agissait de faire de beaux discours, il y avait du monde mais dès qu’il fallait allonger le porte-monnaie pour agir...

— De la chance ? Vous avez entre les mains 5 cambrioleurs, C’est au contraire une très belle prise Shérif. Lorsqu’on sait au contraire que votre équipe a dû intervenir en urgence c’est un excellent travail qui démontre votre compétence Je ne doute pas que votre équipe saura les faire parler…

Il en venait à sa nouvelle flatterie, sur son équipe qui avait fait un “excellent travail”... Bien évidemment, on préférait toujours récompenser les actions difficiles avec des mots plutôt que des moyens, mais elle ne comptait pas se laisser faire. Secouant la tête de gauche à droite une nouvelle fois tout en levant la main pour l’arrêter, humble :

— Je ne peux nier que mes policiers savent ce qu'ils font et qu'ils le font avec le plus grand professionnalisme, mais il n'y a pas que cela. Nous avons eu un facteur chance considérable. Nous avons été pris de courts et nous n'avions pas assez d'hommes en place pour parvenir sur les différents lieux au bon moment. Sans compter les outils que nous avons... Je sais que vous voyez où je veux en venir, m'sieur le maire.

Elle laissa un silence se faire tandis que ses yeux verts croisaient ceux dorés de Dorian. Elle avait le regard grave, qui annonçait clairement “on arrête de rigoler maintenant”. Après un court instant, elle se lança plus passionnément, de but en blanc dans ce discours qu’elle avait préparé et dont elle semblait convaincue. Par moment ses mains venaient marteler le bois du bureau pour appuyer ses propos sans pourtant aucune violence, juste des certitudes :

— Il nous faut plus de moyens. Entre les mafias, les gangs, les petites frappes et toutes les personnalités magiques et les évènements divins, nous ne sommes clairement pas assez équipés ni nombreux. Je vous le répète, nous avons eu de la chance aujourd'hui, déjà parce que certains voleurs étaient désorganisés, ensuite parce que la plupart ne possédaient pas de capacités particulières. Vous dîtes faire de la sécurité de cette ville une priorité, je vous le dis, si demain nous avons plus fort qui nous attaque, nous ne ferons peut-être pas le poids longtemps. Et je crois savoir que cette question de budget se règle dans les prochains jours...

De son côté, Maître Dorian l’observait, les lèvres toujours pincées, comme s’il barrait son visage d’un pli de contrariété. Fallait-il vraiment s’étonner qu’un homme ayant sa position pécuniaire, notaire de surcroît s’inquiète à ce point de lâcher les cordons de la bourse si ce n’était pas dans son intérêt strict ?

— Sherif James, j'entends votre demande. Bien évidemment. Mais je la pense... prématurée. La situation à Storybrooke n'est pas nouvelle et la police a toujours su pallier à la criminalité. Vous l'avez fait, vous-même ce jour, en parvenant à stopper, au pied levé un cambriolage organisé ! De plus, si j'augmente vos moyens maintenant, nous enverrons une mauvaise image. Celle d'un système qui à la moindre perturbation, au moindre soulèvement, panique. Cela risque de susciter bien plus d'ampleurs à la criminalité et créer chez la population un sentiment d'insécurité... Or, vous disposez tout de même de 5 des criminels... Je ne doute pas que vous saurez les faire parler. En leur arrachant la vérité, vous débusquerez les autres et enverrez un signal bien plus fort... Aussi, non, je pense qu'il n'y a pas lieu d'augmenter vos moyens. Pas encore. Néanmoins... j'entends bien évidemment votre préoccupation, votre envie et je la partage. Ainsi, je suis bien entendu disposé à discuter de l'amélioration de la police. Aussi, si une situation d'une telle envergure a le malheur de se reproduire, je rediscuterai bien évidemment, la question. Mais cela n'arrivera pas, c'est un événement sans signification, non ?

Elle avait eu tout le mal de monde pour s’empêcher de souffler et de pester. Ce n’était pas un exercice sur lequel elle était à l’aise. Le mouvement incessant de ses pieds qui trahissait son besoin d’agir et de mouvement parlait pour elle. Elle resta pourtant silencieuse écoutant son discours jusqu’au bout, même si elle ne le partageait pas. Avec lenteur et calme, elle prit tout de même le temps de lui rétorquer :

— Je croyais que l’un des points de votre campagne était d’agir avec fermeté ? De ne laisser aucune chance à l’insécurité ? Si vous réagissez en nous donnant plus de moyens, vous n’allez pas créer un sentiment d’insécurité, vous allez créer de l’espoir. Si vous avez été élu, c’est parce qu’une majorité de gens ont soutenu votre programme et à peu de choses près, il disait, “action/réaction”. Alors comment imaginer que toutes ces personnes qui étaient votre majorité puisse maintenant s’inquiété d’une forte réaction de votre part ? Vous ne pensez pas que tous ces pauvres gens la sentent déjà l’insécurité ? Il y a eu douze maisons cambriolées aujourd’hui, m’sieur l’maire. DOUZE. Et sur ces DOUZE seules trois ont vu leurs coupables se faire arrêter. Les autres attendent, en espérant que les assurances seront clémentes et que la justice leur sera donnée. Ils sont déjà mécontents que nous n’ayons pas pu agir plus vite. Qu’est-ce qu’ils vont dire au contraire quand ils verront que vous estimez que tout est le plus parfait dans le parfait des mondes sur le budget de la police ?

Elle ne l’avait pas dit avec animosité, elle avait simplement dit ce qu’elle pensait, comme elle avait promis de le faire dès le premier jour. Il avait dit qu’il serait disposé d’en reparler, d’en rediscuter si cela se reproduisait, mieux valait alors ne pas se le mettre à dos pour le moment. Si lui était optimiste, elle ne l’était pas du tout. Il était certain que ça ne se reproduirait pas, elle était sûre que si au contraire.

— Monsieur, la discussion que vous êtes bien disposé à avoir, nous ne pourrons l’avoir qu’avec plus de moyens, j’en suis certaine. Si on n’augmente pas nos effectifs, rien ne sert de revoir le sujet en profondeur. Vous êtes persuadé que ça ne se reproduira pas et j’admire votre optimisme. En revanche, permettez-moi de vous corriger sur un point. Vous dîtes que nous sommes toujours parvenus à protéger et servir par le passé dans la situation dans laquelle nous étions et c’est faux. Le budget a diminué avec le temps. Il était bien plus fort au temps du dôme sur Butler par exemple. Black avait aussi augmenté les effectifs. Hadès avait d’autres priorités comme l’éducation et l’enfance. Vous étiez trésorier, vous savez que notre budget a été amoindri...

— Shérif… Je mets, simplement, un point d’honneur à ce que la réponse à chaque situation ne soit pas une surréaction. Vous conviendrez avec moi que ceci est le seul événement notable pouvant montrer du doigt une éventuelle défaillance de votre service.

Il fit alors une moue, montrant qu’il ne considérait pas cette hypothèse probable.

— Et encore… Ce que les cancans pointent du doigt sous le coup de l’émotion, ils l’acclameront ensuite, lorsque justice sera faite. La population s’apaisera d’elle-même, en se remémorant qu’elle est, en sécurité ici. Et cela, nous donnera le temps de construire, correctement, une nouvelle politique au service d’une justice plus immédiate en collaboration avec vos services. Ceci ne se décide pas dans un claquement de doigts. Une meilleure justice nécessite aussi d’autres investissements financiers dont les plans ont déjà été étudiés. Tout comme une augmentation du budget ne permettrait de toute manière pas nécessairement une augmentation des moyens et un recrutement effectif sous peu. Je préfère que nous commencions à planifier et discuter de la mise en œuvre de ce recrutement avant, afin que lorsque vous pourrez le mettre en œuvre, vous puissiez disposer ensuite de recrues compétentes et non d’un brassage à la va-vite. Mon mandat ne sera pas celui de la débâcle criminelle, il ne sera pas non plus une politique de la peur... Nous ne plierons pas non plus. Au contraire, je compte bien appliquer et amener la justice. Je veux construire. Avec vous, bien entendu. Et la population sera on ne peut plus sensible à cette proclamation d’une édification durable et millimétrée de la sécurité et de la justice dans notre ville. La sécurité mérite qu’on lui attarde le temps nécessaire.

Jessie l’avait écouté avec attention, le visage fermé, la mâchoire serrée. Celle-ci se desserra petit à petit. Même s’ils n’étaient pas du même avis, la rouquine devait admettre qu’il marquait des points. La cowgirl était une femme d’action, une de celle qui voulait agir immédiatement quand il y avait un problème. L’homme en revanche semblait plus posé et réfléchi, partisan des plans en plusieurs étapes qui se montaient avec patience. C’était deux approches pour le même problème et même si elle détestait attendre les bras croisés, elle devait bien s’avouer qu’elle n’avait pas la prétention d’avoir la science infuse ni même la meilleure des solutions. Il disait vouloir prendre le temps de faire un plan d’action avec elle pour évaluer dans un premier temps le temps que ça coûterait avant d’éventuellement augmenter le budget. Elle devait bien avouer qu’il n’avait pas tort. C’était plutôt Woody qui pensait comme ça. Elle, elle fonçait dans le tas. Pourtant, il valait mieux avoir un budget adapté aux besoin qu’une somme d’argent au hasard en une fois. Après son discours, elle garda un instant le silence, le dévisageant en réfléchissant. Puis finalement, elle hocha la tête d’un air entendu, une moue peu convaincue pourtant sur le visage. Elle acceptait de lui faire confiance sur ce coup mais craignait les répercussions de cette décision. De toute façon, que pouvait-elle faire ? C’était lui qui tenait les cordons de la bourse... il fallait bien essayer sa solution à LUI dans un premier temps et revenir à sa porte lui prouver qu’il avait tort le moment voulu. Et là-dessus, il pouvait clairement compter sur elle. Voyant qu’elle n’avait plus rien à redire, il décida d’enchaîner, sans doute pour détendre l’atmosphère :

— Dirigez-vous vos soupçons sur un gang en particulier ?

— Nous avons quelques pistes mais encore rien de sérieux. Et pour les détails, je vous rappelle que je ne suis pas habilitée à vous en faire part à cette partie de l'enquête...

— Bien entendu... je suis persuadé que vous trouverez les responsables sous peu pour qu'ils obtiennent la peine adaptée...

Elle avait hoché la tête d’un air entendu. La conversation avait encore duré quelques minutes et Jessie avait fini par prendre congé, pour enfin profiter de sa soirée et laisser le maire profiter de la sienne. Tout en se dirigeant vers la porte, elle hésitait à lui dire encore quelques choses, se mordit la lèvre pour s’en empêcher mais lorsqu’elle ouvrit la porte, son impulsivité la fit faire volte-face une dernière fois. Avec calme et douceur, elle précisa :

— Avec tout le respect que je vous dois m’sieur l’maire, je me suis toujours promis d’être franche avec vous et c’est ce que vous m’avez demandé. Je pense que vous faîtes une erreur. Je réagis peut-être trop excessivement, vous avez peut-être raison mais je pense que pour avoir été sur le terrain, j’ai vu la réalité des choses... Je ne peux pourtant pas faire autre chose que me ranger à votre jugement, alors je vais le faire... J’espère juste que la prochaine fois... il n’y aura pas de victimes à déplorer... Bonne soirée, m’sieur.

Elle hocha la tête en signe de salut et de respect avec un léger sourire sympathique. En refermant la porte, elle ne pouvait pas se douter que sa prophétie serait bientôt réalisée... et que la victime serait aussi proche de celui qui lui avait refusé de la protéger.

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________________________________________ Jeu 21 Juil 2022 - 0:29 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




Beautiful Chains


6 Janvier 2022, 18h30.

— Allô ?
— Allô, trésoor?...Comment vas-tu? Je t'appelle de la salle des fêtes. Plusieurs maisons ont été la cible d'une bande organisée aujourd'hui. Ces individus ont apparemment profité des festivités de Pâques et de l'absence des propriétaires pour cambrioler une quantité de demeures... Est-ce que... tout va bien?
— Oh mince...

Silence.

— Euh oui, oui oui moi ça va, je n'ai pas bougé de la maison mais... attends...
— Bieeen.

Une porte s’ouvre. Des bruits de dehors se font entendre dans le combiné.

— La vache... je crois que les Davenport se sont fait vandaliser... y'a les flics dans la rue au niveau de leur maison...
— Oh... les Davenport? Et dire que je les ai salués il y a à peine quelques minutes... J'espère que Jérémie n'a pas été touché, non plus, il vient de repartir justement pour vérifier... Quelle tristesse.. Je vais essayer de faire la lumière sur cette affaire auprès du Shérif... Mais... tu devrais rentrer, trésor. J'ignore encore le déroulé des choses mais il est aussi probable que les coupables puissent errer encore, à se cacher de la police... Sois prudente...
— Euh... oui tu as raison.

Bruit de porte qui se referme. Une clé dans la serrure. Le calme de la maison. Des gémissements de bébé si proches du combiné.

— J'allais... j'allais donner le bain à Isaac quand tu as appelé, c'est l'heure...
— Oh...oui effectivement, l'heure du bain...

Silence.

— Merci... d'avoir appelé je veux dire... De... De t'être inquiété...
— Je t'en prie, tu ne m'avais envoyé aucun message présageant d'un quelconque souci mais je préférai m'en assurer de vive voix...

Silence.

— Ca s'est bien passé pour toi ?
— Oui. C'était une plaisante cérémonie. Une très belle festivité. Un petit succès. Me croiras-tu? J'ai eu la fève, d'ailleurs !

Un rire dans le combiné.

— Comme par hasard, bien sûr que je te crois ! Le contraire aurait même plutôt était étonnant...
— Qu’y puis-je il semble que ma personne a un don pour provoquer ces coïncidences.

Un rire à son tour.

— Oui... Sans doute...

Silence.

— Tu manquais cependant, trésor. Veux-tu, d'ailleurs, une part de galette? Il en reste. Je peux te la faire apporter.
— Oh... euh et ben... oui... je veux bien... si ça ne dérange personne...
— Parfait ! oh non, ne t’en fais pas pour ça … je te fais apporter cela.
— D'accord... merci beaucoup alors... pour la galette et l'appel... je... euh... Isaac...
— Je t’en prie… je te laisse à ce bain, une bonne soirée à toi trésor !
— Bonne soirée à toi aussi !


Clic.
Duuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu.









17 Avril 2022

— Et voilà... Moooh ce que t’es beau mon ange...

J'avais pas pu m’empêcher de prendre ses petites joues rondes entre mes mains pour les presser tandis que je déposais un gros baiser sur son front. Ça avait eu le don de le faire rire instantanément tandis qu’il tenait assis en équilibre sur sa table à langer. Sur le coup de mon baiser, il s’était jeté en arrière pour s’allonger, comme il aimait le faire quand il voulait jouer mais aguerrie de mon expérience, j’avais su poser ma main à l’arrière de sa tête pour le ramener en position assise en douceur. Isaac changeait si vite que chaque seconde qui passait me donnait l’impression qu’il n’était plus mon bébé. Il n’avait pourtant que 7 mois... 7 mois et un jour si je voulais être précise. Mais il semblait déjà si grand, si indépendant. C'était fou ce que les choses passaient vite. Au fil des mois, son visage avait petit à petit perdu les traces du nourrisson. Il restait un bébé, presque un bambin pas que tout à fait, mais il commençait à préciser ses traits largement plus. C’était le portrait de son père. C’était même à se demander comment la paternité de cette enfant ne sautait pas au visage de tout le monde. Il était encore loin du petit garçon que j’avais vu dans cet étrange futur mais il y ressemblait chaque jour un peu plus. Comme Erwin, ses yeux avaient une forme fine, allongée et assez droite. Ses pommettes étaient prononcées. Si sur un adulte cela lui donnait un air constant, sur le petit être qu’était mon fils, ça lui donnait l’air légèrement triste comme ses yeux étaient tombants, ce qui le rendait encore plus attendrissant. Ses cheveux avaient largement poussé à présent même s’ils demeuraient fins. Ils commençaient à avoir leur personnalité et à onduler légèrement mais ils restaient en grande majorités raides. Ce matin, j’avais tenté le tout pour le tout, une nouvelle coiffure, plus pour m’amuser que pour lui laisser. Mouillant ses cheveux, je lui avais fait une raie bien droite, comme un petit monsieur avant de lui brosser les deux parties dans une coupe BCBG et sage. Observant le résultat, c’est ce qui m’avait fait m’exclamer et lui avait valu un bisou. Il était si mignon que j’avais clairement envie de lui laisser. Vêtu de sa petite salopette en jean bleu avec un lapin blanc dessus pour rendre hommage à Aster, une marinière bleue marine et blanche en dessous et ses petites baskets couleur jean qui ressemblaient à des converses basses à scratch et qui laissaient apparaître des chaussettes blanches montantes avec des petites carottes brodées sur le haut, il était tout simplement à croquer.

Le récupérant dans mes bras, je lui avais tendu son doudou qu’il s’était empressé de récupérer à deux mains et de coller contre lui. Récupérant sa tétine, j’avais clipé le cordon sur sa salopette pour être sûr qu’il ne la perde pas. La petite pomme rouge apportait une nouvelle touche de couleur et tandis que je déposais un baiser sur son front, je quittais la salle de bain pour descendre au rez-de-chaussée. Si Regina avait milité pour que cette sucette devienne sa favorite sans aucun mal, je n’avais rien forcé pour le doudou. J’avais lu que c’était quelque chose que l’enfant choisissait de lui-même, qu’il devait un substitut du parent quand celui-ci n’était pas là, en période d’angoisse et de stress. Isaac avait été couverts de peluches mais j’avais tout de même voulu lui en offrir un aussi. En même temps que j’avais acheté sa loutre qui faisait des bruits blancs, je n’avais pas pu m’empêcher de craquer face au doudou loutre qui était un peu plus loin dans le rayon. Elles me faisaient penser à Vesper et les avoir avec moi, me faisait parfois penser que j’aurai aimé qu’il soit là pour savoir ce qu’il pensait de notre fils. Je n’avais rien forcé auprès de lui, attendant secrètement qu’il le choisisse parmi tant d’autres et c’est ce qu’il avait fait. Voir qu’il avait choisi la loutre pour compenser le stress de mon absence avait quelque chose d’assez comique quand on y pensait, à croire qu’Isaac était capable de sonder mon âme. Tout en descendant les escaliers, j’avais lancé une de ces conversations qui n’avait aucun secret uniquement pour nous deux.

— Alors Isaac, on va faire quoi aujourd’hui ? On va aller au par cet on va chercher les œufs. Les œufs que le lapin a cachés. LA-PIN. Le La-pin de Pacques.

Pour toute réponse, il avait gazouillé quelques sons, comme pour approuver ce que je venais de dire ou tenter de répéter ce que je lui disais. Il était important de préciser plusieurs fois les mots pour faire son vocabulaire. J’ignorais si cela portait ses fruits mais il avait l’air plutôt ravi. En arrivant dans sa poussette, il avait pointé d’un doigt impétueux son papillon en peluche posé sur le meuble de l’entré avec un “DA” bien senti. Je lui avais tendu et après récupéré mon sac, nous nous étions mis en route en direction du parc de Storybrooke où avait lieu les festivités.

Un discours devait lancer l’évènement et lorsque j’avais vu les grandes tables rondes où un peu moins d’une dizaine de personnes pouvaient s’asseoir, je m’étais dirigée vers l’une d’elle, assz éloignée de l’estrade, sur un côté. Tout en saluant les personnes déjà là, j’avais “garé” la poussette à côté d’une des chaises et j’avais récupérer Isaac pour le prendre dans mes bras. Le moment du discours était celui que je craignais le plus. Depuis Noël, les choses étaient un peu différentes entre Erwin et moi... pas de son fait... Plus du mien, j’en avais parfaitement conscience. Je tentais de me préserver de la douleur que son annonce avait provoquée en moi de toutes les manières possibles et inimaginables. Je n’avais pas eu envie de mettre fin à la relation, ce qui était sans doute ola plus grande des erreurs quand on cherchait à se détacher de quelqu’un. Pourtant, j’avais la stupidité de croire que si je témoignais moins mon amour, je finirai par moins en ressentir et je serai moins rongé par celui-ci. C’était débile, c’était loin de remporter un franc succès, mais c’était tout ce que j’avais. Alors j’avais moins attendu après lui, nous nous étions moins vus car je poussais moins les rencontres. Nos conversations étaient plus brèves, plus douces aussi et plus gênées. Notre libido avait été largement revue à la baisse et les “écarts” de nos premières retrouvailles post-grossesse n’étaient plus qu’un souvenir lointain. Ce n’était pas que je n’avais pas envie de lui... c’était juste que je n’avais pas envie de le faire avec lui. Sentir sa peau brûlante contre la mienne, son odeur sur mon corps des heures durant après nos ébats, le sentir me pénétrer au plus profond de mon être, tout cela m’ébranlait bien trop pour que je puisse avoir envie de ces moments. Nous étions plus sages... sans doute plus chiants aussi... mais il semblait s’en contenter pour le moment, me laissant le temps que je lui avais demandé. Mais ce discours... c’était un enfer sur terre.

J’avais échappé à tous les cérémonies jusqu’à présent. Je m’étais épargné le spectacle de le voir radieux et auprès de sa femme qui le soutenait tandis que je restais dans l’anonymat de la foule. Tout cela me rappelait bien trop ses paroles... pas les bons côtés cependant. Il y en avait pourtant, il ne s’était pas dit complètement insensible. Mais ma douleur et la mauvaise foi refusait de le voir pour le moment. Pourtant, aujourd’hui, c’était Pâques qui nous réunissaient. Ironiquement. La résurrection... Je le faisais pour mon fils et uniquement pour lui. Il avait le droit à ses premiers œufs. Il n’était qu’un enfant. Il n’avait pas à subir mes problèmes. Alors si ça m’obligeait à porter une robe blanche et fine à fleurs, un chapeau de paille sur la tête et à avoir mon cul coller sur une chaise à écouter son putain de discours... et bien j’allais le faire... pourquoi j’avais brusquement l’impression que je m’énervais toute seule ?

J’avais senti son regard glisser sur moi à plusieurs reprises en martelant son discours mais j’étais restée impassible. Ce ne devait être qu’un geste de rhétorique, afin de capter le regard des foules. Je tenais toujours Isaac contre moi, assis sur mes genoux, mes lèvres dans ses cheveux. Une fois le discours terminé, j’avais applaudi poliment comme le reste de l’assistance et face à la ferveur du moment, les lèvres de mon fils s’étaient fendues d’un grand sourire avant de taper plusieurs fois dans ses petites mains d’un air désordonné, apparemment ravi de voir les grands jouer au même jeu que lui. Une fois le maire descendu de son piédestal, je m’étais relevée faisant retomber mon jupon sur mes cuisses. Je portais une robe blanche avec des motifs fleurs de toutes les couleurs sur mon jupon qui me tombait au-dessus du genou. Le haut était blanc, près du corps et formait un léger et joli décollette. Les manches étaient longues pour palier à la fraîcheur encore présente d’Avril tout en étant pourtant entièrement faites de dentelles. Portant toujours Isaac dans mes bras, je m’étais dirigée vers le jardin des plus petits, largement moins étendu pour trouver leurs œufs de Pâques. Dans la foule, mon regard avait croisé celui d’Erwin et voyant son insistance, je lui avais souris timidement en signe de salut avant de détourner le regard pour entrer dans le “jardin”.

— Mais qu’il est mignon ce petit bout !

J’avais fait volte-face tandis que Julia Davenport se plantait devant moi pour observer Isaac. Il arrivait que nous nous croisions dans le quartier et elle ne cessait de vouloir voir mon fils de plus prêt. Je commençais à m’y habituer : toutes les personnes qui le croisaient n’avaient que des éloges à faire sur sa beauté. C’était très perturbant de voir autant de personnes s’extasier aussi simplement sur son enfant, surtout quand on les connaissait peu. On avait l’impression qu’il appartenait brusquement à tout le monde, qu’il était devenu un jouet, un objet mignon. Je l’avais pourtant remercié poliment tandis que d’autres sur notre chemin s’arrêtait pour l’observer. J’étais la “maman célibataire” du Quartier Nord. Et dans un tel quartier huppé où vivaient des anciens de la royauté et des personnes que la malédiction avait mariés à peine la majorité atteinte, on pouvait dire que j’étais une véritable attraction. Pourtant, je commençais à m’en fiche, à déambuler parmi eux sans penser à leurs regards pesant sur moi. L’insouciance d’Isaac le faisait pour lui, j’avais donc pris exemple sur mon fils.

— Ooooh regarde mon cœur comme il est joli celui-ci ! Qu’est-ce que c’est ? Un oeuf !

Je m’étais penchée en avant pour récupérer l’objet en bois coloré dans un buisson. Le tendant à Isaac, il l’avait pris dans ses mains mais je sentais que celles-ci n’étaient pas encore assez puissantes pour tenir un tel poids tout seul. L’aidant, je vis ses yeux dorés couler sur la “coquille” de l’œuf, tétant lentement sa tétine. Je l’avais alors posé au sol, lui redonnant l’œuf pour que ce soit plus facile pour lui de le tenir tandis que des mamans m’avaient rejoint pour discuter. Je les connaissais. Nos enfants allaient à la même crèche et très vites, leur progéniture rejoignit un Isaac qui se fichait pourtant éperdument d’eux. C’était étrange. Je l’avais déjà remarqué quand je le déposais ou venais le chercher. Il semblait avoir un magnétisme, un charisme qui poussait les autres enfants à aller vers lui. Mais de son côté, mon fils semblait plutôt angoissé à l’idée d’être si entouré, préférant jouer seul dans son coin avec un objet. Il les observait d’ailleurs en cet instant de ses grands yeux tristes tout en tenant de toutes ses forces son œuf. Il n’avait fallu qu’une seule seconde d’attention pour que le “drame” se produise. Le bruit que le geste avait fait nous avait fait toutes tourner la tête. Il était évident que le petit Louis venait de gifler Isaac avec sa puissance nouvelle. J’avais beau savoir qu’à cet âge, les enfants étaient maladroits et dotés de gestes puissants qui les rendaient presque violant malgré eux, le coup m’avait pourtant coupé les pattes. Instantanément, la mère de Louis s’était jetée sur son fils pour lui expliquer qu’on ne devait pas faire cela avant de se confondre en excuse auprès de moi. J’avais beau lui répéter que cela n’était rien, une partie de moi en voulait terriblement à Louis. Mon fils n’avait pas à se laisser maltraiter. Pourtant, il n’avait pas pleuré. Il avait encaissé le coup sans broncher et m’avait laissé l’examiner avant de reprendre sa nouvelle occupation : mettre l’œuf dans sa bouche maintenant qu’il avait expulsé sa tétine.

Le plus sidérant apparu pourtant quelques secondes après. L’incident de la gifle était pourtant déjà bien loin des préoccupations d’enfants et le petit Louis, qui était un peu plus âgé et marchait donc seul, avançait aussi vite qu’il le pouvait de sa démarche mal assurée. Il avait fini par trébucher. Enfin... ça c’est ce que sa mère avait vu. La mère d’Isaac en revanche, l’avait clairement vu déplacer l’une de ses petites jambes pour lui faire un croche-patte, sans même le regarder. C’était sans doute ce qui l’avait innocenté aux yeux de l’autre maman. Ebahit de ce qu’Isaac été parvenu à faire alors que son anatomie ne lui permettait même pas encore de marcher, je m’étais demandé un cours instant si ce n’avait pas été qu’un hasard. C'était tout de même improbable. Il avait 7 mois. Il était beaucoup trop petit pour manigancer un truc pareil... pas vrai ? Alors pourquoi quand Louis s’était mis à pleurer, il avait levé ses yeux dorés vers moi avec son sourire de coquin tout en mâchonnant son œuf ?! Avant même que je pu plus investiguer sur le sujet, une odeur familière avait empli mes narines. Ma gorge s’était nouée instantanément, ma mâchoire s’était serrée malgré elle tandis que Darlène et les autres saluaient déjà le maire avec un grand enthousiasme. Me relevant pour lui faire face, je lui avais souris à mon tour en précisant :

— Bonjour. Mes félicitations pour cet évènement.

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« If the crown should fit, then how can I refuse? »

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________________________________________ Ven 5 Aoû 2022 - 21:16 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




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Pâques. Le renouveau. La Renaissance. Il déambulait parmi les invités, une joie dorée accrochée à son sourire, serrant les mains qui se présentaient à lui. Il gratifiait leurs propriétaires d’un mot, parfois d’une phrase agréable puis s’attardait parmi chaque groupe, leur offrant son Temps, obtenant ainsi leur dévotion. Le Soleil qui se déversait dans le grand parc municipal parachevait le tableau idyllique d’une journée mémorable dédiée à ses concitoyens. Pour ce jour de fête, il s’était affublé en couleurs printanières, optant pour un splendide ensemble de style victorien d’un lin presque jaune, assorti d’une canne d’ornement qui parachevait le tout. L’ensemble lui allait à ravir, comme toute chose et il se faisait une joie de fendre la foule, ainsi vêtu attirant toutes les convoitises. Les badauds se pressaient à sa rencontre, pour le remercier de ce qu’il faisait pour eux et il en tirait une gloire toute sournoise, songeant à ce qu’il leur extorquait dans le même trait de Temps. Il s’attirait leur sympathie et récupérait leur or. Une bien belle collecte. Cela ne serait que la deuxième fois.
Sa main droite ourlée de plusieurs bagues rutilantes en délivra une autre, tandis qu’il reprenait sa route, l’odeur verdoyante de l’herbe gorgée de rosée dans les narines. Un peu plus loin, une bande de bambins courts sur patte et braillards s’élançaient vers le grand saule pleureur. Le premier brandissait de toutes ses forces un œuf, comme l’athlète eut brandi la torche des Jeux Olympiques. Risible. En les suivant de ses yeux méprisants, Preminger en vint à souhaiter que l’un de ses suiveurs n’en viennent à le lui arracher des mains. Ou qu’une ronce mal agencée ne s’entrelace autour de l’un de ses pieds. Il se détourna, chassant vivement de son visage la malice cruelle qui était venue s’y inscrire, pour mieux se composer une humeur égale et aborder les invités qui se trouvaient non loin de là.
En l’occurrence, le hasard ou l’amour du commérage avait réuni les deux femmes qui se tenaient non loin de lui, et qui, chose suffisamment rare pour le souligner, étaient bien trop concentrées dans leurs médisances pour noter sa flamboyeuse approche, en parallèle de leurs champs de vision.

« Madame Underson ! Miss Pardle ! Quel charmant plaisir de vous voir ici. » chantonna-t-il

Toutes deux avaient sursauté, pour mieux se tourner vers lui, lui offrant dans le même trait de Temps un sourire avare pour la première et minaudant pour la seconde, toute engoncée sous une coiffe à plumes pour le moins curieuse.

« Miss Pardle, j’admire l’audace de votre coiffe ! Et quelle mine splendide vous avez là » ajouta-t-il
Il baissait la tête, en signe d’un respect qu’il n’éprouvait guère et déjà la vieille rombière avait tôt fait de glousser en lui présentant sa main replète, réajustant de l’autre le chapeau de velours bleue marine qui ornait ses cheveux.
« Monsieur le Maaaiiiire est trop aimable. Je vieillis, hélas. Comme nous tous. »
« Vraiment ? » il leva un sourcil, faussement circonspect, accentuant le trait pour noter l’ironie « le Temps épargne alors ceux bénis de Beauté. »

Il allait de soit qu’il ne parlait guère d’elle mais de Lui. Mais la phrase était tournée de sorte qu’elle ne puisse le percevoir, ce qui renforçait le plaisir tiré de son propre compliment.

« Il m’est d’avis qu’il devrait surtout épargner ceux dont l’éthique irréprochable ne déraille jamais » rétorqua Miss Uderson en pinçant d’un air irrité ses lèvres rouges, s’attirant un hoquet outré de son amie « Je ne parlais pas pour vous, Mildred ! »

Mais de ceux qu’elle visait, elle n’en dit mot. Preminger savait seulement qu’il n’était guère concerné par ces critiques acerbes, la loyauté des Uderson lui étant entièrement acquise. Pour l’image erroné qu’il savait aisément projeter.
Il goûta un peu à leur discussion mêlée de mièvrerie et d’acidité puis finit par en prendre congés, sachant leur regards portés encore sur sa personne, jaugeant sûrement les personnes qu’il accosterait par la suite.
Il chercha Alexis dans la foule dispersée et la trouva sans peine se dirigeant vers l’espace du jardin qui avait été pensé et dédié aux plus jeunes enfants. Une praticité que d’avoir découpé le jardin ainsi. Il n’avait que peu à faire pour la localise...même si l’agencement n’avait pas été voulu pour cela.
Le vent léger faisait voler la voile légère de la robe blanche de la jeune femme, agitant ses manches longues et ballottant les fleurs dessinées de son jupon comme sur les peintures champêtres. A son époque, ceci aurait pu être peint, sa silhouette gracile et fraîche s’accordant à merveille avec la fleuraison des bosquets du grand jardin.
Elle ressentit visiblement sa présence ou peut-être inconsciemment ses sens en alerte de sa magnétique aura s’éveillèrent ne lui en déplaise, puisqu’elle pivota la tête vers l’endroit où il se trouvait, prenant un instant pour croiser son regard avant de lui adresser un sourire timide. Ce fut tout.
Et cela était suffisant pour l’instant. Preminger se trouvait déjà bien satisfait de l’y trouver, elle qui avait délaissé la plupart des événements mondains où il se trouvait ces derniers Temps. N’était-ce pas le signe d’un éminent progrès ? Il l’espérait en tout cas. Il n’aurait guère la patience de lui offrir du Temps trop longtemps encore. Aussi miséricordieux qu’il pouvait être face à sa souffrance et la sorte de relation paisible qu’ils entretenaient depuis cette discussion… Toute ceci l’ennuyait au plus haut point. Et si l’ennui d’ordinaire n’avait que de cesse de le pousser vers la nouveauté, celui-ci le poussait davantage à reprendre la place et la relation qu’ils entretenaient avant…
Il détourna le regard, s’arrêtant pour goûter, comme l’encourageait le serveur à un « excellent hors d’oeuvre » fait d’avocats et de saumon qui se révéla aussi délicieux que les promesses faites. Parce qu’il avait bien évidement validé menus et collations avant toute commandes. Il s’y attarda un instant, vantant ses propres mérites sous couvert de louanges au menu, incitant tout à chacun s’y trouvant à proximité à tenter l’expérience, puis se retira tranquillement, prenant la direction du jardin du premier âge. La majorité des personnes s’y trouvant n’avaient pas encore été saluées personnellement par lui. A dessein. Cela justifierait si facilement son arrivée et l’engloberait tout naturellement d’une popularité splendide.
Aussi, s’avança-t-il d’un pas fort alerte dans l’herbe verte, ses chaussures de cuir crème la foulant à ses pieds. Plus, s’approchait-il des espaces dédiés aux enfants et plus leurs cris cristallins faisaient trembler ses tympans d’une impatience lassée. Fort heureusement qu’il n’allait voir que la petite enfance.
Une ambiance bien plus calme l’accueillit en effet. L’endroit se chargeait surtout de poussettes tractées ou des enfants portés à bout de bras par des parents concentrés mais exténués. Ils cherchaient les œufs, tâchant d’aider à l’éveil de leurs enfants ou s’attardaient un peu en groupe, discutant de leurs progénitures, l’oeil pétillant d’orgueil. Une agitation néanmoins s’élevait autour d’Alexis, nota-t-il, ou plutôt d’Isaac tout en s’avançant. Une triade d’enfants un peu plus âgés l’entouraient, sûrement en raison de l’oeuf qu’Alexis lui avait dégoté. Pourtant, il semblait y avoir eu… autre chose… A en juger par la manière dont Darlène Norrington s’adressait à la libraire. Avec panique et excuses. Tout comme sa main menottait celle de son fils, tel un étau incompressible. Il y avait du avoir un différend… Entre les deux femmes ? Non. Preminger n’y croyait pas. Alexis était spontanément sympathique à beaucoup de femmes et elle lui avait toujours parlé en bien de cette dernière. De son côté, Erwin ne classait pas la jeune mère comme une femme dont il fallait se méfier, particulièrement. Une habitante comme une autre dont le mari travaillait en banque et qu’il avait parfois au téléphone lorsqu’il s’agissait de procéder à quelques virements, rapidement. Rien d’illégal en tout cas. Le casting parfait d’honnêtes citoyens insignifiants. Alors… l’incident avait du viser les enfants. A la manière dont sa maîtresse jaugeait la joue de son fils, il fallait croire que ce dernier avait pu être la cible d’une ecchymose… Les enfants étaient si vils entre eux.
Il darda son regard sur le petit être grandissant, mordillant son œuf dans la plus grande des tranquillités. Et fut ainsi aux premières loges pour ce qui survint après… lorsque Darlène Norrington se décida à lâcher la main de son fils et que celui-ci entreprit de reprendre sa marche pour galoper plus loin… VLAN Son pied buta contre la cheville levée d’Isaac et il s’étala de tout son long et à grands cris contre l’herbe verte, ses petites mains battants le vide bien trop tard pour parvenir à le rattraper.
Ceci...n’était pas fortuit. La situation aurait échappé à n’importe quel œil inattentif ou innocent mais pas à ceux de Preminger. Il détectait la malice comme une seconde nature. Et cet acte en était la parfaite démonstration… Il le savait. L’âge présumait en faveur de l’innocence d’Isaac. Qu’avait-il après tout… Pas loin de huit mois, non ? Mais son sang vicié coulait dans ses veines, se mêlant à celui de sa mère. C’était assez pour l’en corrompre.
Déjà néanmoins, il les avait rejoint, se posant derrière la libraire accroupie, laissant les effluves délicieuses de son parfum les prévenir de sa proximité avant qu’il ne s’exclame, toutes dents dehors :

« Bien le bonjour Mesdames… Mais quelle charmante assemblée que voiciiii…Toute la jeunesse prometteuse de notre si belle cité regroupée. »

Quelle ironie… L’enfant récemment tombé pleurait à grosses gouttes dans le pantalon bleu marine de sa mère, occupée à le relever et vérifier son état tandis que les autres riaient inconsciemment ou se moquaient de leur camarade. Alexis, quant à elle, ne s’était pas encore relevée, toute agenouillée qu’elle était auprès de son enfant. Bien évidement, il se garda bien de le remarquer, en profitant pour saluer avec un entrain jovial cette assemblée dont l’attention était à présent toute légitimement dirigée sur lui. Lorsqu’il paraissait ainsi, il ressentait vivement l’attrait de son pouvoir, se sentant tel un Roi visitant sa Cour reconstituée, échangeant quelques banalités qui dites par lui, possédaient une valeur supplémentaire que chacun ici reconnaissait.
Enora avait fini par se relever, doucement, pour mieux lui faire face. Lui souriant comme si de rien n’était. Elle parvenait à donner le change aux yeux des autres, mais pas pour lui.

« Bonjour. Mes félicitations pour cet événement » avait-elle déclamé doucement.

Et pourtant, tout aussi rieuse que ses traits l’annonçaient, toute aussi paisible que sa voix la présentait, une contrariété s’y accrochait, dans le frémissement de son sourire. Il lui tendit, comme il venait de le faire à toutes autres, un sourire passablement identique et agréable. Seule une légère étincelle narquoise vint accentuer le doré de ses iris.

« Vous me voyez ravi qu’il vous plaise Miss Child » pépia-t-il joyeusement avant de plaquer sa main contre son coeur dramatiquement « Mais si c’est moi qui vous remercie… tous et toutes » répliqua-t-il en s’attardant néanmoins davantage sur son charmant visage avant de parcourir chacun de ceux qui lui souriaient « Si cet événement est un tel succès, n’est-ce pas grâce à vous tous ? C’est vous qui le faites vivre et je peux vous assurer que c’est un tel plaisir pour moi que de contempler tant de physionomies heureuses et prospères Il va s’en dire que l’initiative a toujours été de permettre à vos chers enfants de passer un excellent moment quelque soit leurs âges. La chasse se passe-t-elle bien et sans heurts ? Malgré le bas âge ?»

Son regard tomba à nouveau contre celui de sa maîtresse, le seul qu’il désirait heurter afin de l’interpeler par cette question muette. Puis descendit sur la marmaille qui croissait à ses pieds, visiblement impatients de jouer avec leurs parents.

« Dans la mesure du possible… Nous essayons de tempérer toute excès d’émotion violente, pas vrai Louis ? » lui répondit Darlène, tout en tournant un visage sévère auprès de son fils.

Entre temps, le fils Norrington s’était essuyé son visage trempé de larmes dans les habits de sa mère, tandis que cette dernière tâchait d’éponger ses genoux écorchés de sang par la chute, d’un mouchoir.

« Par le Ciel ! Cet enfant va-t-il bien ? » interrogea-t-il laissant ses lèvres mesquines s’arrondir d’un rond de stupeur, désignant du bout de sa canne le ventre du dénommé Louis, feignant de découvrir ses stigmates « Nous avons une pharmacie de fortune au besoin, non loin du kiosque, Madame Norrington ».
« Je vous remercie, Monsieur le Maire, mais j’ai tout ce qu’il faut sur moi. Louis a juste fait une mauvaise chute.. Je suis habituée. Laissez-lui cinq minutes et vous verrez comme il courra ! »
« Le lot des enfants trop tapageurs, sans nul doute » opina-t-il d’un air entendu « Prometteur comme un lapin de garenne, à la moisson alors... »

La courbe de sa bouche rieuse découvrit ses dents nacrées, acérées, sous son parallèle, avant qu’il ne rejette la tête en arrière pour céder à son rire roucoulant. Son « hilarité » passée, il balayant les têtes blondes à proximité du sol, notant que plusieurs étaient demeurées non loin d’Isaac, l’un prenait même appui sur l’une des manches de la poussette pour tenter de s’y balancer, tout en souriant au petit. Qui ne lui rendait aucune attention particulière. Comme figé dans son moment, il préférait de loin suçoter son œuf de bois. Comme mal à l’aise du regard que l’autre enfant tentait d’amener sur lui. Un fin filet de bave s’échappait de sa joue rebondie, tandis que ses paupières battaient.

– « En voilà qui un a un farouche appétit. » s’exclama- Preminger pourtant, sa voix aiguë se modulant en des notes joviales et amusées, en désignant son fils du menton, s’attirant les rires de l’assemblée, qui pivotèrent du même corps vers le petit être gazouillant dans sa poussette.

« Poor precious little thing ». Isaac avait cligné de ses yeux topaze sous l’attention commune, mordillant de plus belle l’oeuf contre lui, gazouillant des intonations désordonnées. Il n’aimait pas l’attention, remarqua son père avec une pointe d’amusement. Il n’était pas comme lui…
Qu’il profite pourtant, c’était chose rare que Preminger choisisse de dévier l’attention de lui-même. Encore plus pour le tourner vers lui. Une exception. Mais il avait eu besoin d’une diversion rapide et efficace, et le Maire devait reconnaître qu’un bébé attirait toujours les charmes et les faveurs attendries d’une foule. IL profita de ce détournement d’attention manigancé, pour avancer la tête vers la nuque blanche d’Alexis, pour susurrer :

« Je suis bien aise de te voir, trésor…. »
Puis se recula. L’instant d’après, c’était comme si rien n’était arrivé. Tel un mirage. Une voix soufflée par le vent et les anges. Il n’avait entreprit aucun geste à son encontre, le lieu était bien trop fréquenté pour qu’un œil curieux l’en surprenne. De même, la distance triste que la jeune femme imposait à son égard l’en empêchait. Il ne lui appartenait pas de provoquer le retour si aisément, bien qu’il pensait en avoir le pouvoir. La simple évocation de sa présence proche le pouvait, non ? Ils le savaient. Tout comme il devinait pertinemment pourquoi leur relation s’était distendue. Non pas un agacement quelconque à son encontre, non. Par un besoin douloureux de s’en émanciper. Elle pensait les plaies, encore, de son manque d’amour.
Et l’attente qu’il subissait « patiemment » lui faisait prendre note de l’ensemble des activités auxquelles ils manquaient ensemble. Il l’aurait bien conviée au kiosque un instant, profitant de la chasse de chacun qui les enverrait sur des sentiers différents. N’en fit rien.
Focalisa seulement son attention sur le bambin qui serrait le jouet de bois contre son coeur. L’image même de l’innocence et de l’intimidation même. Image mensongère. Il mentait. Du moins pour la première. Le croche-pied adressé au petit Norrington n’était pas une vue de l’esprit de l’ancien ministre. Non. Jamais son esprit ne l’aurait floué à ce point. La jambe s’était levée pour alpaguer la cheville du fils Norrington avec une vigueur calculée.
Et cela ne surprenait qu’à moitié celui qui l’avait engendré. Une partie de son sang bouillait en lui, édulcoré.
Son propre père autrefois ne racontait-il pas à qui voulait l’entendre que lui-même avait fortement frappé le visage d’un enfant avec une chaînette en faux argent, après le lui avoir férocement arraché du cou ? « C’est ce jour précis où j’ai su de quelle trempe était mon fils et l’avenir qui serait à sa portée ! Un Preminger ne s’excuse pas de vouloir, Erwin ne s’excuse même pas de prendre. » Mais Isaac n’était pas Lui. Ne le serait jamais, quand bien même il tâcherait de s’en approcher par son physique et sa ruse. Il n’était pas lui. Ce n’était pas une clameur portée dans le but de se rassurer mais une certitude. Il possédait sa vigueur vengeresse. Le sursaut d’orgueil qui refusait l’humiliation et le fléchissement. Il ne possédait pas l’ambition. La Vision de grandeur de lui-même, l’amour de l’Attention. A la différence d’Ursule qui portait plus que son essence mais se trouvait être lui. Non. Lui n’était qu’un copycat. Une pauvre imitation…
Reculé, il imita les sourires que sa réflexion avait déclenché, alors que Julia Davenport se tournait vers lui :

« Ils auront quand même tous, vraiment quelque chose à se mettre ; sous la dent à la distribution des prix, non ? Jack sera déçu sinon.» précisa-t-elle dans un faux murmure confidentiel, en se plaçant sur la pointe des pieds, sûrement persuadée qu’en s’élevant ainsi, son fils qui se cramponnait au siège d’Isaac n’y prêterait pas attention.
Erwin plaqua un index sur sa propre bouche, soupira :
« Aaaah, je suis tenu au secret, hélaaas. Mais… » il traîna le silence un bref instant puis rajouta, sur un ton plus fort « il me semble que l’organisateur est bienveillant et que tout est sinon bien pensé, sinon exécuté avec une volonté de bien faire. La collecte semble séduire »

Il leva le sourcil, ricanant. Tous l’approuvaient sans savoir…que les œufs ne seraient pas les seules choses recherchées ce jour. Ses équipes se tenaient prêtes. Ses ordres étaient clairs, limpides. Sans connaître son identité, tous suivaient ce chef mystérieux, la Tête de cette monstrueuse organisation qui croissait dans les bas-fonds de la ville et dans le reste de ses quartiers. La diversion officielle serait parfaite. La Diversion principale mieux, encore. Il devinait déjà les remarques de la shérif lorsque tout serait connu mais...qu’importait. Il avait veillé à ce que le futur plan de sécurité policière soit suffisamment prometteur pour que les regrets de demain n’en deviennent pas rages. Pour le reste, il fallait parfois savoir se faire croire candide et naïf pour obtenir ce que l’on voulait.
Par ailleurs… Il pensait réellement à ce qu’il avait susurré à Alexis. Il était ravi qu’elle se trouva ici. Sa seule présence en ces lieux l’éloignait des risques imprévus d’un nez-à-nez avec un cambrioleur. Bien qu’au demeurant, compte-tenu de sa force électrique défensive, ce dernier aurait mieux fait de se coincer les doigts dans une prise edf….
Néanmoins, aussi guerrière que cette dernière était capable d’être, ce risque de rencontre valait mieux être évité.
Preminger se demanda subitement si elle prévoyait, par ailleurs, de rester, au-delà du petit divertissement prévu pour les tout petits. Il en doutait… Et puisque la discussion se prêtait au sujet, il y rentra avec aisance lorsque Olivia Tomson précisa :
« D’abord les enfants, puis les plus grands ensuite. Une part pour nous !»
« Exactement ! » s’empressa-t-il d’approuver chaleureusement « Cette dernière sera plus corsée, mais la récompense dépasse le savoureux. Vous resterez tous pour la Grande Chasse, j’espère ? »

Il ne tourna pas son regard vers elle, directement. Son interrogation s’adressait officiellement à tous. Même s’il finit par diriger ses yeux vers les siens, titulaire de l’information qu’elle ignorait. Les cambriolages allaient bientôt se mettre en route. A l’ouverture de la Grande Chasse symboliquement. La Collecte inonderait toute Storybrooke. Sa Collecte.
Il n’avait pas besoin de la regarder directement pour la voir. Pour sonder sa gêne, invisible aux yeux des mères, épouses et amantes, mais révélée aussi vivement que le soleil perçant dans un ciel sans nuages pour l’atténuer. Gêne puisqu’il la visait particulièrement, au-delà de tout discours collectif et elle le savait. Autant que sa gêne, il devina son hésitation. Elle n’avait pas prévu de s’attarder. Ce constat l’agaça, nourrissant dans son être une pointe aiguë d’irritation. Et d’ailleurs, elle ne tarda pas à le formuler, subitement, après un temps de silence, lorsque vint son tour :

« Isaac n’est pas un peu trop petit pour ce genre de chasse ? Si vous dites qu’elle est plus corsée, j’ai peur qu’il ne suive pas le rythme... »

Elle cherchait à se justifier. Mettant en avant la jeunesse évidente de son fils… « Il ne tient même pas encore debout ! Penses-tu qu’il ne tiendraa pas le rythme … Va. Va donc, si tu le souhaites... » songeât-il subitement à lui répondre agressivement, de dépit, sa bouche charnue à peine moins souriante en apparence. Seule sa main, contre le manche sculptée de sa canne, se crispa, caressant d’un doigt patient la courbe du bec de l’animal. Néanmoins, son esprit demeurait éveillé à ses paroles et un rictus vengeur crispa sa bouche, la tordant, presque imperceptiblement. Quels propos si dangereux… Son envie de fuite ne revenait-elle à mettre en cause l’entièreté de sa proposition ? Jusqu’à la pertinence de la présence de toutes ces familles et leurs progénitures à cette chasse...
Il aurait pu désamorcer à l’instant cette remarque. Rétablir la vérité. Il en avait la hardiesse, les arguments et les moyens. Mais n’en fit rien. Se laissa en « position de faiblesse » bien au contraire, laissa se propager le doute chez ses compagnes de pouponnerie, sans intervenir, aussement coincé, jusqu’à ce qu’elle le remarque. « A l’animal aux abois, présente ta gorge, elle filera vers toi et ne verra pas le piège. »
Et elle le remarqua. Il le put voir dans son regard… Comme un éclat de crainte de compromettre sa cérémonie.
Si bien qu’elle ajouta :

« Remarquez… Il a sa poussette et si la récompense est aussi délicieuse que vous le dîtes, il y a de quoi être tentée... »
« Formidable, Miss Child » se pressa-t-il à rétorquer « Je suis ravi de vous compter, finalement, parmi les volontaires. Vous m’aviez mis un doute, je l’avoue, sur le côté pratique de la chose pour vos situations... Bien évidement..je conçois que l’aventure soit plus ardue avec enfants de bas âge… Le jeu est moins intuitif pour eux… Faisable mais… »
« Plus difficile lorsqu’il s’agit d’un si petit... » commenta Olivia Tomson
« Enfin, ils marchent tout de même, tous… » répliqua-t-il « Enfin... »
« Sauf Isaac... » répliqua Darlène
« Oui. Mais oh ! Je...serais désappointé si l’une d’entre vous n’osez pas s’y risquer à cause de la trop grande jeunesse de l’un de ses enfants.... Qu’à cela ne tienne ! Je vous aiderai, Miss Child. Après tout, ce n’est que rétablir une certaine forme d’égalité... »

Il l’avait dit dans un sourire, saluant en interne son double-sens. Pour toutes celles qui se félicitaient de son geste et qui erreraient bientôt en compagnie de leurs enfants et leurs conjoints. Sans y voir autre chose qu’un geste désintéressé.
Alexis l’observa, elle, surprise, un instant encore avant de hausser les épaules :
« Si vous le dites… Je vous remercie de votre aide alors »..


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Une averse de soleil tomba sur ce désert blanc, éclatant et glacé.

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« If the crown should fit, then how can I refuse? »

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________________________________________ Ven 5 Aoû 2022 - 21:17 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




Le lien



Et l’avait suivi, Isaac dans sa poussette finalement, alors que la Grande Chasse s’ouvrait.
Il avait obtenu ce qu’il souhaitait. La Chasse débutait. La Collecte aussi et la récolte serait bonne….
Ils pénètrent dans cette partie du parc établi et mis en scène aux rythmes des cloches et des décors tant printanières qu’élégantes. Le pastel était de mise et quelques tables se trouvaient dressées non loin de là, proposant collations et boissons à ceux que le courage délaissait.
Ils avaient marché dans ce parc, éloignés, silencieux. Faisant, peut-être jusqu’à mine de chercher les œufs. Le silence entre eux, s’expliquait par la distance qu’ils feignaient. De purs acolytes jouant ensemble sans affinité particulière, de prime abord. Rien d’autre. Sans encore moins...une affinité telle poussant jusqu’à l’enfant se trouvant dans cette poussette. Cette posture ne différait en rien de l’attitude qu’ils adoptaient tous deux lorsqu’ils se trouvaient en grande société. Ordinairement et aujourd'hui comme toujours, l’ancien ministre en raffolait. Il en tirait un sentiment de pouvoir particulier que de rouer autrui à leur vues.
Pourtant… il ignorait si la jeune femme partageait ce même sentiment de mesquinerie. Et cela venait ternir tout de même, la légèreté de ce moment d’habituelle complicité.
Il sentait à l’attitude, l’ombre de l’habituel silence surplomber celui qui s’appliquait de force à leurs affaires. Stagnant comme un spectre silencieux. L’éloignant de lui, alors qu’il ne voulait que sa proximité. Physique mais surtout mentale.
Ce fut elle qui le brisa, cependant, alors que sa tête se trouvait détournée de la sienne, invisible à ses yeux impudiques :

«  C’était une forme d’égalité dans la parentalité que tu voulais dire ou je ne m’abuse ? Je ne vois pas quelle autre type d’égalité, sinon ».

Flottait dans ses mots, une piqûre, fine presque indolore, quant à sa situation particulière et la place qu’il lui réservait habituelle et il lui servit la réponse la plus claire et la plus curieuse à la fois, tout en soulevant de sa canne, les feuilles d’une fougère :

« Oui. Même si les esprits les plus simples y verront une simple égalité numérique ».

Un sourire conspirateur apparut sur son beau visage, mais il ne tourna pas la tête vers elle. S’interrogeant, néanmoins, sur la manière dont elle envisagerait cette remarque. Jusqu’à songer qu’il puisse vouloir lui offrir une occasion unique qui dépassait son ordinaire manque d’investissement ? Ou seulement une manière de narguer les autres d’un savoir qu’ils ignoraient ? Ou un savant mélange de ces deux hypothèses qu’elle garderait pour elle ?
Déjà il demandait, préférant changer de sujet, pour mieux chasser l’éventuel malaise que cette discusson pouvait créer :
« Pour son premier Pâques, Isaac passe-t-il une excellente journée ? »

Il n’était pas commun pour le ministre de s’enquérir de ce dernier. La plupart du Temps, il écoutait seulement ce qu’Alexis voulait bien lui confier. Aujourd'hui… Il l’avait pourtant mis en jeu… C’était intéressé certes. Tant pour que sa mère s’en aperçoive que curieux du geste qu’il avait surpris.

« Et bien demande-lui, n’oublie pas d’appeler le photographe, ça te fera une jolie photo pour le journal ».

Il inspira, subitement. Surpris de sa brusque acidité. Puis se mis à rire, d’un rire aérien, voluptueux, tel un éclatement de notes de musiques travaillées. Il ne lui en voulait pas et son rire ne témoignait pas non plus d’un éventuel mépris à son égard. Non. Elle avait raison. Il aurait totalement pu faire cela. Si l’enfant avait su articuler un mot, il aurait même pu la prendre au mot. En cela, elle le connaissait bien. Seule la vivacité avait laquelle son acidité s’était déployée l’avait soufflé. Il connaissait peu cette partie d’elle. Du moins… pas à son égard. Encore moins sur ce sujet. Elle s’était toujours tue, menottant son amertume..puis avait ouvert subitement les digues, sans crier gare. Peut-être, l’analysa-t-elle aussi, ainsi, puisqu’elle exhala soudain :

« Pardon. Je suis injuste. »

Elle ne s’excusait pas de le penser. Uniquement de lui reprocher. Ce qui possédait un sens tout à fait différent. Tout comme, il ne s’offusquait pas qu’elle puisse s’en plaindre, tout comme il ne s’excusait pas de le faire non plus. Triste circuit…. Aussi, inclina-t-il la tête vers la gauche, remontant son épaule par la même occasion, pour lui signifier que ce n’était pas grave. Elle n’avait aucune raison de s’en vouloir pour ça.
Elle inspira néanmoins, une fois supplémentaire avant de dire d’un ton qu’elle espérait plus calme et détaché :

« Je Je pense qu'il passe une bonne journée oui... il a pas l'air mécontent en tout cas... Je ne suis pas sûre qu'il capte vraiment tout ce qu'il se passe mais il a un nouveau jouet à mettre dans la bouche et a taper entre ses mains, ça a l'air de le satisfaire…"
Elle s’arrêta pour mieux tourner la poussette dans sa direction à lui, pour lui permettre d’observer l’enfant, penchant également son buste par dessus la petite capote. Une incitation à l’observer. Directement. Il y avait foule, là où ils se promenaient encore, tant qu’ils n’attendraient pas le saule pleureur non loin du bosquet d’hortensias bleues et il lui sembla même apercevoir Miss Pardle les jauger d’une mine mécontente. Pourtant, il ne recula pas, ni ne le reprocha pas. Pourquoi diantre ?
Le geste n’était en rien curieux et il se permis, même, d’avancer, comme toute la situation l’exigeait même au regard de la bienséance, pour observer l’enfant de plus près. Qui se serait contenté d’observer cet enfant à distance, alors que les environs pouvaient décemment noter qu’ils parlaient de ce dernier ? Cette attitude, là, aurait été davantage curieuse. Tout juste supposaient-ils qu’ils devisaient ensemble à son sujet de manière anodine…
L’enfant leva ses yeux ocre vers lui, ses pieds encore un peu repliés en tailleur. L’oeuf de bois se trouvait encore tant dans sa bouche qu’entre mes mains… une succulence visiblement, puisqu’il ne cessa pas son activité, lorsqu’il croisa son même regard doré.
« Hum oui… Ce doit être un peu… curieux à son âge. Et toute cette masse d’enfants criards, aux alentours. Au moins, s’amuse-t-il avec peu de choses… » commenta-t-il, les paupières abaissées en direction du petit

Alexis avait acquiescé lorsqu’il avait évoqué la situation pour le moins étrange que cela pouvait constituer pour l’enfant. Elle précisa néanmoins :
"Oui, c'est vrai... mais j'ai l'impression qu'il ne s'en formalise pas... il a l'air de se créer son calme généralement. Et... apparemment il sait se défendre aussi..."
Ainsi, l’avait-elle vu aussi. Ce croc-en-jambe exercé à l’attention du fils Norrington. Et en avait déduit la même chose.
« Il a l’air d’avoir d’excellents réflexes oui… »
Il senti son regard droit sur lui, alors que les siens s’étaient déposés sur l’enfant et ses jambes, à présent, sagement repliées. Releva la tête vers elle, croisant son regard bleu et concentré, qui tâchait de lire en lui, verbalisant par la pensée une phrase qu’elle ne verbalisa pas. Mais qui flottait pourtant dans l’air. « Tu l’as vu toi aussi ? C’est fou, non ? » criaient ses yeux. Il hocha la tête, et elle abaissa la sienne pour contempler l’oeuf que le petit pressait contre lui, comme un trésor incarné.
« On est censé trouver le même type d’oeuf ? Ou y en a un de Fabergé au bout du chemin ? »
Un sourire plus complice était venu teinté la fin de l’interrogation de la jeune femme, tandis qu’elle faisait référence à l’ostentatoire qu’il aimait tant, taquine, alors qu’il reprenait la route, tournant le long du bosquet vers les arbres plus solitaires du parc municipal. Une bribe de ce qu’elle était, surgissait : vive, taquine.
Et il se mis à rire, spontanément à son entente, avant de la considérer, d’un air attendri :

- « Fabergé ? Trésor, s’il y en avait un...l’aurai-je mis en jeu ? »demanda-t-il d’un ton entendu avant de préciser « Mais sur l’inspiration peut-être… qui sait ? »

Il ne précisa rien de plus. Mais il était d’une évidence qu’un œuf si précieux n’aurait jamais été mis en jeu s’il n’avait su d’avance, remporter cette compétition directement ou de manière indirecte.
Comme suivant le même cheminement, Alexis avait eu un rire, aussi. Inespéré, tandis qu’elle admettait :

« Non... sûrement pas... même sur l'inspiration. A l'extrême limite tu aurais pu en faire une copie et garder le bon mais à moins d'être sûr de le gagner toi, je pense pas que tu aurais été si généreux... »

Il la toisa, en silence, le long de son monologue. C’était vrai. C’était lui. Et songeant ainsi, elle démontrait le connaître avec une grande facilité. Il aimait cela. Une sorte de vague de reconnaissance altière allait vers elle. Elle le connaissait bien. Son intelligence l’avait fait le comprendre si facilement, leur intimité complète avait fait le reste.

Elle poursuivit :

J'espère au moins qu'il y a du vrai chocolat à se mettre sous la dent... autant Isaac se contente du bois, autant moi... » La courbe de ses lèvres s’accentua, teintée toutefois d’une gêne, alors que ses yeux croisaient les siens pour la première fois, directement. Sa gourmandise avait repris le dessus, visiblement…
« C’est assez bien raisonné, je l’admets » énonça-t-il avec une fierté qui ternit pourtant le sourire de sa maîtresse, quand bien même celui-ci resta joliment accroché à son visage. « Si cela peut permettre de te rassurer. Il y a forcément du bon chocolat à se mettre sous la dent. Il suffit de le trouver… »
« Compte sur moi pour le trouver alors... »

Il avait désigné l’endroit d’un geste vaste, sans pour autant prendre la peine de tourner la tête, elle lui avait répondu sans même suivre son geste. Leurs regards en revanche, ne s’étaient pas quittés. Ils jouaient, se retrouvaient, sans forcément la même tranquillité. Comme se redécouvrant.
Un silence flotta autour d’eux, alors que le contact oculaire se prolongeait. Puis, elle tourna la tête, son œil subitement attiré par quelque chose dans les buissons… Y allant, elle fouilla, s’accroupissant, son jupon blanc formant une corolle, avant de revenir avec un œuf de bois qu’elle lui montra, une gêne à nouveau accrochée à son sourire :

« Et de un, du coup... »

Il la laissa rejoindre la poussette et glisser l’oeuf dans le sachet accroché à celle-ci, qui avait été prévu par l’occasion.
Lorsqu’elle se retourna vers lui, pourtant, il lui trouva l’air grave et sérieux. Un voile s’était déposé à nouveau entre eux.

« Pourquoi est-ce qu’on fait ça, au juste ? » demanda-t-elle, « Isaac s’amusait très bien et je doute que tu l’ai fait pour lui… Tu as sans doute mieux à faire...ailleurs ».

Elle n’avait pas besoin de préciser OU il avait mieux à faire, l’intégralité de son ton et de son attitude le criait d’eux-même : sa femme et sa mondanité.
Il aurait pu s’arrêter dans son élan, ne pas la rejoindre, mais se figer droit dans l’herbe verte et fraîche.
Bien évidement. Elle avait raison, sur nombre de choses. A commencer par l’interrogation qui la poussait à se questionner sur sa présence.
Rien n’était anodin. Il avait beau ne pas avoir été « l’investigateur » de cette promenade, officiellement, elle savait qu’il n’en n’était rien. Tout au plus, se disait-elle qu’il avait, effectivement, sauté sur l’occasion qui s’était présenté à lui. Pourquoi ? Elle avait raison, il n’avait pas fait cela pour Isaac. Avait utilisé cet enfant et l’événement comme un prétexte… Pourquoi ?
Il s’arrêta à mi-hauteur de la libraire, baissant les yeux pour croiser les siens, penchant la tête, séduisant :
« A ton avis ? Pourquoi faisons-nous ça ? »

Sa voix ronronnait et pourtant ses yeux demeuraient vifs, accrus. Il voulait la faire admettre. La faire verbaliser.
Il avait promis de lui laisser le champ libre, la réflexion pour elle, depuis leur Discussion. Pourtant, il se glissait devant elle, étendant un degré de son influence. Elle savait pourquoi. Ce n’était même pas une question, n’est-ce pas ? Peut-être devait-il le voir comme un appel ?
Oui, il avait d’autres choses à faire. Des centaines. Mais rien ne lui avait pourtant paru plus satisfaisant que cette balade.
Outre les cambrioleurs. Et elle le savait. Ce n’était rien d’autre que de l’effroi. L’effroi qui la poussait à se figer, comme une biche prise dans les phares d’une voiture au fur et à mesure que leurs regards se prolongeait, se mêlant. Ne parvenant pas à s’y soustraire. Depuis quand était-elle devenue si craintive quant à la légimité de ce qu’il vivait, qu’elle semblait rejeter tout ce qu’ils vivaient ensemble, dans la simplicité pure ? La réponse n’était pas difficile, si ? Le silence qui se prolongeait semblait pourtant indiquer que si. Si cela l’était.
Et son attitude entière le prouvait. Elle demeurait mal à l’aise, comme craignant une embrouille… Si bien qu’elle papillonna des yeux pour rompre le contact visuel, pour se soustraire à son contrôle, avant d’articuler d’une voix faible et dépassée :

« Je ne sais pas… Je sais plus. Je… Si je te pose la question, c’est que… j’ai besoin d’une réponse, non ? »

Il sembla à Preminger que l’ampleur de Noêl n’avait de cesse de s’agrandir… Provoquant une pointe de colère en lui. Comment avait-elle pu en arriver là ? A ne plus savoir quoi penser ni faire ? Pourquoi tout ne s’était-il pas résolu ? Pourquoi nageaient-ils à contre-courant ?
Ses yeux croisèrent à nouveau les siens, flamboyants, dévoreurs et déglutissant, Enora opéra un pas en arrière :

« J'aurai pas du accepter. J'avais pas prévu de rester aussi longtemps... je devrai rentrer…"

Déjà elle prenait la fuite, se rapprochant de la poussette pour la prendre, s’y serait sûrement cramponné s’il n’avait pas réagi encore plus rapidement. Apposant sa main droite sur l’objet, se glissant prestement entre elle et le véhicule. Entre elle et la fuite. Entre elle et le danger. Non. Non, elle ne fuirait pas. Non, elle ne le planterait pas là, à la vue de tous. Non, elle ne s’échapperait pas. Non, elle ne lui échapperait pas. Il ne la laisserait pas regagner son domicile. Pas comme ça, pas ainsi, pas maintenant.
En miroir, de sa main gauche, sa canne était venue désigner, vivement un endroit dans la direction opposée, feignant de lui montrer quelque chose. L’art du théâtre. Ce qui le faisait garder le contrôle d’apparence, en toutes circonstances, dans un sourire de façade, une tranquillité d’apparence pour les curieux.
Pour mieux poursuivre d’une voix sourde et pressée :

« Ne pars pas. Tu dis toi-même qu’Isaac passait un excellent moment. Puisqu’en revanche, la gêne est occasionnée par MA présence, je peux prendre congés ».

Une foule d’émotions contradictoires évoluaient en lui. Vexation et arrogance. Il était vexé de sentir que sa présence l’importunait. Elle le fuyait. ENCORE. Comme depuis plus de deux mois. Comme si le simple fait d’être en sa présence la figeait dans la peur et le besoin de s’en extraire. Et cette attitude provoquait son énervement d’une manière plus que croissante. Il ne pouvait se contenter de ça ! C’était impossible. Pas avec ce qu’ils avaient vécu. Elle ne pouvait pas, en permanence, se permettre de l’éconduire de cette manière. Et pourtant une autre part de lui-même s’en glorifiait. Sous l’orgueilleuse certitude que la fuite qu’il provoquait n’était pas à son désavantage. Elle fuyait parce qu’elle l’aimait. Elle fuyait car elle avait peur de ses propres sentiments et la douleur que cela provoquait en elle, suite à leur discussion.
Qu’elle fasse donc. Qu’elle s’en aille de sa vue, si il valait mieux pour elle. Disait-elle. Car cela lui importait. Qu’elle demeure. Qu’elle demeure en ces lieux. A l’abri de sa propre escouade.

Elle avait un mouvement de stupeur en apercevant sa main se poser sur la poussette, ne s’attendant visiblement pas à son intervention. Puis s’était retournée pour regarder la direction qu’il pointait de la canne, pour se trouver côté à côté à lui. Avait-elle cru qu’il lui montrait réellement quelque chose ? Ou maligne, son discernement avait pris le dessus sur son émotion, Presque leurs épaules auraient pu se toucher. Il la sentait près de lui et son visage continuait de sourire. Son esprit attendait en revanche. Qu’elle lui fasse part de sa décision.
Il était près à accepter son retrait, exceptionnel. Mais une part de lui, de manipulation insidieuse, criait qu’elle ne le ferait pas.

« Non…. je ne veux pas spécialement que tu partes c'est... c'est ta journée aussi, je ne veux pas être…"

Elle s’arrêta net et il conserva tout son self-control pour s’empêcher de réagir. Bien évidement c’était sa journée. Comme tous les autres jours. Mais pourquoi diantre se sentait-elle obligée de le préciser ? Se sentait-elle redevable ? Pourquoi agissait-elle ainsi ? Jusqu’à presque nier le plaisir qu’elle pouvait éprouver à ses côtés ? Elle ne pouvait lui faire croire qu’elle n’en n’éprouvait pas. Elle l’aimait. Sa présence à ses côtés ne pouvait être une plaie. Seulement le rappel incessant de divergences qui l’avait fait souffrir. Mais il lui revenait de les affronter aujourd'hui, non ? Il avait beaucoup continuer de deviser, souriant pour les curieux éventuels, son atittude intérieure était loin d’être sereine et joyeuse. Il était pincé…

« Je ne pensais pas que... que tu voudrai faire ça, c'est tout... je pensais juste qu'on se verrait de loin... et toi qui ne réponds pas à ma question et qui me la retourne comme ça... c'est trop... dur."
« Je ne pensais pas que ça te serait si dur...d’envisager que je pouvais avoir envie de passer du temps avoir toi »
Peut-être l’avait-il dit, en partie, pour lui faire mal. Au-delà d’un simple plaisir cruel, seulement motivé par une volonté de lui faire prendre conscience de tout ce qu’elle remettait en cause, par ses mots et ses doutes. Ceci avait toujours été une évidence à ses yeux. Et n’avait-ce pas été le cas pour la jeune femme, également puisqu’elle l’avait même, lors de ce fameux jour, interrogé sur le « bon temps » qu’il aimait passer auprès d’elle. Pourquoi diantre, même ceci parvenait-il à être remis en cause ? Il avait bien vu que les choses étaient différentes mais…. A CE POINT, différentes ?
Elle baissa la tête, répétant d’une voix un peu brisée :
« Je suis désolée »
Et elle le pensait.
De quoi était-elle désolée ? De tout. D’être injuste. De douter. De ne pas donner plus. De ne pas comprendre plus. De toute cette situation qui leur échappait.
Et pourtant. S’en trouvait-il satisfait ? Non. Il sentait sa souffrance se matérialiser, créant une barrière inexorable entre eux. Il pouvait la briser pourtant… S’il outrepassait ses limites. Son attente. Il pouvait recréer son ascendant. La forcer à prendre conscience. La pousser dans ses retranchements. Et il le voulait. Lui faire payer cette attitude qui le piquait dans le vif ! Il avait fait un pas en avant, l’incitant à avancer, malgré tout. Donnant le change avec un sourire forcé, plaqué sur son visage. Pour l’extérieur. Les éventuels curieux, qui fort heureusement, ne voguaient loin d’eux.

C’est….le lien c’est ça ?

Ses yeux s’étaient embrumés de larmes Le lien… Elle n’avait toujours pas su le définir. Et le considérait toujours comme un mot curieux, visiblement. Le lien… Ce lien qui l’avait poussé à avoir une discussion des plus sinueuses avec Hera… Le lien… Mais un lien possédait deux bouts.
Preminger ne niait pas que toute cette suite d’événements était de sa faute. C’était lui qui avait allumé la première mèche, lorsqu’il l’avait poussée à répondre à cette question. Pourquoi diantre l’avait-il fait, si ce n’était pour tenter de la déstabiliser ? De récupérer, l’espace de quelques secondes des miettes de son ascendant ? Et il l’avait fait. C’était pour cela qu’elle avait battu retraite. Parce qu’il lui avait fait ressentir, un bref instant, l’étrange précipice qui la guettait toujours lorsqu’il s’agissait de Lui.
Mais il ne pouvait pas attendre. Plus attendre. Une part de lui, désirait vengeance. Désirait confirmer son « absolue certitude ». Qu’elle l’aimait toujours. Bien évidement. Elle souffrait seulement. Jusqu’à annihiler chaque rapprochement de peur de céder. Par trop de remises en questions… Par peur de son influence.
Et elle fut toute trouvée.
Il la sentait...prête à bondir, à fuir à nouveau. Leur proximité physique sûrement risquait de lui être sous peu insupportable. Si bien, que finement, il glissa sa canne, de biais, entre les brindilles et la fougère. Un mouvement indécelable, l’inclina en biais de manière insidieuse. Un piège inévitable. Une fin inexorable. Au coeur de ce qu’elle se refusait.
Déjà Enora bougeait, pour avancer vers l’endroit précédemment indiqué, pour reculer de son étreinte. Lui échapper.
Si elle savait.
Mais elle saurait.
Il fit mine de se détourner pour s’occuper de la poussette, n’impulsa qu’un infime mouvement, laissant la canne faire son insidieux travail.
Elle trébucha.
Son pieds se heurtant contre le morceau de bois imprévu, son corps s’inclinant en avant. Elle allait tomber. Glisser dans l’herbe traitresse qui couvrait sa robe immaculée de stigmates. L’instant de grâce avant la chute.
Il fallait aller très vite. Preste, déjà son bras gauche s’empressa d’agir, se lançant en avant, récupérant le haut de son buste pour stopper sa descente. La rattrapant au vol, à mi-chemin. De la chute physique.
Puis, il impulsa son retour arrière, tandis que sa main droite, malgré la canne, l’aidait à la faire pivoter vers lui, aux creux de ses bras. Au creux de ses griffes. Au coeur de l’abîme.
Cela ne pouvait paraître qu’une simple rescousse, néanmoins, il laissa traîner l’intimité qui se dégageait de ce contact et de la chaleur de leurs corps. Preminger ne pouvait dire qu’ils n’avaient pas eu de contacts intimes depuis leur discussion, il y en avait eu… Mais, ceux-ci avaient eu une saveur de triste retenue la concernant. Ici, il ressentait l’impact impromptu que le choc et la situation, causait sur les battements de son coeur.
Là, jouant de surprise, il avait pu recueillir le plaisir de la trouver démunie et sous sa coupe, selon ce qu’il en voyait. Et son étreinte possédait aussi la saveur d’une intimité chaleureuse.
La bouche de la jeune femme s’était ouverte sous la surprise, ses yeux eux-même criaient son étonnement, plaquée contre lui, son buste entre ses bras. Mais ses mains malgré tout ne le repoussaient pas. Bien au contraire, même, elles s’étaient retenues à lui, sur sa chemise, sous l’effet de la surprise et dans le mouvement. S’il se penchait, s’il l’embrassait, sa victoire serait totale. Et ils le savaient. Ils le savaient tous les deux. Il en était persuadé. Et une part de lui le voulait.
Ce fut le moment choisi pour lui, pour que sa bouche suave et dangereuse n’exhale doucement :

« Oui… C’est le lien. »

Sûrement en ressentait-elle toute force. Le double langage. C’était ça, aussi, Le lien. Ce qui la rattachait à elle n’était pas à sens unique. Elle le ressentait aussi. S’il avouait un lien qui le rapprochait d’elle, cela faisant il lui rappelait aussi l’existence du sien. De ce lien qui la liait, elle à lui, si férocement nouée, qu’elle ne parvenait à s’en défaire, à se défaire de lui. Et quand bien même l’aurait-elle cherché, elle ne voulait, ni ne pourrait lui échapper.
Leur échange visuel ne dura que peu de Temps, mais il leur paru davantage… Comme si une décennie s’écoulait entre eux. Une décennie d’évidence, Dans ses yeux se reflétaient la Vérité. Une Vérité gorgée de tristesse et d’un amour amoral que la passion rendait souffrance.
La tristesse ne gommait rien. Rien de l’amour qui flamboyait dans ses yeux lorsqu’il se portait à sa vue. Au contraire, il ne faisait que souligner d’un trait plus douloureux le tableau qu’elle lui destinait….
Après avoir dégluti, elle exhala de sa voix basse, toujours brisée :

« Arrête »…

Son corps eut un soubresaut, tentant de se relever. Trop fragile pour s’échapper de ses serres. Trop robuste néanmoins pour ne pas essayer. Mais c’était un aveu, quelqu’il soit. Un aveu de sa faiblesse face à son charisme. Sa réserve ployait sous son amour… En même temps, quelle évidence. Il avait mis le paquet et elle était rendue fragile… Par le moment, sa posture, la situation publique, Lui. Il la sonda un bref instant, les yeux intenses. Il aurait été aisé de ne pas accéder à sa requête. Bien que la situation soit particulièrement tendue aux yeux des autres, il aurait pu choisir de l’accentuer, à leurs risques et périls, pour la faire plonger avec lui, dans l’abysse permanent. Ses yeux dévoraient son attitude, se repaîtrant de la faille qu’elle laissait entrevoir. Il ne voulait pas arrêter. Il voulait plus... Se ressentait davantage que ces mois durant... Pourtant son visage opina à sa demande. Non pour consentir, mais pour la signification de sa demande. « Arrête ». Une preuve qu’elle sombrait et le savait. Une preuve que derrière la volte-face, la fuite, ce qu’elle tentait de maîtriser, de dompter, d’atténuer, demeurait là, encore. Palpitant. Si bien qu’un sourire très finement, se dessina sur ses lèvres pleines.
Il avait eu sa réponse. Son orgueil se trouvait assouvi. Et tempérait sa hargne patience.
Il recula alors, écartant les bras, la libérant de son emprise… sans, cependant, rompre le contact oculaire. L’ambroisie dont était fait ses pupilles courait chatoyant pour investir son regard et s’immiscer jusqu’à l’âme de la jeune femme. Il se détachait d’elle, la libérait. Mais son ampleur était partout. Intense. L’une de ses mains néanmoins glissa le long de son épaule, se déposant sur la main droite de la jeune femme. Il la pressa encore un bref instant, puis la lâcha totalement. Comme si rien ne s’était passé. Comme si rien n’était arrivé. Jusqu’à demander d’un ton badin :

« Et si nous allions vraiment voir ce que je montrais tout à l’heure ? Il convient de ne pas oublier notre quêeeete ! »

Il fit mine de ne pas voir son regard tomber sur la canne, dissimulant son sourire en inclinant la tête… Puis calqua sa réaction sur la sienne, d’un ton encore plus énergique. Tachant de dissiper ce qu’elle venait de vivre. Dissiper la chose ne parviendrait pas à la faire disparaître.

« Oui… Tu as raison… Allons-y … je … je récupère Isaac »

Cette fois, elle lui passa devant, pour reprendre la poussette qu’il avait fait mine de récupérer quelques minutes avant. Son regard dans son dos suivit ses mouvements, un sourire léger sur ses lèvres, notant la manière dont ses mains s’étaient refermées sur les poignées, à s’y rassurer...jusqu’à s’en blanchir les phalanges.
Ils cheminèrent un instant, en silence à nouveau. Preminger l’appréhendait néanmoins avec une légèreté nouvelle. Si bien que, chemin faisant, il désigna un arbre éloigné de la foule, d’un geste gracieux, proposant :

« Si nous regardions près de ce grand chêne ? »
« Ah ouais donc y a carrément plus de suspense, on va direct à la solution quoi.. »

Si le ton demeurait marmonné et gêné, une légèreté supplémentaire s’était ajoutée au tout, chassant toute trace de reproche. Sa tête pivota vers lui, lentement, lui offrant un doux sourire en coin.

–  « Une simple supposition… tu penses que mon instinct si bon que cela ? »
« je pense surtout que tu es à l'origine de tout ça et que donc il est beaucoup plus simple d'avoir un bon instinct dans ce genre de situation... »

Il s’apprêtait à répondre, Isaac grogna, subitement. Pour avoir déjà subit cette situation, Preminger devina que l’orage des larmes n’était pas loin. Alexis relâcha la poussette, pour mieux s’approcher de lui, guettant à la recherche de la raison de sa tristesse.

« Qu’est-ce qui se passe mon coeur » interrogea-t-elle.

Il ne lui répondit pas, évidement. Mais sûrement sembla-t-elle déceler de son attitude une bride d’informations, puisqu’elle contourna à nouveau la poussette pour fouiller dans le sac accroché aux manches, ressortant un petit biberon d’eau qu’elle s’empressa de lui donner. L’enfant posa ses mains sur le biberon mais ne le tenait pas encore tout seul, forçant sa mère a l’assister…
Erwin contempla un bref instant cette scène puis descendit le regard… Il aurait pu se dire que d’une certaine manière l’intervention de l’enfant retardait le départ de sa mère…. Mais, il retardait aussi l’arrivée jusqu’au chêne… Il pianota, légèrement sur le bord de sa veste, observant les environs jusqu’à remarquer un éclat de couleurs non loin de ses pieds… Était-ce ?
Il écarta l’herbe de sa canne et retourna l’objet de bois de cette même dernière, relevant la tête pour observer Isaac… Oui. Il s’agissait bien de son œuf. Mâchonné et encore humide. Il avait du lui échapper des mains et rouler jusqu’à ses pieds. Sous peu, il aurait pu l’écraser ou glisser par mégarde par sa faute…
Farfouillant dans sa poche, il trouva une serviette de papier, s’en servant pour ramasser l’œuf, qu’il désigna à Alexis :

 « j’ai trouvé ceci! Il a dû tomber et rouler vers moi. je le mets là, ici… » commenta-t-il en s’accroupissant devant la poussette 
Alexis releva la tête de son ouvrage, le biberon encore dans les mains :
« Super ! Merci beaucoup »

Il attendit pour le reste, patiemment, résistant à l’envie de continuer jusqu’à l’arbre pour tuer son impatience et son envie d’extérioriser son état d’esprit. Isaac finit cependant par terminer et sa maîtresse, une fois le biberon rangé, s’empressa de sortir son fils de la poussette :
« Viens là petit monsieur, on va découvrir ce qu'il y a près du chêne..."
« Oui, il serait dommage de le râter… S’il y a quelque chose, bien entendu » commenta-t-il.

Davantage à l’adresse d’Alexis qu’à l’enfant. Elle avait du lui mettre sa loutre auprès de lui, puisqu’il la serrait encore contre son coeur, pressant cette dernière entre lui, s’agitant bientôt, curieux des environs, tout en mastiquant férocement la tut-tut qu’elle lui avait mis en bouche.
Après un instant à observer les alentours, Alexis contourna le chêne jusqu’à trouver… l’oeuf. Preminger eut un pouffement à sa vue. Il ignorait si elle avait cru l’espace d’un instant à ce qu’il la conduirait jusqu’à la récompense ultime.
Mais il ne l’avait pas fait. Trop auraient crié au scandale. Certains se seraient posé des questions. Sauf à ce que sa découverte soit purement opportune. Là, il la guidait seulement vers une récompense bien plus acceptable mais non moins satisfaisante la connaissant. Et son cri d’exclamation lorsqu’elle se pencha pour récupérer sa trouvaille l’amusa :

« Oooooh regarde ce qu’on a trouvé, Isaac. Un œuf ! Un très gros œuf ! » elle babillait tout en se relevant l’oeuf et son fils dans ses mains. « Bravooo ! »

Ce dernier suivait la cadence approuvant chaque bravo en claquant des mains, tout guilleret, ce qui finit par faire éclater de rire de rire sa mère, la poussant à prolonger l’exercice. Preminger en revanche observa le manège de l’enfant un rire mi-consterné mi-amusé sur le visage… La réaction d’Alexis l’égayait en revanche. La jeune mère donnant libre court à sa spontanéité, toute passionnée et adoratrice qu’elle se trouvait être devant son enfant. Une jeune mère devant sa progéniture. Et ceci ne l’étonnait pas d’elle, non, aussi fougueuse et aimante elle était au quotidien. C’était elle, complètement ! Elle qui de sa main libre, pris la petite tête de son fils pour lui embrasser la tête. L’enfant ne lui accorda pourtant pas une miette d’attention, tout fasciné qu’il se trouvait subitement par le lumineux et réfléchissant papier doré qui enveloppait l’oeuf.
Alexis le notant, ne s’en offusqua pourtant pas.

« Tu es le meilleur des copilotes » lui glissa-t-elle à l’inverse « y a que le papier qui t’intéresse toi et le chocolat, tout pour moi »

Un rire ponctua ses propos tandis qu’elle lui picorait encore la joue. L’enfant ne déviant pas son attention du papier brillant. Cela causa en Preminger un sursaut d’orgueil. Qu’essayait-il de démontrer tout ce jour durant ? Qu’il lui ressemblait ? Aucunement. Non. Il ne serait jamais lui… Ses yeux topaze brûlèrent, bien qu’il s’empressa de déclarer d’un ton enjoué, gommant son air pincé :

« Hum… Voilà qu’il est fascinééé… Il m’est d’avis pourtant que tu fais un choix plus judicieux..et cela t’arrange.
« Oui je pense aussi mais il comprendra sa douleur plus tard… tous les bébés sont fascinés par ce qui brille”

Ce n’était que cela, effectivement, sûrement. Une coincidence. Une étape ordinaire de la vie… Une fascination qui n’avait pas la profondeur de la sienne. LUI connaissait la vraie valeur des choses, songeait-il avec arrogance. L’autre ne possédait qu’attrait pour la nouveauté. Ce n’était qu’une pâle copie… Une contrefaçon… Le mot revint à son esprit, nourrit d’un effet soudain.
Alexis entre-temps, remontant Isaac sur son épaule, précisant, désignant l’oeuf d’un mouvement de menton :
« Merci... il est vraiment énorme... vous avez été généreux…"
- Oh, je suis ravi que tu sois de cet avis. Nous avons mis les moyens afin d'espérer que chacun puisse s'avérer satisfait de cet événement... Tu peux y goûter, il est excellent

Il l’avait dit dans un sourire. Depuis son élection, tout aussi sournoise que pouvaient être les tromperies qui sévissaient dans les rues, il tâchait en parallèle de nourrir la satisfaction de ses concitoyens. Il était populaire et les événements organisés trouvaient fort peu de détracteurs.

- “J’en doute pas… tu as toujours très bon goût pour la nourriture…” Un blanc s’écoula avant qu’elle n’ajoute “Je goûterai ca chez moi… je vais pas tarder à y aller d’ailleurs. Tu as mieux à faire que de rester avec une maman célibataire”

Un sourire doux fleurissait sur ses lèvres, alors que ses épaules se haussaient, dans une fausse indifférence. Puis elle s’inclina pour replacer Isaac dans la poussette, une résignation émanant d’elle.
Ce n’était pas vrai, pourtant. Non. Ce n’était pas vrai. Et il le verbalisa sans détours, le regard planté vers elle :

« Ca reste à prouver... » avant d’ajouter «  Même si je comprends que tu doives partir... autant remonter par le lac, c'est ombragé et joliment décoré, une jolie balade de clôture? "

Tout autant qu’il ne fallait pas qu’elle remonta encore. Une bonne dizaine de minutes. C’était là tout ce dont il avait besoin. Pour que la zone soit pleinement sécurisée et qu’elle puisse entreprendre de rentrer chez elle sans risques. Il ne forçait même pas, adoptait simplement un itinéraire différent. Qui la ramenait certes vers la sortie mais en prenant un détour, sous couvert de flânerie. Dans le même temps… Pourquoi y verrait-elle le mal ? Il s’agissait seulement de longer un endroit encore non vu et particulièrement réhabilité pour l’occasion.
Elle sembla hésiter...Hochant la tête d’un air sobre.

« D’accord. »

Son approbation le perturba néanmoins tandis qu’ils reprenaient la marche. Elle… Son attitude semblait… curieuse. Elle s’était contenté d’approuver. Comme s’il ne lui avait pas fait le moindre compliment. Comme si la tempérance à son assertion à son égard n’avait pas causé le moindre effet. C’était impossible. Curieux… Cherchait-elle à ne pas réagir ? Ou croyait-elle que ceci ainsi que la chute se trouvait programmé dans une combinaison à grande échelle, vouée à la faire basculer dans ce qu’elle craignait ?
Puis, alors que contrairement à ce qu’elle avait affirmé, il l’avait vue grignoter un morceau de chocolat sur la route du retour, un doute s’était immiscé dans l’esprit du ministre… Qu’avait-elle compris au juste ? Pourquoi cette volte-face ? Pouvait-elle ne serait-ce qu’avoir songé qu’il… avait évoqué le chocolat ? Pourquoi diantre ? « Tu as toujours eu un très bon goût pour la nourriture »… « Cela reste à prouver... » Comment avait-elle pu décemment croire qu’il parlait de alimentation ? Bien évidement qu’il avait toujours eu un très bon goût pour cela, il ne l’aurait jamais nié ou mis en cause… Ou peut-être n’avait-elle pas non plus cherché à réfléchir à ce qu’il avait pu vouloir dire, indirectement. Avait retenu l’option évidente, après tout n’évitait-elle pas de rouvrir une plaie encore béante ? A défaut, il l’avait tout même fait céder à ce charmant vice de gourmandise, et à quelle ampleur ! Il ricana de bon coeur lorsqu’elle écarquilla les yeux sous l’effet du goût. Si expressive.
« Oh mon dieu, Ch’est trop bon !!” répéta-t-elle la bouche pleinement tout en repliant le papier “faudrait que j’arrête d’être aussi gourmande ça va m’attirer des bricoles ce truc…”
Il ne pipa mot, mais son ricanement s’intensifia, mesquinement. Oui… il aurait fallu. Mais pour son plus grand plaisir, elle n’y parvenait pas.

Ils avaient pris encore le temps de marcher, s’étaient attardés comme prévu pour observer le lac, trouvant encore quelques petits œufs à rajouter à la collecte du jour sur le chemin. Puis, leurs pas les ayant ramené à l’issue, ils se quittèrent comme prévu… Erwin notait néanmoins toute cette entière ballade comme un progrès. Tout comme l’émotion qui semblait l’habiter lorsqu’elle le remercia avec douceur :
«  Merci pour le moment… c’était sympa… à bientôt ? Je t’envoie un message quand je suis rentrée.”

Une pratique qu’ils avaient instauré entre eux une fois que le ciment de leur relation se fut édifié par elle-même. Il le lui avait assuré. Et elle était partie rejoindre son domicile.
Une fois disparue du champ de vision, Preminger consulta sa montre un sourire aux lèvres, s’auto-congratulant de la réussite de cette fabuleuse journée. L’objet de ses convoitises n’attendait qu’à se retrouver entre ses mains, son compte-bancaire venait de s’accroitre par la même occasion et l’amour et l’impact qu’il impulsait sur son trésor demeurait intact. Le souvenir de son regard embué par l’amour accompagna ses pas lorsqu’il rejoignit la société mondaine. Une très belle réussite en tout point.
Comment cela aurait-il pu empirer ?


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Une averse de soleil tomba sur ce désert blanc, éclatant et glacé.

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