« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
sans jamais vous laisser décourager. » (Walt Disney)

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 Beautiful Chains ϟ Erwin

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Jessie James
« Jessie never gives up,
Jessie finds a way! »


Jessie James

Beautiful Chains  ϟ  Erwin Cnxt

Elle va être sympa cette mairie, j'le sens bien... On va s'entendre copains comme cochons...


Beautiful Chains  ϟ  Erwin V27a

Edition Août-Septembre 2020

| Conte : Toy Story
| Dans le monde des contes, je suis : : Jessie, l'écuyère

Beautiful Chains  ϟ  Erwin Sherif10

| Cadavres : 744



Beautiful Chains  ϟ  Erwin _



________________________________________ 2022-07-21, 00:18 « Jessie never gives up, Jessie finds a way! »


Beautiful
Chains
6 Janvier 2022

Le corps encore tendu du stress de la journée, Jessie montait à la hâte les dernières marches qui la séparait du couloir final, celui où résidait le bureau du maire. Galette des rois, mon œil, Galère du peuple plutôt, oui ! La journée avait été un fiasco complet, un grand désastre duquel il faudrait tirer de nombreuses leçons mais pour le moment, l’heure était aux revendications. Elle pourrait revoir les stratégies pendant des heures, enquêter autant qu’elle voulait sur ces cambriolages organisés, il n’en restait pas moins qu’il y avait une conclusion inévitable : la police de Storybrooke n’avait pas assez de moyens. Ils n’étaient pas assez nombreux, et n’avait pas les instruments nécessaires pour atteindre une efficacité optimale. Pas dans toutes les situations en tous les cas et cette galette en avait été la preuve concrète. Il n’avait fallu qu’un évènement de la mairie pour que pas moins de 12 cambriolages apparaissent. Ils avaient poussé comme des champignons et Jessie avait d’abord cru céder à la panique avant de céder à l’action. Le premier était apparu sur les docks mais très vite, des habitations s’étaient retrouvées vandalisées aux quatre coins de la ville. Soit tous les voleurs étaient de sortie ce jour-là, soit... ils s’étaient passés le mot d’une façon ou d’une autre... mais ça c’était son boulot de le découvrir... après son premier boulot qui consistait à faire ce qu’elle détestait le plus dans ce rôle de shérif : de la politique.

Elle avait passé les premières heures à répondre au téléphone, former les équipes, donner des ordres, passer d’une scène de crimes à l’autre mais quand le plus gros de l’incendie avait été calmé, elle avait tenté d’appeler le maire pour le prévenir. Elle ne doutait pas une seule seconde du fait que Dorian devait être bien trop occupé à s’écouter parler pour se soucier du bienêtre de sa population. Tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, la rouquine réalisa qu’elle le traitait sans doute un peu sévèrement par colère. Ce n’était pas gentil de supposer de telles choses sans de réelles preuves concrètes. Pourtant, elle avait beau y faire, elle savait qu’elle ne portait pas vraiment le notaire dans son cœur. La confiance peinait à s’installer et plus Aisha en disait du bien, plus elle s’amoindrissait. Elle avait remarqué à quel point il se gonflait d’orgueil face à une foule, à quel point il prenait du plaisir à déclamer un discours, comme s’il était une rockstar devant un concert. Les réactions du publique avait souvent très peu d’impact sur lui, ce qui trahissait d’un manque d’attention à cet égard. Elle savait alors qu’elle ne faisait pas preuve de mauvaise foi en pensant ainsi. Pourtant, il se disait soucieux de ses concitoyens, et même s’il ne le faisait pas comme elle pouvait le faire, même s’il avait ses propres défauts, elle ne pouvait apporter aucune preuve d’un mensonge à ce sujet... Pour le moment du moins. Aussi chassait-elle cette pensée de son esprit, tout en frappant à la porte du bureau.

Il avait beau être 21h, Erwin Dorian l’invita à entrer plutôt chaleureusement. Elle avait pesté en tombant sur sa messagerie et avait répondu un peu vindicativement à son assistant qui avait décroché à son second appel, précisant que “le maire était un peu occupé”. Le jeune homme s’était vite repris et après avoir promis de voir avec son patron pour lui accorder une audience au plus vite, on lui avait proposé de se pointer le soir-même, preuve que Dorian savait aussi prendre sur son temps libre quand cela était nécessaire. Une fois invitée à entrer, elle avait refermé la porte derrière elle et s’était diriger vers le bureau d’un pas décidé, avant de lui tendre la main :

— M’sieur l’maire.

Elle s’était assise un peu brusquement dans l’un des deux fauteuils présents devant le bureau tandis qu’il la saluait et lui proposait un siège. Elle portait peut-être le masque de la fatigue et de la tension – elle s’était d’ailleurs permis un soupir le temps d’un instant – mais elle était également plus déterminée que jamais :

— Je ne vais pas y aller par quatre chemins... je pense que vous avez eu vent du désastre de cet après-midi ?

— Hélas… je suis ravi de voir que vous preniez le temps de me tenir informé de l’issue de ce lamentable événement… qu’en est-il ?

Sa mine disait qu’il était contrarié par la nouvelle, ses lèvres étaient pincées en signe de retenue, concentré par son discours. Elle ne se laissa pourtant pas aller à la première flatterie dont il l’avait gratifié, comme à son habitude. Dorian avait tendance à beaucoup flatter. C’était ce qui le rendait si peu digne de confiance à ses yeux également. Elle avait hoché la tête de gauche à droite comme pour lui spécifier qu’il n’avait pas à la remercier tout en précisant de but en blanc :

— C'est mon boulot.

Sortant ensuite un petit calepin de sa poche, elle l’ouvrit à la page qui concernait cette affaire et sur laquelle elle avait pris des notes pour le maire :

— On a eu 2 cambriolages sur les docks, l'un à l'est sur Fisherman street et l'autre à l'ouest, près des quais de plaisances. 6 dans le quartier est, un peu partout, ça a été le plus touché et 4 dans le quartier nord, un au manoir de la route des lords, deux au niveau de Magnolia avenue et un pas très loin de Snowdrop lane... Ça en fait 12 en tout... C’est sans aucun doute l’œuvre d’une seule et même équipe.

— 12...

Il écarquilla les yeux, d’un air surpris. Il semblait petit à petit prendre mesure de l’information, le regard grave.

— Visiblement cette bande a tenté une opération d’envergure, effectivement … Y-a-t-il des civils blessés à déplorer ? A-t-on déjà la possibilité de quantifier les biens dérobés ?

— Pas de civils, non. Toutes les maisons visées étaient vides, ils étaient tous à votre évènement. On suppose un repérage en amont. Les voisins aux alentours ont été prudents, ceux qui ont vu quelque chose nous ont appelés et sont restés barricadés chez eux. Quant aux objets, nous avons fini presque fini les recensements, 12 dépositions, c'est un travail long et fastidieux, vous avez... On attend désormais le passage de l'expert pour évaluer ce qu'on aura recensé.

Il avait joint les mains comme en signe de prière tout en levant les yeux au ciel, lorsqu’elle avait parlé de l’absence de victimes. Il semblait remercier la chance ou une divinité quelconque.

— Le Ciel soit loué ! Visiblement, oui les voleurs ont voulu profiter de la clandestinité d'un évènement public. Quel malheur ! Cela restait assez rusé oui... et logique d'agir ainsi...

Il l’avait marmonné, se tenant le menton, comme s’il se parlait plus à lui-même qu’à elle, faisant sans doute sa propre enquête dans sa tête. De son côté, Jessie décidait de reprendre, tout en s’avançant dans son fauteuil, le dos bien droit face au maire pour capter toute son attention :

— On a clairement affaire à une bande plus qu'organisée et... clairement plus que nous, avec nos effectifs réduits, avec tout le respect que je vous dois. On a eu de la chance, certains étaient stupides ou ont été trop gourmand, ils se sont fait prendre à leur propre jeu. On a 5 suspects en garde à vue... ils ont rien dit pour le moment.

Bientôt, un rictus se dessina sur le visage du maire et elle devina qu’il le réservait au “respect” qu’elle lui avait donné et ce qu’elle sous-entendait. Bien évidemment, quand il s’agissait de faire de beaux discours, il y avait du monde mais dès qu’il fallait allonger le porte-monnaie pour agir...

— De la chance ? Vous avez entre les mains 5 cambrioleurs, C’est au contraire une très belle prise Shérif. Lorsqu’on sait au contraire que votre équipe a dû intervenir en urgence c’est un excellent travail qui démontre votre compétence Je ne doute pas que votre équipe saura les faire parler…

Il en venait à sa nouvelle flatterie, sur son équipe qui avait fait un “excellent travail”... Bien évidemment, on préférait toujours récompenser les actions difficiles avec des mots plutôt que des moyens, mais elle ne comptait pas se laisser faire. Secouant la tête de gauche à droite une nouvelle fois tout en levant la main pour l’arrêter, humble :

— Je ne peux nier que mes policiers savent ce qu'ils font et qu'ils le font avec le plus grand professionnalisme, mais il n'y a pas que cela. Nous avons eu un facteur chance considérable. Nous avons été pris de courts et nous n'avions pas assez d'hommes en place pour parvenir sur les différents lieux au bon moment. Sans compter les outils que nous avons... Je sais que vous voyez où je veux en venir, m'sieur le maire.

Elle laissa un silence se faire tandis que ses yeux verts croisaient ceux dorés de Dorian. Elle avait le regard grave, qui annonçait clairement “on arrête de rigoler maintenant”. Après un court instant, elle se lança plus passionnément, de but en blanc dans ce discours qu’elle avait préparé et dont elle semblait convaincue. Par moment ses mains venaient marteler le bois du bureau pour appuyer ses propos sans pourtant aucune violence, juste des certitudes :

— Il nous faut plus de moyens. Entre les mafias, les gangs, les petites frappes et toutes les personnalités magiques et les évènements divins, nous ne sommes clairement pas assez équipés ni nombreux. Je vous le répète, nous avons eu de la chance aujourd'hui, déjà parce que certains voleurs étaient désorganisés, ensuite parce que la plupart ne possédaient pas de capacités particulières. Vous dîtes faire de la sécurité de cette ville une priorité, je vous le dis, si demain nous avons plus fort qui nous attaque, nous ne ferons peut-être pas le poids longtemps. Et je crois savoir que cette question de budget se règle dans les prochains jours...

De son côté, Maître Dorian l’observait, les lèvres toujours pincées, comme s’il barrait son visage d’un pli de contrariété. Fallait-il vraiment s’étonner qu’un homme ayant sa position pécuniaire, notaire de surcroît s’inquiète à ce point de lâcher les cordons de la bourse si ce n’était pas dans son intérêt strict ?

— Sherif James, j'entends votre demande. Bien évidemment. Mais je la pense... prématurée. La situation à Storybrooke n'est pas nouvelle et la police a toujours su pallier à la criminalité. Vous l'avez fait, vous-même ce jour, en parvenant à stopper, au pied levé un cambriolage organisé ! De plus, si j'augmente vos moyens maintenant, nous enverrons une mauvaise image. Celle d'un système qui à la moindre perturbation, au moindre soulèvement, panique. Cela risque de susciter bien plus d'ampleurs à la criminalité et créer chez la population un sentiment d'insécurité... Or, vous disposez tout de même de 5 des criminels... Je ne doute pas que vous saurez les faire parler. En leur arrachant la vérité, vous débusquerez les autres et enverrez un signal bien plus fort... Aussi, non, je pense qu'il n'y a pas lieu d'augmenter vos moyens. Pas encore. Néanmoins... j'entends bien évidemment votre préoccupation, votre envie et je la partage. Ainsi, je suis bien entendu disposé à discuter de l'amélioration de la police. Aussi, si une situation d'une telle envergure a le malheur de se reproduire, je rediscuterai bien évidemment, la question. Mais cela n'arrivera pas, c'est un événement sans signification, non ?

Elle avait eu tout le mal de monde pour s’empêcher de souffler et de pester. Ce n’était pas un exercice sur lequel elle était à l’aise. Le mouvement incessant de ses pieds qui trahissait son besoin d’agir et de mouvement parlait pour elle. Elle resta pourtant silencieuse écoutant son discours jusqu’au bout, même si elle ne le partageait pas. Avec lenteur et calme, elle prit tout de même le temps de lui rétorquer :

— Je croyais que l’un des points de votre campagne était d’agir avec fermeté ? De ne laisser aucune chance à l’insécurité ? Si vous réagissez en nous donnant plus de moyens, vous n’allez pas créer un sentiment d’insécurité, vous allez créer de l’espoir. Si vous avez été élu, c’est parce qu’une majorité de gens ont soutenu votre programme et à peu de choses près, il disait, “action/réaction”. Alors comment imaginer que toutes ces personnes qui étaient votre majorité puisse maintenant s’inquiété d’une forte réaction de votre part ? Vous ne pensez pas que tous ces pauvres gens la sentent déjà l’insécurité ? Il y a eu douze maisons cambriolées aujourd’hui, m’sieur l’maire. DOUZE. Et sur ces DOUZE seules trois ont vu leurs coupables se faire arrêter. Les autres attendent, en espérant que les assurances seront clémentes et que la justice leur sera donnée. Ils sont déjà mécontents que nous n’ayons pas pu agir plus vite. Qu’est-ce qu’ils vont dire au contraire quand ils verront que vous estimez que tout est le plus parfait dans le parfait des mondes sur le budget de la police ?

Elle ne l’avait pas dit avec animosité, elle avait simplement dit ce qu’elle pensait, comme elle avait promis de le faire dès le premier jour. Il avait dit qu’il serait disposé d’en reparler, d’en rediscuter si cela se reproduisait, mieux valait alors ne pas se le mettre à dos pour le moment. Si lui était optimiste, elle ne l’était pas du tout. Il était certain que ça ne se reproduirait pas, elle était sûre que si au contraire.

— Monsieur, la discussion que vous êtes bien disposé à avoir, nous ne pourrons l’avoir qu’avec plus de moyens, j’en suis certaine. Si on n’augmente pas nos effectifs, rien ne sert de revoir le sujet en profondeur. Vous êtes persuadé que ça ne se reproduira pas et j’admire votre optimisme. En revanche, permettez-moi de vous corriger sur un point. Vous dîtes que nous sommes toujours parvenus à protéger et servir par le passé dans la situation dans laquelle nous étions et c’est faux. Le budget a diminué avec le temps. Il était bien plus fort au temps du dôme sur Butler par exemple. Black avait aussi augmenté les effectifs. Hadès avait d’autres priorités comme l’éducation et l’enfance. Vous étiez trésorier, vous savez que notre budget a été amoindri...

— Shérif… Je mets, simplement, un point d’honneur à ce que la réponse à chaque situation ne soit pas une surréaction. Vous conviendrez avec moi que ceci est le seul événement notable pouvant montrer du doigt une éventuelle défaillance de votre service.

Il fit alors une moue, montrant qu’il ne considérait pas cette hypothèse probable.

— Et encore… Ce que les cancans pointent du doigt sous le coup de l’émotion, ils l’acclameront ensuite, lorsque justice sera faite. La population s’apaisera d’elle-même, en se remémorant qu’elle est, en sécurité ici. Et cela, nous donnera le temps de construire, correctement, une nouvelle politique au service d’une justice plus immédiate en collaboration avec vos services. Ceci ne se décide pas dans un claquement de doigts. Une meilleure justice nécessite aussi d’autres investissements financiers dont les plans ont déjà été étudiés. Tout comme une augmentation du budget ne permettrait de toute manière pas nécessairement une augmentation des moyens et un recrutement effectif sous peu. Je préfère que nous commencions à planifier et discuter de la mise en œuvre de ce recrutement avant, afin que lorsque vous pourrez le mettre en œuvre, vous puissiez disposer ensuite de recrues compétentes et non d’un brassage à la va-vite. Mon mandat ne sera pas celui de la débâcle criminelle, il ne sera pas non plus une politique de la peur... Nous ne plierons pas non plus. Au contraire, je compte bien appliquer et amener la justice. Je veux construire. Avec vous, bien entendu. Et la population sera on ne peut plus sensible à cette proclamation d’une édification durable et millimétrée de la sécurité et de la justice dans notre ville. La sécurité mérite qu’on lui attarde le temps nécessaire.

Jessie l’avait écouté avec attention, le visage fermé, la mâchoire serrée. Celle-ci se desserra petit à petit. Même s’ils n’étaient pas du même avis, la rouquine devait admettre qu’il marquait des points. La cowgirl était une femme d’action, une de celle qui voulait agir immédiatement quand il y avait un problème. L’homme en revanche semblait plus posé et réfléchi, partisan des plans en plusieurs étapes qui se montaient avec patience. C’était deux approches pour le même problème et même si elle détestait attendre les bras croisés, elle devait bien s’avouer qu’elle n’avait pas la prétention d’avoir la science infuse ni même la meilleure des solutions. Il disait vouloir prendre le temps de faire un plan d’action avec elle pour évaluer dans un premier temps le temps que ça coûterait avant d’éventuellement augmenter le budget. Elle devait bien avouer qu’il n’avait pas tort. C’était plutôt Woody qui pensait comme ça. Elle, elle fonçait dans le tas. Pourtant, il valait mieux avoir un budget adapté aux besoin qu’une somme d’argent au hasard en une fois. Après son discours, elle garda un instant le silence, le dévisageant en réfléchissant. Puis finalement, elle hocha la tête d’un air entendu, une moue peu convaincue pourtant sur le visage. Elle acceptait de lui faire confiance sur ce coup mais craignait les répercussions de cette décision. De toute façon, que pouvait-elle faire ? C’était lui qui tenait les cordons de la bourse... il fallait bien essayer sa solution à LUI dans un premier temps et revenir à sa porte lui prouver qu’il avait tort le moment voulu. Et là-dessus, il pouvait clairement compter sur elle. Voyant qu’elle n’avait plus rien à redire, il décida d’enchaîner, sans doute pour détendre l’atmosphère :

— Dirigez-vous vos soupçons sur un gang en particulier ?

— Nous avons quelques pistes mais encore rien de sérieux. Et pour les détails, je vous rappelle que je ne suis pas habilitée à vous en faire part à cette partie de l'enquête...

— Bien entendu... je suis persuadé que vous trouverez les responsables sous peu pour qu'ils obtiennent la peine adaptée...

Elle avait hoché la tête d’un air entendu. La conversation avait encore duré quelques minutes et Jessie avait fini par prendre congé, pour enfin profiter de sa soirée et laisser le maire profiter de la sienne. Tout en se dirigeant vers la porte, elle hésitait à lui dire encore quelques choses, se mordit la lèvre pour s’en empêcher mais lorsqu’elle ouvrit la porte, son impulsivité la fit faire volte-face une dernière fois. Avec calme et douceur, elle précisa :

— Avec tout le respect que je vous dois m’sieur l’maire, je me suis toujours promis d’être franche avec vous et c’est ce que vous m’avez demandé. Je pense que vous faîtes une erreur. Je réagis peut-être trop excessivement, vous avez peut-être raison mais je pense que pour avoir été sur le terrain, j’ai vu la réalité des choses... Je ne peux pourtant pas faire autre chose que me ranger à votre jugement, alors je vais le faire... J’espère juste que la prochaine fois... il n’y aura pas de victimes à déplorer... Bonne soirée, m’sieur.

Elle hocha la tête en signe de salut et de respect avec un léger sourire sympathique. En refermant la porte, elle ne pouvait pas se douter que sa prophétie serait bientôt réalisée... et que la victime serait aussi proche de celui qui lui avait refusé de la protéger.

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« Allez dans la Lumière.
C'est au détour d'une Ombre
que nous attends le Mal. »


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Edition Octobre-Novembre 2020

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________________________________________ 2022-07-21, 00:29 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




Beautiful Chains


6 Janvier 2022, 18h30.

— Allô ?
— Allô, trésoor?...Comment vas-tu? Je t'appelle de la salle des fêtes. Plusieurs maisons ont été la cible d'une bande organisée aujourd'hui. Ces individus ont apparemment profité des festivités de Pâques et de l'absence des propriétaires pour cambrioler une quantité de demeures... Est-ce que... tout va bien?
— Oh mince...

Silence.

— Euh oui, oui oui moi ça va, je n'ai pas bougé de la maison mais... attends...
— Bieeen.

Une porte s’ouvre. Des bruits de dehors se font entendre dans le combiné.

— La vache... je crois que les Davenport se sont fait vandaliser... y'a les flics dans la rue au niveau de leur maison...
— Oh... les Davenport? Et dire que je les ai salués il y a à peine quelques minutes... J'espère que Jérémie n'a pas été touché, non plus, il vient de repartir justement pour vérifier... Quelle tristesse.. Je vais essayer de faire la lumière sur cette affaire auprès du Shérif... Mais... tu devrais rentrer, trésor. J'ignore encore le déroulé des choses mais il est aussi probable que les coupables puissent errer encore, à se cacher de la police... Sois prudente...
— Euh... oui tu as raison.

Bruit de porte qui se referme. Une clé dans la serrure. Le calme de la maison. Des gémissements de bébé si proches du combiné.

— J'allais... j'allais donner le bain à Isaac quand tu as appelé, c'est l'heure...
— Oh...oui effectivement, l'heure du bain...

Silence.

— Merci... d'avoir appelé je veux dire... De... De t'être inquiété...
— Je t'en prie, tu ne m'avais envoyé aucun message présageant d'un quelconque souci mais je préférai m'en assurer de vive voix...

Silence.

— Ca s'est bien passé pour toi ?
— Oui. C'était une plaisante cérémonie. Une très belle festivité. Un petit succès. Me croiras-tu? J'ai eu la fève, d'ailleurs !

Un rire dans le combiné.

— Comme par hasard, bien sûr que je te crois ! Le contraire aurait même plutôt était étonnant...
— Qu’y puis-je il semble que ma personne a un don pour provoquer ces coïncidences.

Un rire à son tour.

— Oui... Sans doute...

Silence.

— Tu manquais cependant, trésor. Veux-tu, d'ailleurs, une part de galette? Il en reste. Je peux te la faire apporter.
— Oh... euh et ben... oui... je veux bien... si ça ne dérange personne...
— Parfait ! oh non, ne t’en fais pas pour ça … je te fais apporter cela.
— D'accord... merci beaucoup alors... pour la galette et l'appel... je... euh... Isaac...
— Je t’en prie… je te laisse à ce bain, une bonne soirée à toi trésor !
— Bonne soirée à toi aussi !


Clic.
Duuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu.









17 Avril 2022

— Et voilà... Moooh ce que t’es beau mon ange...

J'avais pas pu m’empêcher de prendre ses petites joues rondes entre mes mains pour les presser tandis que je déposais un gros baiser sur son front. Ça avait eu le don de le faire rire instantanément tandis qu’il tenait assis en équilibre sur sa table à langer. Sur le coup de mon baiser, il s’était jeté en arrière pour s’allonger, comme il aimait le faire quand il voulait jouer mais aguerrie de mon expérience, j’avais su poser ma main à l’arrière de sa tête pour le ramener en position assise en douceur. Isaac changeait si vite que chaque seconde qui passait me donnait l’impression qu’il n’était plus mon bébé. Il n’avait pourtant que 7 mois... 7 mois et un jour si je voulais être précise. Mais il semblait déjà si grand, si indépendant. C'était fou ce que les choses passaient vite. Au fil des mois, son visage avait petit à petit perdu les traces du nourrisson. Il restait un bébé, presque un bambin pas que tout à fait, mais il commençait à préciser ses traits largement plus. C’était le portrait de son père. C’était même à se demander comment la paternité de cette enfant ne sautait pas au visage de tout le monde. Il était encore loin du petit garçon que j’avais vu dans cet étrange futur mais il y ressemblait chaque jour un peu plus. Comme Erwin, ses yeux avaient une forme fine, allongée et assez droite. Ses pommettes étaient prononcées. Si sur un adulte cela lui donnait un air constant, sur le petit être qu’était mon fils, ça lui donnait l’air légèrement triste comme ses yeux étaient tombants, ce qui le rendait encore plus attendrissant. Ses cheveux avaient largement poussé à présent même s’ils demeuraient fins. Ils commençaient à avoir leur personnalité et à onduler légèrement mais ils restaient en grande majorités raides. Ce matin, j’avais tenté le tout pour le tout, une nouvelle coiffure, plus pour m’amuser que pour lui laisser. Mouillant ses cheveux, je lui avais fait une raie bien droite, comme un petit monsieur avant de lui brosser les deux parties dans une coupe BCBG et sage. Observant le résultat, c’est ce qui m’avait fait m’exclamer et lui avait valu un bisou. Il était si mignon que j’avais clairement envie de lui laisser. Vêtu de sa petite salopette en jean bleu avec un lapin blanc dessus pour rendre hommage à Aster, une marinière bleue marine et blanche en dessous et ses petites baskets couleur jean qui ressemblaient à des converses basses à scratch et qui laissaient apparaître des chaussettes blanches montantes avec des petites carottes brodées sur le haut, il était tout simplement à croquer.

Le récupérant dans mes bras, je lui avais tendu son doudou qu’il s’était empressé de récupérer à deux mains et de coller contre lui. Récupérant sa tétine, j’avais clipé le cordon sur sa salopette pour être sûr qu’il ne la perde pas. La petite pomme rouge apportait une nouvelle touche de couleur et tandis que je déposais un baiser sur son front, je quittais la salle de bain pour descendre au rez-de-chaussée. Si Regina avait milité pour que cette sucette devienne sa favorite sans aucun mal, je n’avais rien forcé pour le doudou. J’avais lu que c’était quelque chose que l’enfant choisissait de lui-même, qu’il devait un substitut du parent quand celui-ci n’était pas là, en période d’angoisse et de stress. Isaac avait été couverts de peluches mais j’avais tout de même voulu lui en offrir un aussi. En même temps que j’avais acheté sa loutre qui faisait des bruits blancs, je n’avais pas pu m’empêcher de craquer face au doudou loutre qui était un peu plus loin dans le rayon. Elles me faisaient penser à Vesper et les avoir avec moi, me faisait parfois penser que j’aurai aimé qu’il soit là pour savoir ce qu’il pensait de notre fils. Je n’avais rien forcé auprès de lui, attendant secrètement qu’il le choisisse parmi tant d’autres et c’est ce qu’il avait fait. Voir qu’il avait choisi la loutre pour compenser le stress de mon absence avait quelque chose d’assez comique quand on y pensait, à croire qu’Isaac était capable de sonder mon âme. Tout en descendant les escaliers, j’avais lancé une de ces conversations qui n’avait aucun secret uniquement pour nous deux.

— Alors Isaac, on va faire quoi aujourd’hui ? On va aller au par cet on va chercher les œufs. Les œufs que le lapin a cachés. LA-PIN. Le La-pin de Pacques.

Pour toute réponse, il avait gazouillé quelques sons, comme pour approuver ce que je venais de dire ou tenter de répéter ce que je lui disais. Il était important de préciser plusieurs fois les mots pour faire son vocabulaire. J’ignorais si cela portait ses fruits mais il avait l’air plutôt ravi. En arrivant dans sa poussette, il avait pointé d’un doigt impétueux son papillon en peluche posé sur le meuble de l’entré avec un “DA” bien senti. Je lui avais tendu et après récupéré mon sac, nous nous étions mis en route en direction du parc de Storybrooke où avait lieu les festivités.

Un discours devait lancer l’évènement et lorsque j’avais vu les grandes tables rondes où un peu moins d’une dizaine de personnes pouvaient s’asseoir, je m’étais dirigée vers l’une d’elle, assz éloignée de l’estrade, sur un côté. Tout en saluant les personnes déjà là, j’avais “garé” la poussette à côté d’une des chaises et j’avais récupérer Isaac pour le prendre dans mes bras. Le moment du discours était celui que je craignais le plus. Depuis Noël, les choses étaient un peu différentes entre Erwin et moi... pas de son fait... Plus du mien, j’en avais parfaitement conscience. Je tentais de me préserver de la douleur que son annonce avait provoquée en moi de toutes les manières possibles et inimaginables. Je n’avais pas eu envie de mettre fin à la relation, ce qui était sans doute ola plus grande des erreurs quand on cherchait à se détacher de quelqu’un. Pourtant, j’avais la stupidité de croire que si je témoignais moins mon amour, je finirai par moins en ressentir et je serai moins rongé par celui-ci. C’était débile, c’était loin de remporter un franc succès, mais c’était tout ce que j’avais. Alors j’avais moins attendu après lui, nous nous étions moins vus car je poussais moins les rencontres. Nos conversations étaient plus brèves, plus douces aussi et plus gênées. Notre libido avait été largement revue à la baisse et les “écarts” de nos premières retrouvailles post-grossesse n’étaient plus qu’un souvenir lointain. Ce n’était pas que je n’avais pas envie de lui... c’était juste que je n’avais pas envie de le faire avec lui. Sentir sa peau brûlante contre la mienne, son odeur sur mon corps des heures durant après nos ébats, le sentir me pénétrer au plus profond de mon être, tout cela m’ébranlait bien trop pour que je puisse avoir envie de ces moments. Nous étions plus sages... sans doute plus chiants aussi... mais il semblait s’en contenter pour le moment, me laissant le temps que je lui avais demandé. Mais ce discours... c’était un enfer sur terre.

J’avais échappé à tous les cérémonies jusqu’à présent. Je m’étais épargné le spectacle de le voir radieux et auprès de sa femme qui le soutenait tandis que je restais dans l’anonymat de la foule. Tout cela me rappelait bien trop ses paroles... pas les bons côtés cependant. Il y en avait pourtant, il ne s’était pas dit complètement insensible. Mais ma douleur et la mauvaise foi refusait de le voir pour le moment. Pourtant, aujourd’hui, c’était Pâques qui nous réunissaient. Ironiquement. La résurrection... Je le faisais pour mon fils et uniquement pour lui. Il avait le droit à ses premiers œufs. Il n’était qu’un enfant. Il n’avait pas à subir mes problèmes. Alors si ça m’obligeait à porter une robe blanche et fine à fleurs, un chapeau de paille sur la tête et à avoir mon cul coller sur une chaise à écouter son putain de discours... et bien j’allais le faire... pourquoi j’avais brusquement l’impression que je m’énervais toute seule ?

J’avais senti son regard glisser sur moi à plusieurs reprises en martelant son discours mais j’étais restée impassible. Ce ne devait être qu’un geste de rhétorique, afin de capter le regard des foules. Je tenais toujours Isaac contre moi, assis sur mes genoux, mes lèvres dans ses cheveux. Une fois le discours terminé, j’avais applaudi poliment comme le reste de l’assistance et face à la ferveur du moment, les lèvres de mon fils s’étaient fendues d’un grand sourire avant de taper plusieurs fois dans ses petites mains d’un air désordonné, apparemment ravi de voir les grands jouer au même jeu que lui. Une fois le maire descendu de son piédestal, je m’étais relevée faisant retomber mon jupon sur mes cuisses. Je portais une robe blanche avec des motifs fleurs de toutes les couleurs sur mon jupon qui me tombait au-dessus du genou. Le haut était blanc, près du corps et formait un léger et joli décollette. Les manches étaient longues pour palier à la fraîcheur encore présente d’Avril tout en étant pourtant entièrement faites de dentelles. Portant toujours Isaac dans mes bras, je m’étais dirigée vers le jardin des plus petits, largement moins étendu pour trouver leurs œufs de Pâques. Dans la foule, mon regard avait croisé celui d’Erwin et voyant son insistance, je lui avais souris timidement en signe de salut avant de détourner le regard pour entrer dans le “jardin”.

— Mais qu’il est mignon ce petit bout !

J’avais fait volte-face tandis que Julia Davenport se plantait devant moi pour observer Isaac. Il arrivait que nous nous croisions dans le quartier et elle ne cessait de vouloir voir mon fils de plus prêt. Je commençais à m’y habituer : toutes les personnes qui le croisaient n’avaient que des éloges à faire sur sa beauté. C’était très perturbant de voir autant de personnes s’extasier aussi simplement sur son enfant, surtout quand on les connaissait peu. On avait l’impression qu’il appartenait brusquement à tout le monde, qu’il était devenu un jouet, un objet mignon. Je l’avais pourtant remercié poliment tandis que d’autres sur notre chemin s’arrêtait pour l’observer. J’étais la “maman célibataire” du Quartier Nord. Et dans un tel quartier huppé où vivaient des anciens de la royauté et des personnes que la malédiction avait mariés à peine la majorité atteinte, on pouvait dire que j’étais une véritable attraction. Pourtant, je commençais à m’en fiche, à déambuler parmi eux sans penser à leurs regards pesant sur moi. L’insouciance d’Isaac le faisait pour lui, j’avais donc pris exemple sur mon fils.

— Ooooh regarde mon cœur comme il est joli celui-ci ! Qu’est-ce que c’est ? Un oeuf !

Je m’étais penchée en avant pour récupérer l’objet en bois coloré dans un buisson. Le tendant à Isaac, il l’avait pris dans ses mains mais je sentais que celles-ci n’étaient pas encore assez puissantes pour tenir un tel poids tout seul. L’aidant, je vis ses yeux dorés couler sur la “coquille” de l’œuf, tétant lentement sa tétine. Je l’avais alors posé au sol, lui redonnant l’œuf pour que ce soit plus facile pour lui de le tenir tandis que des mamans m’avaient rejoint pour discuter. Je les connaissais. Nos enfants allaient à la même crèche et très vites, leur progéniture rejoignit un Isaac qui se fichait pourtant éperdument d’eux. C’était étrange. Je l’avais déjà remarqué quand je le déposais ou venais le chercher. Il semblait avoir un magnétisme, un charisme qui poussait les autres enfants à aller vers lui. Mais de son côté, mon fils semblait plutôt angoissé à l’idée d’être si entouré, préférant jouer seul dans son coin avec un objet. Il les observait d’ailleurs en cet instant de ses grands yeux tristes tout en tenant de toutes ses forces son œuf. Il n’avait fallu qu’une seule seconde d’attention pour que le “drame” se produise. Le bruit que le geste avait fait nous avait fait toutes tourner la tête. Il était évident que le petit Louis venait de gifler Isaac avec sa puissance nouvelle. J’avais beau savoir qu’à cet âge, les enfants étaient maladroits et dotés de gestes puissants qui les rendaient presque violant malgré eux, le coup m’avait pourtant coupé les pattes. Instantanément, la mère de Louis s’était jetée sur son fils pour lui expliquer qu’on ne devait pas faire cela avant de se confondre en excuse auprès de moi. J’avais beau lui répéter que cela n’était rien, une partie de moi en voulait terriblement à Louis. Mon fils n’avait pas à se laisser maltraiter. Pourtant, il n’avait pas pleuré. Il avait encaissé le coup sans broncher et m’avait laissé l’examiner avant de reprendre sa nouvelle occupation : mettre l’œuf dans sa bouche maintenant qu’il avait expulsé sa tétine.

Le plus sidérant apparu pourtant quelques secondes après. L’incident de la gifle était pourtant déjà bien loin des préoccupations d’enfants et le petit Louis, qui était un peu plus âgé et marchait donc seul, avançait aussi vite qu’il le pouvait de sa démarche mal assurée. Il avait fini par trébucher. Enfin... ça c’est ce que sa mère avait vu. La mère d’Isaac en revanche, l’avait clairement vu déplacer l’une de ses petites jambes pour lui faire un croche-patte, sans même le regarder. C’était sans doute ce qui l’avait innocenté aux yeux de l’autre maman. Ebahit de ce qu’Isaac été parvenu à faire alors que son anatomie ne lui permettait même pas encore de marcher, je m’étais demandé un cours instant si ce n’avait pas été qu’un hasard. C'était tout de même improbable. Il avait 7 mois. Il était beaucoup trop petit pour manigancer un truc pareil... pas vrai ? Alors pourquoi quand Louis s’était mis à pleurer, il avait levé ses yeux dorés vers moi avec son sourire de coquin tout en mâchonnant son œuf ?! Avant même que je pu plus investiguer sur le sujet, une odeur familière avait empli mes narines. Ma gorge s’était nouée instantanément, ma mâchoire s’était serrée malgré elle tandis que Darlène et les autres saluaient déjà le maire avec un grand enthousiasme. Me relevant pour lui faire face, je lui avais souris à mon tour en précisant :

— Bonjour. Mes félicitations pour cet évènement.

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« If the crown should fit, then how can I refuse? »

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________________________________________ 2022-08-05, 21:16 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




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Pâques. Le renouveau. La Renaissance. Il déambulait parmi les invités, une joie dorée accrochée à son sourire, serrant les mains qui se présentaient à lui. Il gratifiait leurs propriétaires d’un mot, parfois d’une phrase agréable puis s’attardait parmi chaque groupe, leur offrant son Temps, obtenant ainsi leur dévotion. Le Soleil qui se déversait dans le grand parc municipal parachevait le tableau idyllique d’une journée mémorable dédiée à ses concitoyens. Pour ce jour de fête, il s’était affublé en couleurs printanières, optant pour un splendide ensemble de style victorien d’un lin presque jaune, assorti d’une canne d’ornement qui parachevait le tout. L’ensemble lui allait à ravir, comme toute chose et il se faisait une joie de fendre la foule, ainsi vêtu attirant toutes les convoitises. Les badauds se pressaient à sa rencontre, pour le remercier de ce qu’il faisait pour eux et il en tirait une gloire toute sournoise, songeant à ce qu’il leur extorquait dans le même trait de Temps. Il s’attirait leur sympathie et récupérait leur or. Une bien belle collecte. Cela ne serait que la deuxième fois.
Sa main droite ourlée de plusieurs bagues rutilantes en délivra une autre, tandis qu’il reprenait sa route, l’odeur verdoyante de l’herbe gorgée de rosée dans les narines. Un peu plus loin, une bande de bambins courts sur patte et braillards s’élançaient vers le grand saule pleureur. Le premier brandissait de toutes ses forces un œuf, comme l’athlète eut brandi la torche des Jeux Olympiques. Risible. En les suivant de ses yeux méprisants, Preminger en vint à souhaiter que l’un de ses suiveurs n’en viennent à le lui arracher des mains. Ou qu’une ronce mal agencée ne s’entrelace autour de l’un de ses pieds. Il se détourna, chassant vivement de son visage la malice cruelle qui était venue s’y inscrire, pour mieux se composer une humeur égale et aborder les invités qui se trouvaient non loin de là.
En l’occurrence, le hasard ou l’amour du commérage avait réuni les deux femmes qui se tenaient non loin de lui, et qui, chose suffisamment rare pour le souligner, étaient bien trop concentrées dans leurs médisances pour noter sa flamboyeuse approche, en parallèle de leurs champs de vision.

« Madame Underson ! Miss Pardle ! Quel charmant plaisir de vous voir ici. » chantonna-t-il

Toutes deux avaient sursauté, pour mieux se tourner vers lui, lui offrant dans le même trait de Temps un sourire avare pour la première et minaudant pour la seconde, toute engoncée sous une coiffe à plumes pour le moins curieuse.

« Miss Pardle, j’admire l’audace de votre coiffe ! Et quelle mine splendide vous avez là » ajouta-t-il
Il baissait la tête, en signe d’un respect qu’il n’éprouvait guère et déjà la vieille rombière avait tôt fait de glousser en lui présentant sa main replète, réajustant de l’autre le chapeau de velours bleue marine qui ornait ses cheveux.
« Monsieur le Maaaiiiire est trop aimable. Je vieillis, hélas. Comme nous tous. »
« Vraiment ? » il leva un sourcil, faussement circonspect, accentuant le trait pour noter l’ironie « le Temps épargne alors ceux bénis de Beauté. »

Il allait de soit qu’il ne parlait guère d’elle mais de Lui. Mais la phrase était tournée de sorte qu’elle ne puisse le percevoir, ce qui renforçait le plaisir tiré de son propre compliment.

« Il m’est d’avis qu’il devrait surtout épargner ceux dont l’éthique irréprochable ne déraille jamais » rétorqua Miss Uderson en pinçant d’un air irrité ses lèvres rouges, s’attirant un hoquet outré de son amie « Je ne parlais pas pour vous, Mildred ! »

Mais de ceux qu’elle visait, elle n’en dit mot. Preminger savait seulement qu’il n’était guère concerné par ces critiques acerbes, la loyauté des Uderson lui étant entièrement acquise. Pour l’image erroné qu’il savait aisément projeter.
Il goûta un peu à leur discussion mêlée de mièvrerie et d’acidité puis finit par en prendre congés, sachant leur regards portés encore sur sa personne, jaugeant sûrement les personnes qu’il accosterait par la suite.
Il chercha Alexis dans la foule dispersée et la trouva sans peine se dirigeant vers l’espace du jardin qui avait été pensé et dédié aux plus jeunes enfants. Une praticité que d’avoir découpé le jardin ainsi. Il n’avait que peu à faire pour la localise...même si l’agencement n’avait pas été voulu pour cela.
Le vent léger faisait voler la voile légère de la robe blanche de la jeune femme, agitant ses manches longues et ballottant les fleurs dessinées de son jupon comme sur les peintures champêtres. A son époque, ceci aurait pu être peint, sa silhouette gracile et fraîche s’accordant à merveille avec la fleuraison des bosquets du grand jardin.
Elle ressentit visiblement sa présence ou peut-être inconsciemment ses sens en alerte de sa magnétique aura s’éveillèrent ne lui en déplaise, puisqu’elle pivota la tête vers l’endroit où il se trouvait, prenant un instant pour croiser son regard avant de lui adresser un sourire timide. Ce fut tout.
Et cela était suffisant pour l’instant. Preminger se trouvait déjà bien satisfait de l’y trouver, elle qui avait délaissé la plupart des événements mondains où il se trouvait ces derniers Temps. N’était-ce pas le signe d’un éminent progrès ? Il l’espérait en tout cas. Il n’aurait guère la patience de lui offrir du Temps trop longtemps encore. Aussi miséricordieux qu’il pouvait être face à sa souffrance et la sorte de relation paisible qu’ils entretenaient depuis cette discussion… Toute ceci l’ennuyait au plus haut point. Et si l’ennui d’ordinaire n’avait que de cesse de le pousser vers la nouveauté, celui-ci le poussait davantage à reprendre la place et la relation qu’ils entretenaient avant…
Il détourna le regard, s’arrêtant pour goûter, comme l’encourageait le serveur à un « excellent hors d’oeuvre » fait d’avocats et de saumon qui se révéla aussi délicieux que les promesses faites. Parce qu’il avait bien évidement validé menus et collations avant toute commandes. Il s’y attarda un instant, vantant ses propres mérites sous couvert de louanges au menu, incitant tout à chacun s’y trouvant à proximité à tenter l’expérience, puis se retira tranquillement, prenant la direction du jardin du premier âge. La majorité des personnes s’y trouvant n’avaient pas encore été saluées personnellement par lui. A dessein. Cela justifierait si facilement son arrivée et l’engloberait tout naturellement d’une popularité splendide.
Aussi, s’avança-t-il d’un pas fort alerte dans l’herbe verte, ses chaussures de cuir crème la foulant à ses pieds. Plus, s’approchait-il des espaces dédiés aux enfants et plus leurs cris cristallins faisaient trembler ses tympans d’une impatience lassée. Fort heureusement qu’il n’allait voir que la petite enfance.
Une ambiance bien plus calme l’accueillit en effet. L’endroit se chargeait surtout de poussettes tractées ou des enfants portés à bout de bras par des parents concentrés mais exténués. Ils cherchaient les œufs, tâchant d’aider à l’éveil de leurs enfants ou s’attardaient un peu en groupe, discutant de leurs progénitures, l’oeil pétillant d’orgueil. Une agitation néanmoins s’élevait autour d’Alexis, nota-t-il, ou plutôt d’Isaac tout en s’avançant. Une triade d’enfants un peu plus âgés l’entouraient, sûrement en raison de l’oeuf qu’Alexis lui avait dégoté. Pourtant, il semblait y avoir eu… autre chose… A en juger par la manière dont Darlène Norrington s’adressait à la libraire. Avec panique et excuses. Tout comme sa main menottait celle de son fils, tel un étau incompressible. Il y avait du avoir un différend… Entre les deux femmes ? Non. Preminger n’y croyait pas. Alexis était spontanément sympathique à beaucoup de femmes et elle lui avait toujours parlé en bien de cette dernière. De son côté, Erwin ne classait pas la jeune mère comme une femme dont il fallait se méfier, particulièrement. Une habitante comme une autre dont le mari travaillait en banque et qu’il avait parfois au téléphone lorsqu’il s’agissait de procéder à quelques virements, rapidement. Rien d’illégal en tout cas. Le casting parfait d’honnêtes citoyens insignifiants. Alors… l’incident avait du viser les enfants. A la manière dont sa maîtresse jaugeait la joue de son fils, il fallait croire que ce dernier avait pu être la cible d’une ecchymose… Les enfants étaient si vils entre eux.
Il darda son regard sur le petit être grandissant, mordillant son œuf dans la plus grande des tranquillités. Et fut ainsi aux premières loges pour ce qui survint après… lorsque Darlène Norrington se décida à lâcher la main de son fils et que celui-ci entreprit de reprendre sa marche pour galoper plus loin… VLAN Son pied buta contre la cheville levée d’Isaac et il s’étala de tout son long et à grands cris contre l’herbe verte, ses petites mains battants le vide bien trop tard pour parvenir à le rattraper.
Ceci...n’était pas fortuit. La situation aurait échappé à n’importe quel œil inattentif ou innocent mais pas à ceux de Preminger. Il détectait la malice comme une seconde nature. Et cet acte en était la parfaite démonstration… Il le savait. L’âge présumait en faveur de l’innocence d’Isaac. Qu’avait-il après tout… Pas loin de huit mois, non ? Mais son sang vicié coulait dans ses veines, se mêlant à celui de sa mère. C’était assez pour l’en corrompre.
Déjà néanmoins, il les avait rejoint, se posant derrière la libraire accroupie, laissant les effluves délicieuses de son parfum les prévenir de sa proximité avant qu’il ne s’exclame, toutes dents dehors :

« Bien le bonjour Mesdames… Mais quelle charmante assemblée que voiciiii…Toute la jeunesse prometteuse de notre si belle cité regroupée. »

Quelle ironie… L’enfant récemment tombé pleurait à grosses gouttes dans le pantalon bleu marine de sa mère, occupée à le relever et vérifier son état tandis que les autres riaient inconsciemment ou se moquaient de leur camarade. Alexis, quant à elle, ne s’était pas encore relevée, toute agenouillée qu’elle était auprès de son enfant. Bien évidement, il se garda bien de le remarquer, en profitant pour saluer avec un entrain jovial cette assemblée dont l’attention était à présent toute légitimement dirigée sur lui. Lorsqu’il paraissait ainsi, il ressentait vivement l’attrait de son pouvoir, se sentant tel un Roi visitant sa Cour reconstituée, échangeant quelques banalités qui dites par lui, possédaient une valeur supplémentaire que chacun ici reconnaissait.
Enora avait fini par se relever, doucement, pour mieux lui faire face. Lui souriant comme si de rien n’était. Elle parvenait à donner le change aux yeux des autres, mais pas pour lui.

« Bonjour. Mes félicitations pour cet événement » avait-elle déclamé doucement.

Et pourtant, tout aussi rieuse que ses traits l’annonçaient, toute aussi paisible que sa voix la présentait, une contrariété s’y accrochait, dans le frémissement de son sourire. Il lui tendit, comme il venait de le faire à toutes autres, un sourire passablement identique et agréable. Seule une légère étincelle narquoise vint accentuer le doré de ses iris.

« Vous me voyez ravi qu’il vous plaise Miss Child » pépia-t-il joyeusement avant de plaquer sa main contre son coeur dramatiquement « Mais si c’est moi qui vous remercie… tous et toutes » répliqua-t-il en s’attardant néanmoins davantage sur son charmant visage avant de parcourir chacun de ceux qui lui souriaient « Si cet événement est un tel succès, n’est-ce pas grâce à vous tous ? C’est vous qui le faites vivre et je peux vous assurer que c’est un tel plaisir pour moi que de contempler tant de physionomies heureuses et prospères Il va s’en dire que l’initiative a toujours été de permettre à vos chers enfants de passer un excellent moment quelque soit leurs âges. La chasse se passe-t-elle bien et sans heurts ? Malgré le bas âge ?»

Son regard tomba à nouveau contre celui de sa maîtresse, le seul qu’il désirait heurter afin de l’interpeler par cette question muette. Puis descendit sur la marmaille qui croissait à ses pieds, visiblement impatients de jouer avec leurs parents.

« Dans la mesure du possible… Nous essayons de tempérer toute excès d’émotion violente, pas vrai Louis ? » lui répondit Darlène, tout en tournant un visage sévère auprès de son fils.

Entre temps, le fils Norrington s’était essuyé son visage trempé de larmes dans les habits de sa mère, tandis que cette dernière tâchait d’éponger ses genoux écorchés de sang par la chute, d’un mouchoir.

« Par le Ciel ! Cet enfant va-t-il bien ? » interrogea-t-il laissant ses lèvres mesquines s’arrondir d’un rond de stupeur, désignant du bout de sa canne le ventre du dénommé Louis, feignant de découvrir ses stigmates « Nous avons une pharmacie de fortune au besoin, non loin du kiosque, Madame Norrington ».
« Je vous remercie, Monsieur le Maire, mais j’ai tout ce qu’il faut sur moi. Louis a juste fait une mauvaise chute.. Je suis habituée. Laissez-lui cinq minutes et vous verrez comme il courra ! »
« Le lot des enfants trop tapageurs, sans nul doute » opina-t-il d’un air entendu « Prometteur comme un lapin de garenne, à la moisson alors... »

La courbe de sa bouche rieuse découvrit ses dents nacrées, acérées, sous son parallèle, avant qu’il ne rejette la tête en arrière pour céder à son rire roucoulant. Son « hilarité » passée, il balayant les têtes blondes à proximité du sol, notant que plusieurs étaient demeurées non loin d’Isaac, l’un prenait même appui sur l’une des manches de la poussette pour tenter de s’y balancer, tout en souriant au petit. Qui ne lui rendait aucune attention particulière. Comme figé dans son moment, il préférait de loin suçoter son œuf de bois. Comme mal à l’aise du regard que l’autre enfant tentait d’amener sur lui. Un fin filet de bave s’échappait de sa joue rebondie, tandis que ses paupières battaient.

– « En voilà qui un a un farouche appétit. » s’exclama- Preminger pourtant, sa voix aiguë se modulant en des notes joviales et amusées, en désignant son fils du menton, s’attirant les rires de l’assemblée, qui pivotèrent du même corps vers le petit être gazouillant dans sa poussette.

« Poor precious little thing ». Isaac avait cligné de ses yeux topaze sous l’attention commune, mordillant de plus belle l’oeuf contre lui, gazouillant des intonations désordonnées. Il n’aimait pas l’attention, remarqua son père avec une pointe d’amusement. Il n’était pas comme lui…
Qu’il profite pourtant, c’était chose rare que Preminger choisisse de dévier l’attention de lui-même. Encore plus pour le tourner vers lui. Une exception. Mais il avait eu besoin d’une diversion rapide et efficace, et le Maire devait reconnaître qu’un bébé attirait toujours les charmes et les faveurs attendries d’une foule. IL profita de ce détournement d’attention manigancé, pour avancer la tête vers la nuque blanche d’Alexis, pour susurrer :

« Je suis bien aise de te voir, trésor…. »
Puis se recula. L’instant d’après, c’était comme si rien n’était arrivé. Tel un mirage. Une voix soufflée par le vent et les anges. Il n’avait entreprit aucun geste à son encontre, le lieu était bien trop fréquenté pour qu’un œil curieux l’en surprenne. De même, la distance triste que la jeune femme imposait à son égard l’en empêchait. Il ne lui appartenait pas de provoquer le retour si aisément, bien qu’il pensait en avoir le pouvoir. La simple évocation de sa présence proche le pouvait, non ? Ils le savaient. Tout comme il devinait pertinemment pourquoi leur relation s’était distendue. Non pas un agacement quelconque à son encontre, non. Par un besoin douloureux de s’en émanciper. Elle pensait les plaies, encore, de son manque d’amour.
Et l’attente qu’il subissait « patiemment » lui faisait prendre note de l’ensemble des activités auxquelles ils manquaient ensemble. Il l’aurait bien conviée au kiosque un instant, profitant de la chasse de chacun qui les enverrait sur des sentiers différents. N’en fit rien.
Focalisa seulement son attention sur le bambin qui serrait le jouet de bois contre son coeur. L’image même de l’innocence et de l’intimidation même. Image mensongère. Il mentait. Du moins pour la première. Le croche-pied adressé au petit Norrington n’était pas une vue de l’esprit de l’ancien ministre. Non. Jamais son esprit ne l’aurait floué à ce point. La jambe s’était levée pour alpaguer la cheville du fils Norrington avec une vigueur calculée.
Et cela ne surprenait qu’à moitié celui qui l’avait engendré. Une partie de son sang bouillait en lui, édulcoré.
Son propre père autrefois ne racontait-il pas à qui voulait l’entendre que lui-même avait fortement frappé le visage d’un enfant avec une chaînette en faux argent, après le lui avoir férocement arraché du cou ? « C’est ce jour précis où j’ai su de quelle trempe était mon fils et l’avenir qui serait à sa portée ! Un Preminger ne s’excuse pas de vouloir, Erwin ne s’excuse même pas de prendre. » Mais Isaac n’était pas Lui. Ne le serait jamais, quand bien même il tâcherait de s’en approcher par son physique et sa ruse. Il n’était pas lui. Ce n’était pas une clameur portée dans le but de se rassurer mais une certitude. Il possédait sa vigueur vengeresse. Le sursaut d’orgueil qui refusait l’humiliation et le fléchissement. Il ne possédait pas l’ambition. La Vision de grandeur de lui-même, l’amour de l’Attention. A la différence d’Ursule qui portait plus que son essence mais se trouvait être lui. Non. Lui n’était qu’un copycat. Une pauvre imitation…
Reculé, il imita les sourires que sa réflexion avait déclenché, alors que Julia Davenport se tournait vers lui :

« Ils auront quand même tous, vraiment quelque chose à se mettre ; sous la dent à la distribution des prix, non ? Jack sera déçu sinon.» précisa-t-elle dans un faux murmure confidentiel, en se plaçant sur la pointe des pieds, sûrement persuadée qu’en s’élevant ainsi, son fils qui se cramponnait au siège d’Isaac n’y prêterait pas attention.
Erwin plaqua un index sur sa propre bouche, soupira :
« Aaaah, je suis tenu au secret, hélaaas. Mais… » il traîna le silence un bref instant puis rajouta, sur un ton plus fort « il me semble que l’organisateur est bienveillant et que tout est sinon bien pensé, sinon exécuté avec une volonté de bien faire. La collecte semble séduire »

Il leva le sourcil, ricanant. Tous l’approuvaient sans savoir…que les œufs ne seraient pas les seules choses recherchées ce jour. Ses équipes se tenaient prêtes. Ses ordres étaient clairs, limpides. Sans connaître son identité, tous suivaient ce chef mystérieux, la Tête de cette monstrueuse organisation qui croissait dans les bas-fonds de la ville et dans le reste de ses quartiers. La diversion officielle serait parfaite. La Diversion principale mieux, encore. Il devinait déjà les remarques de la shérif lorsque tout serait connu mais...qu’importait. Il avait veillé à ce que le futur plan de sécurité policière soit suffisamment prometteur pour que les regrets de demain n’en deviennent pas rages. Pour le reste, il fallait parfois savoir se faire croire candide et naïf pour obtenir ce que l’on voulait.
Par ailleurs… Il pensait réellement à ce qu’il avait susurré à Alexis. Il était ravi qu’elle se trouva ici. Sa seule présence en ces lieux l’éloignait des risques imprévus d’un nez-à-nez avec un cambrioleur. Bien qu’au demeurant, compte-tenu de sa force électrique défensive, ce dernier aurait mieux fait de se coincer les doigts dans une prise edf….
Néanmoins, aussi guerrière que cette dernière était capable d’être, ce risque de rencontre valait mieux être évité.
Preminger se demanda subitement si elle prévoyait, par ailleurs, de rester, au-delà du petit divertissement prévu pour les tout petits. Il en doutait… Et puisque la discussion se prêtait au sujet, il y rentra avec aisance lorsque Olivia Tomson précisa :
« D’abord les enfants, puis les plus grands ensuite. Une part pour nous !»
« Exactement ! » s’empressa-t-il d’approuver chaleureusement « Cette dernière sera plus corsée, mais la récompense dépasse le savoureux. Vous resterez tous pour la Grande Chasse, j’espère ? »

Il ne tourna pas son regard vers elle, directement. Son interrogation s’adressait officiellement à tous. Même s’il finit par diriger ses yeux vers les siens, titulaire de l’information qu’elle ignorait. Les cambriolages allaient bientôt se mettre en route. A l’ouverture de la Grande Chasse symboliquement. La Collecte inonderait toute Storybrooke. Sa Collecte.
Il n’avait pas besoin de la regarder directement pour la voir. Pour sonder sa gêne, invisible aux yeux des mères, épouses et amantes, mais révélée aussi vivement que le soleil perçant dans un ciel sans nuages pour l’atténuer. Gêne puisqu’il la visait particulièrement, au-delà de tout discours collectif et elle le savait. Autant que sa gêne, il devina son hésitation. Elle n’avait pas prévu de s’attarder. Ce constat l’agaça, nourrissant dans son être une pointe aiguë d’irritation. Et d’ailleurs, elle ne tarda pas à le formuler, subitement, après un temps de silence, lorsque vint son tour :

« Isaac n’est pas un peu trop petit pour ce genre de chasse ? Si vous dites qu’elle est plus corsée, j’ai peur qu’il ne suive pas le rythme... »

Elle cherchait à se justifier. Mettant en avant la jeunesse évidente de son fils… « Il ne tient même pas encore debout ! Penses-tu qu’il ne tiendraa pas le rythme … Va. Va donc, si tu le souhaites... » songeât-il subitement à lui répondre agressivement, de dépit, sa bouche charnue à peine moins souriante en apparence. Seule sa main, contre le manche sculptée de sa canne, se crispa, caressant d’un doigt patient la courbe du bec de l’animal. Néanmoins, son esprit demeurait éveillé à ses paroles et un rictus vengeur crispa sa bouche, la tordant, presque imperceptiblement. Quels propos si dangereux… Son envie de fuite ne revenait-elle à mettre en cause l’entièreté de sa proposition ? Jusqu’à la pertinence de la présence de toutes ces familles et leurs progénitures à cette chasse...
Il aurait pu désamorcer à l’instant cette remarque. Rétablir la vérité. Il en avait la hardiesse, les arguments et les moyens. Mais n’en fit rien. Se laissa en « position de faiblesse » bien au contraire, laissa se propager le doute chez ses compagnes de pouponnerie, sans intervenir, aussement coincé, jusqu’à ce qu’elle le remarque. « A l’animal aux abois, présente ta gorge, elle filera vers toi et ne verra pas le piège. »
Et elle le remarqua. Il le put voir dans son regard… Comme un éclat de crainte de compromettre sa cérémonie.
Si bien qu’elle ajouta :

« Remarquez… Il a sa poussette et si la récompense est aussi délicieuse que vous le dîtes, il y a de quoi être tentée... »
« Formidable, Miss Child » se pressa-t-il à rétorquer « Je suis ravi de vous compter, finalement, parmi les volontaires. Vous m’aviez mis un doute, je l’avoue, sur le côté pratique de la chose pour vos situations... Bien évidement..je conçois que l’aventure soit plus ardue avec enfants de bas âge… Le jeu est moins intuitif pour eux… Faisable mais… »
« Plus difficile lorsqu’il s’agit d’un si petit... » commenta Olivia Tomson
« Enfin, ils marchent tout de même, tous… » répliqua-t-il « Enfin... »
« Sauf Isaac... » répliqua Darlène
« Oui. Mais oh ! Je...serais désappointé si l’une d’entre vous n’osez pas s’y risquer à cause de la trop grande jeunesse de l’un de ses enfants.... Qu’à cela ne tienne ! Je vous aiderai, Miss Child. Après tout, ce n’est que rétablir une certaine forme d’égalité... »

Il l’avait dit dans un sourire, saluant en interne son double-sens. Pour toutes celles qui se félicitaient de son geste et qui erreraient bientôt en compagnie de leurs enfants et leurs conjoints. Sans y voir autre chose qu’un geste désintéressé.
Alexis l’observa, elle, surprise, un instant encore avant de hausser les épaules :
« Si vous le dites… Je vous remercie de votre aide alors »..

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« If the crown should fit, then how can I refuse? »

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________________________________________ 2022-08-05, 21:17 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




Le lien



Et l’avait suivi, Isaac dans sa poussette finalement, alors que la Grande Chasse s’ouvrait.
Il avait obtenu ce qu’il souhaitait. La Chasse débutait. La Collecte aussi et la récolte serait bonne….
Ils pénètrent dans cette partie du parc établi et mis en scène aux rythmes des cloches et des décors tant printanières qu’élégantes. Le pastel était de mise et quelques tables se trouvaient dressées non loin de là, proposant collations et boissons à ceux que le courage délaissait.
Ils avaient marché dans ce parc, éloignés, silencieux. Faisant, peut-être jusqu’à mine de chercher les œufs. Le silence entre eux, s’expliquait par la distance qu’ils feignaient. De purs acolytes jouant ensemble sans affinité particulière, de prime abord. Rien d’autre. Sans encore moins...une affinité telle poussant jusqu’à l’enfant se trouvant dans cette poussette. Cette posture ne différait en rien de l’attitude qu’ils adoptaient tous deux lorsqu’ils se trouvaient en grande société. Ordinairement et aujourd'hui comme toujours, l’ancien ministre en raffolait. Il en tirait un sentiment de pouvoir particulier que de rouer autrui à leur vues.
Pourtant… il ignorait si la jeune femme partageait ce même sentiment de mesquinerie. Et cela venait ternir tout de même, la légèreté de ce moment d’habituelle complicité.
Il sentait à l’attitude, l’ombre de l’habituel silence surplomber celui qui s’appliquait de force à leurs affaires. Stagnant comme un spectre silencieux. L’éloignant de lui, alors qu’il ne voulait que sa proximité. Physique mais surtout mentale.
Ce fut elle qui le brisa, cependant, alors que sa tête se trouvait détournée de la sienne, invisible à ses yeux impudiques :

«  C’était une forme d’égalité dans la parentalité que tu voulais dire ou je ne m’abuse ? Je ne vois pas quelle autre type d’égalité, sinon ».

Flottait dans ses mots, une piqûre, fine presque indolore, quant à sa situation particulière et la place qu’il lui réservait habituelle et il lui servit la réponse la plus claire et la plus curieuse à la fois, tout en soulevant de sa canne, les feuilles d’une fougère :

« Oui. Même si les esprits les plus simples y verront une simple égalité numérique ».

Un sourire conspirateur apparut sur son beau visage, mais il ne tourna pas la tête vers elle. S’interrogeant, néanmoins, sur la manière dont elle envisagerait cette remarque. Jusqu’à songer qu’il puisse vouloir lui offrir une occasion unique qui dépassait son ordinaire manque d’investissement ? Ou seulement une manière de narguer les autres d’un savoir qu’ils ignoraient ? Ou un savant mélange de ces deux hypothèses qu’elle garderait pour elle ?
Déjà il demandait, préférant changer de sujet, pour mieux chasser l’éventuel malaise que cette discusson pouvait créer :
« Pour son premier Pâques, Isaac passe-t-il une excellente journée ? »

Il n’était pas commun pour le ministre de s’enquérir de ce dernier. La plupart du Temps, il écoutait seulement ce qu’Alexis voulait bien lui confier. Aujourd'hui… Il l’avait pourtant mis en jeu… C’était intéressé certes. Tant pour que sa mère s’en aperçoive que curieux du geste qu’il avait surpris.

« Et bien demande-lui, n’oublie pas d’appeler le photographe, ça te fera une jolie photo pour le journal ».

Il inspira, subitement. Surpris de sa brusque acidité. Puis se mis à rire, d’un rire aérien, voluptueux, tel un éclatement de notes de musiques travaillées. Il ne lui en voulait pas et son rire ne témoignait pas non plus d’un éventuel mépris à son égard. Non. Elle avait raison. Il aurait totalement pu faire cela. Si l’enfant avait su articuler un mot, il aurait même pu la prendre au mot. En cela, elle le connaissait bien. Seule la vivacité avait laquelle son acidité s’était déployée l’avait soufflé. Il connaissait peu cette partie d’elle. Du moins… pas à son égard. Encore moins sur ce sujet. Elle s’était toujours tue, menottant son amertume..puis avait ouvert subitement les digues, sans crier gare. Peut-être, l’analysa-t-elle aussi, ainsi, puisqu’elle exhala soudain :

« Pardon. Je suis injuste. »

Elle ne s’excusait pas de le penser. Uniquement de lui reprocher. Ce qui possédait un sens tout à fait différent. Tout comme, il ne s’offusquait pas qu’elle puisse s’en plaindre, tout comme il ne s’excusait pas de le faire non plus. Triste circuit…. Aussi, inclina-t-il la tête vers la gauche, remontant son épaule par la même occasion, pour lui signifier que ce n’était pas grave. Elle n’avait aucune raison de s’en vouloir pour ça.
Elle inspira néanmoins, une fois supplémentaire avant de dire d’un ton qu’elle espérait plus calme et détaché :

« Je Je pense qu'il passe une bonne journée oui... il a pas l'air mécontent en tout cas... Je ne suis pas sûre qu'il capte vraiment tout ce qu'il se passe mais il a un nouveau jouet à mettre dans la bouche et a taper entre ses mains, ça a l'air de le satisfaire…"
Elle s’arrêta pour mieux tourner la poussette dans sa direction à lui, pour lui permettre d’observer l’enfant, penchant également son buste par dessus la petite capote. Une incitation à l’observer. Directement. Il y avait foule, là où ils se promenaient encore, tant qu’ils n’attendraient pas le saule pleureur non loin du bosquet d’hortensias bleues et il lui sembla même apercevoir Miss Pardle les jauger d’une mine mécontente. Pourtant, il ne recula pas, ni ne le reprocha pas. Pourquoi diantre ?
Le geste n’était en rien curieux et il se permis, même, d’avancer, comme toute la situation l’exigeait même au regard de la bienséance, pour observer l’enfant de plus près. Qui se serait contenté d’observer cet enfant à distance, alors que les environs pouvaient décemment noter qu’ils parlaient de ce dernier ? Cette attitude, là, aurait été davantage curieuse. Tout juste supposaient-ils qu’ils devisaient ensemble à son sujet de manière anodine…
L’enfant leva ses yeux ocre vers lui, ses pieds encore un peu repliés en tailleur. L’oeuf de bois se trouvait encore tant dans sa bouche qu’entre mes mains… une succulence visiblement, puisqu’il ne cessa pas son activité, lorsqu’il croisa son même regard doré.
« Hum oui… Ce doit être un peu… curieux à son âge. Et toute cette masse d’enfants criards, aux alentours. Au moins, s’amuse-t-il avec peu de choses… » commenta-t-il, les paupières abaissées en direction du petit

Alexis avait acquiescé lorsqu’il avait évoqué la situation pour le moins étrange que cela pouvait constituer pour l’enfant. Elle précisa néanmoins :
"Oui, c'est vrai... mais j'ai l'impression qu'il ne s'en formalise pas... il a l'air de se créer son calme généralement. Et... apparemment il sait se défendre aussi..."
Ainsi, l’avait-elle vu aussi. Ce croc-en-jambe exercé à l’attention du fils Norrington. Et en avait déduit la même chose.
« Il a l’air d’avoir d’excellents réflexes oui… »
Il senti son regard droit sur lui, alors que les siens s’étaient déposés sur l’enfant et ses jambes, à présent, sagement repliées. Releva la tête vers elle, croisant son regard bleu et concentré, qui tâchait de lire en lui, verbalisant par la pensée une phrase qu’elle ne verbalisa pas. Mais qui flottait pourtant dans l’air. « Tu l’as vu toi aussi ? C’est fou, non ? » criaient ses yeux. Il hocha la tête, et elle abaissa la sienne pour contempler l’oeuf que le petit pressait contre lui, comme un trésor incarné.
« On est censé trouver le même type d’oeuf ? Ou y en a un de Fabergé au bout du chemin ? »
Un sourire plus complice était venu teinté la fin de l’interrogation de la jeune femme, tandis qu’elle faisait référence à l’ostentatoire qu’il aimait tant, taquine, alors qu’il reprenait la route, tournant le long du bosquet vers les arbres plus solitaires du parc municipal. Une bribe de ce qu’elle était, surgissait : vive, taquine.
Et il se mis à rire, spontanément à son entente, avant de la considérer, d’un air attendri :

- « Fabergé ? Trésor, s’il y en avait un...l’aurai-je mis en jeu ? »demanda-t-il d’un ton entendu avant de préciser « Mais sur l’inspiration peut-être… qui sait ? »

Il ne précisa rien de plus. Mais il était d’une évidence qu’un œuf si précieux n’aurait jamais été mis en jeu s’il n’avait su d’avance, remporter cette compétition directement ou de manière indirecte.
Comme suivant le même cheminement, Alexis avait eu un rire, aussi. Inespéré, tandis qu’elle admettait :

« Non... sûrement pas... même sur l'inspiration. A l'extrême limite tu aurais pu en faire une copie et garder le bon mais à moins d'être sûr de le gagner toi, je pense pas que tu aurais été si généreux... »

Il la toisa, en silence, le long de son monologue. C’était vrai. C’était lui. Et songeant ainsi, elle démontrait le connaître avec une grande facilité. Il aimait cela. Une sorte de vague de reconnaissance altière allait vers elle. Elle le connaissait bien. Son intelligence l’avait fait le comprendre si facilement, leur intimité complète avait fait le reste.

Elle poursuivit :

J'espère au moins qu'il y a du vrai chocolat à se mettre sous la dent... autant Isaac se contente du bois, autant moi... » La courbe de ses lèvres s’accentua, teintée toutefois d’une gêne, alors que ses yeux croisaient les siens pour la première fois, directement. Sa gourmandise avait repris le dessus, visiblement…
« C’est assez bien raisonné, je l’admets » énonça-t-il avec une fierté qui ternit pourtant le sourire de sa maîtresse, quand bien même celui-ci resta joliment accroché à son visage. « Si cela peut permettre de te rassurer. Il y a forcément du bon chocolat à se mettre sous la dent. Il suffit de le trouver… »
« Compte sur moi pour le trouver alors... »

Il avait désigné l’endroit d’un geste vaste, sans pour autant prendre la peine de tourner la tête, elle lui avait répondu sans même suivre son geste. Leurs regards en revanche, ne s’étaient pas quittés. Ils jouaient, se retrouvaient, sans forcément la même tranquillité. Comme se redécouvrant.
Un silence flotta autour d’eux, alors que le contact oculaire se prolongeait. Puis, elle tourna la tête, son œil subitement attiré par quelque chose dans les buissons… Y allant, elle fouilla, s’accroupissant, son jupon blanc formant une corolle, avant de revenir avec un œuf de bois qu’elle lui montra, une gêne à nouveau accrochée à son sourire :

« Et de un, du coup... »

Il la laissa rejoindre la poussette et glisser l’oeuf dans le sachet accroché à celle-ci, qui avait été prévu par l’occasion.
Lorsqu’elle se retourna vers lui, pourtant, il lui trouva l’air grave et sérieux. Un voile s’était déposé à nouveau entre eux.

« Pourquoi est-ce qu’on fait ça, au juste ? » demanda-t-elle, « Isaac s’amusait très bien et je doute que tu l’ai fait pour lui… Tu as sans doute mieux à faire...ailleurs ».

Elle n’avait pas besoin de préciser OU il avait mieux à faire, l’intégralité de son ton et de son attitude le criait d’eux-même : sa femme et sa mondanité.
Il aurait pu s’arrêter dans son élan, ne pas la rejoindre, mais se figer droit dans l’herbe verte et fraîche.
Bien évidement. Elle avait raison, sur nombre de choses. A commencer par l’interrogation qui la poussait à se questionner sur sa présence.
Rien n’était anodin. Il avait beau ne pas avoir été « l’investigateur » de cette promenade, officiellement, elle savait qu’il n’en n’était rien. Tout au plus, se disait-elle qu’il avait, effectivement, sauté sur l’occasion qui s’était présenté à lui. Pourquoi ? Elle avait raison, il n’avait pas fait cela pour Isaac. Avait utilisé cet enfant et l’événement comme un prétexte… Pourquoi ?
Il s’arrêta à mi-hauteur de la libraire, baissant les yeux pour croiser les siens, penchant la tête, séduisant :
« A ton avis ? Pourquoi faisons-nous ça ? »

Sa voix ronronnait et pourtant ses yeux demeuraient vifs, accrus. Il voulait la faire admettre. La faire verbaliser.
Il avait promis de lui laisser le champ libre, la réflexion pour elle, depuis leur Discussion. Pourtant, il se glissait devant elle, étendant un degré de son influence. Elle savait pourquoi. Ce n’était même pas une question, n’est-ce pas ? Peut-être devait-il le voir comme un appel ?
Oui, il avait d’autres choses à faire. Des centaines. Mais rien ne lui avait pourtant paru plus satisfaisant que cette balade.
Outre les cambrioleurs. Et elle le savait. Ce n’était rien d’autre que de l’effroi. L’effroi qui la poussait à se figer, comme une biche prise dans les phares d’une voiture au fur et à mesure que leurs regards se prolongeait, se mêlant. Ne parvenant pas à s’y soustraire. Depuis quand était-elle devenue si craintive quant à la légimité de ce qu’il vivait, qu’elle semblait rejeter tout ce qu’ils vivaient ensemble, dans la simplicité pure ? La réponse n’était pas difficile, si ? Le silence qui se prolongeait semblait pourtant indiquer que si. Si cela l’était.
Et son attitude entière le prouvait. Elle demeurait mal à l’aise, comme craignant une embrouille… Si bien qu’elle papillonna des yeux pour rompre le contact visuel, pour se soustraire à son contrôle, avant d’articuler d’une voix faible et dépassée :

« Je ne sais pas… Je sais plus. Je… Si je te pose la question, c’est que… j’ai besoin d’une réponse, non ? »

Il sembla à Preminger que l’ampleur de Noêl n’avait de cesse de s’agrandir… Provoquant une pointe de colère en lui. Comment avait-elle pu en arriver là ? A ne plus savoir quoi penser ni faire ? Pourquoi tout ne s’était-il pas résolu ? Pourquoi nageaient-ils à contre-courant ?
Ses yeux croisèrent à nouveau les siens, flamboyants, dévoreurs et déglutissant, Enora opéra un pas en arrière :

« J'aurai pas du accepter. J'avais pas prévu de rester aussi longtemps... je devrai rentrer…"

Déjà elle prenait la fuite, se rapprochant de la poussette pour la prendre, s’y serait sûrement cramponné s’il n’avait pas réagi encore plus rapidement. Apposant sa main droite sur l’objet, se glissant prestement entre elle et le véhicule. Entre elle et la fuite. Entre elle et le danger. Non. Non, elle ne fuirait pas. Non, elle ne le planterait pas là, à la vue de tous. Non, elle ne s’échapperait pas. Non, elle ne lui échapperait pas. Il ne la laisserait pas regagner son domicile. Pas comme ça, pas ainsi, pas maintenant.
En miroir, de sa main gauche, sa canne était venue désigner, vivement un endroit dans la direction opposée, feignant de lui montrer quelque chose. L’art du théâtre. Ce qui le faisait garder le contrôle d’apparence, en toutes circonstances, dans un sourire de façade, une tranquillité d’apparence pour les curieux.
Pour mieux poursuivre d’une voix sourde et pressée :

« Ne pars pas. Tu dis toi-même qu’Isaac passait un excellent moment. Puisqu’en revanche, la gêne est occasionnée par MA présence, je peux prendre congés ».

Une foule d’émotions contradictoires évoluaient en lui. Vexation et arrogance. Il était vexé de sentir que sa présence l’importunait. Elle le fuyait. ENCORE. Comme depuis plus de deux mois. Comme si le simple fait d’être en sa présence la figeait dans la peur et le besoin de s’en extraire. Et cette attitude provoquait son énervement d’une manière plus que croissante. Il ne pouvait se contenter de ça ! C’était impossible. Pas avec ce qu’ils avaient vécu. Elle ne pouvait pas, en permanence, se permettre de l’éconduire de cette manière. Et pourtant une autre part de lui-même s’en glorifiait. Sous l’orgueilleuse certitude que la fuite qu’il provoquait n’était pas à son désavantage. Elle fuyait parce qu’elle l’aimait. Elle fuyait car elle avait peur de ses propres sentiments et la douleur que cela provoquait en elle, suite à leur discussion.
Qu’elle fasse donc. Qu’elle s’en aille de sa vue, si il valait mieux pour elle. Disait-elle. Car cela lui importait. Qu’elle demeure. Qu’elle demeure en ces lieux. A l’abri de sa propre escouade.

Elle avait un mouvement de stupeur en apercevant sa main se poser sur la poussette, ne s’attendant visiblement pas à son intervention. Puis s’était retournée pour regarder la direction qu’il pointait de la canne, pour se trouver côté à côté à lui. Avait-elle cru qu’il lui montrait réellement quelque chose ? Ou maligne, son discernement avait pris le dessus sur son émotion, Presque leurs épaules auraient pu se toucher. Il la sentait près de lui et son visage continuait de sourire. Son esprit attendait en revanche. Qu’elle lui fasse part de sa décision.
Il était près à accepter son retrait, exceptionnel. Mais une part de lui, de manipulation insidieuse, criait qu’elle ne le ferait pas.

« Non…. je ne veux pas spécialement que tu partes c'est... c'est ta journée aussi, je ne veux pas être…"

Elle s’arrêta net et il conserva tout son self-control pour s’empêcher de réagir. Bien évidement c’était sa journée. Comme tous les autres jours. Mais pourquoi diantre se sentait-elle obligée de le préciser ? Se sentait-elle redevable ? Pourquoi agissait-elle ainsi ? Jusqu’à presque nier le plaisir qu’elle pouvait éprouver à ses côtés ? Elle ne pouvait lui faire croire qu’elle n’en n’éprouvait pas. Elle l’aimait. Sa présence à ses côtés ne pouvait être une plaie. Seulement le rappel incessant de divergences qui l’avait fait souffrir. Mais il lui revenait de les affronter aujourd'hui, non ? Il avait beaucoup continuer de deviser, souriant pour les curieux éventuels, son atittude intérieure était loin d’être sereine et joyeuse. Il était pincé…

« Je ne pensais pas que... que tu voudrai faire ça, c'est tout... je pensais juste qu'on se verrait de loin... et toi qui ne réponds pas à ma question et qui me la retourne comme ça... c'est trop... dur."
« Je ne pensais pas que ça te serait si dur...d’envisager que je pouvais avoir envie de passer du temps avoir toi »
Peut-être l’avait-il dit, en partie, pour lui faire mal. Au-delà d’un simple plaisir cruel, seulement motivé par une volonté de lui faire prendre conscience de tout ce qu’elle remettait en cause, par ses mots et ses doutes. Ceci avait toujours été une évidence à ses yeux. Et n’avait-ce pas été le cas pour la jeune femme, également puisqu’elle l’avait même, lors de ce fameux jour, interrogé sur le « bon temps » qu’il aimait passer auprès d’elle. Pourquoi diantre, même ceci parvenait-il à être remis en cause ? Il avait bien vu que les choses étaient différentes mais…. A CE POINT, différentes ?
Elle baissa la tête, répétant d’une voix un peu brisée :
« Je suis désolée »
Et elle le pensait.
De quoi était-elle désolée ? De tout. D’être injuste. De douter. De ne pas donner plus. De ne pas comprendre plus. De toute cette situation qui leur échappait.
Et pourtant. S’en trouvait-il satisfait ? Non. Il sentait sa souffrance se matérialiser, créant une barrière inexorable entre eux. Il pouvait la briser pourtant… S’il outrepassait ses limites. Son attente. Il pouvait recréer son ascendant. La forcer à prendre conscience. La pousser dans ses retranchements. Et il le voulait. Lui faire payer cette attitude qui le piquait dans le vif ! Il avait fait un pas en avant, l’incitant à avancer, malgré tout. Donnant le change avec un sourire forcé, plaqué sur son visage. Pour l’extérieur. Les éventuels curieux, qui fort heureusement, ne voguaient loin d’eux.

C’est….le lien c’est ça ?

Ses yeux s’étaient embrumés de larmes Le lien… Elle n’avait toujours pas su le définir. Et le considérait toujours comme un mot curieux, visiblement. Le lien… Ce lien qui l’avait poussé à avoir une discussion des plus sinueuses avec Hera… Le lien… Mais un lien possédait deux bouts.
Preminger ne niait pas que toute cette suite d’événements était de sa faute. C’était lui qui avait allumé la première mèche, lorsqu’il l’avait poussée à répondre à cette question. Pourquoi diantre l’avait-il fait, si ce n’était pour tenter de la déstabiliser ? De récupérer, l’espace de quelques secondes des miettes de son ascendant ? Et il l’avait fait. C’était pour cela qu’elle avait battu retraite. Parce qu’il lui avait fait ressentir, un bref instant, l’étrange précipice qui la guettait toujours lorsqu’il s’agissait de Lui.
Mais il ne pouvait pas attendre. Plus attendre. Une part de lui, désirait vengeance. Désirait confirmer son « absolue certitude ». Qu’elle l’aimait toujours. Bien évidement. Elle souffrait seulement. Jusqu’à annihiler chaque rapprochement de peur de céder. Par trop de remises en questions… Par peur de son influence.
Et elle fut toute trouvée.
Il la sentait...prête à bondir, à fuir à nouveau. Leur proximité physique sûrement risquait de lui être sous peu insupportable. Si bien, que finement, il glissa sa canne, de biais, entre les brindilles et la fougère. Un mouvement indécelable, l’inclina en biais de manière insidieuse. Un piège inévitable. Une fin inexorable. Au coeur de ce qu’elle se refusait.
Déjà Enora bougeait, pour avancer vers l’endroit précédemment indiqué, pour reculer de son étreinte. Lui échapper.
Si elle savait.
Mais elle saurait.
Il fit mine de se détourner pour s’occuper de la poussette, n’impulsa qu’un infime mouvement, laissant la canne faire son insidieux travail.
Elle trébucha.
Son pieds se heurtant contre le morceau de bois imprévu, son corps s’inclinant en avant. Elle allait tomber. Glisser dans l’herbe traitresse qui couvrait sa robe immaculée de stigmates. L’instant de grâce avant la chute.
Il fallait aller très vite. Preste, déjà son bras gauche s’empressa d’agir, se lançant en avant, récupérant le haut de son buste pour stopper sa descente. La rattrapant au vol, à mi-chemin. De la chute physique.
Puis, il impulsa son retour arrière, tandis que sa main droite, malgré la canne, l’aidait à la faire pivoter vers lui, aux creux de ses bras. Au creux de ses griffes. Au coeur de l’abîme.
Cela ne pouvait paraître qu’une simple rescousse, néanmoins, il laissa traîner l’intimité qui se dégageait de ce contact et de la chaleur de leurs corps. Preminger ne pouvait dire qu’ils n’avaient pas eu de contacts intimes depuis leur discussion, il y en avait eu… Mais, ceux-ci avaient eu une saveur de triste retenue la concernant. Ici, il ressentait l’impact impromptu que le choc et la situation, causait sur les battements de son coeur.
Là, jouant de surprise, il avait pu recueillir le plaisir de la trouver démunie et sous sa coupe, selon ce qu’il en voyait. Et son étreinte possédait aussi la saveur d’une intimité chaleureuse.
La bouche de la jeune femme s’était ouverte sous la surprise, ses yeux eux-même criaient son étonnement, plaquée contre lui, son buste entre ses bras. Mais ses mains malgré tout ne le repoussaient pas. Bien au contraire, même, elles s’étaient retenues à lui, sur sa chemise, sous l’effet de la surprise et dans le mouvement. S’il se penchait, s’il l’embrassait, sa victoire serait totale. Et ils le savaient. Ils le savaient tous les deux. Il en était persuadé. Et une part de lui le voulait.
Ce fut le moment choisi pour lui, pour que sa bouche suave et dangereuse n’exhale doucement :

« Oui… C’est le lien. »

Sûrement en ressentait-elle toute force. Le double langage. C’était ça, aussi, Le lien. Ce qui la rattachait à elle n’était pas à sens unique. Elle le ressentait aussi. S’il avouait un lien qui le rapprochait d’elle, cela faisant il lui rappelait aussi l’existence du sien. De ce lien qui la liait, elle à lui, si férocement nouée, qu’elle ne parvenait à s’en défaire, à se défaire de lui. Et quand bien même l’aurait-elle cherché, elle ne voulait, ni ne pourrait lui échapper.
Leur échange visuel ne dura que peu de Temps, mais il leur paru davantage… Comme si une décennie s’écoulait entre eux. Une décennie d’évidence, Dans ses yeux se reflétaient la Vérité. Une Vérité gorgée de tristesse et d’un amour amoral que la passion rendait souffrance.
La tristesse ne gommait rien. Rien de l’amour qui flamboyait dans ses yeux lorsqu’il se portait à sa vue. Au contraire, il ne faisait que souligner d’un trait plus douloureux le tableau qu’elle lui destinait….
Après avoir dégluti, elle exhala de sa voix basse, toujours brisée :

« Arrête »…

Son corps eut un soubresaut, tentant de se relever. Trop fragile pour s’échapper de ses serres. Trop robuste néanmoins pour ne pas essayer. Mais c’était un aveu, quelqu’il soit. Un aveu de sa faiblesse face à son charisme. Sa réserve ployait sous son amour… En même temps, quelle évidence. Il avait mis le paquet et elle était rendue fragile… Par le moment, sa posture, la situation publique, Lui. Il la sonda un bref instant, les yeux intenses. Il aurait été aisé de ne pas accéder à sa requête. Bien que la situation soit particulièrement tendue aux yeux des autres, il aurait pu choisir de l’accentuer, à leurs risques et périls, pour la faire plonger avec lui, dans l’abysse permanent. Ses yeux dévoraient son attitude, se repaîtrant de la faille qu’elle laissait entrevoir. Il ne voulait pas arrêter. Il voulait plus... Se ressentait davantage que ces mois durant... Pourtant son visage opina à sa demande. Non pour consentir, mais pour la signification de sa demande. « Arrête ». Une preuve qu’elle sombrait et le savait. Une preuve que derrière la volte-face, la fuite, ce qu’elle tentait de maîtriser, de dompter, d’atténuer, demeurait là, encore. Palpitant. Si bien qu’un sourire très finement, se dessina sur ses lèvres pleines.
Il avait eu sa réponse. Son orgueil se trouvait assouvi. Et tempérait sa hargne patience.
Il recula alors, écartant les bras, la libérant de son emprise… sans, cependant, rompre le contact oculaire. L’ambroisie dont était fait ses pupilles courait chatoyant pour investir son regard et s’immiscer jusqu’à l’âme de la jeune femme. Il se détachait d’elle, la libérait. Mais son ampleur était partout. Intense. L’une de ses mains néanmoins glissa le long de son épaule, se déposant sur la main droite de la jeune femme. Il la pressa encore un bref instant, puis la lâcha totalement. Comme si rien ne s’était passé. Comme si rien n’était arrivé. Jusqu’à demander d’un ton badin :

« Et si nous allions vraiment voir ce que je montrais tout à l’heure ? Il convient de ne pas oublier notre quêeeete ! »

Il fit mine de ne pas voir son regard tomber sur la canne, dissimulant son sourire en inclinant la tête… Puis calqua sa réaction sur la sienne, d’un ton encore plus énergique. Tachant de dissiper ce qu’elle venait de vivre. Dissiper la chose ne parviendrait pas à la faire disparaître.

« Oui… Tu as raison… Allons-y … je … je récupère Isaac »

Cette fois, elle lui passa devant, pour reprendre la poussette qu’il avait fait mine de récupérer quelques minutes avant. Son regard dans son dos suivit ses mouvements, un sourire léger sur ses lèvres, notant la manière dont ses mains s’étaient refermées sur les poignées, à s’y rassurer...jusqu’à s’en blanchir les phalanges.
Ils cheminèrent un instant, en silence à nouveau. Preminger l’appréhendait néanmoins avec une légèreté nouvelle. Si bien que, chemin faisant, il désigna un arbre éloigné de la foule, d’un geste gracieux, proposant :

« Si nous regardions près de ce grand chêne ? »
« Ah ouais donc y a carrément plus de suspense, on va direct à la solution quoi.. »

Si le ton demeurait marmonné et gêné, une légèreté supplémentaire s’était ajoutée au tout, chassant toute trace de reproche. Sa tête pivota vers lui, lentement, lui offrant un doux sourire en coin.

–  « Une simple supposition… tu penses que mon instinct si bon que cela ? »
« je pense surtout que tu es à l'origine de tout ça et que donc il est beaucoup plus simple d'avoir un bon instinct dans ce genre de situation... »

Il s’apprêtait à répondre, Isaac grogna, subitement. Pour avoir déjà subit cette situation, Preminger devina que l’orage des larmes n’était pas loin. Alexis relâcha la poussette, pour mieux s’approcher de lui, guettant à la recherche de la raison de sa tristesse.

« Qu’est-ce qui se passe mon coeur » interrogea-t-elle.

Il ne lui répondit pas, évidement. Mais sûrement sembla-t-elle déceler de son attitude une bride d’informations, puisqu’elle contourna à nouveau la poussette pour fouiller dans le sac accroché aux manches, ressortant un petit biberon d’eau qu’elle s’empressa de lui donner. L’enfant posa ses mains sur le biberon mais ne le tenait pas encore tout seul, forçant sa mère a l’assister…
Erwin contempla un bref instant cette scène puis descendit le regard… Il aurait pu se dire que d’une certaine manière l’intervention de l’enfant retardait le départ de sa mère…. Mais, il retardait aussi l’arrivée jusqu’au chêne… Il pianota, légèrement sur le bord de sa veste, observant les environs jusqu’à remarquer un éclat de couleurs non loin de ses pieds… Était-ce ?
Il écarta l’herbe de sa canne et retourna l’objet de bois de cette même dernière, relevant la tête pour observer Isaac… Oui. Il s’agissait bien de son œuf. Mâchonné et encore humide. Il avait du lui échapper des mains et rouler jusqu’à ses pieds. Sous peu, il aurait pu l’écraser ou glisser par mégarde par sa faute…
Farfouillant dans sa poche, il trouva une serviette de papier, s’en servant pour ramasser l’œuf, qu’il désigna à Alexis :

 « j’ai trouvé ceci! Il a dû tomber et rouler vers moi. je le mets là, ici… » commenta-t-il en s’accroupissant devant la poussette 
Alexis releva la tête de son ouvrage, le biberon encore dans les mains :
« Super ! Merci beaucoup »

Il attendit pour le reste, patiemment, résistant à l’envie de continuer jusqu’à l’arbre pour tuer son impatience et son envie d’extérioriser son état d’esprit. Isaac finit cependant par terminer et sa maîtresse, une fois le biberon rangé, s’empressa de sortir son fils de la poussette :
« Viens là petit monsieur, on va découvrir ce qu'il y a près du chêne..."
« Oui, il serait dommage de le râter… S’il y a quelque chose, bien entendu » commenta-t-il.

Davantage à l’adresse d’Alexis qu’à l’enfant. Elle avait du lui mettre sa loutre auprès de lui, puisqu’il la serrait encore contre son coeur, pressant cette dernière entre lui, s’agitant bientôt, curieux des environs, tout en mastiquant férocement la tut-tut qu’elle lui avait mis en bouche.
Après un instant à observer les alentours, Alexis contourna le chêne jusqu’à trouver… l’oeuf. Preminger eut un pouffement à sa vue. Il ignorait si elle avait cru l’espace d’un instant à ce qu’il la conduirait jusqu’à la récompense ultime.
Mais il ne l’avait pas fait. Trop auraient crié au scandale. Certains se seraient posé des questions. Sauf à ce que sa découverte soit purement opportune. Là, il la guidait seulement vers une récompense bien plus acceptable mais non moins satisfaisante la connaissant. Et son cri d’exclamation lorsqu’elle se pencha pour récupérer sa trouvaille l’amusa :

« Oooooh regarde ce qu’on a trouvé, Isaac. Un œuf ! Un très gros œuf ! » elle babillait tout en se relevant l’oeuf et son fils dans ses mains. « Bravooo ! »

Ce dernier suivait la cadence approuvant chaque bravo en claquant des mains, tout guilleret, ce qui finit par faire éclater de rire de rire sa mère, la poussant à prolonger l’exercice. Preminger en revanche observa le manège de l’enfant un rire mi-consterné mi-amusé sur le visage… La réaction d’Alexis l’égayait en revanche. La jeune mère donnant libre court à sa spontanéité, toute passionnée et adoratrice qu’elle se trouvait être devant son enfant. Une jeune mère devant sa progéniture. Et ceci ne l’étonnait pas d’elle, non, aussi fougueuse et aimante elle était au quotidien. C’était elle, complètement ! Elle qui de sa main libre, pris la petite tête de son fils pour lui embrasser la tête. L’enfant ne lui accorda pourtant pas une miette d’attention, tout fasciné qu’il se trouvait subitement par le lumineux et réfléchissant papier doré qui enveloppait l’oeuf.
Alexis le notant, ne s’en offusqua pourtant pas.

« Tu es le meilleur des copilotes » lui glissa-t-elle à l’inverse « y a que le papier qui t’intéresse toi et le chocolat, tout pour moi »

Un rire ponctua ses propos tandis qu’elle lui picorait encore la joue. L’enfant ne déviant pas son attention du papier brillant. Cela causa en Preminger un sursaut d’orgueil. Qu’essayait-il de démontrer tout ce jour durant ? Qu’il lui ressemblait ? Aucunement. Non. Il ne serait jamais lui… Ses yeux topaze brûlèrent, bien qu’il s’empressa de déclarer d’un ton enjoué, gommant son air pincé :

« Hum… Voilà qu’il est fascinééé… Il m’est d’avis pourtant que tu fais un choix plus judicieux..et cela t’arrange.
« Oui je pense aussi mais il comprendra sa douleur plus tard… tous les bébés sont fascinés par ce qui brille”

Ce n’était que cela, effectivement, sûrement. Une coincidence. Une étape ordinaire de la vie… Une fascination qui n’avait pas la profondeur de la sienne. LUI connaissait la vraie valeur des choses, songeait-il avec arrogance. L’autre ne possédait qu’attrait pour la nouveauté. Ce n’était qu’une pâle copie… Une contrefaçon… Le mot revint à son esprit, nourrit d’un effet soudain.
Alexis entre-temps, remontant Isaac sur son épaule, précisant, désignant l’oeuf d’un mouvement de menton :
« Merci... il est vraiment énorme... vous avez été généreux…"
- Oh, je suis ravi que tu sois de cet avis. Nous avons mis les moyens afin d'espérer que chacun puisse s'avérer satisfait de cet événement... Tu peux y goûter, il est excellent

Il l’avait dit dans un sourire. Depuis son élection, tout aussi sournoise que pouvaient être les tromperies qui sévissaient dans les rues, il tâchait en parallèle de nourrir la satisfaction de ses concitoyens. Il était populaire et les événements organisés trouvaient fort peu de détracteurs.

- “J’en doute pas… tu as toujours très bon goût pour la nourriture…” Un blanc s’écoula avant qu’elle n’ajoute “Je goûterai ca chez moi… je vais pas tarder à y aller d’ailleurs. Tu as mieux à faire que de rester avec une maman célibataire”

Un sourire doux fleurissait sur ses lèvres, alors que ses épaules se haussaient, dans une fausse indifférence. Puis elle s’inclina pour replacer Isaac dans la poussette, une résignation émanant d’elle.
Ce n’était pas vrai, pourtant. Non. Ce n’était pas vrai. Et il le verbalisa sans détours, le regard planté vers elle :

« Ca reste à prouver... » avant d’ajouter «  Même si je comprends que tu doives partir... autant remonter par le lac, c'est ombragé et joliment décoré, une jolie balade de clôture? "

Tout autant qu’il ne fallait pas qu’elle remonta encore. Une bonne dizaine de minutes. C’était là tout ce dont il avait besoin. Pour que la zone soit pleinement sécurisée et qu’elle puisse entreprendre de rentrer chez elle sans risques. Il ne forçait même pas, adoptait simplement un itinéraire différent. Qui la ramenait certes vers la sortie mais en prenant un détour, sous couvert de flânerie. Dans le même temps… Pourquoi y verrait-elle le mal ? Il s’agissait seulement de longer un endroit encore non vu et particulièrement réhabilité pour l’occasion.
Elle sembla hésiter...Hochant la tête d’un air sobre.

« D’accord. »

Son approbation le perturba néanmoins tandis qu’ils reprenaient la marche. Elle… Son attitude semblait… curieuse. Elle s’était contenté d’approuver. Comme s’il ne lui avait pas fait le moindre compliment. Comme si la tempérance à son assertion à son égard n’avait pas causé le moindre effet. C’était impossible. Curieux… Cherchait-elle à ne pas réagir ? Ou croyait-elle que ceci ainsi que la chute se trouvait programmé dans une combinaison à grande échelle, vouée à la faire basculer dans ce qu’elle craignait ?
Puis, alors que contrairement à ce qu’elle avait affirmé, il l’avait vue grignoter un morceau de chocolat sur la route du retour, un doute s’était immiscé dans l’esprit du ministre… Qu’avait-elle compris au juste ? Pourquoi cette volte-face ? Pouvait-elle ne serait-ce qu’avoir songé qu’il… avait évoqué le chocolat ? Pourquoi diantre ? « Tu as toujours eu un très bon goût pour la nourriture »… « Cela reste à prouver... » Comment avait-elle pu décemment croire qu’il parlait de alimentation ? Bien évidement qu’il avait toujours eu un très bon goût pour cela, il ne l’aurait jamais nié ou mis en cause… Ou peut-être n’avait-elle pas non plus cherché à réfléchir à ce qu’il avait pu vouloir dire, indirectement. Avait retenu l’option évidente, après tout n’évitait-elle pas de rouvrir une plaie encore béante ? A défaut, il l’avait tout même fait céder à ce charmant vice de gourmandise, et à quelle ampleur ! Il ricana de bon coeur lorsqu’elle écarquilla les yeux sous l’effet du goût. Si expressive.
« Oh mon dieu, Ch’est trop bon !!” répéta-t-elle la bouche pleinement tout en repliant le papier “faudrait que j’arrête d’être aussi gourmande ça va m’attirer des bricoles ce truc…”
Il ne pipa mot, mais son ricanement s’intensifia, mesquinement. Oui… il aurait fallu. Mais pour son plus grand plaisir, elle n’y parvenait pas.

Ils avaient pris encore le temps de marcher, s’étaient attardés comme prévu pour observer le lac, trouvant encore quelques petits œufs à rajouter à la collecte du jour sur le chemin. Puis, leurs pas les ayant ramené à l’issue, ils se quittèrent comme prévu… Erwin notait néanmoins toute cette entière ballade comme un progrès. Tout comme l’émotion qui semblait l’habiter lorsqu’elle le remercia avec douceur :
«  Merci pour le moment… c’était sympa… à bientôt ? Je t’envoie un message quand je suis rentrée.”

Une pratique qu’ils avaient instauré entre eux une fois que le ciment de leur relation se fut édifié par elle-même. Il le lui avait assuré. Et elle était partie rejoindre son domicile.
Une fois disparue du champ de vision, Preminger consulta sa montre un sourire aux lèvres, s’auto-congratulant de la réussite de cette fabuleuse journée. L’objet de ses convoitises n’attendait qu’à se retrouver entre ses mains, son compte-bancaire venait de s’accroitre par la même occasion et l’amour et l’impact qu’il impulsait sur son trésor demeurait intact. Le souvenir de son regard embué par l’amour accompagna ses pas lorsqu’il rejoignit la société mondaine. Une très belle réussite en tout point.
Comment cela aurait-il pu empirer ?

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Tu es comme tu es... mais malgré les erreurs, tu me rends parfois la vie de maman célibataire plus douce...


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________________________________________ 2022-08-17, 21:02 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




Beautiful Chains


En remontant les rues en direction de notre maison, je ne pouvais m’empêcher de revoir dans ma tête les scènes de cette après-midi. Pourquoi POUR-QUOI tout était toujours si compliqué ? Pire, pourquoi tout était devenu brusquement aussi compliqué ? C’était un bel après-midi, il avait fait bon, Isaac avait été un véritable petit ange et j’avais passé un très bon moment en sa compagnie et pourtant, je ne pouvais m’empêcher de me sentir nauséeuse et pensive. Avait-ce été une bonne idée que de venir à cet évènement ? J’en avais été intimement convaincue les jours d’avant, me figurant que je le faisais pour mon fils, que rien ne m’obligeait à voir ce que je n’avais pas ou plutôt plus envie de voir. Mais c’était sans aucun doute sans compter Erwin... Il était patient depuis plusieurs mois maintenant, faisait semblant de se contenter de ce que nous avions même si je sentais qu’il marchait sur des oeufs et que parfois, un agacement certain pointait au fond de ses yeux. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Pour lui, rien n’avait changé depuis Noël. Nous avions eu cette discussion, cela avait remis les choses en ordre, la vie pouvait continuer. Mais pour moi... ça avait changé bien plus de choses que je ne voulais l’admettre.

Je l’aimais. Toujours autant qu’avant. Mais je savais maintenant que ce n’était pas réciproque, pire que ça ne le serait sans aucun doute jamais. C’était comme être dans mon pire cauchemar, plongée dans une réalité créée pour me faire souffrir chaque jour un peu plus. Je le savais... j’avais un problème avec l’amour et l’abandon. Chaque psychiatre de cette terre pourrait sans doute le dire et il n’était très difficile d’en trouver la cause. J’essayais de m’améliorer sur ce point, réaliser que j’étais plus aimée que je ne le pensais, que les gens n’étaient pas tous des ennemis sous couverture, prêts à me planter un couteau dans le dos. Mais au moment où j’apprenais le plus à m’en sortir, il fallait que je tombe sur ce boss final, insurmontable, qui m’empêchait d’être heureuse. La personne dont j’étais amoureuse, si amoureuse que je lui avais donné plus qu’à n’importe quel autre, au point de créer la vie ensemble, ne ressentait rien pour moi... ou non... pas “rien”. Il y avait un “lien” comme il disait et ce foutu lien, je le détestais encore plus que s’il n’y avait rien. Chaque jour, chaque nuit, je revoyais sa tête ahurie face à mon discours, sa crispation quant au sujet abordé. Il n’avait pas lieu de l’être pour lui. Ce qui prouvait que je pouvais lui laisser le temps que je voulais, rien ne changerait jamais. Je n’étais rien pour lui. Enfin non, pas “rien”... un “lien”. Un lien qui ne représentait pas une couronne ou tout autre chose qui lui permettrait de faire un pas de plus envers moi. Pas une friandise non plus. Quelqu’un avec qui on aimait passer du temps. J’essayais de me refaire son discours encore et encore, tentant d’être juste, de ne pas déformer ce qu’il me disait pour éviter de me monter la tête mais j’en arrivais toujours à cette conclusion : je n’étais pas une putain d’agence de voyage. On prenait pas du bon temps avec moi. On appréciait pas ma compagnie avant de retourner voir sa femme. On créait pas un “lien”, comme on créait des souvenirs. J’étais un HUMAIN. Et j’avais le droit d’être aimée. Même lui l’avait avoué. Alors POURQUOI c’était si compliqué de le faire, bordel de merde ?!

Mais je m’égarais... Et à chaque fois que j’en venais à cette conclusion, une douleur encore plus vive m’envahissait, au point que je le détestais de me la faire subir. Je détestais son air serein. Je détestais ne pas voir qu’il ne l’était pas tant que ça. Je détestais ce que je vivais, ce que nous vivions et ce que nous étions en cet instant. Il aurait suffi que je ne l’aime plus non plus et tout aurait été plus simple. Je n’aurai plus eu besoin de souffrir, ou de ressentir, on se serait contenté de passer du bon temps et la vie aurait repris son cours. Mais cela, ce n’était pas possible. Alors il me restait la situation la plus proche de celle-ci : prendre un maximum de recul, refuser de m’impliquer plus que je ne le devais dans le moment. Ne pas me soucier du lendemain et éviter ce qui était nouveau et me faisait vibrer. Les baisers s’étaient faits plus léger, le sexe plus chiant, mais j’avais l’espoir que mon cœur serait bientôt moins lourd. Une fois de plus, c’était sans compter Erwin...

Mon corps et mon cœur s’étaient crispés instantanément lorsque j’avais senti son parfum, entendu sa voix. Je l’avais détesté à la seconde où il s’était proposé de me guider dans la Grande Chasse, je m’étais encore plus détestée de m’en vouloir de mettre son plan à mal, le ridiculisant devant l’audience. Et c’est ainsi qu’un moment tranquille que je devais passer uniquement avec Isaac, avait été un de ces moments à trois que j’aurai encore pu espérer quelques mois auparavant mais qui était presque un cauchemar vivant à cet instant. Chacun de ses mots, chacun de ses gestes me revenaient au visage et me hurlait que si nous n’avions pas eu cette discussion, il ne se serait jamais pris la peine de prendre ce moment en “famille”. Une partie de moi avait envie de me hurler que j’étais injuste : après tout, il avait bien organisé tout un moment aux chalets de Noël pour nous, mais l’autre partie rétorquait presque aussitôt qu’il avait bien pris soin d’évincer Isaac de l’équation pourtant. Erwin avait du mal avec l’idée qu’on puisse lui dire non. Je le savais. Je le découvrais chaque jour un peu plus de notre relation et les rares fois où je m’y étais risquée, il avait tenté de reprendre le contrôle au plus vite ou en avait fait fi comme s’il n’avait rien entendu. Pourtant là, il devait se rendre à l’évidence, cela faisait 4 mois que je disais non. Alors il tentait de revenir encore et encore, par tous les moyens et chaque instant me rendait la Vérité encore plus douloureuse. On faisait fausse route, quelque chose n’allait pas. Je devais arrêter de souffrir ou il devait arrêter de courir, mais ça ne pouvait pas continuer comme ça...

Arrête...

Je revoyais encore son regard plongé dans le mien. Le choc de cette chute si brusque et puis cette impression d’être suspendue par le temps, de voler. J’avais attendu le choc du sol en grimaçant et en fermant les yeux, mais il n’était jamais venu. A la place, la douceur de son bras avait stoppé ma chute. Il m’avait retournée avec une facilité si déconcertante. Et son regard... son visage. Mon cœur s’était mis à battre si fort, comme pour me crier que tout ce que je tentais depuis plusieurs mois étaient vain. Il avait de nouveau avoué ce “lien”. Mais j’avais vu dans ces yeux qu’il ne savait pas plus le définir que 4 mois plus tôt. Avait-il seulement tenté de le faire ? On n’en avait plus jamais parlé. J’avais eu tellement envie de l’embrasser, de tout oublier, de revenir 4 mois plus tôt. Mais c’était impossible. Parce que je ne remontais pas le temps. Et parce que sa femme était non loin de là... ainsi que tous les autres curieux aux yeux rivés sur nous. Alors en plongeant dans ces yeux j’avais une fois de plus sombré dans le néant qui m’enveloppait tard dans la nuit quand j’y pensais. Il ne m’aimait pas. Je ne pouvais rien y changer. Il fallait que j’accepte ou que j’...

Arrête...

Mais c’était impossible d’arrêter parce que je l’aimais et que... Raaah pourquoi fallait-il que tout soit si compliqué entre nous ? Cette pensée au cœur de ma tête, je n’avais même pas vu ce qui se tramais autour de chez moi dans les maisons voisines. Les portes enfoncées ou les vitres fracassées... Le visage bien trop renfrogné, je m’étais contenté de monter la poussette sur le trottoir avant d’emprunter le petit chemin qui menait à la porte d’entrée à l’avant de la maison. Ce n’est qu’en arrivant à quelques centimètres que je l’avais vu... La porte n’était pas fermée... elle était entrouverte... Au niveau de la poignée, le bois semblait éraflé, comme si on avait forcé l’ouverture. Déglutissant, le cœur battant, j’avais pris un instant pour tenter de comprendre ce que j’avais sous les yeux. Parfois face à un choc, même la chose la plus évidente semblait impossible et il fallait un certain temps au cerveau pour s’adapter. Il fallait pourtant que je me rende à l’évidence : rare étaient les personnes qui seraient rentrées par effraction chez moi. La plupart m’aurait appelé et attendu que j’arrive. La liste se réduisait à Erwin, Hadès et Desmond. Erwin l’avait déjà fait pour le faire une surprise mais il était plutôt du genre minutieux. Sans compter qu’il avait la clé, il était donc inutile qu’il force à ce point la porte. Hadès aurait demandé à Norbert de le téléporter... Quant à Desmond... il l’aurait fait de lui-même... Et il n’était pas encore 17h45, c’était beaucoup trop tôt pour que ce soit lui. La seule option restante était... un inconnu. Quelqu’un était entré chez moi pour... me voler ?

Le petit grognement d’Isaac face au mâchonnement de ses doigts m’avait fait sortir de ma rêverie. C’était beaucoup trop dangereux que je reste là avec lui. Pourtant, il fallait que j’aille de l’avant. Observant les alentours, j’avais fait apparaître une boule d’énergie dans ma main avant de laisser la poussette sur le perron et de m’aventurer dans la maison...

SPLAAAAAAAASH


Ça avait été si soudain que je n’avais rien pu faire d’autre que de fermer les yeux. Un liquide épais, lourd et poisseux s’était alors répandu sur moi et tout autour de moi. Un bruit humide se fit entendre ainsi qu’un bruit métallique et très vite... mon cri suivit des pleurs d’Isaac. Portant les mains à mon visage, j’avais tenté d’en retirer le liquide pour y voir quelque chose. Je constatais alors que mes mains, mes cheveux, mes habits, tout ce que j’étais était écarlate. Tremblant des pieds à la tête, je constatais avec un écœurement certain que c’était du sang. Du sang. Tout y était, jusqu’à l’odeur entêtante de fer et je retenais mon souffle pour éviter de vomir tout en tentant de respirer malgré l’épaisseur du fluide qui obstruait mes voies respiratoires. Un seau entier de sang venait de se déverser sur tout mon être, je pouvais voir l’objet un peu plus loin et Isaac...

— ISAAC !

Je comprenais à présent ses pleurs. Plus que de hurler de peur, il avait reçu plusieurs éclaboussures sur lui qui avait déchaîné sa terreur. Sa joue rebondie était maculée de sang et ses vêtements en étaient tâchés à plusieurs endroits. Même ses petites mains en étaient pleines. Me précipitant sur lui, j’en avais oublié ma propos situation et le réalisais qu’en le collant contre moi, ajoutant encore quelques tâches là où le vêtement était encore propre. Isaac hurla de plus belle tandis que j’entrais dans la maison en courant. Il n’y avait plus personne. Je ne pouvais que m’en douter. Toute personne qui aurait voulu nous faire du mal nous aurait déjà attaqué pendant le moment de surprise. Je n’avais même pas observé les alentours, me contentant de courir vers la cuisine pour me rincer les mains qui le visage de mon fils.

— Tout... tout va bien mon cœur, je t’en fais pas, ça va... çaaaa vaaaa...

Maladroitement, je tentais de le rassurer tout en le ressuyant mais je ne trompais personne. Je n’arrivais même pas à me calmer moi-même. Comment le calmer lui ? Il me fallait de l’aide. Pour comprendre ce qu’il s’était passé et surtout pour protéger mon fils. Courant vers mon sac, j’avais récupéré mon téléphone pour appeler Elliot d’un air paniqué. Il ne lui avait pas fallu plus quelques secondes pour arriver devant moi. La suite de la conversation avait été en revanche plus longue. Je lui demandais de prendre Isaac et de partir, de le protéger pendant que j’arrangeais le reste mais le sang qui dégoulinait de ma robe et de mes cheveux jouait contre moi. Après plusieurs longues minutes de discussion, je lui avais promis d’appeler la police et d’appeler Erwin pour ne pas être seule mais je le priais de s’occuper du petit tant que je ne venais pas le chercher. Il avait accepté, me demandant de le tenir au courant et il avait disparu avec lui.

J’avais pris un instant pour mesurer l’ampleur de la situation. Maintenant qu’Isaac était sain et sauf, mon cerveau s’était remis en marche... ma peur aussi. Je réalisais alors à quel point je n’avais pas envie d’être seule, à quel point le silence laissé par Elliot était brusquement pesant. Prenant une grande inspiration j’en avais profité pour passer mes mains sous l’eau chaude dans la cuisine. Attrapant le lave-vaisselle à la volée, je me les étais nettoyées à plusieurs reprises pour voir enfin autre chose que du rouge dans mon champ de vision. Compulsivement, j’étais passé au visage, bien consciente pourtant qu’il faudrait bientôt passer à la douche et me débarrasser de ces fringues irrécupérables. Mais j’avais beau détester ma situation, l’odeur de métal qui envahissait mes narines à chaque instant, je n’avais rien fait d’autre pour améliorer ma situation. Abasourdie, j’étais encore bien trop sous le choc pour parvenir à me changer. J’avais l’impression aussi qu’il fallait que je reste dans cet état, au moins jusqu’à l’arrivée de la police. Parce que j’allais appeler la police, c’était une évidence. On était entré par effraction chez moi et on m’avait renversé un sceau entier de sang. J'espérais que ce ne soit que du sang d’animal, comme dans Carrie, je le priais de tout mon cœur pour éviter de défaillir face à une nouvelle moins réjouissante.

Après un instant d’hésitation, j’avais reposé le téléphone que j’avais repris dans un mouvement décidé. Il fallait que je fasse le tour de la maison avant d’appeler. Pour au moins constater les autres éventuels dégâts... et le potentiel vol que j’avais subit. Je n’étais pas au bout de mes peines. Sortant de la cuisine en arrivant sur la salle à manger, j’observais la table, renversée sur le côté, les chaises sens dessus-dessous. Dans le salon, quelques coussins avaient été éventrés et laissés à l’abandon. L’écran de télévision avait disparu du mur et le grand vide qu’elle avait laissé avait été rempli d’une phrase taguée à l’encre rouge : “Voilà ce qu’il arrive quand on ne ferme pas sa gueule.” Ma gorge s’était nouée instantanément. Les larmes m’étaient montées aux yeux. Cette phrase était plus qu’une menace, c’était un aveu. Il n’y avait qu’une seule fois où je ne l’avais pas assez fermé, au point de recevoir de telles représailles. Crafty. J’entendais encore sa voix grasse et grossière, sonb arrogance au bout du fil. Il était la raison de ma rencontre avec Erwin et même s’il n’y avait aucune preuve que déjà à l’époque, il avait tenté de me faire chanter, il semblait en cet instant évident qu’il ne pouvait pas y avoir d’autre coupable. C’était étrange... Il avait été si malin la première fois... et si peu cette fois... c’était presque une signature, une erreur inconsidérée... se pouvait-il que je me trompe ? Mais qui pouvait vouloir me faire taire à ce point ? Au fil de mes pensées, mon pas s’était accéléré. Les étagères de mes bibliothèques avaient pour plusieurs étaient reversées. Les portes en verres détenant certains bibelots avaient été explosées. Beaucoup de choses avaient été détruites dans cette pièce aussi et des livres aux pages arrachées gisaient au sol. Cette fois, je ne pouvais pas retenir mes sanglots. Comme si ce n’était pas suffisant, le bois noir des bibliothèques avait été peint à plusieurs endroit à la bombe rouge. La porte de mon bureau était défoncée. Là aussi, tout avait été retourné, des tiroirs avaient été forcés. Je constatais avec rapidité que le coffre que je dissimulais et qui contenait mes objets templiers n’avait pas été trouvé... maigre consolation. Arrivée à l’étage, je réalisais à quel point rien n’avait été épargné. La salle de bain était un foutoir sans nom et je n’avais pas pu m’empêcher de me stopper dans un énorme sanglot en voyant la chambre de mon fils. Le lit avait été renversé, ses peluches étaient désormais aussi éventrées que mes coussins en bas. Une fois de plus, une phrase sur le mur “Quand on a un si petit...” c’était clairement une menace cette fois-ci. Pas une phrase qui annonçait une conséquence mais plus une qui annonçait ce qui m’attendait si je poursuivais. Etouffant ma bouche avec mes mains, j’avais poussé un cri silencieux. C’était un cauchemar, un pur cauchemar...

A ma grande surprise pourtant, en dehors de la pièce encore vide, une autre pièce avait été épargnée du massacre... Ma chambre. Fronçant les sourcils, j’avais poussé la porte pour l’ouvrir en grand d’une main tremblante. Ça n’avait aucun sens. Ou au contraire, ça en avait beaucoup. C’était clairement moi qui étais visée et en la laissant intacte de la sorte, il avait pris le contrôle tout entier de la pièce. Je pouvais presque le voir marcher à l’intérieur, je pouvais presque sentir son odeur ou son souffle alors que je ne l’avais même jamais rencontré. Je constatais alors que la couverture était un peu moins tirée que le matin même en quittant la maison. Comme si... comme si quelque s’était allongé dessus. Déglutissant, tremblant de tous mes membres, je m’étais mise à ouvrir tous les tiroirs, les armoires et même à regarder sous le lit, comme si je m’attendais à l’apercevoir, comme si je tentais de me rassurer qu’il n’était pas là. Que j’étais seule... sauve. Ce n’était qu’en ouvrant le tiroir de mes sous-vêtements que j’en avais vu la dernière trace, le dernier cadeau. Tout était aussi bien rangé que d’habitude. Il y avait juste un papier, avec un mot écrit à la main :

Inutile de chercher ce que tu ne trouves pas. J’en ai gardé quelques un(e)s... pour le souvenir. Je viendrai peut-être te les rendre plus tard.

C’était trop. J’avais hurlé, refermant le tiroir d’un geste vif, dévalant les escaliers à la recherche de mon portable. Je n’avais plus réfléchi. Je n’avais agi que par instinct. Je n’étais plus si sûre de vouloir appeler la police. J’avais tant perdu... mais j’étais terrorisée. Et si je perdais encore plus ? J’avais juste besoin d’aide, qu’on m’aide. Qu’on me rassure. Qu’on me dise que j’étais en sécurité. Et pour cela, mes doigts avaient pianoté d’eux même en direction du téléphone, sans même que je ne réfléchisse à ce que je venais de faire. Il avait décroché qu’à l’ultime sonnerie... je le dérangeais... mais je ne m’en était même pas rendu compte.

— ERWIN ! Par pitié...

Je m’étais alors effondrée. Le son de sa voix au moment où il avait décroché avait été suffisant pour me faire lâcher ce qui me restait de courage. Tombant assise au sol, le dos contre les plans de table de la cuisine, je m’étais mise à pleurer bruyamment, entendant à peine ce qu’il était en train de me dire. Lorsque mes mots sortirent enfin de ma bouche, tout était si peu clair, désordonné :

— Viens. Il faut que tu... Pitié. Ça va pas. Isaac. La maison. J’ai été cambriolée et … Y’a des menaces. Y’en a partout. Je … J’ai peur. Viens. Il faut que tu viennes. Pitié. J’ai peur !!!

Il tentait d’en savoir plus mais je n’entendais rien. Je parlais au-dessus de lui, répétant de façon incessante des mots qui n’avaient aucun sens :

— Isaac. Maison. Partout. Crafty.

J’entendais qu’il voulait me calmer mais il n’y parvenait pas c’était impossible, j’étais en boucle, en état de choc. Et brusquement, je n’entendis plus rien hormis le “clic” significatif d’une fin de conversation. Avait-il décidé d’abandonner ? Est-ce qu’il venait ou non ? Je réalisais alors que je n’en avais aucune idée et que je n’avais même pas la force de rappeler. J’avais juste fondu en sanglot, pendant de longues minutes avant que le vrombissement d’un moteur se fit entendre dans la rue. La porte était toujours ouverte, le sol maculé de sang, il n’était pas si difficile pour moi de l’entendre. Il s’était garé de façon plutôt brusque, de mon côté, je n’avais pas bougé, continuant à hoqueter. J’avais entendu ses pas précipités, puis un arrêt, sans doute lorsqu’il avait constaté la flaque de sang. Comme pour le guider, j’avais crié d’une voix qui était pourtant faible.

— Dans la cuisine !

J’avais vu ses jambes avant de le voir lui. Ses pas précipités. Toujours hoquetant, j’avais levé lentement les yeux vers lui et son visage. Je ne devais pas avoir fier allure, ensanglantée des pieds à la tête, les mains tremblantes tandis que je me mordillais l’ongle du pouce, rare endroit de mon corps qui n’était plus vraiment maculé par le sang. J’en avais moins sur mes mains que mon visage d’ailleurs, j’étais parvenue à l’enlever avec plus de facilité. Toujours hoquetant, j’avais alors précisé :

— C’est pas le mien... y’avait un seau. Y’en... y’en a partout...

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________________________________________ 2022-09-29, 23:20 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




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Le reste de la cérémonie, si l’on pouvait nommer ceci ainsi, s’était poursuivie sans encombre. La Grande Chasse pris fin puis les prix furent distribués à leurs justes méritants. Le grand lot, qui consistait en une invitation chez un grand cuisinier et pâtissier de renom pour un repas offert et une confection sur mesure en chocolat avait été remportée par une Darlène Norrington radieuse de surprise. Le reste des cadeaux arracha des sourires et le moindre des participants sembla s’en tirer le coeur en joie et sa patience récompensée. Preminger considérait ceci comme une journée parfaite où son charisme se trouvait exacerbé. La prestation offerte avait visiblement convaincu les nombreux participants. Il avait sondé les statistiques progressivement édifiées le long de la journée et en étudierait les chiffres un peu plus tardivement, après que ceux-ci se soient fait décortiquer par son équipe municipale.
Un autre point de réussite- et non des moindres- résidait en l’enthousiasmant message que son cher Midas lui avait envoyé. L’opération avait été un retentissant succès. Une suffisance victorieuse avait courbé la commissure de ses lèvres, avant qu’il ne renvoie son portable dans le creux de son pantalon. Il L’avait récupéré. Enfin. Ainsi se clôturait de nombreuses recherches et un travail d’orfèvre qui culminait à de l’œuvre d’art pour permettre de le dérober à la barbe de tous et sans attirer les moindres soupçons. Ces charmantes petites diversions parsemaient la ville, occultant avec succès le titanesque défi qu’il avait remporté ce jour. Rien que pour cette victoire, il avait été des plus enjoué. Charmant avec tous et toutes, galant et serviable. L’hôte idéal, un Maire exquis, un citoyen exemplaire et admirable. Son masque lui seyait à merveille et chaque sourire et compliment dispensé sonnait comme une parfaite mesquinerie à ses seules oreilles. Il les dupait tous. Eux qui riaient, gâtés et pourtant dépouillés…
Ses yeux balayèrent cette cocasse assemblée. Celle qui se trouvait un peu plus loin de lui jusqu’à celle qui gravitaient presque autour. Amalthea paraissait on ne pouvait plus accaparée par quelques dames amusées. Non loin d’elle, son épouse en revanche paraissait aux prises avec la « charmante paire » Pardle et Udson. Il pariait que Miss Pardle s’était empressée de localiser sa femme afin de s’assurer de sa présence à la clôture. Elle croquait dans son œuf avec gourmandise, parlait fort, jetant parfois de petits regards furtifs aux environs, là où droite comme un piquet sa voisine toisait les autres avec une moue quelque peu... décourageante.
Il l’avait même surprise récemment à cancaner au sujet de la sobriété, qui, selon elle, n’étouffait pas certaines personnes. Il n’empêchait qu’elle s’était, en revanche, particulièrement étouffée lorsqu’elle s’était sentie écoutée. Il était toujours amusant de voir qu’elle, si vive et critique, se trouvait parfois parfaitement gênée prise sur le vif. Notamment lorsqu’il figurait dans les parages. Sûrement, assurément puisqu’il symbolisait aux yeux de la vieille dame, extravagance mise à part, la morale faite chair.
Si elle savait… Avec un peu de chance, elle se serait fait sitôt dépouillée avant de rentrer chez elle… Qui avait pu être les victimes de cette razzia subite ? Il pariait sur les uns et les autres, savourant le goût de l’inconnu. Là était l’amusement. Cela gommait les soupçons et éveillait une dose de mystère. Personne n’avait été protégée, aucune consigne n’avait été donnée en ce sens. Ils pouvaient tous être des victimes potentielles… Même Alexis… Et Même Lui. Il n’avait rien à perdre, le concernant il aurait vite mis la main sur le butin des voleurs…
La ville, les extérieurs devaient commencer à s’éveiller…songea-t-il avec ravissement.
Bientôt, lorsqu’il libérerait cette foule de son joug divertissant, le saisissement se propagerait avec ampleur. Contempla sa montre. Bientôt….
Il se préparait à fondre la foule, répétant mentalement encore son discours de clôture qu’il connaissait par coeur, lorsqu’une sonnerie traversa le tissu de son pantalon, lui arrachant un soupir agacé. Il haïssait lorsqu’il se trouvait ainsi tiré de ses rêvasseries autocentrées. Mais peut-être était-ce Midas ? Si sa supposition était vraie, son appel vibrant de victoire ne pouvait que gonfler encore davantage sa félicité.
L’écran, néanmoins, ne faisait pas état de son cher associé. Non. Le nom d’Alexis clignotait en grand, ce qui provoqua un imperceptible et instantané froncement de sourcils chez le notaire. Pourquoi appelait-elle ? Non pas qu’elle ne le faisait jamais… Mais… dans cette situation, c’était…curieux. D’ordinaire, même dans cet «  autrefois » qui ne datait pourtant pas de naguère, Enora l’appelait peu lorsqu’elle le savait en réunion ou en démonstration. Les rares fois où elle outrepassait cette sorte de respect qu’elle observait à l’égard de son amour pour la vie publique, n’étaient que des urgences ou des raisons impérieuses ne pouvant subir l’attente. Se pouvait-il ?… Qu’elle soit en danger ? Cambriolée ? … Ou au regard de l’attitude qu’il avait observé à son égard lors de la Grande Chasse, pouvait-elle subitement briser ses attentes et ses propres barrières, dans un appel désespéré à son retour ? Oh…. Comme ce que…. Fort peu probable !
Alexis restait digne et pudique en matière de démonstration de sentiments, elle était encore moins de ces individus qui rompaient, dans un sursaut, leur carapace de souffrance… Encore moins dans ces conditions. Non. Ses actions avaient ravivé en elle le trouble et le Grand Saut vers lequel elle se sentait attiré... Mais pas de là appeler ainsi… Même son égo voulait se bercer de l’envie que toutes les réussites puissent être se célèbrer en ce jour de fête.
En attendant… Le téléphone vibrait toujours. Il observait la foule devant lui. Sachant ce qui risquait d’en coûter s’il prenait l’appel. Et pourtant pouvait-il ne pas le prendre ? En sachant ce qu’il cachait sûrement. Une alerte. Un désagrément. Bien évidement, il pouvait ne pas le prendre. La question était en réalité davantage de savoir ce qu’il voulait. Dédaigner sa demande ou lui accorder son attention ? Cela en valait-il la peine ?…
Oui. Oui. Bien évidement.
Aussi, avait-il décroché. Une part de lui bercée par une arrogance trompeuse, l’autre – plus conséquente- suffisamment alerte pour décerner que l’appel se voulait d’importance. A l’ultime sonnerie.

« Oui ? Allô ? »

Il n’ajouta rien de plus. Ne familiarisa rien. Ne nomma personne. Il n’était ni en terrain privé pour familiariser davantage la discussion, ni suffisamment en publique pour ne pas se permettre d’en jouer, au besoin.
Mais l’occasion ne se présenterait pas. Pas ce jour. Pas au regard de la manière dont Alexis prit soudainement possession de la conversation, d’une manière qu’il n’aurait pu soupçonner. Ou plutôt refusait d’envisager… Elle était muée... Muée par la Panique.

ERWIN ! Par pitié….

Il n’était pas dans la nature de sa maîtresse que de supplier, si bien que Preminger se crispa entièrement. Par soucis de contrôle. Afin de demeurer aux yeux de tous le destinataire d’un coup de téléphone anodin. Alors que cet appel s’avérait tout sauf anodin… Ses doigts pressèrent le téléphone comme pour empêcher la conversation de lui échapper.
Enora n’allait pas bien. Pas bien du tout… Ces seuls trois mots suffisaient à témoigner de son état. Un état perdu, hagard, incontrôlé… Une tension… Que se passait-il ? Il ne l’avait jamais vue dans un tel état de panique. Hormis, dans les instants de terreur lors du Titanic. Mais aucun iceberg ni aucune mort imminente ne se présentait à elle non ? … Il farfouillait déjà, dans les pièces portées à sa connaissance, cherchait une justification quelconque, un indice…

« Que se passe-t-il ? » interrogea-t-il d’une voix pressante.

Le ministre contrôlait le tempo de sa voix, aisément. Une chose qu’il faisait intuitivement et efficacement. La modulait agréablement, tendue plus que légèrement – il ne pouvait rien y faire- mais semblant virevolter malgré tout dans la grâce… Plissa la bouche dans un sourire complaisant à destination de ses plus proches interlocuteurs puis recula gracieusement de quelques pas, faisant mine d’écouter avec attention le message qui lui était délivré. Il du néanmoins, baisser le volume pour que les mots désordonnés de sa maîtresse ne se perçoivent pas.

Viens. Il faut que tu... Pitié. Ça va pas.
« Venir… Mais... »

Sa voix et ses protestations s’étaient déjà réduites à un filet d’eau… à l’entente de la suite. Elle ne mentait pas. Cela n’allait pas du tout. Et les bribes qu’elle lui lançait ne parvenait pas à lui offrir un panorama reconstitué de ce qu’elle vivait… Du tout… Il… Il fallait qu’il se rende chez elle. Tout de suite. Pour mettre une explication sur cet état. Pour mettre un visage sur l’état dont il ne percevait que verbalement la gravité…

« Isaac. » elle n’avait pas eu de pauses dans l’évocation de son fils évinçant tout de suite un soulagement malsain venu promptement étreindre le notaire «  La maison. J’ai été cambriolée et …’

Les cambriolages ? C’était le seul événement auquel elle était susceptible d’être confrontée et auxquels il avait spontanément pensé en premier lieu… Mais, pourtant, elle ne pouvait pas y avoir été confrontée DIRECTEMENT... Il l’avait suffisamment retenue pour s’assurer qu’elle ne tombe pas nez-à-nez avec un cambrioleur mal intentionné ! Les règles avaient été fixées : il n’y en avait pas. Le crime était organisé, les méfaits ne l’étaient pas. Une flopée de voleurs divers s’était déversée sur la ville. Chacun possédant sa spécialité. Il ne les connaissait pas. Il avait été choisi indifféremment dans son clan. Dans sa « mafia » comme le disait parfois Midas. Preminger n’aimait pas ce terme. Il trouvait cela… Bas de gamme. Rien ne ce qu’il faisait ou créait ne méritait ce terme, quand bien même ceux qui le composait seyaient à la description… Non. Il voyait davantage ceci comme une faction, une milice, une ligue… Mais à moins d’être Nick Sacabeu – lequel avait été sciemment écarté desdites maisons principales de par ce risque – il n’y avait aucune possibilité pour qu’un cambrioleur soit en train de terminer son œuvre à CETTE heure ! Et quand même bien… Enora possédait la force et le cran pour atomiser ce dernier. N’avait-elle pas fait de la sorte en s’en prenant aux hommes de Crafty dans les événements précédant leur rencontre ? Ou était-ce la violation de son domicile. De son cocon qui plus que physique mettait à mal l’environnement et la bulle sécuritaire qu’elle dressait non loin d’elle ?

 «  Y’a des menaces. Y’en a partout. Je … J’ai peur. Viens. Il faut que tu viennes. Pitié. J’ai peur !!

Elle sanglotait, se rendit-il compte. Dans une perte de contrôle tentaculaire qu’il ne lui connaissait que rarement. Et cela le figeait, dans le même temps, dans une convulsion désagréable. Qu’elle implore sa présence… Il l’avait attendu. Qu’elle le supplie encore plus. Et pourtant, dans toute cette étrange situation « satisfaisante » à ce sujet, le malaise dominait. Qu’avait-elle ? Qu’avait-elle pu avoir ? Pourquoi diantre ? Il inspira un peu plus fortement, gorgea ses poumons d’une quantité d’air considérable. Comme si le fait d’en inspirer plus que de raison, pouvait se déverser en elle et l’apaiser. Ce ne pouvait être….
Quelque chose était arrivé. Quelque chose de terrible.
Et il devait y aller.
Le constat s’était imposé à lui, quand bien même ses yeux étaient restés figés sur la cérémonie qui se déroulait sous ses yeux.
Il devait y aller. Et il allait venir… Il n’y avait nul choix. Juste cette sentence évidente et lancinante. Qui le poussait là-bas. Auprès d’elle. Comprendre, voir ce qui la mettait dans un tel état. La voir…

« Attends… Attends… Une minute... »

Dans un geste assuré, il avait désigné un coin plus tranquille du bout de l’index à destination de son « carré familial » qui n’attendait que son arrivée pour lancer le discours, fronçant les sourcils pour signifier malgré tout une difficulté notable, puis s’empressa de s’éloigner à grandes enjambées, l’esprit focalisé sur sa maîtresse… Il la poussait à la tempérance, faisant fi de son propre empressement, grandissant, qui croissait à chaque seconde passée dans l’ignorance. Alexis n’attendit pas. Il doutait qu’elle ait ne serait-ce que seulement entendu sa demande… Non, elle débitait d’une voix sourde et gémissante, entre deux sanglots, des mots dont il tentait de saisir le sens… dans sa propre hâte…

Isaac. Maison. Partout. Crafty.

Un frisson glacial parcouru l’entièreté du corps du Ministre. S’il n’avait pas déjà été décidé, cette information eut suffit de l’en convaincre. La décision prise, l’urgence n’en paraissait que plus intense. Il se devait de s’y rendre. Maintenant… Crafty… Cela ne pouvait qu’être lui. Evidemment. Il l'avait su, bien que ne voulant pas l'admettre... Ca ne pouvait être que lui.

« CRAF… » répéta-t-il d’une voix davantage étranglée «  Enora… tré… S’il te plaît… J’ai besoin que tu m’écou... »

Ses yeux faisaient des aller-retour jusqu’au podium et à la masse de citoyens… Elle ne l’écoutait pas.
Qu’à cela ne tienne. Pressant la touche « muet » de son téléphone, il enfouit l’objet dans sa poche puis alla taper sur l’épaule de Pacifica, un sourire factice mais urgent plaqué sur son visage :

« Miss, j’ai un...désagrément à régler urgemment. Pouvez-vous me faire une faveur et vous charger du discours de clôture, j’ai une grande foi en vos capacités et votre aisance »

Il tapota l’épaule de la jeune femme, puis s’en fut, satisfait qu’elle ne le retienne pas davantage. c’était un des aubaine d’avoir pour seconde une jeune fille aussi à la recherche d’attention et de gloire qu’elle. Elle avait juste sauté sur l’occasion qu’il lui tendait, pour briller, sans s’enquérir de quoique ce soit concernant le motif de son départ. Tout juste se borna-t-il, en plus, à glisser à son épouse, un mot sur le fait qu’il devait gérer quelque chose avec Midas, puis disparu dans un coup de vent.
Il avait fait si vite que l’ensemble lui avait presque paru flou, indicible… Ce ne fut que parvenu jusqu’au parking qu’il reprit Alexis. C’était à peine si elle avait pris note de son absence. Dans certaines circonstances, il se serait agacé du peu de fait qu’elle semblait porter à sa présence, mais pourtant elle L’avait appelé. LUI. Si bien qu’il ne pouvait s’outrager d’être presque témoin d’un monologue. Elle ne le faisait pas exprès. Seule la panique justifiait son ton.

Trésor… calme-toi, dis-moi ce qu’il s’est passé…. Respire… Es-tu en sécurité ?

Elle poursuivit pourtant, dans un tel état de stress, qu’elle ne se contrôlait plus. N’étant désormais plus qu’une montagne de sanglots et d’effroi. Il voulait savoir pourtant, se rassurer de son état, mettre les mots sur ce qu’elle avait bien pu vivre. Et ce qu’il convenait de faire… Fallait-il envoyer une équipe à son domicile ? Si l’individu se trouvait encore là. Si elle l’appelait d’une pièce cloîtrée… Non. Non… S’il était encore là elle le lui aurait dit… Non ? Et pourtant chaque mot proféré se heurtait à un mur. Non d’argile et de pierre, mais fait de panique et de larmes.

« Calme-toi… Es-tu en danger immédiat ? Calme-toi… Miséricorde ENORA… Écoute… Aaaaah »

AAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH.
Il avait raccroché dans un glapissement excédé, qui s’était prolongé même lorsque la ligne devint silencieuse, jetant le téléphone sur la banquette passagère, rageusement. Celui-ci avait rebondi tandis qu’il tournait hargneusement la clef de contact. La voiture avait bondi sur place, avant de s’extirper dans un vrombissement hargne de la rangée sage de voitures de luxes. Un emplacement réservé à l’élite. Un moyen de vérifier également l’identité des convives présents… Qu’importait. Il dépassa bientôt la grille, freina seulement pour permettre la manœuvre, et tourna à vive allure.
Maudit soit !…ce qui se passait ! Quoi que cela soit !!! Preminger maudissait tout. Sans vergogne… A compter elle aussi qui le tirait dans une… sorte d’angoisse. Avait-elle été blessée ? Il ne savait même pas ! A crier et pleurer elle n’avait rien su lui livrer que le spectre mystérieux d’un danger imminent et des angoisses qu’il ressentait presque aussi vivement qu’elle. Crafty… Ses yeux dévièrent sur la boîte à gants. Misérable charogne ! L’imbécile….!
Il crispa ses mains sur son volant, s’agrippant sous l’embardée du dos d’âne pris à vive allure. Il priait pour qu’aucun imbécile ne se trouva sur la voie. Non pas pour attenter à une vie ... qu’importait ce genre de vie ! mais cela aurait constitué un allongement indéterminé. Et il était pressé. Plus que pressé.
Le téléphone à présent silencieux, il disposait du silence relatif – si il occultait le bruit de la voiture- pour réfléchir. Crafty… La maison. L’imbécile dément était d’opération, sur les cambriolages… Il n’avait pas eu de cible désignée, comme tout autre individu embarqué dans cette mission. Mais, Preminger ne croyait pas au hasard. Pas de cette ampleur. Cet imbécile avait tenté de forcer le Destin… Il avait du se mettre en quête d’Alexis, dans l’ivresse de sa vengeance. Et le cambriolage avait du consister pour lui le décor parfait.
Il fallait dix minutes… Dix minutes pour arriver jusqu’à son domicile… Le téléphone ne se rallumait pas. Elle ne rappelait pas, non plus. S’était-elle seulement aperçue de la coupure ? Ou…n’était-il plus en mesure de lui répondre ? Non. Non non non, elle n’était pas en danger imminent. Il n’en savait rien, pourtant, se contentait de le décréter.
Il pressa, malgré tout, la pointe de sa chaussure sur l’accélérateur, pila néanmoins lorsque le feu annonça le rouge, coincé par la voiture devant lui. Il aurait pu tenter de la doubler mais...loin de lui l’envie de donner l’alerte à son sujet. Son départ de la cérémonie devait devenir bénin. S’il arrivait la moindre anicroche, on relierait son comportement à son départ hâtif. Sans compter que la police demeurait toujours dans les parages, surtout puisque l’information reliant les cambriolages commençaient forcément à se relayer… Rien n’importait plus que de ne pas être aperçu ou interpelé. Fort heureusement, il n’avait pas sorti la Rolls violette. La Bentley continentale noire faisait l’affaire.
Dès que le feu vira au vert, il reprit sa course, les yeux parfois pivotant sur le téléphone éteint. Faute de pouvoir la voir, il la voyait par le biais de cet objet… Et espérait… Peste ! Peste ! Peste ! Peste que cette vie !
Il croisa quelques badauds, nota les effervescences qui commençaient à se créer… Tourna. Il aurait pu prendre la grande avenue qui desservait presque directement la rue d’Alexis mais elle était sûrement la plus risquée. Il préféra ainsi, s’engouffrer dans la seconde avenue pour tourner ensuite dans l’allée jouxtant la rue de Midas et enfin déboucher vers son objectif. Au regard de la rapidité avec lequel il avait effectué ses manœuvres, il n’avait guère pris de retard après tout.
Il se gara, brusquement, pris néanmoins l’occasion de récupérer le pistolet dans la boite à gants. Puis, le glissant dans son costume, indétectable, il s’extirpa avec rapidité de la voiture, sans même prendre le Temps de considérer son véhicule.
Ses yeux se fixaient davantage sur la porte d’entrée, entrouverte encore, qu’il nota alors qu’il remontait l’allée. Alors, s’empressa-t-il de monter quatre à quatre les marches menant à la demeure.

« Tré… »

Sa voix était morte dans sa gorge mais l’entièreté de son estomac s’était agité, tandis qu’il se figeait net… encore sur le perron. A la lisière de la pointe de ses chaussures et en constellant même le bout, une gigantesque flasque de sang s’étalait dans le vestibule.. A cette vue, son buste s’était rejeté en arrière, plaquant son épaule droite contre la porte dont il tenait encore la poignet… La vision troublée. Ce sang… a qui appartenait-il ? Elle ne lui avait dit avoir été blessée. Il ne lui avait pas demandé. Il cligna des yeux, non. Non. Ce n’était pas le sien ! Non… La tâche semblait s’agrandir davantage, tandis qu’il la fixait… S’élargir le long de son champs de vision.. Il traça l’obscurité relative de la pièce qui s’étalait sous ses yeux, à la recherche d’un indice quelconque, une masse, se forçant à raisonner… La forme de la flaque paraissait… anormale. Comme si… Le sang n’avait pas coulé mais était venu asperger le vestibule… Il levait les yeux pour comprendre, lorsqu’une voix faible s’infusa dans le silence.

« Erwin »

Il ne pouvait, en réalité dire ou non si elle l’avait parfaitement articulé ou si le son, aussi faible soit-il avait-il été simplement compris. Toujours est-il qu’il avait accouru, traversant la sanglante scène, l’appelant à son tour, pour rejoindre au plus vite la localisation de son cri, son propre sang pulsant ses tympans. Est-elle blessée ? Est-elle ?…
Il s’arrêta net à l’entrée de la cuisine, les yeux écarquillés sous le choc, tandis que ses lèvres exhalaient un glapissement sec et prolongé, avant de pouvoir articuler:

« Que DIABLE est-il arrivé?!!! » 

Ses jambes avaient parcouru l’entière distance qui les séparaient d’un seul trait, avant même qu’il n’ait eu le temps de s’en rendre compte, pour mieux se laisser tomber à genoux à ses côtés. Ses yeux allaient et venaient sur elle, dans un regard horrifié et ses mains avaient répété plusieurs fois leurs gestes avant de la saisir aux épaules.

« CIEL ! TRESOOR !… »

Elle était...recouverte de sang. Entièrement. D’une manière qu’il n’avait jamais vu en face. Son visage, ses cheveux...jusqu’à sa ravissante robe…Non pas les traces et les entailles… le sang semblait l’avoir recouverte, maculée de sa souillure. Un hoquet d’effroi le saisissait encore, tandis qu’il l’observait, guettait la moindre marque, la moindre coupure… Elle n’en n’avait aucune. Le sang n’était pas le sien, comprit-il. Il avait...glissé sur elle, pour l’immerger entièrement.. La flaque du vestibule, devina-t-il. Son impact explosif de la marque au sol… Alexis n’avait pas été blessée. Mais on l’avait attaquée de la pire des manières… En lui déversant ce sang sur la tête. Un léger haut-de-cœur secoua son estomac… La méthode était atroce… Ignoble. Même pour un individu aussi dégoulinant de vulgarité qu’était ce couard volciférant de Crafty. Il sentait les muscles tendus de sa maîtresse, entre ses doigts, preuve inutile de l’état de stress dans lequel elle se trouvait plongée. Intacte mais souillée… Intacte… Il vérifia encore, frénétiquement, cherchant la moindre parcelle de corps dénudée qui aurait pu trahir la présence d’une coupure, de ne serait-ce qu’un hématome…

« OH TRESOR…. Tu es sauve...» soupira-t-il dans un souffle qui n’avait rien de discret néanmoins.

Sauve. Mais à quel prix ! Ses doigts s’enfonçaient dans le tissu autrefois immaculé, à présent, poisseux d’écarlate palpant à travers ce geste sa présence, ses yeux dorés s’étaient infusés dans ceux d’un bleu livide de sa maîtresse. Dans ses yeux de noyée, il tentait d’éveiller une braise de vaincre par l’or brûlant de son propre regard. De l’éveiller, de la tirer de sa transe d’effroi dans lequel la situation présente l’avait plongée. Il n’aimait pas la découvrir ainsi. Si...démunie. Vide. Presque vaincue par la peur. Il refusait de pouvoir considérer cela. Enora n’était pas ainsi. Aussi, délicate pouvait-elle être, elle n’était jamais vaincue… Jamais. Elle possédait cette même volonté de vaincre qui l’animait, lui, non ?
Crafty ne possédait pas la moindre chance de l’extraire de sa pure nature combative et courageuse. Non.

« Cette sale vermine ! » pesta-t-il avec férocité « Peste soit-il ! Maudit soit-il ! »

Ses yeux avaient abandonné toute trace factice ou réelle de douceur. Se révélait la part terrible de l’or de ses yeux. Cette lueur destructrice que l’or en fusion ne pouvait qu’avoir, lorsque sa mémoire dessinait les contours de la silhouette du bandit… Il lui semblait l’apercevoir, rieur dans la pâleur de sa maîtresse. Qu’il pense donc les avoir roués ! Une grimace cruelle acéra ses pommettes. Ce plus que désagréable imprévu faisait monter dans son corps une colère nerveuse. L’imprévu… Ca prenait chaque individu pour le faire sortir de lui-même sans crier gare. Preminger ordinairement le voyait comme un défi à surmonter, qu’il contemplait paisiblement, un rictus hautain sur sa bouche boudeuse. Lorsqu’il l’infligeait, il se délectait de la surprise effarée qu’il causait sur ses ennemis… Mais...ici, il s’agissait d’Alexis. Et il ne supportait pas que ceci mette à vif ses émotions ainsi que les siennes. Il le vivait presque comme le prolongement d’un tout sans parvenir à le comprendre… outre le fait que ceci le plongeait dans une rage mortelle. Sale rat répugnant ! Il avait toujours éprouvé à l’égard de Crafty une sorte de dédain matiné de répulsion, même s’il lui reconnaissait une aptitude d’acteur assez effective. Mais, dans son vice aveuglé de bêtises et d’orgueil, le criminel avait creusé sa prochaine sépulture. Il s’occuperait bientôt de son cas oui… Bien que cette certitude ne gommait pas l’inquiétude qui perlait dans chaque larme versée par la bibliothécaire. Alors qu’il refermait la prise de ses épaules, Preminger sentit la texture du sang sur ses mains. Il n’avait pas eu le temps de sécher. Son contact visqueux s’imprégnait sur sa chair, sans qu’il n’en grimace.
Il avait déjà saisi pire. L’image du nouveau-né revint le hanter avant que le ministre ne se hâta de l’évincer promptement. Au delà de « ça », l’ancien conseiller était capable de salir les mains, bien qu’en surjouant le dégoût. Il avait déjà fait couler le sang et la vue de celui-ci, sa provenance ne faisait qu’accroitre la promesse qu’il le ferait de nouveau, très prochainement.
Son pouce gauche traça quelques arrondis sur le rond de l’épaule droite de la jeune femme. Ses yeux dans les siens. Ils atténuaient la tempête, lui offraient une terre où se réfugier. Le temps de la houle était passée. De l’effroi venait la compréhension des événements et leur déroulé. Et lui réconfortait, encore, plus qu’il n’interrogeait. Non par désintérêt des circonstances, mais parce qu’il savait que l’apaisement se trouvait nécessaire. Un repli gracieux face à l’horreur. Une manière de savourer aussi qu’elle soit sauve. Par un simple contact, léger, où il lui rappelait qu’il se trouvait là, dans l’horreur, à ses côtés, au milieu de tout.

- « Nous allons neutraliser ce misérable vaurien » affirma-t-il froidement. « Ceci est une promesse. »
Ses pupilles avaient effacé un peu de la fureur crue qu’elles avaient laissé précédemment paraître, mais leur caractère implacable demeurait encore.

-- « La police fera son œuvre. Et il payera. Il paiera, je te le garantis ! »

Et il ne le laisserait pas s’en tirer aisément. Crafty expierait ses crimes et son outrecuidance. Erwin Dorian en avait les moyens. Preminger encore plus. Tout autant que pouvait valoir Crafty au sein de la petite milice qu’il dirigeait, il était bien loin d’atteindre la puissance réelle de la mafia qu’il pensait contrôler. Cette dernière mangeait dans la main de Preminger si bien qu’il n’avait qu’à la refermer pour lui tordre le cou.
Il n’appelait même pas ceci vengeance. Seulement un juste retour des choses. Une mesure punitive qui avait pour trait d’être définitive. Et savait qu’il y trouverait entière satisfaction. En revanche, il doutait du contraire concernant sa maîtresse. La libraire avait subi le choc de plein fouet, sans s’y attendre, sans le voir venir. Prise au dépourvu. Et l’acte et ses conséquences étaient venus s’ancrer en elle.
Il pouvait tenter d’en comprendre l’impact, l’horreur et les dégâts, ces sentiments et sensations venus s’enraciner dans sa chair… pour autant il ne pouvait pas le ressentir. Ne faisait que le deviner, au regard des faits et plus encore de ses réactions. La mort de Crafty sonnerait-elle comme une catharsis suffisante à ses yeux ? Purgerait-elle les traumatismes causés par les actes de ce dernier ? Lui y réagissait, ainsi : un tir ciblé. Qu’en était-il d’elle ?

« Je suis là… Et Il n’arrivera plus rien. » murmura-t-il doucement.

Son arme constituait une protection supplémentaire au besoin. Mais, elle l’ignorait. La seule chose sur laquelle elle comptait, était sa présence. Et ceci n’était même pas fanfaronnade, mais une réalité. Elle l’avait appelé. Lui. Non, par volonté de la défendre mais parce qu’elle avait, spontanément, naturellement, recherché une protection et un réconfort en sa présence. Ce qui était une excellente chose.

« Tu as appelé la police ? Il faut… Il faut, sinon que tu puisses avoir les idées parfaitement claires lorsqu’elle arrivera. C’est toujours...assez intense de raconter une scène, cela revient à presque la revivre, mais c’est le faire pour le mieux…C'est important! Il faut! " mais elle ne l'écoutait pas... Ou peut-être tout simplement enchaînait-il trop rapidement, de manière trop saccadée, sautant d'idées en idée, si bien qu'il se stoppa avant de décréter " Peut-être...d'abord souhaiterais-tu un verre d’eau fraîche ? Attends... »

Il se releva sans peine, effectuant quelques pas pour tirer de l’armoire un verre vide qu’il se pressa de remplir avec la bouteille d’eau à moitié vide qui traînait non loin de l’évier.

« Tiens trésor… Bois donc, Ca va te faire du bien… » l’encouragea-t-il

Il se pencha pour lui donner, l’observant boire gorgée par gorgée et s’en rassasier. Il nota le léger tremblement, involontaire, qui secouait encore ses mains. Bien qu’elle paraissait émerger et reprendre conscience du choc subit, ses séquelles subsistaient encore, s’atténuant progressivement. Il se garda bien de le faire remarquer. Ce qui n’était pourtant pas son genre, ordinairement, lui qui aimait parfois signaler à voix haute et indifférente, les failles comportementales des autres. Lorsque cela concernait Alexis, cependant, cela ne lui effleurait pourtant pas l’esprit. Ce dernier préférait davantage promettre à Crafty un sort funeste et retracer le parcours de ce dernier. Un seau de sang… Une attaque immonde. Mais, elle ne pouvait s’être stoppée là… Il le devinait à l’attitude de la jeune femme. Un seau de sang était horrible mais cela restait surmontable. Il y avait autre chose.
Et se rendait compte qu’il voulait y retourner. Voir. Maintenant. Comprendre. Tout le désordre que le bandit avait semé sur son passage. S’adossant au comptoir de cuisine, il n’abaissa pas son regard demeuré plongé sur elle, rougeoyante.

«  Ce qu’il s’est passé ici.. il n’y a pas que le sang, n’est-ce pas ?  … veux-tu… m’accompagner ? Me montrer ? Si tu le préfères, tu peux demeurer ici… »

Il n’insisterait pas si elle trouvait bon de demeurer dans cette pièce. Si elle l’avait choisie c’était donc qu’elle lui inspirait sécurité, qu’elle avait été somme toute, épargnée par la vengeance de Crafty. Mais puisque LUI se trouvait là, à ses côtés, à présent…
Il la dévisagea, observant son hésitation longue, n’ajouta rien. A rien ne servait de la presser davantage, elle avait suffisamment subi d’épreuves et de chocs. Il la laissa réfléchir, peser sa force pour lui faire part de sa décision. Si bien qu’après un moment d’attente, elle finit par hocher la tête. Une approbation.
Puisqu’elle acceptait de l’accompagner, il lui tendit la main. L’aida d’abord à se débarrasser du verre d’eau qu’il lui avait donné puis pour l’encourager à s’appuyer sur la sienne, pour se relever progressivement. Une main tendue. Un appui, une constance, une sécurité. Un simple geste, une simple pression, mais pourtant si solide. Il ne jugeait rien, appuya sa démarche, nota seulement avec une réelle satisfaction la manière dont la main de la jeune femme s’était enroulée autour de la sienne. Elle lui avait pris la main comme si cette seule caresse inscrivait sa présence plus clairement encore, aux alentours. Il l’avait déjà touchée. Rassurée par son contact. Mais c’était la première fois qu’elle le palpait d’elle-même. Que son corps prenait, de lui-même, conscience de sa présence.
Lorsqu’elle fut debout, il l’incita à nouer sa main dans le creux de sa taille svelte, passant pour sa part une main jusqu’à son épaule droite, pour mieux soutenir fermement ses jambes et sa marche incertaine. Elle flageolait contre lui, nota-t-il tandis qu’ils avançaient, ensemble, rejoignant le vestibule, de la démarche fragile des d’un faon esquissant ses premiers pas. Erwin laissa ses jambes les guider, sans impulser pour autant une cadence. Il se contentait d’avancer, solidement, pour pallier à tout fléchissement, tout risque, doucement. L’important n’était pas de se hâter, il irait à son rythme. Le temps du cheminement lui offrait la possibilité de réfléchir, de calmer son ardente colère pour raisonner froidement à la vue des données criminelles laissées par le brigand.
La cuisine donnait par l’autre porte sur la salle à manger. Il était même passé devant sans prendre gare, trop pressé de rejoindre l’appel de détresse de son amante… Notait en revanche à présent le déluge qui y avait été mis. La table renversée, les chaises jetées au sol dans une volonté de nuire et détruire. Cela restait néanmoins moins impressionnant que le seau de sang. Davantage banal, davantage...proche du cambriolage que Crafty était censé mener. Qu’il lui avait commandité...sans désigner de victime. Des dégâts matériels certains, une chaise devrait être changée, mais il n’avait pas fait preuve d’une grande inventivité non plus.
Il ne fit aucun commentaire, se contenta de raffermir son étreinte autour de sa maîtresse, avant de passer dans le salon.
Si la salle à manger avait subi un chamboulement relatif, le salon lui arracha un sifflement choqué. Dans cette pièce, le carnage régnait davantage. Laissés à terre, les coussins gisaient, éventrés, la mousse blanche s’extrayant du tissu en lambeaux, mêlés aux débris de verre… Les portes des armoires brisées, avaient vu leurs bibelots arrachés. Quelque-un avaient été fracassés au sol, d’autres emportés tout comme la télévision. Et l’inscription taguée à son emplacement vidait ajoutait une touche macabre à l’ensemble, du même rouge que son auteur avait aussi balayé sur le bois des meubles…

« Maudit soit-il » répéta-t-il.. « Et...quel… Effectivement. Je pense que l’identité de l’auteur ne peut pas être plus claire… Crafty. »

Il n’y avait que lui. Preminger le savait. Il avait eu le mobile, plus encore, l’opportunité. Et Alexis avait confirmé faiblement :

« Je ne vois pas qui d’autre, vu le message...mais je ne la fermerai pas. »

Son ton et l’air qui s’inscrivaient sur son visage choqué restaient pleinement confirmés. Une décision, une certitude qui le fit sourire avec tendresse. C’était elle, aussi simplement que cela.

« Cela semble purement revendiqué comme tel, en tout cas... Mais cela ne donne que plus l’envie de se battre après tout, non ? Et tu as raison de ne pas céder, de ne pas te taire… Même si tu n’auras pas à le faire. »
« Oui, c’est vrai. Mais j’aurai pas eu à me battre de nouveau si… si tu l’avais pas relâché.”

Reculant d’un pas, hors de son étreinte, la jeune femme l’avait regardé, ses yeux bleus s’étaient fait d’acier pour affronter le feu des siens. Se remémorait à leurs souvenirs leur différente approche de la libération de Crafty. Preminger avait instigué à ceci avec une réelle adresse quelques mois auparavant… Il avait proposé une réinsertion des prisonniers dans la société, en tant que maire, avait laissé les candidatures se soumettre à son conseil. Il n’avait pas validé seul ces choix, il avait œuvré en sous-marin dans les prisons et ses nombreuses infiltrations criminelles pour couvrir son approbation officielle. Des dossiers irréprochables. Crafty était néanmoins, officiellement, un sujet épineux. Il s’en était même ouvert à Alexis, lorsque la proposition lui avait été faite. Une manière de lui indiquer qu’il ne comptait pas la prendre en traître lorsqu’il donnerait son approbation sur son dossier. Ce qui n’avait pas manqué de faire réagir la jeune femme. Elle s’y était opposée et il lui avait rétorqué que « tout le monde avait le droit à une seconde chance » en se basant sur des témoignages officiels mais mensongers. « Tout le monde avait droit à une seconde chance ». C’était un mantra qu’elle défendait… mais il ne pouvait pas lui en vouloir d’avoir été plus que sceptique concernant Crafty. L’avenir lui avait donné raison… Et aujourd'hui rappelait, encore, à quel point…
Dans une volonté de se maîtriser, Alexis avait dévié son regard avant d’ajouter :
« Rien n’a été volé. Tout est en miette mais tout est là. »

Il était resté encore un instant, muré dans un silence éloquent, la bouche close, le cerveau pourtant empli. Avant de lui-même déclarer à mi-voix:
« Je… Je ne nie pas avoir...une dose de responsabilité, hélas… J’étais loin de me douter que…cela...dégénérerait...sinon... »

Il le pensait. Ne pensait pas nécessairement à la libération de Crafty mais à tout… En le libérant, en le mettant sur l’affaire des cambriolages...et même en tentant de la retenir...Il avait participé à cette sorte de mascarade sanglante et aux conséquences qu’il découvrait maintenant, à ses côtés. Si Alexis était rentrée plus tôt, si elle l’avait surpris dans sa mise en scène, le dénouement n’aurait pas été identique. Mais rien ne disait non plus que Crafty n’avait pas couvert ses arrières… Si seulement ! Si seulement ! S’il avait seulement pu se douter que tout tournerait ainsi ! S’il avait pu les éviter ! Bien sûr qu’il l’aurait fait... S’il avait su…
Non. NON. Il n’était pas commun que Preminger puisse considérer qu’il n’avait pas pensé ou omis les risques. Mais se cacher derrière une défaillance, une sottise de sa part, était faux. Tout aussi...affecté qu’il pouvait être, maintenant, tout aussi fulminant et révolté , tout aussi intolérable la vision de l’état d’Enora pouvait être… Il devait admettre de voir la réalité en face ! Ce n’était pas qu’il n’avait pas vu les risques. Preminger les voyait toujours. C’était qu’il les avait sciemment ignorés. Il les avait cachés, à lui-même ! Il avait évité de ne serait-ce que penser à ce que Crafty était capable de faire. Tout en connaissant sa nature agressive, rancunière, violente. Il connaissait les risques lorsqu’il avait décidé de le remettre en liberté, pourtant. Il avait chassé cela de son esprit, encore et encore, quand bien même Alexis les lui avait rappelé. Il n'avait pas voulu les entendre. Il connaissait les risques, encore plus lorsqu’il lui avait permis de reprendre ses activités criminelles en le recontactant. Crafty n’avait beau n’être qu’une loque à ses yeux, Erwin n’était pas sans ignorer qu’il demeurait malgré tout un criminel nocif. Il avait su terroriser une partie des docks pour être recruté.... Le laisser vagabonder dans les allées des beaux quartiers n’avaient que ravivé la colère du bandit qui avait augmenté en prison...
Et n’était-ce pas cette connaissance qui l’avait poussé à retenir la jeune femme après tout ? Outre les risques d'un cambriolage? Une part consciente de son cerveau bien davantage éveillée à ce qu’il risquait et ce qu’elle risquait. De ce qu’Il lui faisait risquer. Il avait beau jouer les effarés à présent, la réalité était là. Il avait beau louer le courage de sa maîtresse et déplorer les craintes par lesquelles elle était passée, IL était l'instigateur indirect de cette situation. Pour autant, il était réellement furieux et désemparé de ce qui s’était produit. Avait espéré que cela ne se produise pas… Avait eu peur pour elle, réellement. Ressentait un soulagement intense de savoir qu'il ne lui était rien arrivé. Enragé de savoir qu'il aurait pu la perdre. Regrettait et fulminait réellement de ce qui était arrivé. Il avait joué, gagné et tout de même perdu… Si bien que sa promesse de venir à bout de Crafty n’était pas vaine. Son geste l’excédait. La vulnérabilité à laquelle il avait exposé sa maîtresse le faisait promettre de lui régler son compte définitivement.
Après un long moment passé dans le vague, il ajouta :

« Du pur saccage par force brute dans un but net, oui, il n’a même pas cherché à s’enrichir… seulement faire passer son message. » 

L’atmosphère s’était considérablement alourdie. Lui en voulait-elle ? Sûrement. Mais pas au degré où elle aurait du le faire, assez ironiquement et qu’il se gardait bien de dire. Tout ce qu’elle pouvait lui reprocher n’était que moindre si l’on connaissait la vérité. Si on l’ignorait alors, à l’inverse, lui en vouloir revenait à lui faire porter assez « injustement » le chapeau pour ce qui arrivait.
Et il devinait que c’était ce qu’elle tentait de chasser, en s’enfermant dans son mutisme pour mieux réfléchir et s’apaiser. Si bien qu’il ne se défendait pas, coincé dans un purgatoire de fortune.

« Tu veux voir la suite ? » finit-elle par demander.
Le timbre de sa voix s’était altéré, il n’en demeurait pas moins contrôlé. Comme réfrénant une colère qui menaçait de s’exprimer par trop plein d’émotions contradictoires et de rage sensible. Trop de peur, d’émotions en peu de temps avivait ses nerfs. Après une hésitation, pourtant, elle lui avait de nouveau tendu la main, qu’il s’empressa de reprendre. La chaleur qui se dégageait de son corps enveloppait sa chair froide et tendue.

« Allons-y » se borna-t-il à répondre.

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

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- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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________________________________________ 2022-09-29, 23:35 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




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Elle était à fleur de peau, sensible, fragile et pourtant forte. Il ne craignait pas son courroux mais demeurait parfaitement éveillé quant à la force énergétique que sa colère pouvait générer. L’orage quelques temps avant la naissance d’Isaac lui avait offert une magnifique démonstration de la puissance destructrice qu’elle possédait en elle. Et par dessus tout, il souhaitait surtout qu’elle s’apaise. Non par une volonté de se mettre en sécurité, non. Pour elle.
Il l’avait suivie jusque dans le bureau, qui démontrait un capharnaüm aussi efficacement exécuté que la pièce précédente. Ici, une quantité de papiers avait été renversée à même le sol, déchirée parfois, les étagères mises à bas. Il devina des rangées de lignes, de chiffres qui se mêlaient au parquet, et releva le visage vers celui de la libraire :

- « Rien n’a été volé non plus ici? Des papiers administratifs ou importants? Ou ont-ils été détruits? Si tu as eu le temps de regarder bien sûr »

Il se doutait, au regard de l’état dans lequel il l’avait rejointe quelques minutes auparavant que sa vérification n’avait pu être qu’à l’image dans laquelle il l’avait trouvée : rapide, désordonnée, frénétique. Lorsqu’une émotion intenable vous contrôlait, les événements aux alentours avaient tendance à perdre de leur netteté. Toutefois, aussi pressée qu’elle avait pu être, Preminger savait que l’esprit humain – lorsqu’il était bien formé- se trouvait être d’un formidable recours. S’il s’avérait plus ou moins affûté, ce dernier savait encore noter les éléments les plus importants malgré l’état de stress. Dans une circonstance identique, il savait ainsi que son esprit n’aurait pas manqué de noter si son coffre-fort et ses documents les plus confidentiels étaient tombés entre les mains d’adversaires. Il ignorait si Alexis en disposait d’un mais nul doute qu’elle conservait à son domicile et vraisemblablement ici, des documents administratifs d’importance pour son patrimoine et sa société… Et aussi vive qu’elle était, elle avait forcément remarqué leur atteinte…
Il l’observa donc, intensément tandis qu’elle réfléchissait, sa mâchoire se relâchant un peu lorsqu’elle finit par secouer la tête, négativement :

- « Non... le plus important est intact… Tout ce qui est acte de naissance, tout ça n'a pas été trouvé je crois... pour le reste, c'était important mais on fera sans… Enfin, il a saccagé beaucoup des comptes de la librairie mais je t'en avais déjà amené une copie, je pense que ça ira pour ça, non ? J'ai... j'ai juste peur qu'il s'en prenne là bas maintenant..
- « Nous pourrons revérifier le tout ensemble au besoin tranquillement plus tard… Mais oui pour les comptes tout est sous coffre-fort. Il n’y touchera pas…. »

Les archives notariales possédaient la réputation d’être infranchissables, les siennes amenaient cette affirmation à un degré encore plus élevé. Aussi, répondait-il déjà, lorsqu’il prit la mesure de ce que la jeune femme lui disait. La main de la libraire, s’était subitement plaquée sur sa poitrine, signalant une nouvelle angoisse, dont elle venait de prendre conscience, brutalement.
 
« A la librairie ? » interrogea-t-il en fronçant les sourcils.

L’espace d’un instant, il songea à l’étude. Après tout, Crafty ignorait tout de sa véritable identité, il ne voyait qu’en Maître Erwin Dorian un détestable petit notable, cause indirecte de son emprisonnement… Il avait su se glisser, sciemment, dans son panorama, comme une figure hostile, tout en oeuvrant au dessus de son échine. Il ne serait pas étonnant que Crafty puisse envisager l’idée d’une vendetta à son égard. Bien que moins frontalement qu’Alexis, il avait « participé » à sa mise en garde à vue… Il garda néanmoins ces pensées pour lui, déposant sa main sur celle de la jeune femme, au dessus de son coeur, sentant ce dernier palpiter sous ses doigts.

« Tu as raison, il est logique qu’il essaye. Mais Je doute qu’il ait fait quoique ce soit aujourd’hui… cette mise en scène a du lui prendre du temps… S’il agit, il ne le fera pas en plein jour, c’est trop risqué. Mais puisque tu vas le signaler à la police, au moins nous saurons exactement où il risque de frapper ensuite.. et où l’attendre » Ses doigts s’étaient infusé entre les siens, tandis que son autre main serrait la sienne plus fortement « Il n’y touchera pas. Il sera mis hors d’état de nuire très rapidement, trésor. »

Le regard de sa maîtresse s’était néanmoins brouillé. Non de larmes, pourtant. Par une réflexion intense, au fur et à mesure qu’il parlait. Son toucher sembla, cependant, l’éveiller de ses pensées et son regard suivi son geste avant qu’elle n’objecte d’une voix blanche :

"J'espère, oui... et s'il s'attaquait à toi ? Tu devrais allez voir chez toi... Et s'il nous a fait la même chose en simultané ? C'était toi l'intermédiaire ce jour-là..."

Un silence marquait son inquiétude grandissante. Il fut ravi de l’entendre se rendre à sa propre analyse, sans même qu’il n’ait besoin de l’énoncer ou de la partager. C’était ce qu’il préférait chez elle, sa finesse d’esprit, si bien qu’une lueurde fierté dansa dans ses yeux.

"Ou l'étude ? Il ferait d'une pierre deux coups entre toi et moi…" continuait-elle.

Il s’était borné à hausser les épaules, mais son allure était demeurée sérieuse. Assurée.

« C’est une probabilité… j’y ai pensé aussi. Nous sommes les deux « fautifs «  à ses yeux. » confirma-t-il, évinçant sciemment Hera de l’équation, avant de remarquer d’une voix grave « Et par le passé, je t’avais déjà dit qu’il avait usé de menaces à mon égard… Puisqu’il semble être passé à une étape supérieure de vengeance…cela semble effectivement probable qu’il souhaite s’en prendre à moi également. »

Ses yeux s’étaient perdus dans le vide, comme cherchant l’ébauche d’une projection dans le plan de Crafty. Le bandit bénéficiait d’individus à sa solde mais ce n’était jamais rien que des individus lui étant fidèles, également. Son réseau était davantage étendu que celui du mafieux. Et il savait protéger ses allées et venues à sa propre façon… Oui, Crafty souhaiterait nécessairement le viser. Avec une violence moindre que celle contre laquelle il visait Enora mais tout de même… Il le ferait… Sans savoir qu’Erwin pouvait analyser ses faits et gestes en un rien de temps . Le faire suivre serait un jeu d’enfant. S’en débarrasser encore plus.

« Il peut cibler l’un ou l’autre voir les deux mais il lui faudra dans tous les cas du temps et de l’organisation. Ca augmente aussi les lieux où il sera possible de l’appréhender… je m’organiserai au besoin. Ça ira. Je te le promets. Nous sommes plus malins que lui. »

Un sourire entendu naquit sur son visage. Il le pensait, bien évidemment. Et le disait aussi pour adoucir la tension qu’il sentait encore présente en elle. Orna même le tout d’une œillade rusée. En vain. Sa maîtresse ne semblait pas propice à céder à la sérénité. Plus encore, elle le considérait d’un air presque...interloqué… Si abasourdie, elle répliquait déjà :

« Tu.. Tu ne Tu ne veux pas aller voir ? Tu es sûr ? Je peux rester seule quelques minutes... si c'est comme la dernière fois, je suis sans doute pas la seule touchée.. »

Elle était intelligente. Ca oui ! C’était, sans nul doute, pour cela qu’il s’était si lié à elle, petit à petit. Qu’il ressentait.. ce qu’il ressentait à son égard. L’attirance et l’affection. Enora était naturellement vive d’esprit, rusée. D’un point qu’il avait tout de suite décelé. Forcément, à présent, elle devinait déjà un rapport entre les récents événements et les cambriolages précédents. Oui, cela n’avait rien d’étonnant. Il n’avait jamais escompté qu’elle ne fasse pas le lien. En revanche… peut-être son propre comportement lui offrait une perspective bien différente de sa manière de penser ordinairement. Il était...trop calme peut-être. Trop...désintéressé du matériel. Il savait, en partie, pourquoi : parce qu’il n’avait aucun enjeu, aucun risque. Erwin doutait que Crafty ait pu intenter quoique ce soit dans son domicile, il n’en n’aurait pas eu le temps. De plus, il surveillait toujours sa propre résidence. Enfin, tout ce qui était susceptible d’être volé, serait tout aussi nécessairement retrouvé… Après tout, IL commanditait ces crimes. Il n’en pâtirait pas. Mais… quiconque le connaissait bien, pouvait déceler dans cette attitude pour le moins...tranquille, une curiosité. Rare étaient ceux qui pouvaient targuer de connaître son caractère. Mais au-delà de Midas, et Nick et Nack, qui restaient ses initiaux complices, Enora était de ce cercle intime. Elle connaissait son égoïsme. Et il ne pouvait dénier qu’il se serait, dans d’autres circonstances, précipité à son domicile pour vérifier. Mais...pour autant, si elle disposait des clefs, elle n’irait pas au bout de son raisonnement. Quelque chose la retenait. Son corps. Son amour. L’amour corrompait tout. Il corrompait sa clairvoyance, la faisait s’abîmer sur la partie la plus sombre de sa personnalité et si elle refusait de la voir, alors, plus encore refusait-elle de faire le lien entre lui et ces cambriolages.
Elle ne le ferait pas. Encore moins dans cette situation présente où il lui faudrait admettre que le responsable de la situation présente, le fautif indirect des actions de Crafty était l’homme qu’elle avait appelé à son chevet et qui se trouvait, désormais, en face d’elle. L’homme qu’elle aimait. Et qui avait accouru, non par connivence ou dessein, mais mué par une envie impérative de la voir.
Si bien qu’il pouvait s’en sortir. Atténuer le doute par un discours cohérent, qui n’était pas sans vérité, si bien qu’il soupirait, apaisant, d’une voix maîtrisée :

«  Trésor… Mon associé est actuellement à l’étude, il a dû rentrer un peu plus vite pour terminer un dossier Il m’aurait déjà prévenu s’il s’était passé quelque chose. »

Ce qui n’était pas faux. Midas ne s’était pas rendu à la fête de Pâques. Si Alexis avait été un tant soit peu attentive aux invités, elle avait du noter son absence. A partir de là cette justification se tenait, d’autant qu’elle n’ignorait pas « l’amitié » qui les liait. Il poursuivit, d’un ton rassurant bien qu’ennuyé

- « Quant à chez moi, s’il y avait le moindre souci je serais obligé de prévenir mon épouse et la police et il me serait très difficile de revenir promptement. Je préfère rester ici… » Il laissa un silence s’éternisait, afin qu’elle prenne la mesure de ses paroles, assénées dans le puits de ses yeux bleus puis repris «  S’il s’est passé quelque chose je le saurais bien assez tôt…et j’aviserai le moment venu… je préfère partir du principe qu’il n’y a rien eu pour l’instant… d’accord ? Et rester ici.»

Un sourire délicat releva la commissure de ses lèvres alors que l’un de ses index venait caresser délicatement la joue veloutée de la jeune femme, ignorant le sel qui les maculait. La manipulait-il ? Oui. En était-ce pour autant faux ? Non. Il le pensait réellement. Il voulait rester ici. S’il partait maintenant, ayant pu être victime du cambriolage, la bonne morale voulait qu’il avertisse Georgia. Laquelle s’empresserait de paniquer. Et revenir serait inextricable. Si d’aventure Crafty avait placé un seau de sang sur son propre perron, il préférait de loin que la reine en fasse les frais. Et il n’avait aucune envie de quitter ces lieux et de la laisser aux prises à l’angoisse. Et il tenait à demeurer, ici, avec elle, le Temps qu’il faudrait. Quand bien même il avait causé, tout ceci… Il le fallait. Non par culpabilité. Mais pour elle. Parce qu’elle avait besoin de lui et qu’il avait besoin de voir son état s’améliorer. D’être là. Se reculant un peu, il jaugea son expression, avec finesse, e sourire toujours sur la bouche, mais ses yeux observaient. Ils notèrent sa surprise contenue, virent sa méfiance s’atténuer jusqu’à disparaître progressivement, alors qu’elle coulait dans le sentimental. Ses yeux quittèrent l’étau des siens, pour se diriger vers la fenêtre. Ils ne s’échappaient pas à son regard, ils se focalisaient bien davantage sur une preuve du raisonnement que son cerveau était en train de suivre. Sa voiture. Une teinte rose colora bientôt ses joues, bien avant qu’elle n’accepte de relever doucement ses yeux vers les siens.
C’était sa main cette fois qui était allée chercher la sienne sur sa joue, pour l’inciter à se presser davantage sur sa peau, les yeux clos, un instant suspendu. Puis… elle finit par hocher cette même tête pour déposer sur la main du notaire un baiser rapide. Le mot « merci » frôla sa peau chaude, son souffle en dessinant les syllabes presque étouffées, avant qu’elle ne déglutisse :

« On monte ? C'est un carnage aussi là-haut... et la seule chose qui a été volé pour sûr est là-bas..."

Une émotion nouvelle passa dans ses yeux. Il ne lui avait jamais encore jamais vue…une dose de honte. De la honte ? Pourquoi diantre ? Elle avait poursuivit, de cette même gêne :

« Il faut que je te montre, c'est plus simple".

Ils étaient montés alors, rejoignant la chambre d’enfant d’Isaac. C’était là, sûrement devinait-il. Il se souvenait qu’elle avait évoqué le nom de son fils lorsqu’ils avaient échangé au téléphone… Enfin… échanger était un bien grand mot.
Il n’avait pu s’empêcher de contempler hatéré le ménage cruel auquel s’était livré Crafty dans la chambre de l’enfant… Le lit, les peluches éventrées. Enora avait mis tant d’amour et d’elle-même dans la décoration de cette pièce. Aussi, indifférent qu’il passait habituellement dans cet endroit auparavant, une part de lui avait saisi le choc et la tristesse qui n’avait pu que la renverser lorsqu’elle avait trouvé cette pièce dans cet état. Et plus encore… L’inscription sur le mur avait finalisé de l’affoler… « Quand on a un si petit »… Elle avait paniqué… Elle n’avait pu que paniquer.
Il tourna la tête vers elle, sans mot dire… Il se contentait de la contempler mais parlait à travers son silence. Devinait surtout, l’effroi, la peur, la révolte et la déchirure…Serra davantage sa main dans la sienne, comme un soutien, tardif mais présent. Isaac… Où était-il d’ailleurs ? Ce n’était que face à cette chambre vide, ces menaces inscrites au mur concernant le fruit de leur union qu’il se rappelait subitement de sa non présence… « Où es-tu petit copycat ? » Il l’ignorait, pourtant, cet enfant était sauf, cela, le ministre en était persuadé. Toute aussi paniquée qu’était Alexis lorsqu’il l’avait retrouvée dans sa cuisine, elle n’était pas dans le degré de prostration et de fureur où l’aurait instantanément plongée la disparition de son enfant. Il se remémora les traces dans le couloir d’entrée. La voix de sa maîtresse l’en avait diverti mais il avait noté, à cet instant précis, des traces de pas fraîches non loin de l’éclaboussure ensanglantée. Un signe que quelqu’un s’était tenu là, non loin d’elle… Et ce quelqu’un gardait sûrement l’enfant en lieu sûr :

« Où est Isaac ? Tu l’as mis en lieu sûr ? »

Cela ne sonnait même pas comme une réelle question mais davantage comme une demande de confirmation. Et cette demande la désarçonna un peu. Comme si cette question ramenait l’enfant dans l’une de ses préoccupations principales, là où le reste des événements l’avaient plutôt placé en demi-teinte. Cela qui acheva de convaincre le ministre de sa théorie. JAMAIS Enora n’aurait pu omettre son fils s’il s’était trouvé en danger. D’ailleurs, elle semblait être au proie à un sentiment ambiguë de joie et de dépit quant à sa propre question tardive.

« Oui. Il est en sécurité. J'ai appelé Elliot tout de suite après qu'on ai reçu le seau de sang... il était avec moi, encore dans sa poussette mais avec moi, il en a eu dans les yeux... j'ai eu tellement peur... je l'ai débarbouillé aussi vite que j'ai pu et j'ai tout de suite appelé Elliot de peur qu'ils reviennent ou qu'il puisse être en danger ou je sais pas... Elliot voulait rester mais je lui ai dit que j'allais t'appeler et de me laisser gérer... je pense qu'il sera le plus à même de le protéger... surtout avec... ça…" Elle avait déclaré tout ceci d’une voix assurée, sure de ses choix, sûre de la sécurité de son enfant, un regard à l’inscription menaçante inscrite sur le mur avait, néanmoins, suffit à la faire pâlir à vue d’oeil « S’il ose toucher à lui... »

Sa voix blanche était venue mourir dans sa gorge, et pourtant tout le drame de cette simple supposition se transcrivait dans son attitude. Fou à lier était celui qui attaquerait l’enfant d’Alexis, et dangereux ce geste serait tant pour l’agresseur et que pour la mère ivre de douleur qui le subirait…
L’émotion la submergeait tellement, dans les méandres d’hypothétiques scénarios, qu’il lâcha sa main pour venir enserrer son frêle visage de ses mains chaudes :

« Tu t’es parfaitement débrouillée et tu as fait ce qu’il fallait, trésor. » martela-t-il en posant son front contre le sien, la mine assurée «  Tu as eu raison. Maintenant, il est en sécurité, avec lui, Elliot le défendra quoiqu’il lui en coûte. Et il ne lui arrivera rien. Alexis...Il ne lui arrivera RIEN. »

Il l’affirmait avec une certitude absolue, les yeux dans les siens, une sorte de promesse. Crafty ne ferait rien à Isaac. Il n’en n’aurait pas le Temps. Il vit les yeux de sa maîtresse s’embuer, avant qu’elle ne le ferme pour empêcher des larmes de s’en extraire. Ses lèvres tremblaient malgré tout, symbolisant sa fragilité, alors qu’elle hochait la tête du plus fermement qu’elle le pouvait, tentant d’inscrire en elle la certitude qu’il lui martelait. Ses mains rejoignirent les sienness, et alors, comme si la sensation suffisait à lui offrir un port où céder, un sanglot lui échappa :

« Mon dieu j’ai eu tellement peur ! »

Et elle avait jailli dans ses bras avec une facilité subite, l’enserrant tandis que d’autres sanglots venaient la secouer. Il la laissa faire, une dose en lui, profondément satisfaite de son attitude. Trop heureux de la recevoir ainsi. Naturellement. Spontanément. Avec une aisance proche de ce qui les liaient et qu’elle passait des mois à fuir. Déjà ses mains se refermaient sur elle, pour la porter un peu plus contre lui, corps contre corps, dans une étreinte apaisante. Cela suffisait. Ce rassemblement qui n’avait rien de charnel et qui pourtant donnait corps à leur relation, d’une manière simple. C’était une évidence, quelque chose d’inné. Il remonta l’un de ses mains pour éteindre le sommet de sa chevelure, délicatement :

« Je sais… Je sais… je me doute, trésor » répéta-t-il doucement « Ca ira. Il ne lui arrivera rien. Je suis là. Et nous allons nous en sortir. Ca ira. »

IL ne sut dire combien de temps ils prirent, celui qu’il fallait, seulement. Tout ce qui comptait c’était qu’elle l’écoutait et se calmait progressivement, sous sa chaleur et ses mots. Et sa présence.
Ce ne fut qu’après un Temps qu’elle ressuya ses larmes, reculant un peu de son enlacement sans sortir de son emprise, pour mieux le regarder gravement :

« Il faut que je te montre autre chose..."

Encore. Il semblait à Preminger qu’ils vaquaient de pièces en pièces, découvrant progressivement l’oeuvre nauséabonde de Crafty…à l’infini. Fort heureusement, qu’ils n’existaient pas encore dans un palais ! Ou plutôt...malheureusement ! Un garde aurait eu tôt fait d’occire ce misérable individu avant qu’il ne pénètre seulement dans son château ! Ils repassèrent devant les pièces saccagées, jusqu’à rentrer dans la chambre de la libraire. Étonnement intacte. On eut presque pu croire qu’en passant le seuil, ils avaient échangé de réalité tant le contraste n’en devenait que plus frappant. Et pourtant… D’un pas sûr, Alexis s’avançait déjà, pointant le lit du doigt :

« C'était pas comme ça ce matin... je suis sûre que quelqu'un s'est allongé... et... "
« Quelqu’un s’est allongé sur le lit ? » glapit-il

Ses yeux flamboyants s’étaient, à nouveau ternis de noir. Une dose de dégoût haineux gonflait en lui… Il ne désirait pas savoir ce qu’avait pu faire Crafty en s’y allongeant, mais il ne faisait nul doute de ce qu’il avait tenté de provoquer en le faisant. Ce lit… Son lit, le sien aussi. Il pensait parvenir à considérer la maison comme une propriété personnelle de son amante mais… il partageait suffisamment les lieux et encore plus les draps pour considérer ce lieu lui ouvrait aussi son lot de souvenirs personnels et partagés. Elle y voyait une part de son intimité bafouée, il y voyait un pauvre et médiocre individu tenter de s’arroger un droit qu’il n’avait pas, et une offense à ce qu’ils vivaient.
Mais Alexis n’avait pas attendu sa réaction, elle s’était dirigée vers sa commande, ouvrant le tiroir où elle rangeait ordinairement ses sous-vêtements pour en sortir quelque chose qu’elle lui tendit d’une main tremblante, toujours pâle. Lui resté face au lit, les doigts crispés contre le bois, se tourna néanmoins, pour recueillir le papier qu’elle lui tendait. C’était une menace. Une menace écoeurante, grivoise, misérable. Sa vision se brouilla pour de bon, tandis que la haine déformait ses traits, donnant à sa beauté une noirceur venimeuse. Le soleil se dépêtrait de sa lumière, pulsant la force de ses rayons dans les ténèbres intenses. Crafty… Rien qu’une pensée à ce qu’il avait osé ravir ! Il sentit sa main baguée trembler de colère, se retint de déchirer la pièce à conviction alors qu’un rire sec et strident venait éclater entre ses lèvres…basculant sa tête en arrière. Il recula, sentant son dos se retenir au bois du lit, entre deux gorgées d’hilarité féroce

Pour qui se prend ce...sale, ce misérable petit raaat ? » gronda -t-il de sa voix haut perchée, blême de rage, tout en lui tendant le papier d’un geste rageur « Il t’a volée ? Que c’est..vulgaire. Que c’est...misérable ! Que croit-il faire ? Que croit-il SEULEMENT, pouvoir faire ? Nothing ! »

Sa voix s’était perdue, montante, mais il avait craché tel un venin le dernier mot, ramenant vers elle ses prunelles malveillantes. Comment avait-il seulement pu prétendre à cela ? Et laisser sous-entendre prétendre à plus encore. A ce qui ne lui appartenait pas. Pauvre idiot ! Pauvre idiot. Il n’y avait que la potence pour faire taire ces inepties vulgaires. Quoique c’était trop doux. Trop doux ! Il voyait presque ses mains fouiller les tiroirs pour subtiliser son « butin ». Pauvre fou ! Autrefois, on coupait les mains des voleurs, quelle suave idée…

« C’est le seul vol à déplorer, je crois » commentait Alexis d’une voix éteinte « Mais je veux pas le déclarer... c'est... pas ça... c'est tellement... humiliant... Je sais pas ce qu'il croit faire mais je veux pas le découvrir…"

Dans un frisson, elle ramena ses propres bras autour d’elle, s’y agrippant les mains, comme pour se protéger du froid que cette vision lui apportait… Lui, cependant, fronça les sourcils, tandis qu’une moue se dessinait sur sa bouche altière :

« Humiliant ? » répéta-t-il décontenancé «  Tu n’as pas à te sentir humiliée ! C’est à lui de l’être d’utiliser des techniques d’intimidation aussi...abjectes et grossières… C’est déplorablement digne des bas-fonds dont il vient… Ce genre d’obscénités de comptoir… Une petite vermine insignifiante ! Insignifiante ! »

Il pouvait le clamer haut et fort, c’était bien ce qu’il était ! Une mouche qu’il pouvait écraser de l’ongle si l’envie l’en prenait et cette envie ne faisait que croître… Une sorte de frémissement rageur le gagnait encore, offusqué. Comment pouvait-il oser ? Voler des sous-vêtements ! Ceux d’Enora ! Enora qui était sienne. Se permettre ces allusions...si grossières. Comme s’il lui était permis de lever une seule main! Misérable ! Misérable… !
Une main s’était déposée sur sa joue, aussi délicatement qu’une brise. Il sursauta presque, tiré de sa frénésie de pensées et de promesses mortifères.

« Ne crie pas, s’il te plait… Bien sûr qu'il est dégueulasse et qu'il devrait en avoir honte mais... c'est pas pour autant que j'ai envie de crier à tout le monde que ce type a ma lingerie et qu'il en fait je sais pas quoi... "

Un frisson était venu la secouer à nouveau et il l’avait observé avec une incompréhension réelle qui chassa momentanément sa colère. Quelque chose dans son attitude le surprenait… Cette gêne.. Enora était une personne pudique… à sa manière. Elle n’avait pas peur d’être elle-même, se trouvait forte de ses convictions. Parfois, il prenait plaisir à l’intimidation. Mais elle était dotée d’une assurance posée, les failles résidaient ailleurs. Aussi l’avait-il toujours imaginée, en phase avec son corps… Très en phase même, s’il laissait revenir à lui le souvenir de son premier emploi… Le Rabbit Hole, rien de moins que ça ! Ce n’était pas rien, c’était même conséquemment osé. Très conséquemment osé. Aussi, pour une ancienne strip-teaseuse et pour l’impudicité que cette profession nécessitait... cette sorte de gêne lui paraissait… curieuse. Il l’avait toujours crue pudique sur ses sentiments, certains pans de sa personnalité, mais sur son corps… A son sens, elle maîtrisait son aura, revendiquait ses choix, tête haute. Et pourtant, sur ça… aussi, elle l’était, réalisa-t-il… Elle ne voulait pas du regard des autres, tenait à son intimité. En définitive, elle l'était sûrement même plus que lui. Lui qui avait appris à offrir son image aux autres.
Mais alors...pourquoi ? Pourquoi ce travail ? Il ne pouvait lui poser la question aussi abruptement et ce n’était pas le moment. Il n'y avait rien de pire que de risquer de la vexer en posant une question maladroite et indiscrète. Il la poserait... quand l'occasion s'y prêterait.

« Je... je pensais... je pensais que..." Il secoua la tête, ajoutant avec plus d’assurance « Je... pense que...tu devrais en parler à la police. Au moins. C'est ton choix, bien entendu, mais cela...rajoute à "l'incident". En dit long sur la manière dont il cherche à t'effrayer et l'ampleur des menaces qu'il profère. Cela ne fait qu'alourdir son cas…"
Une grimace parcourut son visage et il pivota, pour refouler son envie subite de ricaner cruellement, à nouveau. Puis pivota vers elle, les pupilles brûlantes. Ses nerfs étaient bien trop à vif… Lui-même cédait à l’afflut de trop d’émotions contradictoires. Trop se culminait à présent. Tout ceci était trop. Il ne devait pas, n’aurait pas du se mettre dans un tel état. Et pourtant, il vivait cette colère aussi personnellement que possible… Il devait se reprendre… Il inspira, lentement, alors qu’Alexis semblait néanmoins réfléchir à sa proposition, les yeux dans le vague quand bien même l’envie avait déserté son esprit. Elle les leva, un instant, en direction du couloir. Vers Isaac devina-t-il. L’enfant n’était pas là mais sa sécurité hantait sa mère. Pour cela, il savait qu’elle avait raison. Si elle désirait offrir la meilleure des protections à son fils, ne rien omettre était la meilleure approche. Elle finit par en convenir d’elle-même, hochant la tête, doucement :

– "Tu penses que je peux juste leur montrer le mot ? Ils comprendront sans que je parle, non ?"
Il opina
 «Oui. Le mot est assez éloquent, s’ils ne sont pas sots ou indélicats, tu n’auras pas besoin d’en dire davantage… »
"On les appelle maintenant ? Ils vont penser quoi si tu es là ?"

C’était un risque à prendre, c’était certain. Mais l’hésitation ne dura qu’une seconde, après tout, il y avait déjà réfléchi… Si bien qu’il déclama très froidement :

« Je suis allé voir mon associé, qui habite non loin de là suite à un coup de téléphone de sa part … En passant, j’ai vu un individu s’enfuir non loin de ta maison, qui m’a forcé à freiner. En regardant d’où il venait je me suis arrêté ici car j’ai remarqué que la porte était ouverte, je t’ai vue prostrée ici et tu as appelé la police. Cela mêle suffisamment de réalisme pour être crédible. »

Il ne pouvait pas nier être entré ou même s’être contenté d’arriver et d’attendre sur le perron : sa veste tâchée témoignait du contraire. Mais elle ne témoignait pas nécessairement de son adultère. N’importe qui aurait tenté d’aider une jeune femme apeurée, aspergée de sang. Oter sa veste soulignerait qu’il avait attaché une importance à dissimuler le sang, sans raison apparemment. Non, le scénario qu’il proposait était en revanche limpide, logique, sans faille. Midas confirmerait tout aisément au besoin, même si Preminger savait qu’au grand jamais, ils ne vérifieraient son alibi, il n’était pas suspect, il était seulement témoin, après tout.
Alexis avait pris le temps d’y réfléchir, émettant seulement :

"Ils vont te demander de décrire l'individu qui sortait de chez moi... on risque d'influencer l'enquête et même si ça me semble assez évident que ce soit lui, je préfère qu'ils fassent leur boulot sans influence... Voir la porte grande ouverte et la tâche de sang ne serait pas suffisant à te faire freiner ?"

Et quand bien même ? Il avait justement inventé cette précision pour incriminer Crafty… Si bien qu’il haussait déjà les épaules, dans un sourire goguenard :

« Un peu d'influence ne fait pourtant pas de mal parfois. En revanche, je doute que l'on puisse apercevoir la tâche de sang de la route...et"

Il ne put finir sa phrase. Fut coupé dans son élan par une tornade. Minuscule. Qui manqua pourtant de le déstabiliser et de le faire perdre l’équilibre. Pétunia. La sorte de mini-licorne, qui au demeurant tenait bien plus d’un mini-bovin en terme de circonférence… Il n’avait même pas eu le temps de noter son absence et pour autant, il fallait admettre qu’elle prenait de la place… L’animal avait débarqué tel un boulet de canon que son allure bedonnante ne laissait pas supposer, pour se coller aux jambes de sa maîtresse, lui arrachant un cri :

« Pétunia ! » avant de reprendre, soudainement saisie d’une idée « T'as vu Pétunia sortir de la maison en courant, tu as failli l'écraser et tu t'es arrêté ! Non ? Oh qu'est-ce qu'elle a dans la gueule ?"

Il allait opiner quant à l’idée lorsqu’elle désigna une sorte d’objet que l’animal conservait bien précieusement entre ses dents. Il jeta un coup d’oeil vers sa maîtresse, laquelle s’évertuait déjà à le récupérer de sa « licorne » . Un morceau de tissu. Visiblement, son absence s’expliquait bien plus aisément, songea le ministre dans un sourire amusé… Elle avait du surprendre Crafty ou l’un de ses hommes en action et leur courir après jusqu’à croquer un bout de pantalon.
Peut-être sentit-il son regard, car la bestiole leva bientôt son museau pour l’observer à son tour. Ordinairement, elle grognait à sa vue. Pas cette fois, même si ses naseaux s’ouvrirent. L’espace d’une seconde, alors que l’animal le toisait sans bouger ni ciller, Preminger s’interrogea quant à sa capacité d’association d’idées. Elle n’était pas bête. Rustre et assez grossièrement faite, mais elle avait toujours réagi tel un chien de faïence à son encontre et à l’égard de tous ceux qui souhaitaient du mal à sa maîtresse. Et elle avait été là cette nuit là, lors du fiasco de la récupération des tableaux. Pouvait-elle deviner son apparentement à Crafty ? Non, c’était trop lui demander. Alors...pourquoi l’observait-elle ainsi ? Comme une proie prête à jaillir… et à le transpercer de sa corne?
Subitement, elle s’était approchée, le faisant se raidir, tandis qu’elle continuait sa marche vers lui...jusqu’à… Vlan ! Le gratifier d’un coup de tête dans la jambe. Alexis aussi, considérait à présent sa licorne, n’ayant rien manqué de son manège, avec un réel étonnement.
Preminger demeura un instant, saisi. Sans crier ni s’offusquer… Ca n’avait pas été agressif. Non. Uniquement, une manière...de le...remercier ? Une sorte… de geste d’affection ?

« Oh. » émit-il, d’un ton mi-surpris mi-hautain… « Je suppose que toi aussi tu as aidé ? » commenta-t-il à l’intention de l’animal, les yeux rivés sur son museau, ne doutant pas un instant des ravages qu’une Pétunia énervée pouvait causer…. Un de ses propres pantalons en avait déjà fait les frais. Mais, dans la singularité du moment, ce souvenir lui attisa plus de rire que de colère, si bien qu’il finit par admettre, un sourire entendu aux lèvres à l’intention de sa maîtresse:
«  "Je pense qu'effectivement, la police comprendra que Pétunia puisse être une distraction cohérente."

http://www.ouat-storybrooke-rpg.com/t80427-how-can-i-refuse-erwi


Jessie James
« Jessie never gives up,
Jessie finds a way! »


Jessie James

Beautiful Chains  ϟ  Erwin Cnxt

Elle va être sympa cette mairie, j'le sens bien... On va s'entendre copains comme cochons...


Beautiful Chains  ϟ  Erwin V27a

Edition Août-Septembre 2020

| Conte : Toy Story
| Dans le monde des contes, je suis : : Jessie, l'écuyère

Beautiful Chains  ϟ  Erwin Sherif10

| Cadavres : 744



Beautiful Chains  ϟ  Erwin _



________________________________________ 2022-10-23, 11:39 « Jessie never gives up, Jessie finds a way! »


Beautiful
Chains
C’était un Massacre. C’était ce que Claudia avait dit quand elle lui était passé devant. Elle sortait à peine de la maison et ne semblait pas en revenir. Jessie s’avançait dans l’allée d’un pas déterminé, sentant une colère monter en elle, bien qu’elle tentât de la contrôler. Le temps des orages n’était pas encore arrivé, la pauvre victime n’y était pour rien. Non ce n’était pas à elle qu’elle en voulait mais aux voleurs... aux voleurs et... au maire. Elle lui avait dit pourtant. Encore et encore, lui avait signalé lors de la première vague de janvier, s’était parfois rappelé à son bon souvenir lors de leurs entrevues mais ce soir, elle ne le laisserait pas filer. Une fois de plus, la ville avait plongé dans le chaos et bien que cette fois-ci, Jessie s’y était largement plus préparé, craignant une récidive, le constat global était tout de même alarmant et déprimant. Et il semblait l’être encore bien plus dans cette maison, si c’était là qu’on avait décidé de l’appeler. Cette fois, ses équipes étaient largement plus déployer dans le quartier est où nombre de maisons s’était fait cambrioler la première fois et aussi dans le quartier nord, bien que pas spécialement sur le versant de la maison vers laquelle elle s’avançait. C’était pourtant sa propriétaire qui, aux dernières nouvelles, avait subi le plus de dégât ou dont l’intérêt était le plus grandissant pour le moment. Elle avait été directement attaquée, elle avait été menacée, elle semblait connaître de près ou de loin ses agresseurs, ce qui faisait d’elle la pierre angulaire de cette enquête.

— Y’a le maire à l’intérieur...

— Merci de l’info James, je vais voir ça.

Super, il manquait plus que lui... Bien que Jessie tentât de cacher ce qu’elle pensait de l’homme auprès de son équipe pour éviter toute utilisation politique de la police, elle voyait bien dans le regard de certains que son avis était partagé. Par James en particulier qui ressortait sur le perron avec un air bougon. La rouquine se demandait bien ce qu’il faisait là. Il n’avait pas participé à la cérémonie de clôture de son évènement, elle l’avait vu s’échapper un peu avant tandis qu’elle attendait elle-même la fin des réjouissances pour retourner au bureau. Et maintenant il était carrément sur la scène d’un des cambriolages ? Que cherchait-il à faire ? Ne comprenait-il pas que ce n’était pas à lui de mener l’enquête ou que ce n’était clairement pas le moment de collecter des voix ? Pourtant, tout en enjambant une flaque de sang dans l’entrée, la shérif devait bien s’avouer qu’elle était de mauvaise foi. Jamais Erwin Dorian n’était venu interférer de la sorte sur une scène de crime ou de cambriolage. Il se contentait de la laisser faire son travail et lui demander des rapports. Alors s’il était là, c’est qu’il y avait quelque chose en plus qu’elle n’avait pas envisager.

— Alexis Child ? Bonjour, je suis la Sherif James.

— Bonjour, merci à tous d’être venus si vite... je... Vous voulez un café ? J’en ai fait pour tout le monde... ou j’ai du thé ou de quoi faire un chocolat chaud si vous préférez...

Jessie avait refusé poliment de la main avec un sourire doux, tentant d’éviter d’avoir un mouvement de répulsion face à l’apparence de la jeune femme. On ne lui avait pas menti, elle était couverte de sang, de la tête aux pieds. On avait déjà fait des prélèvements de celui-ci sur elle et au sol, ils étaient en route pour le labo à l’heure où elles parlaient. Un médecin l’avait observé et malgré un état de choc évident, elle ne semblait pas blessée outre mesure. Elle avait pourtant l’air perdue et gênée, tentant de se rendre utile de la plus gentille des façons, se montrant serviable avec ceux qui tentait de l’aider, rendant sa détresse encore plus insupportable à la cowgirl. Si on lui avait fait un rapport détaillé des premiers éléments de l‘enquête et de l’état de la victime, c’était parce qu’elle les avait demandés. On avait omis plus ou moins sciemment de lui parler du maire à côté de la jeune femme. Il se tenait à bonne distance de celle-ci mais la rouquine n’avait pas pu cacher sa surprise en voyant la grande tache de sang qui recouvrait son costume en lin qui virait sur le jaune. Ses yeux verts remontant la tâche comme si elle remontait le cours du temps, elle comprit alors que la forme qu’elle y voyait n’était rien d’autre que le corps de la jeune femme, propulsé sur le sien. Elle pouvait même voire là où ses bras avaient été passés autour de son coup. Reprenant contenance, elle tendit sa main à Dorian :

— M’sieur l’maire.

Il lui sera en la saluant d’un geste de la tête :

— Shérif. Merci d’être venue si vite.

Reprenant sa position initiale, entre ses deux interlocuteurs et face à eux, elle expliqua le déroulé de la suite de cette enquête, les observant alternativement pour être certaine de capter leurs attentions aux deux.

— Mad’moiselle Child, j’ai déjà eu quelques éléments de réponses par le médecin qui vous a ausculté, je suis ravie que vous ne soyez pas blessée physiquement mais croyez bien que je suis consciente de votre état de choc. Je suis désolée que vous ne soyez pas en mesure de vous changer pour le moment, je vais faire de mon possible pour que nous ayons fini le plus vite possible...

— Ce n’est pas grave, je comprends. Je préfère que vous réussissiez à trouver le coupable, même si je dois attendre dans cette tenue encore 3 jours...

— Je vous promets que ce ne sera pas le cas, auriez-vous l’occasion de prendre une douche chez des amis ou de la famille ? Je pense qu’après notre entrevue, nous pourrons vous libérer pour que ce soit le cas, le temps de finaliser notre enquête sur la maison, ça vous convient ?

— Oui, s’il vous plaît. Je pense que ma mère pourra me permettre de faire une douche sans problème, je l’ai prévenue, elle m’attend à la maison.

— Très bien. Alors voilà comment nous allons procéder. Nous allons nous isoler toutes les deux pour que je vous pose quelques questions. Quand nous aurons fini, je vous libérerai pour que vous puissiez aller vous changer, je pense que vous avez déjà été photographiée ?

Elle hocha la tête avec une tension et une honte palpable gravée sur le visage, ce qui fendit le cœur de la cowgirl.

— Croyez-en bien que j’en suis désolée, Mad’moiselle, c’est juste pour le dossier...

— Je comprends, vous faites votre boulot...

Elle hocha la tête pour lui spécifier que ce n’était que pour cette raison qu’ils agissaient ainsi et elle repris.

— M’sieur l’maire, quand nous aurons fini notre entrevue avec Alexis Child, je m’occuperai de notre conversation également. Vous semblez être un témoin clé dans cette affaire, il est nécessaire que je récupère également votre déposition.

— Bien évidemment, je me tiens à votre disposition Shérif… s’il m’est possible d’être d’une aide dans cette affaire, je vous éclairerai avec plaisir.

Il avait opiné du chef, restant droit et sérieux, plus sérieux qu’il ne l’était habituellement d’ailleurs. Lui qui avait tout de même l’habitude d’user de minauderies et d’un ton plus que mielleux n’en avait même pas utilisé une goutte. Pourtant, c’était le moment rêvé pour un politicien tel que lui... il semblait être le sauveur d’une citoyenne, pouvait montrer tout ce qu’il voulait pour prouver que le bienêtre de ses citoyens lui importait et pas un seul entrechat verbal n’était sorti de sa bouche. Plutôt incroyable... mais appréciable.

— Bien... Y’aurait-il un endroit où nous pourrions nous asseoir au calme ?

— Euh...

Elle semblait perdue, regardant autour d’elle comme si elle ne semblait pas reconnaître sa propre maison, c’était si triste à voir...

— On peut peut-être aller dans la véranda ? Il fait un peu frais, une vitre a été brisée, mais au moins on sera au calme...

— Je vous suis. M’sieur l’maire, je peux vous proposer de patienter ici ?

La jeune femme avait tourné la tête, croisant le regard de l’homme qui lui été sans doute venu en secours en premiers. Elle hésita un instant avant de lui préciser :

— Vous avez du café et du thé à cet endroit si vous avez besoin de vous resservir, je vous en prie, installez vous.

Elle se tourna ensuite en direction de la policière :

— Je peux prendre ma tisane avec ?

— Bien sûr, je ne serai pas longue, je vous le promets.

Elles s’étaient assises l’une en face de l’autre et Jessie avait sorti son calepin pour noter ce que la jeune femme lui disait. Elle était confuse par moment, clairement bouleversé et elles y étaient allées au rythme de la brune. La policière savait que le moment de la déposition était une épreuve et elle ne voulait rien brusquer. Il fallait pourtant qu’elle sache, comment elle avait découvert la maison, où était son fils à présent, si elle avait vu quelqu’un sortir de sa maison, ce que signifiait les mots sur les murs. Elle semblait pleinement en prise d’une vengeance à son encontre et lorsque Jessie lui demanda si elle pensait avoir une idée de qui était derrière tout ça, elle avait donné un nom, prenant pourtant toutes les précautions de ne pas accuser quelqu’un à tort. Avec un sourire, la cowgirl la rassura :

— Ne vous inquiétez pas pour cela, je ne prends pas ce que vous me dites pour parole d’évangiles sans vérifier un tant soit peu la possibilité que ce Crafty soit à l’origine de tout cela. Mais cela peut me donner des pistes, vous avez bien fait de m’en parler. Il y a autre chose que je dois savoir ?

La jeune femme avait hésité un instant avant de lui tendre un petit papier où la plus grande menace était inscrite. Elle assurait qu’il s’était allongé sur son lit, qu’il avait pris le temps de son méfait en sommes. Peut-être l’observait-il depuis plusieurs jours ? Il savait exactement quand elle était sortie et quand elle rentrerait, c’était une évidence, sinon il n’aurait pas tenté le risque de se faire prendre. Il cherchait à l’effrayer, pas à la confronter. Sur le papier, il précisait d’ailleurs qu’il y aurait un acte deux puisqu’il avait fini par lui voler quelque chose – elle assurait jusqu’alors que rien n’avait été volé, juste brisé – des sous-vêtements. Jessie avait serré les dents à cette révélation, le message était on ne peut plus clair et qui qu’était son agresseur, c’était clairement un porc. Elle ne pouvait que comprendre son bouleversement. Non content d’avoir violé son intimité par le cambriolage de sa maison, il lui promettait de venir la violer plus en profondeur, ce genre de chose donnait des envies de violence à la rouquine. Prenant une grande inspiration, elle fit de son mieux pour maîtriser sa voix et ses émotions, se devant être irréprochablement neutre dans cette histoire pour ne pas donner des envies de vendetta à qui que ce soit.

— Ne vous inquiétez pas, qui que ce soit, nous allons l’appréhender rapidement. Nous allons faire tout notre possible pour l’arrêter et mettre un terme à ses agissements. Il a fait plusieurs erreurs aujourd’hui, notamment en nous donnant sa calligraphie à plusieurs reprises et aussi... en prenant son lot. Il ne cherchera pas à les revendre, contrairement à tout autre voleur dans sa situation qui aurait pris des objets de valeurs. Il veut garder un trophée. Ce qui veut dire qu’il garde la preuve chez lui... si nous l’appréhendons avec ces objets, il fera un arrêt direct sur la case prison. Est-ce que vous souhaitez être placée sous surveillance pendant quelques semaines, nous avons l’occasion de le faire afin de vous tranquilliser.

— Euh...

Aussi fou que cela pouvait paraître, la brune était en train d’hésiter. Personne n’hésitait généralement. 90% acceptait avec grand plaisir, reconnaissant à l’idée d’avoir frôlé un drame, terrorisé à l’idée de vivre pire. Les 10% qui refusaient le faisaient généralement parce qu’ils avaient les moyens de se défendre seuls, avec ou sans système de sécurité. Beaucoup de ceux qui n’y avait pas le droit le réclamait à grand renfort de supplication mais l’hésitation, c’était inédit. Un peu gênée, la demoiselle replaça une de ses mèches de cheveux derrière l’oreille et bu une gorgée de sa tisane avant de préciser :

— Je peux vous répondre dans quelques heures ou quelques jours ? Je ne vais pas rester ici pour le moment, je pense que je vais aller dormir chez ma mère ou chez des amis au moins le temps que vous finissiez ici et que... les travaux commencent... du coup je serai déjà entourée et je ne veux pas leur imposer cela sans leur demander au préalable.

— Je comprends. Je vous laisse tout le temps qu’il vous faudra, voici ma carte, c’est la ligne direct de mon numéro de téléphone au bureau ainsi que mon portable, ça vous évitera de réexpliquer tout à un agent d’accueil.

Elle avait hoché la tête d’un air entendu en lui faisant un sourire. Cette jeune femme venait de vivre l’horreur et elle trouvait encore le moyen de penser aux autres avant de penser à elle. Personne ne méritait la violence mais elle avait la preuve devant elle qu’Alexis Child ne la méritait vraiment pas. La voyant se triturer les mains nerveusement malgré la prise de sa carte et ses remerciement, Jessie décida de clôturer l’entretien sur une note un peu plus positive, un peu de lumière dans l’orage qu’elle traversait.

— Quel âge à votre fils.

— Il a 7 mois...

— Vous êtes une toute jeune maman, félicitations !

— Merci.

Elle souriait déjà un peu plus, parler de son enfant semblait lui faire du bien.

— Tout se passe bien avec lui ?

— Oh oui, c’est un petit garçon parfait. Il est gentil et calme. Il s’éveille à son rythme et semble même me pardonner quand je ne suis pas assez réactive...

— Le rôle de mère célibataire est très difficile, je suis sûre qu’aussi petit qu’il soit, votre fils ressent que vous faites tout ce que vous pouvez pour lui et il vous en est reconnaissant.

— Merci... je l’espère, sincèrement.

— J’en suis sûre. Les enfants ça me connait.

Elle lui avait fait un clin d’œil et la jeune femme avait eu un air surpris :

— Oh, vous avez des enfants vous aussi ?

— J’en avais... J’étais un jouet avant la malédiction !

— Comme dans Toy Story ? Oh punaise... attendez... vous êtes Jessie ? LA Jessie ? Je suis ravie de vous rencontrer, je vous adore dans le dessin animé !

— Oh, c’est très gentil.

Elle avait légèrement rougi, pas certaine de mériter ce compliment. Elle n’avait jamais vu son homologue de pellicule, elle ne pouvait pas être certaine de lui être fidèle, bien qu’elle était fidèle à un autre homologue de pellicule dans son monde. Tout cela était extrêmement compliqué en soit mais elle avait retenu que dans ce monde, elle était effectivement l’héroïne d’un film appelé “Toy Story” et que des jouets à son effigie existaient également ici. C’était à croire qu’ils vivaient dans des boîtes qui étaient enfermées dans des boîtes encore plus grandes, à la manière des poupées gigogne. Sentant que la conversation risquait de dériver sur Andy et que cela serait un moment compliqué tant pour elle que pour la brune qui se confondrait en excuse de sa gaffe, elle tenta de dévier le sujet :

— J’espère que votre fils aimera mon homologue autant que vous dans le futur.

Elle lui avait souri avant de lui demander sympathiquement :

— Comment s’appelle-t-il ?

— Isaac.

Si la brune avait souri face au prénom, un éclair de doute était apparu sur son visage à la seconde où un éclair était apparu dans les yeux de Jessie. Isaac... elle avait déjà entendu ce prénom quelque part... Sur une tout autre affaire. Voilà qui devenait intéressant. C’était le seul Isaac qu’elle avait pu recenser jusqu’à présent, les registres que le maire lui avait donnés n’avaient servis à rien. Se pouvait-il que ce soit CE Isaac ? Ne voulait pas inquiéter plus que de raison la jeune mère, elle reprit un visage serein et souriant tout en refermant son calepin :

— C’est un très joli prénom. Bon, je ne vais pas vous embêter plus longtemps, je pense que j’ai le nécessaire. Il est possible que nous convoquions pour des questions supplémentaires dans les prochains jours si l’enquête avance. Pour le reste si quelque chose vous revient ou que vous souhaitez me parler, n’hésitez pas, mon téléphone est fait pour ça.

— Merci pour tout Shérif !

Les deux femmes étaient revenues dans la cuisine et tandis qu’Alexis Child la quittait tout en remerciant une nouvelle fois également le maire de sa présence, Jessie l’appela en lui faisant signe de la suivre. Ils s’installèrent de nouveau dans la véranda et Jessie rouvrit son carnet à une nouvelle page.

— Bien... je vous écoute. Nous allons reprendre les évènements depuis le début, si vous le voulez bien. J’ai pu observer que vous avez quitté la cérémonie de Pâques un peu précipitamment suite à un coup de téléphone, quel était-il ?

— Mon associé Jeremie Daas… pour une raison que je ne préfère pas étaler ici par respect pour sa personne…si vous me l’autorisez bien entendu.

Il avait eu un sourire par automatisme, un de ces sourire de convention que les gens avaient généralement, notamment lors d’interrogatoire, pour signifier quelque chose qu’il savait déjà, bien qu’en y mettant les formes. C’était commun. Jessie ne s’en formalisa pas, se contentant d’hocher la tête et de le laisser poursuivre selon ce qu’il avait envie de raconter.

— J’ai pris promptement mon véhicule pour régler cette affaire et je m’y dirigeais, il habite dans cette rue à peine deux pas, lorsqu’une licorne s’est jetée littéralement devant ma voiture… Curieuse scène ! j’ai eu tout juste le réflexe de piler à vrai dire ! Quelle frayeur se fut d’ailleurs ! Pour l’animal et ma carrosserie…

Elle pouvait comprendre cette précision. L’animal avait l’air plutôt robuste. Elle avait passé l’entretien précédent la tête lovée sur les jambes de sa propriétaire, salissant son pelage blanc au passage sans que cela ne la gêne. La bestiole était plutôt protectrice envers Alexis Child, elle avait pu le remarquer sans peine et elle savait qu’elle avait aussi causé quelques troubles à l’ordre publique par le passé, de par sa condition de créature créée pour protéger la jeune femme. Les humains n’étaient pas toujours émus devant les animaux et Jessie pouvait totalement croire qu’Erwin Dorian faisait partie de cette catégorie. S’inquiéter plus pour sa voiture que l’animal, surtout quand celui-ci avait le pouvoir d’y faire des dégâts, c’était totalement son style. Et cela collait pour le moment parfaitement avec ce que Child lui avait dit : Pétunia s’était enfuit quelques minutes après la découverte de la scène par sa propriétaire.

— Vous avez heurté l’animal ?

— Non. De justesse. Il ne s’est même pas arrêté… il était trop furieux c’était comme s'il poursuivait quelqu’un… Mais je l’ai reconnu. Il y a peu de personnes en ville possédant une sorte de licorne domestique. Je n’en connais qu’une, personnellement. Et le fait qu’elle habitait les alentours aidait la déduction..., j’ai tourné la tête vers l’endroit dont l’animal partait sans rien voir puis d’où il venait et c’est là que j’ai vu… d’abord la porte anormalement grande ouverte d’où l’animal venait, et puis une silhouette…un visage… rouge.

Il avait réprimé un frisson en disant les derniers mots, les yeux figés, comme s’il se souvenait d’un instant qui l’avait vraisemblablement choqué. Jessie lui laissa poliment le temps de reprendre ses esprits, tout en montant d’une main la tasse que le maire avait emmenée avec lui :

— Vous devriez boire un coup, ça aide parfois à faire passer ce genre d’images.

Elle écrivit sur son carnet ce qu’il venait de lui dire, en silence, lui laissant le temps de se reprendre avant de demander avec douceur :

— Il était quelle heure, à cet instant, monsieur Dorian ?

— A vrai dire je n’ai pas fait attention à l’heure avec tout ce drame mais… entre l’appel et mon arrivée, je dirais qu’il devait être environ 16h40…

— Je vois... et avez-vous quelqu’un ou quelque chose d’anormal à cet instant dans la rue ? Avez-vous vu vers où se dirigeait la licorne ? Le potentiel opposant qu’elle poursuivait ?

— Non pas vraiment, après tout s'est joué en l'espace de quelques secondes... J'ai tourné la tête j'ai cherché mais je n'ai rien vu, j'ai pivoté l'instant d'après vers la maison et c'est là que j'ai vu la porte et cette vision à la fenêtre... et ça m'a suffisamment choqué pour que je ne me préoccupe plus du poursuivant... J'ai voulu voir, comprendre, et j'ai pensé surtout à porter assistance...

Elle hocha la tête en précisant :

— Et donc ensuite, que s'est-il passé ? Comment avez-vous porté assistance ?

— A vrai dire, je ne sais si j'ai été d'une grande utilité, Shérif... En arrivant sur le perron, j'ai remarqué la plaque de sang, j'ai cherché un peu au hasard, je craignais que Miss Child puisse être blessée ou agonisante... Fort heureusement, il n'en n'était rien... Mais je dois dire que le reste de mon rôle fut simplement d'apaiser la pauvre victime... Ce qui ne fut pas une mince affaire...

— Notamment en la prenant dans les bras ?

La phrase avait fusé de façon volontairement brusque tandis qu’elle l’observait dans les yeux. Elle cherchait à jauger ses réactions, voir s’il était surpris de sa question, de sa déduction, mal à l’aise ou si tout lui semblait normal. Il n’était que le témoin de la scène, mais cela ne le rendait pas suspect. Pour le moment, la seule personne qui était hors d’état de cause était la victime et son fils de 7 mois. Tous les autres étaient suspects, la technique de l’entonnoir. Pourtant, le maire ne se laissa pas démonter. Il l’observa intensément sans répondre un instant, d’un regard profond qu’elle ne déchiffra pas tout de suite avant qu’il ne reprenne :

— Oui, notamment. Elle était en pleine crise de nerf... c'était atroce... j'ai cru que je ne parviendrais jamais à la calmer, à vrai dire... même si c'est on ne peut plus normal... Se prendre littéralement un seau de sang sur la tête, c'est d'une telle horreur...

Elle s’était contentée d’hocher la tête à sa dernière phrase, tentant de garder sa neutralité nécessaire à l’interrogatoire.

— Bien. Il semblerait pourtant que vous y soyez parvenus. Où était Isaac à cet instant ?

— Isaac?... ah oui, le fils de Miss Child?... Eh bien, il n'était pas là... Je m'en suis enquis, alors que j'essayais de la faire parler et de retracer les événements et d'en mesurer la gravité... De ce qu'elle m'a raconté, elle l'avait mis en sécurité... Une histoire d'ami...

Un peu fourbement, elle avait tenté d’en savoir un peu plus sur ce fameux “pour Isaac” qui avait assombrit le regard du maire lorsqu’elle lui en avait parlé, mais ce petit ne semblait pas lui dire grand-chose, il lui avait fallu quelques minutes pour retrouver de qui ils parlaient. Pour le reste, il confirmait ce que Miss Child lui avait dit, elle se contenta d’hocher la tête d’un air entendu en notant dans un calepin.

— Bien... et qui a décidé d’appeler la police alors ?

— Miss Child, évidemment. La décision ne me revenait pas. Mais je l'approuve et je l'ai conseillée, même si je n'ai pas eu besoin de la convaincre. Toute personne de bon sens appelle la police une fois le stress et l'angoisse passés. Il n'est pas possible de laisser une telle action impunie.

Bien qu’elle ne le montrât pas, sa première réaction à sa réponse avait été l’ahurissement. Child lui avait pourtant dit que c’était lui qui lui avait proposé d’appeler la police... Pourquoi une incohérence sur une réponse si simple ? Mais à bien entendre la suite du discours, il était à concéder qu’il faisait surtout le faux modeste, précisant bien qu’il le lui avait tout de même conseillé, là où la jeune femme avait été plus directe. La différence entre un politicien et une personne normale sans doute.

— Je vois... Donc je résume, vous vous dirigiez chez Monsieur Daas, votre associé, pour une affaire urgente quand la licorne de Miss Child a déboulé devant vous. Vous avez freiné, l’animal a décampé et c’est à cet instant que vous avez vu la porte grande ouverte. Vous vous êtes précipité à l’intérieur pour porter secours, Miss Child était déboussolée et vous êtes parvenu à la calmer tout en retraçant les évènements qui venaient de se produire. Suite à cela, quand elle a enfin été calmée, vous lui avait conseillé d’appeler la police, ce qu’elle a fait. C’est bien cela ? Y a-t-il quelque chose que vous souhaitez ajouter ?

— Oui c'est cela... enfin l'animal n'a pas décampé, j'ai freiné mais je n'ai pas interrompu sa course... je l'ai suivi du regard, puis j'ai regardé d'où il venait et j'ai vu la porte grande ouverte et j'ai aperçu une silhouette et un visage rouge à une fenêtre... Je me suis garé précipitamment et je suis allé porter secours oui. Pour le reste du déroulé, c'est exactement cela...

— Très bien... à quel moment l’animal est revenu ? Quand je suis arrivée, elle était déjà là, il semble qu’elle soit revenue bredouille... avait-elle quelque chose avec elle à son retour ? Combien de temps a pris son escapade selon vous ?

— Oh ... je... je serais bien en peine de quantifier cela, je ne sais même pas quelle heure il est actuellement... Peut-être vingt minutes ? Le choc a tendance à faire perdre la notion du temps... Mais, je suis persuadé qu'elle tenait quelque chose dans sa gueule à son retour. Un morceau de tissu.

Elle ne pouvait pas lui en vouloir d’être si peu précis, personne ne faisait attention à ce point au temps qui passait dans la vie courante et encore moins dans les moments de stress mais cela n’arrangeait pas ses affaires à elle. Plus les témoignages étaient précis, plus ils avaient de chance d’arriver à quelque chose de solide et en parlant de solide...

— Un instant...

Elle s’était levée d’un bond, lui intimant l’arrêt d’un index avant de se diriger dans le couloir pour demander si on avait retrouvé un bout de tissu. On lui confirma tout en précisant que la licorne l’avait elle-même donné à l’un des scientifiques et qu’il était prêt pour le labo. Revenant dans la véranda, elle se rassit en s’exclamant :

— Parfait ! Bon, il semble évident que Miss Child a subi une vendetta. En tant que maire et témoin, auriez-vous une idée de qui aurait pu faire le coup ?

— En tant que maire, je me garderai bien de porter toute accusation envers l'un de mes concitoyens... Mais en tant que notaire et témoin, j'ai, appelons cela...un soupçon. Disons, que je connais peu d'ennemis à Miss Child, de ce que je peux la fréquenter, aussi, elle sera sûrement capable de dresser une liste plus large. Mais de qui a été porté à ma connaissance...un seul nom me vient et qui est - ironie du sort- une inimitié commune... Willy Crafty. Il est...sorti de prison récemment. Et Miss Child avait témoigné contre lui, ce qui avait conduit à son incarcération. Les événements coïncident...à peu près à sa libération.

Il ouvrit alors les bras en signe d’impuissance :

— C'est l'unique piste dont je dispose. Mais, je ne suis pas le plus renseigné sur la question. Et l'individu avait manifesté de sérieuses appétences à une réinsertion sérieuse dans la société... il pourrait s'agir d'une simple coïncidence. Mais il faudrait néanmoins l'étudier à mon sens.

Elle hocha la tête d’un air entendu et referma son calepin d’un coup sec.

— Parfait, merci. Je pense que je n’ai pas besoin de plus d’informations pour le moment. Si quelque chose vous revient, n’hésitez pas à me contacter. Vous serez peut-être susceptible d’être rappelé au cours de cette enquête pour clarifier certains points. Pour le reste, je pense que nous en avons fini. Je vais attendre le retour de Miss Child, je suppose que vous avez à faire...

Elle fait illusion au problème que son associé avait rencontré un peu plus tôt.

— Très bien.... Vous savez que je suis à votre disposition, Shérif. "Oui... fort heureusement, mon associé a su endiguer une majorité, de ce qu'il m'en a dit" va-t-il marmonner comme pour lui-même "C'est toujours lorsque le temps nous manque qu'une catastrophe supplémentaire vous tombe dessus, quelle journée désastreuse ! …

— Ne soyez pas aussi dur avec vous, la chasse aux œufs n’était pas si mal.

C’était de l’humour, elle avait tenté de lui spécifier avec un sourire en coin léger et un œil brillant, histoire de le dérider. Après quoi, elle attendit le retour de Miss Child pour finaliser avec elle les derniers points du protocole avant de lever le camp avec tout le monde. Tout avait été récupéré. Alexis avait accepté de mettre un scellé sur sa porte pendant quelques jours, le temps qu’ils finissent de rassembler les dernières informations et elle avait fini par rentrer au poste de police. L’affrontement avec Dorian concernant tous les cambriolages ne serait sans doute pas pour le soir-même... il y avait encore tant à faire... mais ça finirait par venir, tôt ou tard.

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Alexis E. Child
« Allez dans la Lumière.
C'est au détour d'une Ombre
que nous attends le Mal. »


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Tu es comme tu es... mais malgré les erreurs, tu me rends parfois la vie de maman célibataire plus douce...


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Edition Octobre-Novembre 2020

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________________________________________ 2022-11-06, 22:08 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




Beautiful Chains


Je t’attends à l’appartement.


C’était le message que j’avais reçu alors que j'étais sous la douche. Il avait fallu plusieurs shampoings, passer plusieurs fois du savon sur ma peau et rincer. Le sang s’était immiscé partout et lorsqu’il avait glissé à mes pieds avant de disparaître dans le siphon en tournoyant, j'en avais presque eu un haut-le-cœur, comme si je reprenais conscience de ce qui m’était arrivé. Avec le temps, je m’étais habitué à cette chose collante et poisseuse qui s’était mise à sécher sur moi, me tirant la peau. Maintenant que je parvenais à la faire partir, je me souvenais que j’existais sous cette couche et l’odeur de fer qui émaner des vapeurs chaudes de ma douche devenait insoutenable, renforçant mes nausées. J’avais déjà eu tout le mal du monde à faire comprendre à Regina que je ne voulais pas qu’elle vienne à la maison, qu’Erwin était avec moi et que tout allait bien, mais lorsqu’elle m’avait vu, j’avais aperçu cette flamme dangereuse dans le fond de ses yeux, celle qui annonçait une vendetta destructrice, un peu similaire à celle que j’avais vu dans les yeux d’Erwin. Elle m’avait assommé de question, avait voulu voir son petit-fils, m’avait proposé de retirer une partie de tout ce qui m’engluait d’un coup de magie, mais j’avais refusé, montant les escaliers à toute vitesse, me réfugiant presque dans la salle de bain pour ne plus l’entendre. C’était déjà assez difficile comme ça... Je regrettais pas mon choix, je savais qu’il fallait que je lave tout ça moi-même pour être certaine de m’en débarrasser, pour avaler un peu plus facilement le choc du moment aussi sans doute, mais je n’aurai peut-être pas été contre quelque chose pour neutraliser l’odeur. J'avais fini par sortir de la cabine après au moins 5 douches consécutives, non sans lui vider la moitié du ballon d’eau chaude et sans tenter de nettoyer derrière moi le massacre que j’avais laissé dans le bac en céramique.

Comme pour me rassurer, la première chose que j’avais faite, avec certes un peu d’appréhension, c’était de m’observer dans le miroir. J'étais redevenue moi, tout entière. La couleur de ma peau était la couleur de ma peau, mes cheveux étaient de nouveaux bruns, juste humidifié par l’eau et rien d’autres. J’avais les traits tirés et l’air fatigué qu’ont les gens en état de choc, mais rien de plus grave. L’observation de mon reflet m’étant insupportable, j’avais baissé les yeux, à la recherche d’un déodorant et de mes habits. J’avais pris dans le tiroir les premiers sous-vêtements qui m’étaient passés sous la main, les plus confortables, les moins sexy, pour éviter de penser à Crafty. Je n’avais même pas pris de soutien-gorge à vrai dire, juste une brassière et un jogging, doux et confortable, pour me donner l’impression d’évoluer dans un câlin plutôt que dans des vêtements étriqués. J'avais besoin de douceur. Tout en mettant mes chaussettes, je reprenais le flot de pensées qui m’avaient assailli à mesure que l’eau glissait sur ma peau, sous la douche. C’était comme si les souvenirs étaient remontés à la surface pour me faire voir la scène d’un autre angle, où je n’étais que le spectateur un peu voyeur d’une scène pour laquelle je n’avais aucune attache sentimentale particulière. Je revoyais le visage affolé d’Erwin apparaître à moi dans la cuisine, sa voix blanche, qui montait dans les aigus lorsqu’il m’appelait. Sa façon de m’inspecter. Le soulagement qui en avait suivi. Il avait eu peur. Vraiment peur. Je l’avais vu au fond de ses yeux. Une peur dont je n’avais su que faire sur l’instant, mon état de choc étant omniprésent, mais à présent, je l’analysais bien plus fortement et je réalisais à quel point ce souvenir me réchauffait le cœur, malgré moi. Je revoyais la voiture, si mal garée près de l’allée qu’il avait mordu la pelouse, montant sans doute plus violemment que de raison sur le trottoir, se souciant si peu de ce qu’il l’importait habituellement. Et cette flamme dans ses yeux lorsqu’il avait vu ma maison, le mot laissé par Crafty. Une lueur malsaine et destructrice, cruelle et violente. La même que Regina avait eu dans ses yeux. Cette envie de protéger coûte que coûte, cette envie de vengeance à consommer. Pourtant Erwin n’était pas de ceux qui se souciaient outre mesure du bien-être d’autrui, j’avais pu l’observer à bien des reprises, il avait un égoïsme tenace et ancré bien en lui. Il passait bien souvent avant tout et s’il allait bien, alors tout allait bien. Pourtant pas cette fois, il avait été touché par mon cas plus que de mesure, comme si au fond, il s’était senti lui-même attaqué, ce qui expliquait sans doute que son égoïsme n’ai pas tout à fait disparu mais pas pourquoi il liait nos destins comme il le faisait à cet instant. Le lien. On y revenait pourtant toujours.

Désormais habillée, c’est à cet instant que j’avais vu son message. Il m’attendait à l’appartement. Je savais très bien lequel. Nous nous étions retrouvés plus d’une fois, notamment quand je le pensais encore célibataire. Alors qu’on errait dans les débris de ma maison, une panique m’avait soudain envie et je n’avais pas pu faire autrement que de l’exprimer à voix haute : où allais-je faire dormir Isaac ? Il était hors de question que je ne risque de l’endormir dans cette maison pour le moment, pas en sachant que Crafty savait où j’habitais et qu’il avait promis de revenir. Sans compter que tout était sans dessus dessous, ce n’était clairement pas un endroit pour faire dormir un bébé de 7 mois. Alors que je pensais déjà à Regina, à Elliot ou même Hadès, la solution était pourtant venue d’Erwin. Lui qui avait mis un Temps considérable pour s’apercevoir que notre fils n’était plus avec moi tentait pourtant de me donner un toit pour lui... pour nous deux. Je ne m’émeuvais pourtant pas de mon propre cas. Même si je gouttais depuis quelques années au luxe que me permettait mon salaire et mes économies, j’avais bien longtemps vécu ma jeunesse de façon plus roots, dormant sur tout sol qui s’offrait à moi, dans n’importe quelle chambre d’hôtel délabrée, sans que cela ne me pose problème. De ne pas avoir de toit ne m’avait d’ailleurs pas vraiment effleuré l’esprit jusqu’à ce que je ne pense à mon fils... Être mère changeait bien des choses.

— Le Daily Mirror s’en donne à cœur joie, ils sont en train de l’étriper...

Quand j’étais redescendu, j’étais tombée sur Regina, dans la cuisine, assise sur le bar, son PC portable allumé, ses lunettes sur le net, elle semblait lire les dernières nouvelles de la ville d’un air très concentré. Je savais de qui elle parlait. Même si elle avait accepté ma relation, il lui arrivait que rarement de le nommer réellement, comme si c’était sa façon à elle de l’accepter un peu plus, sans grincer des dents. M’approchant pour observer l’écran, elle m’avait laissé faire en me caressant les cheveux, embrassant ma tempe :

— Tu devrais sécher tes cheveux, tu vas tomber malade.

— Tu sais que c’est un mythe, pas vrai ? Et je préfère les avoir comme ça, ça me donne vraiment l’impression qu’ils sont propres. La vache... c’est moche...

Elle m’avait prise dans les bras en me lassant lire et je l’avais enlacé de mes mains, me gorgeant de ce moment de réconfort qu’elle m’offrait. Je me demandais si Erwin était déjà au courant. Le quotidien titrait ni plus ni moins que le “désastre” qu’avait été cette journée. On pouvait y lire qu’en dehors de la fête de Pâques plutôt sympathique, la ville avait subi une énorme vague de cambriolage pour la deuxième fois en un an. Le journaliste s’interrogeait sur l’efficacité de la police et la pertinence du budget qui lui avait été alloué, philosophait sur la possibilité que Storybrooke ne soit plus la petite ville plus ou moins “tranquille” qu’on avait connu jusqu’alors et se demandait ce qui avait pu pousser le maire à quitter précipitamment la cérémonie de clôture de son évènement, plusieurs témoins l’ayant vu passer le relai avant son adjoint avant de s’évaporer. Je me pinçais les lèvres, me demandant si Erwin avait déjà eu vent de ces nouvelles, s’il les avait lues et s’il regrettait son geste ou non. Je le saurai de toute façon bien assez tôt.

— Tu veux qu’on aille chercher Isaac ?

— Non, je vais le laisser encore un peu chez Elliot, je vais juste l’appeler pour savoir si tout va bien et je dois partir. Erwin m’a demandé de le retrouver en ville et... je crois que je vais y aller.

Si je n’avais pas tout dit à Regina de ce qui s’était passé à Noël, elle savait pourtant que ma relation n’était pas au plus beau fixe. Elle me sonda un instant, cherchant sans doute à trouver des réponses que je ne lui donnais pas et vint sans doute à la conclusion que nous devions parler. Après tout, il avait tout de même répondu présent à la seconde où il avait su que je n’allais pas bien et ça, si elle aurait pu le supposer avec le torchon du Daily Miror, elle le savait de source sûre : la mienne. Elle hocha la tête d’un air entendu tandis que je m’approcher pour l’embrasser :

— Je t’enverrai un message si je rentre ou pas.

— Tu peux juste appeler Elliot devant moi, s’il te plaît ? Je veux...

— Pas de soucis.

Elle voulait s’assurer que son petit-fils allait bien. Même si elle restait profondément pudique sur ça, je savais qu’elle tenait à lui autant qu’à moi. J'avais donc pianoté sur mon téléphone et après une première sonnerie, la voix surexcitée d’Elliot avait surgit dans le téléphone. Comme à son habitude, il me posait des milliards de questions à la seconde, se proposait de venir m’aider mais je parvins à le calmer. Je lui expliquais rapidement la situation, demandant des nouvelles de mon fils et m’inquiétant de le fait de le laisser chez nous.

— Oh non t’inquiète Alex, il peut rester autant que tu veux, ça nous fait plaisir et je crois que Lily et lui s’amusent bien.

Il était vrai que j’étais capable d’entendre Lily en fond chanter sa chanson préférée pour Isaac, celle de l’éléphant qui se balançait et j’entendais même le bambin hurler et rire aux éclats, sans doute porté et balancé par la jeune femme comme à chaque fois qu’elle lui chantait la chanson. Ce son me mit les larmes aux yeux, tout en m’offrant un sourire tendre et je remerciais Elliot et Lily par son biais, lui promettant de le tenir au courant, lui aussi. Isaac ne vivait tout cela pas si mal, comme si le sang qu’il avait reçu n’était qu’un lointain souvenir que le bain moussant que lui avait offert son parrain et sa femme avait tout effacé. Si seulement ce pouvait être aussi simple pour les adultes. Précisant les dernières nouvelles à Regina, je l’avais embrassé avant de partir en direction du désastre qu’était devenue ma maison. Les policiers étaient toujours là et prévenus de mon retour et je réalisais alors à quel point cela me soulageait. Je ne l’aurai pourtant pas cru mais savoir que je ne serais pas seule pour récupérer mes affaires et que je ne courrai pas de danger m’était brusquement nécessaire. Comme quoi les menaces de Crafty – si tant est que c’était bien lui - étaient vraiment efficaces... J’avais pris une valide assez grande pour mettre environ deux semaines de tenues et de produits de beauté et de soin pour mon fils et moi. J’avais récupéré son petit lit parapluie à défaut d’en avoir un vrai chez Erwin si jamais je voulais y restait et quelques jouets qui m’avaient semblés intacts. Chargeant la voiture, je m’étais rendue compte avec un bonheur et un soulagement puissant qu’ils n’avaient pas eu le temps de s’attaquer au garage et donc à la voiture, qui était intact. Après des ultimes remerciements pour les officiers toujours présents, j’étais sortie de ce qui restait de mon chez moi en direction de l’appartement. Après avoir entré le code du digicode, j’étais monté et avait sonné, attendant qu’Erwin m’ouvre.

Lorsque je l’avais vu, j’avais tout de suite pu constater qu’il s’était changé. Était-il rentré chez lui ou l’avait-il fait ici, je n’en avais aucune idée. Avec un faible sourire et sans le toucher, je lui étais passé devant pour commencer à déposer les affaires que j’avais remonté. Je n’étais pas encore sûre de ce que je voulais faire mais l’idée de les laisser sans surveillance dans la voiture m’avait angoissé plus qu’autre chose, comme si j’avais l’impression de ne plus être en sécurité nulle part, me faisant dire que l’idée d’emménager ici seule pour un temps avec Isaac était sans doute une mauvaise idée. J’avais besoin de compagnie et de soutien et mon stress grandissant à l’idée d’en manquait risquait de jouer sur le rôle que je devais être pour mon fils, ce que je refusais. N’en disant rien pour le moment, j’avais laissé Erwin refermer la porte derrière moi avant de lui demander de but en blanc :

— T’as pas un truc à boire ? Un truc un peu fort genre une sambucca ou un whisky, une vodka...

J’avais soupiré en me redressant, passant une main dans mes cheveux, exténuée moralement. J’espérai vraiment qu’il puisse avoir ce digestif italien mais je savais que c’était quelque chose qui était loin d’être connu aux Etats-Unis. Je l’avais moi-même découvert dans mes “stages” à Rome mais Erwin étant un fin gourmet, il existait peut-être une infime possibilité qu’il ait ce que je désire. Posant mes mains sur le bas de mon dos, réalisant que mon stress nous avait rapproché outre mesure précédemment, je l’observais faire un peu gênée. Cherchant à briser la glace, je lui avais alors demandé :

— ça s’est bien passé avec la police ? Et avec ta femme... ? Elle t’a pas demandé pourquoi tu étais à ce point en sang ?

Me dirigeant vers le canapé, je m’y étais laissé tomber tandis qu’il préparait nos verres et nous les amenait en précisant :

— Tu as lu le dernier article du Daily Mirror ? Ils sont pas tendre avec toi... et tout le monde se demande pourquoi tu es parti de la fête précipitamment...

Même moi à dire vrai, mais je n’avais pas encore la force de rentrer dans cette conversation qu’il nous faudrait pourtant bien aborder. Je m’étais alors contenté de préciser :

— Je suis désolée...

Et je le pensais. Quand j’avais appelé, ça avait été instinctif. Je n’avais voulu que lui pour venir m’aider à réaliser, que lui pour me prendre dans les bras, me réconforter et m’aider à reprendre le cours de ma vie en visitant de nouveau la maison. Tout comme je n’avais voulu qu’Elliot pour s’occuper d’Isaac. J’avais pas réfléchi aux conséquences, j’avais juste appelé. Et il avait répondu. Plus que répondu, lui que je connaissais si sûr de lui quand il s’agissait de dire “non” et de penser à soi, il avait tout lâcher pour venir me voir. Si ça m’avait réchauffé le cœur, je réalisais aussi à présent qu’il ne le ferait sans doute plus, vu ce qu’il aurait à subir maintenant et cette pensée m’attrista d’une force insoupçonnée, comme enfoui et datant pourtant de bien loin, remontant à ce fameux jour de Noël...

— Pourquoi t’es venu Erwin ? Aussi vite je veux dire... pourquoi...

J’avais tourné la tête à la recherche d’une façon de formuler ma phrase mais je n’en trouvais pas. J'avais l’impression de parler avec quelqu’un qui ne parlait pas la même langue que moi, un extraterrestre, on ne se comprenait pas. Je lui demandais pourquoi, il répondait le “lien” et au final, personne n’était jamais vraiment satisfait car personne ne comprenait : lui n’envisageait pas le sens de ma question, moi je ne trouvais aucune clarté dans la brume de sa réponse. Alors pourquoi m’acharner à tenter de comprendre ? A chercher toujours la même réponse qui ne venait pas ? Je n’arrivais même plus formuler, alors je m’étais contenté de l’observer dans les yeux et de conclure :

— Pourquoi ?

Déglutissant, sentant mes yeux s’embuer, j’étais pourtant restée digne, l’observant seulement et précisant à voix basse :

— Merci de l’avoir fait. Ça m’a touché, vraiment. Je... Je n’ai pas réfléchi aux conséquences... j’ai juste eu peur et... je te voulais toi...

J’avais dégluti une nouvelle fois, me faisant la réflexion que nous étions peut-être au délicieux moment opportun de prendre une goutte d’alcool, quelle qu’elle soit, me brûlant la gorge et m’embrumant l’esprit.

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________________________________________ 2022-12-02, 22:02 « If the crown should fit, then how can I refuse? »




Le lien



Ils avaient appelé la police et finalement Jessie James était venue assez promptement. Il fallait dire que sur tout l’ensemble des cambriolages générés dans la ville, celui-ci était bien évidement le pire. Atypique, se dissociant des simples faits de larcins, commis avec plus ou moins d’efficacité dans les différents quartiers de ville.
Preminger s’était bien évidement attendu à se voir confronté à la shérif à un moment ou un autre de la soirée, mais Ciel pas au cours d’une telle occasion. Fort heureusement, elle avait été professionnelle du début jusqu’à la fin de leur conversation, retenant pour plus tard, les remontrances sèches qu’elle ne tarderait pas à lui adresser quant à la décision prise quelques mois auparavant de ne pas augmenter le budget de la police. Il lui était gré de le lui avoir épargné, bien qu’il se soit tenu prêt à les encaisser et y répondre. Le fantôme de ce débat existait depuis leur conversation sur l’augmentation du budget de la police, peut-être même l’instant où il avait planifié les cambriolages. Mais quand bien même...
De toute manière, s’il y avait bien une chose positive à retenir de tout ce carnage outrageux, c’était bien qu’il nettoyait son image de toute culpabilité potentielle aux yeux de la policière. Sans même avoir cherché à le faire. Le hasard était, parfois, bienfaisant et cruel, à la fois, de lui offrir une tempérance par une situation qu’il aurait préféré évité et dont il était responsable…
Mais, au regard de son inquiétude réelle, de ses agissements, elle ne verrait en lui qu’un politicien présomptueux qui avait mal jugé les risques de la vermine. C’était tout….
En parlant de vermine… Il était à peine parti qu’il avait appelé Midas, sur la route. L’opération avait été un succès avait tenté de lui préciser son caniche, ce à quoi, Preminger avait coupé court. Il s’en moquait. Bien évidement que tout avait réussi. Après tout, il avait organisé toute cette opération dans ce sens… Et cela ne lui provoquait plus aucune ivresse. Il était habitué à s’ennuyer instinctivement d’une chose à peine obtenue, mais là ce n’était même pas cela. Il n’y pensait pas.
Ses pensées se trouvaient toutes focalisées sur autre chose. Quelque chose qu’il n’avait pas obtenu encore mais dont il avait essentiellement besoin: la vengeance. Pour lui et pour elle. Pour eux. Crafty devait payer. Il le ferait, cela allait sans dire. Il ne causerait plus aucun mal, ne se vautrerait plus dans la terreur vulgaire qu’il tentait d’inspirer aux autres, mais dans sa propre et crasse pourriture. Aujourd'hui, puisque Preminger célébrait officiellement sa victoire aux yeux de ses larbins, il l’obtiendrait d’autant plus aisément, que le vaurien ne se méfierait pas. Il viendrait simplement chercher son du, certain de ses mérites, satisfait de ses méfaits. Il n’y verrait rien avant que le couperet ne retombe sur lui… Et là… Oui, il verrait ce qu’il en coûtait de toucher à ceux à qui il tenait.
Preminger n’avait fait que ,dicter ses consignes à son chien, puis avait raccroché, sans prendre la peine de noter le « à tout à l’heure » lancé par son caniche ou de le détromper. Il n’irait plus nulle part, si ce n’était qu’à son appartement. L’un de ses appartements aurait été un terme davantage judicieux mais aux yeux d’Alexis, celui-ci possédait un sens certain et différent. C’était celui qu’elle avait longtemps pris pour le « sien ». Un endroit classe, décoré avec une extravagance certaine bien que moins exposée que d’autres lieux, un endroit parfait pour un « célibataire », un endroit où on pouvait aisément l’imaginer passer ses soirées. Ils y avaient passé nombres de leur soirée initialement et ils s’y retrouvaient encore parfois souvent, bien que leurs rencontres s’effectuaient à présent davantage au domicile d’Alexis. Cet endroit avait un arôme de commencement… Et de sécurité. Et constituait ainsi un lieu où Crafty ne penserait pas à venir l’y trouver, en attendant qu’il ne soit neutralisé. Ce qui ne saurait tarder… Sachant qu’Alexis ne pouvait le savoir.
Une fois rentré dans son « domicile du jour », Preminger avait verrouillé la porte, plus machinalement que par besoin de protection puis s’était glissé sous la douche, non sans un regard prolongé aux traces sanguinolentes qui parsemaient son costume. Le sang s’écoulait le long de la douche, pour glisser dans les conduits, se dissolvant dans l’eau.
«Notamment en la prenant dans les bras ?»

Cela n’avait été qu’une simple question. Logique. La police adorait pointer ce genre de petits détails sans importance, dans l’unique but de signaler leur sens de l’observation. Il était sûr que Jessie James n’y avait rien vu d’anormal. Une personne en panique qu’on tentait d’apaiser en l’enveloppant dans une étreinte rassurante, surtout lorsqu’en soit, on connaissait la personne et qu’elle venait de vivre une expérience traumatique. Le plus étonnant aux yeux de la policière n’avait pu être que le côté prévenant sur lequel elle ne le connaissait pas. Mais elle l’avait pas tourné ainsi, s’était simplement contentée de noter le fait. Ce n’était qu’une ligne de dialogue et il y avait parfaitement répondu sans laisser subsister la moindre trace de faute. « Un détail sans importance » qui pourtant était loin de l’être. Il avait complètement souillé sa si belle chemise de gala et bien qu’y prenait garde que maintenant, il se demandait avec désintérêt si le sang partirait. Tant pis, il en rachèterait une autre. Cela ne lui paraissait pas important et il ne regrettait pas ce geste. Il avait semblé si naturel, il avait coulé de source… Au-delà du sang.
L’eau avait nettoyé les dernières traces incrustées de sous la fibre, et il avait le Temps de songer à ce qui lui était arrivé. Retraçant l’ignominie de Crafty, la terreur de sa maîtresse, les odieuses insinuations de l’individu et le chamboulement qui l’avait gagné. Les médias ne tarderaient pas à cracher leurs venins, l’information des événements couleraient tant à son avantage à qu’à son désavantage et pourtant, il restait principalement focalisé sur ce qu’elle avait traversé. Et la mise au point de sa punition pour l’Auteur de ces méfaits. L’image des atrocités futures adoucissaient les stigmates de colère qu’il conservait en lui. Une fois sorti de la salle de bain, il avait lancé Smetana, tout en vaquant aux quelques consignes à appliquer, lorsqu’il avait entendu frapper à la porte de l’appartement.
Cela ne pouvait être qu’Alexis ou un voisin, ces derniers étant les rares personnes à connaître le code d’entrée à l’immeuble. Après un bref coup d’œil à travers le judas, par simple précaution, il lui avait ouvert la porte, affichant un sourire soulagé. Il ne s’était pourtant pas attendu à ce qu’elle n’arrive pas, il avait ordonné une équipe de surveillance plus accrue autour d’elle après ce qui s’était passé et rien n’aurait du lui arriver en route, malgré tout, il demeurait encore sur le qui-vive des événements récents. Tendu et inquiet. Il recula pour la laisser entrer, sans la frôler ni la prendre dans ses bras, encore. Ce n’était pas qu’il n’en n’avait pas envie, bien au contraire, mais… au regard des événements, il préférait la laisser respirer et observer les changements que le tout avaient pu provoquer chez la jeune femme. Il nota qu’elle n’était pas venue les mains vides, au contraire. Elle traînait une valise assez lourde et large… A peine de quoi tenir deux jours pour lui, mais sa maîtresse était à l’inverse capable d’entasser une quantité de choses dans un si petit compartiment. Alexis paraissait fatiguée mais davantage en meilleure forme.

« Tu peux poser tout ça là, nous pourrons les mettre dans la chambre après » indiqua-t-il seulement en refermant la porte derrière elle. « Je t’ai libéré un maximum de place dans les placards...Réellement. » ajouta-t-il après un léger temps de pause.

Un petit rire léger avait suivi ses propos. Une boutade douce qui ne pouvait qu’alléger l’ambiance et lui rappeler un petit pan qu’elle pouvait juger gênant de sa personnalité. Tout en soulignant qu’il avait su lui faire la place nécessaire à son confort. Il ne se sentait pas mal à l’aise, mais demeurait malgré tout précautionneux.

« Tu n’as pas un truc à boire ? Un Truc un peu fort, genre une sambucca ou un whisky, une vodka... »
« Oh si, je suis persuadé d’avoir au moins l’un de cela. Je vais regarder ça, le temps que tu te mettes à l’aise... »

Il jaugeait encore sa mine, toujours tirée, même si le sang qui constellait son visage et jusqu’à ses cheveux s’était totalement résorbé de son image. Son pauvre trésor. Se superposait encore l’image obsédante d’elle, imbibée de sang. La terreur qu’elle avait ressenti, le choc qu’il avait subi.
Elle s’était étirée, contorsionnée et endolorie par le stress que par le poids de sa valise, avant de le regarder. Une dose de gêne passa dans ses yeux. Il l’a reconnu. C’était la même qui l’avait empêché d’effectuer le moindre geste envers elle, encore. Non pas une rupture de lien, pas une distorsion de ce qu’ils avaient été, non. C’était un rapprochement au contraire, une sorte de précipitation vers l’avant, non prévue. Il l’avait souhaitée mais n’avait pu deviner la forme qu’elle avait pris. N’aurait même pas pu l’espérer, le contexte était trop cruel, les événements trop furieusement désagréables. Mais il les avait rapprochés, les ramenant antérieurement de la période de Noël. Ou...alors les avait simplement réunis pour leur rappeler cette chose évidente qu’ils partageaient. Même si aucun d’eux ne parvenait à tomber d’accord sur la définition adéquate.

« A merveille. J’ai répondu ce que nous avions convenu, rien d’autres, elle m’a fait la remarque d’ailleurs concernant cette splendide tâche… » un rire sec et sans joie s’était échappé de ses lèvres, avant qu’il ne poursuive dans un haussement d’épaules « En revanche, non je ne suis pas repassé voir mon épouse… Je la préviendrais. Mais elle se doute que je suis fortement occupé, avec tout le merveilleux tintamarre médiatique des cambriolages… Attends, je reviens tout de suite ».

Il n’avait pas oublié sa requête et s’ils se mettaient à discuter des événements, il risquait de ne plus se relever rapidement. Aussi, s’était vite levé, pour mieux rejoindre la cuisine. L’appartement était, fort heureusement, toujours préparé pour tout besoin impromptu et l’alcool faisait partie de ces petits essentiels à un agréable séjour. Il les possédait tous, même cette fameuse sambucca qu’il ne l’avait jamais entendu réclamer et qu’il avait découvert lors de l’un de ses déplacements...au Portugal, contrairement à ce que l’on aurait pu croire. Il avait trouvé ce digestif diablement efficace et infiniment plus fin pourtant que le ricard et depuis disposait d’une bouteille pour rares occasions. Hera appréciait-elle ? Sûrement… Dans tous les cas, il se garderait bien de lui proposer de lui en servir, vu la manière redoutable qu’elle avait de servir ses alliés.
Sortant deux verres, il en versa l’alcool puis s’en revint, lui tendu l’un des deux.

« Voici, ma très chère… J’ignorais que tu connaissais la sambucca, comment l’as-tu découverte ? » interrogea-t-il dans un sourire curieux, avant d’en boire une gorgée.

Cela ne l’étonnait pas forcément pour autant. Alexis était éclectique. Elle se passionnait pour beaucoup, testait avec hardiesse. Surtout lors de ses plus folles années, elle avait sûrement du vivre à cent à l’heure. Elle osait les expériences, les voyages, les escapades.
Le goût de l’anis coula dans sa bouche. Il s’en délecta, tout en s’asseyant à ses côtés, croisant les jambes et allongeant son bras le long du fauteuil. Il ne la toucha pas, signalait seulement sa présence, jouant avec l’alcool dans sa main, alors qu’elle l’interrogeait sur l’article du Daily Mirror. Bien sûr. La presse à scandale n’avait pas pu s’empêcher de sauter sur l’occasion de bafouer cette journée. Il devait admette...qu’il l’avait prévu. Son image ne pouvait en ressortir qu’écorner. Si bien qu’il haussa les épaules avec une indifférence calculée :

« Ce n’est qu’un bavardage de presse à scandale. » objecta-t-il avec mépris avant de tempérer « Je suis bien évidement fautif à mon niveau et je prendrais les mesures nécessaires pour y remédier… Je compte discuter avec le shérif James pour corriger les failles de notre police, je lui dois bien ça ainsi qu’à ma ville et bien nous ferons les interviews nécessaires pour récupérer l’opinion publique… » il soupira dans un ton placide puis ajouta « Je verrais bien… Tu connais l’opinion publique, elle grince des dents sur une affaire et acclame ceux qu’elle conspue une semaine plus tard, si ce n’est une journée après en fonction des événements, d’un mot, d’un costume… ».

Il contempla son verre, faisant tourner doucement le digestif encore une fois, observant sa couleur limpide…

« Je suis désolée... » murmura-t-elle le faisant tourner la tête vers elle, instinctivement.

Il n’avait pas attendu une seconde de plus, déjà sa réponse fusait, avec une évidence lancinante.

« A quel titre devrais-tu te sentir désolée à mon sujet, trésor ? » répliqua-t-il, ses yeux s’infiltrant dans les siens.

Son ton était sévère mais la critique n’allait pas à son encontre, au contraire ; il l’affirmait avec une certitude farouche. Elle n’avait rien à se reprocher, elle l’avait appelée à son secours. Parce qu’elle en avait fondamentalement besoin. Parce qu’elle avait eu besoin de lui. Et il ne lui en voulait pas le moins du monde, il en voulait à celui qui avait investigué cette situation et qui l’avait si brutalement atteinte et parvenait encore à la faire sentir coupable. Son visage teinté de sang se superpposait à celui, ventripotent de Crafty. Il n’avait aucune difficulté à visualiser l’immense sourire satisfait qui avait du parcourir le visage du bandit lorsqu’il avait mis en place son piège. Encore plus, lorsqu’il s’était imaginé la scène… Il goûterait bientôt à bien pire….et l’ancien Ministre pariait qu’il n’y trouverait pas le même plaisir… Une moue méchante se dessina sur son visage, qu’il effaça tout aussi vite.
Il espérait qu’elle le sentirait. Alexis ne pouvait que ressentir l’aura qui s’étendait, encore incrustée de ressentiment à l’encontre de Crafty, mais nullement à son encontre. Cette même aura qui criait sa colère contre ce qui lui était arrivé.
Doucement, il lui avait caressé la courbure de sa pommette avec le dos de son index, pour l’apaiser…
et ce fut à cet instant, qu’elle se décida à lui demander :

« Pourquoi t’es venu, Erwin ? Aussi vite, je veux dire… Pourquoi ? »

Elle avait tourné la tête vers lui, croisant son regard pour la première fois directement. Plus directement que jusqu’alors. Ils s’étaient déjà regardé avec attention et intensité de nombreuses fois, même lorsqu’il s’était rué jusqu’à son domicile après l’appel, mais ce regard là était différent. Il possédait une densité inexprimable par des mots. Les deux s’y noyaient, s’y absorbaient, comme si l’autour n’existait plus. Son regard sonnait un appel, une demande et elle l’avait presque plus besoin de l’exprimer lorsqu’elle lui redemanda pourtant :

« Pourquoi ? »
« Parce que j’ai eu peur pour toi. »

Même s’il l’articulait comme si cela restait une évidence, une simple donnée, cela n’avait rien de plus anodin. En témoignait le frémissement presque interne qui l’avait saisi et la manière dont il l’avait déclamé. Sans battre ne serait-ce qu’une fois des cils, comme le son d’une Vérité. Sa Vérité. Et pourtant… Il ne s’était jamais exprimé à ce point avec si peu de mots. Le verrait-elle ?
Sa main était retombée de sa joue, maladroitement, alors qu’il poursuivait :

« Pour quelle autre raison serai-je venu ? » interrogea-t-il, mais ce n’était que rhétorique « Lorsque j’ai reçu ce coup de téléphone, je… j’ai crains ce qu’il pouvait t’être arrivé… Crains le pire. Et je ne pouvais pas me résoudre à ne pas venir, à te laisser. Il fallait que je vienne.»

Preminger n’était pourtant familier de ce type de déclaration. Pour ainsi dire, il riait de leurs auteurs, ordinairement. « S’inquiéter pour autrui et l’admettre, quel ridicule » jacassait-il avec dédain, en dépassant le concerné, la tête haute. Et pourtant…
Pour ainsi dire, c’était sûrement la première fois qu’il l’avouait à quelqu’un...et le ressentait pour autrui avec une réelle force. Mais c’était ainsi. Et c’était Vrai.
Quelques Temps auparavant il l’aurait enfoui au plus profond de lui-même, dans un reniflement de dédain et aurait claironné avec force qu’il l’avait fait, parce que c’était des plus normal. Juste normal. Point. Pourquoi plus de précision ? Pourquoi se justifier ? Preminger s’était toujours dit que s’il lui arrivait une telle chose, s’il admettait une telle chose, même, il en perdrait en force. Finalement...il n’en n’était rien. Étonnement...il n’en n’était rien. Il se contentait de l’observer, dépassé par ce qui s’était produit...cela ne l’empêchait pas d’en éprouver aucune honte. Une fois admis, tout coulait de source, au contraire, comme une évidence : Il avait eu peur. Il était venu. Et il ne regrettait rien. A quoi bon, puisqu’il savait et admettait qu’il le referait aussi promptement si cela venait à se reproduire… Avec la même évidence pressée qu’il avait agit ce jour. Avec le même empressement paniqué. Hera le ressentait-elle actuellement ? Il l’imaginait lui porter un toast de loin, son énigmatique sourire sur le coin de la bouche.
Il ignorait si cela allait jusqu’à se lire sur la moindre parcelle de son visage acéré, dans l’incandescence flamboyante de ses iris… Et lui, pourtant Maître des duperies et des faux-semblants, souhaitait réellement que cette vérité soit lue. Soit sue. Comprise. Sans la moindre crainte d’une manipulation ou mensonge de sa part. Cela dut se ressentir…
Elle avait déglutit, alors que ses iris s’embuaient, sans pour autant lacérer sa dignité. Elle ne fondit pas en larmes, ne craqua pas, laissant seulement son visage se charger de davantage de gravité. Une statue solennelle, gracieuse et élégante, où seul un murmure s’éleva :

« Merci de l’avoir fait. Ca m’a touchée, vraiment… Je… je n’ai pas réfléchi aux conséquences...j’ai juste eu peur et… je te voulais toi... »
« Tu n’as pas à t’excuser. J’ai choisi de venir, trésor. »

Sa main était venue se poser sur le haut de son épaule pour s’ancrer en elle, de la manière la moins abrupte et la moins intrusive possible. Non par manipulation, mais parce qu’il sentait ce moment aussi fin que le cristal, aussi important qu’il ne désirait pas le ternir d’audace et de séduction. Il n’en n’avait pas besoin. Tout ce qui restait nécessaire, tout ce qui valait la peine d’être dit, inscrit était la Vérité. Une vérité importante dont découlait ses actions et ce qu’elle en retenait.
Même si elle ne l’exprimait pas clairement, les paroles de la jeune femme portait le poids de la culpabilité.

« Tu n’avais pas à réfléchir aux conséquences que j’allais supporter. Ca n’a jamais été que mon seul fardeau. Et j’ai choisi de venir. En toute connaissance de cause de ce que cela pouvait impliquer. Je savais ce que cela impliquait de quitter aussi vivement d’une cérémonie publique. Quand même j’ai pris cette décision dans un moment de tension, cela restait une décision. MA décision. Tu n’as pas à en endosser le fardeau jusqu’à t’en torturer l’esprit. Je suis venu parce que je le voulais. Je n’aurais pas fait autrement. Il le fallait.  »

Il s’arrêta un instant, ses lèvres traçant la ligne délicate d’un doux sourire qui se voulait apaisant. Mais plus important, sincère. Il était Vrai, à cet instant sans même le vouloir. C’était finalement comme si son être lui devait cette réalité, cette vérité après tant de Temps passé, éloignés, enroulés parfois dans les non-dits.

« Je suis venu parce que je me suis inquiété pour toi. Lorsque tu m’as appelé, dans ta panique, dans tes silences… Alors j’ai répondu à ton appel...parce que je tiens à toi et je ne voulais pas te perdre. »

Sa main glissa le long de son épaule, venant se déposer sur ses mains jointes, les pressa de sa paume chaude. Ce n’était qu’un petit geste, une petite avancée. Pourtant, il sentait que cela restait beaucoup. La simplicité qui se dégageait de ce moment possédait une valeur, une finesse réelle et splendide. Sans pour autant qu’il ne puisse l’évaluer pour son potentiel. Il vivait l’Instant, simplement, sans calcul, ni volonté autre que celle qui le maintenait dans ce partage.
Il aurait pu tout perdre aujourd'hui, si Crafty s’était avéré moins joueur. Il ne voyait que ce risque. Cette peur qu’il avait déjà vécue des mois auparavant, à la venue au monde d’Isaac. La manifestation avait été différente, mais le sentiment était le même, ce refus catégorique d’une telle éventualité et la peur agrippante de cette odieuse éventualité. On était maître de beaucoup de choses, mais de la Mort… Voilà un pouvoir dont il ne disposait pas encore et qu’il convenait de maîtriser un jour… En attendant… Ils s’étaient rapprochés. Et il n’avait jamais perdu la place qu’il occupait dans la vie de la jeune femme. Bien qu’il n’ait jamais cru le contraire, s’il avait douté, ce qui s’était produit aujourd'hui achevait de le prouver. Il hésita à le formuler, puis se décida :

« D’ailleurs, je suis ravi d’avoir été celui-là... Celui que ton instinct t’a susurré d’appeler. Malgré...tout ce qu’il y a pu avoir qui t’a…. »

Sa voix s’était s’arrêtée d’elle-même. Il n’avait même pas besoin d’aller plus loin. Ils savaient tous deux ce à quoi il faisait référence. Leur discussion de Noël. L’affrontement de l’Amour et du Lien. Un combat qui paraissait dérisoire à cet instant. Ce qu’ils avaient vécu les ancraient davantage sur leurs sentiments, peu important qu’il ne sache pas le nommer ou ne le veuille pas. Il la regardait pourtant avec la fureur au coeur à l’encontre de Crafty, et le soulagement que rien de pire ne soit arrivé. C’était bien d’une certaine manière le plus rassurant avec ce genre de petit bandit de bas étage, ils adoraient faire un effet de style sans pour autant agir de manière physique dès la première fois. Tant mieux, dans ce cas précis.
Sa main s’était resserrée avec douceur, alors qu’il s’approchait, apposant presque son front doucement contre celui de la jeune femme :

« Tu es en sécurité. Et je te promets, trésor, que nul ne posera la main sur toi. J’y veillerai. »

Il s’était reculé, une brève seconde, seulement, pour avaler le reste de la sambucca, puis s’était saisi avec délicatesse du visage de la jeune femme, l’entourant doucement de ses paumes. Elle était semblable à de la porcelaine, malgré sa vigueur et sa force. Si fragile et si pure parfois….
Il tiendrait sa promesse… Pour autant, elle n’était pas amenée à le savoir et d’une certaine façon, cela rendait la chose...désappointant et frustrant. Il aurait eu envie qu’elle prenne pleinement la mesure de la menace qu’il destinait à Crafty. Qu’elle sache enfin à quel point, l’individu souffrirait. A quel point, il serait châtié pour ses crimes. Mais le lui révélait, révélerait tout ce qui demeurait encore caché à ses yeux. Et il ne pouvait le faire. Encore moins, maintenant que leur couple avait subi une fissure d’importance… Non, il convenait d’attendre.
Pourtant autant, il refusait tout autant de la laisser dans l’ignorance complète. S’il pouvait prendre plaisir à voir ses ennemis se ronger les sangs d’une menace, il était hors de question de laisser Alexis se tordre dans l’angoisse permanente. Non… Il fallait un moyen pour lui assurer un apaisement progressif. Il y avait pour ainsi dire déjà réfléchi. Puisque Crafty disparaîtrait bientôt et au regard des accointances du malfrat avec la pègre locale, il n’y aurait rien de particulièrement difficile à révéler progressivement sa disparition. Cela permettrait à sa maîtresse de présumer, petit à petit, que ce dernier était inopinément disparu de la surface de la Terre, de s’apaiser, petit à petit, pour mieux voir ses craintes s’anéantir, lorsque le corps serait retrouvé et révélé. Il en ferait quelque chose de significatif. Et pour autant, sans que sa signature ne puisse être ramenée à lui. Il trouverait le moyen, ne s’en inquiétait pas et en attendant se ferait un plaisir de faire corriger ce malotru, pour chacune de ses fautes. Pour elle.

« Je sais que cela est sûrement difficile à croire pour toi, surtout en ce moment, mais tu es plus forte que tu ne le crois, trésor... » murmura-t-il doucement, rapprochant son visage du sien «  Tu as en toi une force incroyable…Et je ne parle pas de magie… Mais de ce que tu as en toi.. Et tu n’es pas seule. »

Son visage s’était approché, progressivement, doucement de ses lèvres, comme aimanté. Une envie, un besoin. Il l’avait embrassée avec une douceur tendre, un respect qui n’était pas nouveau, mais se voyait révélé. Il tentait de lui insuffler sa vigueur, sa confiance dans une volonté de la protéger, de la rassurer. Et ses mains remontaient le long de sa mâchoire pour l’agripper, sans violence, l’ancrant dans cet instant. Au-delà des larmes, des pleurs et du sang, il y avait eux. Et ce simple petit mot renvoyait pourtant à un grand Tout. Une équipe qui ensemble pouvait faire tant ployer. Il en était déjà convaincu. Ne lui mentait pas. L’admirait pour sa force, le potentiel de son pouvoir mais pas uniquement. Elle possédait une force morale insoupçonnée, qui la faisait puiser dans son courage pour les autres, avant elle-même. L’Amour desservait les intérêts de beaucoup de personnes, pour elle, cela semblait être une pleine force. Elle tentait tant pour les autres, qu’elle renvoyait ses craintes et ses effrois en pâture, pour avant tout sauver et assurer la sécurité de ceux qu’elle aimait. Sans même qu’elle ne lui dise, il savait que cela s’était produit aujourd'hui. Dans l’horreur et la peur. Au sein même de ce tourbillon effroyable et sanglant, il pouvait parier qu’elle n’avait pas flanché tant qu’Isaac ne s’était pas trouvé mis hors de portée d’éventuels ennemis. Pour lui. Par amour, elle avait tenu. Avait conservé et rassemblé toutes les miettes de sang-froid dont elle disposait pour assurer la sécurité de son fils, puis s’était effondré une fois sa tâche accomplie. On pouvait rire de ce sacrifice, en réalité, il prouvait aussi sa valeur et sa force. Leurs lèvres se rencontraient. Il y avait davantage d’émotion que de désir dans cette effusion et pourtant, cela n’était pas pour lui déplaire, bien au contraire. Ils se reconnectaient, se retrouvaient enfin, pleinement. Dans un écho à ces mois écoulés dans la frustration et la souffrance. A quoi bon ? Preminger sentait que cela étant advenu, ils avançaient à nouveau, ensemble, soudés par le « Destin », ramenés par ce qui les maintenaient ensemble.
Il finit par se reculer, un peu, à regret toujours, sondant son expression et son visage encore à proximité d’elle.

« Je t’ai préparé ce dont tu as besoin, ici… Et je pense qu’Isaac pourra s’y sentir bien aussi. Même si la décision te revient entièrement… C’est évidemment, totalement différent de l’appartement. Plus exiguë, mais il reste plus spacieux et plus confortable que ton ancien appartement. A défaut d’être prévu pour une vie de famille, complètement, il fera tout de moins l’affaire à mon sens, quand dis-tu? » interrogea-t-il avant d’ajouter « Par ailleurs, c’est un endroit sûr, totalement inédit et inconnu. La police seule, peut avoir à connaître le lieu si tu décides de recourir à son service de protection…Même si objectivement, je doute que cela soit nécessaire si tu décides de loger ici. » objecta-t-il après un temps de réflexion, d’une voix peu convaincue. « Personne n’ira te dénicher ici et nous pourrons aisément nous retrouver, si cela te tente… Ou peut-être suis-je, dangereusement et étourdiment égoïste, à tes yeux, mon cher trésor ? » interrogea-t-il en pinçant les lèvres.

Il l’admettait : il n’était pas dans son intérêt qu’Alexis accepta la patrouille. Si elle le faisait, non seulement ils devraient user de hardiesse et d’astuces pour se voir… Mais, il attendait au moins de connaître la réaction d’Alexis sur le sujet. Peut-être la désirait-elle, a contrario de lui, considérant ceci comme une protection nécessaire au regard des événements… Après tout, il pouvait être rassurant de se savoir surveillée et protégée par des professionnels... quand bien même, elle possédait en elle, un pouvoir bien plus puissant que les armes réglementaires de la police, pour les repousser. C’était paradoxal mais logique en soit. D’une certaine manière, si elle préférait, il ne ferait qu’argumenter dans le sens de ses propres convictions mais n’insisterait pas plus. La situation avait été suffisamment éprouvante pour que la jeune femme souhaitât gérer et puisse gérer son angoisse et la reprise de ses moyens comme elle l’entendait. Si il forçait quoique ce soit, elle se braquerait… et il n’avait aucun intérêt à la braquer alors qu’à présent, il venait de la retrouver.

« D’ailleurs, sauf si tu ne préfères pas en parler… Comment s’est passé ton interrogatoire ? La shérif ne t’a pas trop cuisinée ?… Elle t’a interrogée sur…tout ?… »

Il s’était interrompu, sans forcer préciser le sujet qui revenait sur le devant de la scène. Le vol des sous-vêtements que sa maîtresse avait tant tergiversé à porter à la connaissance de la police… D’une manière qui l’avait surpris. Ce même étonnement revenait d’ailleurs à la surface, lorsqu’il s’attardait sur son passé de strip-teaseuse au Rabbit Hole. Cette pudeur lui paraissait tellement...étonnante. Il l’avait toujours imaginée si assumée dans son corps, assumant d’avoir été connue pour cela, dans son esprit, qu’il restait quelque peu surpris de sa réaction. Il y avait un tel contraste dans cette attitude et ce qu’il avait toujours cru savoir d’elle à ce sujet. Encore à présent, cette même interrogation revenait, tandis qu’il scrutait le visage doux et agréable de sa maîtresse. Il y avait quelque chose… Quelque chose sur laquelle il n’avait pas levé le voile…

« A ce sujet... » commença-t-il sur un ton un peu hasardeux.

S’arrêta, un bref moment, s’interrogeant sur la pertinence de son action. Ils venaient juste de se retrouver. Etait-il prudent de s’engager sur un tel sujet alors que les esprits demeuraient échauffés des chocs successifs subits ? Il ne fallait pas la perdre à nouveau.. Et pourtant, il devait savoir.

« Tu trouveras cette remarque sûrement curieuse mais…je ne veux pas être déplacé non plus d’ailleurs, mais ... je… Lorsque tout à l’heure, nous évoquions ce vol de sous-vêtements… Je t’avoue que j’ai été surpris de constater ta gêne à ce sujet… Je pensais qu’un travail au Rabbit Hole désinhibait davantage… et que tu avais un tel rapport de confiance avec ton image à ce sujet, que j’ai été réellement surpris de constater que cela n’était pas tant le cas... »

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