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Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu'au bout de votre rêve
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 "I put a spell on you" - Alexis & Erwin

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Erwin Dorian
« If the crown should fit, then how can I refuse? »

Erwin Dorian

| Avatar : Rufus Sewell

"I put a spell on you" - Alexis & Erwin Vba9
- Pour ma victoire? C'est adorable, trésor... Même si en toute modestie, je dois admettre, qu'au-delà de cela, je suis un prestigieux modèle pour mes concitoyens"
(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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| Conte : Coeur de Princesse/Le Prince et le Pauvre
| Dans le monde des contes, je suis : : Preminger

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"I put a spell on you" - Alexis & Erwin _



________________________________________ 2022-11-05, 22:46 « If the crown should fit, then how can I refuse? »

I put a spell on you
“Le jour de la fête des morts donne à chacun le sens de la vie.”


L’automne s’était engouffré dans la ville presque s’en crier gare. Aussi vivement qu’une bourrasque. Pour celui qui ne prêtait pas précise attention quotidienne au paysage alentour, il découvrait presque subitement le cramoisie des feuilles et celles qui d’un jaune ocre recouvraient déjà le sol de Storybrooke d’un parquet scintillant de couleurs chaudes. L’unique trace d’un été déjà loin. Et de toutes ces nuits crépusculaires de la saison, Halloween les éclipsait toutes. La mélancolie se paraît d’un voile de mystère supplémentaire. Venait le jour des effrois, des cris et paradoxalement des rires sucrés d’enfants. S’il avait du songer à cette fête, Erwin Dorian eut dit qu’il l’appréciait pour ce que certains en avaient fait. Une ode presque aux forces obscures, même si elle avait surtout pour but de les repousser de l’enfer auquel elle appartenait. Lui, se contentait de voguer dans cette atmosphère, se rappelant que les pires des monstres erraient en vie avec une apparence tout à fait trompeuse. Et c’était fort appréciable. Demain, il fêterait la première année de mandat. Une grande année, qui nécessiterait cependant de dresser quelques bilans. Il avait beau être infaillible, il pouvait encore se bonifier. Et ce soir… il l’avait réservé.
Depuis « l’incident » de Crafty, sa relation avec Enora avait retrouvé une amélioration nette depuis le Noël précédent. Du moins, il trouvait. L’année précédente, il devait convenir que la fin de la campagne, l’annonce des résultats des élections, les lumières braquées en permanence sur sa personne n’avaient pas permis de profiter d’une soirée d’Halloween en… « couple ». Il n’était pas très friand de ce terme, qui lui rappelait quelques sujets et états sentimentaux sur lesquels il se sentait toujours si peu à l’aise, mais forcé de constater qu’il se prêtait à la situation.
Cette année, ayant senti l’envie particulière de celle-ci à permettre à Isaac de procéder à sa toute première tournée des bonbons, il avait réfléchi à une manière de leur permettre de vivre cette fête…un peu plus officiellement qu’auparavant et aussi dignement que cela le méritait.
Storybrooke lui permettait peu de possibilités, hélas, de s’afficher avec sa maîtresse à la vue de tous, tout du moins, sans provoquer un scandale. Hormis d’arpenter les rues de manière incognito… Halloween, de part ses costumes pour le moins fantasques, se prêtait facilement à cette hypothèse. Preminger beaucoup moins. Il voulait être VU, RECONNU et ADMIRE dans son costume ce qui empêchait toute manœuvre. Qui plus est, quand bien même, il aurait pu trouver une excuse justifiant de se promener toute la soirée avec « Miss Child et son enfant », il avait bien senti que cette dernière espérait grandement se parer de costumes assortis… Il pouvait dire non, bien évidement. Mais, au fond de lui, cette idée le séduisait aussi. Et il avait beau considérer l’entièreté de ses concitoyens comme un agrégat d’imbéciles et de sots, il n’était pas de ceux-là, si bien qu’il savait qu’aussi naïfs ces derniers pouvaient être, une telle accumulation de curieuses circonstances n’aurait pas manqué d’attirer l’attention et de poser question. Outre l’analyse, les badauds adoraient cancaner. Sans compter que se trouvaient aussi quelques personnes d’intelligence parmi cet attroupement de badauds. Le Shérif James était de celles-là… Et compte-tenu des derniers circonstances, s’il pouvait éviter de lui mettre sous le nez une information aussi flagrante, il veillerait à éviter, sagement.
Si bien que voyager, ailleurs, s’avérait être l’option la plus simple et efficace pour permettre d’allier l’agréable à la prudence. Et quitte à vivre avec Enora, une fête des plus intimiste, excluant leur cercle privé respectif, autant miser sur un lieu qui permettait de faire corps entier et vivant avec l’âme précise d’Halloween. Salem. Il n’y avait pas, si ce n’était dans leur monde des contes, de lieux plus propice à l’évocation du 31 octobre et ses festivités. N’abritait-il pas en ses murs, l’incarnation dans la mémoire collective du mythe des sorcières ? Rejoindre cette contrée de mystères et de brume parachevait l’ambiance ténébreuse et intimiste qu’il souhaitait donner à cette soirée. Et à jeter quelques coups d’oeil de biais à Enora lors du trajet, elle appréciait sincèrement l’idée. Il s’en sentait ravi. Le petit copycat était bien trop jeune pour faire une observation quelconque, mais il jetait des regards curieux et émettait quelques petits sons enthousiastes qui laissaient présager son contentement, lorsqu’ils commencèrent à déambuler aux creux des maisons, pour rejoindre l’hôtel réservé pour l’occasion.

« Entrez entrez chers hôtes ! Puisse cette nuit vous accorder la paix...quelle qu’elle soit ! » prononça à leur entrée un groom revêtu du maquillage et costume du monstre de Frankenstein.

Certains auraient pu considérer qu’il en faisait trop, mais cela fut au goût de Preminger. L’employé avait un sens du théâtre et sa mise en scène tout comme l’environnement qui le desservait, augmentait l’immersion. Il fallait dire que l’ancien ministre avait jeté son dévolu sur cet endroit pour cette raison. Le « AMELIA PAYSON » était un hôtel pour le moins pittoresque ; Erwin l’avait réservé, délaissant pour l’occasion ses idées de grand palace, choisissant davantage de se laisser les murs et l’architecture compléter l’histoire et l’ambiance qu’il tentait d’obtenir. Une grande maison proche des constructions propres aux bâtisses municipaux, blanche, au large perron et à la devanture chargée de colonnes grecques. Halloween avait paré ces deux colonnes de guirlandes auréolées de branchages divers, fait de bruyères et de feuilles séchées aux teintes déclinantes. Deux hêtres l’encadraient d’un hâlo orangeâtre et un carillon en fer forgé noir se balançait le long du perron. Il lui fallu monter pour reconnaître la forme qu’elle formait : la silhouette d’une sorcière juchée sur son balai. L’endroit, propre et rutilant aurait paru des plus claquant au sein d’une ville ordinaire. Au coeur de Storybrooke, il aurait pu même renfermer une habitation d’un notable de la ville. A Salem, en revanche, toute l’aura classique qu’il tentait de développer semblait l’enfermer davantage dans le climat brumeux et figé que dégageait la ville.

« Je vous confie ce dépliant, gardez-le précieusement, il ponctue les phénomènes curieux que les habitants ont pu noter en cette sinistre journée. »
« Vous pouvez me faire confiance, je saurais en faire usage » avait-il répliqué.

Un coup d’oeil au prospectus avait confirmé sa certitude : il y avait à faire et il ne pourrait ainsi pas s’ennuyer.
Preminger avait confié leurs valises au groom, puis ils s’étaient rendu dans leur chambre d’hôtel charmante et ancienne pour revêtir leurs costumes. Il avait pris fort bon moment, mais c’était tout l’intérêt d’arriver au plus vite. Une musique se dégageait d’au-delà des fenêtres, une clameur qui l’attira près de la fenêtre.

« Ciel… Une ribambelle de petits diablotins se presse dans les environs » commenta-t-il en refermant complètement le voile blanc du rideau, pour mieux se tourner vers Alexis.

L’endroit rengorgeait de monde et de touristes, à n’en pas douter. Il avait vu le peuple déambuler, vêtu de costumes divers rien que lorsque le taxi les avait déposés, avec quelques minutes supplémentaires de retard, du fait de la difficulté de circulation. A observer ceux qui, à présent, se massaient le long des allées, chantonnant, criants parfois des rires gutturaux factices et bien plus amusés que dangereux, oui, il y aurait grand monde ce soir.
Et pourtant, Erwin se sentait pourtant l’âme et le cœur parfaitement chantants. Cette frénésie de masse populaire l’emportait parfois. Quand bien même il n’en n’était pas le Coeur, il se sentait vibrer au-delà et au-dessus de l’émoi collectif. Sachant qu’il ferait la différence et la sensation. Et pourtant, il devait admettre que son costume était le plus controversé de ceux qu’il avait usage de porter. Loin d’une beauté florissante et fracassante, son inspiration avait été les fascinants et curieux épouvantails de paille qui fleurissaient dans les champs au temps de la plantaison. Ils veillaient sur les récoltes, chassaient les oiseaux et pourtant devenaient régulièrement les perchoirs occasionnels des corbeaux. Le fantasme populaire leur donnait une mine de poupée sinistre et délavée, semblant davantage veiller et guetter les vivants. Pour l’occasion, Preminger avait élevé cet accoutrement au rang de parfaite tenue de cérémonie. Veillant à y ajouter sa touche personnelle. Aussi, si le manteau se trouvait rapiécé de nombreux tissus, chacun suivait l’autre, accordant à la tenue une allure de patchwork savamment exécuté. Le velours violine presque noir, rejoignant le pantalon noir rapiécé avec élégance ou des fils s’échappaient, proches de la paille. Des bottes enserraient ses mollets jusqu’en haut de ses cuisses et une chemise de lin recouvrait son corps. Il avait ajouté une cape en toile de jute noire, qui enveloppait le haut de ses épaules jusqu’à ses chevilles et où quelques minuscules répliques de citrouilles effrayantes étaient accrochées. Le tout donné l’impression d’avoir été tissé dans la paille même.
Un grand chapeau de paille dont la forme pourtant rappelait les couvre-chefs de sorcière englobait ses cheveux noirs jais et il avait blanchi son teint et ses lèvres, dessinant un sourire allongé le long de ses joues. Il était sans conteste effrayant et convainquant dans son incarnation. Un épouvantail sombre et sinistre… Assorti au charmant costume de sorcière potagère de son amante et de la mandragore vivante qu’incarnait son fils.
Tous les trois sortaient du potager, bien décidés à s’infester dans la ville pour en tirer le meilleur.

« Tu es très en beauté, ma mie » commenta-t-il avec une certaine dose de fierté, tandis que son regard parcourait l’intégralité de la silhouette d’Enora. "C'est vraiment splendide et d'une telle inventivité!"

Elle savait parfaitement mettre la barre haute s’agissant de la fête d’Halloween, toutes ses tenues étant choisies avec un soin tout particulier, une volonté méticuleuse de transmettre sa vision de la fête. L’année précédente le rôle de Raiponce la paraît d’un voile de candeur. Cette année, le rendu était différent mais non moins réussi. Elle semblait, tout comme lui, surgit d’une peinture mystérieuse et atmosphérique, tirée à sa contemplation des nombreuses plantes qui peuplait sa serre. Associés, ils transmettaient cette cohérence spectrale.
Isaac figé dans un gigantesque « pot de fleurs » qui n’était rien d’autre qu’un objet confectionné sur mesure par sa maîtresse et juché sur roulette. Il avait émis quelques réserves lorsqu’il avait découvert l’objet mais force était de constater qu’elle avait su penser à tout et s’était donné un mal incroyable à créer ce moyen de locomotion décorée pour l’occasion.

« Et Je dois l’admettre...ce costume est particulièrement réussi. C'est très joli » commenta-t-il tant à l’adresse de sa maîtresse que du bambin, qui l’observa de ses billes graves et dorées, comme presque saisi.

Preminger ne sut pas réellement si le ton qu’il avait employé directement en le regardant était saisissant pour l’enfant ou si son costume le rendait particulièrement impressionnant, toujours est-il qu’il semblait l’avoir figé… Pour autant, il n’avait pas ricané ou même semblé dédaigneux. Non, il le pensait. Pour l’occasion et le résultat qu’avait poursuivi sa mère, le résultat rendait particulièrement bien. La petite contrefaçon était ce qu’Enora attendait de lui, « adorable » selon ses termes, tout en étant parfaitement incarné dans la fête elle-même. Et il obtenait son lot de compliments ou de couinements ridicules de certains passants qui le désignaient de l’index, le regard attendri. Alexis leur tendait d’autant plus le chaudron d’un sourire malicieux et ils versaient de bon coeur, des sucreries diverses de bon entrain. C’était une manipulation comme une autre, même si elle partait d’un bon sentiment et lui même s’en amusait, tout en parcourant l’entièreté des rues décorées pour l’événement.
L’impression qu’il avait eu en observant la situation, clos derrière les vitres de sa chambre d’hôtel ne faisait que se confirmer. Cette ville semblait être l’épicentre de la célébration de Samhain. Avec ce que cela impliquait de positif et négatif. Le lieux attirait les touristes. Il se composait donc d’un agrégat de costumes ridicules, misérables voir particulièrement outranciers qui venaient polluer a soirée. Qui diantre se préoccupait de voir déambuler un hotdog géant ? Cela rappelait à Preminger à quel point le peuple se trouvait particulièrement déplaisant en toutes circonstances… Mais, pour autant, se mêler à la fête n’avait pas que du déplaisant. Il réajusta sa cape, pointant son nez vers le ciel, arrogant, avançant au-delà des allées.

« La ville a effectué de ravissantes expositions, je dois admettre ».

Il désignait parfois les sculptures de sorcière, qui loin des tableaux simplistes que l’on en dressait dans les livres d’image – et qui s’avéraient parfois réalités dans le monde dont il était issu cela dit- ornaient la ville de postures effrayantes et réalistes. Dans le centre des commerces, des ateliers de confection de citrouilles s’affairaient encore attirant des exclamations ravies aux enfants qui s’y trouvaient. Storybrooke avait mis en place cette même sorte d’activité, nota Preminger avec orgueil. Mais pas tout encore...cela donnait ou confirmait des idées.
Il évita l’étrange sorcière vêtue d’une cape en lambeaux qui lui proposait de lui lire son avenir, accepta quelques photographies d’un sourire satisfait, posa aux côtés d’Alexis et d’Isaac avec plaisir et huma aussi quelques délicieuses effluves de potiron.
Ils croisèrent même quelques délégations de fantôme, squelettes de tout âge, s’évertuant à suivre un guide sanguinolent. Il avait noté ceci dans la brochure que distribuait les employés de la ville, visiblement tous ayant eu pour consigner de se déguiser en zombie.

« En revanche, je trouve ceci particulièrement déplaisant. Une fausse note à mon goût. Je trouve cela bien désappointant que de s’amuser à revêtir l’allure d’une chose presque désarticulée et purement instinctive ? Ces créatures sont laides et particulièrement...sottes... » Tempêta-t-il après que l’un ne se soit risqué à tenter de lui arracher un cri d’effroi.

Cet employé avait failli récolter d’avantage un coup de fourche… définitif.
Bien qu’il ne l’avoua pas, Preminger se trouvait néanmoins mal à l’aise à l’idée des zombies. Il détestait même. Trouvant ceci particulièrement insultant. Il aurait haït voir son intelligence se faire consumer pour ne devenir qu’un vulgaire animal aux aguets, flairant pour du sang, jusqu’à renier son apparence… C’était désagréable, comme une sorte de décadence primitive sur genre humain…
Ils avaient ensuite flâné le long des affiches du Festival de l’Horreur… Erwin ne goûtait guère à cette exposition de pop-culture qui en tapissait les recoins, des modèles de costumes exposés aux affiches de film, mais il savait pertinemment qu’Alexis en revanche, affectionnait cette « culture »… De ce qu’elle en avait eu l’occasion de lui dire, elle adorait tout particulièrement puiser dans cette inspiration pour choisir et confectionner ses costumes d’Halloween. Dieu merci, elle ne l’av ait pas entraîné dans cette folie cette année et il trouvait l’idée toujours aussi...peu attirante en flânant le long des allées, mais il appréciait néanmoins l’écouter en parler avec passion. Elle avait cette capacité de capter l’écoute et de la conserver acquise. Les mots qu’elle tissait n’ennuyaient jamais son interlocuteur au point qu’il ne s’empresse de s’en éloigner. Au contraire, elle transmettait d’elle dans son discours, une pointe de passion, de vivacité et de fraîcheur vivifiante. Elle ne trichait pas mais disposait de l’éloquence nécessaire pour une Cour. C’était la raison pour laquelle notamment il la sentait digne et prête à y vivre et où le statut et le grade que l’île Fantastik lui avait accordé ne lui avait pas paru si déraisonnable. Enora n’aspirait pas à gouverner, et grand bien lui faisait. Mais elle possédait une aura capable de captiver les foules et susciter un engouement auprès de sa personne. Cet engouement était bénin, gentil et se témoignait par l’amitié et l’affection que ceux qui l’avaient côtoyée ressentaient à son contact, à la différence de qu’il créait chez autrui, mais c’était tout de même quelque chose de notable et de principalement propre à elle. Quelque chose qu’Hera avait souligné, lors de deux de leurs discussions, comme y trouvant matière à interrogation, le charisme de Miss Child… Lui n’y voyait pas de mal, considérait cela comme une facette d’elle qui lui plaisait et se jumelait à sa débrouillardise, elle était attachante selon plusieurs manières différentes.
Après un regard peu convaincu à la réplique de Godzirla ( ? il n’était plus sûr du nom), ils s’étaient remis à marcher, frappant aux portes de leur rue. Il semblait que les habitants des habitations avaient du acheter un lot colossal de stocks de sucrailles en tout genre à en jauger par les poignées généreuses qu’ils offraient à Isaac… Ou alors était-ce leur attendrissement ? L’important c’était que cela fonctionnait.

« Nous aurions du investir dans un chaudron plus volumineux » commenta-t-il dans un rire auprès de sa maîtresse « ou bientôt nous serons obligés d’en mettre dans la poussette, au risque de l’ensevelir »

Il avait parachevé sa proposition d’un clin d’œil bienveillant, histoire de bien signifier à la jeune femme qu’il ne souhaitait pas non plus ensevelir l’enfant...enfin, il n’avait pas non plus envie de faire demi-tour pour retourner à l’hôtel chercher la vraie poussette…
Alexis avait éclaté d’un rire léger :

« Ca va aller... Si ta boulimie n'est pas satisfaite à la fin du chaudron, on en achètera un second…"

Elle avait désigné un stand de la main où s’entassaient des chaudrons en plastique pour certains et on devinait certains en fonte voir en cuivre d’une plus grande qualité. Puis avait sourit, taquine, à son intention, visant son envie irréfragable de plus.. et il aurait été des plus hypocrite de nier cette « fâcheuse » tendance et s’il l’était sur beaucoup de choses, sur sa propre vérité non.

« On va juste éviter d'en mettre là dedans, ton fils est presque aussi gourmand que toi, j'ai trop peur qu'il en prenne un sans que je le vois et qu'il s'étouffe... »

Il avait opiné après un instant figé, dans sa considération. Oui, clairement, il y avait un risque. Bien que moins...rapace que lui, l’imitation devait au moins tenir de lui sur certaines choses… Et l’Avenir… Ou tout du moins, peut-être était-ce aussi là une caractéristique classique des petits enfants…

« Oui… c’est fort juste. Au pire des cas, il conviendra de ralentir la quête… »

Son regard s’était abaissé par le chaudron, rempli de friandises. Il n’avait pas ressenti la faim ni l’appétit jusque là encore, mais puisqu’elle en avait parlé, lui avait rappelé la possibilité qu’il avait de s’en rendre maître… Et une faim subite s’était allumée dans son ventre, bien davantage muée par l’envie de posséder que par un vrai appétit. Son index s’était posé sur un bonbon parsemé de sucre, à l’admirable couleur violette…

« Crois-moi où non je n’y songeais pas encore mais...référence à ma « boulimie » m’a mis en appétit… »

Il n’en n’était pas pour le monde offusqué. C’était vrai, sa manière de voir le monde, sa manière d’envisager le monde… Et il s’en paraît avec joie. Il avait saisi le bonbon entre le pouce et l’index, le remonta jusqu’à son visage dans un sourire mutin, puis le mangea. Le sucre pétilla sur sa langue, mêlant la douceur de la violette à une saveur bien plus savoureuse…

« Plutôt agréablement piquant… En veux tu un ? »proposa-t-il d’un sourire malicieux en lui tendant le chaudron.
Il rencontra en retour son charmant sourire :

« Si ça pique, je suis partante ! »

Il n’en doutait pas. Elle tendait déjà la main, joyeusement, et il lui approcha le chaudron pour faciliter sa démarche, le sourire pétillant. Il savait pertinemment ce qui lui plaisait. Et sa fraîcheur emballée faisait plaisir à voir. Ils possédaient ce trait de caractère de gourmandise, bien qu’Enora ne possède pas toute l’ampleur de cette tendance, ils la partageaient au moins sur le goût des bonnes choses.
La petite mandragore avait suivi la main de sa mère et babilla joyeusement, en remuant dans son pot.

« En voilà un qui va bientôt se déraciner de faim... »

De sa main droite Alexis, attendrie, lui avait caressé le sommet de la tête en lui disant :

« Non mon cœur, tu es trop petit pour ça...tiens »

Dans un geste tendre, elle avait donné à Isaac sa tétine dans la bouche avant de l’embrasser sur le front. Une fois ses lèvres séparées de la peau de son fils, elle s’était retournée vers Erwin :
« Il commence à fatiguer. Si tu veux qu'on se pose un peu ou qu'on aille manger... on peut. Puisque tu es désormais... "en appétit"

Ses doigts avaient mimé des guillemets, il les avait stoppé au vol, en saisissant ses mains dans les siennes.

"Oooh pourquoi pas? La petite auberge qui bordait le parc me semble avoir une atmosphère formidable... qu'en dis-tu? A moins que tu aies une autre idée? »

Il fallait dire qu’il avait été difficile de prêter attention aux commerces environnants, au regard de l’affluence dans les rues, mais cette petite maisonnette avait réussi à retenir son attention. Il ne pouvait jauger de la qualité de la cuisine qu’au regard de ses étoiles, mais le cadre semblait tout à fait vouloir reproduire l’atmosphère brumeuse et mystérieuse des tavernes des anciens temps. Le luxe en plus. Ce qui était le mélange parfait le jour d’Halloween.
Séduite par l’idée, Enora opina :

« Non, je ne connais pas vraiment le coin, si ça te semble bien, je te fais confiance !"
« Cela semblait pittoresque mais de standing convenable… D’ailleurs… » ajouta-t-il abaissant sa voix dans un souffle, enserrant davantage ses mains contre les siennes « Je ne suis pas encore particulièrement en « appétit » mais ça viendra assurément »

Son sourire s’était étiré, narquois d’une autre vérité et d’un autre moment… Elle l’avait compris, bien évidement, tant et si bien qu’un ricanement amusé était né à cette entente, avant qu’elle ne réplique tendrement :

« Pourquoi j’ai l’impression qu’on parle plus seulement de nourriture ? »
« Sûrement, parce que tu me connais siii bien »

Pourtant, bien loin d’en faire offense, elle s’était approchée davantage, unissant leurs lèvres par un baiser furtif mais particulièrement agréable. Sa bouche était fraîche mais douce, une saveur automnal s’y attardait et une brise crépusculaire fouettait leurs visages. Qu’importait. Dans ce petit éclat vivait seule une chaleur unique et précieuse.
Leurs visages s’étaient écartés, à regret et il n’avait conservée que l’une de ses mains entre ses doigts, alors qu’il reprenait leur route.
Son attention s’attarda sur le chapeau noir et pointu d’une sorcière vêtue de vert, l’image de celle encapuchonnée lui revint soudainement et avec cela, les propositions du programme de la ville, plié dans sa cape.
Il tourna la tête vers Alexis, s’étonnant presque de la proposition qu’il allait lui faire.

« D’ailleurs, j'ai vu qu'il est possible de s'arrêter à une roulotte pour un tirage de cartes, aurais-tu envie de tenter l'expérience, ensuite? Ou sur le chemin…"
"Sérieux ? » elle le considéra surprise « J'aurai jamais cru que c'était un truc qui te branchait perso... tu as déjà fait ça ? Moi jamais... mais ça me tente bien oui, même tout de suite si tu veux !"

Il avait inspiré, pinçant les lèvres :

« Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une envie… Je persiste à considérer ceci comme du charlatanisme...mais l’expérience peut être amusante, si on décide de s’y laisser bercer… Non ? Et si cela te tente, cela ne le sera que plus ! »

D’ordinaire, Preminger fuyait les diseuses de bonne aventure et les marabous comme de la peste. Tous ce que ces gens qualifiaient « d’art » ou de « science occulte » et qu’ils dispensaient à tout va tant dans les tavernes que les salons privé de la haute société…n’étaient pour lui que de la poudre aux yeux, des boniments misérables. Bassesse. Ces simagrées ne lui inspiraient que dédain et la farouche impression d’observer une pièce grotesque où tous se berçaient d’illusions…
Peut-être dans leur monde, certains magiciennes se trouvaient réellement doués de cette sorte de magie. Qu’importait, il restait farouchement opposé à l’idée d’un Destin tracé, l’attendant patiemment. Il n’existait aucun autre Destin que celui qu’il traçait. Seul décideur, seul bâtisseur de la route qui l’y mènerait. La perspective offerte par Hera confirmait – si besoin il y avait eu – sa théorie, non ? Ses choix décidaient de l’impulsion et du cours du temps. Et aucune autre personne n’était en mesure de les prévoir.
Alors, après tout, pourquoi cette soudaine proposition ? Pourquoi diantre ? L’ambiance et la certitude que tout ceci ne serait qu’une immense farce déplaisante. Et qui sait ? Il avait eu envie de permettre à sa maîtresse cette expérience, si cela lui tentait. Et puisque cela semblait être le cas…
Ils remontèrent par une petite ruelle de pavés, qui s’enfonçait apparemment au plus loin dans le parc municipal jouxtant l’auberge. Sensations fortes étaient prévues aux abords du parc, mais étonnamment le lieu semblait être partiellement isolé. Sûrement parce que le crépuscule n’était pas encore parfaitement tombé et que les amateurs de grand frisson en prendrait davantage possession au bout de quelques heures… Il se retourna, pourtant, aux aguets. Il aurait juré...qu’une ombre l’observait. Ce devait être une vue de l’esprit, et il était suffisamment illustre et d’importance pour céder aux sirènes angoissantes d’Halloween n’est-ce pas ? Bien évidement. Il n’y avait personne aux environs, juste une troupe de jeunes filles apprêtées, s’amusant à se prendre en photos et un couple qui passait avec deux enfants déguisés en fantômes turbulents. Pour le reste, cela restait assez désert.
A l’orée du parc, la roulotte se trouvait cerclée de bougies jonchées au sol dont la flamme frétillait au vent. Un risque dangereux d’incendie nota Preminger… Mais que la mairie avait du forcément noter. Un employé municipal devait sûrement roder non loin de là… Ils s’approchèrent, les cailloux s’écrasèrent sous sa chaussure.
Il n’avait pas pris note de cette roulotte, d’ailleurs, lorsqu’ils étaient passés, mais ayant emprunté majoritairement la rue parallèle, il ne pouvait être sûr.
Un couple en sortait, assortis et déguisés en « Beetlejuice » de ce que l’en avait renseigné Alexis précédemment, un grand sourire sur le visage.

« Grave mortel ! C’est Pépite les gars ! Pépite ! » commenta le garçon, d’un sourire presque planant à son intention.

Pépite ? Le nom de la voyante ? Curieuse tentative de communication…Pourtant, l’écriteau au dessus de la porte annonçait « Pretresse Laveau ». Ils montèrent les marches, prenant grande attention à hisser Isaac hors de son pot de fleur. Avisant un employé en haut des marches, Preminger pointa du menton l’objet

« Puis-je vous demander de veiller sur ceci mon brave ? »

Récolta un sourire de la part de l’individu...qui était sinistre il fallait bien l’avouer… Petit le visage replet, les cheveux hirsutes et gris faisaient des favoris jusqu’à son menton. Vêtu d’une redingote élimée et un haut de forme semblant avoir reçu des coups de canif…

« Biensûr messire. Si vous l’osez, entrez braves gens… Je vous préviens cependant, vous devez garder la bouche close à l'intérieur, car l’oracle ne s’exprime que dans le silence le plus éloquent... »
« Qui suis-je pour perturber "L'oraaacle" ou la "Prêtresse Laveau, si cela est nécessaire pour connaître le fil de la Destiné qu’il en soit ainsi... » répliqua-t-il pour toute réponse, avec une ironie mesquine.

Sa main se déposa sur le dos d’Alexis et ils pénétrèrent ensemble dans le lieux.
Preminger ne savait pas ce à quoi il s’était attendu… C’était typique, sans être ostentatoire, ni excessif, mais ne s’y trouvait aucune originalité. L'image identique à ce qu'on se faisait d'une pièce de voyante... Une petite pièce, ronde, chargée d’encens, où les murs de bois se trouvaient tapissés de tableaux représentant la lune, les étoiles, non loin de bougeoirs et de bocaux garnis de fleurs, plantes ou autre. Une table ronde se trouvait au centre de la pièce, sur un tapis d’orient, une banquette située de leurs côtés, de l’autre, une femme s’y trouvait, presque tapie dans l’obscurité. Ses cheveux flottaient sur ses épaules, une longue trace noire de maquillage barrait son visage d’une tempe à l’autre jusqu’à ses paupières, et seuls ses yeux en ressortaient. Pour le reste, elle était enveloppée dans un châle noir aérien, se fondant dans le clair obscur des bougies. Presque émergeait-elle des ombres.
Elle savait se donner un style, certes… Mais ce n’était pas pour l’effrayer… Il porta un regard assuré à sa maîtresse et dévia vers la contrefaçon, pour jauger l’effet de cette comédienne sur lui. Après tout, un bébé pouvait se laisser impressionner plus aisément… Mais à le considérer, non. Il babillait encore, agitant ses petites mains vers sa mère.

« Approchez… mes amiiis… Qu’avons-nous là... »

La voix de la « sorcière » n’avait pas d’âge, un accent curieux, roulant, presque aussi chargé que le parfum qui flottait dans la pièce. Ils avancèrent et elle eut un sourire rouge:

« Un sceptique altier, une gracieuse curieuse et un mignon petit rejeton… En voilà des liens...surprenants… Un homme trop dubitatif pour me laisser voir son futur… Je pourrais me focaliser sur toi, ma jolie. Mais il y a quelque chose dans vos auras, vos silhouettes..vos ombres… Fascinant…. Un tirage commun me paraît plus approprié Pour vous, voyons le Destin... » le jeu de cartes claqua dans sa main, tandis qu’elle les faisait tournoyer entre ses doigts « Vos auras…me parlent et les caartes l’expriment…Prenons-en trois… Et lisons, découvrons ensemble… Parlez mes chers... Parleez-moi! Qu’avons-nous ? Le soleil…Les amoureux. Et…la roue de la fortune. Ouiii le Temps… et le recommencement… »

Il avait écouté… Malgré tout. Avec un intérêt presque agacé de s’y laisser prendre. Il se demandait si cela faisait le même à Alexis… Peuh pourtant ce n’était que trois cartes au hasard… Les amoureux c'était typique non? La roue du temps ne signifiait rien... et le soleil... Il se vantait de l'être, sachant qu'il n'était que son pendant négatif... Et pourtant il était resté crispé lorsque la sorcière avait déclamé subitement, les yeux écarquillés semblant s'illuminer, d’une voix davantage guturale,

« Le Futur me parle… Voici ce qu’il me livre :
Dans ce qui vous unis
Le Temps n’est qu’une roue
Si l’Eternité vous délie
L’Infini est pour vous
Car Jadis et Demain ne font qu’un
Voilà ce qui sera… Voilà tout, voilà déjà bien… Vous connaissez la sortie mes amis… A bientôt. »

Preminger se rendit compte qu’il avait malgré lui retenu sa respiration. Il eut beau renifler ensuite avec mépris, oui...elle maîtrisait bien la mise en scène… L'art de feindre la possession, la vision ou quoique ce soit d'autre. Pour peu il en aurait été impressionné. Mais elle n’avait rien dit. N’est-ce pas ? Cela ne voulait rien dire. Comment l’éternité pouvait délier ce que l’infinité unissait ? Cela n’avait aucun sens. Ce n'était rien d'autre que de la poudre aux yeux, des boniments...

« Merci bien pour ce grand savoir...Fooort édifiant que cette jolie mise en scène!  » ne pu-t-il s’empêcher de persifler dans un ricanement désagréable « Je suis en appétit, mon trésor, ce sera sûrement bien plus enrichissant... »

Il la gratifia d’un baiser léger sur son front, puis avança vers la sortie. Il passait la porte lorsqu’il lui sembla entendre comme un souffle ricanant :

« Beau cynisme pour un sans-couronne.  »

Il s’était retourné vers la porte. Close. N’osa pas l’ouvrir. C’était un hasard. Un pur hasard… Des paroles en l’air… De sottes paroles en l’air. Tout. Il n’y avait rien à en tirer, rien. Hormis ce qu’ils voulaient en garder. Et que voulait-il en garder ?
Rien hormis que l’Infini était pour eux. Comme cette soirée n’en n’était que le début. Il s’amusait, il était bien, heureux d’être...en famille. Et il supposait que c’était le cas pour elle aussi.
- "Alors...qu'en as-tu pensé mon trésor?

Il lui avait sourit et ils avaient pris la route… Sans tenir compte de l’ombre qui les épiait.

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Alexis E. Child
« Allez dans la Lumière.
C'est au détour d'une Ombre
que nous attends le Mal. »


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Tu es comme tu es... mais malgré les erreurs, tu me rends parfois la vie de maman célibataire plus douce...


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Edition Octobre-Novembre 2020

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________________________________________ 2022-11-20, 22:01 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




I put a Spell on you

C’était pour moi l’une des plus belles périodes de l’année. Halloween, l’automne en général. Lorsque le monde se parait de ses plus belles couleurs, que le temps passait par tous les états, illustrant son impétueux caractère, lorsque les recettes se faisaient gourmandes et chaleureuses et qu’il nous arrivait de passer d’une magnifique journée ensoleillée aux tons de l’été indien où les plus belles balades nous fatiguaient les jambes pendant des heures, suivie d’une journée plus chaotique et froide où nous prenions plaisir à rester sous un plaid, devant un film éclairé à la bougie. C’était sans aucun doute pour cela que c’était ma saison préférée de l’année, celle qui nous laissait la plus grande liberté, de faire ce qu’on voulait, en parfaite adéquation avec tous les visages de la Nature. Quant à Halloween... Cette fête avait tellement d’aspect différents qu’elle collait parfaitement à la saison qui l’accueillait. Entre peur profonde et simple mysticisme, il y en avait pour tous les goûts et je devais bien avouer que j’étais plus grande fervente de la deuxième option que de la première. J’aimais regarder des films liés à la mort ou au paranormal, sans que ceux-ci soient des films d’horreurs, simple ode à un monde beaucoup trop méconnu au point d’effrayer le plus grand nombre d’entre nous. J’aimais la féerie de chercher un costume et de le construire plus ou moins de ses mains, écouter des histoires de sorcières pour enfants, de vampires et de loups-garous et même en lire. En somme, je ne pouvais qu’être heureuse à ce moment de ma vie et d’autant plus lors de ce Halloween de 2022 qui finissait mon année bien mieux qu’elle ne l’avait commencé, à bien des égards.

Je ne savais plus comment cela était venu dans la conversation mais j’avais la nette impression que cette idée d’un Halloween commun était autant une idée et une envie d’Erwin que la mienne. J'avais d’ailleurs été surprise quand je l’avais entendu proposer de nous amener ailleurs, loin de Storybrooke, à cette occasion. Nous savions tous deux ce que cela signifiait : le fait de vivre notre amour au grand jour, sans avoir besoin de se cacher, de partager une parenthèse qui donnait à notre couple ce goût de réalité qu’il perdait parfois. J'avais bien sûr accepté avec joie et il s’était proposé de nous amener à Salem, ce qui m’avait fortement enthousiasmée. La ville n’était pas si loin de Storybrooke mais je n’y étais jamais allée. Pourtant, autant historiquement que dans l’imaginaire des uns et des autres, elle représentait un incontournable pour tout fan d’Halloween et de magie qui se respectait. Il n’avait donc pas argumenté bien longtemps pour me convaincre. Et c’était donc dans la voiture, en route pour notre destination après qu’Erwin se soit occupé de ses obligations de maire que j’observais le paysage avec un sourire sur les rêves, pensant que cette année se finissait définitivement bien mieux qu’elle avait commencé. Après notre “discussion” de Décembre, le froid qui en avait suivi, mon cambriolage... j’avais l’impression petit à petit de retrouver le goût de la vie en marchant du côté chance et s’il était toujours aussi difficile pour lui d’exprimer des sentiments positifs et notamment ce qu’il pouvait ressentir pour moi, je savais qu’il faisait en revanche un effort considérable pour me le montrer... à moins et à Isaac, étrangement, depuis quelques temps, sans que je ne sache pourquoi. A cette pensée, j’avais tourné la tête vers mon fils à l’arrière qui semblait bien s’amuser avec son livre en plastique mou, tournant les pages et le malaxant dans ses mains. Avec un sourire attendrit, je m’étais replacée correctement sur le siège passager, posant avec douceur ma main sur celle d’Erwin placée sur le boîter de vitesse. Je lui avais souris et il m’avait répondu, signe que notre relation allait tout de même mieux depuis quelques mois et nous avions continué la route jusque Salem.

L’hôtel qu’il avait choisi était plein de charme. Connaissant son côté précieux, je pouvais le laisser choisir les yeux fermés, je savais que le confort et le raffinement culinaire sur ait toujours autant au rendez-vous qu’il pourrait le trouver mais ce lieu avait quelque chose de différent de tout ce qu’il prenait habituellement. Loin des palaces aux dorures et moulures, Salem ne possédait que des pays hôtels de charmes qui puisaient leur jus dans l’histoire et l’architecture historique de la ville. Cela rendait le tout nettement plus intimiste mais avec un goût suffisamment prononcé pour que le lieu se fasse prendre au sérieux. Arrivé dans notre chambre, nous n’avions pas perdu une minute pour nous changer afin d’aller profiter des festivités aux alentours.

Je n’étais pas peu fière du pot d’Isaac. J'avais mis un certain temps à le confectionné mais j’avais été bien aidée dans ma tâche par Danny et Elliot jusqu’à ce que l’objet puisse être suffisamment confortable et sécuritaire pour le petit tout en étant pratique et transportable pour nous. Le port de fleur était donc devenu une sorte de poussette. Après l’avoir habillé de sa tenue de mandragore suffisamment chaude pour la saison et avoir rajouté par-dessus un petit blouson doudoune, j’avais clipsé sa tétine sur le tissu avant de prendre ses joues dans mes mains.

— Moooh comme t’es beau mon cœur.

Il avait eu un grand sourire avant de continuer à jouer avec ce qu’il avait dans les mains le temps que je m’habille à mon tour. Je m’étais inspirée de la tenue de Chourave, dans les tons bruns et evrres, tout en ayant cousu du faux lierre à certains endroits de ma robe pour donner l’impression que des plantes poussaient à même ma tenue. Agrémentée d’une perruque aux cheveux argentés longs et ondulés ainsi que d’un chapeau de sorcière, il ne me restait plus qu’à attendre Erwin qui s’était clairement surpassé sur son costume d’épouvantail, tout en lui donnant tout de même cette petite touche de distinction à laquelle il tenait tant. Lorsqu’il complimenta le nôtre avec Isaac, je lui rendis le compliment en souriant, l’embrassant avec douceur tout en caressant sa joue. Mes yeux dans les siens, j’ajoutais alors, mutine :

— Si tous les épouvantails étaient aussi beaux, ils n’auraient plus d’utilité dans les champs, mon amour.

Main dans la main, nous avions traversé la ville avec une excitation grandissante, en tout cas pour moi, de l’ambiance de la fête et de cette ville. Erwin m’avait fait remarquer qu’il grandissait d’un autre type d’excitation qui n’avait pas manqué de m’amuser. Mais celui qui était le plus stimulé restait Isaac. Entre toutes les lumières qu’il y avait autour de lui, les bruits environnants, les cris et les gens qui s’arrêtaient pour lui donner des bonbons, on voyait qu’il ne savait plus où donner de la tête. Il lui arrivait parfois de lâcher sa tétine pour s’agripper au bord du chaudron tant bien que mal, retenu par son harnais, afin de mieux voir ce qui s’offrait à lui. Il me pointait par moment des choses du doigt en marmonnant cette langue qui était propre à lui, par son saccadés. D’autre fois, il restait silencieux, se terrant aussi un peu plus dans son chaudron, sans doute impressionné par certains costumes. Il m’arrivait de le prendre dans les bras pour le rassurer et lui parler tout en demandant aux gens qui avaient un peu forcé sur l’effrayant de ne pas trop s’approcher de lui. Mais entre sa bouille et son costume, c’était plutôt mission impossible. Tout le monde ou presque ne tarissait pas d’éloges à son encontre, récompensant ses traits génétiques desquels il ne pouvait rien y faire par des poignets de bonbons plus que généreux.

Ses attentions à répétition avaient fini par fatiguer Isaac dont les yeux clignaient avec plus d’insistance tandis que tout son être était amplis d’une lenteur nouvelle. Il n’était pas si tard, à peine 19h mais cela faisait plusieurs heures que nous marchions dans la ville la route en voiture ne l’avait pas aidé. Erwin avait accepté que nous fassions une pause et me proposa avant le repars une dernière attraction qui m’intriguait particulièrement. Je ne m’étais jamais fait tirer les cartes et il semblait y avoir tout de même moins de monde à cette attraction, ce qui devait permettre de calmer un peu Isaac avant le repas qui serait sans aucun doute légèrement bruyant vu le monde que Salem avait attiré en cette journée d’Halloween. Le sortant de son pot, je l’avais pris dans les bras et il avait instinctivement posé sa tête au creux de mon coup, tétant lentement sa tétine dans le but de s’apaiser. Pour l’y aider, je lui avais caressé les cheveux tandis que nous montions dans la roulotte. Le spectacle avait pour le moins été intriguant. Je devais dire qu’à part dans les films, je n’avais jamais vu ça et je devais bien avouer que ça ressemblait... trait pour trait à ce qu’il y avait dans les films. Trop peut-être ? C’était une attraction d’Halloween après tout, pas quelque chose qui se voulait sérieux. Pourtant, certains de ses paroles avaient été troublantes. Troublantes parce que vide de sens. Ses premiers mots ne m’avaient pas grandement impressionné, bien plus amusé. Il n’était pas difficile de voir qu’Erwin était dubitatif ou que nous étions un couple dans la mesure où j’avais Isaac dans les bras. Elle était restée très vague sur chacun d’entre nous. Sa prédiction en revanche semblait tout droit sortie d’un compte ou d’un recueil à la Hocus Pocus. Il y avait sans doute un sens caché mais aucune façon de le voir, si bien que lorsque de nous sommes ressortis et qu’Erwin m’avait demandé ce que j’en avais pensé, je n’avais pas pu m’empêcher d’éclater de rire avant dans lui dire :

— J’ai absolument RIEN compris ! Et toi ? Mais au moins c’était drôle, non ?

Je lui avais souris tout en remettant Isaac dans son pot. Nous nous étions ensuite dirigés vers le restaurant, main dans la main, tandis que je poussais toujours notre fils, nous arrêtant devant la carte du restaurant pour observer quelque peu le menu. Si l’extérieur semblait des plus prometteur, il fallait pourtant que nous assurions que le choix et le gustatif serait au rendez-vous. Après une observation qui n’avait pas duré plus de quelques minutes, j’avais tourné la tête vers Erwin avec un sourire :

— Ca m’a l’air très bien, non ? T’en penses quoi ?

Je lui avais souri, observant son regard toujours concentré sur la carte. Pour le laisser terminer de faire son opinion, j’avais tourné la tête vers Isaac pour lui caresser les cheveux. En observant le pot vide que j’avais devant moi, le choc avait été si grand que je n’avais absolument pas réagi pendant plusieurs secondes, me contentant d’observer l’objet d’un air ahurit, commençant à me demander les choses les plus stupides comme la possibilité que mon fils soit derrière le pot, en imaginant qu’il aurait pu s’en extraire ou en tomber. Et puis d’un coup, tout s’était brusquement accéléré autour de moi. Le choc avait laissé place à une terreur sourde et statique. J’avais senti mon sang affluer jusqu’a mes jambes à une rapidité hallucinante et battre si fort dans mes oreilles que le son m’en semblait étouffé. J'avais même peiné à reconnaître le son de ma voix lorsque je m’étais exclamée d’une voix blanche :

— Où est Isaac ?

Sentant qu’Erwin ne réagissait pas assez vite à mon goût à côté de moi, je réitérai ma demande.

— Où est Isaac ?

Devant le constat agaçant qu’en faisait son père sur le fait qu’il n’était plus là, j’avais relevé la tête dans un air d’impatience, balayant la rue et la place non loin.

— ISAAC ?

Ma voix avait raisonné dans le vent tandis que certaines personnes autour de nous s’était retournés pour m’observer. Je ne les voyais à peine, sentant mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine et dans mes tempes, tandis que je descendais du trottoir pour mieux scanner la foule, obscurcie par la nuit noire. La panique qui me saisissait soudain me donnait presque des vertiges et une envie de vomir extrêmement puissante. Comme pour me retenir de rendre ce que je n’avais pas encore mangé, je réitérai mes appels désespérés :

— ISAAAAAC ? ISAAC !!

C’était à ce moment que je l’avais entendu. Un petit cri, faible, lointain, suivi d’un pleur. Beaucoup trop loin pour être parfaitement audible mais sans aucun doute pour moi, c’était mon fils. Je les avais alors aperçus, un homme en noir, courant en direction de la forêt, tenant la tête de mon fils par-dessus son épaule pour éviter qu’il ne subisse trop les secousses de ses pas.

— STOOOP !

Sans même me souvenir que je n’étais pas seule et qu’Erwin était avec moi, je m’étais élancée en direction de l’homme, courant plus vite que mes jambes ne me laissaient courir, passant à travers les gens qui m’observaient d’une manière ahurit sans comprendre. Personne ne bougeait, personne ne faisait rien. C’était pourtant un enfant innocent qu’on enlevait, comment pouvait-on être aussi passifs ? Peut-être était-ce également dû à Halloween, chacun pouvait croire à une représentation. Plutôt que de perdre mon énergie à leur demander de m’aider, je n’avais pas arrêté de courir, considérablement ralenti par mon costume. Concentrée au plus que je le pouvais, je tentais de ne pas perdre de vue le point noir qui tentait de fuir loin de moi. Au fond de mon cœur, je le savais, le quitter des yeux une seule seconde, au mauvais moment et mon fils disparaissait de ma vie pour toujours. Nous avions atteint les bois et désormais tout devenait silencieux autour de moi, je n’entendais que ma respiration affolée et le bruit des branchages qui se brisaient sous mon point et ceux de mon ennemi. Isaac pleurait toujours et ses lamentations raisonnaient bien plus à présent dans ces lieux, me transperçant comme des larmes dangereusement aiguisées. Est-ce qu’Erwin me suivait ? M'avait-il même appelé ? Je n’en avais aucune idée, seule ma peur et ma rage et mon amour me conduisait à présent. La route n’était pas très loin sur le côté gauche, je commençais à en apercevoir les contours. S’ils montaient dans une voiture, tout était fini.

— J’AI DIT STOOOOOP !

Je l’avais hurlé à m’en briser la voix, balançant rageusement ma main droite en avait, envoyant une salve d’éclairs qui avaient frôlé le kidnappeur pour exploser un morceau de tronc à côté de lui. Sur le coup de la surprise, il avait fait un bond sur le côté et s’était stoppé dans sa course pour m’observer sans doute surpris. Je ne pouvais pas bien voir son visage d’où j’étais. La seule chose que je comprenais c’est qu’à cet instant, j’avais perdu le contrôle. Pour la première fois depuis l’Orage et j’avais alors senti monté en moi quelque chose que je ne connaissais pas encore. C’était inédit, ça m’inondait de toute part et je retrouvais presque la sensation que j’avais senti dans l’Hôtel Bleu, cette électricité qui parcourait tout mon corps, cette puissance et ce pouvoir qui me semblait si inconnu et pourtant à porter de main. Sans le connaître j’avais l’intime conviction que je savais m’en servir et je m’étais alors laissée porter par le moment.

Mes pieds avaient alors quitté le sol tandis que mes bras étaient écartés en croix. Mes cheveux s’étaient mis à virevoltés autour de moi, pris dans une électricité statique et un vent qui semblait venir de moi. Je n’en avais pas conscience mais mes yeux étaient devenus d’un bleu largement moins humain et plus électrique. Je volais. J’étais littéralement suspendue dans les airs et je sentais que si je retournais mes paumes en direction du sol comme je venais de le faire... je pourrais me déplacer. Et c’est ce que j’avais fait. L’homme s’était remis à courir et j’avais rassemblé mes mains l’une en face de l’autre pour former une boule d’énergie suffisamment puissante que j’avais dirigée droit vers l’homme et plus précisément ses jambes. J’étais folle de rage, une de ces rages qui nous fait perdre le contrôle, qui nous mets en Guerre contre le monde entier, nous persuadant que nous pourrions le mettre en pièce de notre simple volonté. Lorsque l’énergie avait atteint le kidnappeur, des arcs électriques lui étaient remontés le long des jambes, l’électrocutant au passage. Il avait trébuché pour s’effondrer au sol dans un gémissement de douleur, lâchant Isaac qui avait valdingué en direction du sol. De ma main droite, avec une rapidité et une agilité certaine, j’avais alors formé autour de lui une bulle d’énergie qui l’avait réceptionné quand qu’il ne heurte le sol pour l’enfermer dans une sphère protectrice. Elle était aussi bleue que mes yeux, aussi électrique que le reste de mes pouvoirs et pourtant, elle ne lui faisait aucun mal. Ramenant la bulle dans ma direction je pouvais voir qu’Isaac était assis à l’intérieur, reniflant, apparemment choqué mais en vie et sain et sauf. Le gardant à mes côtés, j’avais détourné mon regard de lui pour observer l’homme, toujours au sol, se remettant doucement de la tétanie de ses muscles.

— Non.

Il l’avait gémit, sentant sans doute que le vent avait tourné pour lui, tentant de reculer à même le sol en rampant. J’aurai pu l’épargner, je l’aurai même sans doute dû. Si Alexis était restée là, c’est sans doute ce qu’elle aurait fait. Mais ce n’était pas Alexis en cet instant qui dirigeait ce que j’étais mais une entité puissante qui me susurrait à l’oreille avec tellement de force que je pouvais tout faire que je n’avais absolument pas envie de m’en priver. Je voulais qu’il souffre, je voulais qu’une armée entière se déverse sur lui, je voulais qu’il paye pour ce qu’il venait de faire et je voulais qu’il meure. Relevant la tête, je pouvais voir un peu plus loin une voiture noire qui était garée et qui l’attendait sans doute. Ce n’était pas un pédophile. Ce n’était pas un kidnappeur ou un tueur en série. C’était autre chose. Il avait attendu le bon moment pour le prendre, il avait un plan et sur tous les enfants qu’il aurait pu prendre, il avait choisi le plus difficile à atteindre. C’était prémédité. Et maintenant que je l’observais, son habit ne m’étais pas étranger.

— Je vous en prie, je ne fais que suivre les ordres. On vous l’aurait rendu. Vous ne comprenez pas. Vous faites partie de...

Je n’avais pas voulu en savoir plus. Ces gens, cette organisation, ce n’était pas ma Famille. C’était d’autres personnes que j’avais déjà surpris à me suivre sur certaines de mes missions. S’ils s’en prenaient désormais à mon fils, il fallait que je leur envoie un message fort, il fallait qu’ils comprennent. Ils comptaient me le rendre, alors pourquoi agir ainsi ? Que voulaient-ils lui faire ? Il fallait qu’ils comprennent que tant que je serai là, rien ni personne ne pourrait lui faire du mal. Je revoyais Crafty, cet immonde rat puant dont je n’avais reçu aucune justice. Son corps avait été retrouvé des semaines après mon cambriolage, il avait payé pour une friction entre deux clans mais jamais il ne paierait ce qu’il m’avait fait, ce qu’il NOUS avait fait. Lui aussi avait voulu s’en prendre à Isaac. Lui aussi avait voulu m’infliger ça. Et si j’avais laissé passer ma chance une première fois, je ne la laisserai pas passer cette fois. Ça me ferait du bien. Pour les deux. Pour celui qui suppliait au sol et pour Crafty. Oui... ce serait parfait. Au fil de mes pensées, mes mains s’étaient chargées en énergie, toujours plus puissante. J’avais détourné la bulle d’Isaac du chemin pour qu’il ne voit pas la suite avant de diriger mes points fermés droit sur l’homme. Il avait hurlé, ça n’avait duré qu’une fraction de seconde, avant qu’il ne s’effondre : mort. Il était carbonisé par endroit, mais je ne regrettais pourtant rien. Je sentais juste une immense fatigue m’atteindre et cet étrange pouvoir me quittait tandis que la bulle d’Isaac disparaissait et que nous chutions tous les deux vers le sol, en douceur, sans douleur. Je l’avais pris dans mes bras tandis que nous nous posions au sol. Clignant des yeux, je l’avais observé, ressuyant ses larmes encore ancrées sur ses joues avant de le prendre dans mes bras.

— Oh mon bébé, tu vas bien ? Tout va bien, tu sais. Maman est là.

Il avait reniflé une nouvelle fois tandis que je posais sa tête sur ma poitrine, embrassant ses cheveux, lui remettant sa tétine dans sa bouche tandis qu’il posait sa petite main sur ma poitrine. Le craquement des branchages autour de nous m’avait fait brusquement tourner la tête, le serrant un peu plus contre moi. C’était Erwin. Il était près de l’homme et m’observait étrangement. Il était grave mais une lueur était aussi particulière dans ses yeux tandis qu’il me contemplait. Baissant les yeux vers le corps, je réalisais alors ce qu’il était advenu du type, comme si je me réveillais d’un long rêve, comme si je réalisais enfin ce que je venais de faire, ce que je venais d’être. D’une voix blanche et tremblante, je lui demandais alors :

— Il est... mort ?

Je n’avais pas eu besoin de réponse pour comprendre, son attitude et son regard avait suffi. Sentant la panique m’envahir et les larmes me montaient aux yeux, je poussais alors un brusque sanglot :

— Oh mon dieu mais qu’est-ce que j’ai fait. J’ai... j’ai tué un homme. Mon dieu...

J’avais tenté de me relever avec Isaac dans mes bras mais si j’avais voulu observer mon crime, je m’étais stoppé à l’instant, refusant que mon fils voie une chose pareille. M'adossant brusquement à un tronc d’arbre, j’avais fermé les yeux fortement, comme si je tentais d’effacer tout le décor qu’il y avait autour de nous et la scène qui venait de se passer. Serrant toujours mon fils dans mes bras, je ressassais en boucle :

— Mon dieu mais qu’est-ce que j’ai fait ?! Qu’est-ce que j’ai fait ?! J’ai tué quelqu’un... J’ai TUE quelqu’un !! Il faut... Oh mon dieu ! Il faut faire quelque chose ! Appeler la police ou l’enterrer je... c’est de la légitime défense ? Et comment je vais expliquer ce qu’il lui est arrivé ?! Mon dieu, mon dieu, mon dieu...

J’étais en train de perdre pieds complétement. Et je réalisais alors avec horreur que j’aurai aimé que cette puissance qui m’avait entouré reste un peu plus longtemps, au moins pour me rassurer... et m’apaiser.
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« If the crown should fit, then how can I refuse? »

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(Alexis pense-t-elle qu'il est parti trop loin? Sûrement! On approuve)

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________________________________________ 2022-12-07, 21:57 « If the crown should fit, then how can I refuse? »

I put a spell on you
“Le jour de la fête des morts donne à chacun le sens de la vie.”


« Beau cynisme pour un sans-couronne »… La voyante avait-elle seulement murmuré ces paroles ? Cela n’avait peut-être été qu’une simple hallucination auditive pareille à un souffle de vent… Une vue de l’esprit. A quoi bon donner davantage d’intérêt à ces petites originalités ? Non… Preminger préféra, de loin, reléguer ces préoccupations dans un coin obscur de son cerveau et céder à l’amusement qui prédominait dans sa séance, en compagnie de sa maîtresse, en échangeant à ce sujet avec elle, dans des rires partagés. L’espèce de prophétie dont elle les avait gratifié était aussi obscure que stupide. Ri-si-ble. Ils en avaient plaisanté, tout en se dirigeant vers le restaurant, l’esprit léger et le ventre affamé… Une fois n’était pas coutume, la carte s’affichait sur un écriteau extérieur, recouvert de toile d’araignée factice et illuminée d’une lanterne à la lueur jaunâtre. Et comme au-delà de cette petite mise en scène, les plats proposés s’annonçaient prometteurs et gustativement splendides... Oui… Tout ceci le mettait d’ores et déjà en appétit. Il imaginait presque déjà, alléché, l’odeur du plat fumé se déposant sous son nez…

« Où est Isaac ? »

Alexis avait parlé, dans son dos… Il prenait à peine conscience des mots prononcés, trop focalisé sur son choix culinaire, lorsqu’elle réitération sa question, de cette même voix, qui lui avait paru faible mais qu’il avait mis sur le compte de sa propre concentration. Et lorsque son appel pris corps, l’ancien ministre tourna la tête vivement, en direction du landau improvisé… Il ne pouvait être que dans son gigantesque pot…
Mais force était de constater que celui-ci s’avérait être définitivement et désespérement vide… confirmant le soupçon que la panique d’Alexis avait su instauré en moins d’une minute… Comment ?!? Pourtant, Isaac avait disparu aussi vite qu’une mauvaise herbe arrachée de tête… Sans bruit et sans heurts. L’ancien ministre avait beau se repasser, prestement, les deux dernières minutes dans la tête, ils n’avaient entendu personne s’approcher… Il y a avait eu quelques badauds costumés et braillards et le ministre aurait pu jurer qu’aucun ne s’était approché suffisamment prêt de la poussette.. Et pourtant, il fallait nécessairement qu’il ait disparu là… A l’instant…
Ses yeux ambrés fouillaient, déjà, les alentours mais ceux d’Alexis, davantage alertes, davantage pressés par l’amour et la panique creusaient déjà bien plus loin, alors que sa voix désespérée scandait, inlassablement, parmi la foule le nom du bambin…
Le coeur d’une mère cherchait… Mais peut-être la crainte troublait-elle sa vision… Ce que Preminger ne possédait pas. Si bien qu’il cherchait, dans l’agitation, certes, dépassant les chapeaux de sorcière, les cornes de diablotin, les masques de tueurs, à la recherche de son fils… Ou était-on cette petite plante ? Il tournait la tête pour chercher ailleurs dirigeant son attention vers les abords des bois, lorsque le cri de sa maîtresse l’avait alerté, dirigé et figé vers la même direction, alors que tout son corps s’y tendait :

STOOOP !

Et… Il l’avait vu aussi : cet individu qui courait, tout de noir vêtu, une petite racine ballottée dans les bras serrés.
Puis tout était allé, subitement, très vite. Pour elle. Avant même qu’il ne puisse esquisser un geste, murmurer ne serait-ce que l’ombre d’un mot à son attention ou tenter de fomenter un plan, elle avait détalé en leur direction avec une vitesse spontanée.

« Enoraaaa… ALEXIS ! » il avait mugit en sa direction, choqué de se retrouver en plan.

Puis s’était vu pressé de prendre sa suite, s’il ne voulait pas perdre les deux. Peste ! Peste ! Qui diable avait voulu s’en prendre à son fils ? Pourquoi diantre ? Etait-ce de ce genre de malade qui portait une attention toute écœurante aux enfants ? Un espèce de fou à lier qui profitait de l’effervescence générale pour kidnapper des êtres sans défense ? Le pire était que le contexte s’y prêtait aisément. Tout le monde vivait dans son amusement, sans prêter réellement attention à autrui, que chacun pouvait se frayer un chemin sans être réellement se faire remarquer. Et tout le drame et l’horreur se promenaient partout ici, sans avoir besoin même d’un masque. Il s’était mis à courir, retenant son chapeau avec une attention toute particulière dans les premiers moments, mais bousculant cependant, sans la moindre vergogne les badauds qui se pressaient dans le sens inverse. Un peu plus loin devant, la foulée prompte, le coeur paniqué, Alexis courait de toutes ses forces. Il ne pouvait se permettre de la perdre. Son regard vif dépassait parfois la silhouette de sa maîtresse, tâchant de repérer au-delà encore, le fugitif fuyant dans les arbres. Bientôt, ce dernier s’était fondu dans la forêt, disparaissant à ses yeux, et Preminger se pressa davantage, inquiet qu’Alexis ne s’y glisse aussi sans qu’il n’ait le temps de la suivre jusqu’alors. Elle s’y engouffra alors qu’il s’approchait de la première des cimes et il remercia intérieurement la jeune femme d’avoir porté son choix sur une tenue suffisamment colorée et significative pour se démarquer. Une foulée plus tard, il glissa, à son tour, sous les bois, l’ombre masquée des arbres assourdissant bientôt les cris et rires des habitants et fêtards. Il courait, inspirant profondément pour tenter de faire passer le poing de côté qui menaçait la rapidité de sa course, maudissant par la même occasion le bandit et Isaac qui avait eu la mauvaise idée de se laisser enlever sans le moindre cri. Et dire qu’en revanche s’il tentait de le prendre, il avait parfois le chic pour gigoter dans tous les sens, en faisant de petits cris stridents. Il s’était un peu calmé sur ce point là, CERTES, mais ce n’était pas une raison pour se laisser de prime abord enlever par un parfait inconnu. « Père » était certes davantage redoutable, au moins, lui ne lui vouait pas d’obscures et mauvaises intentions… Enfin, moins maintenant.

« J’AI DIT STOOOOP »

Il avait entendu le hurlement d’Alexis pulser dans l’air. Avait vu la jeune femme lever la main, sans stopper pour autant de tenter de rattraper son adversaire. Et surtout le jet d’éclairs qui s’était déversé, vers l’avant pour venir exploser...le tronc d’arbre non loin du fuyeur. L’espace d’un instant plus tard, il n’existait plus rien. La cime s’était pulvérisée, et Preminger s’était protégé le visage de ses mains, alors que les éclats d’écorce vibraient dans l’air. Cette puissance… possédait une force si soufflante de destruction…
Le kidnappeur avait, sous le choc de cette révélation, commis sa première erreur, s’arrêtant net, là où la menace d’une telle envergure aurait du l’inciter à fuir davantage. Si Alexis parvenait à le retenir suffisamment… S’il se rapprochait presque… Quel dommage qu’il n’ait pas pensé à glisser dans une poche secrète un revolver quelconque… Là, il ne possédait rien d’autre, qu’un poignard qui pouvait, néanmoins, au demeurant, faire tout à fait l’affaire… Mais quelque chose suffit à stopper son geste. Quelque chose ? Non. Quelqu’un. Enora…
Un vent violent s’était mis à souffler, enveloppant sa silhouette frêle, la nimbant d’une électricité folle et instable. Son pouvoir, devina Preminger. Il l’avait déjà vue à l’oeuvre, dans une perte de contrôle splendide et horrifiante.. Et il semblait qu’elle en prenait les mêmes augures… Reculant contre l’arbre le plus proche, s’adossant, pour échapper aux volutes violentes du vent, il observa le pouvoir sifflant ondoyer violemment autour de la jeune femme. Il tourbillonnait aux alentours, émanant de son être comme une aura destructrice, l’incitant bientôt à s’élever dans les airs, ses pieds décollant du sol. Comme si une force l’avait attirée jusqu’au ciel. Mais il n’en n’était rien. Cette force était en elle… Cette force c’était ELLE. Enora. Terrible, puissante et belle dans sa libération rageuse… Une lueur bleue s’était étirée de sa silhouette, nimbant ses yeux d’un bleu qui n’avait d’alors plus rien de naturel, et ses paumes en direction du sol, soutenue par le vent qu’elle créait, presque inconsciemment, elle se déplaçait… Suivait celui qui de prédateur était devenue la proie. Pour presque, figé dans cette contemplation, furieuse et splendide, cette émanation de pouvoir et de force, l’ancien ministre en aurait presque oublié la cause et l’objet de toute cette scène… Mais l’issue n’en demeurait que plus terrible. Le cri de panique du kidnappeur acheva de le lui rappeler, lorsque la magie de la jeune femme l’atteignit enfin, remontant le long de des jambes de l’homme en longs et cruels courants électriques bleutés. Un ricanement cruel était né sur les lèvres du ministre. Dans un gémissement de douleurs, l’individu s’en était bientôt effondré, lâchant dans la précipitation et la souffrance, Isaac, qui avait valdingué de ses bras. Les yeux du ministre s’étaient écarquillés, dans un souffle muet, suivant la trajectoire dangereuse de la chute de l’enfant, lorsqu’un champ de force magnétique l’avait cueilli avec douceur, l’enveloppant dans une bulle protectrice. La même qui les avaient enveloppé quelques mois plutôt… Enora bien que rageuse, maîtrisait encore particulièrement ses pouvoirs… Cela ne rendait que leur manifestation que plus fascinante… Elle ne craignait rien, ELLE inspirait la crainte… Et pouvait tout décider.
L’enfant ainsi cueilli ne manifesta aucune crainte, nota Erwin, se contentant de renifler et d’apposer ses mains sur la bulle… Un jeu à ses yeux apparemment, ou alors, peut-être ressentait-il l’amour de ce qui l’enveloppait...Et pourtant. Il aurait été erroné d’affirmer qu’Enora se trouvait pleinement dans son état normal. Elle ne l’était pas. Se trouvait pleinement gorgée par la colère. Un terrain miné et si délicieux… Elle était proche d’un point de rupture et Preminger en avait été témoin ou la cause de tant nombre d’entre eux qu’il ne pouvait que le ressentir. En témoignait l’émanation furieuse et instable de son pouvoir qui continuait de s’étendre dans le ciel…
Le nez dans la poussière, un gémissement de douleur sortit du kidnappeur tandis qu’il ramenait maladroitement ses jambes vers lui, semblant en étudier leur fonctionnement. Il avait subit une décharge si puissante… songeait Preminger les yeux luisants de convoitise, son corps en garderait-il des séquelles ? Ou la magie d’Enora voyait-elle ses effets se dissiper sous le temps ? Il s’approcha ainsi à quelques pas, de l’homme l’entendit marmonner des excuses, des justifications pitoyables de crainte :

«  Je vous en prie, je ne fais que suivre les ordres. On vous l’aurait rendu. Vous ne comprenez pas. Vous faites partie de... »

C’était prémédité. De ce qu’il en entendait, en devinait. Il n’y avait rien eu d’involontaire ou de hasardeux à ce geste. Ce qui signifiait… qu’ils avaient été suivi… Par qui ? Cela ne pouvait se référer à lui. Pourquoi diantre aurait-on cherché à lui nuire ? Cela aurait nécessité pour cela qu’un « potentiel ennemi » soit au courant de toute sa liaison avec Alexis. Et bénéficiant d’une information d’une telle envergure… jamais un quelconque adversaire se serait embarrassé d’un kidnapping. Et puis, il ne possédait pas d’ennemi.
Ce n’était pas pour lui. C’était pour elle. « Vous faites partie de... ». A moins que cela ne vise ceux auprès de qui Alexis traînait, Erwin songea spontanément, davantage à l’étrange « association » auprès de qui, Alexis oeuvrait dans le plus grand des secrets… Oui. Bien qu’il n’ait eu que fort peu de fois l’occasion de côtoyer ces mystères, il savait cette sorte de confrérie redoutable. Elle possédait des ramages incessants dans chaque coin de ville et poursuivait des buts, pour le moins flous. Il avait tenté de faire des recherches à ce sujet, le plus discrètement possible, depuis leur escapade à Paris mais s’était heurté à un mur…
Quelque chose le distraya cependant de ses pensées, l’arrachant même à la contemplation de l’individu rampant à même le sol dans la terre… Le bruit d’une énergie grésillante qui gonflait, montait, s’amplifiait, au fur et à mesure que l’air s’alourdissait de l’éclat du tonnerre… Encore suspendue à quelques mètres du sol, les cheveux bruns virvoltant, Enora luisait d’une rage viscérale, l’électricité pulsant chaque battement de son corps, s’intensifiant, comme précédent un cours circuit.. Le grondement d’un champ de bataille, la fureur de la guerre s’apprêtant à débuter.
Il tourna la tête, fasciné comprenant ce qui allait advenir. La Mort s’apprêtait à frapper. Sans un geste pour l’en empêcher, Preminger préférait voir. S’en délecter. Suivi la trajectoire explosive de l’électricité pure qui se déversa en un seul geste, transperçant d’un rayon d’un bleu azur le corps de l’individu. La lueur le embrocha d’un jet, lui attirant un long et atroce hurlement. Son dernier. Puis son corps, suspendu en équilibre par le trépas, retomba en avant, face contre terre, définitivement inerte.
Il était mort. Mort. Presque aux pieds du ministre qui en constata l’irremédiabilité dans un frisson où se mêlait saisissement et fascination.
Et dans le même trait de Temps, Alexis et Isaac avaient chuté… avec suffisamment de douceur pour qu’Erwin ne s’en formalisa pas. Il avait, au contraire, contemplé cette descente avec une acuité toute nouvelle. La Chute de l’Ange symbolisée sous ses yeux. Pour n’y trouver que la damnation. Et une toute nouvelle perspective. Bientôt même, elle récupéra son fils, l’enveloppant dans ses bras aimants, presque, son visage baigné de larmes dévorant de ses yeux humides, la moindre miette de ses traits.
«  Oh mon bébé, tu vas bien ? Tout va bien, tu sais. Maman est là. »

Elle balbutiait. Son adorable mais dangereux petit Trésor. Pleinement émotive. Pleinement fragile. Pleinement « elle-même ». Bien qu’elle soit à même d’être l’autre… Ce n’était qu’un équilibre. Bien qu’elle ne soit pas encore sur le point de le trouver, à en juger par le regard qu’elle lui avait lancé… encore plus, à la manière dont elle avait eu de réaliser l’existence du corps non loin d’elle, carbonisé, et de ce qui l’avait achevé :

« Il est mort ? »
Il n’était pas la peine de lui répondre. Lui matérialiser verbalement aurait fait pire. La réponse s’étalait évidente et carbonisée sous ses yeux bleus. Il n’avait eu qu’à soutenir son regard, son acuité focalisée sur le moindre de ses futurs mouvements. Elle… semblait...égale à celle qu’elle était ordinairement. Comme à son ordinaire : la jeune femme qu'il appréciait tant. Avec sa douceur et sa bonté, sa simplicité... Dans son ton apeuré, le choc et la compassion luttaient avec l’horreur de la mort qu’elle avait administré avec une force et une conviction puissante. Une prise de conscience brutale de ses actes, comme sortant d’un rêve éveillé s’imposait à elle brutalement, lui arrachant de facto, sanglots et hoquets d’effroi.

« Oh mon Dieu… Mais qu’est-ce que j’ai fait… ? J’ai… j’ai tué un homme. Mon dieu... »

Une partie d’elle semblait prête à se jeter au chevet du cadavre, pour tenter de le réanimer de ses mains et de son pouvoir… L’autre refusait d’esquisser le moindre pas pour placer Isaac non loin de cette vue. Le reste...se trouvait figé dans l’effroi. Il lui paraissait sûrement improbable d’être la cause de cette mort… Et pourtant elle savait bien ce qu’il en était. Comment se voyait-elle à présent ? Comme l’incroyable et redoutable adversaire qu’elle pouvait être ? Ou comme un monstre ? Il se doutait de la réponse… A en juger par sa réaction, alors qu’elle secouait sa tête, dans une réalisation douloureuse.
Si bien qu’elle se plaqua davantage à l’écorce de l’arbre, non loin d’elle, répéta dans une litanie sporadique sa prise de conscience et l’horreur de ses actes. Remontant son regard du cadavre, Preminger s’était approché d’elle, les paumes levées, avec une douceur calculée.

« Trésor… Trésoooor.… » ânonna-t-il doucement. Du son de sa voix ne s’échappait nul jugement, nul ordre, un simple apaisement délicat « C’était… ce n’était pas ta faute. »

Il s’accroupit pour rejoindre sa hauteur. Doucement, sans geste brusque, prenant soin de ne pas troubler sa réalisation ou de la heurter. Il confirmait seulement ses propos, s’approchant d’elle de plus en plus, jusqu’à pouvoir la toucher… Aucune nuée électrique n’émanait plus d’elle. Cela pour autant, ne signifiait pas qu’elle s’en trouvait dénuée. Une vive émotion pouvait rappeler à la surface ce pouvoir… Et pourtant il ne la craignait pas… Et il lui tenait à coeur de lui montrer à quel point, au contraire, il ne faisait que s’en approcher davantage… Au risque de s’y brûler.
Doucement, sa main s’était levée, pour s’emparer des siennes… Bientôt, ses longs doigts se frottaient aux siens. Elle n’était gêlée pour autant, s’en trouvait bien plus moite mais ce contact la rattachait à lui.

« Trésor… Tu n’y es pour rien… C’est lui qui t’a incité à tout cela… Tu n’y es pour rien. Tout ce que tu l’as fait, tu l’as fait pour sauver notre fils, avec les moyens à ta portée, rien d’autre…. Trésor… Regarde-moi… »

Avec la même précédente douceur, l’une de ses mains s’éloigna des siennes pour mieux venir saisir l’une de ses joues, pour mieux centrer son attention sur lui, ses yeux, la forcer à focaliser son attention sur ses propres paroles, en s’éloignant de l’image obsédante du corps. Oui, il la manipulait. Mais au delà de ses propres intérêts, elle en avait foncièrement besoin. Son état de détresse transperçait aussi l'ancien ministre. Son angoisse n'avait pas raison de lui hanter l'esprit, de l'abîmer dans une inutile culpabilité. Elle ne méritait pas d'y plonger tout comme le mort ne méritait pas d'être pleuré ou regretté. Elle était trop sensible pour ceux qui ne le méritaient pas et cette vérité était particulièrement cynique...

« Regarde-moi, Trésor… Respire. Tu n’as fait que lui offrir ce qu’il méritait…Tu as fait ce qu’il fallait. Tu as sauvé la vie d’Isaac, ce soir. Tu ne peux pas regretter, cela. Et ton fils te doit la vie. C’est grâce à toi s’il est ici. C’est la seule chose qui compte, en réalité. Tu as préservé ta famille. »

Il pointa l’index sur Isaac qui gigotait dans ses bras, apparemment perturbé par l’état de sa mère, puis essuya les larmes qui coulaient sur ses joues, une à une. Inlassablement. Rien ne servait de pleurer sur la vie d’un meurtrier. Il ne mentait pas. Si elle n'avait pas agit, son fils se serait évaporé et qu'importait les promesses du kidnappeur sur le fait qu'ils le lui auraient rendu. Ce n'était qu'un fou-fifre, il l'ignorait! N'avait parlé ainsi que pour sauver sa propre peau... Et quand bien même. Elle agissait ainsi. Par Amour. Le moteur de sa bonté.

« J’ai...déjà vécu cette situation, tu t’en souviens ? Les rôles étaient inversés Comme toi, je me sentais perdu, coupable, honteux, paniqué, effrayé par moi-même. » mentit-il « Et nous avons trouvé une solution ensemble… Grâce à toi. C’est toi qui m’a donné la force d’admettre mes torts mais aussi de les temporiser. Je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier... Alors laisse-moi au moins, te rendre la pareille… Fais-moi confiance, Trésor. »

Elle avait parlé de la police et légitime défense et un sourire presque nerveux avait dévoré sa bouche, plissée pour éviter un rire aigre d’en sortir. Légitime défense ? Oh, elle se trouvait dans beaucoup de situation mais certainement pas en légitime défense.

« Non » décréta-t-il d’une voix douce mais assurée « Nous ne pouvons pas laisser la police trouver ce corps… Outre les causes de la mort qui te vaudront AU MINIMUM un examen approfondi par les services d’espionnage, si ces derniers sont un minimum doués d’intérêt… La police n’a de cesser que de chercher à complexifier des situations qui ne le méritent pas… Et la légitime défense qui t’a fait défendre ton fils jusqu’à cet...acte, pourrait ne pas les convaincre. Ils te répliqueraient qu’il l’avait certes kidnappé mais qu’il ne le menaçait pas lorsque tu l’as attaqué et que pire, il ne l’avait même plus entre ses mains, lorsque tu l’as abattu… » il soupira, pesta même, dramatiquement avant d’ajouter en secouant la tête «  Non… non, il faut le faire disparaître… »

Il avait pensé à utiliser sa fourche… Mais il prenait conscience qu’il l’avait laissée là où Alexis avait même laissé le pot de fleurs sur roulettes… A l’entrée du restaurant… Non, il n’était pas bon de se joindre à la foule à présent. Puisqu’ils n’avaient attiré l’attention de personne…

Jetant un regard sur le cadavre, Erwin observa les tâches calcinées de part et d’autre de l’individu. Presque aurait-il été tenté de le désintégrer totalement… Mais, c’était sûrement trop en demander à Alexis, pour cette journée, tout de moins. Elle se sentait suffisamment coupable pour qu’il décide de lui rajouter l’incitation à porter, à nouveau, sur le corps d’une mort quelle avait elle même posée par l’effet de ses pouvoirs, un impact complémentaire en faisant l’usage de ces derniers…
Sans instruments, sans ustensiles, la situation ne serait pourtant pas aisée… Il fallait aller vite. Fort heureusement, les bois ne se trouvaient pas encore trop fréquentés vu l’heure, mais s’ils décidaient de tarder… ils risquaient de croiser les plus frondeurs fêtards que la ville puisse accueillir.
Se débarrasser d’un cadavre valait normalement l’intérêt de s’en occuper loin des regards indiscrets et très promptement…
Il se redressa, envisageant les alentours. La qualité de la terre.

« Il faut que nous le déplacions… Un arbre a explosé ici, cela ne passera pas inaperçu. Si la police intervient pour enquêter, elle notera des traces récentes dans la terre et nous serons pris. Enfin… Non, puisque après tout, nous n’existons officiellement que de manière relative… Toujours est-il que ceci est un risque qu’il vaut mieux s’accorder le luxe d’annihiler. En portant notre choix vers un endroit un peu plus éloigné encore…Penses-tu être capable de le transporter dans un champ d’énergie ? »

Il se releva, doucement, l’aidant et la soutenant. Lorsqu’elle fut debout, il l’embrassa sur le haut de son front, avec délicatesse :

« N’aie crainte, mon Trésor. Je te le promets, tout ira bien...» assura-t-il. Et il le croyait, oui. « D’ailleurs… Sais-tu pour qui travaillait cet homme ? De ce qu’il disait, je l’ai relié...peut-être à tort…à tes amis...de Paris ? »

Il l’écouta, lorsque le craquement d’une branche détourna son attention, aux aguets. Etait-ce lui ? Il semblait que des voix se rapprochaient… ?

crackle bones

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« Allez dans la Lumière.
C'est au détour d'une Ombre
que nous attends le Mal. »


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Tu es comme tu es... mais malgré les erreurs, tu me rends parfois la vie de maman célibataire plus douce...


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Edition Octobre-Novembre 2020

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________________________________________ 2022-12-22, 22:46 « Allez dans la Lumière. C'est au détour d'une Ombre que nous attends le Mal. »




I put a Spell on you

Les mots d’Erwin me parvenaient de si loin que j’avais l’impression que ma tête était sous l’eau ou qu’il me parlait à travers une vitre épaisse qu’il ne parvenait pas à briser. Tout était si fou. Le cadavre calciné, le fait qu’on ait voulu me voler mon fils, la préméditation de ce geste et le calme d’Erwin. Et ne semblait pas épouvanté pour un sou. J’aurai pu supposer que l’Amour y avait quelque chose à voir si seulement il était capable de cette chose. Il en était capable d’une certaine façon aussi... Ou peut-être pas... tout était toujours si flou. Par ses gestes ils me montraient ce qui s’en rapprochait le plus, par ses mots, il prenait ses distances. Est-ce que son calme devait me rassurer et me réchauffer ou m’inquiéter ? Il avait été si fort et si prompt à m’aider lors de la tornade... Mais ce n’était pas la même chose, ce n’était qu’à moi que je faisais du mal. Je venais de tuer, sous ses yeux, sans douter et sans pitié et ça ne lui faisait pas plus d’effet que ça. Là où j’aurai pu le penser méfiant, cherchant à prendre ses distances, il me consolait avec une certaine fierté dans le ton de sa voix comme si je n’avais que rendu justice. Mais ce n’était pas juste. Ni même moral. Ce que j’avais fait était terriblement mal.

Cherchant à me dissocier du moment, je serai toujours Isaac contre moi qui hoquetait dans son coin, cherchant sans doute à se remettre de ses vives émotions. Je fermai les yeux, secouai la tête de gauche à droite, refusant d’entendre les arguments et la douceur d’Erwin. J’étais un monstre. Rien de plus. Rien de moins. Il disait avoir vécu la même chose, que j’avais su trouver les mots pour l’aider et qu’il me rendait désormais la pareille, mais rien n’était pareil. Cet homme qu’Erwin avait tué, il serait mort de toute façon. Dans un naufrage tel que le Titanic, il n’y avait aucun moyen qui s’en sorte. Son geste n’était pas si grave. Mais le mien... le MIEN. J’avais tué un homme de sang-froid, un homme qui aurait pu vivre, un homme qui m’avait certes pris mon fils et avait de ce fait menacé ma “famille” comme l’avait dit Erwin mais qui le faisait sur les ordres de quelqu’un. Un pion en somme. Qui aurait été payé pour ce travail et que j’avais tué. Je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir tout de même légèrement la nausée à l’idée de penser que ce type de satisfaisait de voler des petits enfants pour de l’argent, mais est-ce que ça méritait pour autant que je devienne comme lui ? Pire que lui ? Est-ce qu’il avait tenté de me stopper ? Me l’avait demandé ? J’en avais un vague souvenir, une demande ou une supplication, que j’avais balayé d’un revers d’éclair...

— Mais qu’est-ce que j’ai fait...?

Si de mon côté, cette question tournait en boucle dans ma tête, Erwin lui, ne perdait pas pieds. Il avait déjà refusé catégoriquement ma proposition d’appeler la police et me proposait à présent de déplacer le corps. Je ne pouvais pas lui en vouloir, il avait raison. Je ne pourrai jamais expliquer mon geste, je le lui avais d’ailleurs également fait remarquer. Comment expliquer une légitime défense sur un corps entièrement calciné ? C’était impossible. Personne n’avait chercher à nous aider, parce que personne n’avait compris l’urgence qui se déroulaient sous leurs yeux, je n’aurai même pas de témoin pour nous innocenter. Tout cela me mettait dans un tel stress que je ne savais même plus si je me balançais pour calmer mon fils ou me calmer moi, le nez enfouit dans ses cheveux, embrassant son crâne par moments. J’avais hoché la tête d’un air entendu bien que désordonnés aux arguments qu’il avançait. Il avait raison. L’arbre défoncé, notre culpabilité, notre réalité relative... quoi que celle-ci était peut-être réelle pour lui, mais elle l’était moins pour moi. Je savais qu’au-delà de Storybrooke, mon passé m’était toujours lié. Je n’avais pas disparu entièrement, j’étais dans ses registres, ici et là, bien que cachés et obscurs dont je n’avais pas encore pleinement connaissance. Et ça semblait même d’ailleurs me rattraper présentement, malgré moi.

Je l’avais observé avec des yeux ronds lorsqu’il m’avait proposé de faire un champ de force pour déplacer le corps. Parce qu’il croyait que c’était facile, lui ?! L’idée de le traîner ensemble m’aurait moins inquiété mais il était aussi vrai qu’on ne pouvait pas poser Isaac et espérer qu’il avance à nos côtés. Et qu’elle vision je donnais à mon fils, quelle horreur de souvenir je lui créais qui ne manquerait pas de le traumatiser jusqu’à la fin des temps ? Son père et sa mère, tirant un humain à moitié décomposé par les brûlures, en pleine nuit au beau milieu de la forêt. On l’avait notre Halloween... Pourtant, je ne me sentais pas de faire une chose pareille... Je l’avais fait instinctivement pour Isaac, ça m’était venu comme ça, sans que je n’y réfléchisse, sans même que je ne l’ai fait avant. Ça c’était juste produit, pour le protéger, pour éviter une chute. Le refaire à froid, sur un corps, nettement plus lourd... j’étais pas certaine de pouvoir le faire tout simplement parce que...

— C'était pas moi...

C’était sorti tout seul, avec une franchise désarmante, parce que c’était la vérité. Je n’avais pas été seule à cet instant, je l’avais senti. Cette force, cette puissance qu’Hypérion m’avait transmise dans l’Hôtel Bleue, elle était là à nouveau, comme une présence connue et familière, venue d’ailleurs mais pourtant si proche, comme de vieux amis. C’était si difficile à expliquer, à analyser et pourtant c’était ça. Erwin m’avait aidé à me relever, pris dans son moment. J'avais senti ses lèvres toucher avec douceur mon front, tandis qu’il tentait de me rassurer. Il me demanda alors l’inévitable : est-ce que c’était EUX ? Ma Famille ? Je ne pouvais lui en vouloir de le supposer et imaginer qu’il avait pu les oublier n’était qu’une hérésie, une preuve que j’aurai pu mal le connaître. J’étais persuadée que c’était même restée dans un coin très ancré de sa tête, il y faisait parfois illusion, prêchant peut-être le faux pour savoir le vrai mais je n’étais restée qu’en surface à ce sujet, ignorant comment l’aborder, ni même si j’en avais envie. J’avais voulu lui répondre mais une branche craqua soudain, accompagné par des voix que je ne connaissais pas. Prise de panique, j’avais tourné vers lui ta tête, les yeux ronds, avant de lui coller Isaac dans les bras avec un ton expéditif :

— Prends-le, s’il te plaît.

— Pourquoi est-ce que...

Le fait d’avoir récupérer Isaac dans les bras lui en avait coupé la chique. Il s’était contenté de pincer un peu les lèvres face à la réception brusque de son fils, sans doute toujours aussi peu à l’aise à l’idée de le tenir. Et il n’était pas le seul. De son côté, Isaac s’était mis à gesticuler en gémissant, prêt à éclater en sanglots tout en tendant les bras vers moi dans le désespoir que je le reprenne. Si Erwin tentait des efforts et des approches auprès du petit depuis quelque temps, mon fils n’avait pour l’instant pas l’air d’être prêt de le lui accepter, attendant sans doute d’autres preuves pour faire tomber sa méfiance. Mais le temps n’était pas à la patience ni aux pleurs, il fallait agir et vite, pour nous sortir de là.

— Non.

J’avais levé un index autoritaire et le son de ma voix avait fusé avec la violence d’une gifle de glace, au point que l’enfant s’était stoppé instantanément pour m’observer avec des yeux ronds. Je n’avais pas l’habitude d’être aussi sévère, mais c’était pour notre bien à tous. Me jaugeant légèrement avec une dose d’appréhension, il plaça les doigts de sa main droite dans sa bouche tout en continuant de m’observer, le torse un peu plus vers Erwin cependant, comme pour se caler au mieux dans ses bras. Je n’avais pas eu le temps d’observer plus longtemps la scène que déjà je leur passais devant pour me diriger vers le corps. Inspirant et expirant profondément. Tendant légèrement les mains devant moi, comme pour tenir une boule imaginaire, j’avais imaginé le même champ de force que celui-ci qui avait entouré mon fils, me concentrant, tentant de ne pas trop regarder l’horrible spectacle qui se trouver sous mes yeux. J’avais la nausée, envie d’hurler et d’éclater en sanglots mais je savais que le temps nous était compté et que je n’avais pas le droit de craquer une nouvelle fois, pas tout de suite, pas comme ça, même devant l’ampleur de l’horreur de ce que j’avais fait. Je m’y étais repris à plusieurs fois pour y parvenir. Les petits filaments qui se créaient devant moi ne restaient pas assez longtemps pour atteindre une consistance ni même ne formait une bulle suffisamment grande pour englober tout le cadavre. Je sentais que l’effort que je fournissais était surhumain, m’épuisant à la tâche, sentant ma tête me tourner, mes jambes me lâcher petit à petit dans une fatigue incroyable. Pourtant, je ne lâchais pas. Réitérant l’exploit, encore et encore, tentant de ne pas céder à la paniquer des bruits de pas et des voix qui se rapprochaient petit à petit. Je n’avais pas pu m’empêcher de faire un pas en arrière de surprise en me voyant ENFIN y parvenir, me ressaisissant presque immédiatement pour ne pas briser ce que j’avais mis tant de mal à faire. Parvenant à le soulever, je m’étais encore plus enfoncer dans les bois, là où Erwin m’avait indiquer d’aller, réalisant alors tout l’effort que me demandait ce moment. C’est comme si je portais un âne mort sur mon dos... Comme pour me donner du courage, j’essayais de reprendre le fil de notre conversation, Erwin toujours à mes côtés, avec Isaac dans les bras :

— Ce n'est pas eux... j'en suis sûre. Mais... je ne sais pas pour qui il travaille LUI... il a dit... qu'est-ce qu'il a dit déjà ?

J’étais si perturbée... je réalisais chaque seconde un peu plus à quel point ses derniers mots n’avaient pas eu d’importance pour moi, comme quoi l’action et ma colère avaient été plus forts. Patiemment, Erwin me répondit :

— Mais c'est lié, n'est-ce pas ? Sais-tu à quel point ?...

Bien que je ne l’observais pas, je savais qu’il fronçait les sourcils, tentant de raccrocher les wagons :

— A part geindre qu'il ne faisait que suivre les ordres ? Il a précisé qu'il te l'aurait rendu... et que “tu faisais partie de..." il n'a pas eu le temps de finir.

— Oui je sais...

J’avais dégluti, un peu amère. Ce n’était pas contre lui, ou peut-être un peu, qu’il puisse à ce point appuyer sur le fait que je ne l’avais pas laissé finir avant de le tuer. A bout de force et suffisamment loin du monde, j’avais relâché ma prise et le corps était tombé sur le sol dans un bruit étouffé, sa chute amortie par un tas de feuilles mortes. Me prenant la tête dans les mains, je m’étais mise à faire les cent pas, comme pour me séparer de toute cette énergie négative qui montait en moi :

— Je sais pas, j’en sais rien Erwin... ça n’a aucun sens. Tu penses pas que ça pourrait plutôt être des hommes de Crafty ? Des gars qui chercheraient à se venger de la mort de leur patron ? Il a dit qu’il suivait les ordres donc il fait partie d’un groupe, j’en sais pas plus que toi. S’il voulait me rendre mon fils, pourquoi me le prendre ?! Il n’a rien de spécial.

Ce n’était pas méchant, bien au contraire. A mes yeux, Isaac avait absolument tout de spécial, il était parfait. Mais aux yeux d’une organisation prête à l’enlever avant de me le rendre, il ne semblait pas vraiment coller au profil du gros butin. J’en avais vécu des moments compliqués, avec des dieux, des sociétés secrètes et même des mafieux... ces gens-là cherchaient le pouvoir, la connaissance ou même la richesse mais j’étais loin d’être la plus riche pour une éventuelle rançon, Isaac ne semblait doté d’aucun pouvoir, quant à la connaissance... qu’est-ce qu’un enfant si petit pouvait bien leur apprendre ?

— C’est pas la première fois que je me fais suivre... mes “amis de Paris” comme tu les appelles l’ont fait un certain temps avant de m’approcher... et je sais que d’autres m’observaient. C’était d’autres car mes “amis” m’ont affirmé que ce n’était pas eux. Je ne sais pas pourquoi ils faisaient ça, qui ils sont et s’ils continuent ou s’ils ont arrêté... je... j’en sais rien... Mais j’ai peur. Pour moi et... pour lui.

J’avais récupéré mon fils dans mes bras, plus par besoin de le toucher et lui faire un câlin que parce que son père ne s’en occupait pas bien. Son père pour qui je ne m’en faisais pas tellement d’ailleurs. Il savait rebondir, je le savais. Et j’étais presque sûre que ce n’était pas lui qui était visé, vu que ma victime s’était directement adressée à moi en disant que je faisais partie de quelque chose... mais de quoi ?! Il avait tant de choses dont je faisais partie et la moitié que je ne comprenais pas.

— Je doute que les hommes de Crafty puissent être impliqués. A défaut, cela signifierait...qu'ils en savent suffisamment sur nous pour surveiller nos faits et gestes, communs ou séparés... Non. Surtout pas lorsque leur patron meurt. Une bande se terre lorsque son chef disparaît. Le temps de se reconstituer... S'engager dans une vendetta ? Peut-être mais auquel cas, ils ne chercheraient pas si subtil...

Il avait l’air d’avoir une connaissance accrue du milieu, mais trop bouleversé par le contexte, je ne le relevais même pas, tandis qu’il faisait une pause pour nous observer, en pleine réflexion :

— Il a de spécial la valeur que tu lui donnes. Et pour celle-ci nous savons qu'elle est inestimable. N'importe qui le tenant, te tient en retour... Et ils te l'ont pris pour ça. parce que tu fais partie de.... quelque chose. D'après ses mots. De Storybrooke? J'en doute. Je l'ai pris dans le sens organisation... A laquelle Isaac pourrait, peut-être...être lié ?

J’avais dégluti sans rien dire. Cela se tenait et si sa théorie était juste, cela avait forcément un lien avec les Templiers... C’était la seule organisation qui se transmettait par le sang... Et en parlant de sang... Isaac en avait un mêlé qui était pour ma Famille une bénédiction... se pouvait-il seulement que c’était pour cela qu’ils le voulaient ? Pour son sang ? Hera m’avait dit qu’un groupe étrange avait cherché à prendre le sang de son frère... était-ce les mêmes personnes ? Cherchant à me départir de cette pensée qui m’effrayait brusquement, je choisissais de changer de sujet :

— On fait quoi avec lui maintenant ? On va quand même pas rester là toute la nuit...

Il n’avait pas répondu dans un premier temps mais malgré la dureté de la nuit, je savais qu’il m’observait très attentivement. Il cherchait à analyser la moindre de mes réactions, la moindre ride, le moindre souffle. Déglutissant, je détournais le regard, bien forcée de le laisser faire pour le moment.

— Nous allons l'enterrer. Si nous connaissions mieux les environs, une autre idée s'imposerait peut-être mais faute de temps, je pense que le plus aisé reste ceci. S'il n'appartient pas à cette ville, il ne sera même pas recherché...

Il semblait avoir attendu un moment, par hésitation peut-être avant d’ajouter :

— Une idée t'a-t-elle traversée l'esprit, concernant... Isaac?

— Et on l’enterre comment ?! Je doute que t’as une pelle dans ta poche ou je sais pas quoi... si tu avais encore gardé ta fourche mais là... A moins qu’on aille en acheter une maintenant ? C’est pas trop... flag ?

Mes questions étaient sincères, mais je sentais que le moindre mot que je prononçais et qui l’éloignais de la réponse qu’il attendait était loin de lui faire plaisir. Avec un soupir, je lui précisais :

— Oui... il est possible que ce soit effectivement liés à mes amis si tes théories sont bonnes... Mais je ne sais quand même ni comment, ni pourquoi et t’expliquer tout ça maintenant serait sans aucun doute trop long... il y a... beaucoup... disons. On peut déjà finir ce truc ? Je...

J’avais soupiré, à bout de forces.

— Non. Rien n'est flagrant tant que tout est exécuté avec assurance.

Il l’avait affirmé avec aplomb, secouant la tête à chacune de ses paroles et je n’avais eu qu’une envie : le croire.

— A moins que nous disposions d'un autre moyen pour faire disparaître ce corps...

C’était à mon tour de secouer la tête, de gauche à droite cette fois, en fuyant son regard. Je ne savais pas s’il insinuait que je devais tenter quelque chose mais je n’avais aucune envie de travailler l’expérience. Après un instant de réflexion à ce que je lui avais dit, il avait opiné du chef, me confirmant :

— Hum... Je comprends... Nous allons régler ça. Ensemble. Je te l'assure.

Une fois de plus, je ne demandais qu’à le croire, déglutissant, voulant toujours croire à un mauvais rêve qui pourtant n’en était pas un. C’était comme si le monde entier et mes certitudes s’étaient dérobés sous mes pieds. J’étais si bien quelques secondes auparavant, dans ma bulle de bonheur, avec lui, prenant de nouveau confiance en l’avenir, en nous trois, persuadé que les nuages étaient derrière nous et que j’avais finalement appris à faire confiance. Pourtant, l’instant d’après tout avait volé en éclat, faisait disparaître dans un écran de fumé mes certitudes et mon bien être pour ne laissait que cet arrière-goût de cauchemar sur les lèvres, me demandant quand celui-ci finirait. Erwin avait initié un mouvement, sans doute pour aller acheter la pelle mais au même moment, le vrombissement d’un moteur se fit entendre tandis qu’une voiture noire aux vitres teintées se garait non loin de nous, passant à travers les arbres sur un chemin que j’avais du mal à observer. Les phares étaient aveuglants et j’avais eu un mouvement de recul, mon fils dans les bras, de peur qu’ils cherchent à nous écraser. En deux secondes, deux personnes étaient sorties de la voiture. Je reconnu immédiatement le chauffeur, avec sa tête de naze :

— Monte.

Et pourtant, malgré sa froideur et notre inimité, j’étais inexplicablement heureuse de le voir. Elias tourna la tête en directement d’Erwin :

— Vous aussi. Et vite, on doit bouger.

Comme pour rajouter un peu d’urgence à ce qu’il disait, il remontait déjà en voiture tandis que deux autres personnes sortaient de l’arrière pour rejoindre Mathilde qui s’était approché du corps. Elle releva lentement la tête vers moi et je lu dans ses yeux autant d’incrédulité que de dégoût et déception, qu’elle chercha pourtant à cacher. Les deux autres creusaient déjà un trou à la vitesse de l’éclair.

— C... Comment vous avez su...

— Allez Blanche-Neige, on te racontera tout au QG, on bouge et VITE.

Déglutissant, j’avais enclenché le pas pour montrer dans la voiture, observant juste Erwin pour être certain qu’il me suivait. Une fois tous les trois à l’intérieur, la voiture recula brusquement, laissant les trois creuseurs seuls dans les bois.

— Comment ils rentrent ?

— T’en fais pas pour eux, on les attend dans la ville. Certains sont déjà en train de récupérer vos affaires, on va vous les déposer au QG.

— Attends... mais... On retourne pas à Salem ?

— Avec tout ce qui vient de se passer, t’es sérieuse là ?! Non, ça peut plus durer ces conneries, il faut qu’on avance plus vite et on a besoin de vous deux. Mais on vous expliquera tout là-bas, vous allez y rester un petit moment.

— Euh petit comment parce que...

— T’inquiète, il sera revenu avant que sa femme réalise... très chevaleresque de ta part d’ailleurs.

Il avait eu un ricanement qui m’avait fait baisser les yeux. Je savais ce qu’il pensait de ma relation et je n’arrivais pas encore à l’affronter pleinement sur ce terrain. Sentant la gêne que ça avait occasionné, Elias avait alors voulu reprendre la parole, comme pour dissiper le malaise, pour la première fois de sa vie. Est-ce qu’on était en train de devenir copains ? C’était peut-être un peu trop naïfs de ma part, mais une chose était certaine, il voulait me garder dans de bonnes conditions.

— D’ailleurs s’il veut rentrer on l’en empêche pas...

— Mais t’as pas dit qu’on avait besoin de nous deux ?!

— Ouais... de toi et Isaac... pas lui. Après si c’est lui, ça sera quand même plus simple...

J’avais froncé les sourcils, baissant un instant le regard vers mon fils avant de croiser le regard d’Erwin puis celui d’Elias dans le rétroviseur qui coupa court à tout questionnement :

— On t’expliquera tout là-bas. On y sera bientôt, repose toi.
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