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 Tous les matins, il achetait son ptit pain au chocolat laï laï laï [Fe]

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Charlie Tramp



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Charlie Tramp


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________________________________________ Mer 30 Déc 2020 - 13:07


         


Un p'tit rencard? Un p'tit gateau? Les deux?






Elle s’était assise et commençait à parler de son mari. Plusieurs fois elle me répéta qu’elle n’était pas réceptive à mes avances. Quelles avances ? J’avais fait des avances ? Ange avait peut être raison, parfois, il fallait vraiment que je fasse gaffe à mon comportement avec les personnes de sexe féminin. J’avais enclenché des automatismes, du fait que je savais que j’étais plutôt beau garçon et qu’en réalité, avec mon bel esprit vif et ma belle gueule, c’était les deux seules armes qui me sortaient toujours des situations les plus complexes. Là, je voyais bien que ni l’un ni l’autre ne me sortirait d’affaire. Calmement, je mis une toute petite tape sur l’épaule d’Amélia, puis je remis immédiatement ma main dans le dos, un peu comme un clown.

« Je te draguais plus. Ca va aller. Ca va aller... »


Je ne savais plus trop quoi dire. A vrai dire je pensais que je m’enfonçais à chacune de mes paroles. Elle s’était, mine de rien, beaucoup confié à moi. J’avais fait qu’écouter. Calmement, je m’étais assis à côté d’elle et je m’étais mis à ricaner. 

« Bien sûr que je sais que l’amitié entre les filles et les garçons ça existe. J’ai eu des amis filles tu sais. »


Bon, j’avais par accident couché avec une ou deux d’entre elles. Mais c’était un véritable accident ! La majorité du temps, ça ne se passait pas vraiment comme ça. Pensif, je regardais les gens passaient. Beaucoup étaient en couple et se tenait le bras. Je fis une grimace quand je vis ça. Non merci ! Mais… Elle semblait être plutôt de cet avis là. Aussi, je ne pouvais que respecter son choix et ses envies. Elle ne devait pas être un félin dans une autre vie, mais un manchot. Ils restaient souvent avec la même personne.

« Ok ok… J’arrête. J’arrête ! »


J’avais levé les mains, comme un innocent. Je la regardais avec une de mes expressions amusantes. J’allais arrêter. D’ailleurs, j’avais arrêter depuis longtemps. Je devais juste surveiller ce que je disais.

« Ca a du être difficile. Tu sais, j’ai appris récemment que j’étais Papa de plusieurs enfants qu’Ange. Quand j’ai quitté ma première femme, elle était enceinte, et elle ne m’a rien dit. Ca aurait pu changé beaucoup de chose. »

Je regardais devant moi, sans vouloir trop regarder Amelia. J’avais pas spécialement envie de pleurer, mais comme je gérais mal mes émotions, si elle me jetait un regard trop compatissant, ça allait forcément arriver.

« Ils ont grandi sans moi, et tout ça à cause de leur mère, qui a fait passé mon propre abandon envers sa personne plutôt que de penser à leurs bien être. »


Je marquais une pause. Finalement, j’avais pas envie de pleurer, j’avais juste les boules. Parce qu’on avait beau dire ce qu’on voulait, j’étais sur d’une chose : à mon niveau j’étais un très bon père. Et j’étais assez débrouillard pour éduquer 5 enfants sans problèmes. J’étais prêt à faire tous les sacrifices pour ça, y compris la liberté que j’avais gagné. Je baissais un peu la tête.

« Tu sais, c’est pas si facile tous les jours en fait, d’être en accord avec ces idéaux. Si je prends un métier stable, qui paie bien qu’est ce que je vais faire ? Je vais apporter quoi à Ange ? Un avenir, certes. A manger régulièrement… Bon ça c’est déjà le cas, mais sans trop se poser de question. Une maison… Mais, est ce que c’est ça être heureux au final ? »


Je parlais plus à moi même qu’à Amélia. C’était fou le don qu’elle avait pour pousser à la confidence. C’était parti comme ça ; j’en avais jamais parlé à personne.

« Métro, boulot, dodo, caveau. J’en ai pas tellement envie. J’ai pas envie de faire un truc qui m’plait pas. Et j’y ai bien réfléchis, y’a pas grand-chose qui m’plaît. C’que j’aime, c’est faire ce que je veux, quand je veux. Mais… C’est un peu une utopie. Enfin bref. T’es sûr que tu veux pas faire un truc ? Entre ami ? T’as pas froid ? »





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________________________________________ Mer 30 Déc 2020 - 16:31


         


La Pâtissière et le Clochard






Amelia ne put s'empêcher d'arquer un sourcil quand Charlie affirma avoir eu "des amies filles". Elle avait bien envie de demander à les rencontrer pour juger de la véracité de ses propos, son expérience lui indiquant que Charlie ne pouvait pas s'empêcher de flirter avec les femmes qui étaient à son goût. Ou alors peut-être que ses amies de sexe féminin étaient toutes laides ? C'était délicat de demander, quoi qu'il en soit, Amelia ne cacha pas son scepticisme.
Dans tous les cas, c'était sans doute mieux pour les nerfs de tous les deux qu'ils parlent d'autre chose. Amelia n'aurait pas su choisir un sujet elle-même car son esprit était encore perturbé par toute cette espèce de rage qui lui était montée au nez, et s'étonna de recevoir une confidence aussi personnelle de la part de Charlie.
- Félicitations, enfin je suppose, sourit la pâtissière, qui adorait les enfants en général et les siens en particulier. Enfin... si tu n'es pas content je peux reprendre mes félicitations, précisa-t-elle tout de même. C'est vrai que ça doit être un sacré choc de découvrir qu'on avait un ou plusieurs enfants depuis des années sans le savoir. Tu en veux sans doute à ta première femme mais je ne vais rien dire là-dessus, je ne la connais pas, enfin, je pense pas, et je ne connais pas votre histoire ni ses raisons. En tout cas, une chose est sûr, se découvrir un enfant inconnu, a priori, c'est pas quelque chose qui peut arriver à une femme, enfin je pense pas. Et c'est sûr que ça aurait pu changer ta vie mais tu ne le savais pas. Ce n'est pas de ta faute. En plus ça peut encore changer ta vie maintenant. Il est presque jamais trop tard, assura Amelia avec conviction.
De son point de vue, tant qu'on était encore vivant, on pouvait toujours essayer de rattraper la situation, de s'améliorer, de faire amende honorable ou de sauver les meubles - selon la situation. Charlie pouvait très certainement être un bon père à sa façon. Sans doute un papa cool donnant l'impression de faire sa crise de la quarantaine et capable de se comporter comme un ado, mais un papa sympa tout de même.
- Même quand on est grand on continue d'avoir besoin de ses parents. Declan, par exemple, mon fils aîné. Il sait toujours pas cuisiner mais heureusement maman est là pour s'occuper de lui, plaisanta Amelia avec un sourire empli d'amour sur les lèvres. Après, s'ils ne veulent pas faire ta connaissance, c'est plus compliqué, je suppose, mais s'ils en ont envie et toi aussi, je suis sûre que vous aurez des choses à vous dire, des trucs à faire ensemble et que chacun apprendra de cette expérience. Je pense pas que tu sois un mauvais père. Je dirais même que ta façon de faire et tes techniques de drague peuvent plaire aux ados, ajouta la pâtissière, parvenant à imaginer parfaitement la scène.
Charlie avait l'air déchiré par cette situation, par cette opportunité qui lui avait été refusée. C'était troublant, car, à première vue, il ne semblait pas avoir énormément de fibre paternelle en lui. Etre parent, après tout, signifiait généralement de faire passer les besoins de ses enfants avant les siens, de mettre sa vie au second plan, or Charlie était avide de liberté et détestait les contraintes. Et pourtant... l'amour pouvait nous faire faire de sacrées choses, paraissait-il.
La suite de la réflexion de Charlie vis-à-vis du bonheur était à son image : unique en son genre. Elle témoignait aussi de l'extrême difficulté de concilier sa vision de la vie avec celle d'Amelia car, selon elle, avoir un toit et de quoi manger participait complètement au bonheur.
- Oui, c'est un peu une utopie, concéda Amelia. Si tout le monde faisait toujours ce qu'il veut quand il veut, je ne suis pas sûre que les rayons de supermarché seraient pleins de nourriture ou qu'on aurait tout le temps de l'électricité et ce genre de choses. Et puis... si on était heureux en permanence on ne saurait plus qu'on l'est. Si on avait du plaisir en permanence on n'en aurait plus réellement. Ce genre de sentiments n'existent que parce que leur contraire existe également, pour nous permettre de voir la différence. Peut-être qu'avant d'avoir une vision aussi cynique de la vie tu pourrais commencer par essayer de faire la liste de ce "pas grand-chose" qui te plait. Ca te donnerait peut-être des idées pour avoir une situation plus stable sans avoir l'impression d'être prisonnier de la routine ? avança la pâtissière.
Amelia adorait prodiguer des conseils, préférant même se soucier davantage de conseiller les autres que de se conseiller elle-même. En cela, le film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain avait beaucoup raisonné chez elle, quand elle l'avait visionné pour la première fois. Mais elle savait aussi qu'on ne pouvait pas aider quelqu'un qui ne voulait pas l'être. Et si Charlie ne souhaitait pas réellement avoir une vie stable ou pensait ne rien aimer lui permettant d'en avoir une, eh bien elle pourrait dire tout ce qu'elle voudrait, l'effet de ses paroles serait tout de même nul.
- J'ai pas froid, non, mais j'aurais froid si on reste assis là pendant des heures, reprit Amelia après quelques instants de silence à regarder les passants. Tu voudrais aller faire quoi entre amis ? demanda-t-elle à Charlie en se tournant vers lui pour capter son regard.
Elle-même n'avait pas prévu, à l'origine, de faire autre chose que de la pâtisserie, de la vente, puis du secrétariat à la mairie en fin de journée et n'avait guère d'idée quant à ce qu'ils pourraient bien faire maintenant qu'elle avait, bon gré et surtout mal gré, consentit à laisser les rênes de la boutique à Cassie.

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________________________________________ Mar 5 Jan 2021 - 13:44


         


Un p'tit rencard? Un p'tit gateau? Les deux?






« Ouaip. Mais peut être que c’est mieux de vivre libre dans une utopie, que prisonnier dans la réalité. »


J’avais dit ça en joignant mes mains, toujours assis sur le banc. Je regardais les gens passaient. Ils semblaient tous avoir un objectif, un truc à faire. Prisonniers d’obligations. Alors que moi ? Avec un sourire, je me tournais vers Amélia. J’avais rien de prévu, j’avais rien à faire, hormis profiter du moment avec l’amitié nouvelle qui était en train de se créer.

« Tu devrais moins l’materner. C’est dans la merde qu’on devient indépendant crois en mon expérience. »


Je ricanais. Bon, j’avais pas trop de leçon à donner. Ange c’était aussi mon p’tit bébé et je la chouchoutais aussi à ma manière. En allant faire les courses par exemple, c’était un peu couver ça non aussi ? Me grattant un sourcil, je fis une mimique avec mes lèvres et je haussais les sourcils dans un tique nerveux caractéristique de mon charisme naturel (cette phrase n’est pas approuvée par Deborah).

« J’en sais rien, profitez, aller s’promener dans l’parc, discutez. Oh je t’ai pas dit. J’ai voyagé dans le Temps. »


C’était très sérieux. C’était avec un type qui s’appelait Sherlock Holmes. Il était avec une gamine. L’instant suivant on avait remonté le temps de quelques heures. C’était vachement perturbant mais ça avait été assez rigolo. Peut être que du coup, on devait pas aller au Parc.

« J’sais, on a qu’à aller faire un tour vers l’port. Y’a une fête foraine. Ca nous f’ra du bien. »


J’avançais vers la dîtes fête foraine. Il y avait un peu de marche et on allait pouvoir bien parler sur la route. Les mains dans les poches, je regardais devant moi, sauf pour parler à Amélia, là je me retournais vers elle calmement :

« Tu penses que j’suis anormal ? Dans le sens, une brebis galeuse ? J’veux dire… Mon ex femme me le disait. J’arrivais pas à rentrer dans la conformité. Mais en même temps, la conformité, c’est un peu chiant non ? Je sais pas comment vous faites. Vous avez l’air heureux en plus que j’vous vois. C’est un vrai mystère, et j’sais qu’j’ai beaucoup perdu à cause de ça. »


Je regardais à nouveau devant moi. Oui, j’avais beaucoup perdu. Quatre enfants et une femme pour être plus précis. Je fronçais les sourcils tout en avançant vers le port. Je regardais alternativement la rue et Amélia.

« Tu vois, j’me lève le matin et j’me dis… Quelle merde il va bien pouvoir m’arriver aujourd’hui. Et ça m’fait rire. Tu penses que j’suis fou ? »


Je la regardais cette fois-ci sérieusement et je m’étais arrêté. Ca m’avait effleuré plusieurs fois l’esprit. Si j’étais pas en adéquation avec mes pairs, c’était peut être que je tournais tout simplement par très rond. C’était une possibilité et elle n’était absolument pas exclue. Je fronçais les sourcils, encore. En fait j’avais une question précise.

« Tu f’rais quoi toi ? Quand ta fille rentre à l’âge adulte ? J’veux dire… Elle commence à voir du monde et j’sais très bien qu’elle va s’trouver un mec. Mais on vit pas comme les autres et elle m’ressemble. J’ai pas envie qu’elle fasse les même conneries qu’moi mais elle a l’air pas trop mal partie… P’t’être que j’devrais te l’envoyer en stage pâtisserie. Elle fait des gâteaux supers. »


J’avançais tranquillement et le tumulte de la fête foraine, qu’il y avait lieu vers la période d’avant Noël se fit entendre. J’aimais bien. Souvent, j’avais des petits jobs là bas. Les forains, ils étaient comme moi : toujours à faire des ptits coups en douce pour gagner un peu d’blé. Mais que voulez vous ? Il faut bien survivre non ? Remplir son frigo, comme l’autre dit.



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________________________________________ Mar 5 Jan 2021 - 20:48


         


La Pâtissière et le Clochard






Amelia n'avait pas spécialement la tête à philosopher sur le sens de la vie, même si elle ne doutait pas que la question soulevée par Charlie soit fascinante à analyser, c'est pourquoi elle laissa filer le sujet. La pâtissière se sentait libre, même si elle avait des obligations dans sa vie. Amelia avait choisi d'être mère et de tenir un commerce. Si elle avait choisi, c'était qu'elle était libre, non ? Par chance, la jeune femme ne savait pas que le mot travail dérivait du latin tripallium qui était un instrument de torture, tout comme elle ne savait pas que dans l'Antiquité les Romains (les notables, du moins) prônaient l'oisiveté. Ces deux savoirs auraient pu apporter de l'eau au moulin de Charlie et mettre à mal la perception d'Amelia. Toutefois, elle continuait de croire aussi fort qu'elle le pouvait que sa passion qui était devenue sa profession n'était pas une prison. Et quand Amelia avait une idée ou une conviction en tête, elle ne l'avait pas ailleurs !
Charlie sans doute aussi.
Lui et elle avaient manifestement une vision globale de la vie très différente ainsi que des façons de faire opposées. Bien qu'elle ne doutait pas qu'il ait choisi d'éduquer sa fille, Ange, de façon différente de la manière qu'elle et son mari avaient choisi d'élever leurs enfants, Amelia ne se serait pas permise de le conseiller en la matière s'il n'en avait pas fait la demande expresse. Mais Charlie n'avait jamais besoin d'invitation pour donner son avis, elle aurait dû s'y attendre.
- Moi ça me paraît une bonne chose de montrer à ses enfants, même quand ils commencent à être grands et autonomes, qu'on sera toujours là pour eux. Que s'ils ont besoin d'aide ou de soutien, on les leur apportera autant que faire se peut. Declan a développé des talents que je n'ai pas et qui sont différents de ceux de sa petite sœur. Mais ils vivent encore chez moi et j'ai plaisir à leur faire à manger quand je rentre. Je vois pas pourquoi j'arrêterai. Je sais qu'il a de la ressource, je l'ai connu toute sa vie. Et je le soutiendrai toute la mienne, conclut fermement Amelia.
La pâtissière fut bien contente de clore ce sujet, même si c'était pour décréter qu'elle ne savait pas ce qu'ils pourraient bien faire ensemble. Charlie était un homme plein de ressources et sans doute de propositions, non ?
En tout cas, il avait toujours des histoires à raconter, ça, c'était certain. Le voyage dans le temps, ce n'était pas rien. Amelia en avait fait l'expérience à la fête de mi-octobre organisée par la mairie. Bon, elle ne savait pas réellement si c'était un voyage dans le temps ou autre chose, mais elle avait voyagé, c'était certain.
- Si tu veux parler de ce qui s'est produit mi-octobre à la fête de la mairie, j'y étais. J'espère que tu ne vas pas profiter de ma pause forcée pour me faire part de tes doléances, même si maintenant c'est aussi mon métier de les écouter et de les reporter à Hadès. A monsieur le maire, je veux dire, se corrigea Amelia.
Elle ne voulait pas sembler trop familière avec le dieu qui dirigeait la ville, même si elle l'appréciait énormément, lui, son enthousiasme et son grain de folie. Et même si Charlie n'était pas le genre à suivre les conventions à la lettre. Il faisait comme bon lui semblait, allait au gré du vent, pourrait-on dire. Et ce vent, manifestement, allait les conduire au port et à la fête foraine.
- Ca marche, accepta Amelia. Mais s'il y a des auto-tamponneuses ce sera sans moi, je déteste ça, prévint-elle en se relevant.
Puis elle emboîta le pas à Charlie.
Comme ils étaient en centre-ville, elle savait qu'il y avait un peu de chemin jusqu'à la fête foraine mais elle savait aussi qu'elle pouvait compter sur Charlie pour alimenter la conversation. Ce qu'il ne tarda pas à faire tandis qu'ils déambulaient avec enfin un but en vie.
Amelia marchait lentement, plus réellement pressée pour le moment, les mains enfoncées dans les poches de son manteau et le regard vers le loin. Comme Charlie, elle ne tournait la tête vers lui que pour lui répondre.
- Je pense pas que tu sois anormal, non. Tu n'obéis à aucune règle ou alors tu suis celles que tu inventes, ce qui est un peu pareil. Tu n'es pas conventionnel, c'est tout. Mais c'est pas forcément une mauvaise chose. Cela dit, reprit la pâtissière avec plus de précaution, il y a des gens à qui ça ne plait pas. Tout le monde ne peut pas accepter de faire sa vie avec une personne comme toi. Mais y a sans doute des gens, probablement dans cette ville. Y a Tinder, sinon. Je ne sais pas si tu seras heureux si tu te forces à être celui que tu n'es pas, cela dit, ça ne t'interdit pas d'évoluer. L'évolution ne signifie pas nécessairement qu'on trahit ses valeurs, juste qu'on a trouvé une façon encore meilleure d'être soi-même. Ou quelque chose comme ça, sans doute.
Les raisonnements d'Amelia étaient parfois - souvent - confus et trop longs. Elle n'était pas certaine d'avoir réussi à faire passer le message qu'elle souhaitait (ce qui arrivait des fois et créait des quiproquos) mais au moins avait-elle essayé. Elle était pâtissière, après tout, pas psy, ni oratrice ! Alors elle se remit à marcher, ne pouvant pas faire mieux. Et tout en marchant, après quelques pas silencieux passés à réfléchir à la question de Charlie vis-à-vis de sa fille, Amelia reprit :
- Ma fille aussi rentre dans l'âge adulte, observa-t-elle de prime abord. Comme je l'ai dit avant : je lui ai donné l'assurance, depuis qu'elle existe, qu'elle pourrait toujours compter sur moi si elle en avait besoin. En général quand un de mes enfants fait quelque chose qui pour moi n'est pas la meilleure des idées, je lui dis sincèrement, avec bienveillance. Mais après s'il ne veut pas m'écouter, je ne peux pas le forcer. Je peux seulement être là si besoin, dans les bons et les mauvais moments. Je n'essaye pas de tout contrôler mais je suis dans le partage. Parfois mes enfants se confient à moi, d'autres fois non. Tu as peur de quoi, au juste ? Qu'elle choisisse le mauvais garçon ? Tu sais... je ne connais pas tes erreurs de jeunesse - et je ne sais pas si j'ai réellement envie de les connaitre, gloussa la jeune femme. Bref... pour revenir à Ange. C'est difficile mais il faut faire confiance à ses enfants. Tu dis qu'elle a pas l'air si mal partie, alors c'est peut-être bon signe ! Elle n'a pas forcément besoin d'un stage en pâtisserie pour devenir quelqu'un de bien, mais si elle fait de si bons gâteaux, peut-être que tu pourrais arrêter de venir me demander mes restes, fit remarquer la pâtissière sans perdre le nord.
Charlie ne s'attendait peut-être pas à ce que le sujet revienne sur le tapis. Mais ils étaient arrivés à la fête foraine et ce même sujet serait aussi vite oublié qu'il était reparu.
- Tu voudrais faire quoi ? demanda Amelia en observant les attractions et la petite foule d'habitants qui s'y pressait.

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________________________________________ Mar 12 Jan 2021 - 15:07


         


Un p'tit rencard? Un p'tit gateau? Les deux?






Les mains dans les poches, je regardais Amélia en fronçant les sourcils. Non ce n’était pas du tout de ça qu’il voulait parler. Avec un sentiment étrange, il la regarda et confia rapidement tout en avançant :

« Non. J’ai réellement voyagé dans le Temps. C’était assez court. Je suis revenu quelques heures en arrière. J’étais dans le parc, avec une jolie fille qui flirtait avec un grand mec maigre frisé. Il avait l’air de se donner un air important d’ailleurs, et il était très désagréable. »


C’était la meilleure manière de décrire ce mec. Il était tellement étrange d’ailleurs, que j’étais persuadé qu’une simple description ferait qu’un jour quelqu’un arriverait à me donner son identité. Les mains toujours dans les poches, j’avançais tout en écoutant Amélia.

« Tu devrais faire psychologue. Ecouter les gens ça t’connaît. T’es vraiment adorable. »


Je lui fis un petit clin d’oeil. Quelque chose dans ce qu’elle avait dit attira mon attention. Elle avait parlé de Kinder non ? Elle voulait me donner à manger des œufs en chocolat ? Je clignais des yeux.

« C’est quoi ça Kinder ? C’est pas des œufs en chocolat ? »


Je marquais une pause, toujours à ses côtés et moi aussi, les mains dans les poches de mon manteau. Je fronçais les sourire et un petit sourire malicieux passa sur mes lèvres.

« Ta fille va être majeur… Intéressant… Ca va ! Je plaisante ! Ouais. Je lui fais confiance, c’est juste aux autres que je fais pas confiance. »


J’avançais vers les attractions, et je m’arrêtais juste avant. J’avais besoin de préciser un point important. Les mains toujours dans les poches, je regardais les différents amoureux présents autour de nous.

« Ce que je veux dire, c’est que je ne veux pas qu’elle tombe sur quelqu’un de mauvais. Même sur un mec comme moi, même si j’ai toujours énormément respecté les femmes comme il se doit. Je suis quand même un gentlemen. Un mauvais garçon certes, mais je n’ai jamais fait de mal à personne. »


J’avais jamais forcé une nana, que ce soit verbalement ou physiquement. Même, les rares moments de tendresse volés que j’avais partagé avec une femme avaient toujours été une bonne expérience pour les deux parties. C’était comme un moment volé au temps lui même à chaque fois, et à chaque fois, on avait eu de supers discussions.

« Le chamboultou ! On va commencé par ça ! »


J’arrivais vers le stand, et je déposais un billet de 5 US $. L’homme me regarda d’un air distrait avec un sourire en coin.

« Allez, si tu décanilles tout, la grosse peluche est à toi, t’as trois chances mon gars ! »


Avec calme, je regardais les boîtes de conserve d’un air concentré. Tout en parlant à Amélia, je m’appliquais. Dans une posture de joueur de baseball, je continuais à parler de la vie et des enfants.

« Mais l’truc qui m’dérange, c’est qu’ils quittent le nid. Tu vois, j’sens que je vieillis et ça m’plaît pas. Même si j’ai pas été un père modèle pour Ange. Et j’aimerai rattraper l’temps perdu… Bon tu vois quoi comme grosse peluche ! Elle est pour toi ! »


Je jetais la première balle. Seulement deux boîtes de conserves tombèrent. Je fronçais les sourcils et je regardais le type du stand. J’avais posé les deux balles sur le comptoir.

« Tu t’fous d’moi là ? »


L’homme me regarda. Il était plus grand et bien plus fort que moi.

« Quoi ? Y’a un soucis ? »


Je désignais les boîtes de conserves. J’étais un tricheur, mais quand c’était contre moi, je détestais les tricheurs.

« Y’en a qui sont collés. On m’la fait à moi. J’connais la combine déjà, et en plus avec le lancé que j’ai fait... »[
/b][b]

« Ouais, c’est con hein. Bon t’as encore deux chances. Espérons que tu sois assez fort pour enlever la glue ! »


Je le regardais, la moutarde commençait à me monter au nez. L’homme ricana et commença à prendre l’argent d’un adolescent et de deux de ses amis.

« Tu rigoles là j’espère ? Donne la peluche, où j’me plains à la Mairie. J’connais des gens bien placés. »


L’homme m’ignora et se contenta simplement de dire d’un ton vague.

« Si c’est pour draguer la dame, tu peux aller ailleurs t’sais. D’ailleurs joli min... »


Il allait dire « joli minois. ». Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase, que j’étais déjà monté sur le comptoir. Je me jetais dessus, et l’effet de surprise fut suffisant pour que sa force supérieure ne soit pas un problème. Dans un fracas épouvantable ; on percuta deux pyramides de boîtes de conserves. Me relevant, je remis mes cheveux en place avec un sourire narquois. Prenant deux peluches, je regardais Amélia d’un air enjoué.

« Et voilà l’trav... »


Mais je n’eus pas le temps de finir ma phrase, que cette fois-ci l’homme me plaqua dans le dos. Dans un mouvement lourd, je fus envoyé sur une autre pyramide que je fis tombé dans un fracas épouvantable. J’avais encore gagné une peluche !




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٩(͡๏̯͡๏)۶ Cadavres : 3114

✓ Disponibilité : Présent chef *-*

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________________________________________ Mar 12 Jan 2021 - 23:03


         


La Pâtissière et le Clochard






Amelia était circonspecte face à cette drôle d'histoire de voyage dans le temps. A sa connaissance ce n'était pas à la portée de tout le monde, loin, même des domaines de compétences de Regina Mills qui était pourtant la sorcière la plus puissante en ville. Mais après tout, dans cette ville, de nombreuses choses étaient possibles. Ce n'était sans doute pas une pâtissière qui savait tout à ce sujet. Toutefois, la quadragénaire préféra ne pas épiloguer sur le sujet, craignant qu'il lui donne des maux de tête, l'une des choses qu'elle aimait le moins au monde. Si Charlie avait besoin de parler de ses expériences temporelles, il faudrait qu'il trouve quelqu'un de plus formé à ce type de conversation. La psychologie, en revanche, elle maitrisait. Bon, elle n'avait pas de diplôme, mais elle avait de bonnes oreilles qui aimaient écouter, ce qui était déjà un bon début.
- Merci, sourit Amelia. Je fais plutôt dans la psychologie de comptoir, en fait. Quand les clients me parlent de leurs soucis je me sens toujours concernée alors si je peux, j'essaye d'aider. Ca me parait normal, conclut-elle en haussant les épaules.
Il faut ici souligner qu'Amelia n'avait pas forcément la même définition de "normalité" que tout le monde. Mais au moins elle ne confondait pas les Kinder et Tinder, un quiproquo qui la fit glousser.
- Oui, les Kinders ce sont des œufs en chocolat mais moi je te parle de Tinder, avec un T. C'est une appli de rencontres, précisa la jeune femme. J'ai pas testé mais il parait que ça marche.
C'était vrai. Amelia était trop romantique pour chercher l'amour en swipant à droite ou à gauche. Elle avait besoin du coup de foudre et des papillons dans le ventre. Le contraire de ce que Charlie avait l'air de chercher, lui et ses blagues douteuses. Mais contrairement à ce qu'il avait peut-être espéré, Amelia ne le frappa pas quand il fit allusion à comment il pourrait courtiser Velma. Pour commencer, en tant que maman gâteau, Amelia savait que Charlie n'était pas du tout le genre de sa fille. Et pour finir, il avait rapidement retiré sa blague, s'apercevant sans doute qu'elle était vraiment de mauvais goût. Le fond de son propos, en revanche, l'était moins.
- Moi non plus je ne veux pas que ma fille tombe sur un mauvais garçon. Mais je lui fais confiance, elle a beaucoup plus de jugeotte que moi, assura Amelia.
Elle n'ajouta pas qu'elle ne comptait pas "valider" les partenaires de ses enfants, jugeant que cela tombait sous le coup du bon sens. Ils n'avaient pas besoin de sa bénédiction pour tomber amoureux. Charlie et Amelia, quant à eux, n'avaient pas besoin de disserter sur la vie sentimentale de Velma davantage. Cette dernière le suivit donc au chamboultout qui avait l'air d'enthousiasmer particulièrement Charlie. C'était pas tellement le truc d'Amelia qui le laissait donc s'amuser, concentré comme rarement elle l'avait vu concentré. Manifestement, pour Charlie, le chamboultout, c'était du sérieux !
Mais il devait bien le savoir, non, qu'on gagnait rarement à ces attractions de foire ? C'était amusant, en fait, de voir Charlie, le tricheur renommé, subir ce qu'il faisait parfois subir à autrui. Evidemment, ça ne lui plaisait pas. Mais qui appréciait de se faire berner, qui plus est aussi grossièrement ? Le propriétaire du stand, avec sa carrure d'armoire à glace, pouvait bien se le permettre, peu de personnes seraient assez folles pour lui faire une remarque. Du haut de son mètre cinquante sept, Amelia ne s'y serait en tout cas pas risqué. Charlie, bien sûr, était différent. Plus téméraire. C'était en fait la partie de chamboultout la plus imprévisible qu'Amelia ait jamais vue. Alors qu'elle allait presser l'épaule de Charlie pour essayer de le calmer, espérant éviter une rixe, ce dernier bondit sur le comptoir. Etouffant un cri de surprise, la pâtissière recula instinctivement, voulant éviter de recevoir un uppercut qui se serait perdu en chemin. Et elle avait sans doute raison ! Partis comme ils étaient, la bagarre pourrait durer encore un moment. Le stand avait déjà commencé à en souffrir, à commencer par les piles à dégommer. Mais que ce soit Amelia ou les adolescents qui voulaient aussi jouer, personne n'osa intervenir, sans doute pour la même raison que ce qui retenait la pâtissière. Sans compter que personne n'avait le gabarit pour avoir du poids dans cette histoire. Néanmoins, à bonne distance, Amelia tenta de passer par la voie de la diplomatie :
- Euh... s'il vous plait ? Est-ce que vous voulez bien arrêter de vous battre ? C'est pas important Charlie si tu gagnes pas de peluche, je suis une grande fille, j'ai pas besoin de doudou ! C'est le jeu, c'est souvent comme ça dans les foires ! Viens, on va trouver un autre stand plus... calme, ça sera chouette aussi. Oh et ils vendent de la barbe à papa ! C'est chouette la barbe à papa. Non ? demanda-t-elle d'une petite voix qui craignait d'être mal reçue.
Le combat de coqs (ou d'arnaqueurs) avait commencé à attirer un petit attroupement, certains ayant même décidé de filmer, ce qui risquait de ne pas arranger les affaires des uns et des autres. Surtout avec les réseaux sociaux qui répandaient tout et n'importe quoi en quelques secondes à peine. Amelia tenta donc une autre stratégie, en gonflant bien ses poumons pour que sa voix porte :
- Si vous arrêtez pas maintenant je demande à Hadès de couper les subventions pour les fêtes foraines et...euh... de les attribuer plutôt aux cirques et au zoo ! Et il m'écoutera si je demande ça, je suis sa secrétaire personnelle !

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